Je vais citer pour la deuxième fois Susan Pinker, psychologue et professeure à l’Université McGill. Le dernier chapitre de son livre devenu best-seller, The Sexual Paradox, porte sur l’esprit de compétition, esprit qui fait réellement la différence entre les deux sexes. À la question, « Competition : Is It a Guy Thing?», titre de ce chapitre, la réponse est définitivement « Oui ».
Dans toutes les cultures du monde, on a remarqué le goût des hommes pour la compétition et aussi l’agressivité utilisée par ces derniers pour gagner. En moyenne, les hommes sont agressivement plus compétitifs que les femmes. Dès leur jeune âge, alors que les filles utilisent la parole pour essayer de persuader un adversaire, les garçons utilisent tout simplement la violence. Individuellement, les femmes peuvent être plus compétitives que les hommes, mais en général le style et les moyens utilisés par les deux sexes afin d’atteindre leur but sont complètement différents. Le seul fait d’entrer en compétition avec leurs pairs augmente la performance chez les hommes, alors que chez les femmes cela diminue leur niveau de productivité. Les chercheurs sont arrivés à la conclusion que ce qui produit cette baisse chez le « deuxième sexe » est l’aversion du risque. Dans le langage populaire, on résume cela par le dicton : « les femmes détestent mettre tous leurs œufs dans le même panier ». « Tout ou rien » c’est une politique qui ne marche pas du tout avec la psychologie des femmes. Prendre des risques extrêmes, cela va toujours avec les hommes. Des études montrent que la compétition suscite chez les hommes un sentiment d’excitation qui touche le plaisir, alors que chez les femmes la compétition est un motif de malaise et d’angoisse.
Cette différence d’attitude a une explication biologique : l’adrénaline. Des études montrent que la montée de cette hormone chez les hommes est responsable de leur goût exacerbé de punir et de se venger. Lors des compétitions, le niveau d’adrénaline augmente chez les hommes, mais il baisse chez les femmes ou reste à un niveau normal. Si vous vous référez à l’histoire ancienne ou récente de l’humanité, vous avez un tableau assez concluant de cette différence biologique. Les guerres et les crimes les plus affreux sont commis par les hommes. Avec peu d’exceptions dans l’histoire de l’humanité, le goût du pouvoir, l’esprit de vengeance, l’agression, la violence caractérisent nos confrères mâles.
La question que ce chapitre a suscité chez moi, est pourquoi alors la nouvelle tendance Hollywoodienne qui veut que la femme soit l’égale de l’homme là où l’égalité n’est pas possible? N’êtes-vous pas étonnés de la multitude de films policiers dans lesquels des officiers, des inspecteurs, des criminalistes femmes prennent le devant de la scène? N’êtes-vous pas étonnés que de frêles créatures, avec des bras gros comme des petites branches sèches, soient capables des mêmes bavures que les gars de la taille de Van Dam ou Schwarzenegger? Pourquoi cette nouvelle tendance de transformer les femmes en ce qu’elles ne sont pas : des tueurs?
J’ai une expérience assez personnelle du fait que, lorsqu’il s’agit d’une confrontation physique, une femme n’est jamais l’égale de l’homme.
Dans ma jeunesse, lorsque je tenais pour vrai toutes ces histoires de super femmes, j’ai fait du karaté. C’était un des plus beaux sports des arts martiaux, Shotokan- Fudokan, un ancien art japonais basé sur l’autodéfense. Je l’ai choisi pour la beauté et l’élégance de ses mouvements, qui cache une extrême force. J’ai pratiqué ce sport plus comme une gymnastique et une hygiène de vie, pendant quatre ans, au rythme de trois ou quatre fois par semaine. Je suis arrivée à la ceinture bleue. Par la suite, vu les affres de ma vie personnelle, j’ai dû renoncer par manque de temps. Mais lors de ces années, j’ai acquis la conviction que je pourrais, éventuellement, me défendre dans le cas d’une agression dans la rue. Et à l’époque où je vivais à Bucarest, j’avais grandement besoin de cette confiance; je revenais à la maison autour de minuit et j’habitais dans un des quartiers reconnu pour son taux de criminalité élevé.
L’incident est survenu lorsque je ne l’attendais plus : deux jours avant mon départ pour le Canada. Un soir, après avoir fêté mon départ avec des amis au centre-ville, je revenais seule à la maison. J’habitais au dernier étage et pour y accéder j’ai pris l’ascenseur, une ancienne boîte d’un demi-mètre de largeur avec des portes battantes en bois. Un adolescent est arrivé en courant. Je l’ai laissé entrer et je lui ai demandé à quel étage il allait. Il m’a dit « Au sixième ». Arrivé au troisième étage, il a bloqué l’ascenseur et il a sorti un petit couteau. Son but n’était pas l’argent, mais le sexe. En ce moment de panique, tout ce à quoi je pensais c’était qu’il allait me défigurer et que mon visage ne correspondrait plus à la photo de mon passeport. Cette unique pensée m’a fait agir follement. J’ai pris dans ma main la lame du couteau. Je voulais qu’il me coupe la main, mais non pas le visage. Dans ce bref moment, sa faiblesse d’enfant s’est manifestée. Effrayé peut-être par l’image de ma main serrant la lame, il a lâché prise. J’ai jeté le couteau dans le puits de l’ascenseur par l’espace entre les deux portes qui ne fermaient pas étanche. Puis j’ai essayé de faire ce que toutes les femmes font dans de telles situations : le persuader de changer d’avis. Mais lorsque j’ai entendu des bruits à un niveau supérieur, je me suis mise à crier. Et là le niveau d’adrénaline secrétée par nos corps a eu son mot à dire. Dans cet espace d’un demi-mètre à peine, collés presque l’un à l’autre, notre manière d’agir a fait toute la différence, malgré ma ceinture bleue au karaté et mes années de longue pratique. Le garçon a commencé à me taper dans la figure surtout au nez. Mes lunettes ont volé par terre et mon sang a giclé. Mais moi, j’encaissais sagement les coups. Aucun geste de défense ou de riposte. J’attendais qu’il ait pitié tout simplement. Lorsque le garçon a entendu des gens courir entre les étages, il a débloqué l’ascenseur, on est descendu au rez-de-chaussée, et il s’est enfui. Moi, je suis arrivée au Canada avec un visage gonflé comme une brioche, heureuse toutefois qu’après quelques mois, je sois redevenue celle que j’étais, bien que beaucoup moins confiante en mes capacités physiques de me défendre.
Vous comprenez donc pourquoi cette Angelina Jolie me tape sur les nerfs.



