Le livre de Philippe Bensimon, Tableaux maudits, se trouve parmi les dix romans finalistes au Prix des cinq continents de la Francophonie 2008. Ce prix, arrivé à sa 7e édition, récompense tous les ans un roman d'expression française. Cette année, il sera remis le 13 octobre à Québec par Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, en marge du XIIe Sommet des Chefs d'État et de gouvernement de la Francophonie.
L’écrivain Philippe Bensimon est docteur en criminologie dans le domaine carcéral, enseignant à l’université, et auteur de deux essais : Les faux en peinture et Pénis sans visage : le fléau mondial de la pornographie. Son premier roman, Tableaux maudits, paru en 2007 aux Éditions Triptyque, se nourrit beaucoup de sa passion pour la peinture, car le héros du livre, Avraham Guntzberg, est l’auteur d’un livre qui s’appelle, ni plus ni moins, Les faux en peinture. Depuis les livres de Dan Brown, les passionnés de littérature sont familiarisés avec l’idée que la peinture peut mener à autre chose qu’à une visite fatigante dans un musée. Philippe Bensimon utilise aussi ce domaine pour mêler une intrique policière aux affres d’une histoire pas assez lointaine : l’Holocauste et ses survivantes. Toutefois, à la différence de son prédécesseur, son livre n’a rien de la rhétorique bon marché du Da Vinci Code. Tableaux maudits est un livre qu’on garde pour toujours dans sa bibliothèque tout comme les albums d’art.
Avraham Guntzberg est un spécialiste d’œuvres d’art, plus précisément, de fausses œuvres d’art, professeur solitaire, amis des marchands d’art et toujours en route entre les grands musées du monde. Le premier évènement qui surgit dans le cours imperturbable de sa vie est le suicide de son ami Steinman, marchand d’art peu commun, qui lui lègue une collection de fausses toiles. La découverte de l’identité de son ami signifie pour lui la résurrection des souvenirs douloureux, ceux des champs de la mort de la Deuxième Guerre mondiale. Le deuxième évènement est l’arrivée dans la vie d’Avraham d’un ange, qui n’est rien d’autre qu’une petite figure peinte sur une des toiles accrochées dans son appartement.
L’image que Bensimon donne sur le monde de l’art n’est pas du tout celle qu’on lui attribue d’habitude. Pour ceux peu familiarisés avec le fléau des faussaires et la bataille qu’on mène pour distinguer un vrai d’un faux, Tableaux maudits peut être un bon guide. Par endroits, il pèche toutefois par l’excès de références qui ne peuvent être saisies que par les spécialistes en peinture. Si vous ne connaissez pas les grands et les petits maîtres, vous risquez d’être bien mêlés, et surtout de perdre le sens de l’action. Ce qui sauve le lecteur peu féru d’art est le ton dégagé, la narration bien maitrisée qui font que toutes ces informations sont lues avec plaisir et intérêt.
Après Tableaux maudits, Philippe Bensimon publie cet automne un second roman aux Éditions Triptyque, La Citadelle.
















