Pendant l’année, Drummondville a l’air d’un endroit où rien ne se passe en matière de culture. Cependant, chaque été, pour une période de dix jours, cette ville située à une centaine de kilomètres de Montréal devient un véritable pôle culturel pour toute l’Amérique du Nord. Sachant qu’un événement culturel initié ici, et merveilleusement mené d’année en année, a gagné en 2008 le prix national argent du concours des Grands Prix du Tourisme Québécois, on comprend combien vaut une bonne initiative et, surtout, combien méritoire est la passion.
Il y a 27 ans, un petit groupe de danse de Drummondville, Mackinaw, organisait un événement qui facilite les rendez-vous des traditions folkloriques du monde entier. Après une tournée en Europe, les jeunes artistes issus des activités parascolaires ont eu l’idée de maintenir leur contact avec les artistes dévoués, tout comme eux, aux traditions populaires, en les invitant chez eux. Ce fut le début de ce qui est devenu par la suite le festival Mondial des cultures, véritable fenêtre vers le folklore authentique du monde entier. Et l’authenticité est un fait à souligner car dans l’avalanche des contrefaits qui nous submerge et qui nous donne une fausse idée de ce que la culture des autres représente, Mondial des cultures fait un véritable travail de reconnaissance. Ce n’est qu’à Mondial des cultures que vous pouvez écouter live la musique la plus ancienne au monde et regarder des danses qui ne sont pas uniquement une forme d’art, mais l’expression de la sensibilité d’un peuple mêlée à ses aspirations, ses chagrins, et son histoire tourmentée. Dans les boutiques ethniques des grandes villes canadiennes, on a accès à des produits biaisés et hautement contrefaits de ce qui représente la culture des autres. Drummondville offre la bonne variante de cette culture universelle, le folklore, un espace privilégié qui réunissait, aux temps primordiaux, la sensibilité des premières communautés humaines.
Les performances administratives liées à l’organisation de cet événement, qui mettent en marche les ressources humaines et l’enthousiasme de toute la communauté, pourraient faire l’envie de tout grand festival. À Drummondville, depuis 27 ans de rouage, l’équipe des organisateurs ont perfectionné une machine administrative huilée par la passion des habitants. Imaginez que 2000 bénévoles sont toujours à vos services, que plus de 500 invités doivent être transportés, logés, nourris, en plus de les faire se sentir comme chez eux. Pour les plus anciens membres de l’équipe, comme Madame Lucie Beauregard, il est difficile encore de faire le bilan de l’évolution. Au début, la sélection était réalisée par téléphone, ou vidéocassettes : maintenant, l’internet résout cette difficile tâche de choisir les meilleurs des meilleurs. Il y a ensuite toujours des imprévus qui échappent au contrôle des organisateurs, comme le problème des visas refusés, comme ce fut le cas cette année pour l’Inde et la Côte d’ivoire, ou des billets achetés à la dernière minute, ce qui est le cas de l’Équateur. Il y a ensuite des choses qu’on continue à apprendre : organisateurs et invités travaillent encore à la meilleure forme d’interaction pour rapprocher les gens, les faires s’exprimer non pas seulement à travers la musique et la danse, mais par la cuisine aussi. Pour ceux qui ne sont pas spécialement attirés par le folklore, le festival offre des alternatives qui séduisent tout autant : des boutiques d’artisans, des dégustations, des ateliers de toutes sortes et, spécialement, une atmosphère de fête généralisée.
Pour l’édition de cette année, après le défilé organisé le premier soir du festival et les quelques échantillons de musique et danse offertes dans les rues comblées de Drummondville, notre coup de cœur va pour les groupes de la Hongrie et de Grèce. Du 9 au 19 juillet, vous avez toutefois l’occasion de faire votre propre choix parmi les artistes venant du Mexique, Paraguay, Russie, Serbie, Taiwan, Israël, Canada.






