Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 36 • Montréal • 15.08.2007

ARCHIVE

Otilia Tunaru
Interview avec Shola Doummar (fr)

Août 2007

Interview avec Livia Nemteanu-Kiriacescu

Le pouvoir de rêver

Par Iulia-Anamaria Salagor

Pour Livia Nemteanu-Kiriacescu, femme de lettres roumaine, établie à Montréal depuis quelques années déjà, sa prose et sa poésie ne sont rien de moins que le prolongement  de sa personnalité. L’écriture lui permet de prendre son envol, lui apporte son souffle de vie.
          Sa vie est elle-même un roman… Deux fois diplômée de l’Université de Bucarest, en Histoire et en Droit, elle a été poursuivie par la Sécurité en Roumanie et expulsée de l’Université à deux reprises. Au côté de son premier mari, un homme important du Parti Libéral de l’époque et emprisonné politiquement pendant dix ans, Livia Nemteanu-Kiriacescu a dû supporter les représailles du régime communiste.
          Avec son deuxième mari et leur fils, elle a réussi à partir au Canada en 1987 pour une visite et elle a choisi de rester ici pour la liberté et pour l’avenir de son enfant bien-aimé.  Au charme et à la nostalgie peu commune, elle m’a avouée qu’il faut avoir un grand courage pour quitter son pays natal, sa famille, ses amis, sa maison et tous les biens accumulés pendant une vie, surtout une grande bibliothèque, pour s’établir ailleurs et y recommencer au tout début.

I.-A. S.: Pourquoi écrivez-vous, Madame Livia Nemteanu-Kiriacescu?

L. N.-K.: J’aime faire comprendre et répandre mes préférences, mes pensées sur les choses et l’importance de s’élever au-dessus du matériel, du réel même, la nécessité du rêve. L’écriture se crée de soi-même.
Quand j’ai le cœur gros, plein à déborder, je sens le besoin d’ordonner mes sentiments, mes impressions, mes images, -je parle de la poésie- et de les mettre sur le papier. J’écris pour moi-même, pas pour le public. Mais plus c’est personnel, plus ça ressemble à tout le monde. Car chacun peut se retrouver un jour, un instant, dans mes pensées, mes sensations, mes déroutes, mon désespoir.
Pour la prose c’est différent. Là, je sens la responsabilité de réussir à mettre le lecteur dans mon contexte, de lui donner le meilleur de moi-même. La précision, la documentation la plus stricte, le vrai, tout cela dans le style le plus attirant, le plus court aussi et le plus simple.

I.-A. S. : Vous avez écrit pour la première fois des vers lorsque vous avez pris conscience de la beauté de la nature. Vos débuts, à l’âge de 15 ans, ont été avec un poème publié dans le journal « Ardealul ». Qu'est-ce que la poésie, selon vous?

L. N.-K. : Le dictionnaire dit que c’est l’art de combiner les sonorités, les rythmes, les mots d’une langue pour évoquer des images, suggérer des sensations, des émotions. Je dirais que la poésie c’est l’ineffable. C’est un état d’âme qui ressemble à une transe. Pour moi, c’est ça la poésie.

I.-A. S. : Où trouvez-vous vos sources d’inspiration?

L. N.-K. : D’abord dans la souffrance. Le bonheur est rarement source d’inspiration. Mais il y a aussi toutes sortes de choses qui peuvent fortement impressionner notre esprit : un paysage, le destin de l’un de nos proches, un livre, un film, n’importe quoi. L’important est d’être ouvert aux signes de l’univers et de les capter.

I.-A. S. : Avez- vous  des modèles dans la vie ou dans l’écriture?

L. N.-K.: Voyez-vous, j’ai lu beaucoup dans ma vie. Mais, je n’ai jamais eu des modèles. Je voulais être moi-même, pas un pastiche. Se camper dans les idées, le style, l’originalité des maîtres, ne donne jamais que de bons copistes. Un vrai écrivain ne cherche pas son originalité chez les autres. Une originalité cherchée devient fausse, on fait semblant d’être original. C’est comme le talent. On l’a ou on ne l’a pas. On est ou non original. Un texte peut être original par une infinité de façons. En littérature, originalité veut dire montrer les choses autrement, car les choses en elles-mêmes sont les mêmes depuis toujours : l’amour, la vie, la mort, etc. Pensez plutôt à Salvador Dali : « Pourquoi portez-vous des moustaches aussi longues, de la bouche jusqu’aux sourcils? » « Pour passer inaperçu », fut la réponse. C’est-à-dire choquer. Ça aussi c’est de l’originalité.

I.-A. S. : Vous êtes l’auteure de trois livres aux histoires inspirées de vos voyages en Europe, Afrique et dans les trois Amériques. Quelle a été votre dernière destination?

L. N.-K. : Ça fait longtemps que je désirais découvrir l’Asie, un autre visage du monde, moins connu. Enfin, j’ai accepté le défi de voyager jusqu’au Vietnam ce printemps. Pourquoi le Vietnam? Pourquoi pas la Chine, le Japon ou bien la Thaïlande? Eh bien, c’est parce que je fus séduite par ce que j’ai lu et vu sur l’Indochine, Catherine Deneuve, Guy des Cars plus récemment, et à l’époque, S.Maugham, Graham Greene, Pierre Loti, Hemingway, M.Duras.
      Je suis rentrée chez moi fascinée par ce pays éloigné de l’Extrême-Orient, qui descend des montagnes qui font frontière  avec la Chine de sud-est sur 3300 km vers le sud, sur le bord de la mer de Chine. Une variété végétale surprenante, protégée par la forêt subtropicale presque impénétrable, des montagnes, des plages au sable fin, baignées de soleil, des palmiers tout au long du bord de la mer, au bleu cristallin, loin des regards des touristes; en contraste, des hauteurs extrêmes et des rizières à perte de vue.
      À la beauté du paysage, à la foi unique et ravissante, s’ajoute la chance d’y avoir goûté la cordialité des habitants, leur sourire chaleureux et leur grande générosité.
       Des grandes villes comme Saïgon ou Hanoï, ainsi que des villages tout au long des deltas, sont en même temps protecteurs d’une histoire de 2000 ans, tumultueuse et marquée des nombreuses guerres face aux envahisseurs et à leur domination.
       Tout simplement un pays de merveille, peu connu des Occidentaux et même des habitants du continent, l’occasion d’y découvrir un nouveau sens de l’histoire que j’ignorais autrefois....

I.-A. S. :Avez-vous des auteurs québécois préférés ? Aimeriez-vous écrire une œuvre en français?

L. N.-K. : J’étais en Roumanie, vers l`an 1980, quand j’ai découvert Gaston Miron que j’apprécie beaucoup et qui est devenu mon poète québécois fétiche. La romancière canadienne Pauline Gedge, qui a écrit le roman historique « La dame du Nil », est une autre auteure que j`aime bien.  En français, j’ai déjà écrit un poème, « Le rêve de Montréal » qui a été publié dans le livre « Montréal vu par ses poètes » en 2006, à la suite d’un concours. Et encore de courts essais publiés dans des revues québécoises. Mais pour un livre j’hésite, car je serais moins à l’aise pour pouvoir exprimer toutes les nuances, les subtilités d’un riche vocabulaire, qu’en roumain.

I.-A. S. : Qu’est ce que vous avez dans l’agenda pour la prochaine saison?

L. N.-K. : J’aimerais avancer dans l’écriture de mes mémoires et continuer à écrire des poésies. Quand j’écris, je suis heureuse. Surtout quand je réussis à exprimer pleinement mes pensées, mes sentiments et mes sensations.

I.-A. S. : Merci beaucoup et bonne chance!

L. N.-K. : Merci à vous!

Photo :Iulia-Anamaria Salagor

 

 

LE RÊVE DE MONTRÉAL

 

Ce fut d’abord le bateau blanc
Navigant sur les océans des rêves
Qui ne s’arrêtait jamais, sauf quand
Il m’emportait sur ses voiles sans trêve

C’est avec les poètes que je voyageais
Sur les bords de la planète et du cerveau
Trainée par les vents et les marées
De ma fantaisie assoiffée du nouveau.

Je n’ai jamais cru que je descendrais
De mon « voyage à Cythère » dans le réel
Quoi que je savais que cette terre
Était le monde de la Liberté

Et puis un jour je me suis réveillée
Dans cette ville immense nommée Montréal
Avec des bienvenues, des fleurs et forêts
Dans ce pays-continent boréal.

Mes ancêtres se sont mêlés à vos ancêtres
J’ai assumé votre histoire
J’ai découvert ce que j’ai du être
Dans ce temps-là de bataille et de gloire

Peu à peu j’ai découvert la beauté
De cette île embrassée par un fleuve
Qui ne s’isolait que pour mieux montrer
Toutes les couleurs des hommes et des « Èves »

Je me suis lancée entre ses deux pôles
De Maurice Weyer à Gaston Miron
L’un me livra de la nature la beauté folle
L’autre la nature profonde de l’Homme

J’ai aimé ce pays avant de le connaître
J’aime cette ville, ma ville de bonheur
Que Dieu me conduise à ce que je dois être
Pour mieux m’épanouir à cette heure,

Pour aider ce monde qui à bras ouverts
M’accueille, comme un enfant rentrant du désert
Pour ajouter des ailes spirituelles
À ses racines profondes, plongées dans le réel.

 

                                                                   Livia Nemteanu-Kiriacescu

                   1 Avril 2005

 

Août 2007

Interview avec Cezar Brumeanu

La découverte du Festival international de reggae de Montréal

Par Otilia Tunaru

J'ai eu un coup de cœur quand j’ai lu dans un communiqué de presse : « Le Festival international de reggae de Montréal est une organisation sans but lucratif qui vise à accroître la sensibilisation au puissant message d’union diffusé par la musique et la culture reggae ainsi qu’à offrir une excellente visibilité aux artistes. Il permet également de développer l’art reggae sur le plan national ainsi qu’à encourager les gens à mieux comprendre et mieux apprécier l’unicité de notre société multiculturelle. » Et je lis dans un interview la déclaration du porte-parole de la quatrième édition de cette année, l’animateur Sébastien « Tchata » : « J’aime toutes les musiques, mais le reggae m’a toujours interpellé au niveau du son… et des paroles. »

Incitée par la découverte de ce genre de musique, j’ai voulu connaître plus sur l’envergure du festival et sur sa programmation. Et j’ai appris que dans le Vieux Port de Montréal, pendant la période 13-15 juillet, une foule de spectacles et d’activités se sont poursuivis. Je suis allée plus loin et j’ai voulu connaître le producteur et le directeur exécutif qui a mis sur pied le premier Festival international de reggae ici, à Montréal.  

Art universel, la musique possède bien des vertus...

Cezar Brumeanu m’a donné rendez-vous dans son café situé au 1693 Saint Denis. Il n’a rien de ce que je m’imaginais sur un producteur, la veille de l’événement qu’il organise. Premièrement, j’ai été agréablement surprise de voir qu’il fait partie de la nouvelle génération. Cezar est un jeune homme de 29 ans à regard serein et bleuté; rien de pressé dans son attitude. Son cellulaire sonne à plusieurs reprises; il réponde parfois, il garde l’air détaché dans toutes ses conversations et il revient à mes questions poliment. Il n’est pas le genre qui s’éclate; pourtant, quand il parle du festival, son regard devient plus intense. Il est un passionné équilibré, qui aime structurer et planifier. Ses idées s’enchaînent logiquement. Comme il avait organisé depuis l’âge de 16 ans des tournées sportives, des fêtes et différents spectacles, Cezar est allé plus loin dans le domaine de la production et de la direction artistique. Il a mis sur pied sa compagne Cezar Brumeanu Productions et il a conçu un festival aux multiples facettes. Le Festival international de reggae de Montréal se distingue aussi bien par l’universalité de ses thèmes que par les styles musicaux qu'il mêle avec finesse et aisance depuis sa première édition. Quatre-vingt-dix pour cent de la programmation met en valeur la musique et la culture reggae, mais il fait place également au métissage culturel urbain qui mixe des ambiances soul, pop, hip-hop, funk, R&B. C’est un festival riche en sonorités différentes, car il y a une multitude de styles de reggae.  Il commence a m’énumérer : lover’s rock, dancehall rooth culture, le mento, le ska, soul reggae, roots… et la liste este longue. Chaque variété de reggae a son histoire, son spécifique, ses revendications sociales ou spirituelles, car reggae ne représente pas seulement une musique, reggae englobe une philosophie de vie à plusieurs courantes.  

Comment c’était au début, il y a quatre ans ? Cezar m’explique qu’il voulait faire un festival urbain de musique rap, reggae, R&B, soul, jazz, tout ensemble. Puis, après de longues discussions avec son voisin jamaïcain et avec l’appui d’un investisseur, il a décidé de focaliser son énergie sur un seul genre : le reggae.  De plus, c’était sa musique préférée. Pourquoi?

Cezar me raconte amusé une anecdote : quand il est venu de Roumanie au Canada en 1986, dans le quartier où il habitait, ses amis Jamaïcains écoutaient seulement du reggae. Donc, l’enfant de huit ans a cru longtemps que le reggae était la musique populaire de Canada. Et il a commencé à aimer le reggae et à le comprendre, car c’était la musique des enfants des bidonvilles jamaïcaines défavorisés de partout dans le monde.  

Bob Marley, la légende vivante du reggae

Chaque année, le Festival de reggae de Montréal rend hommage à Bob Marley, l’un des artistes reggae les plus représentatifs. S’il était en vie, il aurait eu 62 ans. Donc il est fêté, comme s’il était en vie. En fait, il vit dans la vibration de ses chansons et dans l’esprit des plusieurs générations qui se retrouvent dans les paroles de ses textes. Dans le Vieux Port, il y a eu une tente Bob Marley où les gens se sont procurés des CD avec sa musique, des vidéos avec ses concerts privés qui ne sont pas connus au public, des livres sur son oeuvre et sur sa vie. Kymani Marley, son fils qui marche dans le sillage de son père, a donné un spectacle gratuit. Bob Marley représente la première star du tiers-monde, et il est le chantre d'une nouvelle mode : le reggae.

La musique reggae, atemporelle et universelle

Qui est le public ciblé ? « Tout le monde, de toutes les âges! » –me répond Cezar Brumenu d’un ton convaincu. Il me dit que plusieurs spectacles d’une très bonne qualité sont gratuits, pour que tout le monde puisse écouter et connaitre des artistes internationaux. La programmation est spécialement conçue pour toucher à toutes les catégories d’âge. Les plus vieux ont l’occasion d’écouter des légendes du reggae (Black Uhuru -le premier groupe reggae qui a gagné un prix Grammy World et qui s’est réuni spécialement pour venir à ce festival-, Admiral Bailey, Dean Fraser, Third World, Frankie Paul, Kirk Davis alias Little Kirk, Tony Rebel); les plus jeunes ont l’occasion de découvrir des groupes et des interprètes qui sont des étoiles montantes du reggae (Gipsian, I Wayne, Turbulences). De plus, une série d’activités en plein air sont spécialement conçues pour les petits: du maquillage (face painting), des ballons, des différentes jeux comme le baseball.

À vrai dire, c’est un festival qui a tissé des liens entre l’Europe, le continent américain, les Caraïbes. Dans le décor du Vieux Port, le Festival international de reggae est devenu un événement touristique par excellence. L’une des activités spéciales de cette année a été la prestation acoustique de Luciano dans le cadre d’une croisière en bateau. L’artiste jamaïcain est reconnu sur le plan international par son intégrité artistique et par son style diversifié, un mélange éloquent et spirituel. 

ONE LOVE. United Against Violence. Freedom

Le Festival International Reggae de Montréal et les jeunes membres de l'organisation à but non lucratif Leave Out ViolencE (LOVE) ont mis sur pied le projet ONE LOVE, comportant trois jours de spectacles gratuits. Sur la scène ONE LOVE, des adolescents et des enfants artistes ont fait leur show. Ce projet a eu comme but d’encourager les jeunes talents prometteurs de la scène reggae.

Le producteur Cezar Brumeanu m’explique qu’ONE LOVE représente un thème de prédilection de la musique reggae. Les paroles des chansons sont souvent percutantes, le message est positif et progressiste. Par exemple le message "Unis contre la violence" ("United Against Violence.") revient souvent, tout comme "One love" ou "Freedom". L’édition de cet an a repris le thème de l'an dernier - "Unis contre la violence"-, parce que c’est un message d’unité omniprésent dernièrement dans la culture reggae.

Pour populariser la musique et la culture reggae, dans la tradition des bouquinistes qui vendent leurs livres sur le quai de Vieux Port, le public a visité pendant le festival des stands avec des céderons, des livres sur la musique reggae et des livres spirituelles. Le jeune producteur souligne : il s’agit des livres qui concernent tous les gens, peu importe leur religion, car les livres qui parlent de spiritualité ne font pas de la discrimination. 
 

Le festival international de reggae de Montréal en perspective

L'optimisme règne avec Cezar Brumeanu, puisque les billets pour les spectacles et pour la croisière (800 places), ont été presque tous vendus. À chaque nouvelle édition, le producteur chevronné se demande comment s'adapter encore plus aux demandes du public. La première édition a débuté avec une scène; la quatrième édition, celle qui vient de se terminer, a mis à la disposition du public trois scènes et une programmation très variée, dont nombreuses activités en plein air gratuites. Comment voit-il les prochaines années ? L’un des buts de la prochaine édition sera d’enrichir la programmation avec des artistes africains et des interprètes de reggae populaires en Europe (plus spécifiquement d’Allemagne, de la Grande Bretagne, d’Italie et de la France). Le regard en perspective s’est tourné également vers son pays d’origine. Cezar me dévoile qu’en automne il partira en Roumanie où il veut organiser le festival de reggae, au bord de la Mer Noire. Le potentiel touristique et la richesse culturelle de la Roumanie seront donc mis en valeur par la compagnie Cezar Brumenau Productions.

Quel est le secret du succès d’un festival? « Une bonne équipe. –me répond tout court Cezar. Pour ce projet, nous sommes à la base la même équipe de 15 personnes. Je travaille avec eux depuis mes 16 ans. Pendant le festival notre équipe s’élargit jusqu'à 200-250 personnes, si on  inclut les bénévoles, les techniciens, etc. »

Saveur de « mici » et de reggae dans le Quartier des Spectacles à Montréal

Pour l’an prochain il est déjà prévu d’avoir la quatrième scène du festival de reggae sur la rue Saint Denis. Et bien sûr, ça sera gratuit, car le but principal est de rendre plus populaire ce phénomène musical et ses messages humanistes.

Fraîchement propriétaire de l’immeuble situé au 1693 Saint Denis, Cezar Brumenau me  parle de son projet d’aménager la terrasse en arrière pour faire un endroit tranquille, où les clients pourront déguster les fameux « mici »  avec de la bière. Ce plat national par excellence donnait du piquant aux fêtes populaires roumaines et maintenant, voilà, il sera mis en vedette sur la terrasse d’un café en plein Quartier des Spectacles à Montréal. La diversité culinaire fait partie de la diversité culturelle, et le jeune investisseur d’origine roumaine élargit sur tous les plans son projet qui s’adresse « à tout le monde », comme il le disait.  

« La musique peut rendre les hommes libres » - Bob Marley

La quatrième édition du Festival international de reggae a tiré sa révérence dans le Vieux Port de Montréal. Encore cette année, le succès et l’atmosphère incendiaire ont couronné le travail de l’équipe et de son réalisateur Cezar Brumenau. L’entretien avec le jeune producteur m’a fait comprendre pourquoi le rayonnement international de la culture reggae est aussi saisissant. C’est une musique qui s’est élaborée à travers des multiples influences multiculturelles et qui est devenue une porte-voix des idéaux humanistiques.

Cezar lui-même a connu une enfance bouleversée par des changements de pays, d’écoles, de villes, de langues; des événements dramatiques ont marqué son parcours. Entre les études et le travail, il a investi continuellement son énergie dans le domaine du marketing des spectacles. Il a connu des moments difficiles, quand tout son argent s’est fondu dans ses projets. L’apprentissage a été dur et son acharnement s’est endurci. Son penchant pour la musique s’est transformé progressivement dans une carrière vouée à la mise en œuvre des événements artistiques. Je vous invite d’apprendre plus sur l’expérience de vie de jeune producteur Cezar Brumeanu, en consultant sa biographie qui commence comme une histoire insolite : 

Cezar né Valerius Brumeanu, 1er février 1978, Bucarest, Roumanie ; avec l'aide de la croix rouge internationale, de l'immigration Canada, de l'Air Canada, et de l'association roumaine du Canada, et de quelques autres organismes, Cezar s'est sauvé au Canada en 1986…  

Lisez sa biographie sur :

http://www.cezarbrumeanu.com/flash/index.php

Août 2007

       « Fiecare intalnire cu publicul reprezinta o mica treapta pe care vocea mea o urca…»

Interviu cu soprana Paula Duca, tanara interpreta de origine romana

Par Otilia Tunaru

Dialog Brasov-Montréa

Soprana Paula Duca, stabilita numai de 10 luni in Canada, s-a evidentiat printr-o reusita remarcabila in noua sa tara de adoptie. In urma unei selectii riguroase desfasurate in mai multe etape, ea a fost selectionata pentru a participa la cea de-a 49-a editie a Concursului National de Muzica din Canada (Concours de musique du Canada/ Canadian Music Competition). Prestatia sa de exceptie a fost incununata  cu obtinerea premiului al treilea la categoria  « Chant 24 ans et moins ». Vocea Paulei Duca a cucerit nu numai publicul din sala, ci si specialistii din domeniul muzicii clasice canadiene, astfel ca ea a fost recompensata si cu  doua burse din partea prestigioasei insitutii Jeunesses Musicales du Canada : La Bourse Centre JMC- Trois Rivieres si La bourse Le prix Boulev’art inc.

De notat este caracterul de anvergura si foarte exigent al acesti competitii anuale, care s-a desfasurat pe parcursul mai multor luni: in luna februarie au inceput auditiile in cele mai importante orase ale Canadei, a urmat etapa la nivel de provincie, pentru ca pe data de 22 iunie sa aiba loc Finala Nationala in Sala Maurice O’Brady din localitatea Sherbrooke. Pentru etapa nationala, au fost selectionati doar opt reprezentanti ai muzicii de opera din Canada. In urma unei competitii acerbe, in care au concurat voci deosebite si cu o inalta pregatire, soprana de origine romana s-a detasat datorita unei « voci exceptionale » si a unei « prezente scenice dramatice remarcabile », asa cum au caracterizat-o membrii juriului.  « Continua ! Ai un potential extraordinar si apartii scenei ! » - acest indemn a fost scris de mana pe foaia de evaluare a juriului, iar tanara speranta a muzicii de opera il pastreaza ca pe o incurajare binevenita in munca sa sustinuta. De remarcat este faptul ca Paula Duca s-a evidentiat ca fiind prima voce de soprana la categoria sa de varsta din cadrul acestei competitii canadiene, primele doua premii fiind acordate altor tipuri de voci.

Paula se perfectioneaza prin studiu academic, urmand in paralel un masterat la Facultatea de Muzica a Universitatii din Montreal si un altul in cadrul Facultatii de Muzica din Brasov, sub indrumarea sopranei de talie internationala Mariana Nicolesco. Educatia sa muzicala a inceput in Romania si totalizeaza deja 20 de ani, deoarce ea a fost fascinata de mica de magia muzicii clasice. Paula pastreaza in suflet si in felul de a fi atmosfera de dragoste din familia sa si pasiunea pentru muzica; acesta este bagajul spiritual cu care a plecat din casa parinteasca si-l va duce cu sine pe scenele lumii.

De la varsta de 4 ani a urmat cursuri de pian; la varsta de 7 ani, a urmat examenul de selectie si a inceput studiile in cadrul Liceului de Muzica din Brasov. Urmeaza apoi timp de patru ani cursurile Facultatii de Muzica din Brasov. In vara anului 2006, destinul a decis pentru Paula : se stabileste in Canada, urmandu-si sotul de origine canadiana. Paula a hotarat ca va urma o cariera vocala la varsta de 18 ani; a fost o decizie indelung cantarita, si a fost luata dupa ce a avut certitudinea ca poate avea incredere in potentialul sau vocal. Vocea Paulei Duca, cu inflexiuni cand puternice, cand suave, este zestrea sa genetica pe care se straduieste sa o ridice la nivel de arta.

In perioada 25 mai-2 iunie 2007 la Montréal, spectatorii care au participat la gala de deschidere si la cele doua seri de spectacole EUROfEST, au avut ocazia sa o cunoasca in calitate de porte-parole si de prezentatoare, alaturi de violonistul Ludovic Moulin. Prima editie a Festivalului Europei de Est EUROfEST a avut ca purtatori de cuvant acesti doi tineri artisti care sunt în evidentă ascensiune, ca si festivalul insusi. Prezenta deosebit de agreabila a tineri soprane a fost completata de o prestatie artistica la inaltime, Paula interpretand pe scena Teatrului Gesu « Doina Stancutei » din opera « La Seceris » de Tiberiu Brediceanu. Ea a fost acompaniata de catre un duo inedit : cunoscutul acordeonist Sergiu Popa si reputatul pianist argentinian Victor Simon, fondator al Ansamblului Montreal Tango. Am avut ocazia sa o cunosc personal pe durata festivalului EUROfEST, si am inteles ca un artist complet este cel care stie sa isi asculte intuitia artistica si sa munceasca fara incetare, cu o daruire de sine totala.

Imediat dupa festivitatea de decernare a premiilor de la Sherbrooke, Paula a plecat in Romania, unde isi continua pregatirea artistica sub indrumarea directa a sopranei Mariana Nicolesco, supranumita si « diva de l’opéra Scala di Milano ». In afara de sustinerea examenelor din cadrul masteratului, Paula participa in perioada 18 – 29 iulie la concursul international de canto Hariclea Darclee din Braila.

Pe 17 iulie, am contactat-o din Montréal pe Paula Duca si am aflat ca se afla in orasul copilariei sale, Brasov. In timp ce imi vorbea, In ciuda celor peste 7000 km care ne desparteau, ii percepeam in voce zambetul larg si atat de luminos, nelipsit pe scena, ca si in viata de toate zilele.

OTILIA TUNARU : Cum percepe tanara soprana Paula Duca experienta participarii la prestigiosul Concurs de muzica din Canada ?
PAULA DUCA : Acest concurs a reprezentat pentru mine o experienta extraordinara, am descoperit nivelul  muzicii clasice din Canada, si pot sa afirm ca este unul foarte riguros si exigent. A fost o onoare ca sa ma aflu printre cele mai remarcabile voci ale Canadei. In acelasi timp, am avut ocazia sa demonstrez ca in Romania exista o educatie muzicala ce are un standard ridicat si o traditie deja recunoscuta de-a lungul timpului pe plan international. Primirea burselor mi-a oferit oportunitatea de a lucra cu specialisti din lumea spectacolului de muzica clasica din Canada, iar in toamna acestui an voi avea o serie de intalniri hotaratoare pentru cariera mea. 

O.T. : Ce crezi ca te-a pus in valoare cel mai mult in aceasta competitie ?
P.D. : Pot sa spun ca toti concurentii au fost foarte bine pregatiti. In consecinta, oricare dintre ei ar fi putut castiga un premiu. Cred insa  ca pregatirea mea muzicala , inceputa cu studiul pianului la frageda varsta de patru ani, si mai ales pasiunea,  as zice totala, pentru opera, si-au spus cuvantul si au reprezentat o baza solida.  Totodata, am acumulat o bogata experienta pe scene din diferite tari. Am avut sansa de a ma regasi de mica intr-un mediu artistic,  am avut mereu spectacole si turnee in strainatate, si acest lucru est un atu. De asemenea, am incercat mereu sa transmit ceea ce resimt atunci cand cant, sa am o comunicare cu publicul auditor, sa reusesc sa ating o coarda sensibila in sufletul fiecaruia. Lacrimile unor spectatori sau zambetul altora,  reprezinta pentru mine cea mai autentica rasplata si o recunoastere certa a actului artistic. In astfel de momente realizez ca toata munca mea nu este in zadar si ca rostul meu in viata este de a fi acolo, pe scena.

O.T. : Pe perioada verii, iti vei continua pregatirea artistica in Romania si ai ca proiect  participarea la consursul international Hariclea Darclee din orasul Braila. Exista vreo diferenta intre pregatirea unui concurs din Canada si respectiv a unui concurs din Romania ?
P.D. : Din punctul meu de vedere, fiecare concurs necesita o pregatire la fel de intensa. Un interpret care isi doreste sa evolueze in cariera muzicala, are obligatia morala, in fata sa si a publicului, de se stradui sa se autodepaseasca de fiecare data. Fiecare intalnire cu publicul reprezinta o mica treapta pe care vocea mea o urca…

De exemplu, zilele acestea programul meu este foarte riguros, deoarce ma pregatesc pentru concursul Hariclea Darclee care se desfasoara timp de 11 zile si unde s-au inscris 150 de candidati din 26 de tari. Va fi o nebunie, dar va fi si placut, de-abia astept sa simt emotia scenei !

O.T. : O alta experienta canadiana a fost si implicare ta in Festivalul Europei de Est EUROfEST ca porte-parole, prezentatoare si interpreta care pune in valoare specificul muzicii traditionale. Cum ai perceput acest rol ?
P.D. : Mi-a facut o foarte mare placere sa accept aceasta noua provocare, deoarece am avut multe de invatat. In primul rand, mi-a acordat posibilitatea de a-mi descoperi latura de animator si m-a facut sa confrunt imprevizibilului pe care ti-l rezerva animatia unui eveniment in alte limbi decat limba materna.

Festivalul EUROfEST a insumat noua zile de activitati si deci a fost un eveniment de amploare. La gala de deschidere si la spectacole au fost invitati oficiali din tarile Europei de Est si reprezentanti ai vietii artistice montrealeze, a fost o raspundere mare, care insa s-a transformat intr-o frumoasa experienta.  Nu mi-am imaginat de la inceput ce volum imens de munca implica pregatirea unui festival, dar ma bucur ca am participat la aceasta prima editie; in plus, am avut ocazia sa cunosc multi artisti de calitate, canadieni sau de provenienta din Europa de Est. M-am atasat de echipa si am regasit cu emotie latura mea romaneasca, de care fara sa fi stiut imi era dor. In acelasi timp, am venit in contact direct cu viata artistica din Quebec, si un reprezentant de seama a fost chiar colegul meu de prezentare la acest festival : Ludovic Moulin. El este un violonist pasionat in special de compozitiile muzicale romanesti. Tin sa-i multumesc pe aceasta cale pentru tot ceea ce am realizat impreuna, a fost o placere pentru mine sa lucrez alaturi de el, si cred ca am format un cuplu scenic extraordinar, care sa reprezinte spiritul EUROfEST.

O.T. : Paula Duca, cum te impaci cu dorul de tara cand esti in Canada si cum te impaci cu dorul pentru sotul tau cand esti in Romania ?
P.D. : Cred ca acesta este destinul oricarui artist, sa fie departe de locul numit « acasa ». Muzica este un dar divin care nu are granite de teritoriu sau de limbaj,  un dar ce trebuie oferit oricui este gata sa-l primeasca. Sigur ca « dorul » este o constanta care ma urmareste oriunde as fi, nici nu poate fi altfel. In fiecare tara sunt diferente culturale, diferente de mentalitate, diferente chiar la nivelul de comunicare dintre oameni. Am invatat ca adaptarea la o cultura noua nu este un proces simplu si nu toti oamenii sunt facuti pentru asta. Necesita o putere pshihica bine controlata si o usurinta de a te adapta oricarei situatii. Aceasta este una dintre cerintele absolut necesare si in reusita unei cariere artistice. Insa toate aceste schimbari si studiul ma tin extrem de ocupata, astfel incat lunile trec foarte repede, iar reintalnirea cu cei dragi este mereu o binecuvantare.

O.T. : Fara public, un artist nu ar exista…Ca tanara artista aflata pe pragul afirmarii, cum vezi tu publicul din Romania si cel din Canada ?

P.D. : De cele mai multe ori, publicul ne da masura pregatirii noastre. In primul rand, tin sa multumesc tuturor celor apropiati, pentru ca ei au constituit primul meu public. Familia si profesorii mei –din Romania si mai recent din Canada-  imi sunt mereu alaturi, au crezut in mine si m-au sustinut neconditionat. Publicului din Romania cat si celui canadian ii urez sa aiba parte de evenimente muzicale de cea mai inalta calitate, sa se bucure si sa se incarce spiritual si emotional de tot ceea ce are de oferit fiecare artist. Altfel spus : Asculta vocea,  descopera sufletul si spiritul!

O.T. : Iti multumesc Paula Duca, iti urez mult succes in cariera ta artistica si... bon retour à Montreal !

FOTOGRAFII : Paula Duca pe scena EUROfEST, Montreal, 2 iunie 2007
Copyright : Camilo Gomez-Duran

 

Biografie Paula Duca
Soprana Paula Duca este nascuta pe 4 Aprilie 1983 in Romania, in orasul din inima Transilvaniei,  Brasov.

Atractia sa instinctiva si naturala pentru muzica o conduce spre studiul pianului incepand cu frageda varsta de 4 ani. La 7 ani,  intra la Liceul de Muzica din orasul sau natal, unde continua studiul pianului pana in anul 2000, cand descopera adevarata sa vocatie, minunata lume a operei. Astfel, in 2002, obtine atat  diploma de absolvire cu atestare in canto classic cat si diploma cu atestare in pian.

Pe parcursul evolutiei sale musicale,  Paula Duca a  sustinut numeroase concerte si recitaluri atat in Romania cat si in tari precum Italia,  Austria,  Ungaria,  Franta,  Spania,  Grecia,  Statele Unite,  iar acum si in Canada. De asemenea,  a primit diferite premii in cadrul unor concursuri de canto,  ultimul sau rezultat fiind al Premiul III-lea  la Concursul National de Muzica din Canada.

Intre anii 2002-2004 a interpretat rolurile principale din 3 Music-Halls-uri originale regizate de Allan Gorst si a fost aleasa sa reprezinte Romania in Germania in cadrul programului “Music and Tolerance”.

Paula Duca este absolventa a Universitatii de Muzica din Brasov, sectia Canto clasic, unde a studiat sub indrumarea sopranei Mariana Nicolesco, Diva a operei Scala di Milano. Sub aceeasi indrumare, Paula Duca a interpretat doua roluri principale in operele “Suor Angelica “de G.Puccini si  “Bastien und Bastienne”de W.A. Mozart.  Repertoriul sau este foarte vast si variat, cuprinzand arii, lied-uri,  oratorii in diferite limbi precum italiana, germana, franceza,  spaniola,  engleza ,  romana si rusa.

In perioada 25 mai -2 iunie 2007 s-a desfasurat in Montreal prima editie a Festivalului Europei de Est EUROfEST, in cadrul caruia Paula Duca s-a evidentiat atat ca interpreta, cat si ca prezentatoare si purtatoare de cuvant a evenimentului.

In prezent, soprana Paula Duca isi formeaza personalitatea artistica in cadrul Universitatii de Muzica din Montreal unde se perfectioneaza prin realizarea unui masterat in canto classic, punct de pornire pentru viitorul sau artistic de pe scenele lumii.

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

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