« Je poussais devant moi le poids d’une civilisation. »
Driss Chraïbi, Le Passé simple.
La beauté d’une ville se mesure à l’étendue de ses horizons. Ce qui fait que j’en tombe amoureux, c’est son ouverture, sa capacité à me dépayser. Son charme vient de cette beauté de voir cohabiter plusieurs communautés se partageant, au-delà de l’espace, des coutumes, des manières de voir, de vivre, de se vêtir, de manger… Je ne pourrais pas vivre, en ce sens, sans Montréal, mon port d’attache, où, si souvent, je pars à la rencontre du monde.
En ces temps de réflexion, la commission Bouchard-Taylor tâte le pouls d’une population qui cherche encore et toujours son identité, son « nous », pendant que moi, je pense aux autres avec lesquels nous cohabitons et que j’essaie de comprendre.
Ces jours-ci, je m’intéresse beaucoup au Maroc et particulièrement à un de ses écrivains dont j’ai découvert l’œuvre en bouquinant dans une librairie d’occasion du centre-ville. Cet écrivain se nomme Mohamed Choukri. Il naît en 1935 près de Nador, dans le Rif marocain. À l’âge de sept ans, il débarque à Tanger avec ses parents, fuyant la famine qui sévit au Maroc oriental. Durant son adolescence, il mène une vie de vagabond et subsiste en faisant toutes sortes de petits métiers. En 1956, à vingt et un ans, il entre à l’école, et apprend à lire et à écrire. Très vite, il compose ses premiers poèmes et ses premières nouvelles, tout en suivant les cours de l’École normale afin de devenir instituteur.
Dès 1966, il publie dans les revues littéraires arabes, américaines et anglaises. En 1980, la traduction française de la première partie(1) de son autobiographie, Le pain nu(2), paraît à Paris. Au cours de sa vie(3), il aura écrit des romans, des recueils de nouvelles, des pièces de théâtre, et des livres sur ses relations avec Jean Genet, Tennesse Williams et Paul Bowles. Comme le dit Tahar Ben Jelloun, dans sa préface au Pain Nu, qu’il a traduit : « Mohamed Choukri occupe une place à part dans la littérature arabe, à cause d’abord de son itinéraire personnel – l’histoire de sa vie – et ensuite de son écriture(4). »
Ce qui est intéressant avec l’autobiographie de Choukri, c’est que, bien qu’elle ait été conçue en arabe, elle fut publiée premièrement en anglais et deuxièmement en français, l’œuvre étant censuré au Maroc :
En 1973, l’écriture en arabe est toujours contrôlée par des censures officielles ou intériorisées. [...] Le pain nu est refusée par les maisons d’édition arabes et publiée en anglais dans une adaptation de Paul Bowles [version française de Tahar Ben Jelloun en 1980] .
Pour Choukri, l’écriture est une protestation, pas une parade. En écrivant, il dénonce des situations, il dresse un portrait de la société qu’il connaît, une société dure et sans pitié où il est hanté, entre autres, par la peur d’être violé. Côtoyant voleurs, prostitués, proxénètes, contrebandiers et fumeurs de kif, il apprend d’eux et dira plus tard : « Je considérais le vol comme légitime dans la tribu des salauds . » Il choisit de parler de ce qui ne se dit pas; il parle de ce que la société tente de cacher, c’est-à-dire la pauvreté. Choukri dérange. Et pour que ses textes trouvent un écho, un lectorat, il est forcé de les exiler.
Mohamed Choukri n’est pas de ces intellectuels petit-bourgeois. Sa marginalité, sa vérité et sa vie, le fait de ne pas se contenter de vivre la pauvreté mais aussi de la dire et de la dénoncer dérangent le confort et les certitudes de beaucoup .
Le pain nu paraît d’abord à Londres aux Éditions Peter Owen, en 1973, dans une adaptation de l’écrivain américain Paul Bowles. Il y a une ambiguïté dans l’autobiographie de Choukri puisque, bien qu’il en soit l’auteur, rien ne nous dit que la version finale soit la version originale authentique. Les traductions de l’œuvre sont parues avant l’œuvre. Rien ne nous dit non plus que Le pain nu n’a pas été modifié par Choukri à la lumière du travail de Bowles et de Ben Jelloun. D’ailleurs, Bowles ne dira pas qu’il a traduit Le pain nu, il dira plutôt qu’il l’a adapté, voire « adopté ». Lors de la publication, Bowles ne se gène pas pour revendiquer sa participation à l’écriture en juxtaposant son nom à celui de Choukri, ce qui donne l’illusion d’un texte écrit à deux. Ce que Choukri niera dans Paul Bowles, Le Reclus de Tanger, où il parle de sa relation avec le romancier américain :
J’écrivais tous les jours quelques pages et, le soir, j’allais chez Bowles et je lui dictais en espagnol, phrase après phrase, le texte qu’il transcrivait en anglais. On a dit que j’avais utilisé le dialectal [sic] marocain mais c’est faux; je ne maîtrise pas l’art de conter en dialectal [sic]. Ahmed Yacoubi, Abdeslam Boulaïch, Mohammed Mrabet et Driss Charhadi – le plus habile de ces conteurs – ont utilisé avec Bowles ce qu’il savait de la langue espagnole pour l’adaptation de leurs récits en anglais. Ils enregistraient leurs contes au magnétophone en dialectal [sic] marocain avec des mots espagnols. Et Bowles se chargeait de remanier et d’adapter [il ne s’agissait nullement de traduction littéraire au sens strict du terme] en s’appuyant sur les explications et interprétations des conteurs. Il est évident qu’il reconstruisait chaque texte plus d’une fois avant de le taper définitivement à la machine, mais il l’a toujours nié – par loyauté ou pour des raisons de stratégie artistique.
Il est pourtant primordial de parler du travail de Bowles, puisque ce dernier a traduit l’œuvre à mesure qu’elle s’écrivait et non pas après coup comme son homologue Tahar Ben Jelloun, qui a pour sa part traduit le texte en français. Bowles, en plus de traduire, a pu influencer directement l’auteur dans l’écriture de son autobiographie.
Pour ce qui est de la version française, on sait que Ben Jelloun a travaillé à partir d’un texte fini, complet. Ce qu’il fait subir comme changement au texte est moins profond et se résume souvent par des choix de traduction. En début de roman, par exemple, Ben Jelloun traduit ainsi :
Nous étions plusieurs enfants à pleurer la mort de mon oncle. Avant je ne pleurais que lorsqu’on me frappait ou quand je perdais quelque chose. J’avais déjà vu des gens pleurer. C’était le temps de la famine dans le Rif. La sécheresse et la guerre .
Voici le même passage du texte arabe, cette fois traduit littéralement :
Je pleure la mort de mon oncle. Il y a des enfants qui m’entourent. Quelques-uns parmi eux pleurent avec moi. Déjà je ne pleure que lorsqu’on me frappe ou quand je perds quelque chose. Je vois des gens pleurer aussi. La famine dans le Rif. La sécheresse et la guerre .
Dans ce passage, nous voyons un exemple de la modification que Ben Jelloun fait subir au texte. En utilisant la forme passée avec : « C’était le temps [...] », il donne au récit un ancrage historique, alors que dans le texte arabe, on utilise le présent, ce qui donne au lecteur l’impression « qu’il lit des expériences non telles qu’elles ont été vécues, mais en tant qu’elles sont en train d’être vécues par le narrateur ».
Comme le manuscrit en arabe du Pain Nu est resté pendant près de dix ans sans être publié, il est permis de croire, comme l’avance Natij Salah dans Le Cas de Mohamed Choukri et de Tayeb Salah, que l’auteur a eu tout le loisir de consulter les traductions, au risque de se laisser influencer par elles , influences qui ont pu l’amener à apporter des modifications à son texte. Malgré tout, son autobiographie, si on fait objection de la participation des traducteurs, correspond aux critères exposés par Philippe Lejeune dans Le pacte autobiographique .
Il insère effectivement, au cours de l’œuvre, une note en bas de page où il nous dit ce que sont devenues les deux femmes dont il est question dans le texte. C’est la seule fois qu’il utilise ce procédé, ancrant le récit dans le réel et nous annonçant que les personnages existent en dehors du livre :
J’écris ces mémoires en 1972. Vingt ans ont passé. Je n’ai plus revu Sallafa et Bochra. J’ai appris en 1963 que les deux filles étaient entrées travailler en 1952 au bordel Prosper (on dit bousbir en arabe) à Casablanca. Quelques mois après, Bochra se maria avec un garçon de café d’El Jadida. Ce fut un échec. Elle retourna à la prostitution au même endroit. Aujourd’hui, je ne sais pas ce qu’elles sont devenues .
Dans Le pain nu, il est important de souligner que Choukri ne parle pas au nom de la collectivité. Il parle cependant de lui à l’intérieur de la collectivité, ce qui est en soi subversif au sein de la culture arabe. Il est subjectif. Tout passe par son regard, par sa pensée. Il nous livre sa vision des choses, la vision de sa jeunesse. Il réclame son individualité.
L’époque où se déroule Le pain nu est en elle-même une époque riche en bouleversements; c’est celle entourant l’Indépendance marocaine. On assiste toutefois à l’action grâce au regard du jeune Choukri qui n’y est pas engagé, mais qui y est spectateur. À travers ses yeux et son expérience, on pose un regard sur la société dans laquelle il évolue.
Choukri est issu d’un milieu social très pauvre. Pour survivre à la famine qui sévit dans la région qu’elle habite, sa famille doit migrer vers la ville, à Tanger. Le père de Mohamed est un contrebandier et un déserteur de l’armée espagnole, qui gagne sa vie comme il le peut. Il incarne un pouvoir suprême et incontestable, c’est un Tout-Puissant, qui se permet tout, même d’égorger sa propre progéniture , et ne tolère rien . Très violent, on le présente comme un père absent qui déteste ses enfants. Comme Driss Chraibi le fait dans Le passé simple , Choukri associe l’image de son père à l’image de Dieu: « Mon père, c’était Dieu, ses prophètes et ses saints réunis. Quelle terreur ! » Ou encore : « Oui je t’entends, héritier de Dieu sur cette terre dominée par les pères . » Mohamed se révolte contre le père et contre Dieu : « Maudite soit la religion de la vie et maudit celui qui l’aime […] Nous ne sommes ni des musulmans ni des chrétiens ». Il désire la mort de son père plus que tout :
S’il y avait quelqu’un dont je souhaitais la mort, c’était bien mon père. Je le haïssais comme je haïssais aussi les gens qui pouvaient lui ressembler. Je ne me souviens plus combien de fois je l’ai tué en rêve. Il ne restait qu’une chose : le tuer réellement .
La violence avec laquelle Mohamed s’exprime est sans bornes; il n’a aucune limite. Il répond à la haine par la haine, au mépris par le mépris. De fait, quand il assistera à une scène où l’on bat son père sous ses yeux, il n’éprouvera aucune pitié. Au contraire, il désirera qu’on le maltraite encore plus :
- Quel fils de pute ! Qu’est-ce qui t’est arrivé avec ce chien ?
- Rien. C’est mon père.
- Ton père !
- Oui, mon père, mais il mérite encore plus que ça.
Un autre copain, Sebtaoui :
- Quel fils de rien ! Quel fils de pute ! Que s’est-il passé entre vous ?
- Tu sais, dit Abdeslam, c’est son père.
- Son père ! (se tournant vers moi) C’est ton père ?
- Oui. Il mérite encore plus. C’est un chien .
Si l’on peut qualifier sa révolte d’adolescente, on ne peut pas en ignorer l’extrême violence. Choukri s’oppose à son père et à la société entière qui tendent à se figer dans le dogme et la tradition.
Dans l’œuvre de Choukri, la mère est passive, lâche, soumise. Il éprouve envers elle de la sympathie et de l’affection, parce qu’elle l’aime et qu’elle le protège le mieux possible. Par contre, en même temps, elle lui répugne, et il la déteste parce qu’elle se soumet à l’autorité du père, le craignant plus que tout. Mohamed se sent responsable d’elle et parfois envahi d’un sentiment protecteur, mais cela ne dure pas. En fait, la passivité de sa mère l’incite à se révolter davantage. Sur tous les points, Choukri refuse de se soumettre à l’autorité du père, c’est pourquoi il est laissé à lui-même, dans la rue. Très vite, il trouve un refuge dans l’univers des cafés. Sans abri, il dort plus souvent qu’à son tour dans les rues et parfois même dans les cimetières , ce qui est formellement interdit et tabou dans la société marocaine. Pour se nourrir, il fait les poubelles, vole, accepte des petits boulots ça et là, se débrouille comme il peut. À vrai dire, il souffre beaucoup de la faim et il est prêt à manger n’importe quoi pour survivre. L’épisode de la mie de pain du pêcheur traduit bien cette situation. Dans ce passage , Choukri plonge à l’eau pour récupérer un bout de pain qu’un pêcheur a jeté. En nageant avec la nourriture en main, il s’aperçoit qu’ils trempent, lui et le bout de pain, autour d’une nappe de pétrole et d’un morceau de merde. Choukri est à l’école de la rue. D’ailleurs, il ne fréquentera pas d’école « institutionnelle » avant vingt et un ans, âge où il décide de s’instruire. Toute sa jeunesse, Choukri sera analphabète.
La raison pour laquelle il ne va pas à l’école est simple : son père l’oblige à travailler. De ce travail, Mohamed ne voit pas le salaire. C’est son père qui récolte les dividendes , ce qui le pousse au vol pour avoir un peu d’argent. Au café, il découvre vite les vertus échappatoires du vin et du kif, auxquels il s’habitue rapidement. Et il fréquente les bordels et les prostituées.
Choukri a conscience de son état et de la pauvreté dans laquelle il vit :
La distinction entre riches et pauvres n’épargne pas les morts. […] Étrange ! Mon père en prison, ma mère se débrouille au marché, et moi, laissé seul entre les doigts de la faim. […] Passer sa vie dans ce lieu, entre ces murs, dans cette misère ? Jouer nos rôles, ceux qui composent notre vie, les jouer jusqu’à la lie, jusqu’au dégoût, jusqu’à avoir la nausée de notre passé et de notre présent. On finira par atteindre le silence éternel, disparaître les uns après les autres. Le plus malheureux sera le dernier à disparaître .
Il est révolté face à une pauvreté qui le prive de son enfance, et il ne s’empêche pas de dénoncer cette pauvreté autant qu’il le peut.
À travers le monde des cafés, des bordels, de la misère et de la pauvreté, Choukri découvre le sexe. Il y voit, comme tous les adolescents, à la fois de la tendresse et de la violence, de la douceur et du mépris. Il est très vite attiré par la beauté physique des femmes, beauté dont il fait souvent l’éloge. Le corps de la femme est pour lui merveille et fascination, source de fantasmes et de mystères, puisqu’il n’arrive pas à comprendre celle-ci :
Les femmes ! Quel univers compliqué ! Je n’arriverai jamais à les comprendre. Quand on pense qu’elles vont provoquer une catastrophe, elles vous sauvent. Le contraire est aussi vrai. Tout dépend de leur état d’esprit .
En proie à une libido juvénile très forte, il pratique au départ la masturbation, puis s’invente des fétiches, tels des arbres qu’il transforme en femmes, et fantasme sur des passantes ou des photographies pour assouvir ses besoins. Il a sa première relation sexuelle avec une prostituée, Harrouda . C’est le début de ses rapports intimes avec les femmes de joie. La vision choukrienne de ces dernières est très romantique. Toutefois, sa vie sexuelle sera à l’image de son milieu, dure. Choukri ira même jusqu’à se prostituer avec un pédéraste .
À travers le récit de son expérience, Choukri dresse un portrait des bas-fonds de la vie sexuelle marocaine. S’il a été le «client» d’un pédéraste, il a lui-même couché avec plusieurs prostituées et eu des expériences homosexuelles et de domination . Comme pour le reste, il n’y a pas de tabou dans son discours.
Le sexe est très important pour Choukri puisque c’est ainsi qu’il affirme son désir de vivre, et qu’il apprend la vie. Chaque relation est une leçon. Le sexe est une école.
Le personnage de Mohamed Choukri dans Le pain nu fait beaucoup penser au protagoniste du Citron, écrit par Mohamed Mrabet en collaboration avec Paul Bowles. Comme le personnage de ce roman, Choukri se révolte et se sépare de sa famille pour aller vivre et travailler dans les cafés, où il sera initié au kif, à l’alcool, et au vol, et où il fréquentera des prostitués, des mécènes et tous ces « gens de la nuit ». L’univers de Choukri en est un de pauvreté et de misère dans lequel la souffrance humaine est à son apogée. Il faut toujours qu’il trouve un moyen pour survivre. Il a la réputation d’être un garçon rude. Tout le monde se méfie de tout le monde dans son milieu. C’est une jungle !
Sachant que Le citron a été écrit relativement à la même époque que Le pain nu, aux alentours de 1972, et que Mrabet autant que Bowles connaissaient l’histoire de Choukri, on pourrait penser qu’ils ont romancé l’autobiographie de ce dernier dans leur livre. En effet, les deux récits se ressemblent énormément, et la parution du Citron, avant Le pain nu, aurait bien pu être une réponse détournée de Bowles à l’arrogance de Choukri . Si l’hypothèse s’avère fondée, cette arrogance serait alors comparée à un citron :
Il y a des gens qui sont comme des citrons. Beaux à voir et acides intérieurement […] Il ne fallut pas longtemps pour que l’on oublie que son nom était Abdeslam. Ils l’appelèrent Citron .
Si le parcours paralittéraire de publication du Pain nu n’est pas, comme nous l’avons vu, habituel, et que les traductions de l’œuvre sont parues avant la version originale, le texte en lui-même demeure riche et intéressant à étudier. L’expérience de Choukri n’est pas commune et donne amplement matière à réfléchir.
Grâce à Choukri, il devient par ailleurs possible de poser un regard différent sur le monde arabe, et celui-ci nous laisse apercevoir autre chose que les murmures habituels et nous aide à connaître un peu mieux cet univers qui semble effrayer tant de Québécois.
BIBLIOGRAPHIE
Ben Jelloun, Tahar. Harrouda, Paris, Denoël, 1973.
Chraibi, Driss. Le passé simple. Paris, Denoël, 1954.
Choukri, Mohamed. Le pain nu. Traduit par Tahar Ben Jelloun, Paris, François Maspero, 1980.
Choukri, Mohamed. Paul Bowles, le reclus de Tanger. Traduit de l'arabe par Mohamed El Ghoulabzouri, Paris, Quai Voltaire, 1997.
Choukri, Mohamed. Le temps des erreurs. Traduit de l'arabe par Mohamed El Ghoulabzouri, Paris, Seuil, 2005 [1994].
Joubert, Jean-Louis et al.. Les littératures francophones depuis 1945. Paris, Bordas, 1986.
Lejeune, Philippe. Le pacte autobiographique. Paris, Seuil, 1996 [1975].
Mrabet, Mohamed et Bowles, Paul. Le Citron. Traduit par Gilberte Marchegay, Breteuil-Sur-Iton, Christian Bourgeois, 1989 [1969].
Salah, Natji.
La présence du roman arabe en France. Le cas de Mohamed Choukri et de Tayeb Salah. Bordeaux, Université Bordeaux III, Thèse, 1990.
La deuxième partie s’intitule Le temps des erreurs. Traduit de l'arabe par Mohamed El Ghoulabzouri, Paris, Seuil, 2005 [1994].
Mohamed Choukri, Le pain nu, traduit de l’arabe par Tahar Ben Jelloun, Paris, François Maspero, 1980.
Mohamed Choukri est mort en 2003.
Tahar Ben Jelloun, dans la préface de l’autobiographie de Mohamed Choukri, Le pain nu, Op. Cit., p. 7.
Jean-Louis Joubert et al., Les Littératures Francophones depuis 1945, Paris, Bordas, 1986, p. 205.
Mohamed Choukri, Le pain nu, Op. Cit., p. 28.
Tahar Ben Jelloun, dans la préface de l’autobiographie de Mohamed Choukri, Le pain nu, Op. Cit., p. 2.
Mohamed Choukri, Le pain nu, Op. Cit., p. 1.
Natji Salah, La présence du roman arabe en France. Le cas de Mohamed Choukri et de Tayeb Salah, Bordeaux, Université Bordeaux III, Thèse, 1990, p. 224.
À ce titre, il est intéressant de souligner que les traducteurs de Choukri sont tous deux célèbres au moment de leur collaboration avec ce dernier. Bowles, autant que Ben Jelloun, jouit d’une célébrité et d’une popularité notoires. Ce sont des auteurs reconnus, contrairement à Choukri.
Dans sa définition de ce concept, Philippe Lejeune s’appuie sur quatre critères : 1. Forme du langage; 2. Sujet traité; 3. Situation de l’auteur : identité de l’auteur (dont le nom renvoie à une personne réelle) et du narrateur; 4. Position du narrateur. Le pacte autobiographique, Paris, Seuil, 1996 [1975], p. 14.
Mohamed Choukri, Le pain nu, Op. Cit., p. 115.
Ibid., p. 72. Au cours de ce passage, l’intolérance du père apparaît clairement. Dans cette scène, Mohamed n’a pas faim et son père le force à manger: « Tu mens. Tu n’es pas rassasié, dit le père, du moins pas tant que je le désire. » La scène se terminera à l’hôpital où Mohamed subira un lavage d’estomac.
Driss Chraibi, Le passé simple, Paris, Denoël, 1954.
Mohamed Choukri, Le pain nu, Op. Cit., p. 71.
Ces propos, auxquels Choukri adhère, sont tenus par Hamid, un copain. Ibid., p. 128.
Il y a ici un lien intéressant à tisser avec le premier roman de Tahar Ben Jelloun, Harrouda, Paris, Denoël, 1973.
Mohamed Choukri, Le pain nu, Op. Cit., p. 82.
Ibid., p. 57 : « Je le suppliai des yeux. Il essaya de se lever. Je le retins avec force. Mon corps tremblait de plaisir. J’étais fou de désir. Il se détacha et voulut s’enfuir. Je m’agrippai à ses jambes et montai sur lui. Je le possédai. Il était à moi [...] Je caressai son pénis qui commençait à s’ériger dans ma main. »
Après avoir collaboré avec Bowles, Choukri crie à l’imposture et brise tout lien entre lui et son traducteur. Il tente de changer les contrats de publication. Choukri parle de ce rapport intime dans Paul Bowles, le reclus de Tanger, traduit de l'arabe par Mohamed El Ghoulabzouri, Paris, Quai Voltaire, 1997.
Mohamed Choukri, Le pain nu, Op. Cit., p. 145.
Mohamed Mrabet et Paul Bowles, Le citron, traduit par Gilberte Marchegay, Breteuil-Sur-Iton, Christian Bourgeois, 1989 [1969], p. 145 et 217.