haut de page
Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 34 • Montréal • 15.06.2007

ARCHIVE

Juin 2007

Felicia Mihali

Eurofest – le festival de l’Europe de l’Est

La semaine où à Cannes le film du réalisateur roumain, Cristian Mungiu, 4 mois, 3 semaines et 2 jours gagnait la Palme d’or, à Montréal se déroulait la première édition du festival Eurofest. La même semaine, le magazine Maclean’s écrivait : « Cannes is where critics look for the future of international film. And now they’re raving about Romania as world cinema’s new hot spot ». Si on en croit cette prédiction, alors c’est vers la Roumanie que les cinéphiles devraient dorénavant tourner leur regard. À la demande du Cinéma du Parc, là où Eurofest a tenu son volet cinéma, le film Occident, signé par le même réalisateur, a gardé l’affiche une semaine supplémentaire en dehors du festival.

J’ai été en quelque sorte témoin  de la naissance de ce festival. Un jour du printemps dernier, devant un café chez mes amis Simona et Daniel, je les ai entendus parler d’un tel festival qui mettrait en valeur des talents encore inconnus de cette partie du monde. Arrivés depuis peu à Montréal comme résidents permanents, tous deux ont apporté dans leurs bagages l’espoir de rassembler sous le même parapluie les films, la musique et la littérature des pays ex-communistes, une culture qui reste encore à l’ombre de la dégringolade économique, des affres de l’intégration européenne et j’en passe. L’Europe de l’Est est encore une tache noire sur la carte du monde et dans la conscience internationale. Ce ne sont que quelques individus, des noms isolés qui se font connaître à travers leur création. Mais un événement qui donne une   vue d’ensemble de la créativité et de la spécificité de cet espace, il n’y en a pas en terre canadienne. L’idée venait surtout de Daniel Bucur, réalisateur, présentement inscrit à l’Université Concordia dans un programme de cinéma pour obtenir les équivalences nécessaires pour continuer ici sa carrière de cinéaste. En matière de cinéma, il était le plus en mesure de savoir quels sont les trésors cachés de ces pays,  tous englobé sous le nom d’Europe de l’Est. Sa femme, Simona Hodos, ancienne réalisatrice de projets culturels à succès en Roumanie acquiesçait en souriant.   Méfiante, je souriais tout en les encourageant : « Pourquoi pas? »

Depuis que je vis à Montréal, je sais combien difficile est la vie des artistes et des managers culturels. Dans n’importe quel coin de la planète, la culture est la Cendrillon de l’économie, le domaine où l’argent arrive avec parcimonie. Plus un pays est riche, plus il coupe dans la culture. L’exemple de Stephen Harper, et la coupe qu’il a opérée dans le fonds monétaire destiné aux festivals, en est le meilleur exemple. Alors, comment encourager deux nouveaux arrivants qui ne connaissent personne, qui n’ont ni argent ni appui à s’engager dans une telle aventure?

Et pourtant!… Un an plus tard, le festival Eurofest vient de clôturer avec brio sa première édition. Simona Hodos et Daniel Bucur, les fondateurs de l’Association ROCADE, auxquels s’est joint Otilia Tunaru, ainsi qu’une équipe de bénévoles, ont réussi à mettre sur pied cet évènement. Ils ont obtenu l’appui du Consulat et de l’Ambassade de Roumanie, qui  heureusement, ont comme représentants, des gens sensibles, de bonne volonté et surtout dotés d’une haute conscience de la valeur culturelle de leur pays). Dans son corps diplomatique, la Roumanie porte encore les séquelles de l’ancienne bureaucratie communiste : dans des postes clés, il y a encore toute une faune qui n’a rien à voir ni avec la diplomatie, ni avec la bonne éducation. Au Canada, la Roumanie peut s’enorgueillir avec un consul et une ambassadrice d’exception : je nomme ici Monsieur Ioan-Bogdan Bucur et Madame Elena Stefoi. S’ ajoute également le soutien apporté par l’équipe de la Ville de Montréal et toutes les ambassades des pays qui ont participé au festival.

Est-il facile de ramasser tout ce beau monde autour d’un évènement si nouveau et si insolite? Ce n’est pas évident. Toutefois, Simona, Daniel et Otilia l’ont fait et c’est à leur grand mérite que Montréal a vécu un moment de grâce. Le public montréalais, habitué avec les festivals de toute sorte, a eu la chance de voyager à travers des pays et des cultures qui n’ont que rarement effleuré leur ouïe ou leur regard. Le nombre de ceux qui sont allés au Cinéma du Parc pour voir des films roumains, hongrois, serbes, tchèques, a atteint un chiffre honorable pour une première édition. Les deux soirées de musique authentique des Balkans, hébergées par le Théâtre du Gèsu, ont reçu les éloges des participants, bien que l’audience ne fut pas à la hauteur de l’évènement. Et cela c’est la faute, premièrement, à un manque de communication et de publicité, causé par un petit incident qui s’est produit malheureusement, dès le début du festival. Je passe avec tristesse sur cet  accroc qui a menacé les efforts des organisateurs et l’espoir qu’on avait mis de voir un tel festival à Montréal.

Cette petite équipe d’Eurofest en est à l’heure du bilan, mais ils élaborent déjà des projets pour la prochaine édition. Si tout va bien, ce qu’on leur souhaite, la deuxième édition aura comme invité un autre pays est européen, alors que la première édition avait comme invité la Roumanie. La générosité du projet se révèle surtout dans le fait que bien que l’initiative du festival émane d’une équipe roumaine, l’intérêt ne se porte pas uniquement sur ce pays.

Tout ce qu’on souhaite est que leur rêve continue et que tous ceux qui peuvent les aider le fassent avec la générosité que nécessite un projet d’une telle envergure.

Juin 2007

Calinic Toropu

Din seria Ilustrate cu chinezi

Cine il iubeste mai mult pe Basescu ?

Hop si eu…

Se vorbeste atat de mult si de multe in presa scrisa comunitara despre mitingurile pro-Basescu de la Montreal, incat ma simt dator sa intervin. Deci, hop si eu… 

Cele doua mitinguri organizate de partizani ai presedintelui roman au adus la suprafata, pe langa dragostea neconditionata (si lipsita de memorie) fata de acesta, pe langa determinarea extraordinara de a regla de la Montreal problemele Romaniei, animozitati vechi care sublinieaza odata in plus ce natia dracului suntem. Oriunde s-ar afla ea. 

Ceea ce s-ar dori un nou scandal in comunitatea romana din Montreal – fara mari sanse de reusita dat fiind faptul ca a inceput sezonul BBQ-urilor si al renovarilor reducand considerabil sentimentul de apartenenta comunitara – imi aminteste de o povestiora de clasa primara : doi nepotii isi palmuiesc bunicul pentru a-i dovedi cat de mult il iubesc. Drept este ca, daca in locul bunicului ar fi dl. Basescu, m-as baga si eu in joc sa-i arat cat de mult tin la el. Trasaturile-i de caracter care impresioneaza si fac deliciul romanului de pretutindeni ii sunt si mai bine puse in evidenta de comportamentul à la Vlad Tepes si impetuozitatea actiunilor sale. Sunt sigur ca realizarile recente (demolarea buticurilor bucurestene si linsarea cainilor lui BB) plus demistificarea celor de la inceputul anilor ’90, cand dl. Basescu era o personalitate marcanta a FSN si ministru al transporturilor, vor asigura vanzarea eventualului sau volum de memorii post prezidential. 

Whatever… Dl. Basescu nu ma intereseaza nici pentru motivele de mai sus si nici pentru ca este prieten apropiat cu G. Becali. Situatia domniei sale nu ma intereseaza pentru ca simt ca, in conditiile actuale ale Romaniei, nu pot sa-mi arog dreptul de a decide pentru cei care traiesc in tara : parintii mei, sora mea si cumnatul meu, toti cei de acolo sunt supusii sai si stiu mai bine ce fel de conducator au nevoie. De altfel, ei insisi nu cad de acord asupra celei mai bune solutii : mama voteaza pentru, tatal meu impotriva, orice ar fi insemnand « pentru » si « impotriva ». Cred ca ar fi arogant din partea mea, traind la Montreal, sa am pretentia ca stiu mai bine decat ei de ceea ce au nevoie.  

Mai mult, consider ca odata cu stabilirea in Canada, am pierdut dreptul moral de a ma implica in viata politica din tara. De asemenea, nici tatal, nici mama, nici socrul, nici restul familiei nu mi-au cerut sprijinul. Eu sunt supusul Reginei Elisabeta a II-a si imi consolidez statutul acesta votand pentru primul ministru al Canadei. E adevarat, votez si pentru cel al Quebec-ului, dar votul de aici este un al doilea vot pentru Canada.  

Este bine sau nu ce se intampla in Romania vizavi de relatia cu Europa ? Ne facem sau nu de ras in fata aceleiasi Europe ? Nu stiu. Romania trebuie sa tina cont atat de propriile-i interese, cat si de cele ale Europei. Europa are interesele ei si nu sunt prea sigur ca le are la suflet si pe cele ale Romaniei. Deocamdata. Intre timp, Romania trebuie sa mearga mai departe, asa cum crede ca este bine pentru ea.  

Revin la mitingurile de la Montreal. Pentru motivele de mai sus nu sunt emotionat de ce s-a intamplat aici. Cum nu as fi emotionat nici daca nu ar fi fost nimic. As fi apreciat insa mai mult situatia din urma, dar e treaba fiecaruia sa faca ce doreste in limitele bunei cuviinte, a legilor si atata timp cat altii nu sunt afectati sau inregimentati intr-o actiune pe care nu o aproba. Ce ma face sa zic ”hop si eu...”, sunt tocmai uitata buna cuviinta si inregimentarea nedorita. 

Din motive pentru care ma voi « autodenunta » intr-o alta ilustrata cu chinezi se face ca sunt membru al Asociatiei Scriitorilor Romani din Canada. Faptul in sine este extrem de onorant, cu toate ca nu am mari merite care sa-mi permita sa platesc cotizatia – conditie statutara pentru apartenanta la orice organizatie. Cert este ca, pana una alta, sunt un cotizant, deci am calitatea sa-mi exprim aprobarea sau dezacordul in raport cu actiunile Asociatiei. 

Plec de la ideea, poate naiva, ca o asociatie profesionala, a scriitorilor in cazul de fata, ar trebui sa fie neimplicata politic. Cred ca membrii ei au dreptul sa aiba optiuni politice, ca acestea pot sa fie diferite de ale celorlati colegi si ca si le pot exprima public. A se vedea in acest sens cel de-al treilea comandament al Statutului Asociatiei. Dar a aduce Asociatia intr-o activitate eminamente politica mi se pare ilogic chiar daca toti membri asociatiei, fara exceptie, ar avea aceeasi mancarime politica. Nu sunt de partea celor care contesta mitingul la care a participat ASRC, dar le apreciez delicatetea de a nu se razboi cu Asociatia, pozitionand disputa doar la nivel personal. Sunt de partea acelor membri ai ei care se simt jenati ca autoritatea lor morala a fost utilizata in scopuri care le sunt straine si care au fost tarati in scandal tocmai de cei care ar trebui sa-i protejeze. 

Este adevarat ca am fost invitati la acest miting in doua randuri. Este adevarat ca am fost invitati si la mitingul de a doua zi. Si intr-un caz si in altul am declinat participarea pe motivele enumerate mai sus. Ar fi fost onest si ca organizatorii, membri ASRC, sa fi participat in nume propriu. Din pacate nu s-a intamplat asa. Mai mult chiar, in valtoarea certurilor de maidan post-mitinguri, sub lozinca « cine il iubeste mai mult pe Basescu, eventual pana la uitarea de sine », imaginea ASRC se regaseste inca mai botita, iar autoritatea sa morala puternic deteriorata.  

Exista un remediu pentru situatia creata ? Scriitorii, cu o altfel de sensibilitate, ar fi tentati sa se retraga din Asociatie. Nu ar fi drept fata de nimeni : nici fata de ei insisi, nici fata de Asociatie si mai ales fata de publicul care (poate mai mult decat ei insisi !) ii percepe ca pe o elita. Si, ca un colateral dammage, o idee nobila si ASRC ca forma de materializare a ei vor fi ingropate pentru cine stie cat timp. 

Deoarece nu raman alte optiuni, se impune de la sine ca aceia care s-au folosit de prestigiul Asociatiei, stirbindu-i-l, sa se retraga intr-o perioada de meditatie (si din functiile care le-au fost incredintate) pentru a permite ASRC sa-si refaca energiile si sa redevina ce a fost si inca mai mult. Iar ca masura de urgenta, rediscutare si intelegerea propriului Statut sunt necesare. 

 

28-Mai-2007, Montreal

calinic.toropu@terranovamagazine.ca 

Juin 2007

Iulia-Anamaria Salagor

Des rythmes et des langues différents, la même passion  pour l’esprit est –européen!

Émouvant! Voila le mot qui peut décrire  le spectacle de musique  tenu ce 2 juin à Salle du Gesù dans le cadre du festival Eurofest. Des artistes  merveilleux, professionnels,  talentueux, sensibles et en même temps sensibles face à  une culture unique, celle de l’Europe de Est.  Pour cette édition du Festival, la Roumanie a été le pays invité. Ici, dans ce coin du monde, on trouve  un mélange unique d’esprit latin et slave, un peuple formé selon une recette balkanique incontournable, avec des ingrédients doux et amers à la fois.

Un peu d’histoire

Membre de l’OTAN depuis 2004 et de l’Union Européenne depuis le 1er janvier 2007, la Roumanie est bordée par la Hongrie, la Serbie, l’Ukraine, la Moldavie (ancien territoire roumain), la Bulgarie et la mer Noire. En 1877, la Roumanie a obtenu, par la force des armes, son indépendance de l’Empire Ottoman après des siècles des luttes parsemées de victoires et d’échecs. Le territoire de la Transylvanie et le Banat a été administré plus d’un siècle par l’Empire austro-hongrois. La Roumanie est devenue un seul pays en 1918 par l’union de toutes ses provinces (la Grande Roumanie). La deuxième guerre mondiale lui a fait perdre la moitié de son territoire, partiellement récupéré à la fin des hostilités. Le communisme, instauré après la deuxième guerre mondiale, avec le concours direct de l’Union Soviétique, a rendu possible la plus dure dictature de l’Europe de l’Est. Après 1990, la Roumanie a connu plusieurs convulsions dans sa lutte pour se séparer définitivement du système communiste qui l’a profondément marquée pendant un demi-siècle.

La Roumanie compte une population trois fois plus nombreuse que celle du Québec (environ 22 millions personnes), même si elle est sept fois plus petite  en superficie. Les minorités nationales de Roumanie sont nombreuses dans ce pays, ce qui en fait un véritable carrefour de cultures. D'après le recensement de 1992, les Roumains représentent 89,3% de la population totale, suivies par les minorités suivantes: Magyars (7,1%), Roms -Tsiganes  (1.8%), Allemands (0,5%), Ukrainiens, Turcs, Serbes, Tatars, Arméniens, Slovaques, Bulgares, Juifs, Russes, Macédo – Roumains, Tchèques, Croates, Polonais et Grecs.

Un peu de musique   

Le spectacle présenté  à la salle Gèsu le 2 juin 2007, a été rendu possible grâce aux efforts d’Otilia Tunaru, assistante à la programmation d’Eurofest. C’est elle qui a organisé cet évènement tel  un crescendo de rythmes et de forces humaines. Au début -  une musique lente, instrumentale, interprétée par deux personnes : ensuite - des chanteurs: à la fin - les artistes se retrouvent tous sur scène. 

Les premiers artistes invités sur scène font partis du groupe Vagues de soie. Cet ensemble d’exception a été créé par la flûtiste Terry Ellen Christophersen et le guitariste Mircea Trifan, mariant la flûte et la guitare électrique sur des arrangements de jazz, de musique classique, celtique et roumaine. La grande révélation de la soirée a été la manière avec laquelle ils ont interprété la célèbre chanson russe  « Ochi chernye» (Les Yeux Noirs) qui mélange d’une façon unique la passion et la mélancolie slaves de tous les temps. 

Arpa Planina, le deuxième groupe, a  eu comme invités  la formation traditionnelle bulgare Dragana, un mélange inédit entre la harpe de Susan Palmer, le tambour  de Douglas Newman et les voix de femmes du groupe à capella! J’ai lu dans le programme  le noms des artistes : Ingrid Birker, Béatrice Cale, Cathy Watt, Sylvia Rack, Josée Blanchet et Teresa Fedeli. Aucune résonance est -européen, aucune origine balkanique! Comment peut-on tomber amoureux d’une culture en étant aussi loin de ses racines? 

Raoul, un nom  déjà connu  au Québec, détenteur du prix Félix des Musique du Monde,   a enflammé la scène avec ses rythmes  et  sa joie de vivre. Raoul joue et propose un répertoire unique où les compositions originales de Denis Raoul Hébert côtoient  la musique klezmer des Juifs d’Europe de l’Est et les thèmes du folklore roumain, hongrois, bulgare et turc. 

Tsigane -une culture nomade qui transgresse les frontières. Un peuple étroitement lié à un esprit aventureux, des gens libérés des inhibitions dues aux frontières et à la géographie. Cet esthétique  a été reflétée par le groupe  Soleil Tzigane dont lamusique ressemble à la vie où chaque moment est unique, irremplaçable!  

Otilia Tunaru se rappelle avec humour : « C’était un peu difficile lors des répétitions… Les artistes du Soleil Tzigane étaient peu habitués avec la discipline d’un horaire… Pour eux, une improvisation musicale est impossible à mesurer en minutes! Mais à la fin tout le monde était content. Même les employés et les techniciens du théâtre du Gèsu présents aux répétitions  ont trouvé les  prestations d'une grande qualité. Nous avons reçu beaucoup de  félicitations de leur part. »  

Le festival et le spectacle se sont clôturés  par Sergiu Popa, ce virtuose roumain  de l’accordéon, qui a interprété,  à côté de tous les autres artistes présents, une composition spéciale nommée  « Eurofest ». À la fin, le public a écouté une chanson  roumaine bien aimée : « Ciocarlia » (L’Alouette), musique populaire roumaine souvent reprise par les musiciens tziganes, et qui a inspiré Goran Bregovic pour la musique du film Undergroud, d'Emir

Le public présent était visiblement conquis. À la fin du spectacle, debout, il a longuement ovationné les artistes et l’organisatrice. Un spectacle qui a réveillé des souvenirs profonds aux cœurs des immigrants est-européens, et a constitué  une grande découverte pour les Québécois !

Juin 2007

Iulia-Anamaria Salagor

Welcome to Canada ! Bienvenue à Montréal!

« Il n’y a pas de plus beau cadeau que le Québec puisse recevoir que les espoirs de quelqu’un venu d’ailleurs »- Jean Charest, le premier ministre du Québec

Les 28 et 29 mai  dernier, Vision Diversité a présenté  la première édition des « Rencontres Montréalaises de la Diversité ». Ce projet citoyen a comme objectif de faire de la diversité humaine, culturelle, intergénérationnelle autant de leviers pour le développement de la métropole nord-américaine.

Le 28 mai était consacré  aux souvenirs : 40 ans de vie commune après l’Exposition universelle de Montréal,  mieux connue sous le nom « Expo 67 ». Une veillée, à travers le conte, les images et les témoignages ainsi qu’un concert à la Salle Ludger-Duvernay du Monument National a souligné l’événement. L’ouverture sur le monde et l’importance accordée à la création sont profondément ancrées dans la tradition de cette salle. Pendant plus d’un siècle, elle a vu défiler les étoiles internationales des arts de la scène, les pionniers de la chanson, de la dramaturgie et du burlesque québécois  et a servi de tribune à de nombreux leaders sociaux et politiques. Situé en plein cœur du quartier des spectacles de Montréal, le Monument National est l’un des premiers immeubles multifonctionnels construits au Canada.

Les participants à ce projet ont pu découvrir et redécouvrir cette ville bilingue et multiculturelle, une ville que les quartiers, les rues, les odeurs transforment en un monde en miniature. Le Montréal asiatique réunit  les communautés chinoise, bengali,japonaise, cambodgienne, coréenne, pakistanaise, laotienne, philippinienne, sri-lankaise, tibétaine et vietnamienne. Il y a un Montréal noir dont le premier membre, Matthew da Costa, était interprète au service de Champlain en 1606 (selon le Guide du Montréal Ethnique par Barry Lazar et Tamsin Douglas). On peut parler d‘un Montréal grec, italien, juif et indien. Il y a aussi un Montréal latin qui réunit les communautés argentine, bolivienne, brésilienne, chilienne, mexicaine, salvadorienne, portugaise et espagnole. Montréal est aussi une ville attirante pour les immigrants du Moyen-Orient. Ceux qui ont reçu leur éducation dans les anciennes colonies françaises, notamment la Syrie, le Liban, l’Égypte,  le Maroc et la Tunisie, apprécient le fait de pouvoir vivre dans un milieu francophone. Le Montréal moyen-oriental compte aussi la communauté arménienne, iranienne, maghrébine, palestinienne et  turque. Environ un quart des Montréalais ont des ancêtres européens, sans tenir compte des Britanniques et des Français. Beaucoup de gens ont quitté  leur pays de l’Europe occidentale, comme l’Allemagne de l’Ouest, l’Italie ou la Hollande, pour immigrer au Canada vu les difficultés économiques de l’après-guerre. L’immigration a beaucoup diminué au cours des années soixante lorsque l’économie de ces pays s’est redressée. Depuis 1986, la plupart des immigrants établis à Montréal viennent de l’Europe de l’Est (Bulgares, Roumains, Hongrois, Estoniens, Lettons, Lituaniens, Serbes, Slovaques, Tchèques et Ukrainiens).

La matinée du  29 mai a été  consacrée à une séance de travail collective des divers foyers (Éducation, Affaires et Culture) pour une présentation des bilans de leurs travaux, après quatre mois de recherches. Dans l’après-midi, en présence des officiels et des médias, Aïda Kamar, présidente de  Vision Diversité, a présenté  la synthèse de ces travaux  et le grand public a été invité aux discussions sur la gestion de la Diversité. Le choix de la Diversité est un choix de société et Montréal est le creuset du développement de cette composante incontournable de l’identité québécoise.

« Innover et préserver » tel est le défi relevé par cet amoureux de Montréal  qu’est le grand architecte roumain Dan Hanganu, celui qui a projeté le Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal. Un projet de rencontre symbolique entre passé, présent et futur, un édifice ultramoderne bâti sur les pierres de fondation de l’ancienne Montréal.  

Bienvenue à  Montréal!  (www.visiondiversite.com)

Juin 2007

Iulia-Anamaria Salagor

Canada, 17 Iunie 2007  - Happy Father’s Day!

Nu sunt feminista, doar sufrageta. Nu pot sa pun semnul egal intre « femeie » si « barbat », ci doar sa sper ca, insumand calitati si defecte un cuplu poate fi minunat…Matriarhat? Patriarhat? Concediu maternal sau paternal? Sentiment matern si patern?

Imi amintesc de predica unui preot catolic, intr-o duminica din toamna lui 2005, la o biserica din cartierul Cote-des-Neiges (Montreal); Canada  devenise in acel an, in 20 iulie, a treia tara din lume  si prima din America, in care se autorizasera casatoriile intre parteneri de acelasi sex. Pastorul afirma ca nu putem mutila sufletul unui copil obligandu-l sa accepte renuntarea la cuvantul « mama » si inlocuirea lui cu un nume masculin. Sunt constienta ca efectele psihologice ale acestui act legislativ sunt complexe, iar dezbaterile interminabile…Totodata cred ca este dureros  si faptul de a accepta ca « tata » ramane o rubrica necompletata in certificatul de nastere. Familia  asa zisa « monoparentala » a devenit o realitate de necontestat. In 2001, Canada numara 1,3 milioane de familii monoparentale, majoritatea conduse de o femeie (81%). Frecventa acestui tip de familie a inregistrat o crestere semnificativa de 38% in ultimii 20 de ani.

In luna iunie, calendarul meu canadian indica pentru data de 17 o sarbatoare : Father’s Day (in traducere “Ziua Tatalui”). In traditia crestina catolica, aceasta sarbatoare este legata de Sfantul Iosif, celebrat in 19 martie.

In numarul din luna iunie a.c. al revistei americane Womens Health descopar rezultatele unei anchete pe tema “Who’s your daddy?”(Cine este taticul tau?) Iata ce spun si ce cred femeile din America: pentru 1 din 5 femei, primul cuvant rostit a fost « tata »; o femeie din trei si-a numit copilul dupa numele tatalui ei; 18% dintre femei isi doresc sa intilneasca  un partener exact ca tatal lor, iar 22% spun ca se simt mai apropiate  fata de tata decat fata de mama. In top-ul celor mai frumoase momente alaturi de tata, pe primul loc pentru femeia americana se afla drumul spre altar, in ziua nuntii ei. In 2006, suma cheltuita pentru cadoul de Ziua Tatalui a fost in medie de 88,8 USD, fata de o medie de 122,16 USD pentru Ziua Mamei. Cel mai frecvent cadou pentru Ziua Tatalui ramane cravata, chiar daca 30% dintre tati o considera cea mai nepotrivita alegere. Sunt la 7308 km distanta (distanta geografica Montreal-Bucuresti) de tata. La capatul celalalt al firului inca ma poate auzi : « Te iubesc, Tata! ».

Juin 2007

Iulia-Anamaria Salagor

Un francez la Montréal

La una din sesiunile de informare oferita de Oficiul fortelor de munca (Emploi Quebec) ni s-a explicat printre altele si importanta voluntariatului. Noii veniti ca mine au luat nota ca, pentru a dobandi experienta de munca in Canada, un imigrant poate incepe ca benevol (voluntar) intr-o intreprindere unde, daca este remarcat, poate aspira chiar la obtinerei statutului de « angajat ». Imi amintesc si acum de faptul ca la acea data nu mi-am putut stapini zambetul : daca ar fi sa iau in calcul salariul, toata experienta mea de munca din Romania, anterioara emigrarii, poate fi inclusa la categoria “munca voluntara”….

In calitate de benevol pentru prima editie a Festivalului Eurofest, gazduiesc in apartamentul meu 3 ½ (adica cedez salonul musafirului) un francez (venit tocmai de la Lyon), benevol si el (benevol international !) pentru acelasi mai sus amintit festival. Timp de 14 zile, ma bucur impreuna cu sotul meu de prezenta musafirului nostru european. Mama se impacienteza de la Bucuresti : «  Ai sa reusesti sa pui masa pentru 2 barbati? », iar bunica incuviinteaza, amintindu-si cu incantare : « Bine faci , mama! Strainul trebuie omenit! Eu am gazduit niste francezi pe vremea comunistilor. Primarul a venit si-a zis ca n-am voie, dar cum sa lasi oamenii fara adapost si nemancati? Erau studenti in vacanta si venisera la noi in tara sa vada muntii Apuseni…. ». Eram de acord cu bunica. De altfel si pe mine ma gazduisera altii in timpul pelerinajelor mele prin Europa Occidenatala. Dar asta-i alta poveste…

Revenind la prietenul nostru francez, aflat in vacanta (de fapt prima parte a unui concediu de functionar public de 8 saptamani), prima escala pe taram canadian fusese la cascada Niagara : « Impresionata, dar mult prea « comerciala », ne marturiseste el. Apoi prima iesire la Montreal : Vieux Port. Francezul nostru e incantat de atmosfera si de faptul ca poate sa urce pe puntea vasului « Sedna IV »,  ancorat in port (proaspat intors din Antarctica si transformat in muzeu).Aflu cu aceasta ocazie ca invitatul nostru fusese in Groenlanda (tot cu un « santier international », asa cum numea el activitatile la care participa in calitate de membru al asociatiei de benevoli).

Pregatirile pentru sarbatoarea spiritului est-european sunt in toi : trimiterea invitatiilor, distribuirea afiselor, amenajarea standului la Cinema du Parc  etc. Prietenul nostru francez este calm si nu-si modifica in nici un fel tabieturile : programul de lucru incepe la ora 9 (cu o discutie pana spre  ora 10), masa de pranz dureaza o ora si jumatate si trebuie servita pana in ora 13. Imi spune de la inceput ca nu e pretentios la mancare, ci chiar dispus sa incerce « bucataria romaneasca ». Ma conformez : sarmale, mamaliguta cu branza si smantana, pilaf cu pipote de pui, ciuperci umplute, friptura de porc, salata de vinete, mititei si cozonac (cel mai bun cozonac romanesc din Montreal, pe care l-am gasit la magazinul Bourret, sponsor al festivalului). Adaug meniului si preparate cu accent quebecois : somon cu cartofi natur si inghetata cu sirop de artar. Spre uimirea sotului meu, amicul nostru refuza orice bautura alcoolica, preferand doar ceaiul verde, socata « Perla Harghitei » si apa minerala « Borsec ».

Gala de deschidere Eurofest prilejuieste intilniri la varf cu personalitati ale comunitatilor  est-europene. Artistii fotografi sunt prezenti pentru vernisajul expozitiei Interferente montrealeze- periplu vizual intre tarile est-europene de origine si tara de adoptie. Prezentatorii festivalului - doi tineri inspirat alesi - subliniaza ideea de multiculturalitate a metropolei canadiene : Ludovic Moulin, un violonist quebecois si Paula Duca, o tanara soprana de origine romana.

Seara de 30 mai este o seara de neuitat pentru noi : actorul Stefan Iordache este prezent in sala! Impreuna cu regizorul Serban Marinescu si Doina Bostan, directoarea Centrului National de Cinematografie, maestrul isi prezinta filmele « Cel mai iubit dintre pamanteni » si « Ticalosii ». Trebuie sa-i traduc in franceza prietenului nostru, deoarece artistii nostri se adreseaza publicului in limba romana. Musafirul nostru lyonez este extrem de impresionat de prezenta in sala a ambasadorului Romaniei in Canada si a consulului Romaniei la Montreal. Trebuie sa recunosc ca Excelenta sa doamna Elena  Sava Stefoi a avut un discurs emotionant in franceza. De altfel, invitatii de la Bucuresti au aflat  la Montréal vestea cea mare a catigarii marelui premiu Palm d’Or de catre romanul Cristi Mungiu. 

Ziua de 1 iunie a fost deosebita pentru amicul nostru francez : descoperirea muzicii est-europene in cadrul primului spectacolului din cadrul Festivalului, de la sala Gesu. Ansamblul Sergiu Popa, Anuca Dragan si George Paul Meiu, grupurile Carpathia si Kletzory s-au aflat pe afis. « A muncit mult Otilia la repetitii! Dar artistii au fost cu totii multumiti si au devenit prieteni intre ei » ne marturiseste el in discutia obisnuita de dupa cina.

La capatul celor doua saptamini de sejour la Montréal, prietenul nostru francez ne multumeste pentru gazduire si adauga in bagaj cateva cuvinte : mamaliga, mititei, cozonac, la revedere!

Juin 2007

Iulia-Anamaria Salagor

Le Festival international de Jazz de Montréal: 500 spectacles, 3000 musiciens, 30 pays!

À Montréal, les festivals génèrent des retombées économiques qui vont jusqu'à 200 M$ alors que le nombre d'emplois créés touche les 12 000. Tous ces événements ont fait de Montréal la « ville des festivals ».

Du 28 juin au 8 juillet prochain,  Montréal sera envahi de rythmes divers, pour tous les goûts (de la douceur du Cap-Vert à la musique afro-américaine) et pour toutes les poches (350 concerts gratuits). Pour sa 28e édition, les organisateurs du  Festival International de Jazz vous réservent de grandes surprises; un mélange explosif de genres musicaux; un nouveau site; de nouvelles voies d’accès aux sites;  des artistes très connus tels que Bob Dylan, Cesaria Evora,  Angelique Kidjo, Keith Jarrett, Van Morrison, Manu Chao, Zachary Richard, Joshua Redman ou Francis Cabrel ainsi que de moins connus. Pour plus de détails, visitez le site officiel du Festival www.montrealjazzfest.com.

Le 5 juin, une conférence de presse s’est tenue à la salle du Spectrum  pour dévoiler la programmation du volet extérieur gratuit. À l’entrée, les organisateurs ont prévu des stands avec des instruments musicaux et des affiches avec des invitations telles que: « Apprenez la guitare / le saxophone/ l’harmonique  en une heure »! Voilà un événement à ne pas manquer : la 3e édition du SIMMM, le Salon des instruments de musique et des musiciens de Montréal. Avec ses activités interactives gratuites pour tous pendant 11 jours, le SIMMM, présenté par General Motors du Canada sera le lieu de rencontre des amateurs avec des musiciens et des artisans de renom (détails sur simmm.ca). Pour les amateurs de guitare, le SIMMM présente au Hyatt Regency Montréal, du 6 au 8 juillet prochain, le 1er Salon de Guitare de Montréal avec des ateliers sur tout ce qui concerne la guitare, de l’abc de la lutherie à la meilleure façon de choisir un instrument (voir    salondeguitaredemontreal.com).

Pour la conférence de presse, le Spectrum a été aménagé  telle une rue parsemée de terrasses, avec des tables couvertes de napperons en forme d’ailes de papillons. Présent sur l’affiche du festival de cette année, affiche signée par Yves Archambault, le papillon symbolise la communication musicale vue comme un « lien vital » entre tous les musiciens d’une côté, ainsi qu’entre les musiciens et le public de l’autre côté.

Alain Simard, président fondateur du Festival, souligne le bilan  économique du Festival: «  Depuis 27 ans, 30 millions de spectateurs sont passés sur ces sites, dont plus de 5 millions représentant des entrées touristiques, car des visiteurs étrangers sont venus spécialement à Montréal pour assister à cet événement. »

Pour son financement, il faut savoir que le festival reçoit de la part du gouvernement seulement 12,8% de son budget alors que l'apport des grands commanditaires s'élève à 46% du budget. Alcan inc. a annoncé son intention de commanditer le festival sur une durée de quatre ans avec des sommes qui touchent 6 M$, confirmant ainsi son rôle de coprésentateur (avec General Motors du Canada) du Festival jusqu’en 2010. Dès le 18 juin, sur www.bell.ca/jazz, les festivaliers auront accès à un tout nouvel outil leur permettant de découvrir les artistes en vedette sur les scènes du Festival.

Profitez donc de la musique et de l’été. Bon festival!

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

annuaire