Jean-Marc Leblanc (Marc Labrèche) est un petit fonctionnaire dont la vie se résume à un travail sans perspectives, un foyer sans chaleur et un monde de fantasmes. C’est là, dans cet univers imaginaire, qu’il trouve refuge contre les frustrations et la monotonie quotidienne en devenant tout ce qu’il n’est pas dans la vraie vie : un chevalier à la conquête de sa bien-aimée, un acteur acclamé, un écrivain à succès, un homme dorloté par les femmes … Mais quand les rêves ne suffisent plus pour faire face à la réalité, il semble qu’il n’en reste que deux alternatives : le changement ou la résignation et les ténèbres.
Considéré comme le troisième volet de la trilogie du réalisateur Denys Arcand, incluant « Le Déclin de l'empire américain » (1986) et « Les Invasions barbares » (2003, gagnant d’un Oscar), « L’âge des ténèbres » est un mélange de comédie et de drame qui essaie d’esquisser le portrait d’un homme ordinaire, qui n’a rien de spécial, et qui mène, à la première vue, une vie assez commune. Cependant, il s’avère que le drame ou la poursuite du bonheur ne sont seulement l’apanage des « héros » à titre entier mais ils peuvent croiser l’existence la plus banale. Le film s’attaque aussi, non sans ironie, aux fantasmes d’une société hantée par l’esprit des croisades et dont les complications témoignent du caractère de la période actuelle, « la désintégration », selon les propres mots du protagoniste. Bien qu’assez réussie sur le plan du réel, l’histoire semble manquer parfois de la subtilité sur le plan imaginaire ou paraître par endroits un peu puérile, quoique toujours divertissante. C’est à remarquer la performance de Marc Labrèche et la fin ouverte, évoquant un tableau de Cézanne, qui lance une hypothèse, sans exclure les autres, tout en invitant à la réflexion.




