Depuis 2001 • No 50 • Montréal • 15.10.2008
Octobre 2008

Effigies d’une histoire oubliée

Par Felicia Mihali

 
Effigie

En septembre 1857, un train chargé de marchandise traversait l’État d’Utah, connu à présent comme véritable bastion des Mormons. Après un siège de cinq jours, les 140 personnes qui y voyageaient, des pionniers allant vers l’ouest, ont été tous massacrés, sauf 17 enfants âgés de moins de huit ans. Cet incident, connu sous le nom de « Massacre de Meadow Montain » a été commandé, semble-il, par le chef Mormon, Brigham Young avec l’appui des Indiens. Des recherches ultérieures montrent que l’apport des Indiens est minime et que les fidèles de Young s’étaient déguisés en Indiens pour passer la responsabilité des crimes sur leurs épaules. Fièvre religieuse, pillage, vengeance contre la persécution de Mormones par les Gentilés, qui les ont souvent délogés et poussé vers des terres hostiles?

Alissa York reprend cette ancienne histoire dans son roman Effigie une saga riche en couleurs, qui ne veut ni juger ni donner raison à un côté ou à un autre. Car si les Gentils ont leurs pêchés, les fidèles du Prophète Joseph Smith, celui à qui l’ange Moroni a révélé le lieu où la Bible d’or est enterrée, n’excellent pas en vertu. Au centre de cette histoire passionnante, il y a la famille de Frère Erastus Hammer et de ses quatre épouses, chacune avec son passé : la Première, Ursula, ex-épouse de Joseph Smith, tué dans la prison de Carthage; la Deuxième, Ruth, une Anglaise convertie par un des Apôtres envoyés outre mer;  la Troisième, Thankful, une ancienne actrice sans talent ni avenir,  attirée par la richesse du fermier; la Quatrième, une fille de quinze ans, achetée par Erastus afin qu’elle empaille son gibier. La ferme qui abrite cette famille dysfonctionnelle, à qui on ajoute un Indien, le Traqueur, et un serviteur, Bendy Drown, semble une véritable ménagerie. Le rôle de Mère Ursula est de nourrir le troupeau et de veiller à ce que les épouses se reproduisent, Ruth ne vit que pour l’élevage de ses vers blancs, une préoccupation en elle-même et non pas une source de soie, Dorrie barricadée dans son grange, au milieu des odeurs de son laboratoire et des trophées d’animaux et d’oiseaux. Entre l’effervescence religieuse de Mère Hammer, la frivolité de Thankful qui attire Lal, le fils aîné de son mari dans son lit, et l’attraction entre Dorrie et Beny, l’empire commence à se désintégrer.

On peut reprocher à ce roman, reçu avec beaucoup d’éloges à son apparition en anglais, en 2007, la longueur et surtout la reprise insistante des morceaux d’histoires. Mais à part son double intérêt historique et documentaire, le livre capte par la reconstitution en détails d’une période encore obscure de l’histoire de nos voisins. Avec un souci de calligraphe, Alissa York reconstitue chaque moment, l’apparition de chaque personnage et son évolution sur l’orbite de la famille Hammer avec une grande minutie. Elle va jusqu’à apprendre au spectateur moderne de nombreux secrets de la survie au XVIIIeme siècle : la chasse, la cuisine, la vestimentation, l’élevage des cheveux et celui moins commun de vers de soie.

Effigie ouvre un chapitre important dans l’histoire littéraire et pas seulement: la révision d’un passé pas trop éloigné où la mise en question des crimes et des erreurs dus à l’effervescence religieuse du côté des Blancs reste un fait nécessaire.

Octobre 2008

Entre le ciel de Bay City et la fumée d'Auschwitz

Par Felicia Mihali

 
Le ciel de Bay City

Quatrième roman de Catherine Mavrikakis, Le ciel de Bay City est un des rares livres à parler d'une manière ouverte, brutale même, de l'impossible réconciliation de deux mondes : l'Europe des horreurs de la Deuxième Guerre mondiale et l'Amérique des maisons en tôle et du steak.

Amy, la fille d'une rescapée des camps nazis,  vit dans la maison de sa tante, Babette, à Bay City. Sa mère Denise y habite aussi occasionnellement, entre ses va-et-vient à New York afin de convaincre son amoureux gréco-italien de la suivre ou du moins de l'accepter, elle et sa progéniture. Entourée par une tante aimante, qui fait office de mère, d'un oncle généreux, ancien prêtre catholique, d'un cousin rock'n roll, et d'une chienne, Amy aurait dû être une fille heureuse. Sauf que dans cette Amérique des années '70, où les jeunes se disputent leur sympathie pour les Beatles ou Alice Cooper, le bonheur est impossible pour ceux qui portent dans leur mémoire génétique le souvenir des grands-parents brûlés dans les crématoires d'Auschwitz. Amy porte en elle la pulsion destructrice de l'histoire. Et un jour, elle va découvrir dans le sous-sol de sa tante la raison de cette hantise qui ne cesse de transformer son existence en folie. Ses deux grands-parents, morts dans les chambres à gaz de la Pologne, comment sont-ils arrivés dans cette maison américaine? Que va faire Amy des deux vieux rabougris qui ne veulent pas quitter leur gîte sombre et sale, là où ils gisent sur des couvertures puantes, à l'abri de la lumière et du soleil? Sont-ils venus sauver leur petite-fille, lui apprendre que si l'histoire ne peut être oubliée, si elle continue à hanter les vivants, il faut tout passer par les flammes? Au fait, qui met le feu à la maison de tôle? Ce geste va-t-il libérer Babette et Denise de la cage du passé?

Amy, la rescapée des flammes, ne vit que pour sillonner le ciel à bord de son avion, à la recherche de ce mystère qui est le ciel: le ciel et son indifférence à toute souffrance humaine. Sa fille, Heaven, qu'elle élève seule dans une ville de New-Mexico, loin de la grisaille nordique, saura peut-être vivre en paix non seulement avec le ciel mais aussi avec le passé de sa famille. Toutefois, les espoirs d'Amy s'évanouissent la nuit où elle découvre que leur propre maison est peuplée par les revenants du passé : cette fois-ci aux rescapés des champs nazis, grands-parents, mère, tante, s'ajoute la génération de ceux qui doivent partager la faute et les souffrances des autres : l'oncle, le cousin, et même la chienne. Personne ne peut échapper à l'histoire et ne peut vivre en dehors de ses erreurs. Finalement, ce n'est que le ciel qui gagne la guerre. 

 

Octobre 2008

Une Électre de la prairie canadienne

Par Felicia Mihali

 
Une divine plaisanterie

Cet automne, Les Éditions Alto publie le deuxième volet du cycle de Manawaka, de Margaret Laurence, à la suite du fascinant L’Ange de pierre. Publié en anglais en 1966 sous le titre A Jest of God, et malgré le Prix du Gouverneur Général, ce livre s’ajoute à une œuvre qui a causé à l’auteure beaucoup d’ennuis. De longues années elle a dû se battre contre la censure qui considérait ses livres impudiques. Les récentes intentions du gouvernement conservateur de limiter le financement des productions cinématographiques qui pourraient bafouer les bonnes mœurs des Canadiens nous démontrent que ces peurs et pratiques n’ont pas complètement disparues. Pas étonnant donc qu’un livre qui parle de lesbianisme et d’avortement, ait pu choquer les âmes pures de certains qui même aujourd’hui s’élèvent contre la liberté sexuelle ainsi que le droit des femmes de choisir leur manière de vivre. 

Rachel Cameron est une institutrice célibataire qui vit avec sa mère dans un bled perdu de la prairie canadienne. Malgré son désir de plaire à sa mère et de faire ce que les autres lui imposent, Rachel n’est pas celle que les autres voient en elle. L’arrivée de Nick Kazlik lui montre le faux cocon dans lequel elle s’est enfermée par égard des autres. Un jour de vacances, alors qu’elle se promène en ville, Nick croise son chemin : à partir de là rien ne sera plus comme avant.

La rencontre de cet ancien collègue d’école, époque où elle n’aurait jamais pensé lui adresser la parole, lui prouve que la clé de voûte de leur édifice social a volé en éclats. Ukrainiens et Écossais, vivant séparément dans la même ville, doivent finalement mettre ensemble leurs obsessions et leurs échecs. Si à l’époque de leur enfance, Nick était le fils du laitier et Rachel la fille du croque-mort, maintenant ils sont les juges de leurs proches qui les tiennent encore captifs. Les parents ne savent pas que leurs valeurs ne tiennent plus debout et les enfants ont encore peur de le leur dire. Malgré leurs efforts, Rachel et Nick sont des adultes qui n’échappent jamais à l’éducation inculquée par leurs géniteurs. Ils appartiennent à cette catégorie de Canadiens qui n’échappent pas à la cage construite par la famille et le pays natal : même s’ils s’en évadent, ils garderont toujours le sentiment d’avoir voulu du mal aux leurs.

L’apparition de Nick dévoile à Rachel sa passion et son désir d’aimer charnellement. D’une part, elle apprend à se définir par rapport au côté inconnu de la ville, cette partie immigrante de date récente qui suscitait l’envie chez elle autrefois : d’autre part, elle comprend que sa propre timidité est teintée de méchanceté, et qu’un jour elle aura le pouvoir de contrarier tout le monde. Un jour, elle aura le courage de mettre en route sa mère cardiaque pour une destination lointaine, le courage de choquer le vieux docteur Raven, qui met la santé de la vieille mère avant le bonheur de la fille, de contrarier le directeur Willard qui ne comprend pas comment quelqu’un veut se sauver du paradis de l’école qu’il dirige en tyran. Rachel saura affronter aussi directement Calla, sa collègue aux penchants lesbiens, et lui dire ouvertement qu’elle regrette de ne pas être celle que son amie aurait voulue.

En lisant le livre de Margaret Laurence dans l’excellente traduction d’Édith Soonckindt on a encore plus de mal à comprendre quel est le mécanisme intime d’un best-seller. Si le public se penche de plus en plus vers des oeuvres dégorgeant de crimes, d’une foulée de personnages contradictoires, parfois macabres, d’histoires de guerre et de trahison, Une divine plaisanterie nous montre bien le contraire. Tissu de la matière d’un rêve, ce livre nous parle de l’excitation causée par l’existence banale des anonymes dont les passions dépassent en intensité celles des tragédies grecques. Si Électre sacrifie Clytemnestre pour venger son père, Rachel sacrifie sa mère pour que sa vie à elle continue.

Octobre 2008

Un univers féminin sans un mot de trop

Par Jean-Sébastien Ménard

 
L’été funambule

Il est tôt le matin. Sur la table, je dépose le café chaud puis je me laisse envelopper par la beauté de l’écriture de Louise Dupré, par son dernier livre, L’été funambule, un recueil de nouvelles où une femme ouvre des fenêtres « sur quelqu’un en [elle qu’elle connaît] à peine. Cette femme [qu’elle aurait] pu être dans une autre vie. » Souvenirs de romances passagères, d’amants de voyage, de vacances à la mer, de lointaines amitiés, de belles rencontres. Dupré offre à lire de ces moments où la fiction finit par inventer celui qui écrit. 

Elle permet des incursions dans la vie de femmes; des regards indiscrets où l’on en apprend sur l’autre autant que sur soi-même. Entre force et fragilité, la rumeur de la vie  s’élève avec cette écriture qui « prend de plus en plus de place dans [ses journées… elle qui se voit] comme une funambule qui traverse lentement la piste sur son fil en essayant de se concentrer. » 

Les nouvelles de Louise Dupré sont nostalgiques, ponctuées de ces événements qui changent le cours d’une vie, qui modifient la manière de voir et de penser d’un être. Elles parlent de ces blessures qui parfois ne cicatrisent simplement pas, de ces amours inachevés, quelques fois brisés, mais aussi de ces rencontres où l’on se confie autour d’un plat, de ces moments d’abandon où l’on finit par s’ouvrir à autrui.

On lit aussi chez Dupré le spectre de la vieillesse; le « masque de la mort, imprimé sur [le] visage »; la beauté des amitiés; le difficile rapport entre une fille et sa mère; et la mort du père, ce père qui un jour « n’est plus votre père, c’est un corps inerte, un cadavre, comme votre grand-père ». En lisant L’été funambule, on ne peut que constater la quantité de souvenirs qui nous hantent, qu’on ne peut pas quitter puisque, comme le souligne Dupré, « on peut fuir ses parents, son homme, ses enfants, son pays, on peut laisser derrière soi son cœur, mais pas son âme ».

Louise Dupré est une des voix les plus importantes de la littérature contemporaine québécoise. Cette spécialiste de l’écriture au féminin, ancienne collaboratrice des Éditions du remue-ménage, professeure à l’Université du Québec à Montréal, nous présente avec L’été funambule un univers presque entièrement féminin où elle étonne par la profondeur de son propos et la richesse de sa plume, toujours fine et précise, avec laquelle elle parvient à évoquer le monde sans un mot de trop.

Louise Dupré, L’été funambule, XYZ éditeur, Montréal, 2008.

Octobre 2008

Poèmes au féminin avec des mots de tous les jours

Par Jean-Sébastien Ménard

 
À l’ombre des mots, poèmes 1964-2006

Le corps est nommé, utilisé comme un instrument poétique, « ce corps qu’elle dit/ d’abord qu’elle saigne », dans cette écriture où se lit la libération, pour ne pas dire l’épanouissement de la femme. Avec l’auteure Madeleine Gagnon, nous traversons la dernière partie du 20e siècle en parcourant son œuvre complète intitulée À l’ombre des mots, poèmes 1964-2006, publiée dans la collection « Rétrospectives », chez l’Hexagone. On se souvient que, en 2002, une première anthologie de l’œuvre de Gagnon, Le chant de la terre, est parue chez Typo. Ce recueil couvrait la période s’échelonnant de 1978 à 2002. C’est donc un ouvrage plus exhaustif de l’œuvre de la poétesse qui paraît cette fois.

Dans cette deuxième anthologie, on peut lire des poèmes au féminin avec « des mots de tous les jours », des poèmes en prose, parfois sans ponctuation, ainsi que des vers libres où les mots illustrent et évoquent le fil des jours tout en cohabitant et en se touchant jusqu’à créer une harmonie qui fait de chaque texte un tableau à contempler, à creuser, « un écho souterrain/ sur la paroi des ombres/ tes pas/ qui maintenant/ avancent nulle part ».

Au sein de cette poésie du corps, le vécu passe par la chair, par le corps « parcheminé », le corps mère, le corps tatoué par le temps et l’expérience, le corps qui se « donne à l’œuvre », malgré la vie et la mort, conférant ainsi aux poèmes, aux mots, la force de se rendre jusqu’à la « toundra du cœur ». Exploratrice de l’âme humaine, Madeleine Gagnon affirme écrire « pour raconter le temps et les espaces entre les riens, les lieux entre les trous, interstices d’où l’on aurait bien pu ne jamais revenir et n’en jamais parler. Ces temps, ces lieux, où la jouissance et la souffrance ne se mesurent plus, d’où revient pourtant le langage sans jamais pouvoir les absorber, complètement, c’est son dû, à la fois son origine et sa fin. »

Nancy Huston a un jour affirmé à propos de Madeleine Gagnon : « Je crois que, de tous les êtres que je connais, c’est celle dont la frontière entre vie intérieure et vie extérieure est la plus perméable. Sa parole est poésie et son écoute des autres est poésie aussi. Tout ce qu’elle reçoit et entend du monde est filtré, traité, transformé par les rythmes impérieux des chants qui l’habitent. »

Madeleine Gagnon est aussi celle qui a un jour souhaité « la révolution des ménagères prolétaires ouvriers des mains à l’œuvre corps exploités », celle qui apprend « la matière avec les mots »; une poétesse qui a vu son œuvre récompensée de plusieurs prix prestigieux, dont celui du Gouverneur général du Canada, en 1991, ainsi que le prix Athanase David, en 2002, pour l’ensemble de sa production littéraire.

Avec À l’ombre des mots, elle nous offre un « pays intérieur » à lire, à « fouiller l’écrit/ comme on cherche la mère/ son cri rouge dans les neiges/ chercher l’infante/ des songes creux ».

Madeleine Gagnon, À l’ombre des mots, poèmes 1964-2006, Montréal, l’Hexagone, 2008.

Octobre 2008

La Révolution tranquille de Pierre Manseau

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Les amis d’enfance

Avec Les amis d’enfance, Pierre Manseau signe un roman divertissant où il plonge le lecteur dans le Québec du début des années 1960, celui d’avant la Révolution tranquille. L’Église y dominait encore l’espace publique, et le curé occupait toujours  l’avant-scène. Martin Beauregard, le narrateur âgé de 12 ans, a donc « peur de ne pas être un bon chrétien ». C’est lui qui nous raconte son été de 1964, celui où son frère Luc, étudiant à Québec et rêvant de devenir journaliste, écrit un article dénonçant les conditions de travail insalubres et non sécuritaires des mineurs de 4 Roches, le village natal : « Luc étudie à l’Université Laval, à Québec. Ses notes sont excellentes; il collabore au journal étudiant. Mais l’autre jour, son article s’intitulait La classe dirigeante dans les petites localités. Cela n’aurait pas été si grave s’il n’en avait pas envoyé une copie à La tribune libre du Soleil, le grand quotidien de Québec. »

C’est que la Révolution tranquille, peu à peu, s’amorce. Comme le souligne Martin, « il y a maintenant 4 ans, la "nouvelle équipe" du Parti libéral a pris le pouvoir à l’Assemblée nationale ». Un vent de changement souffle sur la Belle Province et se fait sentir partout, même dans les plus petits villages, jusque dans la paroisse Notre-Dame-des-Naufrages, là où se déroule une bonne partie de l’action.

À travers cette époque où tout le village perçoit la rumeur des bouleversements à venir, Martin Beauregard nous parle de Sylvain Chicoine, son voisin d’en face et meilleur ami, avec qui il vit de multiples aventures. Il nous le fait connaître et aimer. En fait, avec ses yeux de jeune adolescent, cet apprenti écrivain découvre le monde adulte, « dans lequel [il n’a plus] d’autre choix que d’entrer ». Il dresse, en ce sens, un portrait de sa communauté et décrit son village en essayant d’appliquer ce qu’il a appris à l’externat classique, « l’importance du style dans un texte, qui peut fournir au lecteur des indications sur les conditions des personnages, comme le milieu social dont il est issu, ou sur la sensibilité de l’auteur, par sa réaction devant la situation qu’il expose ».

Grâce à lui, le 4 Roches de 1964 n’a plus de secrets pour le lecteur. Celui-ci se familiarise tant avec les légendes qui meublent les lieux qu’avec ses habitants. Il apprend pourquoi Martin a peur de l’anglais et constate dans quelles conditions les travailleurs de la mine vaquent à leurs occupations. Il est aussi en mesure de constater la place que tient la religion dans la vie de la communauté et de voir tout ce que représente, aux yeux de Martin, ce grand frère, Luc, qu’il considère comme son héros; une personne pour qui il n’a que de l’admiration, pour qui il ferait n’importe quoi et par qui s’amorce, pourrait-on dire, la Révolution tranquille de 4 Roches.

Pierre Manseau, Les amis d’enfance, Montréal, Triptyque, 2008.

Octobre 2008

Un beau « cadeau »

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Le cadeau

Il y a quelques années, je me promenais dans les rues de Montréal, caméra à la main, et photographiais les graffitis qui accrochaient mon regard, qui me parlaient. Parmi eux, se trouvaient les dessins de Zilon, dont un visage, en particulier, qui tapissait alors plusieurs endroits du plateau Mont-Royal. Ce n’était que quelques traits, rapidement lancés sur des murs de brique mais c’était brut et efficace. Et d’un visage à l’autre, je lisais mes sentiments dans l’œuvre de cet artiste que je croisai à une reprise lors d’un lancement de saison au Quat’Sous, à l’époque où Wajdi Mouawad en était le directeur artistique.

Lors de mes errances dans la ville, à la recherche de nouvelles traces de Zilon, je traînais souvent des livres de Claude Péloquin, tels L’ouragan doux, le Flambant nu ainsi que La paix et la folie, que je lisais en marchant, ou assis à une terrasse en sirotant un café. Lire ce poète me faisait vibrer. Je soulignais de nombreux passages dans ses volumes puis après coup, les retranscrivais dans des carnets où je glissais, en guise de signets, des photos des œuvres urbaines de Zilon. Pour moi, c’était là deux formes de poésie authentiques, deux regards sur le monde qui me donnait le goût de créer, d’aller de l’avant. À ce titre, je pense, à l’instar de Paul Éluard, que l’une des plus grandes qualités d’une œuvre est celle d’inspirer.

Quelques années après ces promenades montréalaises, voilà que je retrouve à nouveau réunis Péloquin et Zilon. Cette fois, ils tissent eux-mêmes l’association. Les deux créateurs publient ensemble un livre d’art, intitulé Le cadeau, aux éditions Michel Brûlé. Dédié à Guy Laliberté, cet ouvrage est composé de dessins de Zilon sur lesquels on peut lire des phrases choques de Péloquin, comme par exemples : « J’aime l’amour parce qu’il pue à force de sentir bon comme une betterave », « Chacun de mes repas est celui du condamné à mort », « Si tu n’écris pas avec l’état de surprise, ne t’achète pas de plumes », « Je trempe ma langue dans la fin, est-ce que la destinée de l’humanité est de retourner l’arme contre elle-même dans son propre canon? », ou encore « Le décès des océans est le mien ».

Ce livre se lit et se regarde avec une bière à la main. C’est un livre qu’on ne range pas dans sa bibliothèque, on le laisse plutôt traîner sur un coin de table pour y revenir sporadiquement, le temps de jeter un œil à un dessin/poème.

C’est par ailleurs un ouvrage à ajouter à l’œuvre de Claude Péloquin, qui est loin d’en être à sa première collaboration avec un artiste, ne pensons qu’à cette fameuse phrase qu’il a gravé dans la murale de Jordi Bonet au Grand Théâtre de Québec.

Surprenant! Un beau « cadeau »!

Claude Péloquin et Zilon, Le cadeau, Montréal, Michel Brûlé, 2008, 256 p.

Octobre 2008

Trajectoire de la nostalgie

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Les oiseaux se taisent et me regardent

Edgard Gousse observe et, selon ses mots, écrit « au peuplement de l’ouïe ». Pour lui, « les oiseaux ne chantent pas/ ne chantent plus », alors il meuble l’espace de sa voix fragile qui n’a « plus d’échos ». Dans les moments de douleur, quand même son « ombre ne veut plus [le] suivre », quand « les oiseaux [qu’il] croise ont des dents/ d’une frayeur remarquable », il se réfugie dans la poésie, il se « livre à la poésie ».

Ses poèmes témoignent à la fois de cette force dévastatrice hantant l’être et d’une nostalgie du passé, de ces jours où le mot « fête » avait encore une résonance avec le bonheur et les explosions de joie.

Pour Gousse, la poésie devient rapidement un refuge pour se souvenir de l’amour, de cette femme qu’il « aime encore », des amis disparus; un lieu pour s’éloigner des « mots défaits/ [des] morts pris/ à défaut »; un lieu pour parler « des blessures/ qu’on voit de loin/ sur les murs à l’horizon/ ou sur la nappe taillée/ devenue paysage […] des blessures/ si étanches/ et si naïves pourtant/ qu’elles disent notre amertume/ de notre aventure/ puis nous invitent à nous taire ».

Avec la poésie, Gousse veut trouver un endroit où vivre en paix, « où écrire ». Il veut partir de « cette ville qui échappe/ à la guérison du soleil », où les oiseaux « se taisent et [le] regardent »; il veut rédiger des poèmes qui saisiront l’essence de « la présence du souvenir », qui aideront les plaies à se cicatriser. 

Si une certaine tristesse se dégage des poèmes de ce promeneur pour lequel « les arbres/ sont des gardiens somnambules/ qui rêvent de devenir des arbres », on y retrouve aussi une invitation à célébrer la beauté, l’amour, le merveilleux autant  que la tranquillité. La vie, avec Gousse, devient une promenade, une quête vers le bonheur, vers une paix intérieure qui demeure possible, même si subsiste « comme un trou noir/ dans la tête/ dans le ventre ».

Avec Les oiseaux se taisent et me regardent, Edgard Gousse offre à lire la traversée de la nuit d’un « poète ivre agenouillé au cœur de sa blessure »; un poète observant le monde, la ville ainsi que la vie, et s’exprimant dans la « nudité de l’être ».

Ce poète cubain, pour qui la parole est « une fiction du silence », déstabilise. Ses mots percent la mémoire et l’imaginaire tout en donnant une forme aux souvenirs les plus intimes de leur auteur, car ils parlent mieux que quiconque de cette douleur de « la distance entre l’oubli et le souvenir ».   

Edgard Gousse, Les oiseaux se taisent et me regardent, Montréal, Triptyque, 2008, 114 p.

Nouveautés éditoriales
Septembre 2008

En librairies le 19 Septembre

Dina

Felicia Mihali

Dina

Une femme ordinaire projetée malgré elle dans la tragédie ou David contre Goliath.

« Dina a alors fait ce que les petites nations font devant la pression des plus grandes: elle a cédé. […] Dans son âme logeaient depuis longtemps l’humiliation, la rage de ne pas pouvoir se défendre, de dépendre toujours de la bonne volonté et des intérêts des autres. Dragan allait lui-même décider de son sort. Pourquoi s’y opposer ? »

Pourchassée par le plus cruel des douaniers serbes, pendant la guerre en Yougoslavie, Dina la Roumaine savait qu’elle ne pouvait pas lui échapper indéfiniment. Autour d’elle, on pariait sur le temps qu’il lui restait avant qu’il la viole ou la tue. C’est donc les yeux grands ouverts qu’elle a foncé dans son destin. Mais Dragan le Borgne ne l’a pas tuée. Pas à ce moment-là du moins. Est-ce lui qui vient de le faire aujourd’hui ? C’est la question qui traverse ce roman en forme de thriller, qui est avant tout le portrait d’une femme ordinaire acquérant malgré elle une dimension tragique.

Femme dans une société patriarcale, paysanne égarée dans la ville, Roumaine aux prises avec un Serbe, coiffeuse allergique aux produits capillaires, Dina est à la fois une héroïne aux yeux de ses compatriotes, parce qu’elle tient tête au Serbe, et une victime parce que Dragan la force à vivre avec lui contre son gré. Mais elle est plus encore : le symbole d’un pays malmené qui se relève avec difficulté du joug communiste et qui cherche à se faire une place au sein des nations riches. La mort de Dina éveille chez la narratrice, son amie d’enfance, le souvenir d’autres morts, celle de Ghéorghi, l’ami promis à un brillant avenir et bêtement tué par un train, celle de sa grand-mère, occasion pour le lecteur de se familiariser avec les rites funèbres roumains, celle des villages roumains, désertés par les jeunes générations, et celle, à venir, de ses parents.

L’auteure :
Felicia Mihali est née en 1967 en Roumanie et vit au Québec depuis l’an 2000. Elle détient une licence en philologie et une licence en langues étrangères — chinois et néerlandais — de l’Université de Bucarest, ainsi qu’une maîtrise en lettres de l’Université de Montréal, où elle a également étudié en histoire de l’art et en littérature anglaise. Elle a déjà publié quatre romans chez XYZ éditeur : Le pays du fromage, en 2002, Luc, le Chinois et moi, en 2004, La reine et le soldat, en 2005, et Sweet, Sweet China, en 2007.

Felicia Mihali, Dina, roman. Montréal, XYZ éditeur,
septembre 2008, 180 p., 23 $.

ISBN 978-2-89261-533-3

Octobre 2008

C O M M U N I Q U É

Une divine plaisanterie

Margaret Laurence

Une divine plaisanterie

Le cycle de Manawaka

Traduit de l’anglais par Édith Soonckindt
Préface d’Élise Turcotte

Après le succès de la réédition de L’ange de pierre, les Éditions Alto et Nota bene sont heureuses d’annoncer la publication du deuxième tome du cycle de Manawaka, un roman d’une grande humanité qui a séduit plusieurs générations de lecteurs, Une divine plaisanterie.

Rachel Cameron, une institutrice célibataire vivant à Manawaka, est enfermée dans un cocon de silence, une armure de désirs inassouvis. Celle qui se définit comme un « anachronisme » continue, jour après jour, de prendre soin de sa mère en couvant à l’insu de ses collègues une détresse intérieure profonde, une soif de liberté et de passion que la rencontre de Nick, un amant de passage, viendra brièvement apaiser.

Récompensé par le Prix littéraire du Gouverneur général et adapté au cinéma par Paul Newman sous le titre Rachel, Rachel, Une divine plaisanterie dissèque avec un humour acide les thèmes de la solitude, de l’amour, de la mort et de la foi. En remarquable peintre des sentiments, la grande dame des lettres canadiennes signe un récit émouvant pétri d’humanité, un portrait de femme hors du commun aux échos universels.

 

Octobre 2008

Peut-être que je connais l’exil

Annick Charlebois

Peut-être que je connais l’exil

À tous ceux qui ont cru bon de s’exprimer à la commission Bouchard-Taylor. À ceux qui ont peur des immigrants. À ceux qui aiment les immigrants. Aux déracinés. Aux inquiets. Et à ceux qui ont envie de croire en l’amour. Avec Peut-être que je connais l’exil, Annick Charlebois pose sur la société québécoise un regard lucide, plein d’humour et de tendresse, et s’interroge, par le biais de ses personnages, sur ce qui forge notre identité, notre culture, notre appartenance à une communauté.

Octobre 2008

 

Paradoxes de la fragilité

José Acquelin

Paradoxes de la fragilité

« Je suis entré en poésie par la porte de mon coeur, qu’on avait inconsidérément fermée. Mais le poème m’a ouvert une trappe verticale, ascendante. Je ne sais trop pourquoi ni comment, j’ai presque toujours senti que quelqu’un veillait au passage. Quelqu’une plus précisément, qui est plus que quelqu’un. Privilège ? Chance ?

Résilience ? Surnaturel ? Mon ignorance est totale mais pleine de gratitude. Mon ignorance est la raison irraisonnable de chaque poème que me dicte, non ma vie – négligeable – mais la vie qui me traverse et à laquelle je n’ai cessé, ne cesse et ne cesserai de tenter de rendre justesse. » José Acquelin

Octobre 2008

Essai

Vodou et théâtre. Pour un théâtre populaire

Franck Fouché

Vodou et théâtre. Pour un théâtre populaire

Vodou et théâtre. Pour un théâtre populaire renvoie au rôle et à la fonction du théâtre dans les sociétés caribéennes. Cet essai prend en compte rites et expressions populaires dans le théâtre contemporain. Le vodou est présenté dans ses dimensions baroque et merveilleuse. L’audace du propos, la fluidité du style et l’abondance de la documentation font de cet ouvrage un incontournable.

L’auteur Franck Fouché analyse différentes formes théâtrales traditionnelles et les intègre dans une vision contemporaine du théâtre. Il expose ses recherches et sa conception de l’art dramatique. Dans son introduction, il évoque l’« édification d’un nouveau langage qui définit notre identité culturelle et qui ouvre (…) la perspective d’un front de subversion idéologique où se marieraient art et politique sur la base d’une prise en charge concrète d’une forme d’expression populaire ».

Pour le préfacier, le professeur Maximilien Laroche, « en considérant le vodou comme un préthéâtre, l’auteur fait le point sur les caractéristiques formelles, symboliques, mythiques et idéologiques sur lesquelles un dramaturge peut s’appuyer s’il veut se servir du vodou. Il envisage même la possibilité de passer de l’idéologie véhiculée par le vodou à une anti-idéologie… »

Franck Fouché :
Frank Fouché est né à Saint-Marc, Haïti, le 27 novembre 1915. Diplômé de la Faculté de Droit en 1939, il a été professeur, journaliste, poète, dramaturge, essayiste, metteur en scène. Après l’accession de Duvalier au pouvoir, il s’exile au Québec en 1965 où il enseigne le français. Il est décédé le 3 janvier 1978 à Montréal des suites d’un accident de la route. Franck Fouché est de la première génération des écrivains
haïtiens d'expression créole avec Morisseau-Leroy, Émile Roumer, Claude Innocent, Paul Laraque. Dans le désir de combler le fossé entre les intellectuels et les masses, il a utilisé deux moyens de communication qui lui semblaient les plus propres à cette fin : le créole et le théâtre. Ainsi, il a traduit des pièces de théâtre en langue vernaculaire comme Antigone de Sophocle qu’il a adapté sur scène. Il a écrit
en français (Trou de Dieu), en créole (Bouki lan Paradi) et a été publié en édition bilingue. Franck Fouché est considéré comme l’enfant terrible du théâtre caribéen.

Maximilien Laroche enseigne à l’Université Laval et vit à Québec.

128 pages – 19,00 $
En librairie : 15 octobre 2008

Octobre 2008

La Grande Quête de Jacob Jobin

Dominique Demers

La Grande Quête de Jacob Jobin

Tome 1 – L’Élu

Fort appréciée pour ses romans poignants comme Le Pari et Marie-Tempête ou ses oeuvres jeunesse, telle la série Charlotte, Dominique Demers en surprendra plus d’un avec cette saga de fantasy au rythme haletant. Dans La Grande Quête de Jacob Jobin, l’auteure a su marier habilement sa passion pour le merveilleux et son talent maintes fois reconnu pour créer des personnages attachants aux destinées bouleversantes. Grâce à son imaginaire ensorcelant, elle nous propulse dans une captivante quête, où la magie et la force intérieure s’affrontent et s’allient.

Octobre 2008

Deux solitudes

Linda Leith

Deux solitudes

Deux solitudes n’est pas un roman ordinaire. Parmi les quelques romans canadiensdes années quarante ayant marqué les débuts de l’écriture de fiction contemporaineau pays, celui de MacLennan représente une oeuvre d’une importance sans précédent en ce qu’il tente de comprendre les rapports tendus entre Canadiens francophones et anglophones et de trouver une forme susceptible de concilier la dualité de l’expérience canadienne. L’échec d’un projet de cette ambition, comme c’est certainement le cas pour celui de MacLennan, n’a donc rien de surprenant. Comme Icare, MacLennan essaie d’atteindre le soleil, mais ses ailes lui font défaut. Tout en le trouvant téméraire et tête brûlée, tout en sachant qu’il n’avait aucune chance, nous sommes néanmoins émerveillés par son audace. […]

Si nous retournons à Deux solitudes aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour voir de nos propres yeux pourquoi il a suscité de tels remous et pour former notre proprejugement sur une oeuvre classique. Nous voulons aussi comprendre comment
MacLennan a composé avec les difficultés de forme inhérentes à l’écriture de ce qu’il qualifiait carrément de « roman du Canada ».

L’auteure : Linda Leith
Née à Belfast, Linda Leith a fait ses études à Londres, à Paris, à Bâle et à Montréal. Elle a obtenu un doctorat de l’Université de Londres pour une thèse portant sur l’oeuvre de fiction de Samuel Beckett. Elle est l’auteure de trois romans et de deux essais littéraires publiés en anglais, en français et en serbe. Linda Leith est la fondatrice et la présidente de la Fondation Métropolis bleu et la directrice artistique du Festival littéraire international de Montréal Métropolis bleu.

La traductrice : Hélène Rioux
Romancière, nouvelliste, poète, traductrice et critique littéraire, Hélène Rioux a publié quatorze livres, dont Traductrice de sentiments, Le cimetière des éléphants et Dialogues intimes. Trois fois finaliste au Prix du Gouverneur général, elle a remporté le Grand Prix littéraire du Journal de Montréal et le Prix de la Société des écrivains canadiens pour son roman Chambre avec baignoire (1992). En plus d'être finaliste au prix du Gouverneur général pour Mercredi soir au Bout du monde, ce roman lui a valu le prix France-Québec (2008). Elle a traduit une trentaine d’ouvrages d’auteurs comme Bernice Morgan, Lucy Maud Montgomery, James King et Taras Grescoe, et a remporté le prix QSPELL pour la traduction de Self de Yann Martel (1998). Responsable pendant dix ans de la chronique littéraire au Journal d’Outremont, elle collabore depuis 1999 à la revue Lettres québécoises et fait partie du collectif de rédaction d’XYZ. La revue de la nouvelle.

Linda Leith,
Deux solitudes,
Une lecture du roman de Hugh MacLennan
(essai traduit de l’anglais
par Hélène Rioux),
Montréal, XYZ éditeur,
coll. «Documents »,
octobre 2008, 112 p., 20 $.
ISBN 978-2-89261-538-8
Photo: Kèro Photo: Yassaman Ameri

Octobre 2008

Des nouvelles de Pickton Vale

Benoît Trottier

Le Ciel de Bay City

Trait d’union des sept nouvelles qui constituent ce recueil, Pickton Vale est le théâtre d’une transformation chez sept personnages. Qu’on le quitte, qu’on y arrive ou qu’on en revienne, ce petit village est le témoin bien involontaire d’un moment charnière dans la vie de ces hommes et de ces femmes en quête de perfection. Servies par un rythme enlevant et un sens du punch par un auteur qui a l’habitude des slogans publicitaires et l’art de la narration, les histoires de ces hommes et de ces femmes en quête de perfection offrent le meilleur des deux mondes.

Octobre 2008

Dictionnaire des rêves de A à Z

Dr Hanns Kurth

Dictionnaire des rêves de A à Z

Best-seller international — plus d’un million d’exemplaires vendus en français

Hanns Kurth a consacré plus de quarante ans à l’analyse pratique des rêves. Il a réuni près de 23 000 concepts permettant d’expliquer plus de 6 000 symboles. Outre une introduction générale, ce guide complet pour l’analyse et l’interprétation des rêves comporte une énumération exhaustive des symboles les plus fréquents des rêves sous la forme d’un lexique. Voici un auxiliaire indispensable au psychologue, au psychiatre et au médecin, mais aussi à toute personne désireuse d’en savoir davantage sur elle-même et sur ses rêves.

 

Octobre 2008

Esprit de sel

Maurice Henrie

Esprit de sel

Les Éditions Prise de parole annoncent la parution d’Esprit de sel de Maurice Henrie.
L’ouvrage réunit une collection de courts textes – quelques lignes, quelques paragraphes, parfois deux pages tout au plus – qui portent un titre en un seul mot, comme s’il agissait d’une entrée dans un lexique personnel.

Avez-vous un ami grand jaseur, que vous aimez fréquenter parce que ses propos, bien que sans prétention, ne sont jamais superficiels ? Vous aurez un ami de ce genre en parcourant Esprit de sel. Ce douzième ouvrage de Maurice Henrie se présente comme un carnet de réflexions détendues portées par l’humeur du moment et l’esprit d’un homme de lettres. Les thèmes y sont des plus divers – souvenirs de voyage, d’enfance ou de lectures, réflexions sur les travers de la société ou encore sur sa pratique de l’écriture. Mais cette diversité est traversée par l’aspiration de cerner une sagesse personnelle que les années et l’expérience ont apportée.

 Parfois il vous éblouira d’une pensée originale. Parfois il dira ce que vous pensez déjà et confortera votre opinion. Parfois il se plaindra d’être qui il est et de ses aspirations inatteignables. Mais l’essentiel est plutôt que vous aimez bien l’écouter, comme un bon ami de longue date.

Maurice Henrie a déjà signé des recueils de textes courts, mi-nouvelles, mi-essais, qui ont connu du succès. Celui-ci, cependant, pourra sembler encore plus personnel et authentique que les autres. On a l’impression d’y feuilleter un carnet, un journal intime.

MAURICE HENRIE a publié une douzaine de livres dont des recueils de nouvelles, des
essais, deux ouvrages satiriques sur la fonction publique et trois romans, pour lesquels il a reçu de nombreux prix et distinctions. Ses écrits sont traduits et utilisés en pédagogie un peu partout dans le monde.

Carnet littéraire • 228 pages • 21,95 $ • ISBN 978-2-89423-223-1

pdp.recf.ca
J’ai parfois l’impression qu’un dieu m’observe, tout comme un chat suit des yeux une souris. Que je suis la nourriture ou le carburant d’un être supérieur et abstrait qui me conserve au froid dans son gardemanger. Que tôt ou tard, il aura faim de moi et tentera de me bouffer.

Octobre 2008

Tintamarre

David Lonergan

Tintamarre

Chroniques de littérature dans l’Acadie d’aujourd’hui

Les Éditions Prise de parole annonce la parution de Tintamarre. Chroniques de littérature dans l’Acadie d’aujourd’hui, de David Lonergan.

Tintamarre se veut surtout une lettre d’amour à la littérature acadienne. Regroupant plus d’une centaine de chroniques publiées pour la plupart dans le quotidien L’AcadieNouvelle, cet ouvrage propose un portrait intuitif, parcellaire, fragmentaire mais en même temps révélateur de la littérature acadienne des quinze dernières années. David Lonergan a accompli ce que personne d’autre n’avait réussi avant lui : assurer une critique littéraire et artistique des productions acadiennes sur une longue durée. Il agit en passeur entre l’auteur et le lecteur, un passeur informé et attentif, respectueux des oeuvres qu’il critique et des lecteurs auxquels il s’adresse.

Plus de 120 oeuvres d’une soixantaine d’auteurs y sont commentées. Comme l’affirme le professeur et spécialiste de la littérature acadienne Raoul Boudreau dans sa préface : « Les textes réunis ici contiennent l’essentiel et donnent une idée tout à fait représentative et globale de la littérature acadienne de ces années. En fait, à défaut de lire les oeuvres elles-mêmes — mais la lecture de ces critiques incitera sûrement à le faire —, je ne peux concevoir de meilleure initiation à la littérature acadienne récente que la lecture de cet ouvrage. »

Le poète et artiste multidisciplinaire Herménégilde Chiasson, lui-même sujet de plusieurs de ces chroniques, considère que « l’idée de recueillir ces chroniques pour en faire un livre est un projet admirable, qui rassemble dans un même ouvrage un discours foisonnant et une pensée plurielle, composant un puzzle dont tous les morceaux recomposent un tableau complet et surprenant. »

Écrit dans un style simple, limpide et vivant, sans autre prétention que de faire découvrir et apprécier la littérature acadienne, Tintamarre s’adresse à tous ceux et celles qui aiment la littérature qu’ils soient lecteurs, étudiants, enseignants ou professeurs.

DAVID LONERGAN enseigne le journalisme et l’histoire du théâtre à l’Université de Moncton. Depuis 1994, il tient une chronique hebdomadaire sur la production culturelle acadienne dans le quotidien L’Acadie Nouvelle. Il a publié divers ouvrages dont Les otages (théâtre), Blanche (roman) et La Bolduc, la vie de Mary Travers (biographie).

Chroniques littéraires • 365 pages • 29,95 $ • ISBN 978-2-89423-212-5

Octobre 2008

Jusqu’à toi, Winona

Michel Trépanier

Jusqu’à toi, Winona

Naguère on disait chez nous que c’étaient les Indiens qui apportaient les bébés à leur mère blanche. Et si c’était vrai, l’avenir du Québec pourrait s’ouvrir en renouant avec ses vieilles racines amérindiennes ? Entre les mains de sa mère morte dans un incendie, entre celles d’un jeune artiste suicidaire, entre celles d’une gynécologue mystérieuse et celles d’une petite fille crie de la Baie-James, Rachel Esse se retrouvera enceinte. Aujourd’hui comme hier, les chemins de l’enfantement sont toujours aussi tortueux, ravinés, bordés par l’espoir et ses contraires. Mais au Québec, tous les chemins mènent à Chisasibi.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2007. Tous droits réservés