Depuis 2001 • No 41 • Montréal • 15.01.2008
Janvier 2008

Une baguette qui fait de la magie musicale

Entrevue avec Jean-Pascal Hamelin, chef d’orchestre, pianiste,   directeur musical et producteur

Iulia-Anamaria Salagor

Marie-Hélène da Silva

Après le concert soutenu à l’Église Saint-Laurent, le 15 décembre dernier, la réputée soprano Mioara Cortez m’a présentée au jeune chef d’orchestre qui venait de diriger les musiciens amateurs de l’Orchestre symphonique CAMMAC. Pendant toute la soirée, j’avais été impressionnée par l’énergie, le charisme et la passion de cet homme qui réussit des merveilles avec sa baguette.  
Après quelques jours, je me trouve à la Brûlerie Saint–Denis,  devant un jeune homme souriant et très sociable. Jean-Pascal Hamelin est né à Montréal en 1974, d’une mère d’origine égyptienne et d’un père québécois. Pour son âge, son expérience de vie personnelle ainsi que celle professionnelle, est déjà impressionnante. Pianiste, chef d’orchestre, directeur musical, chroniqueur de musique classique et producteur de disques, mon interlocuteur a travaillé dans plusieurs domaines de la scène musicale. Le dialogue avec Jean-Pascal Hamelin s’enchaîne facilement et chacune de ses réponses me laisse découvrir des facettes surprenantes de sa personnalité.   
Iulia-Anamaria Salagor : Vous êtes chef d'orchestre et pianiste en même temps. D’où vient votre passion pour la musique? 
Jean-Pascal Hamelin : J’ai commencé à jouer du piano à 5-6 ans. J’ai fait des études à l’école Vincent D’Indy, puis à McGill avec Charles Reiner. Ma passion pour la musique s’est réellement déclenchée vers l’âge de 13-14 ans : mon meilleur ami, Alexei Ziskin, d’origine russe, s’était acheté un lecteur CD. J’ai fait de même et nous nous sommes mis à collectionner des CDs, à les écouter ensemble, à discuter et comparer avec acharnement les interprétations entendues. Ces écoutes attentives m’ont fait connaître l’ensemble du répertoire, et m’ont encouragé à travailler très fort pour devenir musicien moi-même. Dès l’âge de 18 ans, j’ai été attiré par l’idée de diriger, mais je ne me sentais pas prêt.  C’est vers l’âge de 27 ans, en ayant atteint une certaine maturité au niveau personnel et musical, que je me suis lancé dans des études de direction d’orchestre (au Conservatoire de Montréal, avec Raffi Armenian, entre autres).
I.-A.S.: Vos parents sont-ils musiciens ?
J.-P.H.: Non, mais ma mère m’encourageait beaucoup à poursuivre des études musicales. Mon père a une excellente oreille par ailleurs.

I.-A.S.: La revue La Scèna Musicale  a publié en mars 2000 un dossier sur les pianistes canadiens. À cette occasion, vous avez écrit un essai sur le pianiste Charles Reiner. Peut-on dire que c’est votre modèle? Avez-vous d’autres musiciens préférés?

J.-P.H.: J’ai étudié le piano pendant 5 ans avec Charles Reiner, un pianiste hongrois, naturalisé canadien en 1956. Il était élève de Dinu Lipatti et Louis Hiltbrandt au Conservatoire de Genève (1948-49). C’est de lui que j’ai appris la rigueur, de dire les choses d’une façon directe, simple. Il était un grand musicien et un grand professeur aussi. J’ai été vraiment chanceux de bénéficier de ses conseils pendant mes études à l’Université McGill.

I.-A.S.: Quelle est votre mission en tant que chef d'orchestre et directeur musical à l'Orchestre symphonique CAMMAC-Montréal ?
J.-P.H.: Je suis bien attaché à cet orchestre : ce fut mon premier poste de chef d’orchestre après mes études au Conservatoire. Cela m’a permis de faire mes premières armes et de gagner une expérience de travail inestimable. Mon but : que les musiciens puissent donner le meilleur d’eux même, à la fois sur le plan technique, et surtout sur le plan musical. L’aspect pédagogique est important lorsque l’on est chef d’orchestre, surtout si l’on travaille avec des jeunes ou des amateurs.
I.-A.S.: Fondé il y a 34 ans, l’Orchestre symphonique des jeunes de Sherbrooke (OSJS) a atteint une belle notoriété en Estrie. L’OSJS demeure une belle école de formation. Quel rôle jouez-vous au sein de cette organisation?
J.-P.H.: L’OSJS existe maintenant depuis une trentaine d’années, et j’ai eu la chance d’en prendre la direction depuis septembre 2006. Les jeunes musiciens de Sherbrooke ont une excellente formation musicale, et il existe en Estrie un grand bassin de musiciens. C’est un réel plaisir de travailler avec des jeunes (12 à 17 ans), de les voir progresser de semaine en semaine! Nous avons récemment fait la création en Amérique de la  Cantate de Noël de Gilbert Bécaud, L’Enfant à l’Étoile, avec orchestre, chœurs, chorale d’enfants et baryton solo. Un beau succès bien médiatisé, à Sherbrooke!
I.-A.S.: Quels sont les compositeurs que vous aimez interpréter en tant que chef d’orchestre?
J.-P.H.: Quand on dirige un orchestre de musiciens amateurs, on ne peut pas aborder le répertoire le plus difficile. J’aime évidemment Mozart, Beethoven, Brahms, Schubert, Chopin, Tchaikovsky, Dvorak, Rachmaninov, Debussy, Ravel, Stravinsky.
I.-A.S.: Vous avez fait vos études musicales à Montréal, mais vous avez suivi des stages en Europe et aux États-Unis. Quelles sont les similitudes et les différences entre la vie musicale européenne et nord-américaine?
J.-P.H.: Lorsque j’ai fait des stages comme chef d’orchestre en République Tchèque et en Italie, et aussi aux États-Unis (New York et Caroline du Sud), j’ai pu constater qu’il y a plusieurs différences. Du côté nord-américain, on est plus centré sur la technique, la précision, tandis qu’en Europe, l’accent est mis sur la musicalité, l’individualité. Je dirais aussi qu’aux États-Unis, et même parfois ici, à Montréal, faire de la musique classique est vue comme une activité un peu marginale.  Parfois,  lorsque l’on parle de son métier de musicien, les gens nous voient un peu comme un extraterrestre…En Europe, la musique classique fait davantage partie de la culture, et faire de la musique, c’est plus « normal »…
I.-A.S.: Est-ce qu’on pourrait dire que le public d’ici est moins réceptif, moins éduqué dans ce sens?
J.-P.H.: Pas moins réceptif, mais le public européen a tout de même plus de connaissances sur le plan de la musique classique, en général : cela fait partie de  leur bagage culturel depuis des siècles. En Europe de l’Est notamment,  les compositeurs et les instrumentistes sont plus reconnus et respectés et leur métier plus valorisé. En Amérique du Nord, certaines personnes ont encore tendance à penser qu’un musicien joue uniquement pour son propre plaisir, et par conséquent que ce travail n’est pas un véritable métier avec lequel on peut gagner sa vie!
I.-A.S.: Vous êtes aussi  cofondateur et directeur artistique  de la maison de disques Palexa.  Est-ce qu’on peut parler d’un côté entrepreneur chez vous?
J.-P.H.: C’est avec mon ami d’enfance Alexei Ziskin que j’ai fondé la maison de disques Palexa en 1996. Nous voulions à la fois faire connaître de jeunes artistes talentueux, et publier des enregistrements inédits de grands artistes du passé. Pour financer cet effort de promotion de la relève, PALEXA mise sur sa collection Documents qui propose des enregistrements historiques et inédits signés par quelques-uns des plus grands artistes du siècle, comme les pianistes Vladimir Horowitz, Dinu Lipatti, Annie Fischer ou Jorge Bolet, ou encore le violoniste Henryk Szeryng. Grâce au vif intérêt suscité par cette collection à l'étranger, notamment au Japon, ainsi qu'au caractère international du catalogue, les portes des distributeurs étrangers se sont ouvertes rapidement. Nous avons produit, entre autres, le premier disque de la pianiste vénézuélienne Gabriela Montero en 1996 : elle enregistre depuis 2003 pour EMI.
I.-A.S.: Quels sont vos projets et vos rêves pour le Nouvel An 2008?
J.-P.H.: De poursuivre mes recherches musicales et de continuer à progresser dans ma carrière de chef d’orchestre, diriger différents orchestres, ici comme à l’étranger.
I.-A.S.: En tant que spectateur et passionné de musique classique, quels sont les événements inscrits dans votre agenda à ne pas manquer, en ce début d’année à Montréal?
J.-P.H.: Un des récitals les plus attendus de la saison sera sans doute celui du pianiste roumain Radu Lupu, à la  fin de janvier. À ne pas manquer aussi les concerts Tchaikovsky, et Mahler avec l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal sous la direction de Yannick Nézet-Séguin.
I.-A.S.: Merci pour vos recommandations et bonne chance dans vos activités !
J.-P.H.: Merci à vous!

Janvier 2008

« Chaque expression, chaque objet est un symbole, un message, un appel à l’action ou à la réflexion»

Juan Manuel Vasquez, artiste multidisciplinaire, participe avec son groupe « Empreintes d’artistes » à une exposition collective à la Galerie « Inter Pallas »

Luz Garcia de Zielinski

uan Manuel Vasquez

Le 19 janvier 2008, nous aurons l’occasion d’assister au vernissage d’une exposition collective avec le groupe d’artistes multidisciplinaires et multiethniques   « Empreintes d’artistes »  à la Galerie « Inter Pallas » au 3550, Chemin Côtes des Neiges entre 15h00 et 17h00.  L’exposition se déroulera jusqu’au 7 mars 2008. 

   Le groupe « Empreintes d’artistes » de Verdun, autrefois « Les Argoulets », qui existe depuis bientôt 5 ans et qui compte, parmi ses membres, des artistes de renommée internationale comme  :  Juan Manuel Vasquez, Paul Cormier, Jocelyne Langlois, Francine Bertrand, Philippe Légault, Agathe Boivin, Loraine Galarneau et L. Garcia, a organisé et participé à plusieurs activités et expositions.  Au départ, ils étaient une vingtaine d’artistes qui venaient de tous les horizons, disciplines et âges, et, avec le temps, plusieurs d’entre eux ont pris des chemins différents et ont lancé leur carrière en solo. Dû à une longue amitié et fidélité, celles et ceux qui ont décidé de rester dans le groupe, exposent et participent à différentes activités et ont pris la décision de continuer à travailler et exposer ensemble, tout en suivant leurs parcours individuels en parallèle.  

   Grâce à cette exposition, nous allons voyager et côtoyer d’autres cultures, car ses membres viennent du Guatemala, du Mexique, du Québec et de Nouveau Brunswick.  Ils nous convient à prendre part et à être témoin de cet échange interculturel et de ce travail actif qu’ils font dans le secteur de l’art visuel à Montréal. 

   Dans mes rubriques passées, j’ai eu la chance de vous présenter et de faire un portrait de certains de ses membres et cette fois-ci, je vous présente un autre de ses confrères qui a un parcours très actif et qui devient de plus en plus connu ici et à l’étranger:  Juan Manuel Vasquez.   

   Juan Manuel est né au Guatemala et a vécu comme réfugié au Costa Rica, au Mexique et au Chili de 1981 à 1987, avant d’émigrer au Canada. Sa peinture traduit une narration visuelle de cette expérience personnelle marquante, qui le rend solidaire de la souffrance de 25 millions de réfugiés de par le monde, dépossédés de leur histoire personnelle et collective, de leur famille, d’un territoire et de leur pays natal. Sa peinture est vibrante de couleurs, empreinte de textures significatives, où le dessin, la composition possèdent un accent latino-américain qui souligne la dramatique du message. À travers ses tableaux, il nous transmet l’amour pour sa patrie et on ressent sa nostalgie, la présence continuelle de son passé, la tristesse que ces souvenirs lui causent. Le regard de ses personnages est intense, profond et d’une tristesse inouïe mais, également et paradoxalement, on voit l’espoir.  Ses peintures transmettent ces émotions vécues remplies d’expériences personnelles. Il nous dévoile la face latente d’une réalité quotidienne de millions des réfugiés et il nous fait prendre conscience de tout cet univers qui est très loin de notre vie au Canada.  Dans toutes ses peintures, chaque détail est calculé, rien n’est laissé au hasard:  chaque expression, chaque objet est un symbole, un message, un appel à l’action ou à la réflexion. Il veut nous faire réagir, bouger en sollicitant notre solidarité et notre soutien. Il sait de quoi il parle puisqu’il a été lui-même réfugié dans plusieurs pays.  

LUZ:   Quand est-ce que vous avez commencé votre parcours d’artiste? 

Juan Manuel : Durant mon adolescence, j’ai été influencé par des amis qui étudiaient la sculpture et la peinture à l’école d’arts plastiques de Guatemala. C’est avec eux que j’ai commencé à apprendre et à développer tout un univers, surtout autour de la peinture. 

L. : Comme et quand est-né l’idée de parler dans vos œuvres des réfugiés? 

J.M. : Quand je suis arrivé au Canada, j’ai pu obtenir un moment de paix, j’ai pu m’asseoir un moment et réfléchir à tout ce que j’avais vécu : à ce qui a eu le plus d’impact sur ma vie et ce qui a laissé le plus de séquelles,  c’est que d’un jour à l’autre j’étais devenu un réfugié. Une façon de manifester mon expérience personnelle a été de peindre ce que j’ai vécu, principalement au Mexique. À ce moment, j’ai su que je devais parler des réfugiés parce que c’est une réalité de la vie et que politiquement, c’est quelque chose qui continue d’exister.

L. : Êtes-vous retourné au Guatemala récemment? 

J.M. : J’ai du attendre 16 ans avant de retourner pour la première fois au Guatemala à cause de ma participation politique lorsque j’étais à l’extérieur du pays. J’y suis allé la dernière fois en 2004. 

L. : Parlez-nous de votre parcours d’artiste en Ontario? 

J.M. : J’ai fait parti de différentes associations d’artistes et également d’une coopérative d’artistes.  J’ai également fait de nombreuses expositions à l’extérieur et en galerie. J’ai participé activement au développement culturel surtout dans la région de Waterloo à travers le Conseil des arts de l’Ontario. J’ai ainsi fait plusieurs entrevues dans les journaux, à la radio et à la télévision. Je veux aussi mentionner ma participation à l’association « Art in the Park » de Stratford pendant de nombreuses années. 

L. : Est-ce plus difficile qu’au Québec? 

J.M. : Il y a de nombreuses différences. Ici au Québec, de façon générale, l’offre est très grande et il y a peu de demande. Ce qui veut dire qu’il y a beaucoup d’artistes et peu d’acheteurs alors que le marché ontarien est plus important. Par contre, dans les deux provinces, le marché grandit et je vois le résultat ici au Québec à travers les nombreuses expositions qui se font chaque année et le nombre de personnes qui s’intéressent à l’art de façon plus active. 

L. : Votre technique est très originale et très spéciale.  

J.M. : Je crée des textures sur mes peintures. J’aime travailler sur une surface texturée et cette texture, en même temps, influence le résultat final. Je crée la texture avec du gesso pur, sans autre composante. Je travaille ensuite avec le fusain. Ça fait partie du processus de création et il est fascinant de voir surgir les images ainsi. Il y a ensuite une transformation avec l’acrylique et la toile se convertit alors en œuvre d’art. 

L. : Quel artiste vous inspire? 

J.M. : Morrisseau, Emily Carr, Moliniari, Pellan, Vaillancourt, Amaya, Matta, Lam, etc. Je pourrais énumérer plusieurs autres artistes mais dans mon processus de développement,  je m’inspire également des dessins urbains (graffitis), l’architecture en général, les paysages, l’intérieur des maisons, les portraits, le mouvement continuel des gens dans les rues, etc. 

L. : Parlez-nous de votre expérience à Tadoussac et de l’inspiration qu’elle vous a apportée pour essayer d’autres textures. 

J.M. : Tadoussac est une baie magique. C’est un endroit avec des points de vue magnifiques sur la nature, sur l’eau et au milieu de tout cela, la paix et le silence continuel qui contribue à la concentration et à la créativité. Tadoussac est un des plus beaux coins de la planète. 

L. : Pouvez-vous nous parler des œuvres qui vous exposez à la Galerie Inter Pallas? 

J.M. : Il y a deux séries, la première s’appelle « La tierra lejana », qui est l’évocation de la patrie, pleine de couleurs énergisantes qui suscitent tant le calme comme le mouvement. La deuxième série comprend « El rio, el portal y el puerto », ces toiles évoquent les souvenirs de jeunesse et les souvenirs associés à cette période. Cette série, près de la photographie en noir et blanc, avec très peu de couleur, où on retrouve un regard de nostalgie et de tristesse qui aide à comprendre la difficulté de la vie d’un enfant réfugié qui sans comprendre la situation, sent que sa vie a changé.  

L. : Avez vous déjà gagné des prix, des bourses, etc.? 

J.M. : J’ai reçu quelques prix lors d’expositions, comme le prix du public en 1998. J’ai aussi été sélectionné pour faire le dessin d’une affiche pour le Conseil des arts de l’Ontario. 

L. : Quel sont vos projets d’expositions pour l’année 2008? 

J.M. : Il y a deux expositions individuelles, l’une :  au Cinéma du parc (date exacte à venir), l’autre à Laval en mai. J’ai également plusieurs expositions au Québec et deux en Ontario. Toute l’information sera disponible sur mon site web : www.vasquez-arte.blogspot.com 

L. : Allez-vous exposer cette année à l’étranger? 

J.M. : Il y a des possibilités d’exposition en Europe, surtout en Espagne mais ça va prendre encore un peu de temps. 

L . : Voulez-vous vous partager quelque chose d’autre avec nos lectrices et nos lecteurs? 

J.M. : Oui!  J’aimerais les inviter au vernissage de ma première exposition collective de cette année avec mon groupe « Empreintes d’artistes », le samedi 19 janvier entre 15h00 et 17h00, à la galerie « Inter Pallas » au 3550, Chemin des Côtes des Neiges entre 15h00 et 17h00.  Tout le monde est invité…et au plaisir de vous y voir! 

L. : Juan Manuel, merci pour votre temps et félicitations!

J.M. : Merci à toi de me permettre de présenter mes idées et mes projets. 

Photos de Juan Manuel Vasquez à la galerie prises par LUZ Garcia

Janvier 2008

Building a future on passion for music

Interview with the young soprano Irina Marinas

Iulia-Anamaria Salagor

Mioara Cortez

I met Irina Marinas in 2006, when I presented her in a Christmas carols concert at the Romanian Orthodox Church, in St-Laurent. That evening we performed together in the church’s choir and I was impressed by her voice and her stage presence. Despite her young age, Irina’s performance already showed maturity and professionalism.

      Born in Romania, Irina has been living in Montreal for six years. Her passion for classical music started at a young age, beginning with piano lessons; however, it was during her high school studies at Vanier College in Montreal that she discovered her real vocation under the guidance of her teacher Tamara Armstrong. During her two years of schooling at Vanier College, Irina got success and fulfillment, and was honored with several awards and scholarships. She also has been a featured soloist in many concerts with Vanier College Choir as well as in other extra-curricular recitals. At McGill University, she received annual awards for outstanding performance as well as for academic results. Often invited to collaborate with young rising composers or professional musicians, Irina enjoys every new musical experience.  

Iulia-Anamaria Salagor: Which are the dearest memories from the beginning 
of your musical career in Romania? 

Irina Marinas: My musical career, if I can say so, started when I was six years old with some piano lessons, theory and musicianship classes. The music school I went to was the Lyceum of Fine Arts of Râmnicu Vâlcea, located up on a hill in a very nice area of the city. I loved climbing up there twice a week and spending time playing Beethoven. 

I.-A.S.: How did you discover your passion as well as your abilities for canto

I.M.: I loved singing ever since I was very young. I was always singing in choirs and spending time rehearsing Romanian songs. Nevertheless, it all started when I was five and my mother registered me in a children’s singing competition called Tip Top Minitop. Many Romanians may still remember this competition because it used to be broadcast on the main Romanian TV channel. I participated in a provincial version of that competition and I was awarded the first prize. It was a great feeling.  

I.-A.S.: Could you do a comparison between musical training in Europe and North America. 

I.M.: I decided to go back and study music, more precisely classical voice, when I came to Canada in 2002. Even though I had interrupted my musical training for two years, I still trusted my eight-year musical background. I have not been in any other European musical school, but it is well known that countries like Germany, France, Italy, Russia and Romania, to name just a few, have an outstanding musical tradition. North America is a “younger” continent - culturally speaking - but it has attracted the best musicians and scholars from around the world. At the present, we can say that it has caught up with its musical education. Nowadays, when it comes to professional performing, I think that American or Canadian standards are as high and competitive as in Europe. 

I.-A.S.: What is your favourite piece of opera? Do you 
dream to play a particular one? 

I.M.: My favourite aria is definitely Violetta, from La Traviata, which I hope to perform one day. Verdi’s music is beautiful for the listener and for the singer as well. There are other characters that I like very much like Gounod’s Juliette or Puccini’s Tosca. Those female characters may have different stories and came form different milieu, but they all share the same qualities like strength, freedom and passion. There is another role I wish to play one day and that is Wagner’s Isolde. This role however requires a mature dramatic voice which means I have to wait for a while before being able to do it. 

I.-A.S.: You received the second prize for the Category 6 Women 
at the NATS Voice Competition
. What does this mean to 
you? 

I.M.: Receiving this prize was a reward for all the work I have done so far and an encouragement to continue building my musical career. It was definitely a “thumbs up” for my career as an opera singer. 

I.-A.S.: When will be your next performance? 

I.M.: My next performance will be in February (more precisely 7th, 9th, 14th and 16th) in Jules Massenet’s opera Cendrillon. I will be singing Noémie, one of Cinderella’s stepsisters. It is a very comical and entertaining part. I encourage anyone who likes this romantic fairy tale to come see it. (It will be performed in the Diocesan Hall at 3473 University Street, close to the McGill Metro station) 

I.-A.S.: This year you will graduate with a Bachelor of Music – 
Honours Voice Performance. What comes next? 

I.M.: I am auditioning for a Master’s in Performance program at the same university. I wish to continue studying with Professor Stefano Algieri for a few more years as he has been an incredible source of knowledge and inspiration for me. At the same time, I will keep on auditioning for different opera programs as well as participating in singing competitions. 

I.-A.S.: What are your fields of interest besides music? 

I.M.: I like learning new foreign languages. I am very interested in Italian, which I speak and write, as well as in Italian culture. I am familiar with German as well, which I hope to improve. My new interest is in Russian, a more complicated language that opens the door to a world of valuable cultural resources. I also enjoy reading and I try to do it as often as I can.  

I.-A.S.: For 2008, which are the Montreal’s music 
events not to be missed?  

I.M.: There are so many festivals and concerts in Montreal that it is hard to keep up with everything. I would recommend, nevertheless, The Barber of Seville at the Opéra de Montréal in February. Besides the beautiful story, Rossini’s music remains a highly entertaining show. 

I.-A.S.: Congratulations for your accomplishments and good luck for the New Year! 

I.M.: Thank you very much!

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