Depuis 2001 • No 48 • Montréal • 15.08.2008
Août 2008

Les femmes et l’esprit de compétition

Felicia Mihali

Je vais citer pour la deuxième fois Susan Pinker, psychologue et professeure à l’Université McGill. Le dernier chapitre de son livre devenu best-seller, The Sexual Paradox, porte sur l’esprit de compétition, esprit qui fait réellement la différence entre les deux sexes. À la question, « Competition : Is It a Guy Thing?», titre de ce chapitre, la réponse est définitivement « Oui ».

Dans toutes les cultures du monde, on a remarqué le goût des hommes pour la compétition et aussi l’agressivité utilisée par ces derniers pour gagner. En moyenne, les hommes sont agressivement plus compétitifs que les femmes. Dès leur jeune âge, alors que les filles utilisent la parole pour essayer de persuader un adversaire, les garçons utilisent tout simplement la violence. Individuellement, les femmes peuvent être plus compétitives que les hommes, mais en général le style et les moyens utilisés par les deux sexes afin d’atteindre leur but sont complètement différents. Le seul fait d’entrer en compétition avec leurs pairs augmente la performance chez les hommes, alors que chez les femmes cela diminue leur niveau de productivité. Les chercheurs sont arrivés à la conclusion que ce qui produit cette baisse chez le « deuxième sexe » est l’aversion du risque. Dans le langage populaire, on résume cela par le dicton : « les femmes détestent mettre tous leurs œufs dans le même panier ». « Tout ou rien » c’est une politique qui ne marche pas du tout avec la psychologie des femmes. Prendre des risques extrêmes, cela va toujours avec les hommes. Des études montrent que la compétition suscite chez les hommes un sentiment d’excitation qui touche le plaisir, alors que chez les femmes la compétition est un motif de malaise et d’angoisse. 

Cette différence d’attitude a une explication biologique : l’adrénaline. Des études montrent que la montée de cette hormone chez les hommes est responsable de leur goût exacerbé de punir et de se venger. Lors des compétitions, le niveau d’adrénaline augmente chez les hommes, mais il baisse chez les femmes ou reste à un niveau normal. Si vous vous référez à l’histoire ancienne ou récente de l’humanité, vous avez un tableau assez concluant de cette différence biologique. Les guerres et les crimes les plus affreux sont commis par les hommes. Avec peu d’exceptions dans l’histoire de l’humanité, le goût du pouvoir, l’esprit de vengeance, l’agression, la violence caractérisent nos confrères mâles.

La question que ce chapitre a suscité chez moi, est pourquoi alors la nouvelle tendance Hollywoodienne qui veut que la femme soit l’égale de l’homme là où l’égalité n’est pas possible? N’êtes-vous pas étonnés de la multitude de films policiers dans lesquels des officiers, des inspecteurs, des criminalistes femmes prennent le devant de la scène? N’êtes-vous pas étonnés que de frêles créatures, avec des bras gros comme des petites branches sèches, soient capables des mêmes bavures que les gars de la taille de Van Dam ou Schwarzenegger? Pourquoi cette nouvelle tendance de transformer les femmes en ce qu’elles ne sont pas : des tueurs?

J’ai une expérience assez personnelle du fait que, lorsqu’il s’agit d’une confrontation physique, une femme n’est jamais l’égale de l’homme.

Dans ma jeunesse, lorsque je tenais pour vrai toutes ces histoires de super femmes, j’ai fait du karaté. C’était un des plus beaux sports des arts martiaux, Shotokan- Fudokan, un ancien art japonais basé sur l’autodéfense. Je l’ai choisi pour la beauté et l’élégance de ses mouvements, qui cache une extrême force. J’ai pratiqué ce sport plus comme une gymnastique et une hygiène de vie, pendant quatre ans, au rythme de trois ou quatre fois par semaine. Je suis arrivée à la ceinture bleue. Par la suite, vu les affres de ma vie personnelle, j’ai dû renoncer par manque de temps. Mais lors de ces années, j’ai acquis la conviction que je pourrais, éventuellement, me défendre dans le cas d’une agression dans la rue. Et à l’époque où je vivais à Bucarest, j’avais grandement besoin de cette confiance; je revenais à la maison autour de minuit et j’habitais dans un des quartiers reconnu pour son taux de criminalité élevé.  

L’incident est survenu lorsque je ne l’attendais plus : deux jours avant mon départ pour le Canada. Un soir, après avoir fêté mon départ avec des amis au centre-ville, je revenais seule à la maison. J’habitais au dernier étage et pour y accéder j’ai pris l’ascenseur, une ancienne boîte d’un demi-mètre de largeur avec des portes battantes en bois. Un adolescent est arrivé en courant. Je l’ai laissé entrer et je lui ai demandé à quel étage il allait. Il m’a dit « Au sixième ». Arrivé au troisième étage, il a bloqué l’ascenseur et il a sorti un petit couteau. Son but n’était pas l’argent, mais le sexe. En ce moment de panique, tout ce à quoi je pensais c’était qu’il allait me défigurer et que mon visage ne correspondrait plus à la photo de mon passeport. Cette unique pensée m’a fait agir follement. J’ai pris dans ma main la lame du couteau. Je voulais qu’il me coupe la main, mais non pas le visage. Dans ce bref moment, sa faiblesse d’enfant s’est manifestée. Effrayé peut-être par l’image de ma main serrant la lame, il a lâché prise. J’ai jeté le couteau dans le puits de l’ascenseur par l’espace entre les deux portes qui ne fermaient pas étanche. Puis j’ai essayé de faire ce que toutes les femmes font dans de telles situations : le persuader de changer d’avis. Mais lorsque j’ai entendu des bruits à un niveau supérieur, je me suis mise à crier. Et là le niveau d’adrénaline secrétée par nos corps a eu son mot à dire. Dans cet espace d’un demi-mètre à peine, collés presque l’un à l’autre, notre manière d’agir a fait toute la différence, malgré ma ceinture bleue au karaté et mes années de longue pratique. Le garçon a commencé à me taper dans la figure surtout au nez. Mes lunettes ont volé par terre et mon sang a giclé. Mais moi, j’encaissais sagement les coups. Aucun geste de défense ou de riposte. J’attendais qu’il ait pitié tout simplement. Lorsque le garçon a entendu des gens courir entre les étages, il a débloqué l’ascenseur, on est descendu au rez-de-chaussée, et il s’est enfui. Moi, je suis arrivée au Canada avec un visage gonflé comme une brioche, heureuse toutefois qu’après quelques mois, je sois redevenue celle que j’étais, bien que beaucoup moins confiante en mes capacités physiques de me défendre.

Vous comprenez donc pourquoi cette Angelina Jolie me tape sur les nerfs.

Août 2008

Retour au pays natal

Par Felicia Mihali

Un an après la mort de mes deux parents, je suis retournée au pays natal pour régler mes problèmes d’héritage. À ma grande surprise, il ne m’a fallu que deux jours pour tout régler alors que j’avais prévu trois semaines. Mais lorsqu’on a affaire avec les notaires, on se rend compte que quelque chose a changé en Roumaine. Le notaire public est devenu le métier le plus payant et le plus recherché. Un neveu, qui a fait des études en droit, me disait qu’auparavant le notariat était la voie des finissants les plus faibles. Depuis 1989, vu la quantité de ventes et d’achats qui s’effectuent quotidiennement, le notaire ne peut jamais se plaindre du manque de travail. Par conséquent, les honoraires sont à sa discrétion, ces derniers n’étant pas contrôlés par l’État. Mais tant que le processus est accéléré, on ne se plaint pas.

Après tant d’années, j’ai vu finalement à combien s’élève la fortune de mes parents, ce qui, dorénavant, représente ma propriété. Pas grand-chose, pour une famille qui était aisée avant l’arrivée des communistes. Mais ma famille était un peu spéciale : bien que paysans, ils n’ont jamais aimé la terre vu l’effort demandé pour la travailler. Après la révolution, les cinq héritiers ( mon père et quatre sœurs)  se sont partagés le terrain selon un accord à l’amiable, ce qui donnait à ma famille une surface de deux hectares, ce qui veut dire 20 000 mètres carrés. À part ça, ma famille héritait de la vieille maison de mes grands-parents, mon père étant le seul fils, d’une surface de 2200 m² et d’une petite vigne de 1000 m². Pendant la maladie de mon père, ma mère en a vendu un hectare, car elle était incapable de travailler. C’est ici que mes problèmes ont commencé.

Pour cet hectare de terre vendu, je continue encore de payer des taxes, car ma mère l’a vendu sur la base d’une entente écrite entre les parties, mais sans aller  chez le notaire et à la mairie du village pour changer de propriétaire dans le registre agricole. Théoriquement, tant que ce papier n’a pas de valeur légale, je suis encore la propriétaire et, naturellement, c’est moi qui paie les taxes. Je suis allée voir les deux acheteurs pour leur dire qu’ils doivent me décharger de cette surface. J’ai payé les frais pour deux ans, mais je leur ai expliqué que les années suivantes je n’ai pas l’intention de faire la même chose. Les deux acheteurs se sont montrés évasifs. Oui, ils savaient devoir faire toutes ces paperasses, mais pourquoi se presser? Pour eux, la terre est immobile et tant qu’ils savent où ils doivent  aller chaque jour pour travailler, ils n’ont pas d’autres soucis. À la fin, j’ai dû les menacer d’un procès au cas où j’aurais encore des taxes à payer, alors que ce sont eux qui profitent des produits de la terre.

L’autre chose qui m’a convaincue qu’en Roumanie, malgré tous les changements et  son adhésion à l’Union Européenne, les choses bougent lentement, est l’aspect de la capitale. Bucarest n’a jamais été une ville facile à gérer et depuis 1989 il semble qu’aucune administration n’ait été capable de venir à bout des problèmes. Mais la lenteur des améliorations, l’aspect oriental de la banlieue et des marchés, la saleté, vous font perdre confiance qu’un jour cette ville sera proche de ses consœurs occidentales.

De manière générale, une toute petite partie de la population profite des nouvelles opportunités survenues après l’adhésion à l’UE: ils comprennent le vent des changements et en profitent pour s’enrichir, parfois de manière pas trop légale. Mais la population agricole vit encore comme au Moyen Âge, dans des villages où il n’y a ni eau courante ni routes. Nous avons dû aussi assister à l’enterrement d’un oncle de mon conjoint, et le rituel de l’enterrement, avec les trois jours de veille autour du cadavre exposé dans la maison, la quantité de repas et d’effets personnels offerts pour l’âme du décédé m’ont convaincue qu’il faudra encore 50 ou 100 ans pour que la Roumanie ferme la porte à l’Orient.  

Il y a aussi la télévision. Le langage utilisé par les animateurs, le niveau des discussions, l’attitude des deux parties, invité et animateur, sont de piètre qualité et n’inspirent pas confiance dans tout progrès. 

La seule bonne chose qui demeure et que personne jamais ne pourra gâcher est le paysage de ce magnifique pays. Nous sommes allés surtout dans la région sous-Carpates, là ou l’ancienne civilisation dace a enseveli ses trésors, avec des villages aux belles petites maisons cachées derrière des arbres fruitiers, des fleurs et des vignes, avec des stations balnéo-climatiques aux sources d’eaux minérales, avec des monastères de nonnes et de moines, de véritables havres de paix et de beauté. Tout ce trajet sur des routes parfaitement entretenues, m’a fait oublier le chagrin de voir les pauvres villageois se fier encore à un bout de papier signé au coin de la rue, de voir la capitale aux ruelles défoncées où personne ne travaille, d’écouter le langage dérisoire, la vulgarité et l’inculture des animateurs de télévision. Oui, la Roumanie est un magnifique pays où la vie peut être belle, mais il faudra encore attendre un petit bout de temps.

Août 2008

Francofolies : 20 ans de présence francophone sur la scène musicale montréalaise

Par Iulia-Anamaria Salagor

Les statistiques sont claires : 11 jours de festivités, 175 spectacles extérieurs gratuits, 50 spectacles en salle et quelque 1200 artistes. Vingt ans de découvertes musicales, des milliers de chansons d’expression française, dans la seconde ville francophone en importance au monde !

C’est bien de faire le bilan après chaque projet ou étape, d’analyser les réussites et les faiblesses, car les futurs succès sont toujours basés sur les conclusions de cette analyse. Mais il ne faut pas oublier que les résultats sont en liens avec les objectifs et les attentes de et chacun, organisateurs ou spectateurs. Parfois les chiffres ne reflètent pas la vérité intégrale du succès d’un événement culturel. La conférence de presse - Bilan des 20e Francofolies de Montréal- tenue le 4 août au Salon des Arts, en est la preuve. Les organisateurs ont enregistré cette année un déficit d'environ 100 000 $ ce qui représente 1 % du budget total du festival, soit 10 millions de dollars,  un montant jugé «dans la marge d'erreur » par le président de l'événement, Alain Simard. D’un autre côté, ils ont enregistré deux records : celui de la vente de billets et des ventes sur le site. Pas moins de 50 000 billets ont trouvé preneurs au cours du festival. Et il faut mentionner que Pierre Lapointe a vendu à lui seul 12 000 laissez-passer.

On ne met pas en question la programmation, même si les opinions sont très différentes. Peut-être vous avez aimé Mademoiselle K ou MeLL ou Cali. Est-ce que vous êtes adepte du punk, du rock, du pop ou de hip-hop électro? Une chose est sûre : on a trouvé un peu de tout ça et on  s’est beaucoup amusé devant les scènes extérieures! Mais je vous avoue ma surprise de voir que pour les organisateurs le terme « francophone » se résume aux « Québécois » ou aux « Français ». Où sont les Francophones d'ailleurs que ce soit de la Belgique, de la Suisse, de l'Afrique? Pourquoi aucun artiste issu de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick ?  Peut-être seront-ils présents l’année prochaine, pour la 21e édition des Francofolies, qui aura lieu du 30 juillet au 9 août 2009, dans le futur Quartier des spectacles.

À voir ou revoir, n’oubliez pas que TV5 Québec‑Canada diffusera le « Grand rendez-vous Loto‑Québec » avec Gregory Charles le dimanche 24 août à 20 h ainsi que les prestations de Karkwa et de Malajube (tirées du spectacle « 20ans...danslesdents! »,) en première partie de la « Grande soirée de clôture Ford », le dimanche 17 août prochain à 20 h.

Août 2008

Luz Garcia de Zielinski

Montréal : « Ville exceptionnelle qui nous offre le choix des concerts pour tous les goûts, de bonne qualité et gratuits! »

Par Luz Garcia de Zielinski

Quand Felicia Mihali, notre rédactrice en chef, nous a dit que le thème de cette édition était les vacances, j’ai hésité à le faire puisque je ne suis pas partie très loin cet été mais je me suis dit que nous pouvons avoir de belles vacances tout en restant sur place. J’ai vraiment profité de cet été, en allant à chaque festival gratuit organisé à Montréal ou dans les alentours. La ville de Montréal est exceptionnelle et elle nous offre le choix des concerts pour tous les goûts, de bonne qualité et sans coûts!

L’un de concerts du Festival de Jazz que j’ai beaucoup apprécie fut celui du groupe «Zita Swoon », qui m’a plu pour son originalité et pour sa musique rythmée.  Les membres viennent de partout : de la Belgique, de la Guadalupe et de la France et ils font vibrer l’audience avec leur musique. Et qu’est-ce que je peux vous dire du concert de clôture du musicien d’origine africaine Mory Kanté….quelle énergie, quel enthousiasme, il nous a fait danser tout au long du concert.   Son disque «Yéké, yéké » est considéré comme le disque africain le plus vendu de tous les temps dans le monde entier!   Imaginez!

Pour continuer dans la veine de festivals, j’ai vu le défilé de fermeture du Festival Juste pour rire:  que des couleurs, d’ambiance et de participation du public présent!

Pour sortir un peu de la ville, j’ai décidé d’aller à l’extérieur de Montréal, au prestigieux Festival de Cinéma du Mont Tremblant où j’ai passé un week-end merveilleux.  J’ai apprécié, entre autres, un film mexicain qui a été en compétition :  « Sangre Iluminada » du réalisateur Iván Dueñas et qui a gagné le prix de la mention spéciale. L’histoire nous parle d’un phénomène bizarre qui se produit d’une façon régulière dans la vie de plusieurs personnes.   La vie de l’un d’eux change pour se poursuivre dans le corps d’un autre et chacun de ces personnages porte un médaillon, porteur de bénédiction ou de malédiction.  Des images d’une beauté saisissante et d’une spiritualité profonde. 

Dans le cadre du même festival, j’ai eu la chance d’assister à une soirée « tapis rouge » en honneur à des artistes invités et du jury où je me suis sentie comme à Hollywood.  Il y avait des artistes locaux et internationaux telles que : le réalisateur français Gérard Krawczyk(Fanfan La Tulipe, Taxi), Anne-Marie Cadieux, actrice québécoise (La face cachée de la lune, Mama last call), Lyne Charlebois, réalisatrice québécoise (Borderline), Sofia Sondervan, productrice (The King, Party Monster), Emmanuel Chriqui, actrice d’origine montréalaise travaillant aux Etats-Unis (The Crow, You don’t mess with the Zohan), Mark Lindsay, distributeur président de Kimmel International et l’acteur français que j’admire Laurent Lucas (Maman est chez le coiffeur; Harry, un ami qui vous veut du bien) et avec lequel j’ai eu le grand plaisir de parler lors de cette soirée et qui est d’une simplicité à couper le souffle! J’ai beaucoup apprécie cette ville que je ne connaissais pas et où j’ai très bien mangé et joui d’un week-end formidable à la piscine de l’hôtel, où il y avait un sauna, un bain tourbillon et tous ces plaisirs qui font la joie du corps et l’esprit!

Une délégation mexicaine a participé tout en offrant des spectacles de danse, de musique et des plats traditionnels des différents endroits du Mexique.  Ç’a été dépaysant pour les gens avec lesquels j’étais. Une soirée en honneur des artistes participants au film « Sangre Iluminada » fut organisée et j’ai eu la joie de parler, entre autres, à Leticia Gutiérrez, actrice principale qui est d’une beauté époustouflante, pleine de talent. 

De retour à Montréal,  le festival latino-américain à l’Ile Jean Drapeau  m’attendait où j’ai écouté, entre autres,  la chanteuse vénézuélienne Soraya Benitez avec sa voix puissante qui la caractérise!  Mais avant le concert, j’ai plongé dans les eaux du fleuve Saint-Laurent à la plage de l’Île Sainte-Hélène où j’ai passé une partie de la demi-journée à me faire « dorer » la peau et à manger de la nourriture que je ne mange pas tous les jours:  des hamburgers avec des frites et de la crème glacée.  Ça fait du bien de bouffer la nourriture que j’appelle « cochonne », mais du temps à autre seulement!

Un autre jour, je me suis promenée au Vieux Port de Montréal. Cet endroit offre tant des choix! J’y ai pu savourer de la fine nourriture italienne puis, dans la même soirée, écouter quelques concerts de reggae. Je me suis également adonnée aux joies de farniente, en regardant, allongé dans l’herbe, les touristes et les Montréalais arpenter les berges du fleuve.

Parmi une multitude d’activitées culturelles, je vous recommande une qui se passe à la galerie de Espacio Mexico. Il s’agit de l’exposition collective « Artistas mexicanos a Montréal » qui a été organisé par le Consulat mexicain. Pour la première fois de toute l’histoire de cet endroit, des artistes mexicains qui habitent à Montréal ont pu exposer.  Dans le passé, cet endroit n’accueillait que les artistes venant du Mexique. C’est vraiment une première et j’ai été ravie de rencontrer, lors du vernissage, la colonie artistique latino-américaine de Montréal, sans oublier les représentants des plusieurs consulats et délégations. J’ai adoré la variété de cette exposition et les différents médiums utilisés tels que la gravure, les procédés mixtes, la peinture, la sculpture, etc. Que des couleurs et des mouvements dans leurs travaux.  Comme j’adore la peinture symboliste, j’ai eu un petit faible pour les travaux de ce grand artiste qu’est DASIL. Vous avez encore le temps d’y aller puisque l’exposition se poursuit jusqu’au 29 août!

Pour ne pas oublier le cinéma plus commercial, j’ai aussi regardé le grand hit de l’été BATMAN et franchement, j’ai été déçue.  J’aime beaucoup l’acteur Christian Bale et c’est pour ça que je voulais le voir,  mais je l’ai regretté!

Pour compléter le tout, d’autres belles activités gratuites se poursuivent à Verdun:  Les démonstrations de Tango, de Salsa et des fêtes aux piscines.  Par exemple, la fin de semaine dernière,  je suis allée au bord du fleuve au 5150, blvd. LaSalle  où j’ai participé à :  « L’art et le traversier à Verdun ».   Mme Beatriz Stanevitch, présidente du Clobé Maritime a inauguré, depuis presque deux mois, le passage que  relie « Verdun terre ferme avec Verdun L’île des Sœurs » et c’est là-bas,  que plusieurs peintres se sont donnés R.V. samedi dernier et qui ont partagé la joie de peindre à l’extérieur avec les passagers du traversier. 

La saison estivale continue et la fête aussi! À nous de profiter de cette belle panoplie d’événements….à nous de jouir de l’été!

Je vous laisse en vous souhaitant un bel fin d’été…..Vous n’avez pas d’excuses!  Montréal nous offre tout ce qu’il faut pour passer de belles vacances!

En images :
Le groupe Zita Swoon festival de Jazz
Peintre en action au traversier à Verdun
Peinture et traversier à Verdun

Août 2008

Resedinta Fronius

Par Doru Vladoiu

În vara asta, întîmplarea a făcut să particip la o tabără de creatie, alături de alti 13 artisti - Ion Sălisteanu, Stefan Pelmus, Marcel Lupse, Nicolae Iorga, Leonida Spermezan, Petru Ovidiu Dumbrăveanu, Doina Moisescu si altii -  tabăra organizată de judecătorul Nicolae Ionas, la Sighisoara.

Nu are rost să mai insist asupra frumusetii localitătii si a cetătii care respiră aerul de azi, in ciuda vechimii ei.

Plimbîndu-mă pe strada principala a cetatii, am luat-o la stînga ca să ajung la Scara Acoperită, ce are 175 de trepte si urcă la biserică. Dupa nici 100 de metri, atentia mi-a fost atrasă de o frescă cu o superbă inscriptie, foarte frumos dezvelită si restaurată, datînd din sec XVI. Pe fatada clădirii era scris pe o placă «Residence Fronius», iar alături, o constelatie de 5 stele. Ei, 5 stele la Sighisoara, ce-i asta, mi-am zis.

M-am uitat cu mai multa atentie la exteriorul cladirii, la ramele geamurilor, la tencuială, la usa de intrare, la toate finisajele exterioare în general si m-a surprins calitatea restaurării si grija pentru cel mai mic detaliu.

Curiozitatea m-a impins si am intrat. Totul, incepînd de la usa din stradă, pîna la fetele de masă, absolut totul era original, făcut cu zeci si sute de ani în urmă.

Amabila, receptionistă - profesoară de engleză de profesie - a început să-mi povestească istoria casei. La un moment dat, a apărut un tip între două vîrste, cu un aer jovial, dar în acelasi timp retinut, si prietenos.

Era Ion Lazăr, proprietarul hotelului, care m-a si invitat să-i vizitez camerele, crama, restaurantul, barul. Totul era intim, cu dimensiuni umane, ceva care te face sa te simti ca acasă, dar nu oriunde, ci acasă in România de altă dată, plină de traditii, asa cum unii dintre noi ne-o mai amintim.

Aveai impresia că te afli mai degrabă într-un muzeu decît într-un hotel. Toată lemnăria a fost restaurată cu profesionalism, la fel ca si restaurarea zidurilor si frescelor din camere. Respirai artă si istorie în cel mai mic detaliu.

Nu e de mirare că restaurarea a durat trei ani si jumătate, si că Ministerul Culturii a premiat-o ca fiind cea mai bună restaurare făcută cu fond privat.

Clădirea însăsi, datează din 1850, iar numele de Fronius, vine de la proprietarul sas de la al cărui urmas a fost cumparată de dl. Lazar Ion, si care trăieste astazi în Germania.

După aspectul stucaturilor recuperate de prof. Romeo Gheorghită, fresca descoperită e unică, prin continut si grafism, în toata zona Transilvaniei.
Superba frescă de deasupra intrării principale, a fost scrisă in latină, în urma incendiului din 1676 care a devastat cetatea, si este o multumire adusă lui Dumnezeu pentru că respectiva clădire a fost crutată de flăcări.
Textul este din Eneida lui Vergilius, cîntul al doilea si se traduce astfel: «De acolo coborînd, m-am strecurat printre dusmani si jar in fata ei, zeitei, dusman si flacără dispar».

Pe tavanele in stil gotic, sustinute pe arce din piatră si sculptate cu elemente decorative, se mai poate vedea incă fumul incendiului. Din loc in loc insa îsi fac aparitia zone de frescă ramase intacte si minunat restaurate.

In 1676, au scăpat de incendiul de la Sighisoara doar cele 3-4 clădiri care aveau put interior cu apă, iar in cazul resedintei Fronius, această fîntînă există si azi.

Hotelul aproape muzeu, nu are mai mult de sapte camere, fiecare deosebindu-se de cealalta. Camerale sunt diferite, în functie de mărime, pozitie, decoratiuni, si poartă nume ce iti aprind imaginatia: Camera artistilor, Hermina, Septima, Agatha, Felicia, Patricia, Antonia.

Pe fereastra din Camera Artistilor se vede impunătorul turn cu ceas cu păpusi, vedere ce poate inspira artistii veniti s-o locuiască.

Clientela hotelului este formata mai ales din rîndul oamenilor care stiu să aprecieze arta si istoria. Mobilierul din camere - paturi, tăblii, lăzi de zestre, mese, scaune, oglinzi, obiecte de decoratie – este autentic, vechi, si a fost adus din toată Transilvania, restaurat cu minutiozitate si transformat intr-unul functional în acceptia modernă a termenului.

Podeaua este din scîndură veche de peste 100 de ani îmbinată cu măiestrie, iar gresia antică de pe unele pardoseli e făcută manual.

Fosta pivnita a fost trasformata in bar. Mesele sînt făcute din grinzi adunate din toată cetatea, pe ele văzându-se încă inscriptiile originale, datând din 1822.

Băile sînt placate cu aceeasi gresie antică, instalatiile moderne si chiuvetele din piatră cioplită, fiind o îmbinare inspirată intre modern si traditional.

Totul respiră grijă pentru detaliu si bun gust. Personalul este coordonat îndeaproape de Ion Lazăr însusi, care nu iartă nici cel mai mic aspect, de la pliurile perdelelor trase, pînă la pozitia vazei cu flori de cîmp de pe masă.

Totul este primitor, curat, si făcut cu respect pentru traditie, istorie si artă. Alt mare merit al proprietarului a fost încrederea pe care a acordat-o tuturor specialistilor pe care i-a consultat în restaurare: artisti, arhitecti, cioplitori, tîmplari si asa mai departe.

Deasupra biroului de la receptie - o veche tejghea de tîmplar reamenajată si dotată cu toată aparatura necesară - atîrnă o tapiserie cusută de mînă care povesteste prin imagini sugestive, întreaga istorie a cetătii de la începuturi pînă in ziua de azi.

În restaurantul mic si intim, cea mai “tînără” fată de masă are 80 de ani si este tesută manual la război, din cînepă si in.

Usile, broastele, ferecăturile, geamurile si balamalele sînt originale, reparate, frumos restaurate si devenite din nou functionale. Cheia care o primesti de la receptie este si ea veche, bineinteles autentică si vă asigur ca nu are nici o legatură cu cărtile magnetice sau cheile Yale.

Totul a fost dezmembrat, analizat si apoi restaurat si îmbinat cu grijă, cu cepuri de lemn ca să se inchidă perfect, iar pe sticla geamurilor se văd încă ondulatiile vechi.

Cînd intri in clădire esti cuprins de un sentiment de respect pentru ce a fost si ce este incă, iar cînd o părăsesti, de un sentiment de regret, ca după un roman care ti-a plăcut, dar care s-a terminat prea repede.

După ce m-am impregnat cu tot ce era in jur si bineînteles si cu o sticlă de Silva neagră băută în răcoarea boltei de cărămidă de deasupra, împreună cu Lazăr, am părăsit «Residence Fronius» cu invitatia de a veni în aceeasi seară la hotelul Sighisoara unde va avea loc un mini-spectacol intim pentru prieteni - doi cîntareti de jazz din România care se întîlnesc cam de două ori pe an si improvizează plini de inspiratie pentru cunoscători si apropiati.

Pe scurt a fost minunat tot ce am vazut si auzit.

 

http://www.froniusresidence.ro

Doru Vladoiu.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2007. Tous droits réservés