Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 8 • Montréal • 15.04.2005

 

ARCHIVE

XYZ Editeur

Ainsi font-elles toutes – un livre sur la liberté de s’offrir

par Felicia Mihali

A vingt-deux ans, Clara Ness voit paraître son premier livre, chez XYZ Editeur. Ainsi font-elles toutes est un roman qui se déroule autour d’un triangle, ou plutôt d’un carré amoureux, qui comporte la narratrice – une étudiante en médecine, Agnès – la propriétaire d’une librairie à Montréal, Paul – un musicien montréalais, et Luiz – un écrivain français. Tout comme la jeune écrivain, la narratrice parcourt son trajet initiatique entre Montréal et Paris, trajet physique qui correspond à l’incursion dans l’âme d’une jeune femme en quête d’amour, ou plutôt en quête d’identification de ce qu’est l’amour. Les trois personnages qui entourent l’héroïne, même lorsqu’ils occupent l’avant-scène de la narration, semblent ne pas avoir une vie à eux. Ils ne sont que des passages vers une saison plus mûre, des motifs dans ce qui semble la grande découverte finale : la vérité sur l’amour.

Ainsi font-elle toutes est un éveil à cet état contradictoire de l’âme, à l’âge où l’amour est perçu encore comme un danger, quelque chose qui attire les commérages et la mauvaise réputation. Ce qui caractérise l’héroïne de Clara Ness est la révolte contre cette prison des convenances, et contre toutes les responsabilités qui nous entourent ; elle crie son droit à la liberté, une responsabilité, elle aussi : « Si la liberté est aussi une responsabilité, elle ne peut pas être aussi ennuyante ». Accusatrice des femmes, elle se révolte en même temps contre les titres que l’amour leur attire : légères, perverses, volages, profiteuses, menteuses, hystériques.

Ce livre de dégage le souffle de l’adolescence, cet âge partagé entre les peurs de l’enfance pour des choses interdites, et en même temps le désir d’en savoir plus sur le côté obscur de notre corps. Les tribulations d’un partenaire à l’autre qui font le sujet du roman expriment secrètement le désir de dépasser la connaissance instinctive de l’amour. Baignant encore dans l’âge androgyne de l’individu, la narratrice se jette avec la même passion dans l’amour des femmes et des hommes, dans l’espoir qu’un jour l’amour ne sera plus une spéculation mais une certitude. Ce qui est nouveau dans la conception de Clara Ness est la nature des rapports homme-femme et femme-femme. Sur la mesure de cosi fan tutte, il est compris que toutes les femmes sont infidèles. Même si dure, ce jugement manque, heureusement, de vulgarité. Ce n’est que lorsqu’on s’offre avec nonchalance qu’on ne lutte plus contre son désir.

Ainsi font-elles toutes est un éloge à la vie légère, aux choses futiles, et aux petits gestes. Cependant, cette vie gratuite est si précieuse et fragile. Clara Ness célèbre ce temps égoïstement accordé à soi-même : le temps de l’écriture.

 

Felicia Mihali

Une histoire de poissons, de pirates, et d’immigrants

Nikolski – le roman des contacts fragiles

Si l’on juge selon la résonance slave du titre, on se trompe sur les enjeux du premier roman de Nicolas Dickner. Quelle qu’elle soit son origine, Nicolski ne représente ici que le nom d’un petit village, perdu dans le Nord canadien. Cependant, bien que ce village n’ait qu’une présence épisodique dans l’économie du livre – matérialisée dans un compas bon marchée ou gribouillé à l’endos de quelques cartes postales –, Nikolski est le point de départ. Dans ce lieu perdu au milieu des neiges s’est retiré Jonas Doucet, le géniteur errant des deux personnages masculins du roman, Noah et le narrateur. En même temps, il est l’oncle de Joyce, une jeune fille dont l’enfance est nourrie par les aventures de ses ancêtres pirates.
Les trois personnages en fuite se retrouvent dans un quartier d’immigrants à Montréal. Déracinés, Joyce et Noah retrouvent un faible esprit de famille auprès de Maelo, originaire de la République Dominicaine, qui tient une poissonnerie dans l’est de la ville. « Arrivé seul en plein milieu de l’hiver 1976, il a tout appris à la dure : le froid, le français, la géographie de Montréal, la bureaucratie, la Radio-Canada, le pâté chinois, le chômage de Guy Lafleur. » Côtoyant de près les nouveaux-arrivants, Joyce et Noah s’identifient à ces déracinés, ils s’adaptent volontairement à leurs étranges habitudes et à leur solidarité de clan : « Pour Maelo, un immigrant peut être égaré, confus, réticent, épuisé, exploité, peut refuser de s’adapter, sombrer dans la déprime, croupir dans la nostalgie – mais jamais il ne doit s’abaisser à être orphelin. »


Joyce provient d’un village de pêcheur de la Basse-Cote-Nord : la seule route qui y passe est celle de la fuite. Débarquée à Montréal en pleine nuit, elle se retrouve seule au milieu de cette ville comme au milieu de la mer. L’imaginaire enflammée par les aventures de ses deux ancêtres pirates, Alonzo et Herménégilde Doucette, et par l’histoire de sa tente Leslie Lynn Doucette, arrêtée et jugée aux États-Unis pour piratage informatique, Joyce ne rêve que de la piraterie. Le jour, elle travaille dans la poissonnerie de Maelo, alors que la nuit elle part à la chasse aux trésors dans les poubelles de Montréal. Les ruelles encombrées d’ordures sont devenues les récifs où Joyce bâtit sa carrière de hacker, le pirate de nos jours.
Cette passion pour la fouille des déchets l’apparente à Noah, son cousin inconnu, l’anonyme qui habite de l’autre côté de la rue. Après une enfance passée dans une roulotte avec sa mère Sarah, une Amérindienne qui fuit la réservation, Noah débarque aussi à Montréal pour faire des études en archéologie. Plus tard, ses travaux de fouilles le portent dans le Nord, à la recherche des vestiges amérindiens qu’il refait à partir de quelques morceaux. Le passé est cette fois-ci encodé en quelques éclats, ou dans le rangement d’une squelette sous un tertre.
Les deux adolescents croisent occasionnellement l’autre parent inconnu, le narrateur, bouquiniste dans un petit antiquaire. Ici, Joyce vient régulièrement subtiliser des livres de programmation : ici, un jour, Noah amènera son fils à la recherche des livres aux dinosaures, les mystérieux disparus de la terre.


Les racines des trois personnages sont molles, elles poussent dans des roulottes, leurs berceaux portent encore le souvenir des voyages au bord des bateaux. Leurs noms et ceux de leurs parents évoquent des personnages bibliques, ce livre du grand naufrage et du long voyage à la recherche d’un pays : eux aussi survivent au déluge qui les fait échouer sur cette île inconnue, un abri accidentel et temporaire. Leur passé est vite entassé dans de gros sacs destinés au vidange. Ils libèrent la place pour les résidus fragmentaires du présent : des livres à trois têtes, des cartes déchirées, des objets cassés et rassemblés selon une esthétique aléatoire. Leurs gènes portent encore les aventures de leurs ancêtres, la migration des tribus nomades afin de trouver une meilleure place pour y vivre.


Au long de son parcours, Nikolski reste le roman des présences – absences, des souvenirs, des impressions à peine effacées et remplacées instantanément par un bric-à-brac des ruines. Le livre est une discrète méditation sur le fait que notre vie est une errance à la recherche de ce qu’on a perdu sans l’avoir vraiment connu. Nous restons les prisonniers des mythes, insatisfaits devant l’impossibilité de les reconstruire ou malheureux devant l’imperfection de nos découvertes. Ce que les trois personnages possèdent sont quelques morceaux déchirés, insuffisants pour une bonne reconstruction, mais assez pour troubler définitivement leur existence. Nikolski est le roman des contacts fragiles avec des vestiges altérés.
Nikolski, c’est aussi une histoire de poissons : l’odeur et la texture de la chaire blanche traversent le roman, cet univers aux carrefours des milieux, là où la terre est embrassée par l’eau, où l’air se fonde dans les couches épais de la neige. Nikolski est le roman des arômes forts et des récifs mystérieux de la ville moderne, une ville découverte à travers les boutiques ethniques, les histoires mirobolantes des nouveaux-arrivants, à travers le contenu des sacs de vidanges. C’est une ville au passé lourd, odoriférant, et duquel les descendants se débarrassent sans tapage : c’est le lieu hybride des réclames publicitaires, des kermesses de famille, des rencontres et des fuites, des arrivées et des départs précipités, des sacs de voyage où le porteur fourre toute sa fortune.


Le fort de ce livre réside justement au fait qu’il n’est pas le roman des retrouvailles sirupeuses. Si normale que cela aurait pu l’être, l’auteur respecte plutôt cette autre normalité, celle de s’enfermer dans une solitude permanente, côtoyer notre demi-frère ou notre cousine sans jamais le savoir et sans en avoir besoin.
Le style du roman rappelle l’habilité de laquelle Joyce tranche les poissons sur le comptoir de Maelo. Les phrases avancent sans difficulté à travers une matière dense. Nicolas Dickner a la dextérité de quelqu’un habitué aux virages serrés et toujours à la course. Rien de monotone, rien de trop dans ce récit, aussi pur et transparent que les neiges de Nikolski.

Nicolski. Nicolas Dickner. Les Editions Alto, Quebec, 2005. 325 p. 22,95$


Julie Beaulieu

L’art de voyager, l’art de rêver

The Art of Travel d’Alain de Botton (2002)

L’art du voyage (trad. française, 2004)

Voyager, c’est un art à en croire le titre évocateur du sixième bouquin d’Alain de Botton, un londonien d’origine suisse spécialiste de la philosophie du quotidien. Si, généralement, la couverture d’un livre suffit à attiser ma passion de la lecture, dans le cas présent, le titre, The Art of Travel, a suppléé à une image simplifiée. L’expression « L’art du voyage » a vivement attisé ma curiosité en tant qu’elle contient en son sein un couple de mots à la fois suggestif et inspirant : le mariage parfait entre l’art et le voyage. Sur un coup de tête, j’achète le livre, certaine qu’il en valait la chandelle. De fait, mon intuition ne mentait pas.

C’est avec plaisir que l’on plonge dans l’univers fascinant d’un écrivain dont l’imaginaire référentiel emprunte aux souvenirs (auto)biographiques, littéraires et picturaux. L’orchestration magistrale du récit de voyage aux commentaires littéraires et artistiques ne peut laisser personne indifférent tant le concept est novateur et savamment exploité. Divisés en cinq parties (Departure, Motives, Landscape, Art and Return), les neuf chapitres traduisent habilement, et avec un brin de philosophie, l’expérience émotive et psychologique du voyageur. L’auteur attribue à chacun des chapitres des lieux visités ou imaginés ainsi que des guides exemplaires de sa réflexion qu’il entame à partir de et en corrélation avec ses souvenirs de voyage. Par exemple, au chapitre II, « On traveling places », la station de service, l’aéroport, le vol en avion et le voyage en train feront partie à un moment ou à un autre d’un micro récit, alors que s’offrent aux lecteurs deux guides indispensables : le poète français Charles Baudelaire et le peintre américain Edward Hopper. Le lecteur visitera mers et mondes au rythme de la plume de Bottom, au fil des siècles et des événement de l’Histoire, des récits de voyages (fictifs ou réels) de peintres et d’écrivains, qui surgissent entre les lignes personnelles de Bottom et les citations de guides-auteurs qu’entrecoupent les quelques photographies (prises par de Bottom) et les reproductions de peintures (en noir et blanc).

De ce texte singulier de la littérature contemporaine anglaise émerge une philosophie quotidienne du voyageur, celui qui sillonne la terre ferme ou s’envole au-dessus des océans à la recherche de paysages magnifiques, mais aussi celui qui, assis pénard dans son fauteuil voltaire, voyage dans ses rêves éveillés, les yeux grands fermés, ou au gré des lectures comme au fil des peintures, qu’il découvre avec émerveillement.

Alain de Botton signe ici une œuvre unique tant par l’originalité de sa forme que par la richesse et la profondeur de sa culture artistique et littéraire. Notons aussi la qualité de sa réflexion autant que celle de son expression écrite, dont le style est en parfaite symbiose avec la philosophie déployée. Il s’agit là d’une introduction à l’art de voyager qui se dévore en quelques heures à peine.

Bibliographie

Essays in Love (1993)
The Romantic Movement (1994)
Kiss and Tell (1995)
How Proust can change your life (1997)
The Consolations of Philosophy (2000)
The Art of Travel (2002)
Status Anxiety (2004)

Site Web officiel : http://www.alaindebotton.com


Julie Beaulieu

Des anecdotes du quotidien au quotidien anecdotique

Misadventures de Sylivia Smith (2001)

Ce qui a d’abord attiré mon œil fureteur sur les rayons, et c’est ce qui arrive généralement lorsque je bouquine, c’est la couverture, ou plutôt son icône centré sur un fond lisse, qui imite le bois vernis, et dont on voit les veinures : une femme, schématisée dans ses contours les plus minimalistes, comme celle que l’on voit sur la porte des toilettes publique, la robe peinte de couleur rouge vif avec des motifs végétaux en reliefs. Voilà ! La femme en rouge a attiré mon attention au moment où j’ai posé mes yeux sur l’étalage de bouquins à rabais, et ce fut, pour mon plus grand plaisir, la trouvaille littéraire de la semaine.

 

Je frôle la couverture de mes doigts. Je lis en diagonale la quatrième de couverture sous les néons lumineux de la librairie avant d’ouvrir le livre à la deuxième page, celle qui suit le titre. Une courte biographie de l’auteure y est insérée. Sylvia Smith, originaire de Londres, n’a rien de particulièrement intéressant sinon le fait qu’elle n’a, justement, rien d’intéressant à offrir : aucune qualification particulière, sauf un certificat d’une école de natation et son permis de conduire, aucune progéniture et aucun mari (elle n’est même pas divorcée). C’est précisément à ce moment que je fus séduite (une deuxième fois) : comment une femme ordinaire – telle est la description ironique qu’on fait d’elle – a-t-elle fait pour publier un livre qui m’apparaît, au premier coup d’œil, bien écrit (je ne suis toutefois pas spécialiste de la langue de Shakespeare) et original dans sa banalité ? Je fais ni une ni deux, passe au comptoir-caisse et repars, heureuse, le livre sous le bras.

 

Sans prétention aucune, l’auteure propose une série de courts récits (auto)biographiques qui prennent la forme d’anecdotes plus ou moins légères selon les sujets abordés. Son style d’écriture simple, mais non pas simpliste et dépourvu d’intérêt, rend la lecture fort agréable. Certaines anecdotes sont comiques ou alors tout à fait surprenantes, nous font sourire ou même éclater de rire. Le quotidien, bien qu’il soit dans les fait banal, s’avère stimulant dans la mesure où Smith maîtrise parfaitement la structure miniaturisée des petites histoires (qui peuvent ne faire qu’une demi page). La narration est très concise, voire classique au sens où chacune des anecdotes sont construites selon la progression dramatique usuelle (début-milieu-fin). Toutefois, l’auteure ne manque pas de renouveler l’effet de surprise qui résulte souvent du contenu, mais aussi de la fin abrupte des histoires qui laisse le lecteur momentanément en état de choc, ou simplement perplexe face à l’issu inattendu des événements, qui n’ont d’ailleurs pas toujours de fin (inattendue) en soi.


Il s’agit là d’une première publication de type journal intime (les anecdotes sont pour la plupart datées) très bien réussie et rafraîchissante qui, à la lumière de certaines histoires, nous rappelle combien nous sommes tous humains, et ce peu importe notre rang social : on y partage les rêves, les joies, les peines, et quelques mésaventures savoureuses du quotidien banal d’une londonienne et de son entourage.


XYZ Editeur vous propose:

Le roi des planeurs, Noël Audet

«Pour quelles raisons aurais-je précipité Mélissa dans la mort? Elle ne m’avait rien fait, elle était jolie comme une fleur et, mieux encore, monsieur le juge, je l’aimais!»

Mélissa est morte dans des conditions inexplicables. En plein vol en deltaplane, elle a glissé hors de son fourreau alors que tout a été prévu pour éviter ce genre d’accident. Loubert, qui agissait comme instructeur et accompagnateur, a été accusé de négligence criminelle. Il s’en est finalement tiré avec une condamnation pour aliénation mentale. On l’a placé en institution où il fraie avec les fous. La belle affaire! Loubert sait bien qu’il n’a pas tué Mélissa, mais on ne l’a pas cru.
Et puis il y a Cristelle, l’amie de Mélissa. Elle vient le voir fréquemment à l’asile. Elle est un peu étrange. Un mystère plane autour d’elle. Quelque chose qu’elle n’arrive pas à dire. Puis un nom est prononcé: la Rose noire.
Loubert apprendra tout, mais n’en sortira pas rasséréné pour autant. «Mélissa m’aimait-elle vraiment?», se demande-t-il. Le roi des planeurs, c’est à la fois un portrait parfois drôle, parfois cru de l’institution asilaire et une condamnation sans appel de notre société moderne. C’est aussi un livre truculent comme seul Noël Audet
sait en écrire.

 

L’auteur
Ce neuvième roman de Noël Audet constitue le premier volet d’une «Trilogie de poche». Il traite du vent ou de l’aspect aléatoire de l’existence; le second volet sera consacré au feu ou à l’impétuosité de l’amour; enfin le dernier volet s’attaquera à l’eau ou au tumultueux périple qui va de la naissance du héros jusqu’au naufrage final.

Noël Audet, Le roi des planeurs
Montréal, XYZ éditeur, coll. «Romanichels»,
mars 2005, 200 p., 23 $.
ISBN 2-89261-423-6


XYZ Editeur vous propose:

Ainsi font-elles toutes, de Clara Ness

Ce n’est pas sans raison que Clara Ness a choisi pour titre de son roman Così fan tutte (Ainsi font-elles toutes). Il s’agit à n’en pas douter d’un hommage à la vivacité, à l’intelligence et à la profondeur souvent saisissante de Mozart.

 

Ainsi font-elles toutes est un chassé-croisé plein d’imprévus. La narratrice partage son appartement avec Paul, musicien de profession. Les deux vivent une relation sans contrainte. Si peu contraignante, du reste, que la narratrice entretient une relation secrète avec Luiz. Ce dernier est écrivain et vit à Paris. Ce n’est pas un obstacle.


Et puis, il y a Agnès, propriétaire de la librairie L’Esclandre. Une comète. Belle, intelligente, cultivée, elle enflamme la narratrice dès leur première rencontre. Ah! si Agnès pouvait tomber dans ses bras!


C’est ce qui se produit. Et c’est la fête. Une inoubliable escapade qui se termine abruptement, sans que la narratrice (pas plus que les lecteurs du reste) comprenne trop pourquoi. Agnès s’expliquera plus tard.


Ainsi font-elles toutes est un roman à l’écriture vive, parsemé de références culturelles. C’est une poursuite incessante du plaisir et le sentiment que vivre, c’est courir après l’étonnement. C’est un feu roulant qui laisse parfois la narratrice interloquée (« Agnès, Luiz, Paul et moi, nous sommes trop nombreux », dit-elle.). Primesautier,
mais combien prenant, ce récit se modèle sur la musique du divin Mozart dont il est une très belle variation.

 

L’auteure
Clara Ness, vingt-deux ans, vit entre Paris et Montréal. Après des études de littérature, elle a choisi de se consacrer entièrement à l'écriture. Ainsi font-elles toutes est issu de cette vie allumée que mène Clara Ness entre deux continents, où le roman la suit et se déploie comme une passerelle entre les moments et les lieux de sa vie.

 

Note: Clara Ness est disponible pour entrevue entre le 22 avril et le 5 mai.

Clara Ness, Ainsi font-elles toutes, roman
Montréal, XYZ éditeur, coll. « Romanichels »,
avril 2005, 132 p., 20 $.
ISBN 2-89261-418-X


 

création et réalisation par Cristian Nistor

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