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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 36 • Montréal • 15.08.2007 |
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Théâtre d’Aujourd’hui
Mise en scène : Gervais Gaudreault Je suis d’un would be pays, Interprète : Serge Dupire Communiqué de presse Il est Canadien, né William Dubé. Mais il travaille comme contrôleur dans les trains en Europe sous le nom de Richard Dubé, né en France. Ajoutons qu’il ne se défait pas d’un passeport allemand au nom de Wilhelm Stouffer, qu’il tient aussi pour sien. William est fait de ces identités multiples ; mais le voici mêlé à une enquête policière qui lui fait craindre, plus que jamais, la fin de ce jeu qui lui est devenu essentiel. Densité du réseau, vitesse, ponctualité… : certes, les trains en Europe, c’est autre chose. Et cela plaît à William Dubé, quand il traverse l’Atlantique pour la première fois à l’âge de vingt ans, au point où l’envie lui vient d’y travailler. Un passeport français ne saurait nuire... la chance de William sera d’en obtenir un, très vite : un faux, au nom de Richard Dubé. C’est sous cette identité forgée qu’il se retrouve, pendant près de trente ans, contrôleur à bord des trains en France, en Europe. Il n’a pour adresse qu’un casier postal. Il laisse ici et là quelques effets personnels dans des consignes. Son plaisir est de n’être jamais qu’en transit, de ne quitter le train que pour l’hôtel, et l’hôtel que pour le prochain train. Pas de « chez soi ». Le Québec, s’il y revient, il ne s’y sent pas davantage chez lui. Et ça lui va. Il se sent en phase avec son époque : c’est un truc moderne, ça, être partout chez soi, partout nulle part chez soi. Citoyen du monde. Qui se moque des frontières. Qui ne s’embarrasse ni d’attaches, ni de racines. C’est le bonheur de William/Richard de ne vivre que dans le glissement des trains. Seulement, le voilà mêlé, malgré lui, à une enquête policière qui lui fait craindre, plus que jamais, qu’on ne découvre qu’il vit sous un faux nom... et que ce ne soit la fin de la vie qu’il s’est inventée. Alors quoi ? Après tant d’années, fin de Richard et retour à William ? Retour à qui ? Retour à quoi ? Il n’est pas Européen, soit ; est-il davantage Canadien ? Ou Québécois ? C’est plus de la moitié de sa vie qu’il a passée en Europe. Et il a peur, soudain, terriblement, de devoir mettre pied à terre, de descendre du train. Le temps d’un trajet sur la ligne Bruges–Paris, William/Richard se confie à un pur inconnu. C’est un terrain neutre, le train. Un non-territoire. On sait qu’on ne se reverra pas, du moins on le présume, alors c’est facile de se laisser aller à dire des trucs intimes, à la limite inavouables... François Godin François Godin Théâtre d’Aujourd’hui. Serge Dupire Serge Dupire a terminé ses études à l'École nationale de théâtre en 1979 et depuis, il n'a jamais cessé de travailler au théâtre, à la télévision et au cinéma. Au théâtre, il a joué dans de nombreuses pièces dont : Icare de Roland Lepage, Les précieuses ridicules et Georges Dandin de Molière, Panique à Longueuil, texte et mise en scène de René-Daniel Dubois, Les pommiers en fleurs de Serge Sirois, La poule noire, opérette de Rosenthal et en 1986, 26 bis, impasse du Colonel-Foisy de René-Daniel Dubois. À la télévision, depuis le téléroman Chez Denise on a pu le voir, entre autres, dans La bonne aventure de Lise Payette, Juliette Pomerleau, Tribu.com et dans le très populaire Another World sur le réseau NBC. En France, on a pu le voir dans plusieurs épisodes de la série Femmes de loi et il a connu un énorme succès dans la série Plus belle la vie. La carrière de Serge Dupire au cinéma a commencé en 1978 avecle film de Jean-Claude Lord, Éclair au chocolat. En 1980, il interprète le personnage de Guillaume Plouffe dans le très grand succès de Gilles Carle, Les Plouffe. Ce personnage revient à l'écran en 1983 avec Le crime d'Ovide Plouffe de Denys Arcand et dans la télésérie du même nom de Gilles Carle. La même année, il incarne Simon Richler dans le film de Léa Pool, La femme de l'hôtel. En 1991, il interprète le rôle de Charlie Minton, dans L'automne sauvage, de Gabriel Pelletier pour Velvet Caméra et Cléo 24; en 1993, il joue le rôle du Grand Condé, dans le film de Roger Planchon, Louis, enfant-roi. En 1984-1985, c'est Jean Beaudin qui lui confie le rôle de Florent Boissonneault dans Le matou, qui lui valut une nomination dans la catégorie meilleur acteur dans un rôle principal aux prix Génie, en 1986. En 1986, Serge Dupire participe à un long métrage de William Friedkin pour la télévision, intitulé Cats Squad et fait aussi partie de la distribution de L'île, long métrage et mini-série de François Leterrier. Les producteurs et réalisateurs de Formule 1 ont fait appel à Serge Dupire pour interpréter le personnage de Daniel Hardy, pilote de Formule 1, 28 ans, Canadien français. Il tourne également La Révolution française pour les Films d'Ariane et Alliance Entertainment. Gervais Gaudreault Après avoir étudié le chant au Conservatoire de musique de Chicoutimi et l'interprétation à l'École nationale de théâtre du Canada, Gervais Gaudreault poursuit sa formation d'acteur à l'Atelier-Studio Kaléidoscope dirigé par Marthe Mercure. À partir de 1973, il collabore avec diverses compagnies montréalaises. Puis, à l'invitation de Gilles Maheu, il joint les Enfants du Paradis, compagnie devenue plus tard Carbone 14, où il approfondit sa recherche sur la voix et l'espace. En 1975, avec Suzanne Lebeau, Gervais Gaudreault fonde le Carrousel et joue dans les premières créations de la compagnie. Il a très tôt la piqûre pour la mise en scène et, dès 1981, il dirige Une lune entre deux maisons, première pièce du Carrousel à connaître un rayonnement international. En 1987, il crée Gil d'après le roman de Howard Buten Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué : la pièce est proclamée Meilleure production jeunes publics par l'Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT). De 1989 à 1991, il signe la mise en scène de Comment vivre avec les hommes quand on est un géant et de Conte du jour et de la nuit au Carrousel, ainsi que celle de Baby Blues de Carole Fréchette au Théâtre d'Aujourd'hui. Il collabore également au scénario d'Une histoire inventée, du cinéaste québécois Marc-André Forcier. Gervais Gaudreault dirige ensuite Contes d'enfants réels (1993), prix de la Meilleure production jeunes publics de l'AQCT ainsi que de l'Académie québécoise du théâtre, et Salvador (1994) de Suzanne Lebeau. Ces deux spectacles allaient connaître une longue et belle carrière internationale et inciter des programmateurs québécois et étrangers à coproduire les créations suivantes du Carrousel, toutes mises en scène par Gervais Gaudreault : Petit Navire de Normand Chaurette (1996), L'Ogrelet de Suzanne Lebeau (1997), L'Autoroute de Dominick Parenteau-Lebeuf (1999) et Petit Pierre, la dernière création du tandem Lebeau-Gaudreault qui a été lancée le 15 janvier 2002 à l'Espace Malraux, Scène nationale de Chambéry et de la Savoie. En 1997, le metteur en scène crée Contes à rebours, un montage de contes pour adultes de sa complice Suzanne Lebeau. Ce spectacle réunit sur la scène de la Salle Fred-Barry des comédiens chevronnés et des jeunes diplômés de l'École de théâtre professionnel du Collège Lionel-Groulx, tous ex-étudiants de Gervais Gaudreault. En effet, l'homme de théâtre est aussi pédagogue d'expérience; il a enseigné les techniques vocales au Collège Lionel-Groulx de 1992 à 2001 et il dirige régulièrement des exercices publics à l’invitation de l’École nationale de théâtre du Canada, en plus d’offrir des sessions Photo : François Godin source : Théâtre d’Aujourd’hui www.theatredaujourdhui.qc.ca |
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