Depuis 2001 • No 59 • Montréal • 15.07.2009
Juillet 2009

À la recherche du docteur Thomas

Par Jean-Sébastien Ménard

 
L’archipel du docteur Thomas

L’archipel du docteur Thomas, de Françoise Enguehard, est un superbe roman où l’auteure raconte l’histoire de François, un architecte qui a grandi aux îles Saint-Pierre et Miquelon et qui travaille maintenant à Paris. Ce dernier n’a jamais « pu s’habituer aux milliers de kilomètres qui le séparaient des siens ». Pour lui, son lieu d’origine demeure « la source même de son inspiration et de sa créativité ». Sa carrière est une réussite qui va « au-delà de ses espoirs de jeunesse ». Cependant, il ne se considère pas chez lui en France alors il retourne dès qu’il le peut sur les lieux de sa jeunesse.

Avec François, le lecteur pose un regard sur la vie aux îles, sur le climat, sur l’océan, sur les paysages ainsi que sur la situation des jeunes qui « ont, très tôt, à prendre une décision qui les engage pour le reste de leur vie : rester ou partir ». Dans ce petit coin de France en Amérique, tout le monde a quelque chose en commun avec ses voisins : « les mêmes rigueurs de l’hiver qui [obligent] à construire de la même manière et à s’acheter des chasse-neige, le hockey, les grosses voitures, les catalogues des grands magasins – Sears, Eaton’s, Montgomery Ward – dans lesquels on [commande] tout, des débarbouillettes aux draps Permapress, en passant par les meubles et les chaussures. Bref, les Saint-Pierrais [partagent] le quotidien et la météo avec cet énorme continent. » C’est là que François trouve son sentiment d’appartenance.

Lors d’un de ses périples aux îles, il fait la rencontre d’une adolescente, Émilie, qui adore écrire et grâce à qui il découvre des photos trouvées dans « un entrepôt abandonné ». Cette œuvre serait celle du docteur Thomas, dont personne ne sait rien sinon qu’il a habité, un siècle plus tôt, à Saint-Pierre et Miquelon.

Fascinés et envoûtés par les photographies, les deux comparses vont tenter de retrouver sa trace. Partant pour Paris, François charge Émilie et le photographe du coin, Jacques, de faire une sélection des meilleurs clichés du docteur Thomas afin de pouvoir, par la suite, les afficher dans son bureau à Paris.

Prenant son rôle au sérieux, Émilie sélectionne les œuvres les plus représentatives, selon elle, « de tout le travail photographique du docteur Thomas à Saint-Pierre et Miquelon ». Épaté par le travail de la jeune fille, le photographe Jacques décide d’organiser une exposition qui remportera un vif succès et qui voyagera jusqu’au Musée de la Marine en France.

Pour François, les photos racontent « en silence l’histoire de l’archipel et de ses gens, leur acharnement à l’ouvrage, leurs rares moments de repos et de gaieté, la beauté de la nature, sa cruauté aussi ». Les photos lui parlent des îles et de lui-même. 

Grâce à l’exposition, Émilie et François en apprennent davantage sur ce curieux docteur. Ils rencontrent des gens qui l’ont connu et qui les aident à remonter le fil du temps dans le but de reconstituer sa vie qui s’avère avoir été une touchante odyssée; celle d’un homme ayant vécu sa passion, la photographie, sans en faire son travail.

Le roman d’Enguehard s’avère captivant et bien ficelé. Entremêlé de textes écrits par la petite Émilie où elle imagine la vie du docteur Thomas à partir des photographies, ce récit touchant donne envie d’aller aux îles, de s’y recueillir en écoutant le bruit de la mer.

Françoise Enguehard, L’archipel du docteur Thomas, Sudbury, Prise de Parole, 2009, 206 p.

Juillet 2009

Jour de malchance

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Jour de chance

Nicolas Charrette est professeur de littérature au Champlain College sur la rive sud de Montréal. Jour de chance, un recueil de nouvelles qu’il vient de publier aux éditions Boréal, est sa première œuvre. Il y met en scène des personnages qui s’efforcent de prendre leur existence en main grâce à de petites histoires sur le quotidien qui ont toutes la caractéristique d’avoir un point de rupture permettant d’illustrer une déception dans la vie du protagoniste.

Charrette raconte ainsi l’histoire d’un joueur de poker qui, lors d’un voyage à New York, rencontre par hasard un adversaire virtuel au coin d’une rue. Ce dernier lui propose de jouer à nouveau et l’empêche ainsi de « décrocher » du jeu, ce qui était pourtant son intention de départ.

L’auteur évoque aussi le récit d’une vieille dame dont le mari est mort et qui finit par boire sa douleur en mémoire de son amoureux. Il écrit également l’histoire de Sylvain, lequel finit par préférer la ligne de hockey de Terrebonne à sa femme. Il enchaîne ensuite avec l’histoire d’un homme rêvant d’être musclé et imposant mais qui ne s’attire que des railleries; puis il continue en suivant les traces d’un voyageur qui, après avoir visité un bordel à San Francisco, revient à sa chambre d’hôtel perturbé…

Pour tout dire, chez Nicolas Charrette, tout un chacun attend la chance de s’en sortir mais n’y parvient pas : les couples sont malheureux, la vie est remplie de guerres domestiques.

Le jeune auteur s’intéresse au monde contemporain et il le décrit avec justesse et efficacité dans sa froideur autant que sa détresse silencieuse. Fin observateur, il offre à lire un panorama d’une Amérique québécoise où le rêve a tourné non pas au cauchemar mais à la tristesse.

Nicolas Charrette, Jour de chance, Montréal, Boréal, 2008, 232 p.

Juillet 2009

Le chant de l’enfance aux Caraïbes

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Phare à Palabres

Max Jeanne publie chez Mémoire d’encrier un recueil poétique intitulé Phare à palabres au sein duquel il chante la beauté de l’Arc Caraïbes qui l’a vu naître. Beauté des lieux, beauté de la langue, il manie les mots avec l’aisance d’un marin s’amusant sur la mer.

Dans des poèmes puzzles où la sonorité berce l’oreille du lecteur comme si c’était des vagues, Jeanne évoque ainsi ses souvenirs, respire dans la chaleur sous le « soleil déboisé » de ports en anse où s’échangent les commérages et où sont arrivés les gens « punis de Dieu » sur des Boat People. Comme il l’écrit : « Poésie du puzzle/ puzzle de la poésie/ ni mots/ ni dominos/ ne se jouent en pagaille/ et pas davantage/ nos saisons d’hommes/ soleil banal/ d’île bancale/ fini leurre d’été/ l’été chez moi/ est figure de quadrille/ par tous les mornes en accordéon/ des Grands-Fonds ».

Jeanne nous raconte les palabres de son enfance faisant des poèmes des bateaux en papier grâce auxquels le poète parvient à cartographier le territoire de sa jeunesse. Chaque lieu devient ainsi l’occasion de se souvenir d’un événement, d’un ami, d’une aventure qui s’est gravée dans la mer de sa mémoire.

Il faut dire que des poèmes de Max Jeanne émane une joie de vivre resplendissante malgré, parfois, la lourdeur des situations évoquées telles les allusions aux régimes politiques totalitaires forçant des populations à la migration et en menant d’autres « en bateau ».

Dans les poèmes de Jeanne, le lecteur se promène entre les cayes, le varech et les flamboyants, avec les pélicans, tout en se laissant bercer par ce qui est « né comme ça/ dans l’abrupt tête-à-tête/ avec cette barge/ morte à l’appel du large/ et désormais rivée/ à l’impatience du raz de marée/ qui/ tels mots épars/ du poète/ dériverait/ sur toute plage du hasard/ ses planches disloquées ».

Il vogue sur des vagues de mots où apparaissent des terrains de foot, des films à pirates et où le plus beau trésor est une bibliothèque « riche de portulans/ de parchemins autographes/ du Libertador/ d’archives du Tricentenaire/ et de livres aux reliures dorées/ glanés ici et là/ par tout l’Arc Caraïbes ».

Entre les réalités d’hier et d’aujourd’hui, les poèmes s’avèrent magiques et dansent dans le labyrinthe de l’enfance. L’auteur y évoque le petit prince autant que Saint-John Perse, Franz Fanon, Anthony Phelps et Aimé Césaire à l’instar de qui, il a vécu un retour « à la caye natale ».

Au cours de Phare à palabre, Max Jeanne se souvient également des « plus beaux spectacles/ son et lumière/ de [sa] vie/ avec/ sur la musique phosphorescente/ des vagues/ le phare à palabres/ de [ses] pêches de nuit ». Il faut spécifier que chez lui, le poète est un « pêcheur en mots troubles/ dans les cayes sans retour de son amour » qui rend à merveille la beauté des paysages et des sentiments humains.

Celui qui affirme que sa mémoire est « un cimetière marin » parvient donc de poème en poème à reconstituer la magie et l’effervescence de l’enfance, qui, comme chez Saint-John Perse, s’avère être le lieu soleil de sa vie. 

Max Jeanne, Phare à Palabres, Montréal, Mémoire d’encrier, 2009, 98 p.

Juillet 2009

Sous le ciel des Îles-de-la-Madeleine

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Le jardin de Peter Pan

Pierre Gobeil signe avec Le jardin de Peter Pan un roman d’une rare force qui se déroule dans le décor magnifique des Îles-de-la-Madeleine, lieu qui devient pratiquement un personnage tellement il occupe une place importante dans le récit.

Gobeil y met en scène  un homme, Peter, qui est écrivain et qui vient d’avoir un enfant, Pout, mais qui « trouve ça dur ». Comme il le souligne : « Ça a été plus difficile qu’on l’avait cru. Rien de sérieux. Mais comme si, petit à petit, l’hiver trop long, on avait fini par ne plus savoir ce qu’on voulait. Moi, surtout. Tu sais, ce genre de dérapages qui font penser qu’on était mieux avant notre Pout… »

Afin de se retrouver, Peter retourne aux îles, à son jardin, comme il a l’habitude de le faire en saison estivale. Cette fois, cependant, il y va seul, sans sa conjointe et son enfant. Rapidement, il renoue avec son « jardin imaginaire » et les gens qui le peuplent. Puis, il arpente à nouveau le paysage ainsi que ses propres souvenirs qui surgissent à l’improviste lors de rencontres avec des amis ou encore pendant une promenade, la nuit de préférence, ce qui n’est pas sans étonner les habitants de l’île qui trouvent que ça ne se fait tout simplement pas.

Avec Liam, l’indienne, Maurice Longuépée et les autres, le lecteur découvre un univers fraternel où la notion d’amitiés signifie encore quelque chose. Il apprend aussi à découvrir l’univers des « locals » qui établissent de grandes différences entre eux et les « touristes ». Comme l’écrit Gobeil : « malgré la meilleure volonté du monde, les étrangers et les locals étaient différents ». Le roman offre aussi au lecteur l’occasion de se familiariser entre le discours sur les îles l’été et celui concernant l’hiver.

Parsemé de lettres à son fils, Pout, Le jardin de Peter Pan contient une réflexion sur le fait d’avoir des enfants qui est révélatrice du cheminement de plus d’un, dont le protagoniste, « parce qu’il se peut qu’un jour il soit trop tard; tellement s’y sont perdus, et tellement d’autres n’ont jamais pu seulement se dire ce que c’est que d’avoir un enfant, s’il reste autre chose après, s’il reste un peu de nos vies d’avant après, tu comprends? ».

Ce court roman s’apparente à une douce musique qu’on écoute avec joie pour se détendre et apprécier la vie qui passe.

Pierre Gobeil, Le jardin de Peter Pan, Montréal, Triptyque, 2009, 99 p.

Juillet 2009

Poésie, art de vivre

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Cellule esperanza

Danny Plourde est un jeune poète québécois né le 6 juin 1981 à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il a fait des études en littérature à l’Université du Québec à Montréal avant de codirigé Ectropion, une revue de « crémation » littéraire et de publier deux recueils de poésie pour lesquels il s’est vu décerné le prix Félix Leclerc puis le prix Émile Nelligan. Performeur, poète et musicien, Plourde est aussi membre du groupe de garage francophone Les Fidel Castrol. Il place au centre de sa démarche artistique des enjeux tels la prise de parole, la place du poème sur la place publique et l'engagement littéraire. Récemment, il publiait un troisième recueil intitulé cellule esperanza (n’existe pas sans nous) aux Éditions l’Hexagone.

Je me suis laissé emporter par la poésie de Danny Plourde. Je suis littéralement tombé dans son tourbillon de mots, lequel m’a plus qu’hypnotisé. Avec lui, j’ai ressenti l’urgence de dire pour vivre, « loin de tout espoir »; celui de renaître et de « cesser de maudire ce pays de pas d’pays » avant de se perdre dans « des ruelles aux raccourcis lunaires » et de ressentir la douleur d’exister ainsi que le désir de vouloir en vain changer le monde. J’ai aussi vu par ses mots le partage émerger de la misère et déceler la pulsion du vivant à la recherche d’une raison d’être.

Les poèmes de Danny Plourde sont des graffitis gravés dans la peau avec rage, des graffitis qui disent la réalité dans sa brutalité avec ses abymes et ses sources d’espoir avec des mots en mouvement pour prendre conscience de soi-même; des mots dans le désordre, « abandonnés à leur humanitude »; des mots qui évoquent le sexe, le souffle avec « de la sueur et du sang »; des mots où se côtoient une langue poétique mais aussi orale, tirée de la rue où se retrouvent aussi des bouts de vers en anglais.

Provocateur, Plourde écrit une poésie crue. Comme il l’avance : « nous jouirons du robinet tout en chiant dans nos cours d’eau ». Il se bat, cherche « le bonheur/ un endroit pour dormir/ caresser nos armes. »

La poésie de Danny Plourde s’inscrit dans la lignée de celle Patrick Straram, Denis Vanier et Jean-Sébastien Larouche. C’est une poésie rock, des vers écrits « avec du sang » dans un recueil divisé en sept parties dont 6 entre parenthèses d’où émergent l’espoir, l’amour et surtout le salut qui se vit par la poésie devenue art de vivre.

Danny Plourde, Cellule esperanza (n’existe pas sans nous), Montréal, Éditions l’Hexagone, 2009.

Nouveautés éditoriales

Juillet 2009

Mavis Gallant

Rencontres fortuites

Dans la tourmente afghane

L’œuvre d’une auteur canadienne majeure, pour la première fois traduite en français. 

Paris en 1963, quelques mois après la fin de la guerre d’Algérie. Shirley Perrigny est une jeune expatriée canadienne de 27 ans, mariée à Philippe, journaliste et chroniqueur de jazz parisien qui « se croit logique du simple fait d’être français ».

Après avoir passé la nuit avec une amie, Shirley découvre que son mari est parti sans laisser un mot. S’ensuit une période d’errance pendant laquelle, tout en espérant le retour de Philippe, Shirley fait des rencontres fortuites (et parfois glauques), envoie des messages qui demeurent sans réponses, et se trouve confrontée à maintes reprises par cet « autre Paris » (pour emprunter le titre d’une nouvelle bien connue de Gallant).

Comédie de mœurs parfois hilarante mais teintée de tragique, Rencontres fortuites est marqué par un humour de situation dont les effets disloqués rappellent certains films de Tati, et par l’humour « verbal » de Shirley, qui fait preuve d’un incroyable sens de l’auto-dérision. Mais plus on avance dans la lecture, plus on perçoit une voix foncièrement mélancolique, porteuse d’un sentiment de fatalité qui fait penser aux auteurs russes — Tchékhov, particulièrement, à qui le style de Gallant a d’ailleurs été comparé.

Dans ces histoires entrelacées, elle fait le portait d’une bourgeoisie diminuée et d’une bohème fragile, emportées par des vents idéologiques qui semblent souffler plus fort et plus capricieusement à Paris que dans les autres villes. Phyllis Rose - The New York Times Book Review 

Les histoires de Gallant sur Paris sont acerbes, drôles et sarcastiques. The Globe and mail 

Auteur

Née à Montréal en 1922, romancière, dramaturge, essayiste et nouvelliste, Mavis Gallant est installée à Paris depuis 1950. Issue d'une famille anglophone, d’une mère d’origine américaine et d’un père britannique, elle est cependant élevée dans un milieu bilingue dès ses 4 ans. Après le décès prématuré de son père, elle quitte Montréal et vit dans différentes parties du Canada et des États-Unis. Elle réside à New York puis revient à Montréal à 18 ans où elle exerce plusieurs métiers dont celui de journaliste chroniqueur et critique culturel. À 28 ans, divorcée depuis peu, Mavis Gallant publie sa première nouvelle au New Yorker et prend la décision de s’installer à Paris pour écrire et être publiée.

Au moins dix doctorats honoris causa lui ont été décernés. Et on ne compte plus les récompenses qu'elle a reçues : Prix du Gouverneur général, prix Molson, PEN/Nabokov Prize... Un prix littéraire, remis chaque année à un auteur anglophone du Québec, porte même son nom. En 2006, elle devient le premier écrivain de langue anglaise à être récompensée par le prix Athanase-David.

14 septembre 2009

Iris Hanika

Une fois deux

Une fois deux

Véritable succès en Allemagne (plus de 25 000 exemplaires vendus), Une fois deux a figuré sur la sélection finale pour le Buchpreis 2008, le prestigieux prix littéraire allemand.

Une histoire d’amour contemporaine qui bouscule, par son style déjanté, les codes de la narration. 

127 secondes : c’est le temps que dure la conversation téléphonique scellant la rencontre de Senta, apprentie galeriste, et de Thomas, informaticien dans la quarantaine, après que ces derniers se soient aperçus dans un café du quartier de Kreuzberg à Berlin.

Encore une histoire d’amour ? C’est ce que laisse présager leur rencontre-coup de foudre dans un café. Mais la suite de l’histoire, à travers les longs monologues intérieurs de Senta, met en scène les résistances intérieures des personnages, à la fois émus, surpris et effrayés d’être confrontés respectivement à the man I love et à la femme idéale. De l’analyse scientifique du sanglot à l’urinothérapie, des fouilles archéologiques sous l’ancien no man’s land qui séparait la RDA de la RFA, au mode d’emploi pour un quickie (un rapport sexuel rapide), un véritable arsenal est convoqué pour dynamiter leur relation, découpée au scalpel avec un humour désopilant.

L’œil de la caméra les suit dans Berlin, une bande son rock and roll matée de Wagner accompagne leurs déambulations. On est enivré par la richesse stylistique qui explore tous les niveaux de langues et de pensée, stupéfait d’assister à un hold-up du langage où il n’y aura pas mort d’homme, au contraire. 

Une langue cisélée, entre sarcasme, esprit comique et une grande sensibilité. | Die Tageszeitung 

Une fois deux est un livre excitantFrankfurter Allgemeine Zeitung 

Tout son art réside dans le fait que cette histoire est écrite dans une langue à la fois sérieuse et ironique. | Süddeutsche Zeitung 

Auteur

Née à Wurzburg en 1962, Iris Hanika vit à Berlin depuis 1979, où elle a été correspondante pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung et rédactrice d’une chronique pour le magazine Merkur, après avoir traduit des manuels d’informatique en anglais. Elle est l’auteure de deux romans, d’un essai, d’un recueil de chroniques et a participé à un ouvrage artistique collectif, Berlin im Licht. 24 Stunden Webcam. En 2006, Iris Hanika a obtenu le Prix Hans Fallada de la cité de Neumünster. Une adaptation radiophonique d’Une fois deux est actuellement en cours de production en Allemagne.

Juillet 2009

Jocelyne Mallet-Parent

Dans la tourmente afghane

Dans la tourmente afghane

D’origine acadienne et globe-trotter accomplie, Jocelyne Mallet-Parent vit aujourd’hui au Québec. Après une brillante carrière dans le monde de l’éducation au Nouveau-Brunswick, elle a publié deux romans dont le premier, Sous le même soleil, paru aux Éditions de la Francophonie, lui a valu le prix France-Acadie 2007. Elle est présidente du Regroupement des auteurs de la Gaspésie.

On dit que le véritable dépassement de soi passe par les défaites. Que sans l’adversité, l’humain ne serait rien. Jonathan Dupuis l’apprend à ses dépens. De retour d’une mission journalistique à Kandahar qui a mal tourné, l’homme qui revient chez lui n’est plus que l’ombre de lui-même. Il hésite sur ce qu’il va dévoiler à la presse et à ses proches. Qu’a-t-il vraiment vécu là-bas ?

Sa mémoire vacillante, criblée de trous noirs, ramène inlassablement à son esprit un souvenir salvateur : les yeux de la douce Rachida sous sa burka. En proie à un trouble profond, attisé par les manigances d’un père dominateur, il va tenter par tous les moyens de reconstituer les pans manquants de son histoire.

Un roman bouleversant sur le drame d’un journaliste, miraculeusement sorti de l’enfer afghan, qui réussit, grâce à sa force intérieure, à devenir enfin transparent et à se raccrocher à la vie.

Survivant de l’enfer afghan, le journaliste Jonathan Dupuis rentre chez lui dévasté. Au terme d’une enquête intensive et d’un travail sur lui-même, il parvient à reconstituer les pans manquants de son histoire.

En librairie le 3 septembre

LUC LAROCHELLE

Hors du bleu (nouvelles)

Hors du bleu

Hors du bleu, comme out of the blue, surviennent les événements inattendus qui déstabilisent les personnages de ces nouvelles. Et hors du blues, au-delà des frontières de cette musique lancinante qui s’acharne sur leurs mauvais souvenirs comme une mouche sur une plaie qui suppure encore. Voilà où nous mène l’auteur : hors du bleu, là où les beaux jours se font aussi rares que les fleurs dans le désert de Sonora, au mois d’août.

Luc LaRochelle a écrit la plupart de ces nouvelles au cours des nombreux séjours qu’il  a effectués ces dernières années dans les contreforts des montagnes Santa Catalina, au sud de l’Arizona. Il s’en prend encore une fois, mais sur un ton plus léger que dans ses oeuvres précédentes, aux déchéances, petites et grandes, qui viennent à bout de l’amour. Il nous parle aussi de l’Amérique, tantôt resplendissante, tantôt triste à voir.

Ce recueil de nouvelles est le quatrième que LUC LAROCHELLE fait paraître depuis le début des années 2000, époque à laquelle il a amorcé une transition de la pratique du droit vers l’écriture. Ses textes sont parus dans de nombreuses revues littéraires au Québec, en Ontario et en France. Il a publié notamment: Ada regardait vers nulle part (Les Herbes rouges, 2000), Amours et autres détours (Triptyque, 2002), Ni le jour, ni la nuit (Triptyque, 2004) et Fugues en sol d’Amérique (Leméac, 2006).

En librairie le 3 septembre

PATRICK BOULANGER

Selon Mathieu (roman)

Selon Mathieu

Mathieu, sept ans, est l’aîné d’une famille de quatre enfants. Avec une mère velléitaire et catholique et un père impulsif et artiste, il habite sa famille qui est tantôt tableau, tantôt toile d’araignée, tantôt cellule. Au cours de cet été, intenses bonheurs et petites querelles, incidents banals et scènes sanglantes, petits plaisirs quotidiens et colères gigantesques se succèdent, car même dans les meilleures familles, il peut y avoir des déchirures, des prisonniers qui disparaissent.

Poète et romancier né en 1977, PATRICK BOULANGER travaille dans son écriture les ambiguïtés, les blancs, les silences et les hésitations, parce qu’il croit profondément que ce qui est tu es aussi important que ce qui est dit. Il s’est mérité le prix Alphonse-Piché de poésie pour «Un oiseau dans l’eau bouillante » (Poèmes du lendemain 12, Écrits des Forges 2003). En 2007, il a fait paraître un recueil de poésie, Batailles, aux Écrits des Forges ainsi qu’un roman, Les restes de Muriel, aux Éditions Triptyque.

Juillet 2009

Michel A. Thérien

Terre de faïence

Terre de faïence

Michel A. Thérien consacre tout son temps à la poésie. Ses recueils ont, tour à tour, reçu diverses reconnaissances. Poète de l’ellipse, il construit son oeuvre dans le silence, matière première du poème. Terre de faïence est son septième livre aux Éditions David.

le grand nord fond ses glaces
vers d’autres alchimies

nous sommes dans l’apesanteur
où le poids de la terre
ne nous supporte plus La Terre.

Impossible de dire son nom sans souffrir avec elle.
Pourrons-nous un jour lui inventer des frontières moins meurtrières, loin des versants de la violence ? Rendre aux rivières des eaux plus limpides venues de sources si loin en soi ? L’aimer jusqu’à la cicatrice ?

Terre de faïence respire la ferveur de l’abandon et du désir, tient parole en nous, de son premier souffle à son dernier mot.

Finaliste du prix du Gouverneur général pour son recueil consacré au continent africain, Du vertige et de l’espoir, Michel A. Thérien embrasse ici, encore plus largement, le sujet de la terre pour y clamer le triomphe de la terre intérieure sur la terre de faïence.

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