Depuis 2001 • No 40 • Montréal • 15.12.2007
Décembre 2007

Interview avec l’écrivaine Sonia Anguelova

Felicia Mihali

Combustion humaine spontanée

J’ai connu Sonia Anguelova cet automne, lors d’un lancement de livre, et je suis malheureuse d’avoir raté tant de fois l’occasion de la rencontrer auparavant. En lisant sa riche biographie artistique, j’ai constaté sa participation aux nombreux évènements littéraires qui sont toujours inscrits à mon agenda depuis que j’habite Montréal et où nous nous sommes sûrement côtoyées. En 1987, j’ai fait le tour de la Bulgarie à pied, car les pays socialistes étaient les seuls où nous, les Roumains, pouvions sortir sans problème. Bien que voisins et collègues dans le bloc communiste, j’ai trouvé la Bulgarie tellement différente de mon ancien pays. En fait, je pense que tous les autres pays étaient à envier sauf la Roumanie, qui a connu le régime le plus répressif, et le communisme le plus noir, qui n’a eu son égal peut-être que dans la Russie de Staline ou la Chine de Mao. Le pays d’origine de Sonia me semblait un pays ensoleillé, portant en même temps les traces spirituelles de la civilisation grecque et turque, malgré les frictions historiques entre ces trois pays. C’était l’été et j’associais les lieux au très connu parfum de rose produit dans la Vallée de Pazardžik, les hauteurs du sommet Musala, les maisons bâties sur les pentes rocheuses de Velico Tarnovo, les immenses melons rouges, les sables d’or de Slatni Piazatsi, au bord de la Mer Noire. C’était un pays ou j’aurais rêvé de naître. Sonia vient de ce pays et lorsque je l’ai vue pour la première fois, je me suis sentie comme devant une ancienne connaissance. Je sais qu’elle a une longue histoire derrière elle, et je préfère la laisser parler. Je veux ajouter cependant que maintenant, Sonia me semble une Québécoise à temps plein, et non pas de second ordre - comme nous appellent encore certains spécialistes en littérature -, tellement chez elle. Elle a vécu la plupart de sa vie ici, elle y a étudié, elle a été et continue d’être très active dans le milieu culturel. Qui plus est, elle travaille à la Grande Bibliothèque, ce qui est le rêve de tout écrivain.  Sonia a publié de la poésie, des nouvelles, du théâtre, elle a animé des ateliers d’écriture, elle fait des lectures publiques. Ses livres Abécédaire des années d’exil, et Eux autres, ont été publiés par Lanctôt éditeur et Christian Feuillette éditeur. Bref, une carrière et une personnalité accomplies.

Felicia Mihali : - Comment es-tu arrivée à Montréal et quelles ont été les affres de ton intégration dans la société canadienne de langue française?

Sonia Anguelova : D’abord, merci Felicia pour cette belle présentation. Je vais juste dire que je me sens plutôt Montréalaise à temps plein. Je m’identifie beaucoup plus à un territoire, une ville, surtout que j’aime beaucoup Montréal.

Moi je suis arrivée à Québec. Ça serait trop long d’expliquer pourquoi, mais j’en parle dans mon roman (à paraître). Tout ce que je savais de la province de Québec est qu’on y parlait français. Je ne connaissais personne- la décision d’immigrer je l’ai prise seule et en cachette de mes parents, à Cuba. Je ne parlais ni français, ni anglais. Dans Abécédaire des années d’exil, je parle de mes dix premières années, de la naissance de ma fille, de ma vie « gaspésienne », de mon fils, né à la maison et de bien d’autres expériences. Bien sûr de la nostalgie du pays quitté, que je ne pensais pas revoir, tant il était certain que le régime socialiste allait durer! Et comme j’avais commis un crime, car à ce moment-là nous ne pouvions pas choisir de quitter et de vivre ailleurs, alors, je m’étais fait à l’idée que je ne reverrais jamais mon pays. L’immigration, ce départ pour le Canada, puisque je n’avais pas encore fait le choix de la ville canadienne où j’allais vivre, a conditionné tous mes rapports au temps, aux distances  et aux relations humaines. Je m’en suis rendue compte récemment, grâce à l’écriture et aux départs. Déjà j’avais quitté Sofia pour La Havane, et quitté La Havane pour le Canada. J’avais le goût de m’arrêter, de m’établir quelque part. J’ai choisi la ville de Québec et le français. Mes années gaspésiennes m’ont permis de vivre en « immersion » québécoise et je peux te dire que l’hiver en Gaspésie n’a rien à voir avec l’hiver à Montréal, ou à Québec. Malgré les difficultés, je suis contente d’avoir traversé cette période de ma vie et d’avoir donné à mes deux enfants un beau cadre de vie (ou un bel environnement) pour leur petite enfance.

Je suis à Montréal depuis 8 ans, après avoir vécu 17 ans dans la ville de Québec et 9 ans en Gaspésie.

F.M : - Y a-t-il une différence entre l’accueil fait aux nouveaux arrivants à l’époque de ton arrivée et celui d’aujourd’hui?

S.A. : Il n’y avait pas d’accueil fait par des organismes - j’étais accueillie par une fonctionnaire de l’immigration (fédérale) qui m’attendait à la gare de Lévis, puisque j’arrivais en train, en provenance de Halifax. C’était de juridiction fédérale à ce moment-là. Aujourd’hui, l’immigration relève du gouvernement provincial et de nombreux organismes s’impliquent dans l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants. Je trouve qu’on est mieux encadré aujourd’hui. Il y a beaucoup plus de services, de programmes. Autre différence : on nous a offert des cours de français et d’anglais à l’époque. Impensable aujourd’hui.

F.M. : - Quelle est ta perception de la culture québécoise? J’aimerais savoir quels sont tes modèles québécois. Peut-on faire un rapprochement entre la culture est-européenne et celle franco-canadienne?

S.A. : Faut comprendre qu’avant d’arriver au et à Québec, je venais de passer trois ans à Cuba où j’ai vécu une immersion complète dans la langue et culture latino-américaine et cubaine. Des écrits comme Cent ans de solitude et des poètes cubains ont laissé une trace sans doute dans ma « culture » générale. Dans ma culture bulgare, nous sommes fiers de nos poètes et écrivains. Dès la première année, j’ai appris par cœur de poèmes. Ce n’était pas marginal ni réservé à un public restreint.  Ici, je me suis intéressée à la culture et au mode de vie des peuples des Premières nations. J’ai même acheté et habité mon tipi! (voir Abécédaire…). J’ai lu ce que j’ai pu trouver de livres, en anglais et en français. Ensuite, pour mon plus grand plaisir j’ai pu lire mon poète préféré Jacques Prévert dans le texte! Quel bonheur! Dans mes coups de cœur il y a la poésie d’Anne Hébert.

Si je dois faire des comparaisons entre ma culture d’origine et celle de mon pays d’adoption, il faudrait plutôt parler de la culture d’un pays socialiste versus celle d’un pays capitaliste. Je peux par contre dire que je trouve les québécois très créatifs, dans tous les domaines. Il y a ici, une liberté de création dans laquelle je m’inscris. Et un désir de participer, de voir, d’entendre ce qui se fait de nouveau. Surtout à Montréal. On est curieux, on sort, on participe, on va voir. Même que l’offre est si imposante, qu’on doit faire vraiment des choix, mais on manque toujours quelque spectacle intéressant. À Montréal, ce que j’aime c’est que la vie culturelle est multiculturelle justement.

F.M. : - Gardes-tu encore des liens avec ton pays d’origine?

S.A. : Oui, bien sûr. Ma mère y vit encore, mon frère, ma belle-sœur; j’ai des cousins et cousines. Ce sont surtout des liens épistolaires, téléphoniques.

F.M. : - Ta poésie, dans quelle mesure est-elle encore imprégnée du fond européen et balkanique d’où tu proviens? 

S.A. : J’ai toujours aimé et vibré à la poésie, bulgare bien sûr (mon oncle est poète et journaliste), mais également à la poésie française, traduite en bulgare, russe aussi.

Mon « modèle » en poésie, comme je l’ai dit déjà est Jacques Prévert. Pour sa poésie avec des mots de tous les jours. Pour la musique qu’il y a dans ses mots. J’ai chanté Prévert sans savoir que d’autres avaient chanté ses textes. Est-ce qu’il y a un fond européen?  Je suis mal placée pour le dire : je laisse ça aux gens dont c’est le travail d’analyser les textes littéraires. Comme je me suis volontairement « exposée » à plusieurs autres cultures, j’espère que ça s’entend dans mes écrits.

F.M. : - Dans une chronique publiée dans le numéro 108, du mois d’octobre de la revue Nuit blanche, ton volume de nouvelles Eux autres, serait « entre autres, dédié aux exilés, aux exploités, aux femmes monoparentales. » On lit que tu écris une prose « socialement et moralement engagée », et que par endroit tes nouvelles par leur concision semblent « des esquisses d'une rencontre touchante, bouleversante ou, simplement, drôle. » Qui sont donc tes héros de prédilection, pour Eux autres?

S.A. : Sur la couverture de mon recueil, que j’ai fait moi-même, j’ai placé un fauteuil. Symboliquement c’est pour que chacun à leur tour, mes personnages viennent s’y asseoir un moment, et qu’ils puissent avoir le droit de parole. Hommes et femmes. La plupart des personnages d’Eux autres existent vraiment, et d’autres sont inventés. « Les 29 nouvelles empreintes d’humour mettent en scène des personnages hétéroclites d’ici et d’ailleurs qui nous livrent leur regard sur la société québécoise ». C’est la fiche de présentation de mon recueil dans le catalogue du réseau des bibliothèques de la Ville de Montréal.  
Je fais partie des personnages et en voici un court extrait (pour les récits humoristiques, s.v.p. lisez le recueil) : 

Extrait de La socialiste attardée, page 12-13

"Ça fait plus de vingt ans que je vis dans un pays capitaliste. 

Ici aussi, j'ai le même regard critique sur les hommes, la politique et les médias. 

La même sympathie pour les exploités. 

Oui, je trouve ça indécent que l'on exploite le travail d'autrui pour s'enrichir. Je m'indigne contre le racisme. D'ailleurs, la couleur de la peau, je ne la vois pas. Un jour une amie m'a demandé si la secrétaire du bureau était noire. Je ne savais pas quoi répondre. Elle était rwandaise, ça je le savais, mais la couleur de sa peau ? Je l'ai regardée et j'ai vu qu'elle avait la peau caramel. Pour moi, elle était tout simplement Monique. 

Et puis, je m'indigne quand je lis dans les journaux qu'une sous-ministre, à la condition féminine en plus, reçoit un salaire de presque 100 000 $ par année, alors qu'une femme qui a un, deux enfants à élever seule, est souvent sous le seuil de la pauvreté, avec 10 000 $ annuels - ce même gouvernement faisant régulièrement état de fraude, d'abus, de la part de ces mères prestataires de l'aide sociale."

F.M. : - Est-ce que la publication et la réception de tes livres correspondent à tes attentes? Penses-tu que le public québécois, ou canadien en l’occurrence, est préparé pour valider des auteurs d’ailleurs?

S.A. : La publication d’un livre prend du temps et de la persévérance.  Il y a plein de facteurs, mais aussi de la chance. Je ne peux que constater et déplorer qu’on soit encore ici trop tourné vers la France et ses auteurs. Il faudrait faire un Salon du livre québécois pour donner la même visibilité aux auteurs d’ici, comme le suggérait récemment  Alain Stanké.

Nos lecteurs et surtout lectrices, celles qui se retrouveront dans ce qu’on écrit, ce sont nos semblables : c’est toi, ceux et celles qui lisent Terranova magasine, mes compatriotes,  des immigrants, des exilées. C’est un cercle restreint, mais ajoutons la deuxième génération et quelques québécois curieux, et pourquoi pas, des lectrices hors frontières…

Ce n’est pas pour en vivre, je ne vis pas de mon écriture, je vis avec elle. Elle est ma compagne fidèle. Je peux l’amener partout où je vais, elle peut venir à l’improviste, me surprendre, quand je l’appelle elle est toujours là. Et si ce plaisir peut être partagé avec d’autres humains, peu importe leur nombre, j’en suis comblée.

F.M. : - Tu écris en français et je crois qu’après tant d’années passées ici, il n’y a aucun conflit entre ta langue maternelle et le français. Toutefois, j’aimerais savoir  si tu t’imagines encore écrivant dans ta langue maternelle et et s’il y a un apport de ton origine linguistique dans ton écriture?  

S.A. : J’ai rapidement commencé à écrire en français. Peu à peu, le français a pris toute la place. Pour écrire dans ma langue maternelle, j’imagine qu’ aller passer quelque temps en Bulgarie, parler, lire et penser, y vivre,  alors sans doute, ce que j’écrirais viendrait naturellement en bulgare.

Je crois par ailleurs que le français que j’écris est différent de celui d’une personne dont c’est la langue maternelle. Et je ne parle pas d’orthographe et de syntaxe. J’ai des influences, de tournures et des teintes qui viennent autant de l’espagnol, que du bulgare. J’en suis fière et revendique cette particularité, ce rapport à ma langue d’adoption qui lui donne une couleur autre. Ce qui n’est pas toujours accepté, ni compris par les personnes qui dirigent les maisons d’éditions. Encore moins par les correcteurs!

F.M. : - Quels sont tes projets d’avenir? Passeras-tu au roman? De quoi parleront tes livres, car ta carrière une fois entamée, elle va continuer avec certitude.

S.A. : Mon premier roman est terminé et j’espère voir sa publication en 2008. Je travaille sur plusieurs projets, dont un conte pour enfants, autour d’une légende qui remonte au temps de la fondation de la Bulgarie, au sud du Danube, au 7e siècle. J’aimerais aussi réunir, dans un recueil, des poèmes qui sont parus dans les revues littéraires, et des inédits.

F.M. : - Sonia Anguelova, merci pour l’amabilité d’avoir répondu à nos questions.

Merci Felicia pour m’avoir donné cette occasion de m’exprimer.

Je sais maintenant que j’ai une nouvelle amie et c’est un beau cadeau de la vie.

Décembre 2007

Offrir des cadeaux musicaux avec talent et passion

Entrevue avec Marie-Hélène da Silva, cofondatrice et directrice artistique de la compagnie «  Le Moulin à Musique »

www.moulinmusique.qc.ca

Iulia-Anamaria Salagor

Marie-Hélène da Silva

« Les enfants nous ramènent constamment à l’essentiel. Leur complicité inspirée fait partie intégrante de notre processus de création, au même titre que celle des compositeurs et des artistes. Riches de cette vigueur, nous allons à la découverte des mots, des sons, des images et des fragments évocateurs qui émergent de l’exploration, du jeu ou des imprévus offerts en cadeau. » Voilà la réflexion d’une artiste qui aime tellement l’univers de l’enfance, qu’elle a décidé de lui dédier sa carrière, son énergie et son temps.

Violoniste, comédienne et pédagogue, Marie-Hélène da Silva est diplômée de l'Université du Québec à Montréal en études musicales et en pédagogie. J’ai rencontré Madame da Silva, cofondatrice et directrice artistique du Moulin à Musique, à titre de stagiaire en administration dans sa compagnie. Elle a réussi à ressusciter mes plus beaux souvenirs d’enfance : les concerts et les spectacles théâtraux vus avec mes parents.

Iulia-Anamaria Salagor : Le Moulin à Musique est une compagnie qui crée, produit et diffuse des spectacles musicaux théâtralisés pour le jeune public. Comment vous définissez-vous : comédienne ou musicienne?

Marie-Hélène da Silva : J’ai eu beaucoup de difficultés pendant plusieurs années avec ces deux rôles sur scène. Au début, je me considérais surtout une comédienne qui voulait faire connaître la musique aux enfants du monde. Le fait que mes parents étaient tous les deux comédiens, a peut-être influencé mon choix. Je travaillais fort comme musicienne, mais aujourd’hui je considère que la musique me gagne et je suis à l’aise dans les deux mondes, on peut dire qu’il y a une fusion entre les deux. On sait que les arts ont comme base le rythme - on parle toujours de rythme et de couleurs également - je retrouve ce rythme autant dans le théâtre que dans la musique. De même les textures, les nuances. Les couleurs se retrouvent dans les deux arts.

 I.-A.S. : Quel est le mandat artistique de votre compagnie?

M.-H.da Silva : Faire découvrir la musique en offrant des spectacles musicaux de qualité. Multiplier les contacts entre les artistes et le public; explorer et expérimenter des modes de communication spécifiques pour faciliter l'écoute musicale et rendre la musique accessible; stimuler la curiosité et favoriser une meilleure connaissance de soi face à l'expression créatrice et en même temps favoriser l'imagination des jeunes par une participation en direct.

I.-A.S. : Quels sont les défis, les difficultés particulières auxquelles vous devez faire face afin de pratiquer votre métier?

M.-H.da Silva : Quand j’ai fondé Le Moulin à Musique, c’était  pour donner le goût de la musique à tous les enfants, parce qu’étant jeune, j’avais découvert la force de la musique. C’était comme une amie qui m’accompagnait. Les difficultés sont au niveau des ressources financières : ça m’aiderait si on avait un peu plus de moyens pour arrêter de penser sans cesse à l’argent; je serai beaucoup plus dans la création, dans mon métier, parce qu’en ce moment ce n’est pas toujours l’aspect artistique qui prend mon temps.

I.-A.S. : Racontez-moi un des plus beaux souvenirs avec votre public cible: les enfants.

M.-H.da Silva : Je me souviens des petits enfants qui viennent me voir après les spectacles  et qui me disent des choses qui peuvent paraître  négatives …par exemple, La Maîtresse rouge est un spectacle dans lequel on parle beaucoup de rouge, de la passion que cette couleur doit apporter aux enfants, et un petit garçon est venu me voir après l’une des représentations en me disant : « Je n’aime pas le rouge, moi, j’aime le jaune ! ». Mais ça m’a touchée parce qu’il venait me dire ce qu’il aimait et je trouve cela intéressant de provoquer des réactions.  Je me rappelle encore de ce petit bonhomme…

I.-A.S. : Qui aime le jaune…

M.-H.da Silva : Oui. J’ai aussi reçu des lettres de jeunes filles après le spectacle – La Maîtresse rouge toujours - qui m’écrivaient en racontant les défis qu’elles vivaient et qu’elles avaient beaucoup d’espoir dans ma réponse si je pouvais les aider. Les cœurs étaient ouverts; il y en avait une qui ne se trouvait pas très belle, une autre qui avait des difficultés à l’école…Ce sont des valeurs, des thèmes qu’on retrouve dans La Maîtresse rouge. Alors, j’ai reçu ces lettres et je me disais : je ne peux pas répondre n’importe quoi. Je ne suis pas une psychologue, mais je crois que ça, c’est une preuve de confiance et cela m’a vraiment émue. Je me rappelle aussi, qu’en passant dans les corridors après le spectacle La Maîtresse rouge, une enseignante est venue me dire qu’un petit bonhomme de maternelle lui avait dit avoir vu la Maîtresse dans sa botte. Moi, je trouve ça fantastique, tout cet imaginaire. C’était tellement gros, tellement fort l’événement La Maîtresse rouge que lui, il l’a vu dans sa botte, tout simplement. C’était comme …WOW ! MAGIQUE ! Un autre souvenir - j’en ai tellement - je sais qu’une petite fille joue aujourd’hui de la contrebasse parce qu’elle a vu un de nos spectacles - Un Violon sur l’épaule. Elle a commencé à apprendre le violon puis le violoncelle, et maintenant elle joue de la contrebasse.

I.-A.S. : Le Moulin à Musique fête plus de 25 ans d'activité. Qu'est-ce qui vous excite et vous stimule encore dans votre travail?

M.-H.da Silva : Une chose que j’aime beaucoup c’est d’être sur les planches, de jouer, de donner…c’est ma vie. J’aime interpréter un personnage, c’est mon côté comédienne et communicatrice qui m’excite toujours beaucoup. Ça ne me dérange pas de me lever à 5 heures du matin si je sais que je vais jouer. Quand je joue, je me sens bien ; je n’ai jamais été malade quand je jouais, après, oui, ou avant, mais sur les planches jamais. Une autre chose qui me stimule beaucoup c’est de créer de nouveaux spectacles. Toute la période de cogitation, de rencontre avec les nouveaux artistes… La préparation d’un spectacle est vivante et enthousiasmante…

I.-A.S. : Vous avez dit que vous aimiez donner…donner quoi ?

M.-H.da Silva : Donner un souffle de vie nouveau aux enfants et aux adultes aussi. Ce que je peux donner c’est le meilleur de moi -même. C’est cette vérité, la vérité au temps présent qui se passe là-bas, sur la scène. Une partie de mon bien-être est le contact avec le public; je crois beaucoup dans le contact direct avec le public qui est là, près de moi, plus qu’au cinéma, par exemple, et les réactions sont assez rapides. Je reçois de l’attention du public comme je peux offrir la mienne.

I.-A.S. : Vous êtes en train de préparer un voyage aux É.U. Dans quel but?

M.-H.da Silva : Le but c’est d’ouvrir le marché, et rejoindre le public là où il se trouve. Apporter de notre expertise et de notre savoir-faire aux petits États-Uniens. On n’a jamais joué aux États-Unis, c’est un marché que je ne connais pas du tout. On va jouer L’Aube , qui est un spectacle impressionniste avec très peu de paroles — donc, ça va être plus facile pour les Américains, les anglophones, de nous comprendre. C’est un très, très beau spectacle. En même temps, je trouve intéressant qu’avec ce spectacle on va offrir quelque chose de différent, qu’ils ne sont pas habitués de recevoir. Les Américains aiment beaucoup l’« entertainment » et ce qu’on offre est moins dans le divertissement, mais plus dans le ressenti. Je pense qu’on va offrir quelque chose de sensible, très sensible.

I.-A.S. : Que souhaitez-vous pour le Moulin à Musique pour la Nouvelle Année?

M.-H.da Silva : Le premier souhait c’est de la continuité et pour la continuité je souhaite la santé, la santé pour ceux qui travaillent au Moulin à Musique. Et aussi de l’enthousiasme; je dirais une certaine paix, pour travailler en paix. En ce moment on travaille beaucoup en courant à gauche et à droite, on fait beaucoup de choses en même temps et le temps ne s’étire pas comme on voudrait. J’espère qu’en 2008 ça se calmera; et évidemment, ça peut aider si on a de l’aide financière, je souhaite trouver une bonne personne, sensible, brillante, qui m’aide à trouver le financement adéquat pour Le Moulin à Musique. Mais pour ça, il faut se faire connaître, se faire voir et entendre, alors c’est la continuité que je souhaite, la continuité sereine. 

I.-A.S. : Je vous remercie pour votre temps et je vous souhaite bonne chance, bon voyage et bonne continuité!
M.-H.da Silva : Merci et Joyeux Noël!

 

Photo : Marie-Hélène da Silva dans le spectacle « Un violon sur l’épaule »
Décembre 2007

Une grande artiste, une femme de coeur

Entretien avec la soprano Mioara Cortez

Iulia-Anamaria Salagor

Mioara Cortez

J’ai frappé avec timidité à la porte de l’appartement situé dans le quartier Côte-des –Neiges à Montréal. Madame Cortez m’a ouvert elle-même. Une présence pleine de vivacité, une voix forte et douce en même temps,  une femme qui dégage de la passion et de la joie de vivre. J’ai vu Mioara Cortez en concert et elle est une présence toujours attirante tant sur le plan vocal que scénique. On a établi dès le début que notre dialogue serait axé sur  ses plus récents projets artistiques et non seulement : « Tout le monde me connaît en tant qu’artiste, tous savent que j’ai chanté sur les plus grandes scènes, mais je suis aussi une femme, un être humain… », m’avoue la soprano d’origine roumaine, installée  à Montréal il y a  2 ans. Préparée comme une élève devant un professeur réputé, une fois assise dans son salon, je tenais sur mes genoux le curriculum vitae de l’artiste : études au Conservatoire de Bucarest, lauréate du Concours International de canto de Bologne, boursière à Milano, prime soliste a L’Opéra du Iassy et aussi professeur au Conservatoire du Iassy, cours de maîtres au Japon, et la liste est très longue. La première question sortit toute seule :

Iulia-Anamaria Salagor : Comment avez-vous pris la décision de venir au Canada ?

Mioara Cortez : Après avoir voyagé partout dans le monde, je me suis dit que c’était le moment de connaître le continent américain. Mon deuxième mari a toute sa famille établie à Montréal et j’ai fait une première visite au Canada  pendant l’été 2001. Quand je suis revenue pour m’établir ici, j’ai vécu un vrai choc. Mon désir le plus fort à ce moment-là était de chanter et aussi de continuer ma carrière de professeur. J’ai déposé mon dossier de candidature – mon c.v. avec  des disques démo -  dans toutes les institutions montréalaises dans le domaine. J’ai reçu en réponse des lettres qui commençaient toujours avec de grands mots d’appréciation, me disant que ma carrière était impressionnante, mais à la fin, rien…J’ai été très déçue de la vie musicale à Montréal, mais je crois qu’il faut être patiente. Je crois qu’il n’existe pas d’immigrant roumain qui n’ait souffert au début. À partir de l’année passée, les choses ont commencé à bouger un peu pour moi. Le 4 décembre 2006, j’ai été invitée à la réception donnée à l’occasion de la Fête Nationale de la Roumanie, au Consulat Général de Montréal; ce fut pour moi l’opportunité de connaître plusieurs personnalités de la communauté roumaine, dont le professeur Vania Atudorei, un grand connaisseur de musique d’opéra. Monsieur Atudorei s’est impliqué dans ma promotion au sein de la communauté roumaine montréalaise. Il a  organisé deux concerts, dans deux églises roumaines de Montréal. Le 18 février 2007 j’ai chanté au concert “Remember Ioana Radu” . J’ai rencontré aussi la mezzo-soprano Corina Circa, une grande artiste que je tiens en grande estime. Son amitié m’a aidée à surmonter les difficultés du début.  J’ai eu aussi le plaisir de connaître Monsieur Cristache Zorzor, chef d’orchestre et compositeur, avec sa famille, des gens  extraordinaires. Je pourrais dire que je me sens depuis entourée des gens extraordinaires, de vrais amis...

I.-A. S.: Il y a presque 10 ans vous avez commencé la découverte du Japon. Racontez-moi cette expérience, s’il vous plaît.

M.C.: En 1998,  j’ai commencé des classes de maître au Japon ou j’ai tenu aussi un cours de maître en canto. Je dois avouer que leur école est très rigide, mais ils sont très précis en même temps; ils ont de belles voix qu’ils entraînent beaucoup. Par comparaison, les étudiants roumains me semblent plus doués pour l’art lyrique, avec une sensibilité spécifique latine, mais il faut dire que dans ce métier il y a 25% de talent et le reste c’est du travail. Au Japon le rythme de travail est infernal. J’ai été surprise de constater que presque tous les chanteurs japonais d’opéra parlaient très bien l’italien. On chante beaucoup de Verdi au Japon. Mes étudiants ont voulu profiter de mon expérience et de ma présence là-bas chaque seconde, à tout prix. Je rentrais chez moi toujours extenuée, mais je suis toujours très contente d’avoir eu cette opportunité. Un des meilleurs clarinettistes du Japon, Bill Tamma, a facilité mon chemin afin d’y obtenir des contrats. Par la suite, j’ai réalisé une grande tournée au Japon en  donnant des spectacles dans toutes les grandes villes japonaises, dont Tokyo, Hiroshima, Omia, Mito ou Nagano.

I.-A.S. : Quelle est votre impression  la plus forte du Japon ?

M.C. : C’est sans doute la ville de Hiroshima. Il faut être sur place pour voir tout de ses propres yeux, respirer l’air, sentir le pouls de cette ville pour comprendre l’impact de la bombe atomique, mais aussi pour voir comment une ville peut être rebâtie. C’est au-delà de l’imaginaire, au dessus des paroles….

I.-A.S. : Comment  peut-on  expliquer votre  succès artistique ?

M.C. : Je crois très fort en Dieu ; c’est Lui qui m’a donné ce talent. J’ai aussi travaillé très dur toute ma vie. J’appartiens à une famille de musiciens ; chez nous il y avait souvent des soirées de musique, de poésie, des débats religieux, on disait des « agapes» avec la participation de plusieurs personnes du milieu culturel roumain. Dans ma famille nous sommes trois sœurs et toutes avons une carrière musicale. Viorica Cortez, ma sœur aînée, est une grande  mezzo-soprano qui vit à Paris. Ma sœur, Stefania, est  professeur  de piano  à Iassy. Mon fils est une  basse-baryton, qui continue la tradition musicale de notre famille. Le succès  vient premièrement de l’appréciation du public, que je remercie toujours. J’ai été vraiment touchée de voir qu’ici à Montréal les spectateurs m’ont applaudie avant même de commencer à chanter. C’est vrai que la publicité est très importante pour faire connaître un artiste, mais le public est toujours le critique le plus exigeant.

I.-A.S. : Quels sont vos projets pour le futur ?

M.C. : Je me prépare pour un concert qui aura lieu le 15 décembre, où je serai accompagnée par l’Orchestre symphonique CAMMAC, sous la direction de M. Jean-Pascal Hamelin. Outre des airs célèbres de Puccini, Verdi, Ponchielli, Catalani et Franck, je vais interpréter aussi la création de Maître Zorzor, dont le titre roumain est Iubire, cela veut dire « Amour » en français.

I.-A.S. : Qu’est-ce qui vous manque le plus de votre  pays d’origine et qu’est-ce que vous aimez le plus à  Montréal?

M.C. : Je dois avouer que je manque beaucoup les traditions roumaines d’hiver, ainsi que celles de Pâques, mais j’ai le cœur léger maintenant parce que mon fils et ma belle-fille sont venus vivre avec moi à Montréal. La famille est très importante pour moi. Je communique souvent avec mes sœurs et j’ai de bonnes relations avec mes beaux-parents aussi. Dans ce pays étranger, je vis avec le souvenir de mes lieux d’origine, avec la possibilité de retourner chez moi à Iassy, la ville où le maire était mon père…L’Internet, c’est magnifique car il m’aide à savoir ce qui se passe en Roumanie. C’est vrai que le Canada offre des avantages pour mieux vivre, la nourriture est facile à se procurer, on se sent en sécurité, les gens sont courtois. On se sent respecté  comme individu. 

I.-A.S. : Comment passez-vous votre temps libre à Montréal ? Avez-vous d’autres passions que la musique ?

M.C. : Ma mère est originaire de Chisinau, en Bessarabie, et c’est elle qui m’a appris à être une bonne cuisinière. Moi, je crois au dicton roumain «L’amour, ça passe par l’estomac ». J’aime aller au marché Jean-Talon où je trouve tous les légumes de la terre. L’hiver, je prépare des conserves selon la tradition roumaine comme la tartinade aux poivrons, du choux et des tomates dans le vinaigre. Ensuite, je suis une passionnée de la pêche, j’ai été partout au Québec avec mon mari car nous avons acheté tout le nécessaire pour pratiquer la pêche. Je suis passionnée  de mots croisés et j’aime bien les fleurs. À Montréal on trouve des graines pour toutes les plantes. Je me suis même découvert un nouveau plaisir : les bazars et les  ventes de garage en plein air. Lors de mes pérégrinations j’ai trouvé des objets d’art, une collection d’objets de porcelaine japonaise, des objets en cristal et de l’or 24k à bon prix. Je ne pouvais pas en croire mes yeux que les gens puissent se séparer de telles valeurs.

I.-A.S. : Quelle est votre recommandation pour le menu de Noël et quels sont vos souhaits pour l’année qui vient ?

M.C. : Pour Noël je vais préparer de saucisses traditionnelles, des choux farcis, des rôtis de Moldavie et comme dessert, mon  favori, des  beignes au saindoux de porc. J’espère qu’en 2008 mes sœurs viendront me visiter à Montréal, et j’aimerais aussi aller en Roumanie.

I.-A.S. : Je vous souhaite bonne chance dans vos activités et Joyeux Noël !

M.C. : Merci et Joyeux Noël !

 

Photo : Japon, cours de maître
Décembre 2007

Interview avec Nicole Lahaie, coordonnatrice du Centre Wellington à Verdun

Luz Garcia

Nicole Lahaie

Nous sommes en pleine période de fêtes de Noël et de Nouvel An et en cherchant des cadeaux, des cartes et des souvenirs pour ce temps-ci, je me promenais dans la rue Wellington, rue principale de Verdun et j’ai découvert un endroit que je tenais à vous présenter.  « Le Centre Wellington », qui fait partie de l’Institut Douglas, est un endroit où s’effectue un grand travail dans et pour la communauté de Verdun. À travers les cours d’art, d’artisanat et autres, on aide ici les personnes ayant un problème de santé mentale à réintégrer la société au niveau social et professionnel.

Dans la boutique du Centre on trouve divers articles d’art et d’artisanat à des prix avantageux : des peintures, des articles en céramique, des arrangements de fleurs séchées, des cartes peintes, des articles en bois faits à la main par les participants.  Les clients qui choisissent d’acheter des produits à la boutique « Uniquement Vôtre », encouragent par la même occasion des personnes qui mettent tous leurs efforts à réintégrer la société et qui aident, également, à la réintégration du marché du travail. Pour nous parler de cet endroit, j’ai invité sa coordonnatrice clinique Mme Nicole Lahaie qui a concrétisé ce projet il y a bientôt 10 ans.

 

Luz Garcia :  Depuis quand le Centre Wellington existe-t-il et fait partie de l’Institut  universitaire Douglas?

Nicole Lahaie :  Le Centre Wellington fait partie des services de réadaptation
psychosociale et de suivi communautaire Spectrum de l'Institut Douglas
depuis 2000, suite à une restructuration.

LG. : Parlez-nous de la mission du Centre Wellington?
N.L. :  Le Spectrum est un programme qui regroupe les services de réadaptation
psychosociale et de soutien communautaire de l'Institut Douglas pour les
personnes atteintes d'un trouble de santé mentale. Son mandat vise à :

a) Développer des opportunités sociales et communautaires qui permettront
aux personnes d'assumer des rôles concrets et significatifs au sein de la
société.

b) Démystifier la maladie mentale et sensibiliser au rétablissement et à
l'inclusion sociale des personnes atteintes d'un trouble de santé mentale
grave.

L.G. : Combien d’ateliers existent-ils??

N.L. : Il existe plusieurs ateliers au Centre Wellington: L’atelier de
menuiserie, d'herboristerie et de céramique, de peinture, de peintures, de cartes de souhait et de fabrication de papier, d'artisanat, et une cafétéria « Le Café l'Expertise »,  les Serres (localisées sur le terrain de l'hôpital), et nous avons
également tout le volet des ateliers de service de formation et
d'intégration sociale des commissions scolaires de Montréal et de Lester B.
Pearson

L.G. :  En quoi ces ateliers peuvent-ils aider le monde avec des troubles mentaux?

N.L. :Les ateliers offrent des activités de la vie quotidienne, artistiques, récréatives et d'intégration communautaire pour aider l'individu avec un problème de santé mentale à reprendre des habitudes de vie qui favorisent et normalisent la reprise d'activités et le retour à une "emploi du temps".


L.G. : Pouvez-vous nous parler du travail que l’Institut universitaire Douglas fait pour la société?

N.L. : L’Institut universitaire en santé mentale Douglas est affilié à l'Université McGill et à l'Organisation mondiale de la santé. Il est un chef de file international en soins, recherche et enseignement en santé mentale. Centre d'excellence, il offre des services d'excellence spécialisés et surspécialisés dans un contexte de continuum de soins avec ses partenaires de la première ligne; mise sur la prévention et le rétablissement, et contribue à la déstigmatisation de la maladie mentale; contribue à l'avancement des connaissances et des pratiques par la recherche et l'enseignement de pointe.

L.G. : Qu’est-ce qu’il faut faire pour pouvoir s’inscrire aux ateliers que vous offrez en réhabilitation mentale?

N.L. : Pour s'inscrire aux ateliers du Centre Wellington, le médecin ou l'intervenant de la personne doit envoyer une requête de services.

L.G. : Parlez-nous de la stigmatisation dans le domaine de la santé mentale?

N.L. : Effectivement, il y a des préjugés face à la santé mentale. Les gens de la population ont des craintes face à la maladie mentale parce qu'ils ne connaissent pas bien ce que c'est. Il est donc important d'informer les gens et leur expliquer que c'est une maladie et qu'il y a de l'espoir. La maladie mentale frappe une personne sur six dans la population. Ça peut arriver à n'importe qui. Il y a maintenant plusieurs traitements et approches pour aider ces personnes et elles peuvent se rétablir. Nous avons par exemple dans nos services un programme de soutien à l'emploi qui aide les personnes à chercher, obtenir et maintenir un emploi. Ce n'est pas parce qu'une personne a un problème de santé mentale qu'elle ne peut pas accéder à des rôles concrets dans sa citoyenneté.

L'institut Douglas a tenu un colloque sur le sujet l'année dernière. Des personnes atteintes de problème de santé mentale ont témoigné de l'importance de  déstigmatiser et abattre les préjugés face à la santé mentale. Tous et chacun en ont beaucoup souffert tout au cours de leur vie. Il est vraiment temps de considérer cette maladie au même plan que les autres maladies et de considérer des conditions sociales qui favoriseront et soutiendront le rétablissement de ces personnes.

L.G. :  Parlez-nous de l’importance de la santé mentale dans la société…¨Pensez-vous qu’il y a assez d’aide du gouvernement ou assez d’intérêt du public en général?

N.L. :  Il y aura au cours des prochains 10 ans une campagne gouvernementale
pour déstigmatiser la maladie mentale. Celle-ci a déjà débuté. On voit des panneaux publicitaires et des annonces à la télé ou à la radio sur le sujet. C'est un bon pas vers l'avenir.

L.G. : Pouvez-vous nous raconter comment vous-êtes arrivée à faire de l’intervention en santé mentale votre profession?

N.L. : Cela fait maintenant une vingtaine d'années que je travaille en santé mentale et je le fais toujours par choix et par passion. C'est un domaine de la santé pour lequel il y a beaucoup à faire. La santé mentale est en quelque sorte le "parent pauvre de la médecine". La santé mentale ne requiert non seulement des traitements médicaux adéquats mais aussi une perspective systémique pour favoriser l’inclusion sociale réelle des personnes.

L.G. : Pouvez-vous citer quelques exemples frappants de récupération mentale?  Beaucoup de monde ne croit pas ou peu à un rétablissement certain et sûr…

N.L. : Lorsque l'on voit des gens retourner sur le marché du travail, des personnes reprennent leurs études et ce malgré leurs problèmes de santé mentale .... ce sont là des exemples qui nous démontrent que le rétablissement est possible et qu'il faut cesser de croire que la maladie mentale signifie une fin en soi.

L.G. : Acceptez-vous de bénévoles?   Comment les gens peuvent vous aider? S’il veulent, par exemple, apporter l’argent pour la recherche?  

N.L. : Oui, des bénévoles s'impliquent dans nos services. Pour ce faire, ils doivent s'inscrire au département des bénévoles de l'Hôpital Douglas. Pour les donations en argent, vous pouvez consulter notre site web : http://www.douglas.qc.ca 

L.G. : Merci et félicitations!

N.L. :  Merci à vous et soyez vigilants,  nous préparons beaucoup d’expositions de peinture par tout à Montréal l’année prochaine!

 

Le Centre Wellington est situé au : 4932, rue Wellington à Verdun pour plus de renseignements : (514) 768-2668

 

Photo de LUZ Garcia : Nicole Lahaie

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