Depuis 2001 • No 41 • Montréal • 15.01.2008
Sortie : 7 décembre 2007

Le scaphandre et le papillon

Durée : 1h52
Distribution : Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze, Max von Sydow
Réalisation : Julian Schnabel
Scénario : Ronald Harwood, d’après le livre éponyme de Jean-Dominique Bauby
Production : France, Etats-Unis
Score : 5/5
Photo : www.alliancefilmsmedia.com

 

Tina Armaselu

Combustion humaine spontanée

Au sommet d’une carrière et d’une vie bien accomplies, Jean-Dominique (Mathieu Amalric), rédacteur en chef du magazine « Elle » et père de trois enfants, se voit confiné au silence et à l’immobilité complète, après une violente attaque cérébrale. Prisonnier dans son propre corps, comme un scaphandre dans son lourd équipement subaquatique, mais gardant intactes son imagination et sa mémoire, il n’a qu’un seul moyen de communiquer avec le monde, le battement d’une paupière, une fois pour « oui », deux fois pour « non ». C’est ainsi, qu’il réussit à dicter lettre par lettre le livre qui témoignera à la fois de son emprisonnement en tant qu’être humain et de sa libération en tant qu’artiste.  

Inspiré d’une histoire réelle, le film est une transposition troublante sur l’écran d’une expérience également troublante. Celle d’un homme à la frontière de l’abîme, qui trouve sa propre voix à travers l’art et dont l’esprit s’envole, libéré de toute contrainte, comme le papillon sorti de la chrysalide. Tourné au même endroit où le livre a été conçu, l’Hôpital Maritime de Berck-sur-Mer, et raconté pour la plupart à la première personne, le film adopte le point de vue de la « caméra-œil », qui devient en même temps la perspective du protagoniste et du spectateur. Des flashbacks et des images insolites, comme celle d’une immense paroi de glace s’effondrant dans la mer, permettent de suivre le flux de la mémoire et l’imagination du créateur. Une réalisation artistique étonnante, remarquable par la beauté sombre et l’intensité de son message.

Décembre 2007

The Great Debaters

Durée : 2h03
Distribution : Denzel Washington, Forest Whitaker, Nate Parker, Jurnee Smollett, Denzel Whitaker
Réalisation : Denzel Washington
Scénario : Robert Eisele
Production : Etats Unis
Score : 4/5
Photo : www.alliancefilmsmedia.com

 

Tina Armaselu

Combustion humaine spontanée

Animée par l’intransigeant professeur Tolson (Denzel Washington), l’équipe de débat de Wiley College, un petit lycée Afro-Américain de Texas, réunit trois jeunes et ambitieux aspirants au titre de champions. Mais afin d’être capables de bien préparer leur argumentation, ils doivent comprendre d’abord que le débat n’est pas seulement l’apanage de la tribune universitaire mais il est au cœur même de la société où ils vivent.

Ayant comme toile de fond les inégalités raciales et sociales de l’Amérique des années 30, l’histoire est inspirée par des événements et des personnages réels, comme celui de Melvin B. Tolson, professeur, poète et homme politique, ou de James Farmer Jr., un des futurs fondateurs du Congrès de l’égalité raciale en 1942. Il est particulièrement à noter le dosage habile de la tension tout au long du film, à la fois sur le plan rhétorique que sur celui de l’action, et la présence imposante de Forest Whitaker, dans le rôle de James Farmer Sr.  

Décembre 2007

Atonement

Expiation

Durée : 2h03
Distribution : Keira Knightley, James McAvoy, Saoirse Ronan, Brenda Blethyn, Vanessa Redgrave
Réalisation : Joe Wright
Scénario : Christopher Hampton, d’après le roman d’Ian McEwan
Production : Grande Bretagne
Score : 4.5/5
Photo : www.alliancefilmsmedia.com

 

Tina Armaselu

Combustion humaine spontanée

Briony Tallis (Saoirse Ronan) est une jeune fille de 13 ans, introvertie et passionnée par l’écriture. En plus des histoires qu’elle concocte dans son imagination, pour des raisons qu’elle ne comprend pas encore entièrement, Briony aime épier en cachette la relation en train de naître entre sa sœur aînée Cecilia (Keira Knightley) et Robbie (James McAvoy), le fils d’une des domestiques de la famille. Incitée par le contenu d’une lettre dont elle n’est pas pourtant le destinataire et témoignant d’une scène qu’elle croit ou veut croire avoir comprise, Briony agit d’une manière qui changera à jamais les destins des trois protagonistes …

Ayant comme point de départ l’année 1935, l’action se déploie sur plusieurs décades, comportant principalement trois volets, l’Angleterre avant, pendant et après la guerre, avec des références à l’évacuation de Dunkerque, en juin 1940. Le film se remarque par l’acuité du détail, avec un souci particulier pour la palette des couleurs et des textures, ainsi que pour les connotations psychologiques de l’accompagnement sonore. Mais ce qui attire davantage l’attention est l’entrelacement subtil de la trame au dénouement inattendu et la multiplication des perspectives par la reprise des scènes, en tenant compte du point de vue de différents personnages.

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