Depuis 2001 • No 44 • Montréal • 15.04.2008
Avril 2008

L’enfer du front de l’Est

Will Fowler

Voyage au Viêt Nam avec un voyou

Un aperçu de tous les principaux événements et

Développements 

Les combats sur le front de l'Est furent les plus sanglants de toute la Seconde Guerre

mondiale. Les quatre années que dura l'affrontement coûtèrent la vie à quelque trente

millions de soldats et de civils. La Pologne, l'Allemagne et la partie européenne de l'Union soviétique furent complètement dévastées. 

Cet ouvrage retrace la chronique de cet horrible théâtre de guerre. Les nombreuses photos jamais publiées à ce jour sont issues des archives soviétiques. Elles constituent un témoignage visuel unique d'une des guerres les plus dévastatrices de l'histoire. Le point de vue est celui des gens ordinaires, civils ou soldats, qui ont participé à cet affrontement historique. Le livre aborde toutes les campagnes importantes menées sur le front de l'Est, de Barbarossa à Berlin, avec une attention toute particulière pour la lutte des partisans derrière les lignes allemandes. 

Plus de 450 photos jamais publiées! 

L’auteur

Will Fowler travaille depuis 1972 dans le monde du journalisme et de l’édition. Spécialisé dans l’histoire militaire, les actualités et les technologies de la défense, il fut rédacteur au magazine britannique Defence, de 1983 à 1999. À ce jour, il a publié plus de quatorze ouvrages, couvrant des sujets très diversifiés, des équipements militaires aux conflits armés, du XIXe siècle à la guerre au Kosovo. 

Chanteclerc

Pages : 224

Prix : 42,95 $

Avril 2008

Une brève histoire du tracteur en Ukraine, de Marina Lewycka

Une nouvelle époque pour la littérature migrante

Felicia Mihali

Dans le paysage de la littérature universelle, on entend de plus en plus parler de littérature migrante. Dans ce chapitre on fourre généralement des auteurs venant d’ailleurs, empruntant la langue du pays d’accueil afin de radoter sur leurs histoires de villageois démunis, de guerre et de famine, de traditions bornées, de religions obscurantistes, des souvenirs malodorants. Un passé qui hante la mémoire des immigrants et ne laisse pas tranquille la génération à venir. Il en demeure que dans certaines grandes cultures, ou du moins qui se considèrent comme telle, la littérature migrante reste un chapitre d’œuvres légèrement mineures. C’est-à-dire, qui est intéressé à l’Ouest de lire ces histoires minables en provenance de l’Est, où qu’il soit? Malgré ce paysage peu réjouissant, reconnaissons qu’il y a de plus en plus d’auteurs qui donnent de la dignité à la littérature migrante, aussi jeune et encore dépréciée qu’elle soit. C’est bien le cas de Marina Lewycka,  auteure anglaise d’origine ukrainienne, avec son surprenant premier roman, Une brève histoire du tracteur en Ukraine, qui annonce l’aube d’une nouvelle ère littéraire. Publié en Angleterre en 2005, ce roman est maintenant accessible au lecteur québécois grâce la traduction de Sabine Porte et à la maison d’édition Alto qui ne cesse de nous éblouir avec ses choix spectaculaires.  

Une brève histoire du tracteur en Ukraine fait tourner la tête du lecteur contemporain vers cette nouvelle denrée alors que la scène fut longtemps occupée par des études postcoloniales. Après le rôle joué par V.S. Naipaul ou Salman Rushdie, on laisse la scène aux immigrants de l’Europe de l’Est, aux décolonisés après cinquante ans de communisme. On redécouvre cet Est populeux pris au dépourvu par le chaos provoqué par la transition et qui, même après vingt ans depuis la chute du communisme, n’a pas réussi à capter l’attention du public occidental, vu la masse des prostitués, des voleurs et de proxénètes qui leur viennent de ce côté-là. L’intronisation éternelle de Poutine au pouvoir et de sa gang d’anciens bons communistes contribue encore plus à ce que l’Ouest se désintéresse aux crimes perpétrés par Staline et ses sympathisants de l’ancien Bloc. Tout le monde sait que cela a été affreux, mais qu’on nous épargne les détails.

L’historie de l’Ukraine se perd donc dans la foule des drames vécus par les peuples colonisés par le pouvoir soviétique depuis le début du XIX siècle, une histoire de terreur, d’injustices, de famine, de trahisons. Le père Nicolaï revit encore ce passé accablant à quatre-vingt-quatre ans lorsqu’une de ses lubies de vieillesse, un livre sur l’invention du tracteur, correspond avec son mariage avec Valentina, une jeune Ukrainienne de trente-sept ans fuyant un pays en détresse pour le bien de son fils. Sauf que le glamour occidental cache une bonne dose de crasse et de fausseté : le mari n’est pas aussi riche et en plus il a deux filles, deux Gorgones qui bien qu’elles se disent des femmes civilisées sont prêtes à tout pour que Valentina retourne d’où elle vient. Au fond, personne n’est aussi ingrat avec les immigrants que les immigrants eux-mêmes. La plus acharnée est Vera, pur produit des camps de guerre, mais dont l’enfance épouvantable ne rend pas plus compréhensive envers ses consœurs moins fortunées. À ses yeux, Valentina n’est pas une mère qui lutte pour son fils mais une profiteuse. Plus démocrate, Nadezhda, née en Angleterre de parents qui craignent plus que tout d’enfreindre les lois de peur d’être expulsés, se range du côté de sa sœur, oubliant tous les beaux idéaux féministes et égalitaires. D’ici tout un imbroglio où se mêlent aussi un mari ukrainien, un fils abonné aux revues pornographiques, une communauté immigrante guettant derrière les fenêtres, un barman et un dealer d’autos.

Un livre qu’on lit du début à la fin avec la peur constante de rater une ligne.

Mars 2008

Michel Vézina et la machine à vivre

Jean-Sébastien Ménard

Au long de son nouveau roman, La Machine à orgueil, Michel Vézina ne parle plus de la Beat Generation comme il l’avait fait dans Asphalte et Vodka. S’il cite à nouveau William Burroughs, une seule fois, il ne met cependant pas en scène un « reliquat de la beat » mais bien Djipi, alias Jean-Pierre Pelletier. Celui-ci est un beat selon la définition originelle du terme, c’est-à-dire quelqu’un de battu par la vie, à bout de souffle, qui n’a « plus rien à crisser de rien ».

Djipi appartient à « la première génération à se demander comment […] être utile », la génération « No Future » ». Il parcourt le monde de bars en bars en tant que DJ et vit dans son camion. Il affirme à ce propos : « Je suis un privilégié dans un monde de perdus. Je suis un sans-abri de luxe qui dort au chaud et au sec dans un ancien truck à pain qui me sert à la fois de maison et de studio, qui fume blanc et bleu. Je ne suis pas assisté. Je suis libre. » Djipi vit en fonction de sa musique et mène une vie où le sexe, la drogue, la route et la musique occupent une place prépondérante. Il en vient toutefois à la conclusion, que « la somme des plaisirs ne mène pas au bonheur ».

Dès l’incipit de La machine à orgueil, on apprend que la meilleure amie de Djipi, Mado, qu’il connaît depuis l’âge de cinq ans et avec qui il a tout expérimenté, s’est suicidée. Sa mort bouleverse Djipi et le plonge dans une introspection qui lui fait voir son existence comme « une plate succession d’histoires vaguement poétiques ». Avec la mort de son amie, Djipi a l’impression d’avoir raté sa vie et veut mourir à son tour, lui qui, croit-il, n’est « que la somme de [ses] hosties d’histoires fuckées » et qui n’a fait que se cacher « dans un monde imaginaire, une suite perpétuelle de fuites ».

Avec ces idées en tête, il décide de retourner en Estrie, au chalet familial dont il a hérité lors du décès de ses parents et où il a entreposé « le stock des aïeux de [sa] famille ». Arrivé sur les lieux, il retrouve un ami d’enfance, Robert Manseau, surnommé Bob ou encore l’Allumé, à qui il parle de Mado tout en lui racontant les aventures de sa vie « sur la route » en Europe, au Québec et en Amérique du Sud. Entre les deux hommes se tisse une amitié qui se solidifie au fil des jours.

C’est en faisant le ménage dans les affaires familiales avec son ami que Djipi découvre la machine à orgueil, une machine que l’on retrouve dans les foires et qui permet de mesurer la force d’une personne grâce à un coup de masse. Avec l’Allumé, il retape la machine puis entreprend une nouvelle carrière, celle de forain. Cette nouvelle aventure va lui donner l’impression de se rapprocher de ses aïeux.

Avec la machine à orgueil, Djipi prend du mieux et recommence à goûter à la vie. Comme il le dit : « C’est beau la déprime, mais à un moment donné, ça va faire ! » Grâce à la machine, à son ami Bob et aux réflexions qu’a suscitées en lui la mort de Mado, il comprend la différence entre partir et fuir, ce qui l’amène à trouver un nouveau sens à sa vie. Il a maintenant « envie de vérité et de bonheur simple » et ne fuit plus rien lorsqu’il reprend la route.

Avec ce roman, Michel Vézina trace une géographie du deuil. Écrit dans une langue urbaine et rafraîchissante, La Machine à orgueil est fort agréable à lire et s’avère un véritable éloge à la vie et à l’amitié. Un bijou !

Michel Vézina, La Machine à orgueil, Québec/Amérique, 2008.

Avril 2008

Promenade poétique sur les rives du deuil

Jean-Sébastien Ménard

L’univers poétique de Jérémie Leduc-Leblanc n’est pas sans rappeler celui du poète français Philippe Jaccottet, à qui il a d’ailleurs consacré sa thèse de doctorat. Tout au long de celle-ci, il étudiait les rapports entre l’expérience de la promenade et la création littéraire.

Dans son recueil Mémoire d’ombres, publié chez Triptyque, Leduc-Leblanc écrit à propos du deuil. Par ses poèmes, il en trace la géographie, « comme une mémoire des mots / où se perdent les voix. » L’ouvrage est divisé en quatre parties intitulées battements, la chair vive, paupières et la mer étale, toutes fort agréables à parcourir. Avec cet auteur, on a l’impression, pour tout dire, que la lecture est une promenade.

Avec lui, on se balade sur une plage, sur les rives d’un fleuve et sur celles des souvenirs, des « amas de cendres chaudes [qui] épousent les formes du vide ». On l’accompagne dans un deuil où il se cherche « plus profondément », où l’absence de l’autre le fait cheminer, où « l’éloignement n’est jamais / qu’une chute / à partir de l’autre ». 

Entre les mots et les silences, apparaissent le vent, la mer, des oiseaux ainsi que des draps suspendus à une corde à linge, qui se bercent et qui tracent le décor de la promenade poétique où « seule l’hésitation nous permet encore d’avancer ».

On chemine à pas feutrés dans l’univers de Leduc-Leblanc. On se fait discret, on tend l’oreille pour mieux entendre. Chaque poème est une peinture évoquant tantôt le renoncement, « quand il n’y a plus de certitudes / pour nous tenir au chaud », tantôt l’abandon, tantôt la désolation de « ne plus savoir où se poser ».

Leduc-Leblanc parle aussi de cette « lumière qu’on attend »; de la mort; des survivants; de la vie qui, peu à peu, « reprend ses droits »; de résignation; de ce moment où « entre deux battements la vie / derrière l’épaisseur des regrets / va rejoindre les ombres »; de solitude; et d’ombres, car « derrière les mots les ombres / craquent sous les pas ».

Avec peu de mots, le poète arrive à évoquer toute la complexité et la subtilité du deuil. Et c’est loin d’être une mince tâche ! Il parvient à illustrer, à mettre en vers, ces instants de la vie où on manque trop souvent de vocabulaire pour s’exprimer. Dire le deuil sans bafouiller, sans s’embourber; employer le mot juste, faire l’économie de la parole pour ne pas taire les sentiments dans un vacarme qui ne servirait qu’à meubler le vide créé par l’absence de l’autre… voilà ce que le poète réussit !

Mémoire d’ombres transporte le lecteur, l’entraîne dans un doux périple où il fait bon entendre le silence ainsi que le crépitement de nos pas alors que l’esprit évolue, fragile et nostalgique, dans l’espace créé par l’absence. Comme l’écrit Leduc-Leblanc, « jour après jour le même refrain / du plus profond de la plus profonde nuit / notre mémoire / pour oublier son nom / on regarde le sol en marchant / nos rêves emmêlés / cela se dit en un mot/ abandon ».

Ouvrage à lire et à méditer.

Jérémie Leduc-Leblanc, Mémoire d’ombres, Triptytique, 2007.
Avril 2008

Les Territoires du Nord-Ouest revisités

Jean-Sébastien Ménard

Le roman Les Territoires du Nord-Ouest,de Laurent Chabin, correspond tout à fait à l’idée qui sous-tend la collection où il est paru, celle de la nouvelle maison d’édition Coups de tête, dirigée par Michel Vézina.

Comme l’écrit la critique Danielle Laurin, le projet de Vézina est de publier « des romans courts, qui rentrent dedans », destinés au public cible des 18-30 ans. Michel Vézina veut que les « Coups de tête racontent une histoire. Que la narration s'appuie sur l'action. Que ça bouge, que ça se lise d'une traite. Qu'on s'en tienne à une centaine de pages, pas plus. »

Le roman de Laurent Chabin est le 5e titre de cette collection et correspond entièrement à l’exigence de la ligne éditoriale telle que décrite par Vézina, l’auteur d’Asphalte et Vodka. Les Territoires du Nord-Ouest est bref et rempli d’actions. Ce récit se lit en quelques heures. Il témoigne d’un monde rappelant celui dépeint dans des œuvres telles 1984, de Georges Orwell; Brazil, de Terry Gilliam; ou encore Le meilleur des mondes, d’Aldous Huxley. Il s’agit d’un monde futuriste où le totalitarisme règne, ne laissant plus de place à la liberté ni à la démocratie.

L’univers décrit par Laurent Chabin est sombre. Sa mise en scène du futur donne froid aux yeux. Dans son monde, l’ordre et la surveillance sont roi et maître. Le peuple vit de pain et de jeux. Il est assoiffé de combats où s’affrontent jusqu’à la mort ours, chiens et gladiateurs. Quand il n’y a pas de divertissements, les habitants de cette société se contentent de travailler et de faire prospérer un système qui ne tolère pas la contestation, encore moins la dissidence.

S’il n’y a rien de neuf dans ce genre de propos, Chabin innove en ne mettant pas la révolte au centre de son récit. Il s’attarde plutôt à décrire l’obsession qui anime les dirigeants « invisibles » de cet état, soit d’arriver à contrôler le peuple de la manière la plus efficace possible.

Le narrateur, qui a travaillé dans le monde de la télévision, nous propose un survol de ce qui a été tenté, jusqu’à son arrivée, pour contrôler la population. Puis, il nous parle de son plan, du scénario qu’il envisage instaurer au sein des Territoires du Nord-Ouest pour mieux gérer l’endroit et le rendre toujours plus rentable et efficace.

À mon avis, l’idée la plus intéressante du roman est celle formulée par le protagoniste narrateur : « Le monde se crée au fur et à mesure qu’on le raconte, même s’il continue d’échapper tant au conteur qu’à l’auditeur. Quand le narrateur se tait, il cesse d’exister. Ne demeure que la fable. » À la lecture de ce court roman, on découvre un nouveau monde, où tout nous est inconnu, où nous sommes dépendants de celui qui raconte pour découvrir la suite des choses, la suite de cet univers où « il n’y a pas d’individus, seulement des possibilités », et où, semble-t-il, tous les chemins mènent au désespoir.

La lecture des Territoires du Nord-Ouest offre l’occasion, par analogie, de réfléchir au monde actuel et d’échapper à ce que l’auteur nomme « l’insomnie mentale généralisée ». Pour les amateurs de ce genre de roman, c’est une lecture agréable.

Laurent Chabin, Les territoires du Nord-Ouest, Coups de tête, 2007.
Avril 2008

Après Victor-Lévy Beaulieu, le déluge

Jean-Sébastien Ménard

Victor-Lévy Beaulieu n’a pas besoin de présentation. Auteur prolifique à la hauteur de sa démesure, il est en lui-même un personnage de la littérature québécoise. Polémiste, il est un de nos rares écrivains à provoquer le débat, à susciter la réflexion et à intervenir à grands coups de gueule dans les affaires publiques. Il a, en ce sens, le mérite de mettre la littérature à l’ordre du jour et de provoquer des discussions autour de questions comme l’avenir de la littérature québécoise, la faillite idéologique du Parti québécois ou encore le spectre de l’assimilation des francophones par les anglophones.

Il est étonnant de constater qu’on souligne presque toujours le fait que V.L.B. a beaucoup écrit, mais qu’il exagère dans ses prises de position sur les sujets d’actualité et dans ses actions pour les exprimer. Certains commentateurs lui reprochent d’être extrémiste. En effet, il a brûlé son dernier roman, il y a quelques semaines afin d’exprimer son « raz le bol » quant à la situation sociopolitique du Québec. D’autres critiques vont réagir à ses lettres ouvertes sans toutefois puiser dans son œuvre pour éclairer ses propos, ce qui serait non seulement intéressant mais aussi pertinent.

Par exemple, en lisant son essai sur Jack Kerouac, il est beaucoup plus facile de comprendre sa peur de l’assimilation des francophones. Dans cet essai, Victor-Lévy Beaulieu s’intéresse aux origines franco-canadiennes du poète Beat, et fait de celui-ci « un écrivain résumant à lui seul tous les doutes et les insuffisances des romanciers québécois ». Kerouac représente pour Beaulieu le « Québec d’en Bas », et « son œuvre marque la fin de la franco-américanie comme celle de Louis Riel, bien avant lui, marque la fin de l’Amérique française ». V.L.B. le croit marqué par le sceau de l’assimilation et lié au destin de sa communauté, à sa disparition. Et, à l’instar des « sentinellistes », qui acceptèrent sans brocher que l’évêque de Providence coupe le financement des écoles paroissiales françaises, accélérant ainsi l’assimilation, Kerouac se laissa angliciser. Si, pour Beaulieu, Kerouac est l’anti-modèle, celui-là semble constater que, depuis quelques temps, nous marchons sur la même route que lui. Le fait français au Québec est en ce sens peut-être aussi « éternel » que celui qui existait jadis en Nouvelle-Angleterre.

Lire tout V.L.B. est une tâche colossale. Son dernier roman, La grande tribu : C’est la faute à Papineau, est son soixante-dixième ouvrage publié et fait, à lui seul, au-delà de 800 pages. Plusieurs ont déjà affirmé que, avec son essai sur James Joyce, c’était là son ultime chef-d’œuvre. La grande Tribu a du moins le mérite de contenir tout V.L.B., donc à la fois le romancier, le polémiste ainsi que l’historien. C’est là l’intérêt et le tour de force de La grande Tribu.

Le roman est divisé en deux parties, « Les lésionnaires » et « Les libérateurs », qui s’entrecroisent du début à la fin. D’une part, V.L.B. raconte la vie de grands libérateurs tels Louis-Joseph Papineau, Walt Whitman, Daniel O’Connell et Abraham Lincoln; et, d’autre part, il met en scène un personnage (son alter ego ?) interné dans un hôpital psychiatrique avec Claude Gauvreau, ici un orignal, et Émilie Nelligan, décrit comme quelqu’un qui « n’est pas la tête à Papineau » et qui « copie dans de petits carnets les poèmes de Verlaine qu’il n’a pas encore oubliés et essaie de faire accroire au monde qu’ils sont de son invention ».

Cette partie romanesque est celle où Beaulieu met en scène sa vision du Québec. On y retrouve des renvois à la politique contemporaine, à l’histoire, à la littérature ou encore des réflexions sur la folie. Le tout est écrit au « je », dans une langue qu’on pourrait aisément qualifier de « québécoise », à cause des expressions qui la ponctuent et de certaines tournures de phrases, comme celle-ci : « C’est-t’y oui ou ben c’est-t’y non ? » Beaulieu se permet aussi de jouer avec les mots, avec leur sonorité et leur sens. Par exemple, il écrit « le cancer [au lieu du concert] des nations ».

Dans la partie consacrée aux biographies de personnages célèbres, on retrouve le Beaulieu des essais qu’il a consacrés à Jack Kerouac, à Herman Melville, à Jean Giono, à Jacques Ferron et à James Joyce. Comme il le fait dans ses ouvrages, il raconte la vie des autres en ajoutant son grain de sel. La langue qu’il utilise pour le faire dans « Les libérateurs » est beaucoup plus proche du français normatif. Sans s’effacer, V.L.B. sait par ailleurs se faire plus discret. Et cela lui réussit. Son entreprise est un vrai succès et le lecteur est captivé comme rarement il l’a été.

Avec La grande tribu, Beaulieu rêve à la « libération » du Québec, à la naissance d’un pays : « C’est la parole qui est fondatrice parce qu’elle rassemble et fait de tous le même homme qui travaille à la même chose, sans compromis ni compromissions. » Toute sa vie et toute son œuvre peuvent être vues comme un combat pour la libération et la création d’un Québec souverain. Or, d’ici quelques mois, on saura si l’auteur baisse les bras et abandonne sa quête.

Si c’est le cas, il affirme que son œuvre aura été écrite en vain. En ce sens, il la brûlera dans sa totalité : « S’il fallait que j’en vienne définitivement à la conclusion que je me suis véritablement trompé, qu’il nous est impossible de sortir de notre schizophrénie, je ferai ce que symboliquement je vais faire aujourd’hui : brûler dans un poêle à bois non seulement La grande tribu, mais tous les ouvrages que j’ai écrits. Je ne veux pas me survivre juste pour moi-même. Je sais trop que, si le génie existe, il n’a rien à voir avec l’individu, mais tout à voir avec la société qui le porte et qu’il porte. Sans véritable patrie, sans liberté, sans souveraineté et sans indépendance, l’individu n’est qu’une statistique, et les statistiques ne sont que les débris que laisse derrière elle l’histoire des autres. Ça ne m’intéresse pas, mais pas pantoute, de devenir un débris de l’histoire des autres. » Ce sera alors la fin de sa carrière d’écrivain et, on peut le penser, la fin de l’éditeur et de l’homme lui-même.

Avec Victor-Lévy Beaulieu se posent en fait les questions suivantes : que reste-il si meurent les idées et, avec elles, l’espoir ? Que reste-t-il s’il n’y a plus de rêves ? Plus de place pour une voix comme celle de cet écrivain, une voix qui dérange, qui provoque des débats nécessaires et qui fait réfléchir sur la société; plus de place pour une voix d’intellectuel comme il y en a peu de nos jours. Après Beaulieu, le déluge… J’en ai bien peur.

Comme l’a écrit Pierre Foglia, « il faut lire V.L.B. […] Le lire sacrament ».   

  

Victor-Lévy Beaulieu, La grande tribu : c’est la faute à Papineau, Les éditions Trois-Pistoles, 2008.
Avril 2008

Un livre d'exception: Victor Rosca, Le moulin de Kalouchek

Le début de la répression communiste en Roumanie

Mircea Gheorghe

La chute du communisme en Roumanie, à la fin des années 80, a ouvert la voie pour la parution des ouvrages - romans, journaux, mémoires - qui décrivent l'univers concentrationnaire roumain. À l'instar du Goulag soviétique, rendu célèbre par Alexandre Soljenitsyne,  le goulag roumain se composait d'un vaste réseau de prisons et de camps de travail forcé,  pleins dans les années 50 et 60 de détenus politiques. La torture, les mauvais traitements physiques, la famine, le régime de vie exterminateur, c'étaient le lot des gens accusés d'avoir osé à exprimer une pensée différente de celle officielle. Et encore pire, à côté d'eux il y avait également des gens qui n'étaient accusés de rien,  "interrogés", battus, torturés afin de leur trouver une faute  qui puisse justifier l'acharnement paranoïaque du régime.   

      Parmi les auteurs qui se sont illustrés dans la description de cette effroyable réalité, l'histoire littéraire a retenu les noms de Paul Goma, Ion Ioanid, Nicolae Steinhardt, Cicérone Ionitzoïou. On peut inscrire sur cette liste depuis peu de temps le nom du montréalais Victor Rosca qui vient de publier un livre de mémoires, Le moulin de Kalouchek, substantiel, sensible et profonde. sur le commencement de la répression communiste en 1948, deux ans seulement après les élections de 1946 que les communistes avaient  truquées, sous la protection des troupes soviétiques occupantes.  

      Victor Rosca, établi à Montréal dans les années 80, évoque dans son livre le destin tragique d'un groupe de jeunes collégiens arrêtés au début de l'été 1948, quelques jours avant leur examen de baccalauréat. Le moulin de Kalouchek est le nom que l'auteur donne à la prison régionale de la ville Brasov où il rencontre des gens qui appartiennent à toutes les catégories sociales: prêtres,  paysans, travailleurs, étudiants, médecins, politiciens, anciens militaires ou policiers. Tous sont les victimes des premières vagues de la répression communiste. De l'autre côté, il y a les gardiens el les enquêteurs - êtres brutaux, sadiques, rongés de frustrations et de haine. Parmi eux, on trouve des opportunistes - des policiers de l'ancien régime, passés dans le camp des communistes pour les aider à forger leur propre réseau d'enquêteurs et de tortionnaires. 

      Les collégiens sont enfermés dans l'attente d'un procès qui doit les condamner à plusieurs  ans de prisons. Quand ce procès arrive, ils nient leurs déclarations données sous pression, et s'en sortent avec des condamnations  moins dures que les autres. Victor Rosca sera condamné à deux ans de prison, dans un pénitentiaire près de la ville de Ploiesti. 

      Le livre de Victor Rosca  occasionne en fait une double révélation. Tout d'abord, elle nous donne une image inédite sur les premiers pas du régime communiste, quand il n'était pas encore consolidé et quand tout le monde espérait dans une "libération" initiée par les Américains. Ces illusions étaient très fortes dans les années 50. Deuxièmement, Le moulin de Kaluczek nous révèle un écrivain parfaitement accompli qui maîtrise aussi bien l'art du dialogue, de la description suggestive et de la réflexion morale, concise et profonde. Les portraits, soit qu'il s'agit de collègues d'école, de camarades de prison ou de gardiens et d’enquêteurs, témoignent de l'acuité d'un observateur sage et subtil.        

      Les mémoires se terminent au moment où l'auteur est transporté dans un fourgon de  l'infernale prison de Jilava à la prison pour jeunes étudiants de Târgsor. Victor Rosca nous a promis qu'il va continuer son histoire de prison dans des volumes futurs. On attend impatiemment cette continuation qui finalement nous apprendra beaucoup sur l'évolution d'un régime totalitaire considéré à un moment donné presque indestructible. 

Le moulin de Kaluczek, Editura Curtea veche, 2007

Avril 2008

Les 13 commandements de Mars et de Vénus

Alexander Pregizer

Voyage au Viêt Nam avec un voyou

Le couple réunifié 

Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, affirmait J. Gray dès le titre de son best-seller. Ici, l'auteur Alexander Pregizer, né en 1968, situe le couple comme miroir privilégié de chaque être qui reflète ses propres problématiques. La relation sentimentale prend une vision évolutive, elle est le théâtre de l'équilibre qui se joue entre le masculin et le féminin et qui permet à chacun de donner du sens aux conflits entre l'homme et la femme. La structure intérieure de l'être humain étant androgyne, nous venons tous de Mars et de Vénus... Ignorant ces aspects, des milliers de couples se déchirent et pensent trouver réponse dans la séparation. Comme si c'était la faute de Mars qui ne comprendrait rien à Vénus... Ou vice-versa ! 

Dans un premier temps, 16 histoires types permettent à chacun de se reconnaître émotionnellement dans sa constellation de couple, puis de la modifier si elle n'est plus d'actualité. Des exercices pratiques aident à se déconditionner des vieux schémas familiaux devenus obsolètes et à se créer de nouveaux concepts de vie qui nous sont propres. 

En deuxième partie, Les 13 commandements de Mars et de Vénus offrent des clefs pour éviter de retomber dans les mêmes conflits et pour vivre le couple comme un moyen exceptionnel de découverte et de réunification de soi-même. Cet ouvrage est une aide précieuse et pratique pour comprendre son fonctionnement sentimental, éviter les souffrances et rendre le couple évolutif. 

L’auteur

Psychothérapeute, formateur, préparateur mental dans le sport de haut niveau et chercheur, Alexander Pregizer se consacre depuis douze ans à la compréhension des mécanismes profonds qui déterminent l’échec ou bien la réussite de la vie du couple. Il est installé à Montpellier et anime deux sites

Internet : www.co-naitre.com et www.performances-sportives.com.

Éditions Alphée . Jean-Paul Bertrand

Pages : 223

Prix : 24,95 $

Avril 2008

Voyage au Viêt Nam avec un voyou

Alain Olivier

Voyage au Viêt Nam avec un voyou

Voir le Viêt Nam et… aimer les Vietnamiens

« Ce n’est pas vraiment du Viêt Nam que je t’entretiendrai dans ce récit. Il y sera plutôt question de notre voyage dans ce pays. Nuance… »

Voyage au Viêt Nam avec un voyou est le récit d’un voyage de cent jours qu’Alain Olivier a fait au Viêt Nam avec sa conjointe Anna et leur fils Daniel. N’y cherchez pas, cependant, l’énumération des sites touristiques incontournables; son récit n’est pas celui d’un chroniqueur. C’est celui d’un fils qui raconte son périple à sa mère dans des lettres où surgissent des souvenirs d’enfance, car son voyage est aussi intérieur. C’est celui d’un père profondément attaché à son fils, un père qui s’émerveille de la facilité avec laquelle celui-ci entre en contact avec les Vietnamiens, jeunes et vieux, et s’ouvre à toutes les découvertes. C’est surtout celui, éminemment subjectif, d’un être humain qui regarde, goûte et sent, qui s’inquiète parfois et s’émerveille souvent, bref, qui nous parle de son Viêt Nam et non pas de celui des guides de voyage.
«L’étranger a de grands yeux, mais il ne voit rien », dit un proverbe africain. Alain Olivier, lui, a tenté de voir au delà de ce que le touriste trop pressé ne fait qu’entrevoir. Il dépeint d’une manière saisissante des paysages et des lieux aussi divers que des rizières, des villages de pêcheurs, des marchés flottants sur le fleuve Mê Kông et des rues animées pendant les festivités du Têt, mais c’est surtout aux gens qu’il s’intéresse. Dans son récit, les Vietnamiens ne sont pas de simples figurants dans un décor de carte postale; ce sont des êtres humains accueillants et souriants, hospitaliers et généreux malgré leur pauvreté. Qu’il s’agisse de la vieille femme qui joue aux cartes avec Daniel, du petit cireur de chaussures qu’Anna invite à leur table ou du gérant d’hôtel qui écoute, ravi, une mélodie vietnamienne, ils sont tous terriblement vivants. En fermant le livre, vous n’aurez qu’une envie : partir à leur rencontre.

L’auteur
Alain Olivier est né à Alma en 1963. Il a vécu notamment en Afrique de l’Ouest, en France et en Italie. Il vit actuellement à Québec, où il est professeur en agroforesterie à l’Université Laval. Il a publié deux romans, Le chant des bélugas (Vents d’Ouest, 1995) et Nuits d’Afrique (XYZ, 1997).

Alain Olivier,
Voyage au Viêt Nam avec un voyou,
Montréal, XYZ éditeur,
mars 2008, 222 p., 24 $.
ISBN 978-2-89261-514-2

Photo : Anna Cividino
Avril 2008

Return to Arcadia

Nigel Thomas

Return to Arcadia

A Novel
A brilliant, finely accomplished, and intensely moving novel about a very modern predicament: the malformed dysfunctional identity in the global village . . .

When Joshua Éclair emerges from amnesia in a psychiatric hospital in Montreal, he must explore what makes him want to erase his identity; in the painful process that follows he is forced to relive his past in the fictional Caribbean island of Isabella, and learns to forgive. What emerges from his trauma and his precarious healing is the gripping story of a man’s search for sanity and a place in the world.

“Thomas balances admirably the functions of the storyteller and the social-realist observer of human behaviour.” —World Literature Today

“Thomas's prose is crisp and lean and exposes the ghosts and taboos of contemporary Caribbean reality . . . a gripping story that draws the reader deep into the struggle of one man as he comes face to face with the demons that he's been desperately trying to hide from.”
Hour.ca

H Nigel Thomas was born in St Vincent. He has been a teacher with the Protestant School Board of Greater Montreal, and professor of American literature at Université Laval. He resides in the Montreal suburb of Greenfield Park. He is the author of: Spirits in the Dark (novel), which was a finalist for the QWF Prize, Behind the Face of Winter (novel), Moving through Darkness (poetry), and Why We Write: Conversations with African Canadian Poets and Novelists (criticism).

TSAR Publications
www.tsarbooks.com
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H NIGEL THOMAS

ISBN: 978-1-894770-38-5
Avril 2008

Marie Chouinard

Chantier des extases

Chanitier des extases

Poésie

dans la nuit / sa vulve pulse / ce n’est pas qu’elle désire un homme / elle garde battant / le pouls du monde

Les éditions du passage sont heureuses d’accueillir dans leur collection poésie
le premier écrit de la danseuse et chorégraphe Marie Chouinard : Chantier des extases. L’artiste nous y livre une poésie à la fois mystique et organique, qui met en jeu les forces de la Création ; un petit ouvrage de pleine joie, de pure conscience, où le corps et l’univers participent d’une même vitalité. Il est fascinant de voir comment se traduit la pensée d'une créatrice d’avant-garde dans une sphère autre que la sienne ; comment une danseuse fait bouger les mots, les sens. Cela donne lieu à des
textes lumineux, pulsionnels, rendus dans une langue libre et vivante. Rien qui ressemble à rien, sinon à l’artiste elle-même, fulgurante, qu’est Marie Chouinard.

À la genèse de chaque création, il y a toujours ce que j’appelle le « mystère », une onde inconnue qui m´interpelle de façon obsessionnelle. Mon travail consiste à capter cette onde originelle, à la « syntoniser » et à l’organiser dans l’espace et le temps selon une structure et une forme qui lui seront propres... Ainsi Marie Chouinard parle-t-elle de son travail en danse ; ainsi a-t-elle trouvé, dans  l’écriture, une forme nouvelle où donner corps au « mystère ».

Après avoir interprété durant douze ans ses propres chorégraphies solo sur les scènes du monde, Marie Chouinard a fondé en 1990 la Compagnie Marie Chouinard. En 2006, elle reçoit le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal. En 2008, elle est nommée Officier de l’Ordre du Canada pour « sa contribution à la danse à titre de danseuse et de chorégraphe de renommée internationale ».

Chantier des extases, un recueil jubilant qui célèbre le cul et le divin.
72 pages. 17,95 $. Parution en librairie le 16 avril 2008.

photo : Laurence Labat

Avril 2008

André Jacques

La Tendresse du serpent

La Tendresse du serpent

Un rendez-vous dans un bar glauque de Montréal. Un informateur en retard. Des pas dans le stationnement. Puis le vide. Et tout à coup, tout le monde se met mystérieusement à mourir… Amateurs de suspense et de polars, attention, Alexandre Jobin reprend du service!

C’est avec plaisir que les lecteurs des deux premiers romans d’André Jacques – Les Lions rampants et La Comman derie – retrouveront le major Jobin, cet antiquaire têtu et original, retraité des services de renseignement de l’armée canadienne, plongé dans une toute nouvelle enquête. Un thriller envoûtant et sophistiqué où se mêlent l’art et le sang.
Avril 2008

Pascal Leclercq

Marzi

Marzi

Le jour des funérailles de son mafieux de père, Marzi hérite d'un travail pour lequel il ne s'était jamais deviné tant de talent. Mais les ennemis de la famille ne manquent pas, et sa tête est vite mise à prix. Secondé par son fidèle ami Outchj, Marzi doit faire preuve de grande imagination pour éviter les pièges qui lui sont tendus. Imbibés, drogués et allumés, les deux comparses se trouvent plongés au cœur d’un conflit social au sein de la prostitution…
La galerie de personnages de Marzi et Outchj fait se rencontrer deux traditions très belges : le polar et la bédé.

 

Pascal Leclercq est né à Liège en 1975, où il vit et travaille. Il est poète (Variations sur un visage, Chausse-trappe), journaliste (pour la revue d'art contemporain Flux News) et nouvelliste (notamment dans le journal C4), il est également le traducteur en français du poète italien Andrea Inglese (Colonne d'aveugle, Le Clou dans le fer). Il a obtenu le prix Pollack pour Demain revient de loin, et la bourse de la fondation Spespour Un bâton, recueil habillé d'images et de sons par le plasticien Jac Vitali.

 

Coups de tête n°8 - 10,95 $
Avril 2008

Laurence Prud’homme

La Danse de la Méduse

La Danse de la Méduse

Dieu seul sait combien de fois ils ont imaginé sa mort. Celle de leur mère. Envahis par la culpabilité. La culpabilité imprégnant les têtes et les coeurs, de génération en génération. La culpabilité, révélant les âmes, comme le bain d’acide, une photo…

La Danse de la Méduse se dévoile, se déconstruit doucement comme un fil tiré dans une étoffe. Avec ce roman troublant, tendre et dur à la fois, Laurence Prud’homme a choisi d’explorer la trame invisible unissant ces êtres qui gravitent autour d’une mère impossible.

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