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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 34 • Montréal • 15.06.2007 |
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C'est au début des années 70, avec le succès de Bob Marley & The Wailers puis de groupes comme les Gladiators et Black Uhuru, que le reggae prend une dimension internationale. Dès lors, il évolue non seulement en Jamaïque, mais il a envahi toutes les scènes du monde. Tchata - un animateur francophone sur la scène principale de la 4e édition du Festival international de Reggae Par Iulia – Anamaria Salagor Les organisateurs de la 4e édition du Festival international de reggae de Montréal ont réussi à réunir un nombre impressionnant de vedettes internationales. La prestation de Black Uhuru au Festival, le samedi 14 juillet à 21 h 30, marquera le retour du groupe au Canada depuis leur réunion, mettant en vedette Michael Rose et Duckie Simpson. Grâce à la collaboration avec l’organisation à but non lucratif Leave Out Violence (LOVE), les passionnés du reggae pourront se réunir à la Place Jacques - Cartier dans le Vieux-Montréal pour écouter gratuitement de jeunes talents prometteurs de la scène reggae. Nouvellement partenaire du Festival, Loto - Québec invite les visiteurs à se rendre sur la place Bonsecours pour assister gratuitement aux spectacles présentés en journée sur la scène Loto - Québec. Sébastien « Tchata » se trouvait parmi les membres de l’équipe du Festival, jeudi, le 7 juin dernier, à la conférence de presse. Il est le porte-parole francophone et aussi l’animateur sur la scène principale pour cette 4ième édition. Le jeune homme parle avec beaucoup d’enthousiasme et de conviction. Iuli-Anamaria Salagor : D’où vient votre passion pour la musique reggae ? Tchata : Depuis que je suis tout petit, quand j’avais environ 11-12 ans, j`ai découvert la musique reggae grâce aux voisins jamaïcains. Le message d’unité, disons très positif de ce genre m’a tout de suite interpellé. Le reggae est une musique qui parle de justice et d’égalité par rapport à un système d’oppression, à tous les systèmes impérialistes, mis en place par les Européens. Depuis, j’essaie d’en apprendre davantage, historiquement parlant. J’aime toutes les musiques, mais le reggae m’a toujours interpellé au niveau du son… et des paroles. I.-A. S.: Vos parents sont d’origine… T: Je suis né ici à Montréal ; mon père est québécois et ma mère est acadienne. J’anime une émission à Radio CISM 89.3FM, qui est la radio de l’Université de Montréal. L’émission s’appelle RIDDIMWISE et on joue exclusivement du reggae. C’est une émission spécialisée de reggae, en direct, tous les dimanches de 16h00 à 18h00. I.-A. S.: Avez-vous fait des études à l’ Université de Montréal ? T: - Je n’y ai pas vraiment étudié … J’ai eu de la difficulté à l’école... J’ai préféré travailler. I.-A. S.: Dans quel domaine ? T: - Dans plein de choses, surtout dans le domaine de l’éducation, parfois même en garderies. Présentement, je travaille dans une école primaire comme éducateur au service de garde. Pour revenir à la musique, j’anime cette émission à l’Université de Montréal depuis 5 ans. Il ne faut pas être étudiant pour faire ça, mais c’était un étudiant qui a démarré l’émission et qui est venu me chercher dans un spectacle. Il m’a dit tout simplement: «Aimerais-tu animer cette émission ? » I.-A. S. : Et vous avez accepté… T. : Oui, et depuis l’émission a progressé, elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, ça veut dire une émission écoutée par beaucoup, beaucoup de gens de la communauté jamaïcaine et francophone aussi. I.-A. S.: Quel est votre but comme animateur pour ce Festival de reggae ? T.: Mon but c`est tout simplement de faire comprendre cette musique aux gens qui parlent français. On est dans une ville principalement francophone et c`est important qu il y ait un animateur francophone. Je vais assurer, du mieux que je le peux, l’animation. Je connais très bien tous les artistes qui viennent, des gens que j’écoute depuis de nombreuses années. Ça fait longtemps que j’anime des soirées. J’aime être devant la foule et prendre les choses en main ! I.-A. S. : Quel est, d’après vous, l’avenir du Festival de reggae de Montréal ? T. : Montréal est une ville ou il y a beaucoup de festivals. Il faut ouvrir les portes aux francophones qui se démarquent, parce que le milieu est très concurrentiel. Même s’il y a en même temps plusieurs festivals, je reste optimiste. I.-A. S. Je vous remercie. Bonne chance ! T. : Merci ! Bon festival !
Fier d’être Québécois, heureux d’appartenir à la famille EUROfEST Interview avec le violoniste Ludovic Moulin Par Otilia Tunaru La première édition d’EUROfEST -Le Festival de l’Europe de l’Est- a débuté le 25 mai au cinéma du Parc à Montréal. Lors du gala d’ouverture et du vernissage de l’exposition Interférences, les spectateurs ont eu l’occasion de connaître la programmation pour les neuf jours de festival. Des films documentaires et artistiques, une exposition collective de photographie, deux soirées de spectacle au Théatre Gesù, des artistes invités de Roumanie et d’autres surprises artistiques ont été dévoilées. Le présentateur Ludovic Moulin a donné le ton à cette suite de surprises, car lui-même a représenté une belle découverte artistique et une présence agréable tout au long du festival. À côté de la soprano Paula Duca, le jeune violoniste a eu le rôle d’animateur au gala d’ouverture et de présentateur pour les deux spectacles de musique. Artiste sensible et fier Québécois de souche, il s’est fait remarquer comme un vrai porte-parole de la culture est-européenne. Son ouverture, son implication, toutes les émotions vécues au sein de l’équipe EUROfEST, n’ont laissé aucun doute sur le fait qu’il est l’un des amis de cœur d’EUROfEST. Au début, c’était sa passion pour les ballades roumaines et pour les danses hongroises. Ensuite, ce qui n’était au début qu’une bonne complicité s’est vite transformée en une amitié sincère. J’ai vu Ludovic Moulin sur la scène EUROfEST en qualité d’artiste. Il a joué la Ballade pour violon et piano op. 29 écrite par Ciprian Porumbescu*, un compositeur roumain condamné à la détention politique et mort à l’âge de 29 ans. La guitare et le flûte du groupe Valuri de Matase** ont donné des ailes aux premiers accords de la balade, puis le frisson d’émotion à continué à vibrer sur les cordes du violon de Ludovic. C’était au début du spectacle de clôture, et cette magie qui s’est emparée de public a continué toute la soirée. Malgré le destin tragique du compositeur, cette ballade est devenue une ode d'espoir et d’amitié qui a déployé son émotion tout au long du festival sur la scène EUROfEST à Montréal. L’émotion qui régnait dans la salle s’est intensifiée encore plus dans les accords de harpe et de tambour du duo Arpa Planina, les chansons à capella de l’ensemble Dragana, la prestation incendiaire du groupe RAOUL, et le rayon de folie gitane du Soleil tzigane***. J’ai vu Ludovic Moulin en qualité d’animateur, en jasant aisément avec sa co-animatrice Paula Duca et avec le public. Je l’ai vu prendre au sérieux son rôle dans l’équipe du festival et curieux de découvrir la richesse culturelle d’autres pays lointains. Je l’ai vu fier d’être Québécois,et en même temps heureux d’appartenir à la famille EUROfEST. OTILIA TUNARU: Comment avez-vous trouvé cette expérience artistique, ainsi que votre implication dans le Festival de l’Europe de l’Est? LUDOVIC MOULIN : L’expérience EUROfESTa été pour moi une grande suite de premières. En effet, le festival en était à sa première édition et j’étais à ma première expérience de présentation et d’animation à si grande échelle. J’ai eu un premier contact avec plusieurs personnes du milieu artistique est-européen dont certains bénéficiant d’une grande notoriété. Je suis fort heureux d’avoir saisi l’opportunité qui m’a été offerte! Bien que les heures de travail aient été nombreuses, l’acharnement de l’équipe à offrir aux spectateurs un résultat de qualité supérieure a certainement été une grande motivation pour moi, poussant à se surpasser. De tels évènements offrent de grandes richesses de par les rencontres et découvertes que l’on peut y faire. Je suis donc sorti multi milliardaire de cette expérience!... (large sourire) O. T. : Pensez-vous qu’un tel festival qui parle de l'Europe de l'Est est nécessaire ici, en terre québécoise ou canadienne? L. M. : Pour répondre à cette question je prendrai appui sur les nombreux reportages qui ont été présentés dans les médias relativement à la place offerte et occupée par les immigrants au Québec et au Canada. Premièrement, il est important que la culture est-européenne trouve en sol québécois une vitrine afin de se faire apprivoiser et connaître du grand public québécois, afin de renforcer son apport au paysage culturel québécois. Deuxièmement, la communauté est-européenne étant de taille considérable au Canada, EUROfEST permet donc un rappel des racines et permet aussi de démontrer que des Québécois s’intéressent à cette culture. Je pense que le festival a plutôt attiré la première génération d’Est-européens, c'est-à-dire ceux qui sont nés en Europe et qui sont arrivés ici. Pour ce qui est du volet musical, celui a suscité de l’intérêt pour un public montréalais ou québécois assez jeune, qui a grandi au contact d’autres cultures. O. T. : Comment voyez-vous cet espace lointain en contraste avec celui nord-américain? L. M. : Premièrement, j’ai trouvé que les Est-européens que j’ai rencontrés semblaient plus enclins à prendre leur temps et de saisir le moment présent. Lors de mes nombreuses discussions avec les gens, j’avais devant moi des personnes qui m’accordaient du temps sans penser à ce qu’ils avaient à faire ensuite. Le rythme de vie semble moins effréné, ils prennent le temps de faire les choses. Deuxièmement, je trouve que nous, les Américains sommes loin de notre culture. Cette impression me provient peut-être du fait que j’habite Montréal et que je suis ainsi mis en contact avec plusieurs cultures. Aussi du fait que nous nous trouvons chez nous, nous ne sentons peut être pas nécessairement le besoin d’affirmer notre culture alors que les Est-européens loin de leur contrée d’origine ressentent le besoin de se rafraîchir la mémoire et de mettre leur culture sur la sellette. O. T. : Qu’avez-vous trouvé le plus remarquable à cet événement culturel? L. M. : J’ai apprécié le dévouement des gens de la communauté qui désiraient clamer haut et fort leur origine et appartenance, et surtout de voir leur fierté à faire découvrir leur culture. Le plaisir que les gens semblaient retirer à partager leur art était tout à fait sincère et touchant. J’ai trouvé spéciale la collaboration entre les diverses communautés de l’Europe de l’Est et également avec les artistes québécois qui s’intéressent à cette culture. O. T. : Quel est l’avenir du festival EUROfEST, selon vous? L. M. : La réponse des spectateurs aux différents évènements présentés à EUROfEST parle d’elle-même! Il est clair qu’EUROfEST répond à un besoin et qu’il se doit de continuer sa mission. La première édition de chaque évènement est sans doute l’édition la plus importante. Ça passe ou ça casse! Malgré les embûches rencontrées durant le festival, celui-ci a su susciter de l’intérêt. De plus, cette première année aura sans doute aussi été une année-école où l’on a appris comment faire les choses et surtout qui était digne de confiance! O. T. : D’où cette passion pour la musique de l’Europe de l’Est? L. M. : La musique est-européenne est riche en couleurs, on ne peut y rester insensible. De par l’apport de mon professeur de violon d’origine roumaine, des expériences musicales que j’ai pu acquérir au sein de différents orchestres et aussi de par certains de mes voyages qui m’ont emmené notamment du côté de la République tchèque. De nombreuses musiques traditionnelles ont su mettre en valeur mon instrument, le violon, il est donc clair que j’ai un certain parti pris pour ces compositions. O. T. : Comme Québécois de souche, vous avez déclaré que vous êtes adopté par la communauté roumaine. C’est flatteur pour nous, ceux qui sont d’origine roumaine. Est-ce que c’est une blague? L. M. : Non, ce n’était pas une blague. On a vite fait de remarquer ma présence inhabituelle au sein des différentes activités et on s’est toujours empressé de venir me glisser quelques mots de bienvenue ou pour me remercier de l’intérêt que je portais au festival. Certains se sont même mis à m’adresser la parole en roumain, ma mission était donc accomplie : je faisais partie des leurs ! O. T. : Votre sensibilité musicale a été « gâtée » lors de deux soirées de spectacles de musique. Est-ce que vous avez découvert des nouvelles choses sur la musique de l’Europe de l’Est? L. M. : Je pense que j’aurai certainement une nouvelle vision de la musique, et cela transparaîtra dans mon interprétation. Vous savez, il est parfois difficile de comprendre vraiment la musique et les chants, surtout lorsqu’on n’a pas eu la chance de visiter le pays d’origine ou tout simplement parce que l’on ne comprend pas la langue. Je dois d’ailleurs une fière chandelle à ma co-animatrice PAULA DUCA, qui m’a servi d’interprète et de guide touristique à travers ce voyage musical! O. T. : Avez-vous des projets? L. M. : Récupérer de nombreuses heures de sommeil qui ont été sacrifiées pour une bonne cause ! Et après eh bien la vie saura m’apporter de belles choses tout comme il a été le cas avec EUROfEST! (sourire gamin) -------------------------------------------------------------------------------------------------- * Ciprian Porumbescu -article sur : http://www.resmusica.com/aff_articles.php3?num_art=472 **VALURI DE MATASE (VAGUES DE SOIE / SILK WAVES) ***La programmation du spectacle de 2 juin 2007 ainsi que la présentation de chaque groupe est disponible à l’adresse Internet : http://www.rocade.ca/pages/musique.html LUDOVIC MOULIN, le violon inspiré des Balkans / LUDOVIC MOULIN, the violin inspired from the Balkans Ludovic Moulin est né à Montréal et il a commencé l'étude du violon à l'âge de 5 ans. Dès sa tendre enfance, il se joint à l'Orchestre symphonique des jeunes du West-Island avec lequel il jouera pendant dix ans dont trois à titre de violon solo. Lors d'un échange étudiant en 1999, Ludovic a été invité à joindre l'Orchestre symphonique de l'école de musique de Frechen, Allemagne. Depuis maintenant trois ans, il est membre de l'Orchestre symphonique des jeunes de Montréal sous la direction de M. Louis Lavigueur. En compagnie de ces orchestres, Ludovic a joué en Allemagne, en France, dans l'ouest Canadien, de même que dans plusieurs villes du Québec. En plus de sa formation classique, il a accompagné plusieurs ensembles de jazz et de rock. Ludovic est un passionné de la musique roumaine et hongroise; il aime particulièrement les ballades et les suites de danses fougueuses. Ludovic Moulin started violin lessons at the age of five. He started playing in the West Island Youth Symphony Orchestra at the age of ten, during the ten seasons he has played with this orchestra, he was concertmaster for the last three years. In 1999, Ludovic was invited to join the Frechener Musikschule Youth Orchestra (Germany) with which he participated to the Hallig Hooge music camp. Ludovic is now member of the Montreal Youth Symphony Orchestra under Louis Lavigueur's direction. Besides his classical formation, Ludovic has been invited to play in various jazz and rock ensembles. Ludovic is a passionate of Romanian and Magyar music, he especially loves ballads and the suites of the dances full of flame.
Photo: Le violoniste Ludovic Moulin, la soprano Paula Duca en qualité Photo prise par Camilo Gomez Duran |
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