![]() |
![]() |
| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 |
|
Felicia Mihali Après avoir publié en juin 1999, à Bucarest, son livre de début, Felicia Mihali est devenue la vedette de la critique littéraire et du public roumain. Ce premier roman, Le Pays du Fromage a été rapidement épuisé ce qui a déterminé la maison d'édition Image, qui l'a débutée, de faire publier dans un délai de huit mois ses autres deux romans, La Petite Histoire et Moi, Luc et le Chinois. Leur réception a été un vrai choc même pour l'auteur qui s'est vue couronnée par les grands quotidiens avec le titre "d'écrivain pour le troisième millénaire", "un talent de 24 carats", etc. Cependant elle a choisi l'exil au Canada comme solution pour son évolution intellectuelle et spirituelle. Prête à changer sa langue et la source de son inspiration, elle a commencé par traduire ses romans, publiés déjà en roumain. Le Pays du Fromage et Luc, le chinois et moi ont paru à la très prestigieuse maison d'édition, XYZ. Felicia Mihali reste toujours persuadée que ce qu'on ne connaît pas, on peut l'apprendre. Sachant depuis toujours qu'elle sera écrivaine et que tout ce qu'elle fait s'ajoute à cette grande boule de son destin littéraire, elle est prête à se dédier entièrement à sa carrière. Les voyages de sa jeunesse à travers l'Europe, lui ont enseigné qu'une fois emprunté un chemin, le retour en arrière est impossible: on est toujours obligé d'avancer. L'exil lui semble non seulement un risque, mais une chance aussi. Felicia Mihali est convaincue que même si elle n'est pas encore une grande écrivaine elle peut le devenir.
Huit questions pour Felicia Mihali Florin Calinic Toropu - « Être écrivain », qu’est-ce que cela représente vraiment pour toi? Felicia Mihali - Après trois livres publiés et encore un en manuscrit, je peux vous dire que pour moi écrire des livres représente un vrai métier. Et comme tout autre métier, cela s'apprend à la longues et par exercice. Je ne crois trop ni dans l’inspiration, ni dans le talent : je me confie seulement au travail, aux douze heures par jour, autant que l’écrivain doit resté cloué sur sa chaise, devant son ordinateur ou lisant les livres des autres. Sans cela il n’existe pas d’écrivain. Oui, c’est sûr, l’écrivain doit avoir aussi du talent ou, plus tôt, une sorte d’engin spéciale, installé dans son cerveau. Cependant, pour un romancier le problème de l’écriture reste une question de travail acharné. F.C. - Et quel serait alors aujourd’hui le rôle de l’écrivain? F.M. - De nos jours, l’écrivain n’est plus quelqu’un qui crée des romances, des simples histoires : cela est rester dans la charge de la télévision. Il est quelqu’un qui fait des synthèses entre des chemins et les domaines qui nous semblent, au premier regard, entièrement parallèles. La littérature va de paire aujourd’hui avec l’histoire, l'art, le théâtre, la musique, le cinéma. Il est aussi un chroniqueur de son temps. F.C. - On dit que tes livres sont très biographiques. Quelle serait pour de bon la place de la biographie dans tes romans? F.M.-Ma biographie dépasse de loin mes livres. Ma vie a été plus tourmentée que je puisse la décrire. Je n'en veux pas parler parce que chaque nouveau livre c’est encore une fois moi, et seulement moi. F.C. - As-tu été un enfant précoce? F.M. - Pas du tout! J'étais distraite, absente, négligente, désobéissante, espiègle. La seule bonne chose a été que j’avais su très tôt, dès mes sept ans, que je saurais écrivain. Je ne sais pas si je suis très intelligente, mais je sais sur moi que j’ai une sensibilité exacerbée, maladive même, et que je suis très tenace. Cela me vient peut-être de mon origine paysanne, de mes parents qui vivent avec la conscience des cycles, des choses qui doivent être faites nécessairement à leur temps. F.C. -Tu as débuté premièrement comme journaliste. Quelle a été ton expérience au plus grand quotidien de Roumanie, le fameux « Evenimentul zilei » (L’événement du jour) F.M. - Les sept ans passés dans sa rédaction ont été une période extrêmement dure pour ma vie, frustrante, parfois humiliante. Toutefois, sans cela j'aurais été perdue comme écrivain, car j’ai fait mon apprentissage au ventre de ce Léviathan. L’université te rend malade de "Kalophilie", le beau style, alors que la presse t’enseigne à dire beaucoup en peu de mots. F.C. - Pourquoi alors l’exil au Canada? Comment peut quelqu’un se décider à quitter son pays au comble de la gloire, lorsqu’il est devenu un des plus grandes figures de la littérature roumaine! F.M. - La gloire ne m’impressionne pas trop. Évidemment, je suis sensible au succès, cela signifie que je suis lue et que, finalement, le public aime mes livres. Le succès pour autant est assez dangereux pour notre esprit. Le fait d’être connu, adulé, cela court le risque de ne plus évoluer, de rester figé dans une formule établie une fois pour toute. J’ai pris la décision de tout changer juste pour évoluer : prendre ma vie et mon expérience dès le début, apprendre des choses nouvelles, connaître des gens et des endroits, cela me semble nécessaire pour la condition d’un créateur. Je veux même connaître des situations limites, qui côtoient l’humilité, la pauvreté. Pour un écrivain le plus grand péril est l’orgueil, la superbe. L’homme doit recevoir périodiquement des leçons d’humilité. On a besoin, de temps à l’autre, d’être montré du bout du doigt. F.C. -La condition de l’émigrant ne te fait pas peur? F.M.- Mais, oui! Bien sûr! La curiosité cependant est plus grande. L'exil soulève dans nos esprits de nouvelles questions, comme notre propre identité, notre ego, notre nouvelle place dans ce monde qui change de frontières et de mentalité. L’exil me met premièrement face à face avec mon propre passé qui me hante parfois d’une manière douloureuse. Je ne veux pas être accusée de manque de patriotisme, même si pour la plupart mon départ semble une trahison : et peut-être qu’il l’est. Mais je suis persuadée que, de loin, je peux rendre plus de services à mon pays. Car si je réussis à publier mes livres ici, cela sera le plus grand service envers mon pays, envers mes parents, mes professeurs, mes amis et même mes ennemis. J’ai confiance en mes livres, et je suis prête à me battre pour les faire connaître. J’ai le droit de lutter pour le Nobel, même sachant que je ne le gagnerai jamais. F.C. - Comment te partages-tu entre ta profession et ta vie de famille? F.M.-Je suis une mère assez méchante, et une épouse égoïste et négligente. Je suis très égoïste surtout lorsqu’il s'agit de mon temps de lecture ou d’écriture. Mais je leur dis chaque jour : Avec moi la vie n'est pas facile! Cependant, j’ai eu de la chance avec ma famille : ils ne se sentent pas frustrés ni à cause de ma gloire ni à cause de mon programme surchargé. Ils ont compris que la carrière d’un écrivain est une torture continuelle : avant de torturer les autres, on se torture soi-même. Felicia Mihali: délicieuses chinoiseries
La Presse Jade Bérubé
Au pays des mensonges
Si Felicia se renomme Augusta au sein du récit («je me sentais au mois d'août de ma vie», dira-t-elle), les extraits de son journal, eux, demeurent inchangés. Aucune contrefaçon donc dans cet ouvrage mais beaucoup de fantaisie et de mirages. «J'ai voulu rendre la frontière entre la réalité et la fiction très floue, explique l'auteure, si bien qu'on ne sait pas où sont les mensonges.» Sweet, sweet China Felicia Mihali Éditions XYZ 330 p. 28$ Photo André Pichette, La Presse Felicia Mihali - Sweet, sweet China Voir Éric Paquin Succès économique, jouets toxiques, muselière préolympique. Au-delà des clichés transmis par l'actualité, Felicia Mihali livre une image complexe de la culture chinoise dans son quatrième roman, Sweet, sweet China. Abordant la question à travers le regard d'une enseignante de français qui prépare les Chinois à leur immigration au Canada, cette oeuvre baroque se tient à mi-chemin entre le documentaire et la fiction. L'auteure, Québécoise d'origine roumaine, y puise tour à tour dans la mythologie, l'histoire impériale et les carnets intimes qu'elle a rédigés au cours d'un récent séjour au pays de Mao. Sous la protection de trois déesses, dont l'une est la narratrice du récit, la protagoniste observe son intégration difficile parmi ces Chinois énigmatiques dont certains, ses étudiants, ne songent qu'à leur prochain départ, se montrant plus ou moins intéressés par ce qui les attend en terre québécoise. Un livre original, mariant dialogue impossible et refuge dans un imaginaire hautement onirique. XYZ éditeur, 2007, 330 p. http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1§ion=10&article=56710 Espace Canoë Ce « docu-roman », est un mariage très réussi entre la fiction et la réalité. Ce livre est immanquablement, la plus belle surprise en littérature depuis déjà quelques mois. Je n’avais plus éprouvé un tel plaisir à lire et à me surprendre moi-même de me passionner pour l’histoire racontée. Culture Hebdo Les tribulations d'une professeure en Chine A quelques mois des jeux olympiques de Beijing, l'intérêt pour la Chine s'accroît. Si vous voulez parfaire votre connaissance de la Chine vue de l'intérieur, lisez donc ce petit bijou de roman Sweet, Sweet China où l'auteure Felicia Mihali raconte les aventures d'Augusta, une enseignante partie enseigner le français aux immigrants chinois qui souhaitent vivre au Canada. Il y a beaucoup de Mme Mihali à travers la protagoniste. La romancière a une belle qualité narrative et ses descriptions ne nous font pas regretter l'appareil photo. D'ailleurs il y a quelques photos du pays prises par Mme Mihali. C'est véritablement un autre monde. Femmes de Chine Dominique Blondeau Quatrième roman de Félicia Mihali, Sweet, sweet China nous convie à un fabuleux voyage dans une Chine «hétéroclite, pays de contradictions et d'extrêmes». C'est à travers la voix de la Déesse Sakiné, Déesse du regard, que l'histoire d'Augusta et celle de Mei Hua (Fleur de prune) nous seront racontées. Désirée, Déesse du goût, et Flora, Déesse de l'odorat, les accompagneront durant leur extraordinaire périple. Augusta, professeure de français, séjourne pendant dix mois à Beijing pour enseigner cette langue aux Chinois qui veulent émigrer au Canada. Mei est une jeune fille de la Chine impériale, mariée de force à un général qu'elle déteste. À partir de ces situations, ancienne et moderne, la Déesse Sakiné relatera les aventures des deux jeunes femmes. Augusta tient un journal dans lequel elle note les impressions de son quotidien, la vie de son quartier, le désarroi qu'elle ressent au fur et à mesure que le temps passe. Et les jours sont longs face à des étudiants déconcertants, à «Beijing ensoleillé, venteux et poussiéreux.» À son insu, les trois déesses ont pris Augusta sous leur protection. Elles se faufilent dans les objets de son appartement, se transforment même en stylo à billes ! La Déesse Flora s'infiltrera dans l'écran de son ordinateur pour supprimer quelques remarques de son journal qu'elle juge dérangeantes ou inutiles. Au grand dam de la Déesse Sakiné, la Déesse Désirée ira jusqu'à faire apparaître l'ancien amant chinois d'Augusta avec qui elle a rompu dix ans plus tôt. Le pouvoir des trois déesses est si fantastique et séculaire qu'elles protégeront Mei contre son mari, le général Wu. Avant que surgisse Mei dans un rêve d'Augusta, plus tard, dans une télé-série qu'elle regarde chaque soir chez elle, on est déjà informé que la «petite épouse» se réfugie à volonté dans un lac situé dans le paysage d'une estampe ! Le présent symbolisé par Augusta nous convie à des promenades dans la ville - marché, boutiques, antiquaires -; le passé évoqué par Mei nous projette dans un temps révolu où les femmes «valaient moins que des rats.» D'une écriture sobre, poétique, saupoudrée d'humour et de féminisme, Félicia Mihali se questionne, elle aussi, quand des êtres de passage ou des faits singuliers la confondent. L'auteure en profite pour nous entraîner dans des lieux touristiques, comme la Cité interdite, la Grande Muraille, le Palais d'été, le site des soldats en terre cuite à Xi'An. Et bien d'autres lieux prodigieux encore. Chaque fois que Mihali se fait guide, elle dépeint avec minutie des pages d'histoire passionnantes qui nous renseignent sur la civilisation plus que millénaire de L'Empire du Milieu. Avant le Nouvel An chinois, Augusta partira quatre jours à Hong-Kong. À bord de l'avion, elle fera un rêve étrange dans lequel se manifestera Mei Hua. La Déesse Sakiné avouera qu'elle et la Déesse Désirée l'avaient «abandonnée au creux du temps, au milieu de l'empire.» Les péripéties de Mei occuperont alors une merveilleuse place dans le roman. Pour échapper à son époux qui la pourchasse, elle accepte de faire n'importe quoi. Chez Dame Miao et Dame Vase, elle sera brodeuse ; chez Dame Poisson, propriétaire d'une maison close, au restaurant Le Cheval blanc où règne Dame Carotte, elle devient servante, puis copiste chez «un auteur pauvre qui vivait d'une petite subvention.» À nouveau servante chez un peintre célèbre, Mei sera retrouvée par le général Wu. Bien sûr, on ne dévoilera pas la fin de son histoire houleuse, émaillée de pages sensuelles, érotiques. Le récit de Mei Hua se recoupe constamment avec celui d'Augusta au point que le général Wu, «en proie au désespoir, se demande où errait cette étrangère ? [...] Dans quel rêve s'était-elle glissée pour apporter le malheur ?» Le voyage de Mei s'achève sur des pages où le rôle des femmes orientales et occidentales prend toute son ampleur. Sur une toile, le peintre célèbre chez qui Mei s'est enfuie, «avait rassemblé autour d'un étang toutes les déesses de la création». Dans une envolée lyrique, Mihali énumère les femmes qui furent à l'origine de la création «[...] lorsque la Mère-terre vivait loin du Père-ciel.» De la Déesse-mère jusqu'à la Déesse de la connaissance. Un symbole occurrent est la présence de la grand-mère du général Wu qui, constamment, défend Mei Hua contre ceux et celles qui lui veulent du mal, alors qu'elle fut l'instigatrice de son mariage avec son arrière-petit-fils. Peu à peu, on entre à nouveau dans le présent d'Augusta ; doucement, elle prépare son retour au Québec. Si elle «est guérie de la nostalgie de la Chine», le fait de quitter les êtres avec qui elle a tissé des liens la déchire. Dans le métro de Montréal la ramenant chez elle, un tour de magie s'opère où les trois déesses interviennent une dernière fois... C'est un roman imprégné d'odeurs sulfureuses, pétri de sensations physiques et morales que nous offre Félicia Mihali. On aime que «la Chine profonde reste inconnue et lointaine.» C'est avec un réel bonheur de lecture que nous suivons Mei Hua dans son «voyage en papier» ; durant son parcours, nous apprenons que cette époque impériale fut à la fois prestigieuse et cruelle. Nous apprenons aussi que toute réalité, vue et vécue par Augusta, contient sa part de rêve pour affronter un pays aux mille facettes insondables. On ferme ce roman, émerveillés, en se promettant d'y revenir le plus tôt possible... Sweet, sweet China, Félicia Mihali XYZ éditeur, Montréal, 2007, 330 pages Publié par : Dominique Blondeau ; domiblondeau@yahoo.fr à 2:22 PM http://dominiqueblondeaumapagelitteraire.blogspot.com
Littérature québécoise Felicia Mihali La belle et la bête
Née en Roumanie, Felicia Mihali vit actuellement au Québec, où elle a fait une entrée fort remarquée sur la scène littéraire avec Le Pays du fromage. Dans La Reine et le Soldat, fresque située au royaume des Perses vers l’an 330 av. J.-C., la romancière met en scène Sisyggambris, la mère du roi Darius, qui assiste impuissante à l’écroulement de son royaume conquis par les troupes d’Alexandre le Grand, de Macédoine. Séduite par un jeune soldat grec dénommé Polystratus, la reine perse suivra celui-ci jusqu’en Grèce, où elle sera amenée par la force des choses à comparer leurs deux civilisations. Roman historique, roman d’amour, certes, mais aussi méditation sur l’impact de la guerre et sur la notion de barbarie — sujet contemporain s’il en est… Par Stanley Péan Troisième oeuvre de Mihali à paraître chez nous dans la langue de Molière, La Reine et le Soldat a connu une genèse bien particulière qui remonte au temps des études de la romancière dans sa Roumanie d’origine. C’est son professeur de littérature néerlandaise, raconte-t-elle, qui lui a offert le roman Iskandar de Louis Couperus : « J’avais beaucoup aimé ce livre, auquel j’emprunte un motif assez secondaire : le moment où, Darius vaincu, sa mère et sa fille deviennent les prisonnières d’Alexandre le Grand. La relation de Polystratus avec la reine n’existe pas chez Couperus. » Fière représentante d’une civilisation qui a dominé le Moyen- Orient pendant des siècles, Sisyggambris porte sur les envahisseurs de son royaume, ces brutes barbares venues de Grèce, un regard au début méprisant, qu’elle apprendra à atténuer au fil du récit. Compte tenu des racines grecques de la civilisation occidentale, cela apparaît un renversement de perspective assez intéressant. Qui plus est, en choisissant de raconter cet amour impossible entre la reine et un soldat fictif, Felicia Mihali s’offrait un terreau riche en potentiel romanesque : « J’aurais pu mettre l’accent sur la relation entre Sisyggambris et Alexandre, c’est vrai. Mais je me suis dit qu’Alexandre, qui avait été l’élève d’Aristote, était bien préparé pour rencontrer l’Autre, il était bien muni pour faire face à la reine. Je trouvais plus intéressant de donner à l’interlocuteur de la reine un niveau bien inférieur, de manière à lui faire acquérir une dimension d’éducatrice du conquérant. Voilà pourquoi je lui ai préféré le pauvre Polystratus. En fait, j’ai conçu mon roman autour de cette relation amoureuse entre deux personnes très différentes, qui l’une et l’autre feront l’expérience de l’exil. » De son propre aveu, Felicia Mihali n’anticipait pas que cette thématique de l’étranger plongé dans un milieu auquel on n’appartient pas tout à fait finirait par s’actualiser avec sa propre existence d’expatriée, qui a choisi de s’établir au Québec, en partie par amour pour la langue française : « Au début de mon livre, Polystratus est perçu comme un conquérant, un agresseur, mais pour lui aussi la vie n’était pas facile. Il a ses peurs, ses doutes, ce qui n’apparaîtra qu’un peu plus tard, au moment où il aura l’impression d’être plus familier avec les lieux. Car je crois que plus tu te familiarises avec les lieux de ton exil, plus tu es étranger. » De l’actualité de l’Histoire Qu’après deux romans plus manifestement proches de ses expériences personnelles, voire nourris d’expériences autobiographiques, Mihali choisisse de camper cette histoire dans le Moyen- Orient d’il y a presque trois millénaires peut avoir l’air d’une rupture dans son oeuvre. Elle en convient volontiers et renchérit même, mais avec certaines nuances : « Vous savez, malheureusement pour moi, un roman que j’ai publié en Roumanie entre Le Pays du fromage et Luc, le Chinois et moi n’a pas été publié ici, ce qui donne une image incomplète de mon travail. J’ai jusqu’ici toujours écrit selon un principe d’alternance entre des romans plutôt réalistes et des romans d’évasion dans un espace parfois historique, parfois intemporel. Après La Reine et le Soldat, je publierai Ma douce Asie, qui revient sur ma vie en Chine. » L’évasion, on veut bien, mais un roman à caractère historique n’impose-t-il pas, par sa nature même, un défi d’écriture, de recréation plus fastidieux que l’oeuvre campée dans un contexte contemporain ? En fait, selon Mihali, « le plus grand défi tient au fait que ces romans exigent beaucoup de documentation. Une romancière ne peut pas s’embarquer dans une telle entreprise si elle n’a pas le temps de lire les chroniques qui racontent l’époque où elle veut situer son intrigue. Et quand on veut recréer une époque, on doit aussi consulter des sources autres qu’historiques, on doit s’intéresser aux coutumes, à la littérature, à l’art militaire de cette époque. » Même si le décor de La Reine et le Soldat semble fort éloigné du nôtre, certains aspects de son propos n’en demeurent pas moins d’une actualité évidente, au lendemain de la guerre en Irak, d’où les forces d’occupation américaines ne semblent pas près de se retirer : « Je déteste ce cliché qui veut que l’Histoire se répète, mais en écrivant ce roman j’ai découvert qu’il y avait un peu de vrai dans cette affirmation, parce que l’homme ne change pas ou change si peu… C’est pourquoi il répète les mêmes erreurs, garde au fil des siècles la même façon de penser et d’agir. » La romancière se garde bien de juger le monde actuel selon une grille manichéenne, mais reconnaît que « quand les événements du 11 septembre 2001 sont survenus, quand la guerre d’Irak a éclaté, j’ai complètement changé d’avis sur les campagnes d’Alexandre en relisant les chroniques qui présentent un visage glorieux du conquérant. » Ainsi, le parallèle entre les occupants américains de Bagdad et les soldats grecs stationnés dans le royaume de Sisyggambris et perçus par elle comme des rustres et des barbares n’est pas fortuit : « Quand on relit entre les lignes les chroniques des campagnes d’Alexandre, on se rend compte que les choses étaient assez semblables à la situation actuelle, affirme Felicia Mihali. J’ai été choquée de découvrir le même manque de motivations, les mêmes fausses raisons d’envahir les autres, de les détruire sous prétexte de les civiliser. » Sachant cela, on ne s’étonnera alors pas que l’auteure puisse écrire que « la reine savait d’avance combien braves pouvaient être les Occidentaux pour qui la guerre constituait le métier le plus rentable », commentaire vraisemblablement applicable autant aux Grecs de l’Antiquité qu’aux Américains d’aujourd’hui.
La Reine et le Soldat XYZ éditeur, 264 p., 25 $ Dans le crépitement du monde LE DEVOIR Suzanne Giguère Édition du samedi 21 et du dimanche 22 janvier 2006 Roman foisonnant, délibérément anachronique, La Reine et le Soldat, de Felicia Mihali, nous plonge en plein coeur des conquêtes d'Alexandre le Grand, en 330 avant Jésus-Christ. La reine des Perses, Sisyggambris (nom réel: Sisygambis), assiste impuissante à l'écroulement de son royaume. Captive dans la ville de Suse (sur le territoire actuel de l'Iran), elle est placée sous la garde d'un jeune soldat grec, trois fois plus jeune qu'elle. Avec une écriture vigoureuse, l'auteure trace le portrait d'une femme indépendante et libre, amante passionnée, femme d'esprit, et tisse en filigrane dans son récit des réflexions sur l'exil, le métissage, l'art de la guerre et la démocratie. Alphabet érotique L'empire en déclin des Perses n'a pas résisté à l'assaut des armées du redoutable conquérant. Installé à Suse, Alexandre le Grand se montre magnanime envers Sisyggambris, après la mort de Darius, le roi des Perses, tué au combat. Une étrange amitié se noue entre la reine et le Macédonien. Elle apprend à connaître cet homme dont les actes prouvent sa nature humaine passionnée, il découvre le raffinement perse -- mobilier précieux, appartements parfumés, bain raffiné, banquets somptueux. La reine le nomme Iskenderun après en avoir fait son fils adoptif. Alexandre le Grand poursuivra sa politique d'alliance avec la noblesse perse -- les soldats macédoniens prennent concubines en pays conquis --, voyant dans ce rituel d'union des peuples «le bonheur du monde en termes de mélange, d'hybridité et de métissage». Après la conquête du royaume persan, désireux
d'étendre son empire de la Grèce à l'Indus, Alexandre
reprend la route. Il confie la reine à Polystratus, jeune soldat
d'à peine vingt ans, à qui elle enseignera l'ouverture
à l'autre. À ses yeux, tous les Grecs sont des barbares.
Après le départ de la troupe, la reine intrigue, cherche
des issues à son ennui, jusqu'au jour où elle convainc
le soldat de partir en Grèce à la recherche d'Iskenderun.
En cours de route, ils deviennent amants. Ils se perdent pour mieux
se retrouver, leurs désirs se fondent «dans le crépitement
du monde». Le plaisir fermente jusque dans les mots. Après un périple difficile, ils arrivent à Athènes. Pour Sisyggambris, l'exil se vit d'abord au plus près de la peau. La reine et le soldat déclinent ensemble «les lettres du même alphabet érotique». Pour combien de temps encore ? Son amour pour le soldat d'Alexandre avait été lié à sa position de conquérant. À Athènes, ses yeux «trahissent le sommeil profond de l'esprit». La reine se penche sur son passé, n'arrive plus à y mettre de l'ordre. Elle souffre chaque jour de sa condition d'étrangère. «Elle allait toujours parler le grec avec un accent perse [...] Au fond, les gens ne peuvent jamais fuir ce qu'ils sont en profondeur.» Une rencontre avec un marchand de parfums syrien qu'elle a connu à Suse ravive la nostalgie de leur Perse natale : «Il comprenait avec tristesse que le soleil ne pourrait jamais être si familier que dans le pays où l'on naît, et qu'une certaine fraîcheur de la matinée resterait toujours identique à celle de l'enfance.» Sisyggambris s'adapte lentement à sa nouvelle vie. Ce voyage a été pour elle un chemin obscur vers les profondeurs de son âme. Qui sait si le soleil du Péloponnèse aura le pouvoir de l'illuminer, de le rendre plus chaleureux ? Roman dense, exigeant À la fin du roman, dans une note à l'intention du lecteur, Felicia Mihali précise qu'elle a pris beaucoup de libertés par rapport aux faits historiques. Elle recompose l'Histoire par fragments en s'écartant de l'original, établit des liens troublants entre les idéaux éthiques d'Alexandre le Grand, la démocratie qu'il défendait, «pas égalitaire mais militaire et agressive», et les motivations des Américains qui occupent aujourd'hui Bagdad. «Les populations du milieu du continent ne l'accueillaient pas comme un libérateur, mais plutôt comme un oppresseur antipathique. L'idéal démocratique, qu'il brandissait comme un drapeau et dont il se considérait comme le champion, n'était pas la préoccupation des peuples du Caucase, de Sogdiane ou de Kaboul. Ces peuples de l'Indus s'accommodaient fort bien de la paix imposée par les suzerains locaux, avec qui ils parlaient la même langue et partageaient les mêmes coutumes [...] Ceux qui s'avancent trop sur le territoire des autres ne sont en aucun cas des libérateurs.» Née en Roumanie, écrivaine, journaliste, rédactrice en chef du magazine culturel en ligne Terra Nova, Felicia Mihali signe un troisième roman dense, exigeant, pétillant d'intelligence. Douée d'une imagination inépuisable, la romancière parvient à ressusciter le passé lointain d'une civilisation qui a dominé le Proche-Orient il y a plus de 2500 ans, à en restituer les couleurs, les odeurs, les sensations tactiles et à nous transmettre la beauté d'une histoire d'amour impossible qui ne peut se trouver consignée que dans une oeuvre de fiction.
Collaboratrice du DEVOIR
al doilea roman in limba franceza al Feliciei Mihali Traducerea romanului Eu, Luca si chinezul a aparut la Montreal ! Calinic Toropu ianuarie 2004, Montreal pr_tn@hotmail.com
C.T. - O interesanta coincidenta face ca publicarea celui de-al doilea roman al tau Luc, le Chinois et moi sa se petreaca in timp ce tu esti in China. Un vechi vis al tau, China? F.M. - Aparitia unui roman in lipsa autorului nu este o situatie de dorit in nici un caz. Luc, le Chinois et moi poate suferi prin absenta mea din Montreal. In orice caz, eu sufar ca nu sint acolo, fie si numai pentru a ma bucura dupa acest efort de traducere care mi-a luat doi ani, cind puteam sa scriu altceva. Ca sa raspund la intrebare, acesta calatorie in China este un vis cu adevarat « vechi » care dateaza din timpul cind eram studenta la chineza, la facultatea de Limbi straine din Bucuresti. Pe vremea aceea aveam impresia ca stiu foarte multe despre China, probabil si de aici curajul de a scrie o carte despre acest spatiu fara sa il fi vizitat. Acum nu m-as mai incumeta sa fac asta, fie si numai pentru onestitatea informatiei. De data asta, daca vrei, am vrut sa verific intuitii mai vechi. Cred ca nu m-am inselat fundamental, desi se putea mai bine. C.T. - Cu ce ocazie esti in China ? F.T. - Timp de un an predau franceza pentru o companie care se ocupa cu pregatirea imigrantilor chinezi. Rolul meu este nu numai sa ii invat franceza, ci sa ii familiarizez cu Quebecul. Dar trebuie sa recunosc ca sint pusa intr-o situatie destul de ciudata, aceea de a reprezenta o tara care a devenit tara mea de foarte putina vreme. De multe ori ma intreb daca am dreptul si daca sint cea mai in masura sa fac acest lucru. Ca scriitor, traiesc una din cele mai mari contradictii, dar din care am enorm de invatat. In fiecare zi mi se ofera un nemaipomenit spectacol al schimbului de informatii, de sentimente si uneori de neintelegeri profunde. In ciuda efortului de ambele parti de a ne intelege, uneori imi dau seama ca exista parti ireconciliabile intre cele doua lumi. C.T. - In Luc, le Chinois et moi este vorba tocmai de intalnirea dintre cele doua lumi, povestea de dragoste intre o romanca si un chinez. Acum, dupa trei luni de sedere in China, ce parere ai despre vechile aprecieri. F.M. - Exista anumite locuri unde as fi putut da verdicte mult mai profunde, in orice caz, acum as rescrie altfel povestea. Dar ce e facut e facut si nu mai am dreptul sa intervin. Asa patesc toti cei care intra intr-un spatiu pe care il stiu doar din biblioteca. Realitatea este cu totul alta, surprinzatoare si in bine si in rau. De cind sint aici constat insa ca chiar daca m-am inselat asupra unor aspecte materiale, in ceea ce priveste oamenii am facut aprecieri corecte. Pe de alta parte, chiar daca uneori imi lipseste enorm Montrealul, iau aceasta experietna ca pe o perioada de reculegere, de singuratate absoluta si, poate, maturizare. C.T. - In romanul tau este vorba despre Romania anilor '90. In el ai "pus la zid" multa lume, de la Ion Cristoiu directorul ziarului Evenimenetul zilei (la care ai lucrat sapte ani), Ion Iliescu si Emil Constantinescu, o intreaga galerie de personalitati ale vietii publice din acea vreme. Nu ti-a fost teama de urmari? F.M. - Cu inconstienta si poate curajul care ma caracteriza la acea vreme, nu m-am gindit la urmari. In ciuda a ceea ce se spune despre Romania, cred ca in acest moment exista acolo mai multa libertate de expresie decit in America, unde "corectitudinea politica" ne taie din avint. Din pacate, poate, in Romania se pot spune multe lucruri grave fara sa patesti nimic. Eu am privilegiul ca am scris o carte de fictiune unde rautatile sint poate atenuate. Sper ca mobilul acestei carti sa scuze duritatea mijloacelor. C.T. - Una dintre cele doua povestiri este de fapt o cronica a vietii de redactie, la cel mai mare si temut cotidian din Romania anilor '90, Evenimentul zilei. Ai fost cumva acuzata la aparitia versiunii in limba romana de a-ti fi platit niste polite inainte de a pleca in Canada. Personal, recitind acum versiunea in limba franceza, nu am sentimentul asta. F.M. - Da, am fost acuzata, desi aceasta carte am scris-o in linii mari cu cinci ani inainte de publicare, deci inainte sa stiu ca voi emigra. Poate ca este adevarat si ca am vrut sa dovedesc contrariul celor care m-au considerat un ziarist mediocru, un incurca-lume, cineva care se straduie mai mult decit poate. Dar as vrea sa fie, chiar si numai citiva, care sa observe ca am facut multe lucruri cu generozitate si daruire, ca am vrut sa ajut mai mult decit am fost ajutata, ca am sustinut oameni mai mult decit m-au sustinut ei cind am avut nevoie. Poate ca am vrut sa aduc un omagiu tutoror redactorilor de cultura care au peste tot o soarta ingrata. In toate ziarele, nu numai in Evenimentul zilei. Poate ca am vrut sa rasplatesc pe toti cei care sint considerati totdeauna distributia secundara, oameni de talent putin recunoscuti, care se risipesc fara a fi recompensati pe masura. C.T. - Spui la finalul romanului "il est absolument nécessaire de croire que tout est un perpétuel recommencement et que chacun de nous a des possibilités infinies". Un final plin de speranta in ciuda a ceea ce s-ar putea crede la o citire mai putin atenta. Un final opus celui din Tara branzei, dar care aduce aminte de Tara branzei, care face legatura cu primul tau roman, caruia ii este - as zice - o continuare. F.M. - Cred ca pentru fiecare autor o noua carte este o continuare a uneia vechi, chiar daca subiectul sau stilul se schimba radical. In cazul meu, asa cum observi, este si mai evident acest lucru. Cred ca am dat acest final tocmai pentru ca incep sa cred, contrar la Tara Brinzei, ca exista frumusete si speranta in aceasta lume, si ca viata ii ofera fiecaruia infinite posibilitati. Viata noastra ramine o chestiune de rabdare si perseverenta. C.T. - Multumesc, succes si iti asteptam impresiile chinezesti. Luc, le Chinois et moi XYZ éditeur, coll. Romanichels, 191 p., 23 $ Moi, Luc et le Chinois, un roman qui fera des ennuis même au Président du pays Après une parabole biblique, greffée sur la civilisation chinoise, la jeune écrivaine se tourne vers la réalité immédiate, avec un roman d’une actualité violente. Après le livre de début, Le Pays du Fromage, qui décrivait d’un œil cynique, mais sincère, le monde dégénéré du village roumain contemporaine, c’est la ville qui entre dans l’attention de l’écrivaine, éduquée à l’école dure du journalisme roumain depuis ’89. L’ÉVÉNEMENT DU WEEK-END, 3 mars, 2000 Love Story et presse de scandale Après Le Pays du Fromage et La Petite Histoire, publiés l’année dernière, Felicia Mihali s’impose de nouveau dans les premières lignes avec un roman surpris, qu’on lit du bout du souffle. Cette fois, le crayon aigu de l’écrivaine attaque un monde très familier pour elle, la rédaction d’un journal de scandale…. Les deux narrations qui s’entrecoupent sur un chemin sinueux, font preuve d’un talent bien cultivé, d’une vocation de véritable psychologue, d’une admirable capacité de bâtir des personnages et de décrire des morceaux de la vie réelle. Moi, Luca et le Chinois nous confirme, après les autres deux romans, que Felicia Mihali représente une voix vigoureuse et singulière de la littérature roumaine actuelle. Gabriela Hurezean, NATIONAL, 23 février, 2000 Formula AS Le troisième roman de Felicia Mihali, paru en moins d’un an après le premier, prouve qu’elle est une écrivaine professionnelle, de longue distance, vouée au succès populaire, bien qu’elle n’écrive point ce qu’on appelle ``littérature de consommation``. Le talent et la facilité d’écrire dans des registres assez différents, le fait qu’elle n’écrive seulement pour le divertissement, mais parce qu’elle a vraiment quelque chose à dire, me détermine à lui prédire une carrière littéraire brillante. Adriana Bittel, FORMULA AS, 20-27 mars, 2000 Moi, Luca et le Chinois, des coulisses médias et amour oriental L’auteure du Pays du Fromage et de La Petite Histoire récidive. Pendant les derniers huit mois elle est arrivée à la performance unique de donner sur le marché des livres encore un volume, Moi, Luca et le Chinois….Les deux mondes, surpris d’une manière tout à fait différente de la mode littéraire actuelle, confirment l’unicité d’une voix très originale d’une écrivaine qui appartient déjà au prochain millénaire. Corneliu Ciocan, L’ÉVÉNEMENT DU JOUR, 1 mars 2000 Metrobus « J’ai essayé de décrire le plus fidèlement possible le monde de la presse écrite où règne le goût pour la violence et très peu l’appétit pour la culture……Je reconnais que je suis une écrivaine extrêmement cynique. Je me suis questionnée moi-même sur ce sujet et je me suis rendu compte que j’ai gagné cette qualité à l’école de la littérature néerlandaise…..Luca est un alter ego masculin. Il est l’ami idéal qui m’a sauvée de l’encombrement. Luca est l’image même de la culture qui nous semble faible, vulnérable, mais qui est très résistante pour autant. » interview réalisée par Mariana Nicolae, METROBUS, 28 février, 2000
Primul roman al Feliciei Mihali, Le pays du fromage, a aparut in librariile din Quebec in 2002. Acest roman, foarte bine primit de critica si de cititorii din Quebec, era de fapt o transcriere a romanului Tara Brinzei publicat in Romania in 1999. Dupa doi ani, putem vedea in rafturile cu « noi aparitii » un alt roman al Feliciei Mihali, Luc, le Chinois et moi, traducere a romanului Eu, Luca si chinezul, publicat in Romania in 2000. Ca si in primul caz, subiectul ne trimite intr-o Romanie aflata in plina perioada de transformare dupa evenimentele din 1989. Daca in Tara Brinzei era vorba despre realitatile dure ale satului romanesc dupa 50 de ani de comunism, de data aceasta este vorba despre orasul post-comunist vazut prin prisma unei ziariste. Bucurestiul surprins de scriitoare este un oras al tranzitei. O tranzitie a sentimentelor, in care oamenii se cauta pe ei insisi, isi cauta repere stabile intr-o lume destabilizata moral, politic si economic. Subiectul se concentreaza in jurul a doua povesti paralele; in una este vorba despre viata de ziarist a personajului principal in redactia unui ziar de scandal, unde cultura este privita totdeauna ca ceva monstruos, sau mai bine zis ca ceva care poate oricand lipsi din paginile de informare. A doua este povestea de dragoste a aceluiasi personaj cu un doctor chinez, o relatie care este vazuta pe alocuri ca un paleativ la o cariera subreda si mereu sub semnul amenintarii. In mod ciudat, aparitia acestui nou roman se petrece in absenta autoarei care este plecata in China pentru un an. Luc, le Chinois et moi XYZ Editeur, 191 pagini
Interviu cu scriitoarea Felicia Mihali Le pays du fromage a consemnat Florin Malaelea
Reporter - Euforia debutului tau literar in Canada, Felicia Mihali, a trecut. Chiar a trecut? Felicia Mihali - Nu, nu a trecut inca, si cred ca ar fi si periculos sa treaca. Cind nu te mai bucuri de propriul succes insemna ca, in primul rind, cartile tale nu iti mai plac, ceea ce este trist si fara speranta pentru autor. Cind nu te mai bucuri de propriul succes insemana ca evolutia, ca si cariera ta scriitor, s-au oprit la o numita ora, care nu mai poate fi actualizata. Daca propria ta reusita nu iti mai face placere inseamna ca si viata te plictiseste, ceea ce deocamdata nu este cazul meu. R - Presa scrisa de limba franceza a primit romanul Le Pays du fromage, dar si pe tine, cu mult entuziasm. Ziarul Le Devoir iti multumeste ca ai avut ideea de a te stabili in Quebec si considera cartea ta drept cea mai « placuta surpriza a acestei primaveri », in timp ce Le Soleil considera ca iti este rezervat un loc de invidiat in literatura quebecoise, si ca e doar o chestie de timp pina-l vei ocupa. FM - Da, cei doi autori Robert Chartrand si Antoine Tanguay au primit foarte bine cartea, si la fel de bine o primeste publicul de aici. Toate reactiile din partea cititorilor quebecois sint extrem de mature si pertinente, si imi face mare placere sa constat ca apartin unei elite culturale, ca cititorul de aici este suficient de matur, mult mai matur decit vrem noi sa acceptam. Ceea ce ma linisteste in toate aceste elogii este ca nimeni nu te lauda de complezenta, cu atit mai mult in cazul meu, care sint o necunoscuta pentru ei. R - In comparatie cu ce s-a scris in Romania la aparitia verisunii originale, criticii de aici lasa impresia de a fi mult mai aproape de esenta romanului tau. FM - Este si parerea mea, o constatate pe care o fac cu inima usoara dupa multe luni de stres in care am asteptat aparitita cartii cu emotie, dar si cu imensa frica. Cel mai tare m-am temut ca cititorii de aici sa nu se opreasca la primul nivel al cartii, la imaginea satului, la comunism, la saracie, lucruri care in Romania au fost remarcate in primul si in primul rind. Asta nu m-a deranjat, dar recunosc ca as fi vrut reactii de genul celor pe care le fac cei din Le Devoir si Le Soleil. Este o dovada in primul rind ca au citit romanul cu un ochi detasat, foarte atenti sa nu faca erori de apreciere. In orice caz receptia cartii aici este extraordinara. Asa cum mi-am dorit, publicul de aici sondeaza produnizmile cartii, nu structura lui de suprafata. R - Cititorii francofoni au inteles forta cu care personajul tau feminin se ofera analizei interioare, in cautarea unor raspunsuri. Ceea ce o anima este lupta ei impotriva esecului. Si ceea ce in tara ajunsese a fi numit erotism, aici este perceput ca o emotionanta pledoarie pentru dragoste. FM - Se pare ca romanul meu a picat pe un teren foarte bun, pentru ca publicul francofon din Quebec are o sensibilitate aparte, datorita in buna parte istoriei, apartenentei sale la doua lumi, total opuse in unele privinte. De aceea poate au sesizat perfect contrastul pe care se bazeaza caracterul eroinei, care aspira la sublim intro-o lume saraca, umila. Ei au inteles ca in cea mai neagra mizeire, omul continua sa aspire la frumusete, la dragoste adevarata. Asa cum este el alcatuit, omul nu revine niciodata la starea de animal, el continua sa fie o fiinta cu aspiratii, cu idealuri. Critica a sesizat relatia dureroasa pe care o stabilim cu propriul trecut, cu originea care uneori se traduce prin teribile complexe care ne coplesesc si ne umbresc viata. In ceea ce priveste dragostea, nu va spun ce reactii am avut din partea compatriotilor mei de aici. Unul m-a numit profesoara de sex, altul m-a facut obsedata sexual, cind totul in carte este atit de voalat, atit de discret si de putin spus. R - Apropo, cum a primit comunitatea roman de aici acest roman, care apartine de acum celor doua culturi. FM - Pentru mine comunitatea inseamna in primul rind cei citiva prieteni care m-au sprijinit de la inceput si au crezut in mine, insemna presa romaneasca de aici care a scris depre mine in termeni extrem de elogiosi, postul de radio ca si cel de televiziune. Restul pina la 30.000, cit se spune ca numara comunitatea noastra, ma trateaza cu o indiferenta care ma doare. Pur si simplu nu ii intereseaza cartea. Anecdotic iti spun ca din cele 20 de carti cit exista in magazinele romanesti, de aproape 2 luni, nu s-a vindut nici macat o carte. Cam asta este interesul comunitatii pentru cultura romana de emigratie. Toti fac mare parada de Cioran, Ionescu si Eliade, dar putin le pasa de cei care se formeaza sub ochii lor. R - Departe de a fi o traducere a Tarii branzei versiunea franceza este o rescriere a primului tau roman. Cum ai reusit sa transmiti cititorului quebecois emotii pe care ne-ar fi placut sa credem ca numai noi romanii le putem trai si deci intelege.? FM - Cred ca nici un autor nu isi poate traduce singur cartea. Nimeni nu poate respecta structura, ritmul initial intr-o alta limba. Iar cei care incearca sa isi traduca cartile cel mai bun lucru pe care il pot face este sa uite de prima varianta si sa isi rescrie cartea, sa se mute intr-o alta limba si sa lucreze cu avantajele ei. De aceea spun ca Le Pays du Fromage nu este o traducere, ci in fond o alta carte, pastrind cu totul si cu totul continutul de la Tara Brinzei. Imi place sa cred ca varianta in franceza este la fel de buna, stilistic si narativ vorbind. Cei care au citit-o pina acum si cunosc si varianta romana sint la fel de incitati de rezultat ca si mine. R - Toata experienta pe care ai trait-o cu acest roman se va rasfrange fara indoiala asupra efortului intelectual pe care il depui vizavi de celelalte doua romane, Mica istorie si Eu, Luca si Chinezul. Care iti sunt viitoarele proiecte literare? FM - Deocamdata pentru anul acesta nimic nou. Am in lucru cele doua romane, Eu Luca si Chinezul pe care il rescriu in franceza, si Mica Istorie care este deja bun de tipar dar cu care as vrea sa mai astept putin. As vrea in schimb sa incerc sa il public in engleza, la a carei traducere asist in acest moment, ajutata de o prietena din Anglia. Sintem acum la ultima lectura si sint foarte multumita de forma finala. Pentru la anul am in proiect un nou roman, Regina si Soldatul. Dar ceea ce este foarte important pentru mine este sa imi termin teza de masterat, la Universite de Montreal, care are ca subiect trei romane de mare succes din zilele noastre, unul din ele fiind Versetele satanice al lui Salman Rusdi. R - Felicitari, Felicia Mihali, si iti multumesc pentru amabilitatea de a raspunde intrebarilor noastre. Aparut in Caiet pentru arta si literatura al revistei Tribuna noastra, Montreal, 2002
DYNA-MYTHE : Avec son titre énigmatique, Le pays du fromage de Felicia Mihali souffle comme une bourrasque sur une Roumanie sacrifiée. Pas si loin de nous. Rencontre. " Pour Felicia Mihali, la Roumanie c'est surtout le Pays du fromage, une référence au produit laitier qui, ai gré des siècles, sauva si souvent de la famine des villages entiers, voire un peuple; une nourriture dont l'héroïne de ce premier roman de Felicia Mihali ne peut supporter l'odeur. "Si j'avais accepté dès le début l'odeur du fromage, toute ma vie aurait pu changer", écrit-elle. Un détail. Et puis le lecteur comprend vite que sa rupture entre cette jeune femme peut-être cocue et son présent roumain est totale, effroyable. Et que débute la magistrale culbute... "J'ai écrit ce livre il y a cinq ans, dans un état de pessimisme total et profond, nous dit d'emblée Mihali, à Montréal depuis tout juste deux ans. J'avais à l'esprit la conviction intime que je ne pouvais plus évoluer, ni personnellement ni collectivement, au sein de la société roumaine. Aujourd'hui, le pessimisme est une maladie dont j'essaie encore de guérir." "Au centre du roman se trouve le désir de cette jeune femme de renouer avec son passé au moment de l'échec de son présent", poursuit Mihali. En fait, le livre trouve son origine dans le mythe de Robinson. L'héroïne est une naufragée, sauf qu'elle échoue sur une île qui porte en elle les marques des la civilisation. Comme elle ne peut consentir à détruire ce qui est là, elle se réfugie dans un imaginaire mythique qui la fera remonter jusqu¢aux anciens Grecs, à l'histoire de Troie. Les connotations livresques et purement littéraires se font
nuances et arrachements au réel dans ce roman d'une beauté
saisissante. Et ces odeurs folles et incontrôlables d'envahir
dès les premières pages et avec une absolue préséance
l'esprit du lecteur pour ne plus le quitter. En quatrième de couverture, les gens de chez XYZ ont cru bon de déceler une ressemblance entre Les pays du fromage et Une saison dans la vie d'Emmanuel, de Blais. Une judicieux amalgame qui renvoie au lecteur d'ici ses propres conceptions du village et du rural... "J'ai voulu frapper un mythe qui a fait carrière dans la littérature roumaine, celui du village vu comme le nombril de la terre, l'espace de pureté, l'endroit qui nous sauve de la ville. Nous sauver de quoi? Et à quel prix? Pas si loin de chez nous, vous dis-je ". Pierre Thibeault (ICI, Montréal, 6-12 juin 2002)
Le Pays du fromage
UNE ROBINSONNE DE PREMIÈRE FORCE On a envie de remercier Felicia Mihali d'avoir eu l'idée de s'installer ici il y a deux ans après avoir quitté sa Roumanie natale: elle nous offre, comme cadeau inespéré, ce premier roman qui révèle déjà un talent d'écrivain. La ressemblance suggérée, sur la quatrième
de couverture, entre ce livre et le chef d'œuvre de Marie-Claire
Blais, Une saison dans la vie d'Emmanuel, n'est pas qu'un simple fanfaronnade
d'éditeur comme on en lit souvent. Il y a dans Le pays du fromage
une puissance d'évocation assez semblable, une même faculté
d'insuffler une sombre beauté à un monde de déchéance. Dépit ou simple coup de tête? Au moment de partir, elle a en tout cas le sentiment que l'aventure l'attend alors qu'elle un jette un dernier coup d'œil sur les étagères de sa bibliothèque, où elle remarque le Robinson Crusoé de Defoe de même que l'étonnante réécriture qu'en faite Michel Tournier dans Vendredi ou les limbes du Pacifique. On devine qu'il s'agit là d'un clin d'œil narquois à la littérature la narratrice a fait des études en lettres sans pouvoir en vivre - elle n'a jamais travaillé que comme secrétaire dans une entreprise d'import-export - s'essayerait-elle à "la" vivre? Sans nostalgie apparente, elle s'installe dans une des masures abandonnées où elle a grandi. Paradoxalement, el semble régner dans ce logis insalubre, comme dans tout le village, un génie des lieux, insidieux, maléfique, auquel elle s'abandonne à son tour. Au fil des jours et des semaines, pendant les quelques 28 mois qu'elle va passer là-bas, elle vivra dans la crasse et le désordre, parmi la vermine, se nourrissant à peine, dans un état de prostration entrecoupé de brefs sursauts d'énergie. Son fils, laissé à lui-même, devient peu à peu un enfant sauvage, plus à l'aise avec les bêtes qu'en compagnie des humaines. Ce choix délibéré de la jeune femme d'une existence quasi primitive ne semble pas révéler d'une quelconque volonté d'ascétisme - ses accès de sensualité débridée ont tôt fait de nous détromper là-dessus. Il s'agirait plutôt d'un passage obligé qui lui permettrait de découvrir, à sa propre surprise, ses racines paysannes, comme s'il lui fallait pour cela connaître un dénouement qu'elle n'avait même pas connu dans son enfance, une déchéance qui remonte bien au-delà de son propre passé. Elle s'adonne donc à une imprégnation totale dans ce lieu, qui la sollicite corps et âme. Tous ses sens sont envahis, en particulier l'odorat qu'elle a très sensible. L'expérience est éprouvante dans ce pays de fromage, comme elle dit, dont les effluves l'ont toujours écœurée. Elle revivra par ailleurs l'antique soumission des femmes en fréquentant un ami d'enfance, un homme "assez vieux pour que son instinct paternel soit atténué par l'égoïsme de vivre librement", dont elle aime l'indifférence, pour qui les femmes sont des simples objets de plaisir toutes interchangeables. Elle lui est reconnaissante de montrer par là "son immense honnêteté masculine"... Parmi les souvenirs qui lui reviennent, elle s'attarde à celui de quelques proches, moins ses père et mère qu'une tante, qui fut une conteuse hors pair. Elle donnera d'ailleurs à la narratrice le goût de récréer en imagination une partie du passé familial, en particulière celui d'un couple de bisaïeuls. L'imaginaire prend ainsi le relais du corps et de ses sensations pour lui permettre d'habiter toute entière le lieu de son enfance. Il y a jusqu'à sa perception des autres qu'elle tente de calquer sur celle de ces campagnards frustes, aussi durs que leur coin de pays. Autrefois comme aujourd'hui, assure-t-elle, tout n'est "que peine et accouplement. Homme et femmes : entre eux il n'y a de place ni pour la beauté, ni pour la tendresse, ni pour l'amitié". La littérature, dans cette aventure, lui sera longtemps de peu de secours. On croirait même qu'elle l'a reniée. Mais la voici qui lui revient alors qu'un ami bienveillant lui offre une partie de sa bibliothèque. Elle va lire ou relire des auteurs de toutes les pays, de Shakespeare à Samuel Beckett en passant par Diderot ou Novalis, mais ce sera pour ne retenir chez l'un ou l'autre qu¢une phrase ou le trait de caractère d'un personnage. Ce roman de Felicia Mihali est une des très belles surprises de ce printemps. Elle l'a, dit-on, écrit dans sa langue maternelle, puis traduit elle-même. On peut parler ici d'une version originale, dont l'écriture est plutôt sobre, fort bien maîtrisée. Mihali savait bien que ce que raconte ce personnage de femme est parfois assez terrible : ce n'était pas la peine d¢en ajouter sur la manière de le dire. Robert Chartrand ( LE DEVOIR, Montreal, 5 Mai 2002)
LA NAUFRAGÉE AU NEZ FIN Parfois, seuls la solitude et le silence peuvent venir à bout des pires épreuves. C'et du moins ce que croit la narratrice du Pays du fromage, l'excellent premier opus de Felicia Mihali, une jeune écrivain d'origine roumaine qui a choisi de réécrire en français son histoire marquée pas les figures du naufrage et du désespoir. A l'apogée d'un printemps littéraire abondamment truffé de découvertes, voilà que d'immisce discrètement sur les rayonnes des libraires un court roman au titre intriguant mais qui n'a rien à voir avec les délices de la table de provenance de la Beauce ou de Charlevoix. En quatrième de couverture, l'éditeur, XYZ, compare même Le Pays du fromage à Une saison dans la vie d'Emmanuel, le grand classique de Marie-Claire Blais. Une telle comparaison audacieuse à souhait, n'est cependant injustifiée, car les deux récits, bien que différents en plusieurs points, partagent ( ce n'est qu'une question de patience) un enviable statut dans le panorama littéraire québécois. Ce sont des lectures qui nous habitent et nous transpercent pour venir heurter nos plus intimes remparts. Le ton est dur, économe sans être pingre, et les images, souvent cinglantes. Bref, on ne sort pas intact du Pays du fromage. (Antoine Tanguay, LE SOLEIL, Quebec, 26 Mai 2002)
La journaliste Felicia Mihali débute en force avec un roman
au sujet de l’échec et de la solitude Ion Zubascu, ROMANIA LIBERA, 29 juin, 1999
Le début littéraire de la journaliste Felicia Mihali est remarquable. Loin de ce qu’on appelle « littérature féminine » son roman et originel non seulement par thème, mais aussi par le style bref, sans le moindre artifice. Utilisant des moyens simples pour décrire l’atmosphère d’agonie qui domine, le roman de Felicia Mihali est révélateur pour la mentalité d’une génération entière: celle des jeunes qui ont perdu leurs racines et qui errent continuellement à la recherche de leurs repères. Adriana Bittel, FORMULA AS, 9-16 août, 1999
Un talent de 24 carats Le plus spectaculaire début en prose enregistré chez nous au dernier temps, est celui de Felicia Mihali - 32 ans, journaliste à « L’Événement du jour ». Son roman, Le Pays du Fromage se remarque même du titre par un style offensif et démystificateur. Comme écrivaine, elle a les mouvements sûrs et rapides de ceux qui attrapent des serpents. Ce qui la caractérise est un mépris profond et, de même, un irrémédiable manque d’illusions. Des images de la décrépitude, des sons aigus, des odeurs désagréables, rien n’échappe à cette témoigne incommode. Alex.Stefanescu, ROMANIA LITERARA, 11-17 août, 1999
La misophilie d’une vie déchirée Le Pays du Fromage est le roman d’une chute psychique ou la « fiche clinique » d’une déchéance physique et d’une déroute morale. La confession d’une vie inutilement déchirée et marquée par la misophilie, le cynisme et la sexualité, régie par l’ennui ou par le désespoir. Un trajet fabulateur à travers l’hérédité érotique et malheureuse de la famille. Dan.C.Mihailescu, 22, 7-13 septembre, 1999
Le terrible voyage de Felicia Mihali au Pays du Fromage Le roman de début de Felicia Mihali est le produit d’une personnalité complexe, avec des perceptions aiguës et des états d’âme tellement bizarres. …. On lit Le Pays du Fromage sans presque respirer, d’un bout à l’autre. Gabriela Hurezean, NATIONAL, 24 juin, 1999
Le Pays du Fromage, le pays des abîmes du psychique féminin Par son début, Felicia Mihali, écrase tous les canons littéraires de chez nous. Son roman est un véritable choc pour les consommateurs de littérature roumaine contemporaine. Par les vécus de son héroïne, l’auteur détruit tout ce que peut signifier de l’innocence ou de la beauté dans la vie quotidienne. Les rappelles au monde de l’enfance ne signifient que la négation des anciennes valeurs du village traditionnel roumain. Corneliu Ciocan, L’ÉVÉNEMENT DU JOUR, 24 juin, 1999
Dans la toile d’araignée de la féminité Au but des plans avortés, il y a finalement le cri de douleur d’une jeune femme intelligente mais mutilée par l’étroitesse de l’intimité. De l’horizon du village, de la médiocrité de la ville monte jusqu’à nous le message de quelqu’un soumis à des épreuves terribles. Henri Zalis, LE CONTEMPORAIN, 6 avril, 2000
Cette fois-ci, La Petite Histoire a une toute autre facture, tout à fait surprenante, surtout pour ceux qui ont misé seulement sur la vocation de journaliste de Felicia Mihali. Le monde du roman se situe aux débuts bibliques de l’humanité, lorsque les gens se laissaient conduits par L’Empereur-Profet, comme les Patriarches Bibliques, Moise, Abraham, Issac. Entre l’Homme et Dieu il y avait toujours le Prêtre, celui qui faisait la divinité acceptable ou, au moins, supportable. Eugenia Cristea, L’ÉVÉNEMENT DU WEEK-END,
21-27 janvier, 2000 La Petite Histoire, ou un autre commencement du monde …..C’est un roman métaphore et allégorique en même temps. Au premier regard, il peut de même être lu comme un nouveau genre de roman érotique…. Corneliu Ciocan, L’ÉVÉNEMENT DU JOUR, 21 décembre, 1999
Bien que, il y a sept mois, Felicia Mihali, marquait à peine son début littéraire, la critique littéraire l’élogiait. Le critique Alex Stefanescu l’appelait « un talent de 24 carats »…… La jeune écrivaine nous précise que La Petite Histoire représente le rendez-vous des trois grands livres de l’humanité, La Bible, Les Analectes, de Confucius et Dao De King, de Lao Tzi. CURENTUL, 14 décembre, 1999
Quelques mois à peine éculés de son début fulminant avec Le Pays du Fromage, Felicia Mihali récidive avec un nouveau roman, La Petite Histoire. Ce qui frappe dès ses premières pages c’est la nouveauté absolu du style et de la thématique, par rapport à son premier roman….La Petite Histoire nous détermine d’attendre avec impatience le troisième roman de Felicia Mihali Gabriela Hurezean, NATIONAL, 21 décembre 1999
La Petite Histoire, un grand livre pour une réalité toujours la même. On vous recommande de ne pas rater le rendez-vous avec une jeune écrivaine journaliste, Felicia Mihali, dont le nom a déjà fait fureurs dans le monde littéraire roumain. Après son premier roman, le Pays du Fromage, paru il y a six mois, et rapidement épuisé, elle lance à la veille de Noël un nouveau livre, La Petite Histoire. Mariana Nicolae, METROBUS, 20-22 décembre, 1999 |
| Littérature | Poesie | Essai | Prose | Livre | Politique | Arts Vis | Événements | Archives | Musique | Contact | Interview | ||||
Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés |
|||||||||||||||
|
|