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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 35 • Montréal • 15.07.2007 |
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1408 Durée : 1h34 Distribution : John Cusack, Samuel L. Jackson, Mary McCormack, Jasmine Jessica Anthony Réalisation : Mikael Hafstrom Scénario : Matt Greenberg, Scott Alexander, Larry Karaszewski (basé sur une nouvelle de Stephen King) Production : Etats Unis Photo : www.allianceatlantismedia.com
Par Tina Armaselu Mike Enslin (John Cusack) est un écrivain s’intéressant aux phénomènes paranormaux, en quête de sujets pour ses livres. Après avoir reçu une mystérieuse carte postale l’avertissant de ne pas entrer dans la chambre 1408, Mike se rend à l’hôtel Dolphin pour réserver la chambre, en dépit des mises en gardes du maître d’hôtel (Samuel L. Jackson). Hanté par des visions étranges, y compris l’image de sa défunte fille (Jasmine Jessica Anthony), Mike devient prisonnier d’un espace qui défie son scepticisme et les lois de la raison. S’agit-il d’une véritable porte vers un autre monde ou d’un produit de sa propre imagination ? Bien muni d’effets spéciaux qui entretiennent le suspense et l’allure de trame psychologique, le film ne réussit pas cependant à s’échapper de manière convaincante aux stéréotypes du genre.
God Grew Tired of Us Durée : 1h29 Distribution : Nicole Kidman (narration), John Bul Dau, Daniel Abol Pach, Panther Blor Réalisation : Christopher Dillon Quinn, Tom Walker Scénario : Christopher Dillon Quinn Production : Etats Unis Photo : http://www.godgrewtiredofus.com
par Tina Armaselu Inspiré par le livre - mémoire « God Grew Tired of Us » de John Bul Dau et Michael S. Sweeney, le documentaire retrace l’histoire de trois jeunes Soudanais réfugiés dans un camp de Kénya, puis conviés en 2001 à s’établir aux Etats-Unis. Parmi les 25.000 « garçons perdus du Soudan », âgés de 3 à 13 dans les années 80, les trois protagonistes ont fui leur pays natal en proie de la guerre civile et affronté pieds nus les vicissitudes de la zone sub-Saharienne pour trouver refuge, après 5 ans, dans le camp de Kakuma, Kénya. Pour beaucoup d’entre eux ce périple a été le dernier, pour d’autres, comme John, Daniel et Panther, la chance d’un nouveau commencement. Un film sur la lutte pour survivre et la force de se réadapter sans oublier ses racines, qui pose des questions sur les méfaits de la guerre et le besoin de garder son identité, même si on est loin du pays et de la culture d’origine.
SiCKO Durée : 1h56 Distribution : Scénario et Réalisation : Michael Moore Production : Etats Unis Photo : www.allianceatlantismedia.com
par Tina Armaselu Dans son nouveau documentaire, SiCKO, Michael Moore s’attaque, non sans humour, au système de santé américain, en pointant la bureaucratie et la chasse au profit des grandes compagnies privées d’assurance maladie. A travers une série de témoignages, personnes ayant besoin d’assistance médicale et professionnels de la santé, le film franchit les frontières - Etats-Unis, Canada, Grande Bretagne, France, Cuba - en essayant de trouver une réponse à la question : pourquoi le droit au support médical n’est-il pas un droit garanti et universel aux Etats-Unis ? Le film dénonce un système où le refus d’aide est récompensé tandis que les gens privés de cette aide peuvent perdre leur vie ou la voir sérieusement endommagée. Cependant, le but du réalisateur n’est pas seulement de montrer les anomalies et l’absurde d’un système maintenu tout simplement parce qu’il apporte du profit à une certaine partie de l’infrastructure mais surtout de faire comprendre à l’audience que les alternatives existent.
What a Dirty Shame! Par Cerasela Nistor Si vous avez l’occasion, je vous conseille d’aller voir « A Dirty Shame », de John Waters, une comédie hors de l’ordinaire qui touche légèrement le ridicule et le grotesque. Le réalisateur John Waters met en scène des situations d’un comique fulminant. Le rythme de l’histoire est de plus en plus accéléré, et cette oscillation entre extrêmes semble être chère à Waters. Et il ne s’en prive pas. Il aime jouer sur l’introspection abyssale de la pensée, parsemée par des fragments de souvenirs (réalisés en blanc noir). Le film nous présente, en même temps, les deux faces de la médaille, l’ange et le diable, la limite fragile entre le monde du péché et celui de la moralité la plus sévère. Les métamorphoses du personnage principal, Sylvia Stycles –incarnée par Tracey Ullman – sont exceptionnellement bien réalisées. On voit d’abord une femme honnête qui se transforme d’un coup, en une véritable nymphomane. Cette femme est à la fois un monstre, car les parties de son corps parlent seules et Sylvia ne peut plus maitriser ce qui lui arrive. Ces temps-ci, son mari et sa mère essayent de la sauver pour réhabiliter l’honneur de la famille et ramener l’équilibre dans leur vie. Un personnage à part est Caprice, leur fille, qui semble irrémédiablement « perdue » pour la société, car au début, elle travaille comme ou strip-teaseuse dans un pub. Sa métamorphose en bonne fille, qui commence à s’habiller de tout ce qui est plus banal, peut intriguer le spectateur. C’est évident que sa vocation de femme fatale est celle qui lui sied le mieux, alors que l’abandon de la vie facile qu’elle menait déclenche une vraie « tragédie » parmi ses admirateurs. Le personnage qui dirige cette « apocalypse », issu d’une petite vie tranquille est le diabolique Ray, l’incarnation du diable lui même. C’est lui qui a accès aux côtés secrets de la personnalité de ses concitoyens, qualité qu’il acquiert suite aux coups reçus à la tête. Il est drôle et tragique en même temps, un personnage funambulesque qui marque la fin de l’histoire, en jetant son cerveau dans l’espace. Cette idée d’ hyper sexualité incontrôlable n’est qu’une satire à l’adresse d’une société où la liberté prend parfois des formes inimaginables. La liberté et l’affirmation de la femme, ses droits mêmes à une sexualité exacerbée, sont perçus à travers les yeux de la communauté catholique comme un affront aux bonnes mœurs. En satirisant les fétiches sexuels, Waters dresse le portrait d’un monde fou, sans doute, mais avec des accents burlesques, image soutenue dans le film par un montage alerte, qui suggère une folie généralisée. |
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