Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 8 • Montréal • 15.04.2005

 

ARCHIVE

avril 2005

CE FOU DE PLATONOV

DIALOGUE AVEC LES PERSONNAGES

Réalisé par Felicia Mihali

Lorsqu’Alain Robbe-Grillet est venu au Festival Metropolis Blue de Montréal, il a dit : un éditeur doit publier des livres commerciaux pour survivre, mais son rôle est de publier des livres que les lecteurs ne veulent pas. Est-il de même pour les metteurs en scène? Les mises en scène signées, jusqu’à présent, par Cristina Iovita m’ont convaincu qu’elle a assumé ce rôle. Jamais, elle ne ferra de rabais et jamais elle ne s’abreuvera à la fontaine publique. Heureusement, il y a des gens qui la suivent, qui croient en elle et en son travail. Pour cela, nous allons questionner ceux qui l’ont suivie dans cette difficile démarche.

Marcelo Aroyo joue Platonov. Un personnage que la déception rend amer et faible. Révolté dans sa jeunesse, il n’est à présent qu’un enseignant de campagne qui s’accroche à la boisson et aux femmes. Comme un merle sur une branche, si vous avez vu le film du Georgien Otar Iosseliani. Un homme que tout le monde aime et admire, sans en connaître véritablement la raison. Quelqu’un qui ne fait de mal à personne, mais de bien non plus.

 

- Quelle est la clé de ce personnage, Marcelo Aroyo?

Marcel Aroyo: - Je ne crois pas qu'il y ait une clé pour les êtres humains; il a des côtés à une personne qui font qu'elle s'ouvre à vous et vous livre leurs trésors cachés... et pour Platonov, c'est une boîte de Pandore qu'on ouvre!

L'amour est le premier des trésors: il aime Sofia. Leur histoire est une amourette d'étudiant, selon Sofia. Mais pour Platonov, c'est son premier amour! Et pour se sentir vivant après cet énorme chagrin, il fait un mal plus grand pour se sentir vivant. Il aime Sacha, il aime Anna Petrovna, mais Sofia sera toujours LA femme pour lui, et le fait de la voir lui rappelle toujours l'homme qu'il a été et ce qu'il aurait pu devenir à ses côtés, lui qui maintenant vit ruralement.
L'idéal déchu (2e clé): rêver, parler, discuter, s'enivrer, penser et ne rien faire... c'est le triste constat de Platonov. Ne pas agir dans un monde qui vous écrase non pas par sa médiocrité mais par ce manque d'intérêt à l'autre, à la différence, à la vérité... voilà ce qui attriste Platonov.

L'homme et sa condition(3e): Platonov est un aristocrate rural déchu... Premièrement, les Voinitzev ont acheté du père de Platonov la propriété qu'on appelle maintenant Voinitzevska. Et deuxièmement, son avenir si prometteur ne tenait qu'à l'argent de son père qui dilapidait la fortune familiale... en alcool et intrigues amoureuses avec des villageoises! (je n'invente rien, tout est dans le texte original!) Si on ne se corrige pas à temps, on devient ce qu'on hait!
Le père: il a un fils, ce Platonov... et on ne le voit jamais. Que ferait-on pour "la chair de sa chair, le sang de son sang"? Platonov découvre vers le milieu de notre laps de temps scénique, l'avenir par son fils... et il veut l'instruire pour ne pas recommencer les erreurs du passé

Et j'en aurais encore à vous dire. Mais ce qui résume le tout c'est pour moi le fils de Platonov: il incarne l'amour, l'idéal déchu et l'homme , choses que Platonov veut enseigner à ce fils (sa condition qu'il accepte vers la fin) pour qu'il ne suive pas la trace de son grand-père et de son père... et qu'il vive longtemps et heureux, qu'il soit fidèle à sa parole et qu'il agisse pour bâtir sa félicité. Platonov est plein d'espoir!

Brigitte Pogonat est Alexandra Ivanovna, l’épouse de Platonov. Avec ses traits candides, Brigitte incarne à la perfection cette créature faite de lumière et de générosité. Figure dostoïevskienne à la vocation salvatrice, elle finira folle. Est-ce le destin de ceux qui se dédient aux autres? Est-ce la fin de ceux qui croient inconditionnellement dans la bonté fondamentale de l’être humaine ?

 

- Brigitte Pogonat, aimez-vous Sacha?

Brigitte Pogonat: Oui, j'aime beaucoup le personnage de Sacha. J'ai toujours été particulièrement touché par ces femmes qui croient. Lorsque la naiveté est une forme de force, jusqu'a ce que tout éclate et que cette force de croire devient leur propre perte. Oui, Sacha croit en la vie, au gens et en Dieu. Elle pense aux autres avant elle-même, elle est heureuse a travers les autres. Et c'est ce qui la rend différente de tous ceux qui veulent sauver leur propre peau. Elle vit dans l'illusion, car il a tant de méchanceté si humaine autour d'elle. Sacha tombe dans la folie lorsqu'elle ne croit plus en son homme-Dieu. Il est dangeureux de s'oublier a ce point, de se livrer aux autres et a une totale confiance, croyance aux autres. Elle tombe de haut et ne supporte pas cette désillusion après avoir donné sa vie a Platonov. Malheureusement, les personnes comme Sacha sont souvent utilisées, détruites, car il est facile de rabaisser celui qui ne sais pas répondre, celui qui est bon malgré tout. Je crois qu'il est insupportable pour certaine personne de voir quelqu'un comme Sacha, car elle les confronte involontairement a leur propre faiblesse. On préfère les traiter de fous et de folles, d'arrièrés etc... Mais c'est effectivement une forme de folie que de voir seuleument le beau côté des choses, c'est vivre dans l'illusion et non dans la réalité. Mais Sacha ne fait de mal a personne en étant ce qu'elle est, au contraire et il en faut et en aura toujours des petites mouches comme elle, si pure et vulnérable face a l'humanité. La bonté existera et persistera toujours a travers la méchanceté de ce monde, car la vie est contraste et équilibre. Il vaut mieux être conscient et connecté a la réalité du monde pour ne pas finir comme Sacha. Mais il faut aussi et surtout continuer de croire en la vie!!!

Pierre-Etienne Rouillard est le frère de Sasha et le médecin du village. Ivrogne, comme tous les autres qui éteignent leur ennui dans la bouteille de vodka, il est le pendant masculin de Sasha : un philanthrope. Sauf qu’il décide de laisser les autres faire ce qui bon leur semble. Il n’intervient même pas dans le destin de sa sœur, bien qu’il soit au courant avec les méfaits du beau-frère.

- Pierre-Etienne, quel est le rôle de cet homme-là dans une société?
Pierre-Etienne Rouilard: IL EST VRAI QUE LE DOCTEUR NE VEUT DE MAL À PERSONNE, MAIS DÉSIRE-T-IL VRAIMENT FAIRE LE BIEN AUTOUR DE LUI? NE NOUS APARAIT-IL PAS PLUTÔT COMME UN HÉDONISTE, UN JOUISSEUR? À PREMIÈRE VUE, PEUT-ÊTRE MAIS JE NE CROIS PAS NON PLUS. IL NE SEMBLE TIRER QUE TRÈS PEU DE JOUISSANCE DE SON ÉTAT, IL VEUT ÊTRE PLUS SAÔUL SEULEMENT POUR NE PAS SENTIR, NE PAS ÊTRE LÀ. ALORS POURQUOI AGIT-IL COMME IL LE FAIT?

CHOSE CERTAINE, IL NE VA PAS SOIGER LES MALADES TEL QUE SON MÉTIER LE LUI
DICTE. IL CHERCHE PLUTÔT, À MON AVIS, À S'ÉTOURDIR, À TRANSFORMER LA RÉALITÉ QUI SEMBLE LUI PESER, À RIRE DE TOUT. PAR DÉSESPOIR OU PAR ENNUI? JE NE SAIS
TROP.

IL EST AUSSI AU DESSUS DE LA MORALE, AMORAL PLUTÔT QU'IMORAL. PEUT-ÊTRE
A-T-IL DÉJÀ CRU EN UN IDÉAL, PEUT-ÊTRE L'A-T-IL PERDU ET PLUTÔT QUE DE
SOUFFRIR CETTE PERTE, IL TOURNE TOUT À LA DÉRISION? CE QUI EST SURPRENANT
C'EST QU'IL N'EST PAS AMER FACE À LA PERTE DE SES IDÉAUX.

JE PRÉFÈRE NE PAS VOIR CE PERSONNAGE D'UN POINT DE VU PSYCHOLOGIQUE, NE PAS
CHERCHER DANS SON HISTOIRE, DANS SON PASSÉ, LES MOTIVATIONS QUI LE POUSSENT
À AGIR. IL AGIT PLUTÔT COMME UN ENFANT SELON LE MODE ACTION/RÉACTION. IL
UTILISE TRÈS PEU LE MODE RÉFLEXION. EN CE SENS, IL POSSÈDE LA SAGESSE DU
BOUFFON QUI SEMBLE DIRE : À QUOI BON TOUT CELA? ET QUI PRÉFÈRE LES RIRES AUX
LARMES.

EN CE SENS, JE CROIS QUE NOUS AVONS BESOINS DE BOUFFONS DANS NOS SOCIÉTÉ
POUR NOUS RAPPELLER LA MORT QUI NOUS GUETTE ET QUI NOUS RAMÈNERA TOUS AU
MÊME NIVEAU ET SURTOUT LA BRIÈVETÉ, VOIRE PARFOIS LA FATUITÉ DE NOS EXISTANCES. ET COMMENT SE RAPPELLER TOUT ÇA SINON PAR LE RIRE?

Fruzsina Lanyi est le scanographe du spectacle. Mais cette pièce n'est pas le premier projet mené à terme en tandem avec Cristina Iovita. On observe, au fil du temps, une plus grande synergie entre leurs perceptions de l'atmosphère dès ces pièces.

- Fruzsina Lanyi, qu'est-ce qu'on "cache" derrière les escaliers de ce spectacle?
Fruzsina Lanyi: A VRAI DIRE, L'IDÉE D'UTILISER LES ÉCHELLES M'EST VENUE EN RÉPÉTITION. LE PERSONNAGE D'OSSIP MANIPULE UNE ÉCHELLE POUR FIXER LES LAMPIONS. OSSIP M'APPARAIT COMME LE PROTOTYPE RUSSE DANS CETTE PIÈCE. C'EST COMME CA, QUE J'AI DÉCIDÉ D'ÉVOQUER LA RUSSIE PAR LES ÉCHELLES. AUSSI, J'AVAIS BESOIN DE VERTICALITÉ POUR RAPPELER LA PHRASE DE PLATONOV "UN IVROGNE NE RECONNAIT PAS SA DROITE DE SA GAUCHE, IL RECONNAIT SEULEMENT EN HAUT, EN BAS, AU DESSUS, EN DESSOUS."

SI NON, POUR MOI CA ÉVOQUE AUSSI LE JAIRDIN D'ANNA PETROVNA.

les 12, 13 et 14 mai 2005

au Théâtre Maisonneuve, Place des Arts

La compagnie néerlandaise Emio Greco présente

Rimasto orfano

  Danse Danse boucle sa septième saison avec la compagnie néerlandaise Emio Greco|PC. Dirigée par l’Italien Emio Greco et le Néerlandais Pieter C. Scholten, l’incomparable troupe suscite une réelle fascination partout où elle passe. En plus de succomber à « l’intensité méphistophélique » de Greco, la critique a tôt fait de qualifier son vocabulaire chorégraphique de « stimulant, original et excentrique [qui] tranche singulièrement avec ce qui se fait actuellement en danse contemporaine ». — The London Times. La compagnie Emio Greco|PC s’arrête à Montréal dans le cadre d’une vaste tournée nord-américaine pour présenter Rimasto Orfano, une oeuvre pour six danseurs, incluant Greco, qui a déjà pris l’affiche dans plusieurs théâtres et festivals en Europe, notamment au Théâtre de la Ville de Paris et au KunstenFESTIVALdesArts/Kaiitheater de Bruxelles.

«Emio Greco is dead!», annonce une danseuse arborant perruque blonde et souliers rouges...
Ainsi débute Rimasto Orfano (L’Orphelin abandonné), créé en 2002 à Bruxelles et qui connaît
depuis, un succès international. La mort de Greco réfère, selon le Chicago Tribune, à son «détachement total des approches traditionnelles de la danse. (...) En fait, avec ses références
aussi furtives que magnifiques au ballet classique, le travail semble centré sur des danseurs dont on aurait effacé la mémoire et dont les muscles réclament un nouveau vocabulaire gestuel, non codifié mais tout aussi rigoureux.» Avec son décor impressionnant et la musique entêtante de l’Américain Michael Gordon du groupe new-yorkais Bang on a Can, Rimasto Orfano s’avère une pièce «..déchirante, rendue avec impétuosité et éloquence». — Dance Review, Royaume-Uni À la recherche de nouvelles formes en danse, Emio Greco et Pieter C. Scholten collaborent depuis 1995 et chacun de leur spectacle résulte de la combinaison de leurs forces respectives.

Au coeur du processus créatif d’Emio Greco | PC, il y a une insatiable curiosité pour le corps
et ses ressorts internes ainsi que l’exploration de la relation entre la pensée et l’action. Avec
un esprit scientifique et poétique, la compagnie cherche à comprendre comment les sensations, les émotions et la mémoire se traduisent en gestes, mouvements et expressions faciales et ce, en l’absence de censure.

Formé en ballet et ayant dansé pour Jan Fabre et Saburo Teshigawa, Emio Greco remportait en janvier 2004 le Time Out Live Award, couronnant le meilleur spectacle dans la catégorie danse pour les pièces Double Points 1 et 2. Ces deux oeuvres étaient également lauréates du Herald Angel au festival international d’Edimbourg. La série Double Points valait à Greco le Sonia Gaskell Prize for Choreography, obtenu pour «avoir développé en peu de
temps une signature fascinante, consistante et novatrice ».

Emio Greco | PC s’arrêtera dans sept villes aux États-Unis avant de faire escale au Harbourfront Center de Toronto (du 3 au 7 mai), puis, au Centre National des Arts d’Ottawa (le 10 mai) et enfin, à Montréal les 12, 13 et 14 mai au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, à 20 h. Venez clore une autre saison de danse stimulante en compagnie d’une troupe possédant une signature absolument unique.

Billets disponibles à partir de 32 $ (taxes et redevance PDA incluses) à la Place des Arts
(514) 842-2112 et via le réseau Admission au (514) 790-1245.

Le public est invité à une discussion après-spectacle avec le chorégraphe et les interprètes le vendredi 13 mai.

7 spectacles, 4 pays

Danse Danse présente sa 8e saison

85 artistes investissent l'espace danse

Les Productions LOMA (LOMA) dévoilent la huitième saison de Danse Danse! En harmonie avec ce chiffre dont les courbes évoquent le mouvement dans l’espace, Danse Danse propose précisément de l’espace, et des artistes passés maîtres dans l’art de l’occuper, de le sculpter et de le transformer en écrin pour le corps dansant.

En plus de célébrer le retour dans la métropole de chorégraphes aussi renommés que Jean-Claude Gallotta, James Kudelka et Rodrigo Pederneiras (Grupo Corpo) pour sa prochaine saison, Danse Danse reçoit de nouveau Le Carré des Lombes et la compagnie vancouvéroise Lola Dance, et propose — en primeur à Montréal — la compagnie d’Akram Khan, jeune britannique dont les solos avaient littéralement soufflé le public de l’événement Vooruit au Québec en 2003. La saison 2005-2006 marque également la première participation de [bjm_danse] les Ballets Jazz de Montréal à Danse Danse. Pour mettre en valeur ce bouquet de spectacles, Danse Danse dispose de trois salles : le Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, le Studio de l’Agora de la danse et la magnifique Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau, un espace particulièrement adapté aux œuvres chorégraphiques et où Danse Danse revient avec plaisir. Que de bonnes nouvelles donc, pour une saison aussi stimulante qu’attrayante.

La saison 2005-2006 en détail
LES TROIS ÂGES DE LA DANSE SELON GALLOTTA
Dès la fin septembre 2005, Jean-Claude Gallotta débarquera avec non moins que Trois Générations dans ses bagages ! Le retour du célèbre chorégraphe français à Montréal constitue un événement en soi puisque Gallotta s’est fait rare ces dernières années et parce qu’en rassemblant 24 danseurs de 3 générations sur un même plateau, il propose un remède infaillible au jeunisme ambiant et dit « combien vivre est excitant, comme danser est jouissif » (Le Monde, France). À l’initiative de Danse Danse, ce spectacle du Centre Chorégraphique National de Grenoble sera également présenté à Sherbrooke, à Québec et à Sept-Iles.

PLAY IT AGAIN
Place ensuite au Carré des Lombes, dirigé par Danièle Desnoyers, qui revient à Danse Danse avec Play it again, une toute nouvelle création de Desnoyers conçue pour cinq danseurs et élaborée en collaboration avec le compositeur et créateur d’installations sonores Jean-François Laporte.

CRYSTAL PITE ET [BJM_DANSE] : IRRÉSISTIBLE !
Suivra la reprise attendue de The Stolen Show [xspectacle] de [bjm_danse], présentée à guichet fermé au Théâtre du Nouveau Monde en septembre 2004. Le spectacle consiste en une collection de trois œuvres de Crystal Pite créées sur mesure pour les danseurs de [bjm_danse]. Humour et brio seront au rendez-vous !

 

100 % KUDELKA !
Fin janvier 2006, grâce à une heureuse initiative de Coleman Lemieux & Compagnie, le prolifique et brillant chorégraphe canadien James Kudelka reviendra enfin à Montréal avec un programme triple ! En plus d’avoir le privilège de revoir Soudain, l’hiver dernier, duo bouleversant créé par Montréal Danse en 1987, et de découvrir Fifteen Heterosexual Duets, « une œuvre charmante et d’une grande ingéniosité » selon The Globe and Mail, le public montréalais assistera à la grande première d’une œuvre inspirée du Stabat Mater de Vivaldi. Celle-ci réunira sur scène de solides interprètes, ainsi que le haute-contre Daniel Taylor et son prestigieux Theatre of Early Music.

 

GRUPO CORPO BIS
Mi-mars, les 20 danseurs de la superbe compagnie brésilienne Grupo Corpo — qui avait fait craquer le public en 2002 — feront de nouveau escale chez nous. Ils danseront Lecuona, une suite de duos amoureux pleins d’esprit créés en 2004 en hommage à Ernesto Lecuona, surnommé le « Gershwin cubano ». « Avec Lecuona, le talent de Pederneiras se hisse à de nouveaux sommets. » (Estado de Minas, Brésil). Pederneiras Onqotô présentera aussi , qui signifie « Où suis-je ? », une nouvelle création portée par la musique originale des auteurs brésiliens Caetano Veloso et José Miguel Wisnik. La première de l’œuvre, prévue à São Paulo en août 2005, sera suivie d’une tournée au Brésil et en Amérique du Nord. Celle-ci s’arrêtera notamment au Brooklyn Academy of Music (BAM) de New York. Après Montréal, Grupo Corpo se produira également à Sherbrooke, à Québec, à L’Assomption, à Ville de Saguenay et à Baie-Comeau, grâce aux efforts combinés de Danse Danse et de diffuseurs du Québec.

UNE BOUFFÉE D’AIR DE VANCOUVER
Fin mars, Danse Danse présentera Lola Dance en collaboration avec l’Agora de la danse. Pour cette quatrième visite à Montréal — elle y avait déjà offert Four Solos/Four Cities et Volio à l’Agora et fuse au FIND —, la compagnie est de retour avec la nouvelle chorégraphie de Lola MacLaughlin, un trio explorant les relations complexes entre l’homme et la nature et s’inscrivant donc en continuité avec le travail de l’artiste.

 

LE PHÉNOMÈNE AKRAM KHAN
Pour clore la saison, Danse Danse propose, en primeur au Canada, « un phénomène sur la scène de la danse, [...] Akram Khan ! » (London Evening Standard, Grande-Bretagne). Le chorégraphe et danseur britannique d’origine bengali visitera Montréal avec sa jeune compagnie pour nous offrir ma, un spectacle fusionnant les cultures, les genres et les époques qui remportait, en 2004, le South Bank Show Award à Londres. ma s’avère « une pièce où le mouvement, la musique et le théâtre [...] forment un tout à la fois puissant, fantasque, éthéré et terrien, hypnotique et captivant, mis en valeur par des éclairages sculpturaux » (The Business Times, Singapour).

 

LOMA ET DANSE DANSE
Dirigé par Clothilde Cardinal et Pierre Des Marais, LOMA met sur pied la saison Danse Danse, l’une des plus importantes séries de danse contemporaine au pays. Depuis 1998, Danse Danse a présenté 41 spectacles en provenance de 12 pays dont 24 du Québec et du Canada. Dès la première saison, la programmation se fonde sur l’excellence, l’inventivité, la virtuosité et la résonance des spectacles. Dès lors également, Danse Danse manifeste sa volonté d’alterner les chorégraphes confirmés et ceux de la nouvelle génération, d’offrir des œuvres de répertoire et des créations, et de proposer au public des esthétiques variées afin de refléter les multiples facettes de la danse contemporaine. Ainsi, on a pu apprécier des troupes aussi électrisantes qu’Ultima Vez et Les Ballets C. de la B. de Belgique, méditer en compagnie de Kim Itoh + the Glorious Future du Japon ou de Tai-gu Tales Dance Theatre de Taïwan, revoir avec délices Joe de Jean-Pierre Perreault, célébrer les 30 ans de carrière de Margie Gillis et rendre hommage à Marie Chouinard, qui inaugurait d’ailleurs la première saison de Danse Danse avec Les Solos 1978-1998.

En cette huitième saison, Danse Danse vous invite à investir à votre tour l’espace danse ! Abonnez-vous à la série complète avant le 30 juin 2005 et obtenez plus de 40 % de réduction sur le prix courant des spectacles. Ainsi, pour aussi peu que 175 $ soit 25 $ par spectacle (taxes et redevances incluses), les abonnés à une série complète auront le privilège d’explorer des espaces de liberté en compagnie d’artistes exceptionnels, d’assister à des performances athlétiques éblouissantes, bref de vivre de fabuleux moments dans une autre dimension : l’espace danse.

Après le concert

au Cabaret Music Hall de Montréal

Notre soleil

Par : Valérie Beaupré

valerie_beaupre@yahoo.com

« Il fait chaud! »
« Ouais, et ça ne sera pas facile de nous trouver une place. »

Tels furent les premiers mots que ma mère et moi nous avons échangés en parcourant la minuscule salle de spectacle du Cabaret Music Hall, à la recherche d’un bout de tabouret où nous poser.
Il est 19h50, quarante minutes avant le début du spectacle et déjà, on s’entasse massivement dans les recoins de la salle encore inoccupés, ou devant le bar, question de faire volte-face aux trente degrés qui nous tombent dessus dès que l’on franchit le seuil de la porte d’entrée.

«Il fait donc chaud, je vais aller me chercher quelque chose à boire. »

La foule est fébrile, belle et jeune (moyenne d’âge de plus ou moins 25 ans). Quelques filles en camisoles, quelques hommes en sueur; les gens s’impatientent, il est 20h30 et la 5e supplémentaire du spectacle de Vincent Vallière va bientôt commencer.

Puis, comme une bombe, Vallières entre en scène, guitare en main et entame la première chanson de la soirée : Hier au soir, suivie de SaluSoleil.

Les têtes oscillent de droite à gauche pour apercevoir un brin de visage, un bout de peau et ce ne sera qu’avant d’interpréter le second titre que l’auteur-compositeur-interprète s’adressera à la foule, évoquant l’arrivée du printemps et laissant apparaître sur son visage un authentique et contagieux sourire, une bouffée de chaleur que la foule (je m’y inclus) aura tôt fait de percevoir et de conserver tout au long du spectacle, et même après. C’est ce qu’on appelle transmettre son énergie à la foule

Il fait maintenant doublement chaud, mais c’est agréable.

Les deux heures passées en sa compagnie ont filé en flèche; une quinzaine de chansons, dont Manu, Ok on part, L’avenir est plus proche qu’avant et Juliette sont largement sifflées ou chantées par le public et au moment où Vallières s’apprête à faire ses au- revoir, le public proteste gentiment, il n’est pas question de laisser notre soleil partir si vite;

Du fond de la salle surgit un « On t’aaaaaime, Vinceeeeeent! », suivi de rires, d’applaudissements, de cris, et c’est ainsi que, pour faire plaisir à des fans gagnés depuis longtemps, Vallières entame une série de titres supplémentaire en souvenir de la vielle époque, principalement composée de chansons tirées de ses deux premiers albums.

Les jeunes de ma génération (20-30 ans) pourraient certainement en témoigner; qu’on aime ou qu’on n’aime pas le timide personnage à la voix rauque et sensuelle (même si ça me paraît impossible), on se reconnaît à travers la plupart des thématiques discutées dans ses textes; l’amour, l’amitié gars-fille, l’avenir, le temps qui passe, l’influence parentale dans ses choix de vie, l’ambivalence … On a le goût d’en savoir plus, de le suivre dans son parcours, comme on suivrait un grand frère qui sait ce sur quoi s’attarder, qui a quelque chose à dire, pas qu’une voix à faire entendre.

« Y faisait chaud, mais ça a valu la peine! Il est ben bon, ce petit-gars là! »,
me dit ma mère en récupérant son manteau. Oui, ca a valu la peine. Ça a valu la peine de voir ma mère, prise d’un regain de jeunesse, grimper au bout de son petit tabouret pour capter une parcelle de l’énergie transmise dans la voix et les textes de Vallières.
Qu’il nous influence ainsi longtemps.

 

Courte biographie de la signataire :
Valérie Beaupré s’est inspirée de son voyage à Moncton (de Cherze et des beedies) pour écrire son tout premier texte, en été 2004 : C’est qui qui care?-Une perception montréalaise de la culture acadienne. Suite à un premier voyage dans l’Ouest canadien, en 2002, elle a donné un nouveau souffle a sa vie et a quitté son programme d’étude (l’enseignement au primaire) pour étudier les communications, programme qu’elle terminera à l’automne 2005.
Elle déteste l’ordre, la structure et les modèles préconçus; elle préfère l’expérimentation aux recettes toutes faites. À 23 ans, elle n’a aucune idée de la voix qu’elle prendra. La connaissant, ça ne sera sans doute pas la plus facile!

le 22 avril 2005

au Cabaret Music Hall de Montréal

Vincent Vallières
en spectacle !

De retour d’une tournée en Abitibi, Vincent Vallières sera en spectacle au Cabaret Music Hall de Montréal, le 22 avril prochain, et au Petit Champlain de Québec le lendemain, 23 avril. Entre-temps, le chanteur aura fait un saut à Carleton et Moncton, les 14 et 15 avril, et participé au spectacle de clôture de Vue sur la relève, le 19. Et l’on n’est encore qu’au printemps…

La tournée Chacun dans son espace aura donc mené la musique de Vallières aux quatre coins du pays. Fin février, il s’arrêtait au Spectrum pour participer à la Nuit blanche du Festival Montréal en lumière.

« Le Spectrum […] reste encore la place où être quand tout converge. Et ciel que ça convergeait avec Vincent Vallières samedi soir! Lourd et léger en même temps, concentré, brillant de précision, le jeune Sherbrookois faisait partie de la grosse affiche de La Nuit dans l'espace... musique qu'animait Chantal Jolis ». Daniel Lemay, La Presse, 28 février 2005

Vallières dans l’espace… palmarès
Sorti le 15 février, L’Avenir est plus proche qu’avant, 5e extrait de Chacun dans son espace, se taille une place enviable dans les différents palmarès.

> «Ça fait pas tellement longtemps mais ça me rentre dedans
je me dis que l’avenir est ben plus proche qu’avant...»

Ici, les souvenirs de jeunesse se conjuguent sur un solide fond de rock, et c’est sur fond de sable, dans les fabuleux déserts du Nouveau-Mexique, que le réalisateur Martin Fournier a planté le décor du vidéoclip. Tourné en décembre et produit par NuFilm, le clip est actuellement à MusiquePlus en ACTION et en projection au #22, le Top 20 s’en vient !

On peut également voir chanter Vincent Vallières sur le DVD offert gratuitement à l’achat de l'album Chacun dans son espace. Un cadeau qui vous emmène sur la route avec le documentaire OK on part, le film, le roadmovie le plus sympathique qui soit. Il contient également les cinq premiers vidéoclips de Vincent : Faut que tu fesses fort, Ti-Guy qui s’détruit, Plate, Bordel ambiant et OK on part. Recherchez les boîtiers spécialement identifiés d’une pastille jaune annonçant le « DVD en prime ».

Faites une incursion dans l’espace de Vincent Vallières : en 5e supplémentaire à Montréal, au Cabaret Music Hall (2111 boul. St-Laurent) le 22 avril, 20 h 30; en 2e supplémentaire à Québec le 23 avril, à 20 h, au Petit Champlain.

Réservations pour Montréal : (514) 845-2014 et www.admission.com
Plus de détails au www.vincentvallieres.com


 

création et réalisation par Cristian Nistor

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