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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 37 • Montréal • 15.09.2007 |
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Felicia Mihali Les hommes, sont-ils tous des Taliban? Depuis quelques mois, je travaille à un nouveau roman qui va s’appeler probablement La bien-aimée de Kandahar. Pour ne pas tomber dans des anachronismes pénibles tant qu’il s’agit d’un endroit si peu connu, j’ai utilisé mes vacances d’été pour lire sur ce pays. J’ai passé des heures à la Bibliothèque nationale du Québec où les rayons débordent de livres d’histoire, en anglais comme en français, d’albums avec de magnifiques photographies, de romans. Je vous épargne la liste même si certains titres devraient être des lectures obligatoires afin de changer notre perception sur ce qui se passe maintenant en Afghanistan et en quoi consiste la contribution de l’Occident à la renaissance du pays. Il y a toutefois un livre qui m’a intéressée au plus haut degré et qui nourrit ces réflexions. Il s’intitule Kabul in winter, de l’écrivaine américaine Ann Johns, qui a vécu à Kabul de 2002 au 2005 pour préparer, souvent à son compte, des professeurs d’anglais. Son livre utilise son expérience personnelle pour parler un peu de l’histoire, de la situation politique, sociale et économique du pays. Ann était surtout intéressée par la situation des femmes, car même aux États-Unis elle a beaucoup écrit sur les marginales, telles que les femmes emprisonnées. Un chapitre marquant pour moi est celui qui parle de la situation des femmes en Afghanistan, femmes dont seules les Iraniennes connaissent probablement une situation pire que la leur. Mais le fait que d’autres femmes partagent la même situation est loin de rassurer les femmes afghanes, réduites au stade d’animaux et qui valent moins que les chèvres. Kabul in winter parle surtout de la violence envers les femmes, violence pratiquée depuis des millénaires par des hommes. Cela n’a rien de nouveau et je ne m’attarde pas là-dessus. Ann raconte le cas de nombreuses femmes violées à tour de rôle par les moudjahidin, battues par leur mari, vendues ou mariées de force - à l’âge de dix ans même – par leur père. Elle décrit le cas désespéré de milliers de femmes qui meurent en couches ou forcées de s’immoler pour échapper à une vie de misère. Son livre laisse toutefois entrevoir une réalité moins connue, mais qui reste une évidence dans toute société patriarcale : le matriarcat à l’intérieur des maisons. L’écrivaine ne cite que très rarement le cas des femmes emprisonnées ou poussées au suicide par leurs propres consœurs : tantes, sœurs, belle-mère et même mère. Le pire se passe parfois avec la participation et l’accord des autres femmes de la maison. Les souffrances que les femmes s’infligent l’une à l’autre sont parfois inimaginables. La raison est qu’elles se jugent l’une l’autre à travers les yeux des hommes : les qualités d’une femme sont nécessairement liées à sa virginité, à son obéissance aveugle, et à la naissance de garçons. Une méchante fille est toujours celle qui ne saigne pas la nuit de ses noces, qui ose contredire son mari, qui donne naissance à des filles. Ann dresse aussi un paysage peu sympathique des hôpitaux et du personnel car souvent les médecins et les infirmières n’accordent aucune assistance aux femmes qui se tourmentent comme les animaux, seules, sous le regard effrayé des autres femmes qui attendent d’accoucher à leur tour. De jeunes épouses qui n’ont que dix ans meurent avec personne à leur chevet. Dans le cas des femmes considérées mauvaises, la compassion est encore plus réduite : il s’agit surtout de fillettes vendues par leur père, avec l’accord de la mère, ou de celles qui doivent être cédées aux familles pour payer une revanche ou pour assouvir la dispute entre des familles adverses. Peu de femmes prennent en pitié leurs consœurs moins fortunées. Elles aussi croient que ce ne sont que les méchantes qui ont un mauvais destin et qui doivent finir en prison ou au tombeau. Les mères n’osent pas blâmer leurs maris lorsqu’ils payent les dettes de la famille en vendant leurs fillettes ou qu’ils leur donnent en mariage des époux deux fois plus âgés ou déjà mariés. Une fois le destin d’une femme ainsi décidé, c’est elle la coupable pour toutes les conséquences : manigances, violence et, à la fin, suicide. Les femmes partagent avec les hommes la même conviction que leurs consœurs ne sont que des vagina dentata cupides, des voraces sexuelles qui attirent les hommes et qui les incitent secrètement au péché. Elles-mêmes te disent que c’est comme ça, que c’est la règle au pays et que tout le monde doit la suivre. Une fois passée la première jeunesse, les vieilles femmes sont pires que les hommes : impitoyables, des chiennes de garde de la tradition qui se vengent contre celles qui ont encore une chance de se bâtir une autre vie et surtout d’être aimée. Il n’est pas étonnant de voir que le gouvernement en place utilise l’aide internationale pour bâtir des prisons plus grandes que les anciennes. S’il y a un progrès c’est qu’ils veulent jeter les femmes en tôle au lieu de les laisser à la merci de la vengeance familiale. Ces derniers temps, l’attention des médias occidentaux s’est beaucoup concentrée sur l’épidémie de suicides qui fait ravage en certains endroits. Les immolations des femmes afghanes sont largement médiatisées, car elles se soldent parfois avec des conséquences abominables. Les suicides qui se succèdent sont médiatisés à tour de rôle, donnant la fausse impression que ce problème sévit uniquement dans un endroit spécifique et que cela peut donc être réglé. Cette image d’une épidémie locale est complètement fausse, car ce n’est qu’en ville que les journalistes ont accès, alors que personne ne sait ce qui se passe dans les villages, là où les cas sont aussi fréquents mais dont personne ne se soucie. Une des femmes interrogées par Ann Johns a émis une théorie qui laisse à réfléchir : le patriarcat commence à la maison. Pire encore, il est maintenu avec l’accord des femmes. Ce que la journaliste ne dit pas est qu’avant de se libérer de la tutelle des hommes, les femmes devraient se libérer d’elles-mêmes. Lucie Poirier Sand-Flaubert : la beauté d’une amitié De 1863 à 1876, les écrivains français George Sand et Gustave Flaubert ont entretenu une correspondance amicale que relataient Françoise Faucher et Gérard Poirier dans George et Gustave , une lecture sur la scène de la Grande Bibliothèque Nationale du Québec jeudi le 4 octobre 07. Cet échange épistolaire, que n’a jamais traversé une relation amoureuse, prouve l’amitié entre une femme et un homme, le partage d’une affection constante et d’une admiration réciproque malgré des divergences d’opinions et de convictions fondamentales. Sand croyait à l’investissement émotif dans l’écriture ce dont se défendait Flaubert. Elle écrivait facilement, énormément, Flaubert peinait pour quelques phrases, pour un seul mot. Les thèmes de ces lettres restent très actuels. Quand Flaubert confie : « Vivre me semble un métier pour lequel je ne suis pas fait » il admet un état dépressif que les 19e, 20e et 21e connaîtront avec augmentation fulgurante. Alors que Sand prédit « on va te louer et t’abîmer » Flaubert après la parution de L’éducation sentimentale déplorera : « Personne ne prend ma défense »; Sand réagira aux critiques et écrira aussitôt un article. Cette correspondance n’en a que plus de résonances vibrantes quand des passages sont consacrés à la peur et à la désapprobation de la guerre; « En sommes-nous rendus aux guerres de races? » demande Flaubert alors que Sand constate que la guerre laisse des larmes même parmi les vainqueurs. Ils verront la guerre Franco-Prusse, la République de 1870, la Commune de Paris et les commenteront à travers leurs missives. Puis, Flaubert sera ruiné, Sand ne marchera plus mais ils continueront à « écrire pour tous ceux qui ont soif de lire » (Sand). George décédera et Gustave ne lui survivra que quatre ans. Gérard Poirier a effectué un travail énorme pour la sélection des extraits. Une première version donnait quatre heures de lecture, il a sabré jusqu’à compacter une succession d’une heure et demie. Il a organisé les passages dans une forme dynamique qui s’apparente au dialogue théâtral. Un grand calme et un profond respect émanent de cette présentation à la fois à cause des épistolaires et de leurs interprètes. On sent l’ardeur fébrile et la fascinante détermination de Gérard Poirier pour tout ce que cette amitié a suscité de questions, de réflexions et d’expressions. Sand-Flaubert, la beauté d’une amitié; Faucher-Poirier, la magistralité du talent. À redécouvrir, ou à lire pour une 1e fois, cette costaude correspondance de plus de 450 lettres entre une dame et un monsieur pour lesquels l’écriture était une façon de vivre.
Correspondance Flaubert-Sand. Texte édité, préfacé et annoté par Alphonse Jacobs Flammarion 1981 598 p. Virgil Borcan Adrian Erbiceanu: „De la Anna la Caiafa” (Edition „Ardealul”, Târgu Mureş, 2007) LE DOUTE FACE À LA TEMPÊTE Dans un monde de plus en plus ’’haletant’’, dans un monde pressé, nerveux, informatisé et matérialiste à l’extrême, Dieu octroie comme des oasis du milieu du désert des gens et des instants pleins de sève, qui nous nourrissent en nous enrichissent spirituellement et grâce auxquels on parvient non seulement à reprendre haleine, mais, en outre, à regarder vers le futur, (avec ou sans réchauffement global) d’un œil optimiste.
Adrian Erbiceanu: „De la Anna la Caiafa”, Edition „Ardealul”, Târgu Mureş, 2007 Le lancement du volume aura lieu à Montréal, le 30 septembre, au Centre Culturel Roumain, rue Christoph Colomb. Lucie Poirier Regards sur l’esclavage haïtien Le 3e festival international de film haïtien de Montréal Alors qu’en août dernier l’Assemblée nationale mauritanienne adoptait à l’unanimité de ses 95 députés un projet de loi criminalisant l’esclavage, il reste 200 millions d’esclaves à travers le monde dont 500,000 braceros (coupeurs de canne à sucre) haïtiens prisonniers des bateys (plantations sucrières) en République Dominicaine. Cette réalité sordide ébranle Nancy Roc jusqu’à l’amener à être la commissaire de l’exposition de photos Esclaves au Paradis (du 19 sept. au 2 oct.)et la coordonnatrice du colloque international Sang, Sucre et Sueur (19 sept), événements d’envergure avec le 3e Festival International du Film Haïtien de Montréal. Le FIFHM, dont la présidente-fondatrice est la belle actrice Fabienne Colas et la porte-parole, la célèbre chroniqueure Francine Grimaldi, se déroulera du 19 au 23 septembre 2007. Sous-titrée, L’esclavage contemporain en République Dominicaine, l’exposition de la photographe Céline Anaya Gautier sera accompagnée d’un « environnement en trois dimensions », disait Nancy qui en achève l’installation, « pour faire sentir et entendre », avec les 58 images de Céline, les chants et ambiances sonores enregistrées par Esteban Colomar. En 2005, Céline et Esteban ont pénétré clandestinement les bateys privées de 3 familles (Vicini, Campollo, Fanjul) où les conditions d’esclavage sont perpétrées depuis des générations. Céline a proposé gratuitement son exposition en Haïti sans trouver preneur. À 30 ans, elle a déjà publié Cœur de femmes, photos d’itinérantes parisiennes, a démarré un projet avec des autistes et participé au court métrage Batey zéro. Une dizaine d’intervenants internationaux, dont Danielle Magloire de Droits et Démocratie en Haïti ainsi que le Père Pierre Ruquoi expulsé de la Rép. Dominicaine à cause de ses observations des conditions de vie violant les droits humains dans les bateys, vont s’interroger sur l’interdépendance et l’antagonisme entre Haïtiens et Dominicains, la situations des migrants, des immigrants et des descendants Haïtiens et la nécessité d’une solidarité internationale pour enrayer l’esclavage contemporain des braceros lors du Colloque Sang, Sucre et Sueur dans les locaux de Radio-Canada. Le thème de l’esclavage se retrouve dans les films du Festival. Comme le remarquait la porte-parole, d’Haïti, on connaît plus la musique que le cinéma. Ouvrant le festival, The Sugar Babies de la cinéaste Amy Serrano, tout en montrant les conditions de vie dans les bateys, s’attarde sur le sort des enfants apatrides, sans acte de naissance. En France, des Dominicains ont fait des manifestations pour que le film ne soit pas diffusé. The price of sugar, L’empire du sucre, Sucre noir (film d’animation), Batey zero et Le batey complètent le volet thématique. Deux de ses films tournés en 1987 permettent d’affirmer que la situation depuis a empiré. Dans sa programmation, Émile Castonguay a aussi inclus le film L’homme des quais pour un hommage à François Latour, acteur enlevé et tué par ses kidnappeurs dans la nuit du 22 au 23 mai cette année. J’ai remarqué que seront projetés Children of shadows et Enfants en danger deux courts métrages documentaires sur les enfants esclaves, ces enfants en domesticité, placés, donnés parfois, par leur famille pauvre. Chêne parfumé est non seulement un film de fiction, un des rares du festival, mais un film d’époque réalisé à Cuba. Car le Festival s’ouvre au cinéma des pays du Sud en général. Sera aussi projeté le documentaire historique : L’arbre de la liberté pour comprendre le parcours d’Ayiti et de ses Indiens jusqu’à la libération d’Haïti en convoquant la contribution de Caonabo et Toussaint Louverture. Le Festival se terminera avec la remise des prix et la première mondiale du film Le Chauffeur en présence du réalisateur Jean-Claude Bourjoly. Aussi, le Festival est dédié à Raphaël Stines, cinéaste important, décédé des suites d’une maladie le 25 août et qui avait dirigé Fabienne Colas. Pour favoriser la participation au Festival, le colloque est gratuit, mais il faut s’inscrire, et le passeport ne coûte que 40$. Le 3e Festival International du Film Haïtien de Montréal va contribuer à faire connaître cette vaste réalité déniée qu’est l’esclavage contemporain. Nancy Roc, journaliste engagée depuis 21 ans, considère que « C’est immonde la façon dont sont traités les nôtres ». Elle veut « sensibiliser le public québécois et initier un mouvement de solidarité internationale, des actions partant de Montréal, car il y a actuellement un momentum permettant l’espoir de changement ». Les prises de conscience et de décision deviennent urgentes pour une population d’enfants et d’adultes dont la misère semble perdurer inéluctablement. Avec Nancy, je me demande : « Comment est-ce qu’on peut accepter des conditions d’esclavage au 21e siècle ? » Du 19 au 23 septembre 2007 pour informations et inscriptions : Lucie Poirier Restaveks : l’exploitation des petits haïtiens Le dimanche 23 septembre 07 à l’ONF, le film Children of shadows sur les « restaveks » a été projeté. Ce documentaire révèle les conditions de vie d’enfants haïtiens en domesticité. Les familles paysannes livrent un ou leurs enfants à des « tantes » de la ville. Ces « tantes » n’ont pas de lien de parenté avec les enfants qu’elles utilisent pour les tâches domestiques. La réalisatrice Karen Kramer a filmé les petits enfants qui attendent en ligne, un seau sur la tête, pour l’eau nécessaire à leurs travaux. Ils sont plus de 250,000 qui parfois dès l’âge de 7 ans, comme Vanya, s’astreignent au lavage des enfants, des vêtements, de la vaisselle, du plancher; des tâches ingrates habituellement exécutées par des femmes. Des enfants prennent soin d’autres enfants alors que c’est la responsabilité des adultes de le faire. 85 % sont des filles. Les restaveks n’ont pas d’instructions, de salaires, de loisirs. L’impact psychologique de leur situation consiste en des traumatismes, pour la vie. À leur malheur, s’ajoutent les abus sexuels dont ils sont victimes et les corrections physiques qui leur sont infligées; je m’étonnais que Roselyne témoigne sans cesse la tête penchée, sa précédente « tante » Denise lui avait brûlé l’oreille. Karen Kramer a su démonter l’effet à long terme de ces conditions d’existence en retournant filmer les mêmes restaveks deux ans plus tard. Hérode, qui rêvait de devenir mécanicien et qui a subit le fouet, ne croit plus qu’il va étudier et doute de pouvoir obtenir un emploi et fonder une famille. Ces enfants sont privés d’enfance, d’estime, d’affection, de santé, d’amusement. Ils n’ont aucun congé. Alors que dans les documentaires sur les bateys (bidonvilles infectes où résident des Haïtiens coupeurs de canne à sucre en République dominicaine) parfois surgit un enfant souriant, aucun enfant esclave sourit, son accablement est constant. Les restavek ont besoin d’être sauvés et consolés. D’ailleurs, partout sur la planète, au moment où vous lisez ces lignes, survivent des enfants dont le sort déchire le cœur. Mais, selon l’organisation Internationale du Travail, celui en domesticité est une des pires formes de contraventions à la Convention de l’OIT. Il m’importe de préciser que puisque ces enfants ne reçoivent pas de rémunération et sont sans contrat, il ne s’agit plus de travail mais d’esclavage. Selon moi, l’esclavage est une façon d’éliminer l’humanité d’un être jusqu’à ce qu’il y perde même la vie. C’est un rabaissement qui va jusqu’à la négation, au sadisme, à la destruction. Il importe qu’Haïti et d’autres pays empêchent la continuation de cette situation révoltante; que des décisions politiques et législatives soient prises, que des campagnes médiatiques soient percutantes, que des sanctions internationales soient appliquées. Aucun moyen ne doit être ignoré, aucun raison économique ne doit empêcher une intervention car il s’agit d’une abomination subie par des enfants sans amour et sans défense; il est encore actuel, bien que tacite, « Le Code Noir de l’Esclavage »(1). 1. Créé en 1685 et comportant 60 articles, cet édit terrifiant a été aboli officiellement au 19e siècle.
Otilia Tunaru La magie des Carpates au Festival ukrainien de Montréal La 9e édition du Festival ukrainien de Montréal a eu lieu samedi le 8 septembre dans le parc de l'Ukraine (Bellechasse coin 12e avenue, dans le quartier Rosemont/Petite Patrie). Ce festival annuel fait découvrir la culture ukrainienne sous plusieurs aspects tels que la musique, la danse, l’artisanat, la gastronomie. Au fil des années, le festival est devenu le plus grand événement ukrainien de sa sorte au Québec. Son emblème officiel est le logo qui a été affiché lors du troisième Festival ukrainien en 2002. Le numéro 3 est garni d'une couronne florale traditionnelle appelée « Vinok » portée par les femmes. Sept pavots rouges décorent le bandeau vert; la couleur verte symbolise l'unité de l'Ukraine. Le pavot est une fleur qu’on trouve dans les steppes et les régions carpatiques de l'Ukraine; on le retrouve comme motif décoratif dans les broderies traditionnelles ou dans la céramique. Les rubans bleu et jaune rappellent les couleurs du drapeau national de l'Ukraine, le bleu symbolisant le ciel et le jaune évoquant les vastes champs de blé. Le ruban orange signifie l'unité et la solidarité de l'Ukraine. La couleur orange est devenue un symbole pour le peuple ukrainien, une vraie bannière de la liberté pendant la révolution orange de l'Ukraine. Regardé dans son ensemble, le logo du Festival ukrainien évoque l’image des menottes ouvertes, afin de se souvenir les nombreux martyrs et les lourds sacrifices pour l'indépendance. Il faut souligner que la prestation des artistes a été tout a fait remarquable. Les virevoltes des danseurs de l’ensemble TROYANDA et le rythme joyeux de la musique ukrainienne ont charmé le public. L’ensemble musical international CARPATHIA a présenté le concert intitulé La Magie des Carpates (Carpathian magic). Le groupe de musique est constitué par l’ukrainienne Marina Krejcarova-Cernichovska, le tchèque Jan Krejcan et le slovaque Youri Slovak. Les trois sont des musiciens possédant une riche expérience qui englobe une grande variété de genres musicaux, allant de la musique classique jusqu’à la musique ethnique et électronique. Les influences klezmer donnent une touche de piquant et les airs de jazz un souffle de modernité. Leurs invités spéciaux pour cet événement ont été le percussionniste Pavel Zezulka et Sergiu Popa, un virtuose de l’accordéon qui met en valeur le répertoire traditionnel folklorique et tzigane de l'Europe de l'Est. Rappelons que l’ensemble musical CARPATHIA est le fruit d’une collaboration durant le Festival ukrainien de 2004. Le concert La Magie des Carpates (Carpathian magic) a inclus des morceaux d’une grande technicité d’interprétation, suivies de valses et de balades lentes. La belle voix de la chanteuse s’est accordée parfaitement avec la vibration douce du violon et avec l’harmonie sensible du piano. Le rythme des percussions et les airs de l’accordéon magique de Sergiu Popa ont complété d’une belle manière les chants folkloriques et les compositions originales. Le style de musique du groupe CARPATHIA est unique et inédit. Il représente un vrai métissage culturel de la musique traditionnelle de tous les pays sillonnés par les chaînes montagneuses des Carpates, tels que l’Ukraine, la Slovaquie, la Moravie, la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, la Roumanie, La République de Moldavie et la Serbie. La mélancolie et la joie s’entremêlent, racontant le destin des peuples des Carpates et leurs histoires d’amour, de vie, de bonheur, de tristesse. Le concert La Magie des Carpates a créé une ambiance chaleureuse et a su faire partager le plaisir et les émotions de la musique. L’édition de cette année du Festival ukrainien de Montréal nous a offert une programmation haute en couleur, une découverte impressionnante de rythmes et de saveurs gastronomiques, un éventail de traditions populaires et folkloriques qui continuent à être valorisées à Montréal. Prochain rendez-vous au début de septembre 2008, dans le parc de l’Ukraine. PHOTO : L’ensemble CARPATHIA pendant le concert Magie des Carpates au Festival ukrainien à Montréal, 9e édition en 2007. Photo prise par Otilia Tunaru |
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