Depuis 2001 • No 49 • Montréal • 15.09.2008
Septembre 2008

Du côté de chez Roger Stéphane Blaise

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Le refuge global

Le refuge global est un recueil de poésie engagé parlant du Québec dans le contexte des accommodements raisonnables. On y retrouve des réflexions sur l’actualité, des notes, un état des lieux poétiques du Québec, des poèmes, des maximes du genre « au Canada, les gens ne meurent pas de froid mais plutôt d’isolement » ou encore « au Québec, ce sont nos défaites qui nous rapprochent le plus ». Avec cette œuvre, Blaise veut « laisser une empreinte de [son] époque qui passe du noir au gris. Témoin de ce refus et reflux des institutions anciennes, à l’acceptation globale des idées convergentes, dans ces grandes villes du monde qui sont maintenant le refuge de l’humanité ».

Dans une langue du quotidien, le poète fait des prises de sang du réel et revisite la littérature québécoise d’Octave Crémazie à Juan Garcia. Sous sa plume, par exemple, le Refus global, de Borduas, devient le « refuge global »; l’homme « rapaillé », de Miron, devient « l’homme raccommodé »; le « vaisseau d’or », de Nelligan, devient « le vaisseau dort ». D’autres jeux de mots ponctuent le recueil tels « me, myself and high » au lieu de « me, myself and I », « or jeux » pour « hors jeu », « derniers maux » pour « dernier mot », ou encore « jet sexe » au lieu de « jet set ».

Roger Stéphane Blaise sort dans la rue et va sur la place publique pour déclamer une poésie inégale, par moment originale, se rapprochant par contre souvent de lieux communs comme « la démocratie : c’est le droit de parler dans le vide » ou encore « rien ne bouge quand tout est en changement ». Son écriture n’a pas encore atteint toute sa maturité, mais témoigne d’une certaine poésie que l’on entend souvent dans des soirées comme celles organisées par Éric Roger, intitulées Solovox. Maladroite, elle est toutefois aussi vivante qu’intéressante et vaut la peine d’être lue.

Il faut souligner la partie « Éléments de poésie », glossaire poétique qui pourrait plaire aux étudiants qui s’intéressent à ce genre littéraire. Blaise y livre ses définitions personnelles des figures de style et de certaines formes poétiques. Brèves, claires et concises, on les lit avec amusement.

Roger Stéphane Blaise, Le refuge global : dyslexie poétique et mots de tête, Montréal, Zone Grise éditions, 2007, 152 p.

Septembre 2008

Le bonheur est dans le regard

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Le bonheur est dans le Fjord, excursion au pays du Saguenay

Avec Le bonheur est dans le Fjord, excursion au pays du Saguenay, Danielle Dubé et Yvon Paré en sont à leur troisième récit de voyage. Après la Provence et le tour du lac Saint-Jean, ils font maintenant découvrir aux lecteurs une région du Québec qui devient magique sous leur regard, le Saguenay. Entre les cafés et les jardins, les lieux d’art et les cours d’eau, les deux complices se promènent et rendent compte de leurs observations ainsi que de leurs trouvailles. Sont ainsi évoqués plusieurs incontournables de la région, dont le port de Grande-Anse, « où tous les bateaux jettent l’ancre »; la baie des Ha! Ha!; le rang Saint-Martin menant vers La Baie; Chicoutimi; Saint-Félix-d’Otis; Tadoussac, « le port d’entrée de la Nouvelle-France »; le fjord du Saguenay; la baie Sainte-Marguerite, « le camp de vacances des bélugas »; et Sainte-Rose-du-Nord. Bien écrit, poétique, le récit de ces deux auteurs donnent envie aux lecteurs de partir à leur suite, d’aller humer le parfum de ces lieux qui semblent, sous leur plume, sortis d’un rêve.

Au-delà de la description géographique des endroits, c’est toutefois celle des habitants de ce coin de pays qui passionne le plus. Yvon Paré et Danielle Dubé ne sont pas que de simples touristes, ils connaissent les lieux et les gens qu’ils visitent. Voyager avec eux, c’est donc non seulement l’occasion de découvrir la région de Saguenay, mais aussi de se laisser conter l’histoire de ceux qui y habitent et participent à sa beauté et à sa richesse.

Les auteurs parlent ainsi des artistes œuvrant dans ce coin du Québec, tels Denys Tremblay, dont la maison « est maintenant la lampe du sanctuaire du musée de la Pulperie »; Arthur Villeneuve, dont l’œuvre est « un continent sauvage où chaque fragment narratif ajoute une note à l’ensemble »; Jean-Guy Barbeau, « l’un des plus grands peintres du Saguenay, l’égal de Marc-Aurèle Fortin et de Jean-Paul Lemieux »; ou encore André Bouchard, « artiste extravagant et capable de bien des coups d’éclat, militant écologiste et pacifiste convaincu ». Ils évoquent aussi des galeristes dont Jean-Louis Gagnon, qui veille sur « une incroyable collection de toiles d’Arthur Villeneuve et de Georges Saint-Pierre. Ils parlent également des musiciens qu’ils écoutent en voiture, comme Martha Wainwright, et de ceux qui viennent donner des concerts dans la région tels Pierre Lapointe, Mara Tremblay, ou la soprano Rosalie. Ils font aussi mention de Lorraine Desmarais, au piano, de Ranee Lee, au chant et du William Street Blues Band, de La Baie, qui font dire aux auteurs : « Cette nuit également, ça va chauffer comme en Louisiane. »

Avec Dubé et Paré, le lecteur rencontre des écrivains comme André Girard, Lise Tremblay, Alain Gagnon, Guy Demers, Pierre Gobeil, Carol Lebel, Larry Tremblay, Fred Pellerin et Michel-Marc Bouchard; des professeurs d’université tels Robert Dôle et Gérard Bouchard; des contestataires discrets qui permettent « l’éloge de la différence », tels Chantal Poissant; des gens venus au Saguenay pour apprendre le français, comme jadis Ed Broadbent; des naturalistes comme Alexandra, de Tadoussac; des amoureux de la poésie et de l’art, comme Gilbert Houde, Gérard Lamarche, René Houde, Camil Pelletier et Jean-Yves Côté; des gens s’intéressant aux Innus et à l’histoire de ce peuple amérindien, dont le père Jean-Baptiste de la Brosse.

Septembre 2008

Sans enfance : l’homme rapaillé de Jean-Paul Roger

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Un sourd fracas qui fuit à petits pas

Un sourd fracas qui fuit à petits pas est un roman dur sur l’abus sexuel dont les victimes sont des garçons. Il met en scène Paul, abusé par un père qui est à la fois « un pédophile et un alcoolique » sous le regard de sa mère, une épouse ayant toujours camouflé les crimes de son mari. De ce père, Paul a appris « à frencher, à sucer, à avaler, à [se] faire enculer. À endurer ! »

Jean-Paul Roger signe ici une œuvre dérangeante à propos d’une réalité touchant malheureusement trop de vies. Suite de L’inévitable, publié en 2000, ce roman pose la question du « comment vivre » après avoir été abusé; comment désirer l’autre et vivre une relation amoureuse; comment accepter pleinement son homosexualité et vivre sa sexualité; comment ne pas se suicider. Vie remplie de douleurs, où l’enfance n’existe pas, l’auteur fait « une œuvre du fatras de [ses] souvenirs. [S’il] veut vivre, ce travail est inévitable ».

Arrivé à l’âge de la maturité, Paul essaie de se libérer de son lourd passé, de guérir de ses blessures en quittant la maison familiale pour vivre en appartement. Là, dans sa nouvelle chambre, il se dit : « Mon corps m’appartient, mais il a été entre les mains d’un père qui s’est placé au-dessus des lois. […] C’est elle [sa mère] qui m’ordonnait de te suivre. »

Libéré de la présence du père, il tente de vivre, de se reconstruire, mais la tâche n’est pas mince. Il aurait « aimé découvrir la sexualité d’une autre façon ». Errant de corps en corps, se réfugiant dans la littérature, il cherche le réconfort à travers les grands auteurs qui remplissent « les nombreuses cases vides de l’étagère à bibelots qu’est [son] passé ».

Dans une marche difficile, où il tente de se « rapailler », Paul dénonce son père qui l’a « tué à répétition ». Il s’indigne alors face à l’injustice du code criminel, « écrit pour les agresseurs », qui s’en sortent avec des peines trop légères. Il faut dire qu’en deux siècles, « nous sommes passés de l’inceste considéré comme un crime odieux à une maladie ». Or, pour la victime, il est toujours aussi dur de s’en remettre.

Avec son roman de l’inceste ou plutôt de la vie après l’inceste, Jean-Paul Roger bouleverse le lecteur. Il donne à entendre la parole d’un être dont la vie est marquée par le sceau de l’abus sexuel. 

Jean-Paul Roger, Un sourd fracas qui fuit à petits pas, Montréal, XYZ, 2008, 217 p.

Septembre 2008

La techtonique Schmitt

Par Jean-Sébastien Ménard

 
La techtonique des sentiments

C’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui ne s’aiment plus avec la même passion. Elle, elle ne survivrait pas à une nouvelle rupture amoureuse. Lui, il ne sait pas comment raviver la flamme de leur union. Par peur d’être blessée, elle opte pour la séparation. Rompre plutôt que d’être laissée. Guérir de l’amour en s’en libérant. Le couple se brise, mais elle ne cesse pas d’aimer pour autant. Elle souhaite toujours le bonheur de celui qu’elle aime. Alors, elle imagine un scénario où elle sera marionnettiste. Du mieux qu’elle peut, elle tentera de contrôler la vie amoureuse de son ex-amant. Elle tentera de se moquer du destin et de l’organiser à sa manière.

Voilà la trame de la nouvelle pièce d’Éric-Emmanuel Schmitt, La techtonique des sentiments, dont Albin Michel publiait récemment le texte. Créée à Paris, au théâtre Marigny, en janvier 2007, on y retrouve au sommet de sa forme l’auteur du Visiteur, d’Oscar et la dame rose et du Libertin. Encore une fois, Schmitt démontre qu’il maîtrise à la perfection les rouages de l’art du dialogue.

Au cours de la pièce, on retrouve un questionnement sur l’amour, certes, mais aussi sur la condition des femmes et, en particulier, de ces immigrantes d’Europe de l’Est quittant leur pays remplies d’espoir et de promesses pour finalement se retrouver au creux de l’abîme, dans des situations cauchemardesques et humiliantes. Personnellement, c’est cet aspect de la pièce qui m’a le plus touché. Il faut dire que La techtonique des sentiments verse par moments dans le vaudeville. Si l’auteur propose des pistes de réflexion, il le fait toujours dans la légèreté et sans choquer qui que ce soit.

Schmitt, qui s’est vu offrir le Grand Prix du Théâtre pour l’ensemble de son œuvre  par l’académie française en 2001, ajoute ainsi un nouveau titre à un répertoire où s’accumulent les succès.

Il faut dire que Schmitt écrit énormément, à l’instar d’un Michel Tremblay. Il offre habituellement un nouveau titre chaque année à ses lecteurs. Encore une fois, ceux-ci ne bouderont pas leur plaisir en le lisant. Ce n’est pas sans raisons que Schmitt est un des auteurs les plus lus de la francophonie !

Eric-Emmanuel Schmitt, La techtonique des sentiments, Paris, Albin Michel, 2008.

Septembre 2008

Acadie, espaces francophones et société civile

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Faire société : Société civile et espaces francophones

Joseph Yvon Thériault vient de publier aux éditions Prise de Parole Faire société : Société civile et espaces francophones, un recueil d’articles écrits de 1995 à 2005 où il rend « compte des réalités et des sensibilités nouvelles au milieu francophone. » Grâce à chacun de ses textes, ayant presque tous comme origine une conférence publique, Thériault poursuit la réflexion amorcée dans L’identité à l’épreuve de la modernité (1995). On retrouve au sein de cet ouvrage « des considérations plus empathiques sur les questions de la mémoire, de la tradition, de l’histoire, etc. ». Thériault réfléchit aux francophonies d’Amérique du Nord et à leur désir de faire « œuvre de civilisation en français dans le continent anglo-américain », de « faire société en français ».

L’auteur consacre les deux premières parties de son ouvrage à l’Acadie. Il y discute de l’actualité politique acadienne et avance qu’il faut « penser l’Acadie comme société civile […l’activer] la penser – et non […] la créer ». Les thèmes de l’identité, du rapport à la tradition, de la mémoire, de l’historicité et du discours acadien sont au centre de son travail. Pour Thériault, il faut dire que « l’acadianité apparaît avant tout un médium qui tente de transformer des marginalités en sujet historique ».

Au fil de ses réflexions, l’auteur s’intéresse par ailleurs aux notions de différence, de xénophobie et de racisme en Acadie. Selon lui, celle-ci « a une difficulté à adapter sa structure communautaire aux exigences modernes de l’égalitarisme et du pluralisme ». Il met aussi en rapport la carrière politique du tout premier premier ministre acadien du Nouveau-Brunswick, Louis Robichaud, et la société acadienne. Selon Thériault, ce dernier a modifié « le contrat social néo-brunskwickois ». C’est ce qu’il appelle le « moment Robichaud ». La question du territoire de l’Acadie en lien avec l’identité acadienne est aussi abordée par l’auteur. Entre le territoire imaginé, aménagé et glocalisé, les sujets politique et identitaire acadiens se constituent. Thériault revient aussi sur le 400e anniversaire de la présence française en Amérique, laquelle a débuté en Acadie en 1604. C’est là l’occasion de s’interroger pour savoir quelle mémoire a été commémorée à ces fêtes.

Dans la troisième partie de son ouvrage, Thériault s’intéresse aux figures identitaires de l’Acadie et des francophonies minoritaires du Canada; au thème de la diversité culturelle cosmopolite et « communautarienne »; aux enjeux de la transmission de la culture à l’heure de la mondialisation; aux rapports entre la francophonie canadienne et le Québec. Il se demande aussi, dans le contexte « majoritaire/minoritaire, différences culturelles et mondialisation », si c’est progressiste d’être traditionaliste.

Il abordera la question de l’école, « lieu par excellence de construction d’une société » au sein de la quatrième partie. Finalement, dans les cinquième, sixième et septième parties de l’ouvrage, il s’intéressera aux questions linguistiques, s’interrogera au sujet de l’espace francophone canadien, Québec, hors Québec, en abordant les enjeux d’un rapprochement entre les communautés. En dernier lieu, il examinera le monde de la francophonie, espace culturel et société civile.

Pour quiconque a de l’intérêt pour l’Acadie et la francophonie canadienne, l’ouvrage de Joseph Yvon Thériault est incontournable. Riche en références et en réflexions, il permet une meilleure optimisation ainsi qu’une meilleure compréhension tant des enjeux que des problématiques de l’Acadie et de la francophonie canadienne. C’est par ailleurs l’occasion de revisiter de multiples chapitres de l’histoire des francophones en Amérique du Nord.

Joseph Yvon Thériault, Faire société : Société civile et espaces francophones, Sudbury, Prise de Parole, 2007, 386 p.

Septembre 2008

La petite vie de Sir John Franklin

Par Felicia Mihali

 
Du bon usage des étoiles

On sait que l’expédition de Sir John Franklin à la recherche d’un passage à travers les glaces de l’Arctique, pour raccourcir le chemin entre les Océan Atlantique et Pacifique, a fait couler beaucoup d’encre. L’histoire des deux navires, Terror et Erebus, possiblement englacés pendant deux ans continue encore de fasciner. Le mystère concernant la mort du grand explorateur britannique et de son équipage n’a jamais été complètement élucidé.

La fascination pour la vie et la mort de ces hommes, partis en 1845 à la conquête de la glace, est le point de départ du premier roman signé par Dominique Fortier. Du bon usage des étoiles, publié cet automne par Alto, nous donne de la matière à réfléchir. Conçu de manière kaléidoscopique, le roman met ensemble les notes de voyages du capitaine Francis Crozier, la vie de la bourgeoise anglaise au XIXème siècle, la détresse d’une jeune femme prête à croire qu’en gardant un miroir sous son oreiller pendant quatorze nuits elle verra le visage de son futur mari, et encore beaucoup d’autres. À cela, on ajoute au corps du récit des notes de menus, des images d’instruments de navigation, et même la recette du plum-pudding.

Ce qui surprend d’emblée est que la légendaire figure de John Franklin, qui a contribué à cartographier la côte canadienne plus que tout autre explorateur, passe au le deuxième plan. Pire encore, le brave capitaine garde plutôt l’air indécis et snob, avec son désir de perpétuer les bonnes manières même au Pôle Nord. Par contraste, le capitaine Francis Crozier de Terror, le deuxième navire de l’expédition, fait figure de véritable humaniste avec ses soucis environnementaux (le chagrin de voir leurs déchets éparpillés sur la banquise) et son admiration pour l’ingéniosité des Esquimaux, qu’il considère de loin supérieurs à la civilisation des Blancs. Son journal rend une image peu flatteuse de l’équipage qui allait périr sur la glace.  À part le médecin et le brave Adam, jeune homme assoiffé de connaissances, les matelots, aux pratiques homosexuelles par nécessité, les officiers et même sir Franklin sont décrits avec malice.

Un deuxième point d’intérêt du roman concerne la vie et les exploits mondaines de Lady Jane, la brave épouse de John Franklin, qui mène sur terre un navire encore moins navigable : les dîners à la faveur de l’aristocratie londonienne, les humeurs de sa nièce Sophie, ses propres curiosités géographiques et littéraires, des partys à honorer  ainsi que ses beaux souvenirs du séjour en Tasmanie.

Assurément, le roman est fait pour rendre justice aux petits gens qui entourent toujours un héros. Si le monde se préoccupe encore des circonstances de la mort de John Franklin et de son équipage dans des circonstances probablement terribles, Dominique Fortier peint les petits riens qui accompagnent, inévitablement, le destin de toute figure légendaire: une épouse, une nièce en quête d’un mari, une fille à l’esprit lent, un capitan peu admiratif, une camarilla d’adulateurs cyniques.

Ce premier roman de Dominique Fortier révèle une grande force narrative et un grand pouvoir d’évocation.

Septembre 2008

William Gasper – le nouveau Jérémiah Johnson

Par Felicia Mihali

 
L’homme qui marchait sur la lune

Une semaine avant de lire le livre  de Howard McCord, j’avais vu le film de Sydney Pollak, Jérémiah Johnson. La filiation entre le personnage incarné par Robert Redford, dans un de ses meilleurs rôles, et William Gasper, le héros du roman L’homme qui marchait sur la lune, m’a frappée. Ce que les deux personnages partagent c’est la fuite d’une civilisation devenue infréquentable pour se réfugier dans un décor tout aussi hostile.

Dans les années 70, Pollak répondait à l’appel de la cinématographie américaine, en quête d’une nouvelle voie pour injecter  au western un sang nouveau. Tel son ancêtre biblique, Jérémiah Johnson est en quelque sorte le messager de la vérité. Toutefois, sa lassitude du monde des hommes n’est pas aussi grande, comme nous le laissent croire certains critiques. Au fond, on ne sait jamais ce qu’il fuit : guerre, famille, meurtre ? Dans le cas du chasseur solitaire qu’il est devenu, on ne connaît ni ses raisons, ni ses fins. Ce qu’on voit ce n’est que sa lutte pour survivre dans des montagnes éternellement enneigées, son apprentissage de l’art de se nourrir et de se loger autrement que ce qu’il avait appris dans le monde d’en bas.

Dans le cas de William Gasper, le mystère reste aussi grand. Bien que dans son histoire se mêle les cauchemars de la guerre en Corée, la poursuite de la Sorcière Cerridwen, les agents du KGB toujours à ses trousses, le mystère de cet errant reste irrésolu. Jérémiah et William représentent la contradiction qui règne dans l’esprit américain : de temps à autre, sa préférence pour le héros civilisateur se déplace vers le marcheur solitaire qui se réfugie dans les montagnes pour se soumettre à une dure leçon de survie.

William Gasper est une ressuscitation à rebours de Jérémiah Johnson. Sa fuite semble être causée d’abord par son refus de se laisser définir par les relations avec les autres. Sa quête concerne cet essai de vivre une vie qui ne laisse pas de traces. William se refuse à la mémoire de ses confrères, il refuse une existence fictive et biaisée par le souvenir. Ce à quoi il aspire est une vie dépourvue de tout artifice ou confort, réduite à l’essentiel, aux simples actes de se nourrir et de marcher. La Lune, cette montagne désertique du Nevada, semble être le lieu idéal d’une telle vie, dénuée de tout romantisme. La véritable profession de Gasper, qui se dévoile à la fin comme un coup de foudre, manque totalement de romantisme, car le romantisme reste l’apanage des guerriers. Cela est le lieu où William se sépare de Jérémiah.

Dans le film de Pollak, son personnage trouve finalement la paix : après de dures épreuves, il signe la trêve avec ce qui l’entoure : nature et hommes. Pour Howard McCord, un tel destin est révolu. Son héros William Gasper, le nouveau Jérémiah Johnson, n’est ni le messager de la vérité, ni de la paix, mais de la discorde perpétuelle. L’âge romantique du héros solitaire proféré par Pollak en 1972 est passé. Publié en 1997, le livre  de Howard McCord annonce une nouvelle époque où ce qui pousse l’homme au crime n’est ni la faim ni la peur mais l’intelligence.

Nouveautés éditoriales
Septembre 2008

En librairies le 19 Septembre

Dina

Felicia Mihali

Dina

Une femme ordinaire projetée malgré elle dans la tragédie ou David contre Goliath.

« Dina a alors fait ce que les petites nations font devant la pression des plus grandes: elle a cédé. […] Dans son âme logeaient depuis longtemps l’humiliation, la rage de ne pas pouvoir se défendre, de dépendre toujours de la bonne volonté et des intérêts des autres. Dragan allait lui-même décider de son sort. Pourquoi s’y opposer ? »

Pourchassée par le plus cruel des douaniers serbes, pendant la guerre en Yougoslavie, Dina la Roumaine savait qu’elle ne pouvait pas lui échapper indéfiniment. Autour d’elle, on pariait sur le temps qu’il lui restait avant qu’il la viole ou la tue. C’est donc les yeux grands ouverts qu’elle a foncé dans son destin. Mais Dragan le Borgne ne l’a pas tuée. Pas à ce moment-là du moins. Est-ce lui qui vient de le faire aujourd’hui ? C’est la question qui traverse ce roman en forme de thriller, qui est avant tout le portrait d’une femme ordinaire acquérant malgré elle une dimension tragique.

Femme dans une société patriarcale, paysanne égarée dans la ville, Roumaine aux prises avec un Serbe, coiffeuse allergique aux produits capillaires, Dina est à la fois une héroïne aux yeux de ses compatriotes, parce qu’elle tient tête au Serbe, et une victime parce que Dragan la force à vivre avec lui contre son gré. Mais elle est plus encore : le symbole d’un pays malmené qui se relève avec difficulté du joug communiste et qui cherche à se faire une place au sein des nations riches. La mort de Dina éveille chez la narratrice, son amie d’enfance, le souvenir d’autres morts, celle de Ghéorghi, l’ami promis à un brillant avenir et bêtement tué par un train, celle de sa grand-mère, occasion pour le lecteur de se familiariser avec les rites funèbres roumains, celle des villages roumains, désertés par les jeunes générations, et celle, à venir, de ses parents.

L’auteure :
Felicia Mihali est née en 1967 en Roumanie et vit au Québec depuis l’an 2000. Elle détient une licence en philologie et une licence en langues étrangères — chinois et néerlandais — de l’Université de Bucarest, ainsi qu’une maîtrise en lettres de l’Université de Montréal, où elle a également étudié en histoire de l’art et en littérature anglaise. Elle a déjà publié quatre romans chez XYZ éditeur : Le pays du fromage, en 2002, Luc, le Chinois et moi, en 2004, La reine et le soldat, en 2005, et Sweet, Sweet China, en 2007.

Felicia Mihali, Dina, roman. Montréal, XYZ éditeur,
septembre 2008, 180 p., 23 $.

ISBN 978-2-89261-533-3

Septembre 2008

Certitudes

Madeleine Thien

Certitudes

roman traduit de l’anglais par Hélène Rioux

Des souvenirs qui brillent comme des pièces de monnaie dans un bol d’eau

« D’une certaine façon, il a raté quelque chose avec Gail, pense Matthew, il s’est fermé pour la protéger, pour les protéger tous deux. Chaque fois qu’elle l’interrogeait sur son enfance, sur ses parents et sur la vie qu’il vivait en Malaisie orientale, il se contentait de sourire, de regarder au loin, ou encore il repoussait ses questions. […] Il avait depuis longtemps accepté le fait qu’il n’existe pas de réponse sensée pour certaines questions, que certaines histoires ne supportent pas d’être répétées. »

Matthew Lim, né de père chinois, vivait heureux avec sa famille à Sandakan, au   Nord-Bornéo, jusqu’à ce que les Japonais envahissent l’île en 1942 et détruisent tout. Et puis ce fut la fin du rêve, le meurtre, la désolation. Une population en fuite, marchant « sur des jambes qui étaient comme des branches de cerisier, menaçant de se casser ». Orphelins, Matthew et Ani sont comme des papillons affolés. Ils errent sur la route de Leila et à l’orée de la jungle. Ani en vient parfois à souhaiter, tant elle a faim, « à apprendre à vivre d’air pur, comme les plantes transforment en nourriture la lumière du soleil ». Entre les deux enfants, une amitié si totale qu’elle nous donne envie d’aimer…

Certitudes se présente comme un récit tressé qui oscille entre le présent et le passé. Il y a Matthew Lim, il y a Gail, sa fille. Il y a Clara, la femme de Matthew, avec qui Matthew vit à Vancouver, soixante ans après les événements. Il y a Ansel, médecin, avec qui Gail entretient une relation plutôt complexe. Il y a aussi que le passé est là comme un voile qui empêche de voir les choses avec clarté. Il y a surtout ce sentiment qu’il faut trouver le maillon manquant.

L’auteure :
Madeleine Thien a fait paraître un premier recueil de nouvelles, Simple Recipes (Une recette toute simple, Mercure de France, 2004), à vingt-six ans. Ce livre a remporté quatre prix littéraires au Canada; il a été finaliste au Prix du Commonwealth pour une première fiction et remarqué dans le cadre du Kiriyama Pacific Rim Book Prize. Certitudes, son premier roman, a connu un succès international. Il a été publié en quinze langues à travers le monde. Née à Vancouver, Madeleine Thien vit à Montréal.

Madeleine Thien,
Certitudes, roman traduit de l’anglais par Hélène Rioux,

Montréal, XYZ éditeur

Septembre 2008

En librairie le 26 septembre

Les amis d’enfance

Pierre Manseau

Les amis d’enfance

Tout commence par un article dans le journal, un article aux accents révolutionnaires, qui s’en prend aux patrons de la mine B.T.J. On apprend par la suite que les mineurs courent un grand danger. Dans un village paisible de la vallée du Saint-Laurent, en 1964, Martin Beauregard et Sylvain Chicoine, deux garçons de douze ans, sont des amis inséparables. C’est à travers eux que se déploie tout le paysage romanesque de ce dernier ouvrage de Pierre Manseau.

Foulards de Mamamouchi, potions aux algues, ombres de la nuit, griffes de diablesse, pièges à ours, cliquètements de squelettes se donnent rendez-vous dans cette aventure qui mènera nos jeunes héros au fond d’une mine de métal rare.

L’installation ressemble à un haut palanquin, posé par terre plutôt que perché sur le dos d’un éléphant, et dont la litière, sur laquelle normalement trône un maharadjah, sert de piédestal à une poupée fantoche. D’après ses lèvres charnues et la couleur de son visage, c’est une Antillaise. Parfois, j’entre avec ma mère aux Beautés Larose. Vrai, on n’y détaille aucun des vêtements qui habillent Lola (c’est le prénom clignotant sur le fronton du palanquin) : des lianes, des écorces de pamplemousses, des pelures de bananes et des pelures de rien du tout, puisque, depuis que Tadoussac a inséré un jeton dans une fente du piédestal, la strip-teaseuse envoie promener chacun des atours qui recouvrent son corps en bois, tout en se désarticulant et en riant à gorge déployée, comme si ses cordes vocales émettaient un enregistrement du rire de monsieur Bourgeoys.

PIERRE MANSEAU est né en 1953 à Montmagny, dans la région Chaudière-Appalaches. Il a fait paraître notamment L’île de l’adoration, La cour des miracles, Ragueneau le sauvage. Les amis d’enfance est son huitième ouvrage. Tous ses livres sont parus aux Éditions Triptyque.

ISBN 978-2-89031-629-4, 132 pages, 17 $

Septembre 2008

Sous la direction de LISE BIZZONI et CÉCILE PRÉVOST-THOMAS

La chanson francophone engagée

La chanson francophone engagée

Loin de constituer un sous-genre de la chanson francophone qui aurait comme seul trait d’engagement celui d’un texte à vocation sociale ou politique, la chanson engagée, telle qu’envisagée ici, ouvre les frontières de son appellation. Elle est à la fois un objet singulier (musique, texte, voix) et une pratique plurielle (artistes, producteurs, diffuseurs, médias, publics) qui s’expriment symboliquement (langue, identité) en fonction de différents supports et espaces privés ou publics. Issus de la réflexion commune d’un ensemble de jeunes chercheurs qui consacrent leurs travaux à la chanson québécoise et française, les textes proposés permettent, loin de toute idéologie, d’apprécier la pluralité de l’expression «chanson engagée» à travers des approches littéraire, musicologique ou sociologique. Le présent ouvrage témoigne de la pertinence de l’étude de cet objet capable de révéler les enjeux culturels de la société contemporaine. Parmi les auteurs-compositeurs et les groupes étudiés : Anne Sylvestre, Bérurier noir, Georges Brassens, Loco Locass, Mes Aïeux, Rachid Taha, Richard Desjardins, Les Vulgaires machins, Thomàs Jensen, Zebda, etc.

LISE BIZZONI partage son temps entre son poste de coordonnatrice scientifique du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises de l’Université du Québec à Montréal (CRILCQ-UQÀM) qu’elle occupe depuis 2003 (notamment en organisant des colloques sur la chanson!) et une thèse sur la rhétorique polémique dans l’oeuvre de Jules-Paul Tardivel sous la direction de Dominique Garand.

CÉCILE PRÉVOST-THOMAS, docteure en sociologie, est membre associé au groupe de recherche Jazz, chanson et musiques populaires actuelles (JCMP) de l’Observatoire musical français (OMF) de l’Université Paris IV-Sorbonne. Spécialiste de la chanson francophone à laquelle elle a dédié sa thèse de doctorat, elle a publié une dizaine d’articles sur le sujet, notamment « Les temporalités de la chanson francophone contemporaine » (Cahiers internationaux de sociologie, vol. CXIII, 2002) pour lequel elle a obtenu en 2000, à Québec, le «Prix du jeune sociologue ».

Septembre 2008

Les noces de feu

André Marquis

Les noces de feu

Deux récits s’entrecroisent dans ce roman singulier : celui d’une enquête policière à propos d’un cadavre découvert dans l’incendie d’un centre équestre réputé, et celui du principal suspect, confiné à sa chambre d’hôpital où il est interrogé par des psychiatres peu orthodoxes. Vie familiale perturbée, passion amoureuse à sens unique, regard sarcastique sur les médias et la société... Autant d’ingrédients pour une intrigue à la tension soutenue, au dénouement étonnant.

Maudits sabots. Ils me martèlent le cerveau. Puis la scène d’un film me revient. C’est l’été, une plage sur le bord de la mer. Un homme enfoui dans le sable. Seule sa tête émerge comme un melon perdu. Un cheval fou arrive au grand galop et lui éclate le crâne sans même ralentir. Merde ! Je me repasse dix, vingt, trente fois la même séquence.

Poète, romancier, essayiste, ANDRÉ MARQUIS enseigne la communication écrite et la création littéraire à l'Université de Sherbrooke. Auteur du manuel plusieurs fois réédité Le style en friche. L’art de retravailler ses textes, il a publié cinq recueils de poésie et deux romans pour la jeunesse. On lui doit aussi une édition des poésies de Nelligan et, en collaboration, une anthologie des poètes des Cantons de l'Est ainsi qu'un ouvrage de vulgarisation sur les ateliers d'écriture.

Septembre 2008

En librairie le 26 septembre

Là où dorment les crapauds

Ollivier Dyens

Là où dorment les crapauds

Par des vers épurés et au moyen d’images frappantes, le poète explore la fragilité de la chair, l’hésitation de la violence, le métal du désir.

Ne halète pas / le mulet est lourd / de sel et de siècles
calme-toi / pose tes pieds contre ma langue
la torpeur est proche / le lit sent le butin
les grillons dans l’invisible / dessinent
un archipel de psaumes / et de transparence

OLLIVIER DYENS est professeur au département d’Études françaises de l’Université Concordia. Auteur de nombreux essais et recueils de poésie, dont Les bêtes (Triptyque, 2003), il s’intéresse aux formes sans cesse changeantes de l’humanité. Il a fait paraître en 2008 La condition inhumaine : Essai sur l’effroi technologique, chez Flammarion.

ISBN 978-2-89031-626-3, 52 pages, 16 $

Septembre 2008

Le Ciel de Bay City

Catherine Mavrikakis

Le Ciel de Bay City

L’histoire
1960. Cette année-là, une maison de tôle est livrée au bout de Veronica Lane à Bay City. Une famille s’y installe. Deux soeurs, Denise et Babette, vont donner tour à tour naissance à de petits Américains. Elles ont quitté l’Europe et la dévastation de la guerre pour l’Amérique. L’avenir paraît alors appartenir à ce continent où tout est plus gai, plus neuf. Mais l’Histoire ne se laisse pas mettre de côté. La fille de Denise va découvrir dans le sous-sol de la petite maison de tôle, cachés et tremblants de peur, ses grands-parents pourtant morts à Auschwitz.

Roman puissant, traversé par la soif de l’Amérique et la volonté désespérée d’en finir
avec le passé, Le ciel de Bay City dresse un réquisitoire contre l’indifférence du ciel à l’endroit de notre souffrance.

Catherine Mavrikakis est née à Chicago en 1961. Elle est l’auteure de trois romans, Deuils cannibales et mélancoliques, Ça va aller et Fleurs de crachat. Elle est aussi l’auteure d’un oratorio, Omaha Beach (Héliotrope, 2008).

« Ma tante aimerait que j’aie la douceur et la beauté de Caroline de Monaco, enfant de prince et de star. Mais j’ai le teint brouillé, les cheveux trop longs, l’air d’une souillon, d’une Américaine du Midwest. Il n’y a rien à faire avec moi. La lumière européenne n’a pas bercé mon enfance. Je suis née sous le ciel mauve du Michigan. Les vents des grands lacs ont soufflé sur mes cheveux dès ma naissance et les ont emmêlés à jamais. Les nuages pollués ont pénétré dans mes poumons et fait virer ma peau au vert. Je donne le change. Je sens le parfum en vaporisateur à l’odeur de poudre pour bébés, le Tampax déodorant, le rince-bouche à la menthe verte. J’exhale par tous mes pores l’odeur de produits chimiques. Je suis une Américaine. »
Septembre 2008

Mon temps d’éternité

Sylvie Maria Filion

Mon temps d’éternité

Les Éditions Prise de parole annoncent la parution de Mon temps d’éternité de Sylvie Maria Filion. Voici une femme que la vie ne peut pas contenir et qui cherche à s’en échapper sans y laisser sa peau. Son écriture est une ébranlante explosion de délires surréels, de provocations sexuelles et d’angoisses existentielles. Elle se penche vertigineusement sur un précipice de folie. Mais, toujours au dernier instant, elle n’y succombe pas.

Elle flirte avec Dieu lui-même , « la crack-head maligne-maline-satine à qui 1000 hommes font l’amour derrière un rideau de verre ». Elle subit la chirurgie des deux Pablos (Picasso et Neruda) et du sculpteur Maurice Gaudreau qui recomposent son anatomie : « Il a bien fallu recoudre mes yeux quelque part. » (Devinez où...)

J’attaquerai la réalité pour ne plus qu’elle revienne Ou, si elle devait me revenir, il faudrait qu’elle me soit totalement soumise C’est parce que c’est tellement trop que finalement, c’est presque assez. Il en fallait autant d’une écriture qui se veut intuition d’éternité.

« Sylvie Maria Filion hérite vraiment mais originalement de la manière surréaliste de Patrice Desbiens. Car ce qu’elle écrit est truffé d’observations impossibles, de souffrances indicibles et de comparaisons ahurissantes qu’on s’étonne de savoir familières alors même qu’on les trouve inouïes. Mais [...] là où Patrice y va d’économie de moyens, qu’il cisèle, qu’il fait concis, Sylvie Maria Filion, elle, use d’un souffle qui fait dire ouf ! » − Normand Renaud

SYLVIE MARIA FILION signe trois recueils de poésie, Les bonbons des horreurs et Petite chose à genoux, Le Musée des Lèvres et Métapholies. Artiste multidisciplinaire, elle travaille comme journaliste et rédactrice pigiste, ainsi que sur la scène théâtrale.

Poésie • 179 pages • 18,95 $ • ISBN 978-2-89423-199-9

Septembre 2008

En format poche

La gardienne des tableaux

Hugues Corriveau

La gardienne des tableaux

(roman)

Constance Tweed et la femme si belle, si pleine d’olives et de tomates dans le rire…

« Et puis non, ce matin, suivre cette femme avec sa robe aux tomates imprimées qui l’aspire jusqu’au moelleux de sa chair. Un jeu de pistes, une surveillance policière. Il rattrape ce peu d’énergie qu’il lui fallait pour renaître, pour donner un sens à sa dérive d’aujourd’hui. »

Marc Rialto est un amateur d’art. Il s’abreuve à la peinture de ses idoles, entre autres celle de Louis-Pierre Bougie. Il jouit des tableaux tout comme il fera jouir la grise Constance Tweed, gardienne des tableaux, soudain étonnée de savoir qu’elle vit. Si surprise de vibrer d’amour qu’elle partira à la recherche de Marc qui a quitté Montréal pour Rome où il ne cesse de tourner les noms des rues dans sa bouche comme si c’étaient des grenadines. Il est fébrile. Il pense aussi à Constance. Entre eux d’eux, une rencontre qui aurait pu prendre une tout autre allure si Marc Rialto n’avait pas rencontré cette femme « au sang gorgé des fruits mouillés d’aurore ».
Marc ignore jusqu’à quelles extrémités il sera prêt à aller pour cette femme avec sa robe à la tomate. Car si Constance est née dans ses bras, une autre peut-elle mourir de désir pour lui ?

L’auteur :
Hugues Corriveau, poète, romancier, nouvelliste et essayiste, est critique de poésie et de roman à la revue Lettres québécoises, ainsi que critique de poésie au journal Le Devoir. Il est l’auteur de vingt-cinq livres. C’est le troisième roman qu’il fait paraître chez XYZ éditeur. En 1992, sortait, dans la collection « Romanichels », La maison rouge du bord de mer (prix Alfred-DesRochers 1992), et en 1998, dans la même collection, Parc univers (Grand Prix du livre de la Ville de Sherbrooke 2000 et mis en nomination au prix Ringuet 1999 de l’Académie des  lettres du Québec). En 2006 paraissait, au Noroît, son dernier recueil de poésie, Paroles pour un voyageur, pour lequel il a reçu pour la seconde fois le prix Alfred-DesRochers (2006) et pour la troisième fois le Grand Prix du livre de la Ville de Sherbrooke (2008). En février 2009, les Éditions du Noroît publieront son nouveau recueil de poésie intitulé Le livre des absents.

Septembre 2008

Le fédéralisme asymétrique et les minorités linguistiques et nationales

sous la direction de Linda Cardinal

Le fédéralisme asymétrique et les minorités linguistiques et nationales

Les Éditions Prise de parole annoncent la parution de l’ouvrage Le fédéralisme asymétrique et les minorités linguistiques et nationales, sous la direction de Linda Cardinal.

Premier ouvrage en français à intégrer la question des minorités linguistiques au débat sur le fédéralisme asymétrique au Canada, Le fédéralisme asymétrique et les minorités linguistiques et nationales étudie les fondements mêmes du fédéralisme asymétrique dans le pays. Le fédéralisme asymétrique est une forme d'aménagement des politiques plus respectueuses des besoins de chaque communauté au sein de l'ensemble fédéral.

« [S]a fonction principale […] n’est pas de mettre fin au conflit entre les
groupes, mais bien de leur permettre de poursuivre leur autodétermination tout en participant à des valeurs communes. » (Introduction, Linda Cardinal) Il favorise ainsi la diversité en accordant aux minorités plus de pouvoirs ou en leur reconnaissant une distinction de traitement ou de statut. L’ouvrage, auquel collabore une vingtaine de spécialistes, se démarque par sa nature multidisciplinaire et comparée, ainsi que ses interrogations qui puisent dans les dimensions constitutionnelles, historiques, économiques, politiques et morales du Canada.

Cet ouvrage s’interroge non seulement sur l’asymétrie depuis les débuts de l’État canadien, mais aussi sur le fédéralisme asymétrique issu des rapports entre le Québec et les minorités francophones au Canada. Des textes examinent de quelle façon le concept d’asymétrie peut être un moyen au service de la nation québécoise et des minorités linguistiques; ils cherchent à concilier égalité et diversité par ce moyen. Des personnalités politiques bien en vue collaborent à cet ouvrage, notamment le sénateur Hugh Segal et le ministre Benoît Pelletier.

LINDA CARDINAL

Elle est professeure à l’École d’études politiques et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l’Université d’Ottawa.
Elle a publié de nombreux articles et dirigé plusieurs ouvrages sur les minorités linguistiques et les enjeux identitaires au Canada et au Québec.

Étude • collection Agora • 457 pages • 39,95 $ • ISBN 978-2-89423-222-4

Septembre 2008

En format poche

David et les autres

Donald Alarie

David et les autres

(roman)

L’écriture, la vie et quelques bonheurs…

Il se disait que l’être humain passait son temps à tenter de se maintenir en équilibre sur un fil invisible et que les vents mauvais traversant les ans ne l’aidaient en rien à y parvenir. Malgré tout, il y avait des moments de sérénité. Des instants presque magiques où la beauté s’imposait. Il avait même intitulé un de ses recueils de poème en prose : Le bonheur, parfois.

Qu’est-ce qu’une vie ? Ce sont des gestes que l’on pose au jour le jour. Et puis des crises qui viennent bouleverser soudainement l’ordre des choses sans que nous soyons véritablement changés en profondeur. Nous sommes ce que nous sommes et bien malin qui pourrait modifier radicalement notre nature. David est un écrivain. Il s’est donné à l’écriture sans faire d’éclat et sans rien attendre en retour. Sa plus grande joie a été de recevoir la lettre d’une femme qui lui confessait que la lecture de ses poèmes lui avait permis d’aimer la vie de nouveau, elle qui avait songé au suicide.

Cette confession l’a convaincu que son travail n’était pas inutile. Comme sa vie peut être, même si, à première vue, elle semblait plutôt quelconque. Mais quand on y regarde de près, on voit bien que David est resté fidèle à lui-même : il a consacré la plus grande partie de son existence à sa passion littéraire. Et puis, il a donné son temps à ceux et à celles qu’il chérissait plus que tout : sa fille Annie, son père, son petit-fils, et aussi Antoine, son vieil ami. En somme, il s’est réalisé dans la discrétion et il a permis à d’autres, ses intimes mais aussi et surtout ses lecteurs, de découvrir, la part cachée de lui-même. La plus belle. Celle qui fait du bien…

L’auteur
Né à Montréal, Donald Alarie habite la région de Lanaudière depuis 1973. Il est l’auteur d’une vingtaine de volumes, des romans, des nouvelles, de la poésie. Ses plus récents titres sont: Au café ou ailleurs (2004), Au jour le jour (2006) et Todo está perdido, todo se vuelve a encontrar / Tout est perdu, tout est retrouvé (2006). On a pu aussi lire ses textes dans plusieurs revues dont Estuaire, Moebius, Combats, Brèves littéraires et XYZ. La revue de la nouvelle. Donald Alarie a reçu, en 2006, le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec (région de Lanaudière) pour l’ensemble de sa production littéraire.

Donald Alarie,
David et les autres,
roman,
Montréal, XYZ éditeur,
coll. « Romanichels »,
août 2008, 120 p., 20 $.
ISBN 978-2-89261-530-2

Septembre 2008

En librairie le 15 octobre

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage

Maya Angelou

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage

Une réédition attendue depuis longtemps.

Le livre ayant battu le record de longévité sur le palmarès des meilleures ventes du New-York Times : 2 ans en tête de la prestigieuse liste.

Écrit en 1969, le premier volume des mémoires de Maya Angelou (née Marguerite Johnson) raconte l’enfance d’une femme exceptionnelle, devenue une figure emblématique des États-Unis. Après le divorce de leurs parents, Marguerite qui a alors trois ans et son grand frère sont expédiés en autobus à Stamps, en Arkansas, chez leur grand-mère paternelle. La petite fille est projetée dans un Sud raciste et violent infesté par le Ku Klux Klan, et exposée aux menaces et au mépris des Blancs. Le choc est tel que son père vient les chercher et les emmène chez leur mère à Saint-Louis. C’est là qu’après avoir subi le traumatisme du racisme, Maya est violée par l’ami de sa mère. L’homme est jugé et emprisonné mais il s’échappe de prison avant d’être rattrappé, puis battu à mort. Après ce lynchage, l’enfant est tellement rongée par le remords et le sentiment d’avoir provoqué la mort d’un homme, qu’elle s’enfonce dans un mutisme absolu pendant plusieurs années. De retour à Stamps, Marguerite rencontre Mrs Flowers qui lui fournit des livres, fait naître en elle l’amour des mots et parvient enfin à la réconcilier avec la parole. Jeune fille, Maya Angelou étudie la danse et le théâtre à San Francisco et commence à travailler. Mais très vite, elle quitte l’adolescence lorsqu’à seize ans elle tombe enceinte et donne naissance à son fils, Guy.

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage est une oeuvre majeure de la littérature américaine du XXe siècle, un précieux témoignage qui explore les thèmes de l’identité, du racisme, de la résilience et de l’apprentissage du langage et de la littérature

À PROPOS
Depuis mon enfance, cette époque où les personnages des livres étaient plus réels que les gens que je voyais tous les jours, je n’ai jamais été aussi bouleversé. James Baldwin

Maya Angelou observe le monde et se regarde elle-même avec intelligence et finesse d’esprit. Elle consigne les événements de sa vie avec style et grâce.
William MacPherson | The Washington Post Book World

À propos de Je sais pourquoi chante l’oiseau, James Baldwin a également écrit : « C’est le début d’une nouvelle ère dans le coeur et l’âme de tous les Noirs. Maya Angelou a redisposé, arrangé et souligné le récit de son passage à l’âge adulte et de son entrée dans le monde avec une justesse et une honnêteté telles que chacun ses livres composent une forme d’autobiographie de l’ensemble des Afro-Américains. »

Traductrice : Christiane Besse

Septembre 2008

En librairie le 15 octobre

Les Déliaisons

Martin Robitaille

Les Déliaisons

Roman

Déliaison. Terme maritime désignant le jeu qu’on retrouve normalement entre les pièces d’un bateau. Quoique normales, ces déliaisons, lorsque trop nombreuses, augmentent considérablement les risques de naufrage… Et si tout, dans la vie, était prétexte à une dérive?

Raphaël Laliberté est un jeune professeur de lettres à l’université. La vie pourrait être belle, si seulement il parvenait à s’identifier à son milieu de travail. Si seulement il parvenait, aussi, à regagner le coeur d’Eva, sa femme. Forcé de trouver un nouveau sens à son existence, Raphaël raconte sa propre dérive, au fil de ses essais et des vies brisées qu’il traverse. De Rimouski, où il travaillait, à Montréal, chez sa grand-mère, où il tente de se refaire une vie, jusqu’au sud de la France, où il retrouve ses parents, la même question, lancinante, obsédante, lui revient à l’esprit : à quoi bon continuer?

Sorte de road book intérieur, Les Déliaisons de Martin Robitaille raconte l’histoire d’un homme contemporain en quête d'idéal. D’un homme en plein désarroi et pourtant relativement lucide sur sa condition. Et si chaque nouvelle rencontre, quelle qu’elle soit, menait à une plus grande solitude?

L’AUTEUR
Martin Robitaille est né à Montréal. Plus jeune, il a vécu de nombreuses années en France et en Espagne. Il est fiancé depuis 19 ans, et père de deux enfants. Après avoir reçu une formation en lettres, il a exercé plusieurs petits boulots avant d’obtenir un poste de professeur à l’Université du Québec à Rimouski, il y a cinq ans. Amateur de bateaux et spécialiste de Marcel Proust, il est l’auteur de Proust épistolier, paru aux Presses de l’Université de Montréal en 2003. Les Déliaisons est sa première œuvre de fiction.

Collection : « Littérature d’Amérique »

Septembre 2008

En librairie en Octobre

La citadelle

Philippe Bensimon

Là citadelle

Il n’a que treize ans lorsque sa famille émigre au Canada. Comme bien des parents, les siens espèrent qu’il deviendra quelqu’un: grand avocat, médecin, architecte... Mais le jeune rêveur, pas plus à Montréal qu’à Paris, ne s’intéresse à ce qui se dit devant le tableau noir: il préfère la compagnie des livres et des pinceaux. La vie, l’après-guerre, tout cela lui fait terriblement peur. Comment peut-on continuer à enseigner les mathématiques ou faire des enfants quand les derniers crématoires ont à peine fini de dégueuler leurs cendres? À dix-huit ans, il choisit de retraverser l’Atlantique et croit avoir trouvé le moyen d’écrire sans se soucier du quotidien... Une affiche sur un mur lui en a montré le chemin: cette forteresse, là, tout en bas des Pyrénées... Un peu comme Drogo dans Le désert des Tartares, en s’engageant dans un monde dont il ignore tout, il croit, naïf, pouvoir échapper au destin...

Bien que le contexte soit celui d’une troupe d’élite, il ne s’agit pas, à proprement parler, d’un livre sur l’armée mais plutôt sur la solitude, l’espérance et l’acharnement à se trouver une raison de vivre et de continuer, coûte que coûte. Successivement parchutiste dans l’armée de métier, pilote d’hélicoptère professionnel puis docteur en criminologie dans le domaine carcéral et enseignant à l’Université de Montréal,  PHILIPPE BENSIMON est l’auteur d’une vingtaine d’articles dans diverses revues scientifiques internationales et de deux essais : Les faux en peinture et Pénis sans visage. Le fléau mondial de la pornographie (Méridien, 2000 et 2007). Un premier roman, Tableaux maudits, paru en 2007 aux Éditions Triptyque, a été très bien accueilli par la critique et figure parmi les finalistes au Prix des cinq continents de la Francophonie 2008.

Septembre 2008

Parution - octobre 2008

Honte et dignité

Dag Solstad

Honte et dignité

Traduction Jean-Baptiste Coursaud

Une première traduction en français d’un roman déjà traduit en 15 langues, par un auteur norvégien qui est une véritable célébrité dans son pays.

Un professeur dans la cinquantaine, Elias Rukla est en butte à une jeunesse indifférente et hostile qui n’en a rien à faire de l’enseignement du norvégien en général et d’Ibsen en particulier. C’est toute la solitude du professeur que Solstad nous livre ici, toute la difficulté, ancestrale, universelle, à intéresser des adolescents à une oeuvre non seulement incontournable des lettres nationales, mais d’une étonnante modernité. C’est aussi l’ironie de Solstad qui sait se moquer de son personnage, frustré dans sa vie personnelle, incapable de se mettre au niveau de ses interlocuteurs, perdu dans les méandres de sa pensée somme toute alcoolisée.

Dag Solstad s’inscrit dans ce courant d’écrivains norvégiens et scandinaves qui ont repris le stream of consciouness cher à Joyce de la fin des années 1980 jusqu’au milieu des années 1990. De même pour Thomas Bernhard dont on retrouve chez Solstad la pensée en mouvement jusque dans la construction narrative qui suit les réflexions des personnages, mais aussi la rage propre à ces mêmes personnages, qui va voir Elias Rukla s’acharner contre son… parapluie.

Avec une sublime retenue et des modulations subtiles, c’est toute une époque de peine et de perte que traduit Solstad. Publishers’ Weekly

Le dernier roman de Solstad rayonne (…) Surtout grâce au brio du style par lequel il révèle son protagoniste (…) Les premières cinquante pages sont tout simplement géniales, une lecture qui donne des frissons. Dagens Nyheter (Suède)

DAG SOLSTAD est né en juillet 1941 à Sandefjord en Norvège. Il est connu entre autres pour le talent avec lequel il analyse la conscience moderne. Il a aujourd’hui publié près d’une trentaine de livres traduits en anglais, en arabe, en turc ou encore en espagnol. Il est le seul auteur norvégien à avoir obtenu trois fois le Prix de la Critique Littéraire Norvégienne. Il est également récipiendaire du Prix de littérature du Conseil Nordique en 1989 pour Roman 1987, puis encore du Prix de la Critique en 1999 pour T. Singer, et du Brageprisen en 2006 pour Armand V. Fotnoter til en uutgravd roman.

Éditions LES ALLUSIFS
www.lesallusifs.com
Parution octobre 2008

Septembre 2008

En librairie en Octobre

Mégot mégot petite mitaine

Johanne Alice Côté

Mégot mégot petite mitaine

Que voit le promeneur, les yeux baissés, lors de ses déambulations urbaines? Un mégot, encore un mégot, une petite mitaine... Que peuvent bien nous raconter ces objets abandonnés, ces laissés pour compte au fil du trottoir ? Les nouvelles rassemblées ici nous entraînent dans des univers tantôt poétiques, tantôt réalistes, où des êtres en crise cherchent ardemment leur place et doivent se battre contre la pauvreté spirituelle de leur milieu et son indifférence.

L’écriture de Johanne Alice Côté nous garde au plus près du coeur de ces femmes qui espèrent, se trompent, s’exaltent, brûlent d’une flamme qui émeut – et fait rire parfois. Perte des illusions, solitude, rapport difficile à l’éducation, à la famille, désir d’expression, appel de la nature, longue route de retour vers l’héritage autochtone, voici quelques-uns des thèmes qui habitent ces nouvelles solidement construites et liées entre elles dans une progression puissante.

Les seins, pièces maîtresses, se détachent de la carcasse, se gonflent, s’élèvent et flottent un moment dans le plasma des souvenirs; des filaments lumineux ondulent sur leur pourtour et, telles des méduses, les deux glandes astrales voguent et viennent se plaquer sur le miroir de la salle de bain, le grand sanctuaire maternel.

JOHANNE ALICE CÔTÉ est née en 1960 à Rochester, dans le New Hampshire. Diplômée de l’UQÀM en études littéraires, elle est l’auteure d’un roman intitulé L’incisure catacrote. Johanne Alice Côté s’est mérité le Prix Arcade au féminin 2005, catégorie prose, pour la nouvelle «Me brûle, me brûlera » et le Prix Brèves littéraires 2007, première mention prose, pour la nouvelle «Un brownie, yé! ».

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