Depuis 2001 • No 57 • Montréal • 15.04.2009
Juin 2009

10e édition du festival "Mutek"

Christine Joy Ritter

Danseuse invitée spéciale à Montréal

par François Cavaillès

Entrevue avec la danseuse contemporaine berlinoise Christine Joy Ritter, invitée spéciale à Montréal ce printemps pour la performance "Auto-Fiction" présentée aux festivals Mutek et "Off Transamériques". 

François Cavaillès: Que représente pour vous votre solo très remarqué vers la fin de la performance "Auto-Fiction"?

Christine Joy Ritter: à ce moment, la performance devient plus émotionnelle. Il y a une atmosphère plus particulière. [Ses deux partenaires] Milan Gervais et Andrew Turner sortent de la voiture et se disputent. Je les entends et je veux sortir, m'évader, être seule. Le tapis sonore est déployé, sans le moindre battement, ce qui m'aide pour ce moment précis de la performance. Mes mouvements sont très lents à la différence de toute l'action qui a précédé.

F.C.: Il y a un côté spirituel qui émane de votre personnage, une aspiration à dépasser l'aliénation automobile. 

C.J.R.: Spirituel, oui... Je l'exprime dans ma manière de danser et mes mouvements à ce moment. Milan a placé la scène dans l'ensemble de la performance, elle s'est occupée de la dramaturgie et, comme chorégraphe, a composé le solo en me disant d'aller lentement et de jouer avec la structure de la voiture. En ce qui concerne les mouvements précis, j'ai improvisé. Andrew et Milan disparaissent à cet instant, ils sont couchés dans l'auto et la public ne les voit plus. Je suis donc vraiment seule avec une très grande vue [debout sur le toit de la Subaru au pied de l'esplanade de la Place des Arts]. Il y avait tellement de monde à la Place des Arts, à l'heure de pointe. Je me suis sentie très bien et ça a donné une très belle photo... (sourire)

Au plan technique, le solo est un mélange de hip hop et de danse contemporaine. J'aime faire ce genre de mélanges et en plus, je sais aussi danser le "breakdance".  

F. C.: Vous êtes venue sous l'égide du Goethe-Institut de Montréal. Votre performance a-t-elle un cachet particulièrement allemand?

C.J.R.: Puisque je travaille comme danseuse en Allemagne, j'apporte mon expérience accumulée dans ce pays. Mais Berlin est très multiculturelle. Montréal aussi, mais je remarque que Milan, par exemple, a son style qui est particulier, québécois, montréalais, d'ici. Mon style est simplement personnel, allemand ou pas. 

Montréal est le lieu de nombreux échanges en matière de danse. Et le Goethe-Institut invite des gens du monde entier, alors tout est plutôt une question d'échanges. La raison de ma venue est l'échange de manières de travailler entre Berlin et Montréal. C'est amusant d'ailleurs de voir combien ses deux villes sont similaires en ce sens qu'elles ont toutes deux beaucoup de chorégraphes et de danseurs.

En Allemagne, j'ai appris la danse il y a longtemps [à la célèbre école Palucca Schule de Dresde]. J'y ai acquis de bonnes bases. Mais avec "Auto-Fiction", nous voulons faire une rencontre et créer quelque chose de neuf... Je parle allemand pendant la performance mais seulement quelques phrases. 

F.C.: Comment trouvez-vous la scène montréalaise?

C.J.R.: Les liens entre danseurs sont très serrés. Beaucoup de travaux en cours sont montrés et les artistes sont très motivés à l'idée d'en parler. J'ai beaucoup apprécié ça. Il y a à Montréal beaucoup de danseurs canadiens alors qu'à Berlin il y a beaucoup de danseurs venus du monde entier et un esprit de concurrence fort. Ici, la communauté est plus locale et solidaire. 

 

"Auto-Fiction" a réuni les talents du compositeur David Drury et des danseurs Milan Gervais, Andrew Turner et Christine Joy Ritter. Recommandée en vue de cette performance par le chorégraphe allemand Christoph Winkler, la danseuse pigiste Christine Joy Ritter vit et travaille à Berlin.  
 
 

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La danseuse contemporaine Christine Joy Ritter lors de la performance "Auto-Fiction" sur l'esplanade de la Place des Arts, dans le cadre du 10e festival Mutek de Montréal. (Photo: François Cavaillès)

Mai 2009

10e édition du festival "Mutek"

David Drury: "Représenter cette diversité de commerces sur le boulevard"

Le compositeur a réalisé une promenade auditive en 19 étapes

par François Cavaillès

Entrevue avec le compositeur de musique électronique montréalais David Drury, auteur, dans le cadre du 10e festival Mutek, de la trame de la performance "Auto-Fiction" de Human Playground et de la promenade auditive "L'Outre écoute" offrant 19 pistes audio à écouter en arpentant une partie du boulevard Saint-Laurent (du 4320 au 3770, cf. www.mutek.org et www.hearingthere.com).

 

François Cavaillès: "L'Outre écoute" se présente comme un beau documentaire sobre qui met en valeur les activités et les ressources le long du boulevard Saint-Laurent à tel point qu'il semble réhabiliter le quartier (pour aller dans le sens de l'un des personnages, le marchand de tissus).

David Druty: Ce n'était pas l'objectif du projet mais c'est un thème qui fait partie de tous les différents commerces du quartier. Ce bout de Saint-Laurent, c'est commercial. Ce sont de vieux ou de nouveaux commerces, des restaurants, des bars... C'est ça, le caractère de l'endroit. Alors si on fait un portrait de cet endroit, on va représenter cette diversité de commerces présente sur le boulevard. Mais je n'avais pas envie de redonner de la vie à certains commerces. C'est sûr que ça me fait plaisir que par exemple, le marchand de tissus puisse raconter son histoire. Je n'étais pas sûr de l'inclure mais je pense que son témoignage est unique parmi les portraits. Il n'y a que sa voix à écouter et c'est génial comme portrait...

F.C.: En expérimentant la promenade, il y a beaucoup d'harmonie dans la plupart des pistes (comme celle à l'animalerie, sans voix) par la superposition de jolies couches de sons. Puis, au final, il semble qu'un son en particulier est isolé et s'évanouit. Quelle est la part de naturel dans le son écouté au final?

D.D.: Il y a beaucoup d'invention. Toute la section dans l'animalerie, avec aussi un air interprété avec des jouets pour animaux, est évidemment un montage. J'étais là dans le magasin, j'ai enregistré des jouets mais après j'ai remonté les sons pour faire un peu un parallèle entre les oiseaux en arrière et les jouets en avant. Tout ça a été monté. à tous les endroits, ça commence par des sons naturels, intérieurs... Mais il n'y a presque aucun endroit qui ne soit pas beaucoup travaillé au montage. Parfois on ne reconnaît pas le montage, ce qui est le signe d'un bon travail du monteur! (rires)

F. C.: Il y a une impression de symétrie du boulevard, comme la visite est équilibrée d'un côté de la chaussée à l'autre et que tout se passe au même plan du rez-de-chaussée. Mais il y a des effets de profondeur aussi qui font qu'on décide d'entrer ou pas dans les magasins. Si vous pouviez changer l'ordre physique du boulevard, que feriez-vous?

D.D.: C'était un problème intéressant pour moi d'essayer de placer et d'ordonner la promenade. Ce n'est qu'à la fin que j'ai décidé de faire un tour. Mais j'ai beaucoup pensé à ça parce que, quand on est compositeur, ou musicien en général, ou plus largement encore artiste, même quand on fait des "mixtapes" sur Itunes, on a envie qu'il y ait un suivi, un ordre...
Mais pour revenir à votre question, c'est difficile de penser à comment je réarrangerai le boulevard...

 

La 10e édition du festival Mutek s'est déroulée du 27 au 31 mai 2009 à Montréal.

 

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Le compositeur de musique électronique montréalais, David Drury. (Photo: François Cavaillès)

 

Mai 2009

Sortie de son 10e album en 25 ans de carrière

Lorraine Desmarais: "Plus de maturité évidemment"

La pianiste montréalaise dirige un grand orchestre de jazz

par François Cavaillès

Entrevue avec la pianiste jazz montréalaise Lorraine Desmarais dont le 10e album ("Big Band"), en 25 ans de carrière, est sorti le 8 avril dernier.

François Cavaillès: Dans votre nouvel album, l'aérien et enlevé "Big Band", un orchestre de jazz que vous dirigez reprend certaines de vos chansons mais il y a aussi de nouvelles compositions, n'est-ce pas?

Lorraine Desmarais: Oui, il y a quatre nouvelles pièces sur l'album. Elles sont vraiment toutes nouvelles. Elles ont été pensées pour un trio mais arrangées pour big band. Et puis il y a six pièces qui existent déjà sur d'autres disques.
C'est un projet que j'avais à coeur depuis longtemps parce que j'avais fait des tournées aux États-Unis, avec un big band notamment qui s'appelait "Diva", un big band de femmes. J'interprétais la musique américaine mais je me disais toujours: "Je veux jouer ma musique avec un big band". Et puis je suis revenue ici à Montréal et j'ai joué avec un big band de Vancouver, un autre de Montréal... Et je me disais toujours: "Je voudrais bien à un moment donné faire mes propres compositions avec un big band." Alors il y a trois ans, je me suis arrêtée et j'ai écrit les arrangements de big band. J'ai choisi mes préférées sur les albums et puis des nouvelles que j'ai aussi composées. On a ensuite fait quelques spectacles mais pas beaucoup, peut-être deux ou trois, avec le big band, aux festivals de jazz... Radio-Canada a capté notre concert au festival de jazz d'Ottawa, alors j'ai écouté les pièces et je me suis dit qu'il fallait faire un disque avec ça. L'idée a germé comme ça. Entre-temps, il y a eu beaucoup d'autres projets: un disque de Noël, un autre disque live, des tournées... L'an passé, j'ai trouvé presque tout le financement nécessaire et finalement, j'ai revu et corrigé les pièces, je les ai réécoutées, réarrangées, il y en a que j'ai refaites de A à Z, je les ai réorchestrées et puis on est entré en studio en février dernier, on vient de sortir l'album il y a une semaine et ça va très bien.

F.C.: En écoutant "Big Band", on imagine son enregistrement comme une fête, en fanfare, joyeuse et très vivante. Réaliser une telle réunion de 16 musiciens pour un simple disque paraît de plus en plus rare, vu l'état de l'industrie musicale et la conception de la musique en général aujourd'hui. Votre démarche est-elle plutôt rétro ou partie d'une nouvelle mode?
L. D.: En fait, c'est ma mode!... (sourire) Je dois dire que certainement, même les gens qui ne connaissent pas le jazz aiment les big bands parce qu'au départ, ces orchestres étaient justement festifs, ils jouaient de la musique de danse. Dans les années 30, à la grande époque du swing, les gens allaient danser au son des big bands de Benny Goodman et de tous ces artistes-là, alors c'était ça. Mais au fil des ans, à un moment donné avec l'avènement du be-bop, les big bands se sont un peu faits rares à cause des situations économiques. Il y a eu la guerre, alors il y avait moins d'argent et c'était moins possible de réunir des big bands. Et puis les jeunes ne voulaient plus danser sur la musique, ils voulaient faire du jazz une musique sérieuse que l'on écoute comme la musique classique, avec raison. Mais ça s'est quand même perpétué, il y a toujours eu des big bands à travers les âges, malgré tout, et quant à moi, j'ai fait le projet personnel, comme je vous le disais tantôt, de simplement entendre mes pièces en big band. C'était aussi pour moi un exercice assez intéressant et fastidieux parce qu'on me connaît surtout en trio ou en piano solo ou en quatuor, c'est-à-dire dans de petits ensembles de jazz. C'était un gros projet mais je suis très contente de ce travail avec des collègues de longue date et d'autres gens que je connais, une belle collaboration, une fête comme vous dites là! (rires)

F. C.: Au lancement de "Big Band", vous vous êtes confondue en remerciements aux organismes subventionnaires. Faire ce disque, c'est une récompense personnelle pour votre carrière?
L.D.: Oui, dans le fond oui, parce qu'il y a beaucoup de gens impliqués.
D'abord le band. C'est quand même 15 autres musiciens, on est 16... C'est très plaisant et facile de travailler avec eux, ce sont des professionnels supers alors ça ne prend pas longtemps pour jouer, on joue.
Et puis évidemment, il y a les gens qui ont permis que ce soit fait, les organismes subventionnaires comme Musique Action, le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts et des lettres du Québec...
Et puis il y a tous ceux qui travaillent à l'entour de ça!

F.C.: Et pour vous aussi sans doute, qui êtes au coeur du projet, c'est une récompense de votre accomplissement personnel et ça a semblé vous toucher particulièrement.
L.D.: Oui, en fait, c'est mon 10e album alors pour l'occasion, je trouvais opportun d'avoir un big band. Souvent dans ce cas, les gens font des compilations à partir de pièces qui étaient sur d'autres disques sans les changer. Avec mes arrangements pour big band, la dynamique est totalement différente et on voit quand même une certaine évolution dans ma démarche artistique, plus de maturité évidemment parce qu'il y a des pièces sur "Big Band" qui ont été écrites en 1995 et qui ont en presque 15 ans pris une nouvelle dimension. ça me fait aussi 25 ans de carrière, de présence dans le milieu...  

F.C.: Oui, vous fêtez en 2009 vos 25 ans de carrière et vous avez sûrement beaucoup appris...

L.D.: J'ai fait beaucoup de choses! Dix albums, plus des albums auxquels j'ai participé à titre d'invitée, qui n'étaient pas mes projets personnels, ce qui fait pas loin d'une bonne vingtaine d'albums. J'ai aussi fait des tournées pas mal partout dans le monde, de l'enseignement aussi... Je pense que je suis pas mal choyée. J'ai une carrière bien remplie, trop parfois mais ça va! (rires)

 F.C.: Avez-vous prévu une tournée avec votre orchestre au complet?
L.D.: (rires) ça, c'est la question!...  Oui, oui, tout à fait. On sera évidemment au festival de jazz de Montréal cette année, pour un concert le 9 juillet. On va être à un autre festival en 2010. Il y a des offres aussi pour... peut-être un concert à Sainte-Hyacinthe, des concerts au Québec du moins, pour commencer. Et puis aller à l'étranger, ça c'est plus difficile parce ça fait beaucoup de gens à emmener, quoiqu'il y a des big bands partout dans le monde alors il peut y avoir certaines façons de faire, d'aller jouer avec des ensembles là-bas...

 "Big Band" de Lorraine Desmarais est sorti le 8 avril dernier chez Analekta. 

Site Internet de l'artiste: www.lorrainedesmarais.com

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La pianiste montréalaise Lorraine Desmarais se multiplie en avril pour assurer la promotion de son nouveau disque "Big Band". (Photo: François Cavaillès)

Mai 2009

« Je ne saurais prétendre être autre qu’un simple spectateur »

Interview avec le photographe Albert Zablit

par Cerasela Nistor

Le 25 avril 2009, le groupe Nexus a organisé une exposition collective de photos kung-fu et dragons chinois « Arts martiaux ». Parmi les exposants, Albert Zablit a eu une de ses premières sorties en public, bien qu’il travaille dans ce domaine depuis 4 ans. Avec une formation en sciences biologiques complétée dans son pays d’origine, le Liban,  et des cours en Sociologie et Psychologie à l’Université Concordia de Montréal, il s’est orienté finalement vers la photographie. Ce qui impressionne premièrement dans ses images c’est le désir de capter le dynamisme de la vie urbaine. La réalité de la métropole est en mouvement continu et on saisit les essais de la caméra d’immortaliser le passage du temps.  Les escaliers sont obliques, les murs s’écroulent, les dimensions se redéfinissent comme dans un alambic, la perspective est  fraiche et la couleur, souvent très sombre, traduit la présence anémique de la vie. Paradoxalement, même si les images sont prises dans une métropole surpeuplée, la caméra surprend surtout des gens solitaires, perdus dans l’immensité de l’espace urbain. Le cycle « Streets » passe de la lumière du matin à celle de l’aube et même les silhouettes de la nuit sont perçues comme des ombres.

Cerasela Nistor : – Qui est l’artiste Albert Zablit? Est-il le produit d’une école particulière de photographie ou ce n’est que son propre produit?

Albert Zablit : - Je suis  un photographe professionnel basé à Montréal. Je prends, crée et vit de la photo depuis presque 4 ans. Mon style reflète une vivacité scénique qui flirte avec le spontané, le naturel non posé. Mon créneau et ma force sont principalement fondés sur le portrait, l’évènementiel et l’éditorial. Mes clients proviennent de milieux variés, tant corporatifs, éditoriaux et artistiques, voire même athlétiques. Je suis plus un autodidacte. Vous pouvez donc dire que je suis mon propre produit. Cependant, ne trouvez-vous pas cela légèrement prétentieux de me proclamer ainsi? Dire que je suis de mon propre cru n’aliène-t-il pas  le reste du monde,  des livres, des photos, de l'espace-temps qui m’ont tant appris et inspiré?

C.N. : - Quel est ton parcours artistique? As-tu eu d’autres expositions avant? Et pourquoi cette association inhabituelle entre break dance, des dragons chinois et la photographie?

A.Z : - Tout a commencé très simplement, en m’amusant depuis ma jeunesse et sans aucun outil technologique, à mémoriser visuellement des images. Je n'avais qu'une fraction de seconde pour observer un geste, un regard, pour ensuite fermer les yeux - ou regarder ailleurs - et essayer de reconstituer ce que j'avais vu quelques moments auparavant. Je misais beaucoup sur la mémoire émotionnelle, le « feeling », mais aussi sur celle plus concrète des couleurs, des textures.

Il m’a fallu quelques années et un peu d'argent pour que je m'applique à essayer finalement d’immortaliser ces moments. Je passais la majeure partie de mon temps à photographier tout ce que je rêvais de photographier, à partir des évènements populaires aux portraits les plus intimes et cocasses. Plus tard, j’ai établi de solides liens avec des journaux et des magazines, tel que Concordia Français, avant sa disparition, où j'ai travaillé en tant que pigiste volontaire pour ensuite m’établir en tant que directeur photo  dans ce qui devint le Magazine l'Organe. Aujourd’hui, je tire uniquement en numérique. L’exposition qui s’est déroulée à la Galerie Nexus de Montréal, le 25 avril 2009, est en fait ma première  exposition d’envergure. Cette association inhabituelle avec le break dance, le kung-fu et les dragons chinois, que vous mentionnez, est le fruit  de l’organisateur de l’événement, Travis Joern. Il a voulu rassembler diverses couches sociétales et culturelles  en un lieu singulier. Ce fut un franc succès, et je lui souhaite, ainsi qu’aux autres artistes présents dans cette exposition, le meilleur des parcours à venir.

C.N. : - Le concept multimédia est, d’ailleurs, présent dans presque toutes les images. La musique, la danse, le mouvement…. Est-ce que cette passion est aussi intégrée à une façon de vivre?

A.Z. : - Je ne saurais prétendre être autre qu’un simple spectateur, puisant son inspiration dans le mouvement tant externe qu’interne. Certes, j’adore me mouvoir et chanter toutes les fausses notes existantes dans le répertoire(!), mais je suis un voyeur avant tout. Je ne peux m’empêcher de me délecter de ceux qui savent entreprendre et démontrer leur art avec passion et candeur.

 C.N. : -Où est la limite entre les affaires et l'art? Est-ce que l’artiste doit faire des compromis?

 A.Z :- En affaire ou en « art », je danse et je travaille en tandem avec mon client, mon sujet, ma scène. Je ne suis jamais seul à créer ce que je crée, d’une manière ou d’une autre, ce qui irrévocablement demande une parfaite synchronisation entre tous ceux impliqués dans le processus de création.

 C.N. : -D'autres expositions à venir?

 A.Z. : - Je travaille présentement avec plusieurs artistes locaux sur d’autres expositions-concepts à venir. Une exposition solo devrait aussi voir le jour très bientôt. L’été s’amorce très prometteur, je vais vous tenir au courant!

 C.N. : -Merci et bonne chance!

www.albertzablit.com

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