Depuis 2001 • No 43 • Montréal • 15.03.2008
Sortie : 7 mars 2008

Miss Pettigrew Lives for One Day

Durée :1h32
Distribution :Frances McDormand, Amy Adams, Shirley Henderson, Ciarán Hinds
Réalisation : Bharat Nalluri
Scénario : David Magee et Simon Beaufoy
Production : Grande Bretagne
Photo : www.vivafilm.com

 

Tina Armaselu

Vince Vaughn’s Wild West Comedy Show

Londres, 1939. Miss Guinevere Pettigrew (McDormand) est une femme de pauvre condition qui vient de perdre sa job de gouvernante. Comme l’agence d’emploi refuse de lui accorder une autre chance, elle se voit obligée de prendre son destin en mains. C’est ainsi qu’elle obtient un emploi innatendu en tant que « secrétaire sociale » chez une actrice américaine, Delysia Lafosse (Adams), une sorte de Scarlett O’Hara à faible dose, qui devient aussi son amie. Propulsée, malgré elle, dans le milieu éclatant et frivole de la mode et de l’imprésariat artistique, Miss Pettigrew découvre non seulement le « glamour » d’un monde jusque là inaccessible mais aussi un côté de soi-même dont elle n’était point consciente.

Déroulée pendant un seul jour, l’action met l’accent sur la découverte de soi et de sa place dans le monde, avec de la compassion et de l’humour, en esquissant aussi le portrait d’une société au seuil de la guerre. Et si l’étiquette de « Cendrillon pour les adultes », proposée par son réalisateur, semble tout à fait justifiée du point de vue du thème, le film ne tombe pas cependant dans le piège des personnages-clichés. La gravité, parfois hillarante étant donné le contexte, et le manque d’artifice de la protagoniste, les compromis de Delysia en quête d’une carrière, la galanterie affectée du designer de mode Joe (Hinds) ou l’amour intéressé d’Edythe (Henderson), la propriétaire d’un salon de beauté, pour un homme plus âgé qu’elle, ajoute une note de réalité humaine et sociale à l’histoire. Un film qui provoque le sourire et qui reste à noter surtout par les performances nuancées de Frances McDormand et Ciarán Hinds.

Sortie : 22 février 2008

La rivière aux castors

Durée :1h17
Distribution: avec la voix de Benoît Brière
Scénario et réalisation : Philippe Calderon
Scénario : Marthe Pelletier et Hassina Belkacem
Production: Canada, France
Photo: www.vivafilm.com

 

Tina Armaselu

In Bruges

« La Rivière aux Castors » est un long métrage dont les héros sont tous des animaux. Le film raconte l’histoire d’un jeune castor, Mèche Blanche, emporté par la rivière loin de sa demeure, où il habitait avec sa mère et sa sœur. C’est là que son aventure commence, un voyage au bout duquel il connaît à la fois les dangers que l’amitié.

Bien que s’adressant notamment à un public encore à l’âge de l’enfance, le film ne manque pas d’un certain attrait aussi pour le public adulte. Les images des animaux, l’observation de leur habitat naturel, de leur comportement et surtout les séquences sous-aquatiques sont très bien saisies. C’est également intéressante la manière dans laquelle ces images ont été tissés ensemble pour former la trame de l’histoire. Les moments de tension sont bien marqués et la chanson inédite « Le Loup Blanc », interprétée par Mes Aïeux, apporte un plus de sensibilité à l’ensemble. La narration en voice-off, attribuée métaphoriquement à un des protagonistes, est en général en consonance avec l’action proprement-dite mais peut-être, par endroits, le langage semble un peu trop chargé, là où une formulation plus simple et naturelle aurait eu suffi.

Sortie : 9 novembre 2007

No Country for Old Men

Durée : 2h02
Distribution : Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Josh Brolin, Kelly MacDonald
Réalisation et Scénario : Joel et Ethan Coen, d’après le roman de Cormac McCarthy
Production : Etats-Unis
Photo : www.vivafilm.com

 

Tina Armaselu

Folles du cash

Llewelyn Moss (Brolin), un ancient vétéran de la guerre de Viêt Nam et passionné pour la chasse, trouve une valise à deux millions de dollars en plein désert, apparemment provenant d’une affaire de drogues qui avait mal tourné. En emportant chez soi le « trésor », Moss pense à une vie meilleure pour lui et sa femme Carla Jean (MacDonald) mais ce qu’il déclenche, par son acte peu réfléchi, n’est q’une sanglante poursuite aux pistes brouillées et conséquences imprévisibles. A ses trousses, c’est l’impitoyable tueur Anton Chigurh (Bardem) qui veut régler à tout prix l’affaire des drogues et s’emparer de l’argent, et le nostalgique Sheriff Tom Bell (Jones) qui croit encore à une résurrection de la loi, là d’où elle semble avoir été complétement bannie.

Récipiendaire de 4 Oscars, pour meilleur film de l’année, meilleure réalisation, meilleur scénario adapté et meilleur acteur dans un rôle de soutient (Bardem), « No Country for Old men » n’est pas toutefois le genre de film qui offre au spectateur une satisfaction immédiate ou une réponse unique à ses questions. Placée au Texas des années 80, l’histoire comporte en premier plan un tissu d’actions extrêmement violentes, soutenu par la figure cauchemardesque de Chigurh (peut-être un peu surdimensionnée) et un fond sonore marqué par longues intervalles de silence, par le bourdonnement obsessif des mouches sur les cadavres et des moteurs démarrant en trombe ou par la détonation des fusils. Sur le plan visuel, il est à noter l’alternance d’images en pleine lumière, saisissantes par la couleur et l’acuité du détail, comme celles du désert, avec des séquences beaucoup moins claires, de nuit ou d’intérieurs sombres. Au niveau du développement des caractères et du déroulement de l’action, les réalisateurs semblent avoir favorisé une structure elliptique, que le spectateur doit reconstituer par fragments, comme dans l’assemblage des pièces d’un puzzle. Les dialoques, marqués d’un fort accent texan et basés parfois sur le sous-entendu, laissent l’impression d’une certaine opacité au niveau du message, comme d’ailleurs le film dans son ensemble. Remarquable par le dosage habile de la tension et par l’inouï changement des rapports entre les personnages, l’image du puzzle, même si complète, produit cependant un vague sentiment de déroute quant à l’intention finale, sinon d’insatisfaction avec le reflet d’un monde régi par la violence, l’absurde et le hasard, où il n’y a plus de place pour la balance ancienne entre le bien et le mal.

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