![]() |
![]() |
| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 9 • Montréal • 15.05.2005 |
|
|
Montréal La 6e édition du festival MUTEK Découvertes et plaisirs sans frontières Pour sa 6 e édition, du 1 er au 5 juin prochain, le festival MUTEK revient en grande forme avec une programmation plus audacieuse et diversifiée que jamais. MUTEK 2005 convie plus d’une centaine d’artistes, originaires de 15 pays, à partager leurs plus récentes créations. En 5 jours bien remplis, et par le biais d’une douzaine de programmes de performances, une série de conférences et d’ateliers, ainsi que d’autres surprises, MUTEK vous fait profiter de ses multiples explorations et découvertes. Fusion des genres, horizons cosmopolites, paysages harmoniques, expérimentations débridées, le cru 2005 est une véritable invitation au voyage… sonore et visuel.
Explorant une nouvelle configuration de lieux, MUTEK investit cette année : Ex-Centris, le Musée Juste pour rire, le Métropolis, le Musée d’art contemporain et le Parc Jean-Drapeau, pour offrir aux festivaliers un véritable itinéraire multidimensionnel, composé de propositions inédites, d’expériences marquantes et de passages festifs. Laissez-vous captiver par ce qui se fait de plus actuel et de visionnaire en matière de création sonore, musicale et audiovisuelle.
Ex-Centris : une expédition sans précédent à travers son et image Pour cette 6 e édition, les artistes transitant par Ex-Centris ont tous un point commun : les manipulations et recherches qu’ils appliquent au métissage du son et de l’image constituent autant d’invitations au voyage. Biosphère (Norvège), reconnu comme un maître des ambiances et textures sonores, s’impose comme chef de file de ces présentations, grâce à sa performance évocatrice des horizons nordiques et isolés de son pays d’origine. Pour cette prestation — en première nord-américaine —, il est épaulé de l’artiste multimédia Egbert Mittelstädt (Allemagne) qui transpose pour la rétine, l’atmosphère de cette contrée polaire. Parmi les autres artistes faisant escale à Ex-Centris, on retrouve, entre autres : le trio montréalais nAnalog qui nous propose une exploration à travers la mémoire, avec sa première oeuvre multimédia intitulée AUTO_SAVE; l’ontarien Akumu qui nous dépaysera avec une élégante hybridation d’enregistrements du quotidien, à partir de matériaux sonores captés au Guatemala, au Mexique et au Honduras, accompagnée de projections impressionnistes, peuplées de collages et d’animations bi et tri dimensionnelles, créées exclusivement pour MUTEK; les Italiens MartuX_M et Mattia Casalegno, membres du trio Metaxu, dont la création en duo comporte une partie du mystère que Naples porte en elle, grâce à une facture cinématographique; Bas Van Koolwijk (Pays-Bas), peintre de formation qui, par le biais de sa présentation FDBCK/AV, nous transporte au pays de l’abstraction numérique à partir d’accidents perçus sur des téléviseurs. Le tout en 2 programmes où sons et images s’entremêlent pour simuler la traversée de contrées imaginaires. Assurément virevoltant! INFOS : www.mutek.ca / (514) 651-2030
La nuance entre un spectacle et une soirée Champion par Eric Alloi Le Club Soda se remplit et la foule arrive encore bien après l’heure où le spectacle devait commencer. Des rythmes de musique dance réchauffent graduellement la salle. Le disk jockey (DJ) apparaît finalement comme la cavalerie – il a choisit son heure puisque la salle est maintenant pleine. Après un temps qui semble une éternité, on dirait que le spectacle principal va commencer. Le rideau tombe, la foule devient impétueuse : c’est l’arrivée des G-Strings.
Que dire de cette représentation, sinon qu’elle témoigne bien de la nuance entre un spectacle et une soirée. Pour un spectacle, on s’attend à ce que la musique nous frappe de plein fouet, qu’elle nous plonge immédiatement dans un monde qui relève d’un imaginaire bien particulier. Une soirée commence dans la cuisine (du moins au Québec) et prend tranquillement son envol. On prend un verre, puis deux, puis quatre… On finit par s’oublier et on entre dans le rituel collectif. Et c’est bien là toute l’expérience à vivre avec Champion et ses G-Strings.
Dans les années quatre-vingt, certains prophètes de malheur avaient prédit la fin du rock et la musique danse des années quatre-vingt-dix semblait correspondre à la fin de toute musique intelligente. Bien sûr, le rock ne saura jamais s’éteindre, mais en réponse au dance et au hip hop, certaines hybridations ont fait preuve de créativité. On pense entre autres à la célèbre collaboration entre les groupes Aerosmith et Run-DMC (Walk This Way, 1986).
Le pari de Champion et ses G-Strings, c’est de combiner un disk jockey produisant des rythmes dance avec une bassiste et quatre guitaristes d’influence rock et blues. Il faut dire que le résultat est assez intéressant. Du moins les premières minutes, lorsqu’on ne s’est pas encore fatigué d’entendre les mêmes cinq notes rejouées de différentes manières par les quatre guitaristes. En effet, s’ils sont des guitaristes rock, ils sont convertis à la répétition digne de l’échantillonnage (sampling) et on aurait attendu longtemps avant d’assister à des effusions mélodiques à la Van Halen. Il est aussi dommage de ne pouvoir mieux entendre la bassiste puisqu’elle est littéralement enterrée sous les graves du disk jockey. Bref, c’était déjà mieux d’un cran comparé au seul disk jockey. Malgré tout, la foule semble bien s’amuser. Une salle pleine à craquer doit être bon signe, non? Le clou de la soirée, c’est l’arrivée de la chanteuse Betty Bonifassi. Bien connue pour avoir chanté dans le film Les Triplettes de Belleville (2003), son arrivée sur scène transforme (enfin!) la simple soirée en véritable spectacle. Sa voix vient tisser des liens entre le rythme et les cordes. Sa présence donne enfin au spectateur un point de mire et son chant un peu de différence parmi toutes les répétitions…
Emio Greco - la réinvention du mouvement par Felicia Mihali Depuis la Saison Danse Danse, à Montréal on est bien d’accord que, en ce qui concerne la danse, les Hollandais y occupent une place extrêmement importante. Le dernier spectacle de la saison, Rimasto Orfano - qu’on a pu voir à la Place des Arts, le 12, 13 et 14 mai - a été un des événements qu’aucun amateur de danse n’aurait dû rater. Créé en 2002 à Bruxelles par la Compagnie Emio Greco/PC, dirigée par l’Italien Emio Greco et le Néerlandais Pieter C. Scholtenest, ce spectacle attire des éloges partout au monde. La performance artistique des cinq danseurs, la parfaite synchronisation de leurs gestes, la fluidité du mouvement, la maîtrise du corps sont des choses qu’on ne voit pas très souvent sur scène. La musique de l’Américain Michael Gordon, du groupe new-yorkais Bang on a Can, n’a fait que souligner les moments les plus intenses : par ailleurs, les protagonistes ont évolué dans un silence de tombeau, laissant entendre uniquement leur haleine. Au début du spectacle, quelqu’un annonce : « Emio Greco is dead. » Sous la suggestion de cette unique réplique, on voit ce spectacle comme la sortie du tombeau des spectres qui essaient de ranimer leur corps, qui se découvrent en tant qu’êtres vivants tout en réinventant le fonctionnement de leur muscle. Cette idée est aussi renforcée par les robes transparentes qui vêtissent les danseurs et qui semblent des linceuls déchirés. Le spectacle entier est dominé par cette redécouverte de l’anatomie après une longue léthargie, redécouverte qui est régie par le bonheur de voir ses membres, son torse, ses fesses fonctionner, bouger. Au début, on a l’impression que les parties du corps fonctionnent séparément, et qu’on essaie tout simplement de les faire agir ensemble. Le rythme saccadé de la musique correspondait parfois à cette irruption de gestes qui s’enchaînent en cascades. Par endroit, le spectateur était tout simplement comblé par le flux ininterrompu des trajets. Cependant, la fluidité des derniers gestes, gardant toujours un rythme syncopé, parlaient d’une victoire remportée sur le désordre du corps. Romani Yag Musique et culture tziganes à Montréal
Michaela Staicu
Au Lyon d’Or
Carmen Piculeata au violon
Le groupe Soleil Tzigane
Les filles de Romano Drom
Atmosphère de festival par Calinic Toropu Entre 5 et 8 mai à Montréal a eu lieu la première édition du festival Tzigane, Romani Yag, manifestation qui veut mettre en valeur la musique, la culture et les traditions de ce peuple. L’initiatrice de cette manifestation est Ljuba Radman, auteur et metteur en scène. Son intention première était celle de faire visible ce peuple de nomades qui, au cours de l’histoire, ont subi d’innombrable injustices. En même temps, elle espère que ce festival bâtira des ponts entre les diverses cultures tziganes et autres. Parmi les vedettes de ce festival dédié tout d’abord à la musique, l’art la plus développé et la plus perfectionné de leur culture, ont été : Carmen Piculeata et son ensemble, à qui s’est ajouté récemment la chanteuse d’origine roumaine Michaela Staicu, Les Gitans de Sarajevo, Soleil Tzigane, Maanouche Swing, etc
Le spectacle qui a parlé des aventures des Tziganes à travers les siècles et les continents a été Romano Drom, la route des Tziganes, présenté le 6 mai, au Lion d’Or, un cabaret musical pimenté de la musique la plus originale.
Voila le déroulement du festival en images ;
photo: Calinic Toropu et Simona Plopeanu |
| Littérature | Poesie | Essai | Prose | Livre | Politique | Arts Vis | Événements | Archives | Musique | Contact | Interview | ||||
Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés |
|||||||||||||||
|
|
|