Londres, 1939. Miss Guinevere Pettigrew (McDormand) est une femme de pauvre condition qui vient de perdre sa job de gouvernante. Comme l’agence d’emploi refuse de lui accorder une autre chance, elle se voit obligée de prendre son destin en mains. C’est ainsi qu’elle obtient un emploi innatendu en tant que « secrétaire sociale » chez une actrice américaine, Delysia Lafosse (Adams), une sorte de Scarlett O’Hara à faible dose, qui devient aussi son amie. Propulsée, malgré elle, dans le milieu éclatant et frivole de la mode et de l’imprésariat artistique, Miss Pettigrew découvre non seulement le « glamour » d’un monde jusque là inaccessible mais aussi un côté de soi-même dont elle n’était point consciente.
Déroulée pendant un seul jour, l’action met l’accent sur la découverte de soi et de sa place dans le monde, avec de la compassion et de l’humour, en esquissant aussi le portrait d’une société au seuil de la guerre. Et si l’étiquette de « Cendrillon pour les adultes », proposée par son réalisateur, semble tout à fait justifiée du point de vue du thème, le film ne tombe pas cependant dans le piège des personnages-clichés. La gravité, parfois hillarante étant donné le contexte, et le manque d’artifice de la protagoniste, les compromis de Delysia en quête d’une carrière, la galanterie affectée du designer de mode Joe (Hinds) ou l’amour intéressé d’Edythe (Henderson), la propriétaire d’un salon de beauté, pour un homme plus âgé qu’elle, ajoute une note de réalité humaine et sociale à l’histoire. Un film qui provoque le sourire et qui reste à noter surtout par les performances nuancées de Frances McDormand et Ciarán Hinds.




