La quatrième rencontre DOCVILLE 2008, la série des projections de RIDM (Rencontres internationales du documentaire de Montréal), a mis en vedette le documentaire « Où est l'amour dans la palmeraie ? » de Jérôme le Maire. Retiré pour une année avec sa famille à Skoura, une palmeraie au sud du Maroc, le cinéaste belge entame une quête inédite. Accompagné par son guide et ami Mansour, il essaie de trouver, dans la petite communauté musulmane, une réponse à la question « où est l’amour ? ». Son approche est simple et directe : questionner ouvertement les gens, à la fois hommes et femmes, les suivre à leurs travaux domestiques, au marché hebdomadaire, à la grande foire annuelle, à leurs réunions de famille ou aux cérémonies de mariage. Jérôme semble aussi prendre à coeur, peut-être un peu plus que le protagoniste-même, la quête de Mansour, célibataire à la quarantaine, à la recherche d’une femme à son goût pour former une famille.
Bien qu’à la première vue le film frappe par la simplicité de sa démarche, il laisse toutefois transparaître une certaine philosophie au-delà de son apparente naïveté. A la différence de la société d’où il vient et où l’amour revête des formes beaucoup plus libres et plus manifestes, Jérôme y trouve un univers régit par la tradition, l’autorité parentale et les normes communautaires, où l’amour, au-delà des prémisses pour établir une famille - le travail pour l’homme et la virginité pour la femme, semble caché quelque part à la frontière du non-dit, du rêve et des chansons populaires. Cela n’exclut pas cependant les causeries devant la caméra, l’humour et une certaine spontanéité qui laisse l’impression d’authentique, de naturel et de prises de vues « on the fly » sans une mise en scène préalablement préparée.




