Depuis 2001 • No 46 • Montréal • 15.06.2008
Juillet 2008

L’enfer d’être mère

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Le vide de l’instant qui n’est déjà plus

Si vous aimez l’œuvre de Sarah Kane, vous aimerez Ravaler, le deuxième roman de Martyne Rondeau, publié aux éditions XYZ. Les deux auteures partagent une même violence, une même vision de l’écriture, qu’elles utilisent comme mode de libération.

Chez elles, les personnages vomissent leur mal-être. Marina, la protagoniste de Ravaler, affirme ainsi qu’elle écrit pour faire passer le morceau, pour s’arracher et s’abandonner : « J’écris en pleurant encore. L’écriture va avec les larmes. […] Je suis in vivo dans l’écriture du déchet. Je pèse des tonnes. Et j’avale les phrases empruntées, les paragraphes bien tassés, les pages volantes. Plagiat personnalisé. Bleu royal je suis camion d’ordures. Je rote à chaque bouchée, je sens le reflux d’égout. »

Comme l’auteure de Blasted, Martyne Rondeau provoque et dérange, entraînant le lecteur aux frontières du supportable. Son roman au féminin, portant sur la maternité, est tout sauf un roman à l’eau de rose qui enjolive cette étape de la vie. Dans ses propres mots, c’est un « testament maternel » où elle met en scène un côté sombre de la maternité, donnant la parole à une mère, Marina, qui expose « ses entrailles sur papier ».

Marina aime son fils à la folie, « sans protection », « à en trembler », d’un amour passionné mais malsain et destructeur. Elle affirme qu’elle n’aura été « qu’un ventre et une bouche ». Elle ira même jusqu’à se comparer, en tant que mère, à une « vache dans un pré à vendre ».

Pour son fils, elle quitte la ville et s’installe dans une banlieue qu’elle déteste. Avant d’avoir ce petit garçon, qu’elle prénomme Roman, elle avait fait quatre fausses couches et commençait à croire que son « utérus-refuge » n’était bon que pour six semaines et demie. À la naissance de son garçon, elle comprend que, en fait, son corps ne faisait que rejeter les filles. De plus, elle vit encore un deuil terrible au cours de sa grossesse, celle de son conjoint. Il faut dire que, pour Marina, « la vie n’est qu’une suite violente qu’on apprivoise sans crème solaire ».

L’univers de Martyne Rondeau, dans ce roman, en est un sombre. Au même titre que Sarah Kane, à qui elle fait référence, son œuvre n’épargne personne. Ravaler est troublant et porte bien son titre.

Martyne Rondeau, Ravaler, Montréal, XYZ, 2008, 130 p.
Juillet 2008

La vie difficile d’une sidéenne

Par Jean-Sébastien Ménard

 
La poésie des rosiers

Après avoir vécu 13 ans à Toronto, Béatrice décide de revenir à Québec. À l’aube de ses 40 ans, elle a envie d’un nouveau départ. En prenant la route, « elle ressent la même exaltation qu’ont dû éprouver ceux qui roulaient sur l’inter state 19, à l’époque de Kerouac, traversant l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le Colorado à la conquête de l’Ouest et d’une vie nouvelle ». Comme Kerouac l’avait fait, Béatrice prend la route et retourne dans la ville où elle a passé son enfance, « persuadée que ce retour lui permettra de se recréer tout en effaçant les blessures et en évacuant la colère des dernières années ». La route devient pour elle l’occasion de revisiter le passé, de nous donner à voir un panorama de ses souvenirs pour « faire tomber ces miettes d’histoire qui lui collent encore à la peau, les faire disparaître pour de bon ».

Sur l’autoroute 401, en écoutant Jorane, Béatrice se remémore ainsi sa vie à Toronto. Avec elle, nous revisitons cette ville « où il y a tant à faire », humons le parfum de la rue Yonge, du quartier chinois, de celui surnommé les « Beaches », de la rue Queen : cette ville où elle a contracté le virus du sida lors d’une aventure sans lendemain. Nous regardons ensemble dans le rétroviseur son existence marquée par le VIH, lui qui a « tiré la chasse sur ses rêves ».

Avec Debout en clair-obscur, Laurette Lévy signe un premier roman captivant portant sur le sida et la difficulté de vivre avec cette maladie. À travers l’histoire de Béatrice, l’auteure aborde différents sujets gravitant autour de la maladie, comme ceux du deuil en général, des amis morts, de la carrière à abandonner, de la fragilité de la vie, des effets secondaires des médicaments.

L’auteure aborde aussi des thèmes tels l’adoption d’enfants par des personnes séropositives, la dépression, la vie de couple difficile, voire impossible, entre un sidéen et un « non-infecté », couple que l’on nomme « sérodiscordant ». Lévy illustre par ailleurs l’importance de l’amitié, du partage, du besoin d’amour et de chaleur humaine.

De plus, elle parle de la première conférence nationale sur les femmes et le sida, qui s’est tenue à Toronto en mai 2000, et à laquelle a participé Béatrice; de la situation des femmes immigrées atteintes de la maladie; de la Société canadienne du sida; du Réseau canadien d’info-traitements sida (CATIE); d’Aids Action Now (ANN); d’Aids Committee of Toronto (ACT); de Voices of Positive Women (VOPW); de la trithérapie; du reiki; du shiatsu; des médecines ayurvédique, chinoise et amérindienne; du médicament AZT; de la lipoatrophie; de neuropathie; des CD4+, etc.

Avec Laurette Lévy et Béatrice, son personnage, nous effectuons un voyage où nous apprenons beaucoup sur le sida, les organismes qui militent pour la prévention et le support aux malades et, surtout, le quotidien d’une sidéenne.

Roman touchant, il éclaire la réalité des personnes infectées par ce virus qui brise encore trop de destins. Comme le dit Béatrice, elle aurait eu « une toute autre vie sans ce maudit virus ».

À lire.

Laurette Lévy, Debout en clair-obscur, Sudbury, Prise de parole, 2007, 228 p.

Juillet 2008

Sylvain Lelièvre le Grand

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Le théâtre, l’amour et la vie

J’ai grandi en entendant mon père fredonner des airs de Sylvain Lelièvre, ce chansonnier qu’il aime et écoute encore aujourd’hui, affirmant que son œuvre n’a pas vieilli, qu’elle a su traverser le temps. Ce poète-musicien est, selon lui, du même calibre que les Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Jacques Brel, Léo Ferré ou Georges Brassens. C’est un classique de la chanson française qu’on doit connaître.

En l’écoutant, ou en le lisant, je ne peux m’empêcher de penser à mon père et d’admettre qu’il a raison : Lelièvre fait partie des grands paroliers que le Québec a produits. Cet ancien professeur du Cégep Maisonneuve, à Montréal, possédait une oreille à la fois musicale et poétique et il a su créer une œuvre aussi personnelle que touchante.

Ses textes sont portés par une belle simplicité et par un amour de la vie. Le lire donne envie de chanter avec lui, car nous retrouvons avec bonheur les paroles de chansons marquantes telles les « Choses inutiles », « Kerouac » et « Petit matin ».

Une des surprises du recueil Le chanteur libre, qui nous présente toutes les chansons qu’il a écrites, c’est les notes explicatives qui accompagnent certains textes comme « Au mois de mai », « Au milieu de nous deux », « La basse-ville », « Je descends à la mer », « Marie-Hélène », « Le joueur de piano », ou « Tôt ou tard » avec lesquelles l’auteur nous présente la chanson ou ajoute une anecdote l’entourant. Par moments, ce sont des collaborateurs dont Robert Léger, Daniel Lavoie et Danielle Oderra qui y vont d’un mot au sujet d’une de ses chansons. Cela nous permet de mieux connaître l’œuvre ainsi que l’homme derrière les mots. 

De plus, il est intéressant que les chansons soient datées. Nous pouvons en effet suivre l’évolution de cet auteur-compositeur et constater que sa source d’inspiration ne s’est jamais tarie. 

Dommage qu’il nous ait quittés si tôt !

À lire si possible en écoutant les disques.

Sylvain Lelièvre, Le chanteur libre, Montréal, Typo, 2008, 335 p.

Juillet 2008

La difficulté d’être dans sa peau

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Lumière, éveil et poésie

Avec Les faux départs, son premier roman, Marie Lefebvre explore le sombre univers d’une anorexique qui, alors qu’elle a la vie devant elle, ne rêve que de mort. Le jour de ses 18 ans, elle décide ainsi que, ayant cessé de grandir, elle rapetissera. Dans ses mots, elle exprime son projet : « Je créerai ma mort, doucement. Je ne me ferai pas voir. Elle ne m’aura pas. ». La jeune femme choisit donc de se détruire de « manière routinière, avec la fiabilité d’un autobus qui fait son circuit ».

En effet, cette jeune femme veut plutôt s’effacer de la surface du monde et mettre fin à ses « spasmes de vivre », à son « malaise dans tous les recoins » de sa vie. Elle n’est pas le garçon tant attendu par ses parents, pourtant, « presque 20 ans plus tard, [elle] lui ressemble » grâce à ce corps qu’elle trouve affreux et osseux, squelettique mais qui demeure toutefois « une preuve de présence ».

Selon elle, « le sens de l’existence se trouve dans l’attachement qu’on porte aux autres ». Or, elle ressent une « distance entre elle et les autres ». Elle se sent minuscule par rapport au monde. Et dans un sens, c’est compréhensible, car elle ne fait pas « 35 kilos ». Elle affirme que « devant [elle], il y a un vide. Derrière une filiation. » Il lui est par ailleurs plus « difficile de faire [sa] vie que [sa] mort. [Sa] mort. Il suffit de refuser les fruits dans le panier sur la table. Il suffit de regarder par la fenêtre et de se dire que quelque chose de grand [l’attend]. »

Son état se détériore et finit par la conduire à l’hôpital où on s’emploie à la guérir. Pour le faire, les médecins veulent « remonter jusqu’aux origines du mal ». La jeune femme, elle, pense que c’est elle, la source du mal. Sa soif d’absolu est trop grande pour être assouvie, et, de toute manière, elle ne fait pas le poids pour « aller au-devant de l’humanité. »

Les faux départs est un roman perturbant. Marie Lefebvre signe ici un livre traversé par une douleur de vivre et une difficulté d’être si intense que le cœur nous chavire en le lisant. Paradoxalement, c’est une œuvre qui donne au lecteur l’envie de mordre dans l’existence, d’en apprécier au maximum toutes les parcelles et d’éprouver de la compassion pour un mal de l’âme si grand qu’on le croirait incurable.

Ce premier roman d’une beauté maladive étonne par sa force et son style minimaliste allant droit au but. Marie Lefebvre, une auteure hors du commun qui permet de mieux comprendre l’univers d’une anorexique.

Marie Lefebvre, Les faux départs, Montréal, Triptyque, 2008, 136 p.

Juillet 2008

Une balade en train à lire Stéphane Achille

Par Jean-Sébastien Ménard

 
Voyager, arriver à soi

Balade en train assis sur les genoux du dictateur est un roman, le premier de Stéphane Achille, fort agréable à lire. Vivant et original, aucun mot n’y est de trop. Ce n’est pas pour rien qu’on lui a attribué le prix Robert-Cliche 2007.

Achille y met en scène un musicien qui, après avoir tenté de percer dans le monde de la musique, constate son insuccès. Entre les stars « académiciennes » et les grandes vedettes de la chanson populaire, dont les tubes tournent en boucle à la radio, le protagoniste prend conscience qu’il est, à l’instar de beaucoup d’autres, un musicien raté : son rêve ne se réalisera pas, même s’il a autoproduit son album et qu’il a investi beaucoup d’argent, de temps et d’énergie dans ce projet.

Amer de cet échec, sans le sou, il quitte Paris, son lieu de résidence, pour se rendre à New York. Il vivra dans une chambre d’hôtel où son frère l’a invité afin de se changer les idées. Alors qu’il y vit en reclus, il fait la rencontre inusitée d’un Sud-Américain l’invitant à venir visiter son pays avec lui. Naïf, le musicien accepte la proposition sans trop réfléchir et apprend, durant le vol le menant vers l’hémisphère sud, que son nouvel ami est en fait un dictateur, et qu’il a « découvert » sa musique et écoute régulièrement ses chansons. Il se retrouve donc dans un pays inconnu, à voyager en train aux côtés d’un homme ayant droit de vie et de mort sur son peuple.

Drôle et efficace, ce roman est aussi propice à la réflexion. Achille dresse un portrait percutant du monde de la musique à l’heure du marketing. Comme il le souligne : « Les grandes sociétés de musique font enregistrer leurs propres artistes dans leurs propres studios, assurent leur propre distribution et possèdent leurs propres magasins. L’artiste qui signe avec une de ces majors ne touche à peu près rien en droits radio ni sur la vente de ses disques. Il voit cependant sa gueule tapissée sur les murs des nouveautés dans les magasins de disques ainsi que sur les palissades de tous les chantiers de construction de la ville. On le voit à la télé, on l’entend à la radio, et il donne même son opinion politique si on est en période d’élections. On peut également lire l’histoire de son enfance difficile dans les revues pour adolescentes de tous les âges et les majors réussissent ainsi à vendre leurs chanteuses à voix et leurs chanteurs génériques sans couilles à un public qui ne leur avait rien demandé. » Alors que le protagoniste nous raconte sa démarche artistique et ses efforts pour se tailler une place dans cet univers, le lecteur constate que la route vers le succès est loin de ressembler à ce que l’on peut voir dans les concours de télé-réalité.

Dans une moindre mesure, Balade en train assis sur les genoux du dictateur propose un regard caricatural sur la figure du dictateur. Entre le personnage naïf qu’est le musicien et le tyran sanglant ayant pris l’habitude de penser pour son pays, le lecteur peut songer au film The Last King of Scotland, dans lequel on retrouve le même genre de dualité entre un tyran et un étranger pour lequel il se prend d’affection. Toutefois, Achille ne fait pas de politique et ne dénonce aucune dictature en particulier avec ce roman; le nom du pays où voyagent le musicien et son « ami » ne sera jamais dévoilé. 

Dans un monde où « la demande en actualité est forte. La demande en vraie nouveauté l’est moins. » Or, c’est ce que Stéphane Achille nous propose ici avec un premier roman digne de mention.

Il est intéressant de souligner qu’Achille, à l’instar de son personnage, est aussi musicien. En 2003, il a fait paraître son premier album musical, Exposition, qu’il a autoproduit. Plus récemment, il a lancé Variation, un E.P. qui présente six nouvelles chansons. On peut entendre et télécharger sa musique sur son site internet : www.achillemusique.com.

Stéphane Achille, Balade en train assis sur les genoux du dictateur, Montréal, VLB éditeur, 2007, 192 p.

Nouveautés éditoriales
Septembre 2008

Sous la direction de LISE BIZZONI et CÉCILE PRÉVOST-THOMAS

La chanson francophone engagée

La chanson francophone engagée

Loin de constituer un sous-genre de la chanson francophone qui aurait comme seul trait d’engagement celui d’un texte à vocation sociale ou politique, la chanson engagée, telle qu’envisagée ici, ouvre les frontières de son appellation. Elle est à la fois un objet singulier (musique, texte, voix) et une pratique plurielle (artistes, producteurs, diffuseurs, médias, publics) qui s’expriment symboliquement (langue, identité) en fonction de différents supports et espaces privés ou publics. Issus de la réflexion commune d’un ensemble de jeunes chercheurs qui consacrent leurs travaux à la chanson québécoise et française, les textes proposés permettent, loin de toute idéologie, d’apprécier la pluralité de l’expression «chanson engagée» à travers des approches littéraire, musicologique ou sociologique. Le présent ouvrage témoigne de la pertinence de l’étude de cet objet capable de révéler les enjeux culturels de la société contemporaine. Parmi les auteurs-compositeurs et les groupes étudiés : Anne Sylvestre, Bérurier noir, Georges Brassens, Loco Locass, Mes Aïeux, Rachid Taha, Richard Desjardins, Les Vulgaires machins, Thomàs Jensen, Zebda, etc.

LISE BIZZONI partage son temps entre son poste de coordonnatrice scientifique du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises de l’Université du Québec à Montréal (CRILCQ-UQÀM) qu’elle occupe depuis 2003 (notamment en organisant des colloques sur la chanson!) et une thèse sur la rhétorique polémique dans l’oeuvre de Jules-Paul Tardivel sous la direction de Dominique Garand.

CÉCILE PRÉVOST-THOMAS, docteure en sociologie, est membre associé au groupe de recherche Jazz, chanson et musiques populaires actuelles (JCMP) de l’Observatoire musical français (OMF) de l’Université Paris IV-Sorbonne. Spécialiste de la chanson francophone à laquelle elle a dédié sa thèse de doctorat, elle a publié une dizaine d’articles sur le sujet, notamment « Les temporalités de la chanson francophone contemporaine » (Cahiers internationaux de sociologie, vol. CXIII, 2002) pour lequel elle a obtenu en 2000, à Québec, le «Prix du jeune sociologue ».

Septembre 2008

Les noces de feu

André Marquis

Les noces de feu

Deux récits s’entrecroisent dans ce roman singulier : celui d’une enquête policière à propos d’un cadavre découvert dans l’incendie d’un centre équestre réputé, et celui du principal suspect, confiné à sa chambre d’hôpital où il est interrogé par des psychiatres peu orthodoxes. Vie familiale perturbée, passion amoureuse à sens unique, regard sarcastique sur les médias et la société... Autant d’ingrédients pour une intrigue à la tension soutenue, au dénouement étonnant.

Maudits sabots. Ils me martèlent le cerveau. Puis la scène d’un film me revient. C’est l’été, une plage sur le bord de la mer. Un homme enfoui dans le sable. Seule sa tête émerge comme un melon perdu. Un cheval fou arrive au grand galop et lui éclate le crâne sans même ralentir. Merde ! Je me repasse dix, vingt, trente fois la même séquence.

Poète, romancier, essayiste, ANDRÉ MARQUIS enseigne la communication écrite et la création littéraire à l'Université de Sherbrooke. Auteur du manuel plusieurs fois réédité Le style en friche. L’art de retravailler ses textes, il a publié cinq recueils

de poésie et deux romans pour la jeunesse. On lui doit aussi une édition des poésies de Nelligan et, en collaboration, une anthologie des poètes des Cantons de l'Est ainsi qu'un ouvrage de vulgarisation sur les ateliers d'écriture.
Juillet 2008

Trois nouvelles de

Tecia Werbowski

Trois nouvelles de Tecia Werbowski

[À propos]
À découvrir comme une farce mélancolique, mais douloureusement hantée aussi par les fantômes de ceux, qui à Varsovie, se sont trouvés un jour du mauvais côté du mur. Ghislain Cotton | L’Express.
Le ton, la concision de l’écriture, cet air de rien qui révèle l’observatrice sans complaisance de la nature humaine, évoquent les romans de Nina Berberova. Rose-Marie Pagnard | Le Nouveau Quotidien.
Il faut lire Tecia Werbowski, dont l’art d’évocation concentré, la manière de lier passé et présent à travers des personnages concrets et attachants, en de si courts récits, subjuguent. Raymond Bertin | Voir

Tecia Werbowski a écrit huit romans, des nouvelles et un essai sur le sauvetage des Juifs en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. Née à Lwów, en Pologne, pragoise dans l’âme, elle habite au Canada depuis 1968 et partage son temps entre Montréal et Prague. Ses oeuvres ont été traduites en plusieurs langues et adaptées pour la radio et la télévision. La plupart de ses romans ont été portés à la scène et Tecia Werbowski figure parmi les auteurs du répertoire du Théâtre national de Prague. Ainsi, Le mur entre nous a gardé l’affiche pendant près de cinq ans à Prague avant d’être présenté sur les planches d’autres théâtres européens. Par ailleurs, le texte a été adapté par Pavel Kohout pour la BBC.

C’est la découverte de l’oeuvre de Nina Berberova qui a incité Tecia Werbowski à écrire. Exaltée par la lecture de L’accompagnatrice, elle a proposé à Hubert Nyssen d’écrire une biographie de l’écrivain russe, puis, sans attendre la réponse de l’éditeur, elle est partie à la rencontre de Berberova à Philadelphie. Autour d’une tasse de thé russe, elle fit la connaissance d’une grande dame qui lui conseilla, entre autres choses, de ne pas trop manger si elle voulait devenir écrivaine. Depuis, en digne héritière de Berberova, Tecia Werbowski compose d’une plume délicate et acérée des romans miniatures qui explorent la mécanique des secrets et des mensonges et qui déclinent, en toile de fond, les nuances de la mystérieuse beauté de Prague et les séquelles des violences qui ont lacéré la région.

Traducteur Martin Gipet

Le mur entre nous
Dans ce récit écrit dans la lignée de Nina Berberova, Zofia Lass, a volé le manuscrit de son amie Klara qui a péri pendant la guerre. La fille de Klara, Iréna ne le lui pardonnera jamais. Quand elle rencontre Zofia, à Prague, dans cette ville belle et mystérieuse, un conflit extraordinaire  se noue avec une fin inattendue.

Hôtel Polski
Anna vit à Montéal, elle reçoit une lettre destinée à sa mère décédée. Elle découvre ainsi une histoire singulière qui s'est passée en 1943 à l'hôtel Polski de Varsovie où les Allemands avaient imaginé une escro-querie leur permettant de dépouiller des juifs avant de les envoyer à l'abattoir.
Anna apprend que sa mère, en cet hôtel Polski, fut sauvée par un Allemand épris d'elle.
Elle se rend alors à Varsovie...

L’Oblomova
L’Oblomova c'est la version féminine de Oblomov, le héros d'un roman de Gontcharov. Le pendant féminin de la paresse russe est Maya Ney une héroïne qui passe ses journées à ne rien faire... en fait elle regarde l'hiver canadien par sa fenêtre, regarde ses chats.

C'est un petit récit d'une soixantaine de pages sur la fatigue chronique, drôle et parfois méchant.

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