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Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 35 • Montréal • 15.07.2007

ARCHIVE

Juillet 2007

Felicia Mihali

La femme roumaine

Depuis que j’ai commencé à réfléchir sur la première moitié de mon identité, celle roumaine, je m’en suis toujours tenue aux clichés appris à l’école. S’il y a une fierté nationale roumaine cela est liée, sommairement parlant, à quelques écrivains célèbres, Ionesco et Cioran en tête, à quelques sportifs, Nadia Comaneci en premier, à un féroce dictateur, Nicolae Ceausescu et j’en passe. Jamais auparavant je n’ai eu raison de me pavaner avec la beauté et l’intelligence des femmes roumaines. Mais voilà que depuis quelques mois, le magazine Maclean’s ne cesse de hanter mon imaginaire avec des articles dédiés presque mensuellement à de tels sujets. Je vais vous raconter les derniers évènements concernant des femmes roumaines.

Le premier est advenu il y a presque deux mois, lorsque le film de Cristian Mungiu, 4 Mois, 3 Semaines et 2 Jours a gagné la Palme d’or à Cannes. Le magazine canadien, au lieu de montrer une photo du réalisateur, titrait Anamaria Marinca, a star 4 Months sous la photo de la belle roumaine, candidate pour le prix de la meilleure actrice.

La deuxième histoire pourrait vraiment faire le sujet d’un film à succès, éventuellement intitulé : The pin-up girl. Au mois d’avril 2006, Maclean’s faisait son analyse annuelle sur les universités canadiennes, avec tout ce qui concerne les aléas de la vie universitaire. Sur la couverture, une figure de jeune femme coiffée du mortier. Rien de surprenant : on n’aurait même pas remarqué que cette jeune fille est belle, tant on comprend qu’elle représente un autre genre de filles que Paris Hilton. Quelques semaines plus tard, le même magazine reproduisait la lettre d’un soldat canadien affecté en Afghanistan qui s’intéressait à l’identité de cette femme. Chris Karigiannis, du 2e bataillon du Royal Candian Regiment faisait un compte-rendu de la vie des soldats canadiens qui, de nos jours, idolâtrent un autre genre de beauté que celle de leurs prédécesseurs. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les vedettes à punaiser dans les tentes des combattants étaient du style Rita Hayworth; pendant la guerre du Vietnam, c’était les vedettes de Playboy; les combattants en Afghanistan admirent ni plus ni moins que les femmes avec un diplôme universitaire. Les filles à être accrochées sur le mur d’une caserne ne sont plus déshabillées mais bien vêtues d’une toge noire, un rouleau de papier en main. Content de cette suite, évidemment le magazine Maclean’s a fait des recherches pour retrouver cette jeune fille et dévoiler son identité à ses lecteurs ainsi qu’aux combattants des Talibans. Elle s’appelle Kinga Ilyes, une jeune femme de 24 ans, née en Roumaine, arrivée au Canada à l’âge de 8 ans, et qui depuis la fin de ses études travaille aux services des ressources humaines dans une compagnie de Toronto. Le numéro suivant, Kinga répond à cette lettre en s’adressant d’abord aux troupes canadiennes en leur disant qu’elle les soutient, qu’elle admire leur courage et apprécie leur travail en Afghanistan. Quant au soldat Karigiannis, elle lui adresse un salut tout particulier : I wish you safety and hope to see you home soon ». Une semaine plus tard le soldat Chris Karigiannis est tué en Afghanistan.

                                                ***

Je n’ai aucun mérite, mais parfois je m’étonne de constater comment les choses arrivent à ma portée. La famille de Chris Karigiannis, du moins ce qui en reste après la mort de son père et le déménagement d’un de ses  frères aux États-Unis, habite à Laval, dans le quartier Chomedey. Par hasard, le matin de 30 juin, en feuilletant le dernier numéro de Maclean’s j’ai lu que  le service funèbre du soldat aurait lieu dans une heure pas loin de chez moi. Vite, mon conjoint et moi, nous nous sommes rendus à l’église Rose-de-Lima pour assister à la messe.
Kinga n’était pas parmi les participants. 

                                                ***

La troisième histoire concerne le mannequin Irina Lazareanu qui, depuis 2005, est une étoile montante dans le monde de la mode. Le fait que cette jeune femme de 25 ans ait réussi dans le monde des femmes qui deviennent célèbres seulement en marchant sur un podium, n’a rien de surprenant. Cela peut arriver à n’importe quelle femme jeune, belle et maigre à être emportée par le vent. Dans le cas d’Irina il s’agit de plus, car on l’appelle « The model for a new age ». 

Immigrée au Canada lorsqu’elle avait cinq ans, Irina a grandi dans un quartier de Montréal, St-Hubert. À l’âge de 13 ans, elle va à Londres pour étudier le ballet. À 15 ans, elle rencontre Pete Doherty qui venait de former le groupe Libertines, et commence à chanter dans son groupe. Lorsqu’on lui dit qu’elle a joué du tambour, Irina préfère dire : «  My first instrument was a pen ». À 17 ans, elle débute sa carrière de mannequin avec une agence de Montréal.

Ce que tout le monde aime chez elle c’est surtout qu’elle soit capable de travailler sans relâche et sans jamais se plaindre. Cela ne fait pas partie de son « genetic makeup », comme écrit le même magazine. Les vêtements qu’elle porte font tout de suite monter les prix et le cota des maisons de mode. Plus encore, Irina lit Tourgueniev et écrit de la poésie dans un carnet qu’elle porte toujours dans son sac. D’où son surnom : « A Renaissance women » car depuis le bestseller de Naomi Campbell, Swan, l’écriture n’est pas quelque chose d’habituel dans le monde des mannequins. Ses talents de chanteuse amène à dire qu’elle serait la Juliette Gréco de notre temps, ou un mélange de Coco Chanel et Anna de Noailles, la poétesse française d’origine roumaine. Ceux qui ont écouté la musique d’Irina la caractérise comme «  soft, lyric, folky », ayant comme références Joni Mitchell, Joan Baez, et Leonard Cohen.

Quant à son avenir, on ne s’inquiète pas. On sait que la carrière d’un mannequin est de courte durée, un maximum de 20 ans. Lorsqu’il s’agit d’Irina, on dit plutôt : “She will be seen as a personality, a star more than a model”.

Juillet 2007

Felicia Mihali

Le retour du matriarcat

Il y a une chose qui m’étonne fortement dans presque toutes les téléséries actuelles –les célèbres sitcoms –, le fait que les femmes sont toujours plus intelligentes que les hommes. Depuis que cette évidence m’a sautée aux yeux, je ne cesse d’observer le décalage entre le comportement les personnages féminins et ceux masculins. À peu d’exceptions près, voici quelques constantes :

Premièrement, les femmes sont presque toujours préoccupées par une nourriture saine, par leur diète et par leur tenue. Elles sont plus maigres que les hommes, plus élégantes, et plus raisonnables. Par contre, tout ce dont les hommes rêvent c’est  de posséder une grosse auto et de manger un gros hamburger. Les réclames ne font pas exceptions. Les nouveaux modèles  d’automobiles s’adressent généralement aux hommes. Ce sont eux que les nouveaux constructeurs veulent leurrer, avec des fenêtres qui se ferment et s’ouvrent en appuyant sur un bouton, un volant qui s’ajuste avec un petit bruit agréable, et quantité d’autres gadgets que je ne sais même pas nommer. Chez les concessionnaires, ce sont toujours les hommes qui essayent les véhicules, et ce sont leurs visages radieux qui accompagnent les nouveaux types d’autos.

Deuxièmement, dans toutes les situations clés de la vie moderne, tels que les petits achats, l’acquisition d’une maison, les rénovations, les aménagements intérieurs, ce sont les femmes qui décident. Quelle sera la couleur du tapis, le style des meubles, la décoration de la chambre à coucher des enfants, ce sont les femmes qui ont le dernier mot. Lorsque les hommes les accompagnent dans les grands supermarchés, ce  n’est que pour pousser le chariot et bailler impatients que tout cela finisse au plus vite et qu’ils puissent ainsi s’arrêter au premier Macdonald du coin.

Troisièmement, les hommes  ne possèdent plus la dextérité physique d’antan, ce qui alors faisait la grande différence entre les deux sexes. La société humaine est fondée sur la capacité de l’homme à guerroyer, à porter de gros fardeaux sur son dos, à couper du bois, à chasser le gibier, etc. Maintenant, les anciens maîtres du monde ne savent même plus réparer un robinet. Les nouvelles facilités, les machines de toutes sortes et de tout calibre font de la femme l’égal de l’homme.

                                                ***

Imaginons un peu ce qui se passait dans la grotte où habitait autrefois l’homo sapiens. Lui, partait le matin dans la forêt pour se procurer la nourriture de la famille. Une fois sur place, il s’assoyait derrière un arbre, ou au bord de la rivière, guettant sa proie. Et il attendait, et attendait! Que se passait-il dans sa tête, alors qu’il devait garder le silence des heures et des heures, pour ne pas effrayer le gibier? Pendant ce temps, la femme devait maintenir l’ordre au sein des petits groupes humains qui logeaient dans la grotte : calmer les enfants affamés et se disputer avec les femmes du groupe voisin, qui attentaient à son foyer ou à ses réserves de branches. Sa seule arme défensive était la parole. Au fur et à mesure que le langage évolue, la femme développe une arme d’un pouvoir extrême : la communication. Lorsque l’homme rentrait, courbé sous le fardeau du gibier, il le jetait au milieu de la cave, près du feu et, épuisé, s’écroulait par terre. Le radotage des femmes heureuses devant les nouvelles réserves de nourriture et le bruit des enfants devaient l’ennuyer terriblement après le silence où il avait passé la journée. Incapable de tenir le coup, il se retirait probablement dans un coin de la grotte dans l’attente du repas.

Au fil du temps, les femmes  ont développé une technique spéciale de survie : la force de persuasion. Les méchants vont dire que cela a eu comme conséquence directe l’apparition de la violence conjugale, ce qui peut être vrai. Incapable de tenir tête  à sa femme, beaucoup plus douée pour pérorer, il ne reste à l’homme qu’une solution : battre sa femme.

Lors d’une entrevue avec le roi de l’Arabie Saoudite, la célèbre journaliste américaine Barbara Walch lui demandait pourquoi les Saoudiens n’accordaient pas aux femmes le droit de conduire l’auto. À l’ouïe de ces paroles, le roi s’est exclamé impuissant : « Madame, s’il vous plait, ne commencez pas, vous aussi. Si vous saviez ce que ma femme et ma fille me font subir à la maison! » Pauvre roi, même lui, il craint sa femme.

Il y a quelque temps, j’ai lu dans le journal La Presse une étude sur la nouvelle situation des couples. Une des conclusions était que : pour un homme la condition de la longévité est de vivre en couple alors que pour les femmes c’est de vivre seule autant que possible. Autre chose : la condition de garder sa santé mentale diffère chez l’homme et la femme : alors que les femmes ne doivent jamais retenir leurs ressentiments, mais toujours extérioriser leur colère, un homme ne doit jamais contredire son épouse.

Chez les vieux couples que j’ai observés autour de moi, dans ma famille, dans mon village, dans les villes où je suis passée,  il y a une même constante : en vieillissant, les maris deviennent des grands bébés. Après la période de révolte du début, au fil du temps, ils finissent par se soumettre totalement à la volonté de leur épouse. Par commodité, ils se résignent à accepter ce rôle secondaire dans la prise des décisions. Les femmes décident du contenu de leur boîte à lunch, de la couleur de leurs bas, du dessin de leurs pyjamas, des meubles du salon, de la dimension de l’auto, et du choix de leurs enfants quant à leur partenaire. Cela me rappelle une ancienne chanson grecque  intitulée : «  Si tu veux m’épouser, viens voir ma mère. »

                                                ***

Qui sont ces scénaristes qui ont transformé l’homme en un être impuissant, déraisonnable, paresseux, immature? Qui sont ceux qui prônent, avec humour, le retour du matriarcat? Qu’avons-nous gagné et qu’est-ce qui nous attend à l’avenir?

Pensez-y !

Juillet 2007

Louise Labrecque

Dali le Magnifique?

Dans son essai sur la signification du comique, Henri Bergson écrivait : « il n’y a pas de jeu auquel un champs plus vaste ne soit ouvert : la liberté s’apparente à un jeu de ficelles, il n’y a donc pas de scène réelle, sérieuse, dramatique même, que la fantaisie ne puisse pousser au comique par l’évocation de cette simple image ».

Cette remarque introduit de façon admirable la lecture du livre « Dali » de Michel Nurisany, paru aux Éditions Flammarion en 2004. En effet, Dali est un visage complexe et important du mouvement surréaliste et il demeure intéressant dans la mesure où son originalité s’exprime comme le jeu de pantin, double de soi, qui préfigure un modernisme extraordinaire. L’originalité de Dali alimente et inspire tous les artistes, ne laissant en tous les cas personne indifférent.  C’est un euphémisme que d’affirmer que toute son œuvre constitue un aspect fondamental de sa personnalité en tant qu’artiste. Salvadore Dali, l’artiste et le personnage, est en soi une véritable apologie du surréalisme. En effet, tous les manuels et doctrines surréalistes s’entendent pour encenser ce célèbre artiste. Mais en quoi ces éléments sont-ils à ce point culminants qu’ils s’imposent d’eux-mêmes comme voies incontournable du surréalisme? En analysant l’œuvre de cet artiste, par où pouvons-nous puiser les axiomes de son apport personnel par rapport à la critique générale dont il est l’objet comme référence contemporaine surréaliste? Et finalement, en quoi l’originalité du personnage est-il tributaire du relief singulier, figure de proue du mouvement?

Dali moderne, - postmoderne avant son temps-  se situe réellement dans ce continuum moderne, en marche sur un fil d’acier, - dire en équilibre serait exagéré, mais il tenta par son œuvre à libérer sa puissance créatrice de son narcissisme- en recherche incessante de points culminants s’imposant d’eux-mêmes. En ce sens, Dali ouvre la porte à tous les possibles, construit et déconstruit le genre avec son célèbre : «  le surréalisme, c’est moi! »

En effet, cette simple citation de Dali résume la fantaisie, autant que le génie d’un homme curieux de tout, artiste complet, auteur de nombreux ouvrages, littéraire jusque dans sa peinture et profondément surréaliste, tant dans son art morcelé que tout entier. Auteur d’un unique roman : Visage caché, il fut néanmoins l’auteur d’un nombre incalculable de textes divers, exposant des idées sur sa conception personnelle de l’art et la peinture, des récits autobiographiques dont la vie secrète de Salvador Dali et Journal d’un génie, couvrant les années de 1954 à 1963. Finalement, il écrit de nombreux tracts et deux grands textes : Oui, qui expose ses théories surréalistes. C’est de cette école qu’il puise tout son rapport au monde et aux arts, etbien qu’il fut membre du groupe des surréalistes que peu de temps, c’est-à-dire de 1929 à 1939, il en préservera la qualité technique, notamment dans son archangélisme scientifique comme socle pragmatique de son exubérance.

Bref, Salvador Dali est un artiste complet, aux multiples facettes, à la fois la muse et le poète, en quête d’inspiration perpétuelle et dont l’exubérance frappe l’imaginaire sans commune mesure.

À découvrir, et à redécouvrir!

Juillet 2007

Huguette Proulx

À lire pendant la belle saison…

La saison estivale bat au rythme des festivals qui se succèdent et le macadam est envahi par une foule haute en couleur et provenant de tout horizon. Tous, petits et grands, profitent de l’extérieur et emmagasinent l’énergie que nous procure Galarneau. Moments de vacances appréciés, où tous nos sens sont sollicités au maximum. Il ne faut pas pour autant oublier de nourrir son intellect.

Plusieurs livres sont suggérés dans les magazines, revues et autres, que l’on qualifie de lectures d’été. Certains y trouvent leur bonheur, d’autres pas. Je me permets donc de vous recommander unebiographie, qui, je suis persuadée, saura vous maintenir en forme : Danser pour ne pas mourir.

Cette biographie bien documentée de Nicolle Forget, retrace le parcours de Ludmilla Chiriaeff « Madame », fondatrice des Grands Ballets canadiens. Tout au long des pages, nous suivons cette femme et artiste à travers la réalité et les légendes qui ont émaillé sa vie, et nous découvrons toute l’énergie qu’elle a déployée pour réaliser son rêve. De plus, Nicolle Forget, retrace les faits historiques et politiques qui ont marqué le Canada et le Québec particulièrement au cours de la dernière moitié du XXe siècle,  dont certains ont eu un impact sur le développement de la vie culturelle. À la lecture, nous prenons également conscience qu’il y a longtemps que de telles personnalités mènent un combat quasi quotidien pour le développement et l’accès à la culture.

Éditions Québec Amérique 2006

Dans un autre ordre d’idées, Doigts de lumière est un recueil de rêves et de réflexions. Des haïkus du poète Jean-Guy Desrochers ont inspiré les réflexions du philosophe Jean Proulx et amené l’artiste Mercédes Beaulieu Malo à créer des images tout aussi poétiques par la technique du lavis et l’encre de Chine.

Un livre de chevet à posséder pour s’imprégner de lumières et laisser libre cours à son propre cheminement.

Éditions Septentrion, 2007

Juillet 2007

Mihaela Costin


Incepind din 1997, Mirela Costin traieste in New York unde urmeaza cursuri de Jurnalism. Ea este in acelasi timp colaborator permanent la NYMagazin (editorialist, opinii)

Mineriada: aducere aminte

"A clear conscience is usually the sign of a bad memory".

17 ani? |ntr-adevăr, e mult de-atunci... Memoria filtrează, fără îndoială. Şi totuşi, unele impresii rămân acolo, neclintite.

Da, făceam parte din "Generaţia rebelă", din cei care se-mpotriveau, din cei care încetaseră să-şi mai asculte sau să urmeze sfaturile parinţilor, din cei ce brusc prinseseră gust de democraţie şi refuzau să le mai fie frică. De multe ori bravam, de multe ori ne opuneam doar pentru că era posibil, şi cert e că de cele mai multe ori ne îmbăta reacţia disperat-neputincioasă a “celor mari” la gesturile noastre de opoziţie permanentă.

Ai mei trecuseră prin facultate cu nodu-n gât de frică şi învăţaseră să tacă. Mi-au povestit de vreo câţiva colegi şi de momentul în care aceştia au fost vazuţi "ultima oară". Asta prin anii prigoanei staliniste. Pe vremea lui "Nea Nicu", se amăgeau cu Europa Liberă şi înjurau cu patimă regimul, dar nu cred că aveau speranţa că într-o zi se va sfârşi coşmarul comunist. Aşa că Marea Revoluţie i-a prins nepregătiţi, neinformaţi şi neîncrezători. Teama era prezentă în continuare. Erau convinşi că tot mai sigur e să taci.

Aşa se face că în 13 iunie '90, fiind acasă în sesiune, am declanşat un nou conflict familial şi am stârnit (spre marea-mi satisfacţie) iar indignarea alor mei.

Eram cu toţii adunaţi în faţa micului ecran şi urmăream imaginile - greu de crezut - transmise din Piaţa Universităţii, de la sediul Poliţiei Capitalei şi al Ministerului de Intere. “Miting electoral neautorizat”! Prigoniţii aleargă. Forţele de "ordine" bat, fugăresc şi-ameninţă. Se aseamănă tot mai mult cu miliţienii de mai ieri. Se apără bine cu scuturile, dar nu par să poată aresta fără să bata bine. Cine sunt de fapt vandalii? Autobuze incendiate, împuşcături, televiziunea ameninţată(!). Se aruncă pietre, primitiv. Se-aruncă sticle incendiare. De unde? Le aveau pregătite. Golanii. Ce ştie provincia de Piaţa Universităţii? Că stau acolo în corturi. Cine? Şi de ce? Ce rost mai au să stea acum, nu văd că lumea a votat? Cântă, beau şi ... cine ştie ce-or mai face ei în corturile alea. Acolo, în mijlocul oraşului. Mizerie. Ne strică imaginea. Ne văd străinii. Nu au servici? Discursurile şi mesajul transmis neincetat de la Balconul Universităţii? Dar ce mai vor, doar s-a votat. Nu, nu pot convinge. De altfel îmi lipsesc argumentele politice, argumentele de orice fel. De fapt, fac parte din "Generaţia rebelă". Am multe de-nvăţat. Desigur. De fapt, am mult de învăţat, urmează cel mai greu examen din an. |mi iau caietul de cursuri şi plec la mine-n cameră. Nu înainte de a declara: "Ce mare lucru? Or să-i aducă iar pe mineri să facă ordine". Tata se-nfurie. Peste vreo ora mă anuntă mama că s-a întrerupt emisia TV. Mă duc şi eu să vad puricii gri de pe ecran. Tata refuză să-mi vorbească. Mă-ntorc la mine să învăţ. Emisia revine, mama mă cheamă la masă, privim cu toţii la televizor. Tata tot nu-mi vorbeşte. A doua zi vin şi minerii... Intuiţia mea a funcţionat. Defilez prin faţa tatei c-un zâmbet triumfător. Nu ne vorbim.

Citesc acum ca 50 de pensionari s-au strâns în faţa casei lui Iliescu să îl apere.

New York, 13 Iunie 2007

Juillet 2007

Mihaela Costin


Incepind din 1997, Mirela Costin traieste in New York unde urmeaza cursuri de Jurnalism. Ea este in acelasi timp colaborator permanent la NYMagazin (editorialist, opinii)

Mineriada: aducere aminte

"A clear conscience is usually the sign of a bad memory".

17 ani? |ntr-adevăr, e mult de-atunci... Memoria filtrează, fără îndoială. Şi totuşi, unele impresii rămân acolo, neclintite.

Da, făceam parte din "Generaţia rebelă", din cei care se-mpotriveau, din cei care încetaseră să-şi mai asculte sau să urmeze sfaturile parinţilor, din cei ce brusc prinseseră gust de democraţie şi refuzau să le mai fie frică. De multe ori bravam, de multe ori ne opuneam doar pentru că era posibil, şi cert e că de cele mai multe ori ne îmbăta reacţia disperat-neputincioasă a “celor mari” la gesturile noastre de opoziţie permanentă.

Ai mei trecuseră prin facultate cu nodu-n gât de frică şi învăţaseră să tacă. Mi-au povestit de vreo câţiva colegi şi de momentul în care aceştia au fost vazuţi "ultima oară". Asta prin anii prigoanei staliniste. Pe vremea lui "Nea Nicu", se amăgeau cu Europa Liberă şi înjurau cu patimă regimul, dar nu cred că aveau speranţa că într-o zi se va sfârşi coşmarul comunist. Aşa că Marea Revoluţie i-a prins nepregătiţi, neinformaţi şi neîncrezători. Teama era prezentă în continuare. Erau convinşi că tot mai sigur e să taci.

Aşa se face că în 13 iunie '90, fiind acasă în sesiune, am declanşat un nou conflict familial şi am stârnit (spre marea-mi satisfacţie) iar indignarea alor mei.

Eram cu toţii adunaţi în faţa micului ecran şi urmăream imaginile - greu de crezut - transmise din Piaţa Universităţii, de la sediul Poliţiei Capitalei şi al Ministerului de Intere. “Miting electoral neautorizat”! Prigoniţii aleargă. Forţele de "ordine" bat, fugăresc şi-ameninţă. Se aseamănă tot mai mult cu miliţienii de mai ieri. Se apără bine cu scuturile, dar nu par să poată aresta fără să bata bine. Cine sunt de fapt vandalii? Autobuze incendiate, împuşcături, televiziunea ameninţată(!). Se aruncă pietre, primitiv. Se-aruncă sticle incendiare. De unde? Le aveau pregătite. Golanii. Ce ştie provincia de Piaţa Universităţii? Că stau acolo în corturi. Cine? Şi de ce? Ce rost mai au să stea acum, nu văd că lumea a votat? Cântă, beau şi ... cine ştie ce-or mai face ei în corturile alea. Acolo, în mijlocul oraşului. Mizerie. Ne strică imaginea. Ne văd străinii. Nu au servici? Discursurile şi mesajul transmis neincetat de la Balconul Universităţii? Dar ce mai vor, doar s-a votat. Nu, nu pot convinge. De altfel îmi lipsesc argumentele politice, argumentele de orice fel. De fapt, fac parte din "Generaţia rebelă". Am multe de-nvăţat. Desigur. De fapt, am mult de învăţat, urmează cel mai greu examen din an. |mi iau caietul de cursuri şi plec la mine-n cameră. Nu înainte de a declara: "Ce mare lucru? Or să-i aducă iar pe mineri să facă ordine". Tata se-nfurie. Peste vreo ora mă anuntă mama că s-a întrerupt emisia TV. Mă duc şi eu să vad puricii gri de pe ecran. Tata refuză să-mi vorbească. Mă-ntorc la mine să învăţ. Emisia revine, mama mă cheamă la masă, privim cu toţii la televizor. Tata tot nu-mi vorbeşte. A doua zi vin şi minerii... Intuiţia mea a funcţionat. Defilez prin faţa tatei c-un zâmbet triumfător. Nu ne vorbim.

Citesc acum ca 50 de pensionari s-au strâns în faţa casei lui Iliescu să îl apere.

New York, 13 Iunie 2007

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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