Depuis 2001 • No 40 • Montréal • 15.12.2007
Sortie : 7 décembre 2007

L’âge des ténèbres

Durée : 1h44
Distribution : Marc Labrèche, Diane Kruger, Sylvie Léonard, Caroline Néron
Scénario et réalisation : Denys Arcandz
Production : Canada
Photo : www.allianceatlantisvivafilm.com

 

Tina Armaselu

Combustion humaine spontanée

Jean-Marc Leblanc (Marc Labrèche) est un petit fonctionnaire dont la vie se résume à un travail sans perspectives, un foyer sans chaleur et un monde de fantasmes. C’est là, dans cet univers imaginaire, qu’il trouve refuge contre les frustrations et la monotonie quotidienne en devenant tout ce qu’il n’est pas dans la vraie vie : un chevalier à la conquête de sa bien-aimée, un acteur acclamé, un écrivain à succès, un homme dorloté par les femmes … Mais quand les rêves ne suffisent plus pour faire face à la réalité, il semble qu’il n’en reste que deux alternatives : le changement ou la résignation et les ténèbres.

Considéré comme le troisième volet de la trilogie du réalisateur Denys Arcand, incluant « Le Déclin de l'empire américain » (1986) et « Les Invasions barbares » (2003, gagnant d’un Oscar), « L’âge des ténèbres » est un mélange de comédie et de drame qui essaie d’esquisser le portrait d’un homme ordinaire, qui n’a rien de spécial, et qui mène, à la première vue, une vie assez commune. Cependant, il s’avère que le drame ou la poursuite du bonheur ne sont seulement l’apanage des « héros » à titre entier mais ils peuvent croiser l’existence la plus banale. Le film s’attaque aussi, non sans ironie, aux fantasmes d’une société hantée par l’esprit des croisades et dont les complications témoignent du caractère de la période actuelle, « la désintégration », selon les propres mots du protagoniste. Bien qu’assez réussie sur le plan du réel, l’histoire semble manquer parfois de la subtilité sur le plan imaginaire ou paraître par endroits un peu puérile, quoique toujours divertissante. C’est à remarquer la performance de Marc Labrèche et la fin ouverte, évoquant un tableau de Cézanne, qui lance une hypothèse, sans exclure les autres, tout en invitant à la réflexion.

Décembre 2007

Love in the Time of Cholera

L’amour au temps du choléra

Durée : 2h18
Distribution : Javier Bardem, Giovanna Mezzogiorno, Benjamin Bratt, Unax Ugalde, Fernanda Montenegro
Réalisation : Mike Newell
Scénario : Ronald Harwood, d’après le roman de Gabriel Garcia Marquez 
Production : Etats-Unis
Photo : www.allianceatlantisvivafilm.com

 

Tina Armaselu

Combustion humaine spontanée

Cartagena, une ville de la Colombie, à la fin du XIX-e siècle. Fermina Daza (Giovanna Mezzogiorno), la fille d’un commerçant débrouillard et ambitieux, tombe amoureuse d’un jeune télégraphiste, Florentino Ariza (Unax Ugalde, Javier Bardem), le fils d’une veuve d’origine modeste (Fernanda Montenegro). Mais comme le père de Fermina s’oppose à cette union et il y a un autre prétendent, plus prometteur, à la main de Fermina, l’élégant docteur Urbino (Benjamin Bratt), Florentino doit attendre plus de 50 ans pour voir ses rêves d’amour accomplis.

Ayant comme toile de fond la « guerre des mille jours » et l’épidémie de choléra dans le pays, l’histoire focalise sur les différentes facettes de l’amour, dès les lettres romantiques de l’adolescence, à l’amour matrimonial, en passant par l’amour-illusion, l’amour-obsession et l’amour purement charnel. Le récit, qui s’ouvre sur un événement ayant lieu vers la fin, fait un retour en arrière pour raconter l’histoire, en renouant le fil de la trame peu avant le dénouement. Entre ces deux points, l’ordre chronologique prévale, et le spectateur suit alternativement les destins entrecroisés des deux protagonistes, portant particulièrement sur les exploits amoureux et la carrière d’Ariza. Mais si les prémisses d’une bonne histoire sont en place, le film semble plutôt aplati sur le plan du développement des personnages et du contexte socio-historique, l’adaptation en anglais du roman comportant une note légèrement   artificielle. De plus, la touche ironique et le parallèle sous-entendu par le titre acquièrent parfois des accents un peu trop caricaturaux. A noter, pourtant, les prestations de Javier Bardem, de Fernanda Montenegro et la signature musicale de Shakira.

Décembre 2007

The Golden Compass

À la croisée des mondes : la boussole d’or

Durée : 1h54
Distribution :Dakota Blue Richards, Nicole Kidman, Daniel Craig, Eva Green
Scénario et réalisation: Chris Weitz, d’après le livre “Northern Lights” de Philip Pullman
Production : Etats-Unis, Grande Bretagne
Photo : www.allianceatlantisvivafilm.com

 

Tina Armaselu

Combustion humaine spontanée

Dans un univers parallèle, où chaque personne est accompagnée par un daemon, i.e. une matérialisation sous forme animale de son propre âme, Lyra Belacqua (Dakota Blue Richards), une fillette de 12 ans, est la seule à savoir lire les indications d’une mystérieuse boussole, supposée à dire la vérité sur les choses du passé et de l’avenir. Accompagnée, au début, par la belle et énigmatique Mme Coulter (Nicole Kidman) et par son daemon, Pantalaimon, un petit animal changeant de forme, Lyra commence un voyage qui va l’amener vers le Nord, le pays des sorcières ailées et des ours guerriers. C’est dans ce voyage qu’elle découvre les secrets du Magisterium, une organisation de pouvoir qui veut étendre sa domination sur les peuples, ainsi que sa propre mission dans la guerre qui s’annonce.

Inspiré par le premier livre de la trilogie « His Dark Materials » de Philip Pullman, le film semble plutôt une introduction à une suite d’autres à venir, qu’un volet à part entière. Bien que les effets visuels soient notables, l’action dans son ensemble apparaît assez confuse et certaines scènes manquent le degré de détail nécessaire pour créer une tension soutenue. Les personnages semblent plutôt des « prototypes » que de vrais caractères, des profiles schématiques dont les traits restent à « remplir » par le spectateur. En dépit de l’originalité de l’idée et de la qualité remarquable de la réalisation technique, le filme n’arrive pas à produire un conflit réel et à entraîner l’audience dans la magie de l’histoire.

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