Depuis 2001 • No 49 • Montréal • 15.09.2008
Septembre 2008

La Chine comme un champ de bataille

Felicia Mihali

Les Jeux olympiques de Beijing ont été pour moi l’occasion de constater deux choses importantes : la vision des Canadiens sur la Chine et sur eux-mêmes.

Après l’intérêt des premiers jours, je me suis vite lassée de suivre les compétitions. J’ai préféré plutôt suivre les reportages réalisés sur place et transmis sur les chaînes de nouvelles.  

En tant que journaliste, je sais très bien qu’aucun professionnel de la plume n’aurait raté cette mine d’or, qu’est devenue la Chine pendant cette période. Profitant de l’ouverture accordée, bon gré mal gré, par le gouvernement chinois à l’occasion des Jeux olympiques, les journalistes étrangers se sont rués vers cette zone de guerre. Pendant deux semaines, la Chine est devenue véritablement une zone de combat, car elle faisait la une catastrophique de tous les mass-médias. À quelques exceptions près, tous les documentaires parlaient surtout des mauvaises choses qui se passent là-bas ou des mauvaises choses qui commencent à s’améliorer, tels que l’homosexualité ou la politique de l’enfant unique.   

Vous souvenez-vous d’autres Jeux olympiques où les journalistes ont autant fouillé dans les dessous d’un pays pour parler de ses déboires? Les Chinois avaient tout à fait raison de se fâcher, car si pour eux les Jeux étaient une occasion de se faire valoir, le reste du monde en a profité pour populariser ce qui ne va pas avec ce peuple.

À la dernière édition du festival Metropolis Blue, j’ai participé à une table ronde en compagnie d’une écrivaine chinoise, Wei Wei, qui vit présentement à Londres. Bien que le sujet de la rencontre fut le voyage, à la fin le médiateur nous a demandé, vu l’actualité du sujet, s’il fallait boycotter les Jeux olympiques (en mars 2008 les manifestations des Tibétains et le boycotte des Jeux étaient sur toutes les lèvres). La réponse, très nuancée et diplomate de Wei Wei, était qu’il ne fallait pas. Je ne me rappelle pas tous ses arguments, mais moi je me suis ralliée à sa conclusion : non, il ne faut pas boycotter la Chine. Après coup, j’ajoute qu’à cette occasion il ne fallait même pas concentrer notre attention sur ses  travers, que l’on connaît d’ailleurs depuis longtemps. Je pense que le monde libre, s’il y en a vraiment un, aurait dû s’efforcer de montrer un visage tout aussi poli que celui des Chinois.

La Chine a besoin de tolérance, car si des changements doivent se produire, ils le seront de l’intérieur. Ce pays n’a jamais été trop trop enclin à imiter le modèle étranger, et les grands changements ont été engendrés par les Chinois eux-mêmes. Ce pays est un modèle à part entière et son fonctionnement nous échappe encore. Penser qu’en critiquant ce système on produit une révolution, c’est une grande naïveté. Et ils ont raison de se méfier, car lorsque l’Ouest y va, il ne fait que des gâchis, tant il n’est pas représenté par ce qu’il a de mieux. L’Ouest en Chine a toujours été représenté par le pouvoir armé, par les trafiquants d’opium et, présentement, par les grandes multinationales.

La campagne menée par les médias occidentaux ne fait qu’empirer les choses, car s’il y a une nation extrêmement sensible à la diffamation, c’est bien la nation chinoise. En échange de cette liberté momentanée accordée aux journalistes, sa politique pourrait être de se refermer et la répression envers ceux qui ont parlé s’exercer encore plus sévèrement. Mais les journalistes occidentaux ne se soucient pas de ce qui reste derrière eux : le harcèlement auquel seront soumis ceux qui ont parlé devant les caméras ne fait pas partie de leur préoccupation actuelle, qui se dirige déjà vers d’autres zones d’intérêt négatif.

Tout ce qu’il faut craindre à présent est une politique de fermeture de la Chine. Ce pays qui fascine et effraie doit entrer pleinement dans le circuit des valeurs universelles et non pas seulement par ses produits bon marché. La Chine ne peut plus manquer du paysage économique, social et culturel du monde. Ce qu’on a vu à la télé n’est que le sommet du glaicer, et cela est bien compréhensible, car qui pourrait couvrir ce grand territoire? Plus grave encore, les journalistes étrangers ne parlent pas chinois ce qui est une barrière infranchissable entre les deux mondes. Le premier pas à faire envers la démystification de ce pays est de connaître sa langue et son histoire, à partir même des Dynasties légendaires et de l’Empereur Jaune.

Je ne défends pas cette nation. Je la soutiens. Je lui fais confiance pour qu’elle réponde de la même manière.

Par contre, si les Canadiens sont critiques envers les Chinois, ils ne le sont pas du tout envers eux-mêmes. Je n’ai jamais vu de propos aussi en désaccord avec la réalité que ceux tenus par nos sportifs. Les premiers jours, ils perdaient toutes les compétitions, mais avec le sourire aux lèvres. Pour eux, l’important était de participer et non pas de gagner. Même ceux qui arrivaient en arrière du peloton, parlaient devant les caméras de leur bonne performance. Je n’ai jamais entendu au monde un sportif participant à une compétition de calibre international, se classant  en 29e position, dire qu’il est fier de son résultat. Personne n’avait rien à se reprocher, d’autant moins le fait de ne pas avoir assez travaillé. Les chroniques sportives se ralliaient à cette politique de louanges : « Nos sportifs ne gagnent pas de médailles, mais ils sont bons. » Au bout de cinq jours de compétitions, nous n’avions aucune médaille, alors que de petits pays d’Afrique ou d’Europe comptaient  plusieurs médailles d’or. Ce pays qui ne manque de rien déteste transpirer.

Je suis professeur auprès des enfants et mon plus grand problème depuis que je pratique ce métier au Canada est de m’adapter à cette politique de gratifier tout le monde, même les plus médiocres. Dans notre système, il faut uniformiser les valeurs : autrement dit, il ne faut pas encourager la performance pour ne pas blesser les plus faibles.  

En Chine, on apprend aux élèves que ce n’est que la première place qui compte; au Canada, on leur dit que tout ce qui compte est d’aller à l’école.

Septembre 2008

Scrisoare către Cezar Ivănescu

Alex Cetăţeanu

Let’s Get Lost

Dragă Cezar,

Cum este prin Eternitate? Te mai gândeşti la noi ? Imi amintesc cu uimire, cum în una din Doinele tale, afirmai obsesiv:

“ ! asta-i Ţară de murit,
nu e Ţară de trăit,
asta-i Ţară de murit,
asta-i Ţară de murit…! “.

Acum, înţeleg exact ce ai vrut să spui. Cu o premonţie incredibilă, cred că ştiai dinainte tot ce va urma in viaţa ta, de la inceput pâna la sfârsit. Te citez: “Marţi spre miercuri dimineata, intre orele 4 si 5, in spitalul din Bârlad, pe intuneric – era camuflaj din cauza bombardamenlor – pe 6 august 1941 s-a născut Cezar Ivănescu, reîncarnare a lui Caius Iulius Caesar, si care se va strădui în această existenţă să facă astfel incât să poată deveni un Buddha intr-o existenţă viitoare….!” Cred că “strădania” ta, va da “Rod”. Oare când vom avea revelaţia acesta ?

In tinereţe, te bătea gandul să pleci în lumea largă. Dar l-ai ascultat pe Marin Preda, care te-a sfatuit să rămîi. “Un poet, nu se poate realiza decât în limba sa maternă”. În dicuţiile noastre, am observat un oarecare regret că l-ai ascultat şi nu ai luat drumul pribegiei, ca mine. Daca îl vei intâlni pe Marin Preda pe acolo, prin Eternitate să-l intrebi - de ce a fost să fie aşa, să şi se întample ca în “Timpul asasinilor”? Şi eu am trecut prin multe din aceste frământări:

“! aş pleca si aş pleca,
un’ să plec din Ţara mea,
un’ să plec din Ţara mea,
drumul talpa nu mi-o vrea…!
….nici o casă nu-i a mea….!

Ai ales mai degrabă drumul “Golgotei” României de atunci şi de acum:

! cine vrea mă scuipă,
scuipă cine vrea,
eu mereu tot urcu,
urc pe Golgota,

ţine, Doamne, drumul lung
cât urc pe Golgota
ca toți cei care mă-împung
să-și înfigă bota,…..!

Cât de clar ai fost în mesajele pe care mi le-ai trimis. Ma gândesc zi şi noapte fără să înteleg cum de s-a putut produce o aşa tragedie. Cum de ai plecat dintre noi aşa… pe neaşteptate? Să fie Destinul care nu putea fi evitat? Cum de te-am lasat să pleci de la Bucuresti la Iaşi pe 19 aprilie - sâmbătă seara - ultima ta sâmbătă pe acest pamant - înainte de Săptămâna Mare, dupa o zi încărcată, cînd erai atât de fericit? Ne despărţeam pentru numai câteva zile, aşa credeam. Cine se gândea ca ne despărţeam pentru totdeauna? Strămoşii noştri, se spune, se bucurau pentru cineva care scăpa de lumea mizeră în care îndurase atatea. Noi ne-am pierdut abilităţile de a evita durerea. Tu ai suferit mult, “întâmpinat cu nouă ură”,  cum ai mărturisit în poemul Jeu d’amour:

“! de fraţii mei lovit lovit cumplit
şi-ntâmpinat cu nouă ură,
cu foamea şi cu bâta hăituit
te-am purtat suflete pe gură…!”

De câte ori nu a venit vorba despre moarte, în timpul călătoriei la Tirana şi după ! Cât de mult te-ai amuzat cand ţi-am recitat acele versuri scrise pe un gard, culese de un fost prieten din Montreal:

“Lumea nu se schimbă
oamenii e … fiare,
scriptele vorbeşte,
scapă cine moare…”

Sau, când glumeam pe seama ambiguităţii unor expresii ale limbii române, în care era vorba tot despre moarte, îmi amintesc numai una din glumele care ne-a amuzat copios :

“Un om era pe moarte…şi moartea îl implora : Nu pleca, nu pleca…”

Noi, cei care ţi-am fost aproape până în ultimele clipe, te vedeam puternic, veşnic şi neînfricat. În ultima ta călătorie în Albania, în care am fost “capitanul echipajului”, a venit adesea vorba despre această doamnă în negru care însă nu credeam că îţi dă târcoale. Ce se poate înţelege din aceste versuri, parcă de resemnare, pe care le-ai aşternut pe hârtie cu mulţi ani înainte?

! deci voi muri, - şi alţii au murit,
deci nu mi-a fost de-nvăţătură,
o voi sfârşi şi eu într-un sfârşit
deci tot cu sufletul la gură,….!

Poate ca nu toţi prietenii tăi, printre care am avut onoarea să mă aflu şi eu, au înţeles de ce ţi-a scris Constantin Noica aşa:
“…peste tot am simţit că este vorba de ceva sacru în scrisul d-tale”.

Eu am simţit acest sacru nu numai în poemele tale ci şi în tot felul tău de a fi. Chiar şi unele ciudăţenii, sau caracterul tău dur şi direct, straniu pentru mulţi, aveau ceva greu de definit. În opera ta aş mai îndrăzni să adaug caracterul profetic, cum puţini au simtit sau au înţeles.

Oare eu, aş fi putut schimba cumva această stranie întâmplare, care a dus la ieşirea ta din fiinţa pământeană? Mă gândesc mereu şi îmi fac fel de fel de reproşuri. Poate că nu ar fi trebuit să te las singur. De ce te-am lăsat să pleci? Dar erai grăbit să ajungi în “dulcele târg” pentru a merge luni, 21 aprilie - în Săptămâna Mare, la Bacău, pentru acea…. “operaţie minoră” de care mi-ai spus că era deja planificată de cum am ajuns Romania, cu aproape două săptamâni înainte. Era mult mai bine dacă plecam împreună la Iaşi. Urma să facem o călătorie cu ceva ocolisuri, prin Craiova, unde ne aştepta cu drag scriitorul Marian Barbu, prin comuna mea natala Amărăşti, unde era planificat să ne cante Haiduci de Amărăşti, apoi prin Valcea, unde ne aşteptau prieteni devotati Doru Moţoc şi Ioan Barbu, ca să ajungem pâna la urmă la Iasi.

Ce pacăt că nu am urmat planul iniţial !

Tot ce mi-a rămas este amintirea drumului nostrum până la Tirana şi înapoi, timp in care am recitat pe drum toate poeziile pe care le ştiam, tot ce îmi aduceam aminte, dar în primul rînd Topârceanu, care încă mă încîntă şi mă amuză. Am vorbit de snoavele lui Dumitru Furdui. Am cîntat şi am spus bancuri. Apoi a urmat seara petrecuta la hotelul de pe malul lacului Pongratz. Ţi-a plăcut Tirana pe care o revedeai după 35 de ani, în forfota reparării sechelelor lăsate de dictatura comunistă. De La hotel nu am avut decât să traversăm strada pentru a ajunge la sala unde avea să se desfăşoare lansarea cărţii tale Lojἓ Dashurie, în traducerea prof. Dr. Luan Topciu. Această carte cu autograful tău şi al lui Luan a devenit pentru mine o icoană.

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