Gisèle Cloutier (Fortin), une travailleuse sociale dans un Centre de jeunesse de Québec, âgée d’une cinquantaine d’années, vient d’apprendre, à la mort de son mari, qu’il avait entretenu une relation avec une autre femme. Affligée par cette découverte et irrésistiblement attirée par le jeu de séduction d’un ex-client, Yannick Ménard (Arnaud), un jeune cleptomane suicidaire, amoureux d’elle, Gisèle se laisse entraîner, malgré ses soucis sur la différence d’âge, dans une relation torride et imprévisible, parsemée de révélations insolites sur soi-même et les autres membres de sa famille.
Premier long métrage de l’actrice et réalisatrice québécoise Sophie Lorain, « Les grandes chaleurs » est une comédie bien ficelée jouant sur plusieurs registres, du comique aux accents un peu macabres à celui de caractères et de dialogues. Portant sur ce que la société regarde encore comme une sorte de tabou, la liaison d’une femme avec un homme beaucoup plus jeune qu’elle, l’adaptation de la pièce de Michel Marc Bouchard se penche avec humour sur des questions délicates telles que la sexualité féminine et l’écart d’âge entre les partenaires d’un couple, ainsi que sur les diverses réactions et implications sociales provoquées par ce genre de relation. D’autres thèmes sont également touchés, adultère, brièveté de la vie, homosexualité, relations de travail versus vie intime. A l’exception de quelques scènes qui peuvent paraître moins adroites ou un peu puériles, comme la séquence entre les deux amants homosexuels où survient l’aveu de la sœur de Gisèle, ou le comportement un peu infantilisé des deux jumeaux, le film garde pour la plupart un ton agréablement accordé, mi-dramatique, mi-moqueur, appuyé par la trame sonore de Dazmo. L’alchimie entre les deux protagonistes semble convaincante et bien crayonnée sur l’image de fond d’un Québec en pleine saison chaude …




