Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 38 • Montréal • 15.10.2007

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Otilia Tunaru
Interview avec Shola Doummar (fr)

Octobre 2007

Interview avec 
Monica Andrei

«Femme rebelle, battante, passionnée, persévérante, consciente et intègre!»

Par Luz Garcia de Zielinski

Les gens qui ont ou qui ont eu la chance de côtoyer la belle Monica Andrei peuvent constater qu’elle est une femme rebelle, battante, passionnée, persévérante, consciente et surtout intègre!

   Ses premières années, elle les passe dans sa Roumanie natale où elle fait ses études en linguistique et langues étrangères.  Intrépide de nature, elle décide de voyager et se fixe une date limite pour immigrer au Canada.  Elle soulève son défi et elle arrive donc à Montréal avec sa famille et voilà que commence son aventure canadienne! 

   Passionnée par l’écriture, elle s’est inscrite à la Fédération québécoise du loisir littéraire (FQLL) où elle a eu la chance de faire connaître et publier ses premiers écrits tels que Sanguine, Estivale, Quintessence, Fluide, Rencontre avec Marcel Proust dans La Revue du loisir littéraire, nr. 6, 7, 8, 9 2003-2004. Elle livre ses commentaires littéraires sous la rubrique Coups de cœur à partager du prestigieux magazine littéraire québécois Entre les lignes dès ses débuts en 2004, magazine dont elle a d’ailleurs été choisie Lecteur à l’honneur (vol.3, nr.2, Hiver 2007), entrevue dans laquelle elle partage ses choix de lecture et ses goûts littéraires. Durant son passage au poste d’agente d’aide socio-économique pour la Ville de Montréal (2002 à 2005), elle met sur pied le bulletin mensuel Multi-Bulles regroupant un blitz des nouveautés touchant l’information du marché de travail, publié sur le site web interne du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité Sociale.

   Ancien mannequin pour le magazine Coup de pouce, et de l’émission télévisée de Radio-Canada qui porte le même nom, cette profession l’a introduite dans d’autres branches de l’art comme la mode, la coiffure et la beauté. Elle participe entre 2003 et 2006 à plusieurs salons annuels de coiffure internationale, passion qu’elle lègue en héritage à sa fille aînée, Rebeca avec laquelle elle partage le même podium en mars 2006 au Palais des Congrès de Montréal.

   Un de son passe-temps favori est également la peinture à l’huile qu’elle pratique depuis sa tendre enfance.

   Depuis mai 2007, elle signe avec honneur et fierté le Mot de la directrice, rubrique d’ouverture du journal local « Le Phare des Tours Angrignon » à titre de directrice des Tours Angrignon, résidence pour personnes retraitées autonomes. Monica est une femme authentique qui aime relever les défis, tant au niveau professionnel que personnel.  Mère de deux magnifiques adolescentes, Isabelle et Rebeca, desquelles, elle est très fière et très proche, elle leur transmet à chaque jour, par son exemple et son courage, la joie de vivre, la passion de la communication et la générosité du partage à travers l’art. Elles la suivent en explorant l’art du cirque acrobatique, le théâtre et l’improvisation. 

LUZ. :    Comment avez-vous eu l’idée d’écrire en sachant qu’il s’agit d’une profession ou même un « hobby » pas très valorisée à entreprendre?  

Monica Andrei : Par besoin. Écrire pour moi équivaut à respirer. J’ÉCRIS, DONC J’EXISTE. 

L. :     Quel est le titre de votre nouvellegagnante et comment est-il arrivé qu’elle soit publiée? 

M.A:  «Estivale ou Maman, c’est quoi la vie?....» J’étais membre de la FQLL et j’ai collaboré à chaque numéro avec des écrits….Un jour quelle ne fut ma surprise de voir mon texte choisi….. 

L. :  Parlez-nous de vos écrivains préférés? 

M.A : Je vais énumérer mes coups de cœur qui m’ont marquée et formée, sinon la liste sera très longue. Paulo Coelho pour la beauté et la force spirituelle de ses récits, Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, qui a imprégné mon adolescence et que je relis avec un autre regard, mais le même plaisir à chaque dix ans de ma vie, les classiques allemands (Goethe, Hegel, Schiller). Les philosophes de l’antiquité dont leurs œuvres sont pour moi une continuelle source d’inspiration et sagesse. Umberto Eco, Le nom de la rose, hommage à l’acte de l’écriture dans son sens pur. Je suis également une fervente lectrice des biographies, car à travers leurs lignes, ont retrouve les couleurs d’une époque, ont perçoit les nuances de l’histoire.

L. :       Est-ce qu’il y a un livre qui vous a marqué dans votre enfance ou dans votre adolescence? 

M.A. :   Oui : La légende du Camelot et Les chevaliers de la Table Ronde m’ont insufflé le goût de la quête intérieure absolue sur une toile romantique imprégnée de valeurs authentiques, force et courage. 

L. :  Vous pratiquez plusieurs branches de l’art; laquelle est votre favorite?  

M.A. : Vous ne pouvez pas me demander de choisir. Chacune m’apporte des dimensions différentes qui s’entrecroisent. Je m’explique : mon écriture est très colorée et imagée, sûrement une trace de mes tubes d’acrylique….la peinture est épurée, sensuelle - bref, inspirée par mes récits. D’ailleurs, un de rêves que je caresse est de monter ma propre exposition qui affichera mes toiles assorties avec les textes qui les ont inspirés. J’ajouterai une dernière forme de l’art à laquelle j’ai goûté tout récemment : la danse Baladi. C’est une forme artistique qui me permet de me connaître sous un autre angle et par sa définition de représenter la femme libre, autonome et authentique que je suis.  

L. :  Voulez-vous nous parler de la Roumanie comme endroit d’inspiration pour éveiller et  pratiquer votre art et votre créativité? 

M.A.: Je ne sais pas si mon besoin artistique a un lien direct avec le pays de naissance, mais plutôt avec l’héritage familial. C’est à mon père et à ma grand-mère paternelle que je dois ce côté artistique. Dès ma jeune enfance j’avais mon chevalet de peinture à côté de celui de mon père dans son atelier et je m’amusais à mélanger les couleurs ou le regardais des heures entières à l’œuvre : des moments de silence et d’apprentissage uniques….L’écriture est arrivée un peu plus tard dans ma vie, vers l’âge de 14 ans et je crois qu’elle a suivi un cours naturel de choses. Je lisais beaucoup et tout d’un coup, j’ai découvert que m’exprimer à travers l’écriture me fait du bien. J’ai composé des poèmes, de pièces de théâtre dans des camps de vacances pour différents concours. Plus tard, je me suis adonné à la traduction des bouquins du français en roumain. 

L. :  Aviez-vous apprécié les arts depuis toute jeune? 

M.A.:  Oui, dans la famille j’ai été encouragée de le faire,  en m’offraient tout le support nécessaire. On m’a toujours appris que toute forme de créativité est nécessaire au développement équilibré et harmonieux de l’enfant.   

L. :  Avez-vous trouvé de l’appui et de support de votre famille afin de pratiquer l’art?  

M.A.: Oui, énormément. Mes parents exerçaient la profession de médecins, mais tous les deux étaient très actifs sur la scène culturelle de ma ville : mon père, en peinture et des fresques ornant différents édifices culturels de la ville, de même qu’acteur au niveau du théâtre amateur. Ma mère a été mannequin jusqu’à l’âge de 40 ans avec un goût exquis pour le monde de la mode. J’ai toujours était encouragée de le faire, mais on ne m’a jamais rien imposé. 

L. :  Pouvez-vous nous raconter des anecdotes concernant votre expérience comme mannequin? 

M.A.: Il n’y pas beaucoup….malgré ce qu’on peu croire, de l’extérieur, il s’agit d’un métier assez routinier, où la discipline, la patience et la persévérance sont de mise. Je me souviens par contre de la fois où j’ai été mannequin pour un show de coiffure à Montréal. J’ai représenté une nouvelle tendance dans la collaboration et la coupe de cheveux pour Cosbec et Vern. Pour ma transformation capillaire, il a fallu une semaine pour la préparation des couleurs et j’ai eu droit à un maître des ciseaux qui s’est déplacé spécialement pour la démonstration de la coupe de LA. La coupe s’opère sur scène, live, devant des spécialistes et du public dans un temps limite. Malgré son prestige et le prix de ma coupe (le coût du billet aller-retour), cela n’a pas réussi. Avec beaucoup d’humour et d’imagination on a dû improviser et défiler les cheveux mouillés…on arborant une nouvelle ….tendance !!!!  

L. :  Quelle type de peinture pratiquez-vous et est-ce qu’il y a un peintre que vous chérissez? 

M.A.:      La peinture à l’huile. J’aime beaucoup Cézanne et Gauguin. À mes débuts à Montréal, j’ai eu l’honneur et le plaisir de travailler dans une galerie d’art pour l’artiste peintre émailleur, Bernard Séguin Poirier. Sa forme d’art est unique au Québec et très spectaculaire. J’admire le côté ludique de son art.  

L. :  Préparez-vous d’autres nouvelles ou romans pour l’avenir? 

M.A.:           Oui. Mon prochain projet est d’exposer, tel que décrit auparavant. Pour ce qui est du roman, il viendra un peu plus tard.  

L. :  Est-ce que dans votre famille, il y a des écrivains ou des artistes? 

M.A.:  Amateurs, oui. Mon frère, par exemple, est un grand autodidacte. Il écrit en plusieurs langues et publie constamment sur le web. 

L. :  Pensez-vous, comme beaucoup d’artistes, que l’art aide à surpasser beaucoup de choses et qu’il peut transformer d’une façon positive la vie de chaque individu? 

M.A.: Absolument ! Dans chacun de nous, il existe l’enfant créateur. Il faut seulement aller le chercher, le laisser s’exprimer. On parle et on utilise d’ailleurs, de plus en plus, des formes d’art comme thérapies alternatives. 

L. :   Voulez-vous partager certaines expériences de votre parcours d’écrivaine ou d’artiste? 

M.A.:  L’écriture est une expérience en soi. Elle nous centre, nous libère et nous fait grandir. Pour moi, elle est une source d’épanouissement et de bonheur à l’état pur. Elle me permet de rentrer en contact avec mon MOI intérieur. La peinture, par contre, est libératrice, comme une ode, une symphonie, un cri. 

L. :    Pensez-vous que d’une manière ou d’une autre l’art et la créativité  vous aident à trouver des solutions dans votre travail comme directrice aux Tours Angrignon? 

M.A.:  Bien évidemment. Être gestionnaire d’un complexe locatif résidentiel pour personnes retraitées est un ART dès le départ. D’un côté, dans toute bonne école de gestion, on nous enseigne à être créatifs.  Au-delà de l’administrateur chevronné, l’artiste et le créateur apportent l’essentiel qui distingue une maison d’une autre : l’ÂME de la place. L’art réunit les gens autour de mêmes passions et de passe-temps favoris. Toute forme artistique nous apprend à vivre dans le bonheur et le partage tout en s’épanouissant. L’art nous ouvre des canaux de communication et des pistes des solutions insoupçonnables.

L. :  Pour terminer, parlez-nous de votre passion pour la danse? 

M.A. :  J’ai toujours aimé danser, mais particulièrement la danse orientale que j’ai découverte tout récemment. Je crois que je l’avais quelque part cachée à l’intérieur de moi-même. Elle est libératrice, imprégnée des images et émotions nouvelles et me permet de me ré(découvrir), de m’envoler.   

L. :  Bonne continuation et félicitations pour votre créativité et surtout pour votre amour pour les arts! 

M.:   Merci beaucoup pour m’offrir cette chance de m’exprimer. Merci à vous, Luz.  La passion que vous mettez dans le travail et votre joie de vivre est une source d’inspiration pour moi. 

Photos de LUZ :   Monica avec Serge Postigo et Marina Orsini aux Tours Angrignon

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

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