Depuis 2001 • No 52 • Montréal • 15.12.2008
Décembre 2008

Montréal – ville mystique (1)

Felicia Mihali

Le travail de recherche pour un de mes romans en cours m’a amenée à l’histoire de la fondation de la ville de Montréal. Je tiens le noyau de ce fabuleux conte, débuté en 1642, de l’un de mes professeurs en histoire de l’art à l’Université de Montréal. Les faits et les croyances de Paul Chomedey de Maisonneuve et de Jeanne Mance n’ont rien à voir avec le fanatisme religieux, même si Ville-Marie fût fondée dans le but d’évangéliser les Indiens, de les soigner dans un hôpital spécialement construit à cet effet et de leur apprendre le français. Dans ces temps primordiaux où la ferveur religieuse était souvent mêlée aux découvertes géographiques et au commerce, une cinquantaine de Français et de Françaises sont venus s'établir en Nouvelle-France et bâtir au milieu du fleuve Saint-Laurent la ville de Marie, une ville mystique.

En Europe, à cette époque, la foi chrétienne commençait à s’effriter, minée par le conflit entre catholiques et huguenots. La Nouvelle-France ranimait le christianisme, tout en promettant une vie libre, dépourvue de peurs et de menaces. La petite colonie établie à Québec, en bas du fleuve, éveillait l’envie d’une Europe  entassée dans les confins d’une terre surpeuplée, d’une société corrompue par un long passé de guerres et de misère.  À compter de 1630, c’est le petit village indien de l’île de Montréal, la pure et solitaire Hochelaga, qui attira le zèle apostolique.  Le but déclaré de ce qui allait devenir La Société Notre-Dame de Montréal, siégeant à Paris, était l'évangélisation des Indigènes, mais leur véritable mission partait en fait de la conquête de terre sainte, celle qui mène tout individu et tout peuple à quitter son terroir à la découverte de la Nouvelle Jérusalem.

Le départ pour la Nouvelle-France des trois bateaux missionnaires en 1639 a eu un grand retentissement en France. Le premier recrutement comptait trente-sept hommes, embarqués sur deux convois en partance de deux ports : La Rochelle et Dieppe. Sur un des navires se trouvait Paul Chomedey de Maisonneuve, à qui on avait confié l’expédition. Militaire de carrière, à vingt-neuf ans, ce jeune homme ne voulait que se mettre au service des missionnaires, de Dieu et du roi dans le Nouveau Monde.

Paul est né dans une famille d’aristocrates sans fortune, le 15 février 1612 à Neuville-sur-Vanne, en Champagne. Pour des jeunes comme lui, le seul métier qui pouvait leur apporter un peu de fortune était les armes. À quatorze ans, Paul s’enrôla dans l’armée hollandaise, la seule qui, à l’époque, menait en Europe une guerre quelconque peu importe la cause. Cependant, les horreurs vécues sur les champs de bataille laissèrent dans le cœur de Paul une détresse de laquelle il eut du mal à guérir. Rentré à la maison, il essaya d’oublier la terreur qui hantait ses nuits en se consacrant à la lecture, surtout à la philosophie et à la poésie. Ces heures de réflexions firent de Paul un jeune homme solitaire et rêveur.

Sur l’autre bateau, qui partait aussi de La Rochelle en même temps que celui de Maisonneuve, il y avait Jeanne Mance. Cette jeune femme avait fait le vœu de chasteté à sept ans. À dix-sept ans, elle perdit sa mère, devenant ainsi responsable d'une maisonnée de douze enfants. Neuf ans plus tard, en 1632, la mort de son père fit d’elle le principal soutien de ses frères et de ses sœurs. Elle fit des études chez les Ursulines, et elle démontra très tôt une vocation particulière pour des actes de charité. Au cours des épidémies qui ravagèrent sa ville natale en 1637, Jeanne se consacra entièrement aux soins des malades.

Dans son entourage, Jeanne Mance entendait de plus en plus parler de la mission canadienne. Ce qui l’a tourmentait était que les femmes étaient désormais admises à contribuer à l'évangélisation de cette terra incognita, et à devenir de véritables apôtres en jupe. Jusqu’alors, la vie cloîtrée des religieuses, confinées dans des monastères sombres, rendait une telle expédition inconcevable. C’était donc la première fois dans l’histoire du christianisme que des femmes s'engageaient dans une entreprise évangélique. En 1640, Jeanne Mance était âgée de trente-quatre ans et libre de toute responsabilité familiale. Malgré une santé fragile, elle décida de se vouer à Dieu : elle embarqua donc sans aucune hésitation pour la mission montréalaise.

À part Jeanne, il y a avait trois autres femmes à destination de Montréal, parmi lesquelles les épouses de deux artisans, qui, la veille du départ, n'avaient pas voulu monter à bord sans leur famille. Il a fallu les accepter, car le recrutement n'allait pas sans difficulté, comme le laissent entendre de nombreuses sources. On y citait souvent des histoires de contrats violés, de désertions au moment de l'embarquement, d’avances perdues. Le plus difficile était de combler les postes demandés par la mission : les engagés devaient être choisis compte tenu des travaux à faire dans la colonie. Pour les constructions, il fallait surtout des ouvriers spécialisés, si possible charpentiers, menuisiers, maçons, forgerons ou charrons. On avait aussi besoin de bûcherons, de scieurs, de défricheurs, de manœuvres, de matelots et aussi de soldats. Chose primordiale, un chirurgien et un armurier étaient indispensables. À part les exceptions mentionnées, les immigrants de 1641 furent presque entièrement des hommes seuls.

Au printemps, après un hiver passé à Québec à préparer l’expédition,  quarante-quatre personnes se répartirent sur quatre embarcations pour remonter le fleuve. De ce premier voyage, il n’y a presque pas de témoignages. Personne n'a consigné par écrit ses premières impressions, ses peurs, ses doutes. La vocation littéraire n’effleurait pas l’esprit des passagers toujours aux aguets, scrutant avec effroi les bords boisés d’où les flèches pouvaient jaillir à tout moment. C’était aussi le manque de papier, car qui aurait pensé glisser dans des bagages réduits au minimum, des réserves de feuilles, des plumes, des encriers. Seule Jeanne Mance, parait-il, a raconté plusieurs fois vers la fin de sa vie qu’au long du trajet, elle avait vu des prairies émaillées de fleurs de toutes les couleurs, « ce qui faisait une beauté charmante. »

Les bateaux ont jeté l’ancre à Montréal le 17 mai 1641. Le matériel une fois déchargé, les hommes plantèrent des tentes pour se protéger contre les intempéries et le froid qui prolongeaient l’hiver rude. Le lendemain de l’arrivée, la première messe de la mission fut célébrée. Revêtu des ornements liturgiques, le Père Vimont, supérieur des Jésuites de Québec, entonna d'abord le Veni Creator. Selon certains témoignages, au sermon, il aurait dit : « Nous tenons toujours nos ressources de France, dépendant de la bienveillance et de la générosité de quelques nombres et surtout de leurs femmes. » Voilà donc la reconnaissance du fait que Montréal est une entreprise qui doit son existence à la charité des femmes.

Cette première colonie de Montréal comptait environ quatre-vingts colons, parmi lesquels il y avait douze femmes. Les maîtres charpentiers et menuisiers se mirent tout de suite à l’œuvre pour bâtir les habitations. En 1642, le petit fort entourait une église et des cabanes d'écorce. Dans une hutte, Jeanne Mance organisa le premier dispensaire de Montréal. Tour à tour, les Indigènes et leurs familles commencèrent à atteindre le campement des Blancs pour demander à être baptisés et recevoir de la terre pour s’y installer.

Deux ans plus tard, on quittait les cabanes d'écorce pour des maisons plus solides. Le cartographe royal Jean Bourdon a laissé une petite esquisse de ce qui pouvait apparemment être le fort de Ville-Marie : une palissade entourant de petites maisons, un entrepôt, une cuisine et un four, organisés autour d’une petite place. L’hôpital auquel Jeanne rêvait avait commencé à être érigé à l’extérieur du fort, sur le même emplacement où allait être bâtie aussi la maison du gouverneur. Jeanne emménagea avant même sa finition, dans une petite maison de bois, bâtie de côté, munie d’une petite cuisine, une chambre pour elle et une autre pour les malades. Jeanne Mance fut la première à quitter le fort de la pointe à Callières, pour habiter seule avec son assistante, Catherine Lézeau, au milieu de la forêt, à plusieurs arpents de la communauté de Montréal.

À Ville-Marie, le plus grand défi des hommes et des femmes fut de s’habituer aux odeurs, tout à fait différentes de celles du continent. La peau sensible de leurs joues et de leurs mains subissait durement les piqures des moustiques, extrêmement grands et virulents sur cette terre. En hiver, l’eau, le vin et le pain gelaient sur la table du  réfectoire. La neige entrait à  travers les planches mal jointes des cabanes d’écorce. Tous étaient modestement vêtus et nourris. Jeanne Mance confectionnait aux femmes des robes de castor à la mode amérindienne, en cousant deux peaux ensemble. Paul s’amusait souvent de l’état des jupes et des coiffes des religieuses si délavées et râpées qu’on n’en distinguait plus ni la couleur ni la nature du tissu.

Chaque année, la Société leur envoyait de France des denrées : des animaux, des grains, des meubles, des vivres. Ensuite, un autre convoi leur amenait ce qui leur manquait le plus; des âmes vivantes embarquées sur un bateau donné en cadeau par le roi Louis XIII. Le navire s’appellait Notre-Dame et sa précieuse charge contenait surtout des munitions, pour tenir les Indiens loin de la palissade fragile du fort. Le même bateau leur amenait un don encore plus précieux, un agronome et ingénieur militaire. C’était la contribution d’Anne d’Autriche, fervente catholique et très favorable à la cause montréalaise. De telles âmes dévouées ne manquent pas à la mission, surtout au tout début. Plus tard, le nombre de croyants diminuera considérablement ce qui allait laisser les missionnaires à eux-mêmes et à la rigueur du pays.

En 1644, Maisonneuve fut nommé Gouverneur de Montréal. Paul reçut le précieux document sous les yeux émus de Jeanne Mance, ravie de l’honneur fait à son compagnon. Les deux formaient un couple d’amis unique. Ils souffraient et se réjouissaient ensemble, comme frère et sœur pour la même cause. La même année, on bâtit la Maison du gouverneur à l’extérieur du fort, pas loin de l’Hôpital-Dieu. À côté du fort, le cimetière avait agrandi son territoire et du côté ouest un moulin à vent fit son apparition. Le fort improvisé n’était plus un abri temporaire pour des apôtres démunis, mais il acquérait de plus en plus l’aspect d’un habitat européen.

 
(à suivre  au prochain numéro)

Décembre 2008

Hommage ému à Hélène Pedneault (1952-2008) : celle qui faisait rire et réfléchir

Par Lucie Poirier
Journaliste-analyste

Il y a des transmissions qui se font entre femmes, quand j’étais enfant ma mère avait découpé un texte qu’elle me fit lire; une femme racontait qu’elle était en retard à une réunion au bureau, pendant la nuit son enfant avait été malade, elle avait changé les draps, plein de détails assumés par des mères qu’elle ne pouvait relater en présence d’hommes, elle entrait donc dans la salle et disait des mots tels que : party avec des amis, beaucoup bu, mal de tête, vite un café et constatait le sourire rayonnant et approbateur qui ponctuait ses paroles. 

Cette capacité de faire rire et de faire réfléchir caractérisait l’auteure Hélène Pedneault récemment décédée. Dimanche le 14 décembre avait lieu dans les locaux de la Société Saint-Jean-Baptiste, prêtés par son président Mario Beaulieu, une cérémonie en hommage à cette femme qui n’a cessé de s’impliquer dans des luttes artistiques, politiques, féministes et environnementalistes. Elle a signé des chroniques et des éditoriaux pour des revues (Arcade, La Vie en Rose, Les cahiers de la femme, Guide ressources, Ciel Variable…) et pour la radio (Présent dimanche (SRC-AM), Fragments (SRC-FM), La Vie quotidienne, Et quoi encore, VSD Bonjour…) 

Présentant un vidéo récapitulatif préparé par Sylvain, le frère d’Hélène, Nicole Boudreau, communicatrice, a mentionné que, pour la journaliste et auteure, une «cause a transcendé toutes les autres : celle des femmes». Et l’on revoyait Hélène disant «si une femme veut rester à la maison et prendre soin de ses enfants, si elle veut travailler à l’extérieur, c’est son droit». 

En 1995, elle fut l’une des signataires du Manifeste pour un Québec Solidaire auquel participa l’altermondialiste et politicienne Françoise David. Pour Françoise, Hélène était une «féministe iconoclaste»; elle a lu un extrait du Manifeste des Femmes du Québec écrit par Hélène pour la Marche des femmes de l’an 2000 : «Les femmes ont inventé la révolution pacifique permanente». 

Michèle Asselin, la présidente de la Fédération des femmes du Québec pour un 3e mandat, a rappelé la déclaration d’Hélène qui a voulu «protéger la Terre contre les barbares du rendement à tout prix». Elle était si appréciée que le Syndicat du personnel enseignant du cégep de Jonquière en avait fait sa marraine honorifique depuis 2004. 

Pour la revue féministe La vie en rose, elle a signé les Chroniques Délinquantes qui paraîtront ensuite chez VLB en 1997 et chez Lanctôt en 2002. Ses collègues de La vie en rose ont rappelé que pour elle «ce petit peuple besogneux des femmes est un grand peuple» et qu’elle a entretenu son espoir de voir surgir «de Québec un nouveau pays pour le monde dans son universalité». 

A cappella, la chanteuse Renée Claude a interprété une chanson d’Agnès Varda pour le film Cléo de 5 à 7 qui fut reprise dans le spectacle Frangines. Hélène était aussi liée au domaine musical par la composition des paroles de la chanson Du pain et des roses en 1995 quand850 femmes ont marché vers Québec avec 9 demandes pour le gouvernement québécois. Elles voulaient l’amélioration de leurs conditions économiques (du pain) et de leurs conditions de vie trop souvent marquée par la violence (des roses).  

Hélène avait des intérêts et des accomplissements qui concernaient non seulement la chanson mais aussi le théâtre; le Centre des auteurs dramatiques (CEAD) pouvait témoigner de sa culture : «Sa passion pour le Québec l'avait récemment plongée dans la relecture de tout le théâtre d'ici sur le thème de la politique. Elle avait une puissance de travail rare». 

Parmi ses nombreuses lectures, elle incluait les romans policiers. Louise Laprade joua dans la pièce d’Hélène La déposition, créée à Montréal en 1988, traduite en cinq langues et sans cesse jouée en France, en Italie, en Belgique, au Canada, en Suisse, en Allemagne, en Hollande et aux États-Unis. Louise a lu le 1er chapitre du roman policier qu’Hélène avait commencé à écrire. 

Alors que Danny Laferrière la voyait comme une «larme ambulante», Suzanne Jacob a cité Hélène en disant : Il n’y a pas de honte à vivre, c’est un exploit». En consacrant sa vie à plusieurs combats dont celui de l’indépendance, elle a été amenée à siéger au Conseil de la souveraineté du Québec. Sur la jaquette de son livre Mon enfance et autres tragédies politique, ses buts existentiels sont résumés : «préserver à tout prix sa capacité d’indignation, être une arme de réparation massive et faire l’indépendance du Québec ». 

«Elle était le pied à terre et le poing sur la table avec une impatience pas toujours contenue» se souvenait Gérald Larose avant que renchérisse Lorraine Pagé : «Militante, elle portait en elle la force de l’indignation contre le service de santé à deux vitesses. Nous continuerons à porter une partie d’elle à chaque fois que nous commencerons ou continuerons une lutte» et que Pol Pelletier ajoute : «Elle a permis au concept de l’Art de prendre racines dans l’inconscient collectif québécois. Elle est une grande héroïne québécoise». 

Son intérêt pour l’Art s’est actualisé par l’écriture d’ouvrages aux sujets variés : Notre Clémence Les Éditions de l’Homme, 1989, Pour en finir avec l’excellence Boréal, 1992, La Douleur des volcans VLB, 1992, Les Carnets du lac Lanctôt, 2000 Mon enfance et autres tragédies politiques Lanctôt, 2004 et la direction de réalisations diversifiées dont Signé Loranger 1995, Éloge de l’indignation 1996, Robert Gravel, L’homme qui avait toujours soif 1996. 

Hélène était une prolifique rassembleuse par ses mots, ses spectacles et les événements qu’elle organisait. De son incomparable voix, Sylvie Tremblay, qui avait été sur scène avec Hélène, a prévu que «Si le Québec apprend un jour à se souvenir, tu seras citée» et elle a entonné Fais du feu au fond de moi avec Geneviève Paris et Monique Fauteux. 

Louis-Gilles Francoeur a affirmé qu’elle était «un électron libre en toutes circonstances» avant que Laure Waridel mentionne son implication dans la coalition Eau Secours qu’elle a co-fondé en 1998, pour une gestion responsable de l’eau, et ajoute : «Grâce à toi, je suis devenue porteuse d’eau». 

Marie-Claire Séguin a composé la musique de la chanson Du pain et des roses pour la Marche des femmes contre la pauvreté en 1995. Marie-Claire et son frère Richard ont chanté : «Nos rivières ont mémoire Qu’est-ce qu’on donne à nos enfants» avant qu’un groupe de femmes, dont certaines très jeunes signifiant l’importance de la relève féministe, remercient Hélène d’avoir été une fée et interprètent de leurs voix limpides comme une eau qu’on voudrait retrouver, le lac St-Sébastien : «Et si parfois elle parle haut, elle connaît la langue de l’eau». 

Marie-France Bazzo a relaté son rôle médiatique : «Elle a été une voix unique dans les médias. Elle nous obligeait à réfléchir». En effet, elle avait une acuité, une force et un enthousiasme inépuisables qui l’amenèrent à recevoir des récompenses; elle avait reçu le Prix Edgar-Lespérance en 1992 pour La douleur des volcans, le Prix littéraire du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2000 et le Prix Abitibi-Consolidated dans la catégorie intérêt général en 2004. 

Hélène reposait dans un cercueil qu’elle avait voulu en bois d’érable du Québec alors que sur les murs étaient affichées des citations extraites de ses écrits, dont celle du Manifeste des Femmes du Québec : «Pendant des siècles contrairement à toutes les formes d’esclavage, la sous-condition des femmes n’a jamais scandalisé le monde entier». 

Près du prix Gémeau qu’elle avait obtenu pour son texte de la nouvelle version du téléroman Sous le signe du lion en 1996, sur le cercueil, parmi les roses rouges, un pain avait été déposé. 

Des centaines de personnes sont restées debout pendant les 90 minutes de la cérémonie et, à la fin, ont applaudi longtemps la valeur de cette femme qui ne s’est pas désistée et qu’on n’a pas pu réfréner car elle s’était engagée indéfectiblement dans des causes pour que les humaines, les humains et leur environnement se développent selon des idéaux basés sur l’équité, la liberté et l’indépendance.  

Décembre 2008

Le temps des fêtes!

Des spectacles culturels à Montréal

Luz Garcia de Zielinski

Je suis très contente de m’adresser à vous dans ce temps des fêtes et de réjouissance!   Nous allons bientôt finir cette année et commencer celle du 2009!

Que la santé, l’amour et autres bienfaits vous comblent chaque journée de l’année prochaine et le reste de notre vie!

Je voudrais partager avec vous mes coups culturels du deuxième semestre de l’année.  Le mois d’octobre, comme je vous avais dit dans une autres de me rubriques, je suis allée voir l’un des slameurs les plus connus en Europe :   Grand Corps Malade, qui, il faut le souligner, a gagné un prix à l’ADISQ le 27 d’octobre dernier, comme l’artiste francophone s’étant le plus illustré au Québec!

Ensuite, j’ai eu l’opportunité d’assister au concert de ce grand violoniste et chef d’orchestre,  M. Itzhak Pearlman, et il faut dire que mes attentes ont été comblées.   Superstar incontestée d’origine israélienne, il est un virtuose du violon et il dirige d’une façon magistrale, avec une sensibilité à couper le souffle -  je lui lève mon chapeau  deux fois : comme violoniste et comme chef d’orchestre!  Lors de ce concert, il a interprété et dirigé avec l’Orchestre Symphonique de Montréal  le concerto pour violon en mi majeur, BWV 1042 de J.S. Bach., la Symphonie « Haffner » de Mozart et la Cinquième Symphonie de Prokofiev.    

Le mois de novembre dernier, je suis allée voir le spectacle d’opéra Les pêcheurs des perles, une œuvre du répertoire français, avec une très bonne distribution canadienne, costumes et décors exotiques de la grande designer et coqueluche britannique de la mode Zandra Rhodes!

Pour la deuxième production de sa 29e saison, l’Opéra de Montréal présente, avec une distribution entièrement canadienne, ce premier ouvrage important de Georges Bizet. L’histoire, qui se déroule sur l’île exotique du Ceylan, ce paradis terrestre du siècle passé, évoque l’amitié entre deux amis qui est compromise par leur rivalité amoureuse pour une prêtresse. Opéra est en trois actes, d’après le livret de Michel Carré et Eugène Cormon.

Karina Gauvin, chanteuse magnifique d’ici, interprète le rôle de la prêtresse Leïla. Il s’agit d’une prise de rôle pour la soprano. Elle chante aux côtés du ténor Antonio Figueroa, qui a récemment triomphé dans le rôle de Nadir en Europe, du baryton Philip Addis en Zurga, et du baryton-basse Alexandre Sylvestre qui incarne Nourabad.

J’ai beaucoup aimé cette production avec la mise en scène d’Andrew Sinclair*, les chorégraphies, évocatrices de la Polynésie, de John Malashock*, et les éclairages de Ron Vodicka*.

Je pense réellement que Les pêcheurs de perles est sans conteste un opéra des plus sensuels, fascinant et romantique qui chante l’amour, l’amitié, la jalousie et la rédemption.

Dans un registre totalement différent, je suis allée voir et écouter la semaine dernière le grand chef d’orchestre Kent Nagano.  Je vous assure que ce fut un plaisir pour les oreilles et pour les yeux.  Kent Nagano a une manière très spéciale de diriger, que j’aime beaucoup d’ailleurs.  Il se donne avec « ses tripes ».  Ce grand chef d’orchestre est l’un de plus importants interprètes de la musique d’Olivier Messiaen avec lequel il a bâti une relation très spéciale.   À travers cet oratorio, Kent Nagano rend hommage à Messiaen l’année du centième de sa naissance.  Ainsi, ce grand chef d’orchestre créer cet opéra monumentale : Saint François d’Assise et il faut dire que c’est la première fois qu’elle est présentée au Canada !  Ce fut un plaisir de voir et écouter cette œuvre magistrale qui a duré 4 heures avec une heure d’entracte !

Le dernier spectacle que j’ai vu fut Casse-noisettes, ce classique du temps des fêtes, que sûrement beaucoup d’entre vous l’ont déjà vu. Depuis des années je rêvais de le voir et pour toutes sortes de raisons, je n’en avais jamais eu l’occasion. Présenté parLes Grands Ballets Canadiens Montréal, il s’agit d’une belle histoire pour Noël, où la petite Clara et son casse-noisette nous réjouissent, petits et grands, avec cette joie de l’enfance!   C’est un triomphe absolu, à voir ou à revoir (pour celles et ceux qui l’ont vu) ! Les danseurs nous transportent dans un monde magique au rythme de la célèbre musique de Tchaïkovski. Comme on dit : durant la nuit de Noël, tout peut arriver!
J’ai passé une belle soirée, l’esprit de Noël m’accompagna tout au long de la journée !  Il y a encore des spectacles ce mois-ci, renseignez-vous.  

Et pour finir, j’aimerais donner un coup de chapeau à une compatriote qui est très impliquée à Montréal et tout spécialement à Verdun :  Ana Gloria Blanch, directrice de l’organisme sans but lucratif « Casa Cafi », pour lequel elle travaille avec passion et amour depuis des années.  Le Consulat Mexicain à Montréal lui a décerné un prix pour son implication et son apport à la communauté mexicaine.  Actrice et chanteuse de profession, elle a participé à plusieurs pièces de théâtre et à plusieurs festivals! Ana Gloria,  continue ton bon travail et félicitations à nouveau!  Pour connaître plus sur son travail et son organisme :  http://www.casacafi.org/nouvelles.html

Bonne année 2009!

Photo d’Ana Gloria Blanch

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