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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 33 • Montréal • 15.05.2007 |
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«C’est dans une école du Québec, qu’elle a fait ses premiers pas dans le monde de la musique … » Interview avec Anic Proulx « La femme au cœur d’escargot », son prochain spectacle par Luz Garcia de Zielinski Par une belle journée du début de printemps, je suis allée rencontrer, dans un petit café pittoresque pas loin de la Maison de la culture du Frontenac à Montréal, l’auteure-compositrice et interprète Anic Proulx, pour parler de son parcours musical et de son prochain spectacle. Les textes d’Anic Proulx sont remplis de « petites séquences de la vie » et ils sont d’une grande profondeur. Des connaisseurs disent que sa voix et ses paroles sont d’une douceur à couper le souffle. Ils disent aussi que sa voix est suave, sensible et puissante à la fois et ils ajoutent : « Elle a une présence de scène chaleureuse et envoûtante. Elle chante la passion, l’espoir, la liberté, l’amour et à travers ses chansons, elle nous emmène à son monde!». Elle n’hésite pas à nous dire qu’elle puise son inspiration chez les chanteuses comme Lynda Lemay, Barbra Streisand ou Carla Bruni. Quelques jours avant son prochain spectacle, je suis allée la rencontrer pour apprendre plus sur son parcours et ses projets. Luz : Depuis quand saviez-vous que vous allez être musicienne, auteure et compositrice ? Anic P.: J’avais environ 4 ans quand je disais à ma mère que je voulais jouer de la musique et chanter. J’apercevais des sons que les autres n’entendaient pas…J’avais l’ouïe plus développé que la moyenne, sans doute. L. : Etiez-vous inspirée par quelqu’un de proche? A.P. : Non, pas tellement ni par ma famille, ni par mon entourage mais plutôt par les chanteurs et les chanteuses comme Whitney Houston, Barbara Streisand - des chanteuses dites « à voix ». C’était en les écoutant que je me suis dit : « Un jour je vais faire ça ». Mon copain m’encourage beaucoup et m’a toujours encouragée. Actuellement, j’ai mon propre répertoire, j’écris mes propres chansons et j’ai réussi à créer mon propre univers. J’ai travaillé avec différents auteurs/compositeurs québécois dont Luc Grand Maison, Christophe Condello, Lise Gaudreau et certains Européens comme : Jean-Michel Bartnicki, Laurent-Maurice-Pierre, Franck Laisné et je vais peut-être créer un album avec certains d’entre eux. Pour la deuxième partie de cette année 2007, je prévois des projets, des albums ici et ailleurs. L. : Avez-vous suivi des cours de chants ou de musique? A.P. : Oui, dès l'âge de 4 ans, j’ai suivi des cours de flûte à bec, de clavier, de flûte traversière et de théâtre dans des écoles populaires ou dans des cours privés. J’ai pris également des cours de chant pendant 2 ou 3 ans, une fois par semaine environ. Plus tard, j’ai travaillé ma voix avec, entre autres, Laure Fugère, entraîneuse vocale pour le Cirque du Soleil. Sans vouloir entrer trop dans les explications sur la technique vocale, j’ai exploré avec elle l’aspect vibratoire de la voix, autant dans les graves que les aiguës. L. : Quel est votre style et votre musique préférée? A.P. : Je peux dire que c’est la musique populaire française. Comme je l’ai mentionné précédemment, j’aime des chansons à voix et à texte travaillé. Je préfère la musique en français puisque je la trouve plus poétique qu’en anglais. L. : Aimez-vous donner des spectacles ? A.P . : En fait, j’adore le sentiment d’avoir le trac. J’ai commencé il y a quelques années dans des écoles et dans diverses salles du Québec dont le Lion d’or, le Studio-Théâtre de la Place des Arts à Montréal, L’intendant à Québec, Pub St-Georges à Drummondville, au Spectateur, au Cabaret Piano Bar et dans des cafés, des restos et même dans des fêtes d’amis, etc. Maintenant, je me produis moi-même. L : Justement, quand avez-vous commencé à vous produire et pourquoi? A.P. : Depuis environ deux ans et j’ai fais tout de A à Z. En commençant par contacter les endroits, les musiciens qui m’accompagnent, etc. Pourquoi? Puisque ça laisse place à la créativité. Je suis moins nerveuse à l'idée de faire des spectacles que lorsque je fais des concours, par exemple. Charles Aznavour disait qu'il avait cessé d'avoir le trac lorsqu'il a commencé à monter ses propres shows. Quand on veut être sur scène, il faut savoir contrôler sa nervosité. Avec le temps, je suis devenue productrice de mon propre spectacle. « Papillon » a été le premier que j’ai produit et c’était en 2005 au studio-théâtre de la Place des Arts. Pour moi, le symbole de papillon est très important puisque je veux démontrer que nous pouvons partir comme la chenille. Elle représente le processus qu’ont suivi quelques personnes qui essaient de réussir dans ce milieu. On commence, comme cet insecte, tout petit pour se transformer dans un beau papillon par la suite. C’est une profession hermétique et difficile. Il faut persévérer et à un moment donné on va finir par réussir.
L. : Avez-vous enregistré des disques? A.P. : Oui, j’ai déjà fait quelques démos, ceux que j’ai enregistrés lors de mes spectacles. J’aimerais lancer bientôt un album. L. : Qu’est-ce qu’il vous faut pour enregistrer cet album? A.P. : Je vais demander une subvention et si je l’obtienne, je pourrai le préparer à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine. L. : Est-ce que vous composez votre propre musique? A.P. : Oui, la musique et les textes aussi. Avant, je me limitais à la musique uniquement, puis j’ai compris que les textes font fait partie de tout au même titre que la mélodie. L. : Aimez -vous jouer et être accompagnée par d’autres musiciens? A.P. : Oui, à chaque spectacle je viens avec un, deux, trois, quatre musiciens selon le programme de la soirée. L. : Vous-êtes vous produite aussi bien à Montréal qu’à l’extérieur? A.P . : Oui, à la Maison de la Culture Mercier, à Place des Arts, au Centre Culturel Calixa Lavalée, au Bistro, au Petit Medley, au Rouge et Noir, au Bistro in Vivo, et à la ville de Québec à l’Intendant, etc.. L. : Avez-vous participé aux concours? A.P.: Oui, le mois de mai 2005 à « Ma première Place des Arts » où j’ai atteint la demi-finale dans la catégorie "interprétation". Suite à cette participation, j’ai eu l’envie de me produire moi-même et c’est là que tout à commencé. J’ai eu mon premier spectacle à la Place des Arts en juin 2005, après en janvier 2006 et ensuite en octobre 2006. L. : Parlez-nous de vos textes, selon plusieurs critiques on sent beaucoup de vécu, de maturité et une grande sensibilité? A.P. : Oui, ils parlent de la vie, par exemple, comment dans l’un de mes textes : "Mon cœur est un escargot ". Il me faut de temps pour m’ouvrir comme l’escargot. Ou comme dans le texte « chanter », je veux dire et partager à quel point je me sens vivante. L. : D’une manière ou d’une autre est-ce que la musique vous a aidé dans votre vie? A.P. : Oui, à tous les niveaux! Mais c’est à l’adolescence que j’ai eu des problèmes alimentaires et qu’à travers de la musique j’ai réussi à les surpasser. L. : Donnez-vous des cours? A.P. : Oui, je donne de cours de chant aux enfants d’une façon non traditionnelle. Je suis une artiste dans l'âme et j’aime vivre à travers la musique dès ma plus tendre enfance. J’ai la conviction que l’art et surtout la musique est une thérapie. J’ai une approche d’enseignement focalisée, entre autres, sur la respiration pour entrer en communion avec soi-même. C’est la base et le but est d’attendre l’extase « nirvanique » comme dans la méditation. Mon enseignement est non-conventionnel et très audacieux et tout à fait différent des professeurs classiques. La voix doit être libre, il faut que le corps entier chante. Il faut se connecter avec ses émotions et son énergie pour réussir une bonne présentation. Je donne des cours privés chez moi et à l’extérieur de Montréal aussi. J’ai offert des ateliers et de cours de musique aux enfants dans certaines écoles, mais malheureusement à cause des coupures budgétaires, j’ai d[u remettre pour plus tard ces cours. Je me sens privilégiée de pouvoir partager et d’enseigner aux enfants cette passion pour le chant, pour la musique et pour l’art en général. Je pense que l’art et surtout la musique est une façon différente de vivre, c’est une philosophie. Tout ça apporte de l’espoir, de la joie, de la foi dans la vie de chaque personne! Surtout à ce jeune âge, l’important est de capter leur attention et dès qu’ils sentent cette liberté d’expression ils ont plus de confiance en eux. L. : Est-ce vrai que vous avez un public qui traverse l’Atlantique? A.P. : Oui, à travers l’internet ma musique voyage et j’ai un groupe d’admirateurs européens qui sont en contact avec moi et qui m’encouragent à continuer. C’est flattant! J’ai crée des échanges avec d’autres musiciens et j’ai des projets dans l’avenir en Europe. L. : Voulez-vous transmettre quelque chose d’autre à nos lectrices et à nos lecteurs? A.P. : Oui, de venir me voir à mon prochain spectacle le 17 mai à 20h au Centre Multifonctionnel de Boucherville au 1075, rue Lionel-Daunais. Pour celles et ceux qui ne peuvent pas venir me voir, ils peuvent consulter « myspace.com » en tout temps. Si vous aimez l’art, peu importe sous quelle forme, il faut continuer avec votre passion! Photos d’Anic Proulx
Centre Leonardo Da Vinci Entretien avec Gian Carlo Biferali – Directeur des activités culturelles et des congres Par Iulia – Anamaria Salagor Au troisième étage du 8370 boulevard Lacordaire à Saint-Léonard se trouvent les bureaux administratifs du Centre Leonardo da Vinci. Je suis dans le cabinet du président du conseil d’administration de l’Orchestre Symphonique Leonardo da Vinci, qui est également directeur des activités culturelles et des congrès. Mon attention est attirée par les photos qui trônent sur le grand bureau et par les tableaux qui tapissent les murs. Toutes les images sont encadrées de façon très élégante. On sent bien que le propriétaire prend un soin particulier pour protéger le sourire de ses petits-enfants et le travail des artistes-peintres. M. Biferali parle avec beaucoup d’enthousiasme et je sens dans la tonalité de sa voix une grande fierté. C’est la fierté d’un homme qui, grâce à sa persévérance, sa ténacité, et sa curiosité intellectuelle, a réussi à s’imposer dans un milieu assez exclusif comme celui du milieu culturel… C’est la fierté d’un homme qui a eu la force de suivre son rêve jusqu’au bout. M. Biferali a atteint son but et il a institué sa propre compagnie, Biferali Fine Arts! Avec l’aide de ses collaborateurs, en tant que directeur culturel du Centre Leonardo da Vinci, M. Biferali a mis en place plusieurs projets artistiques : l’Orchestre Symphonique Leonardo da Vinci, le Théâtre permanent Leonardo da Vinci et une saison régulière d’expositions dans la galerie d’art. D’autres activités culturelles complètent aussi la vie artistique du centre. Un italien à Montréal Né en Italie, dans une ville à 40 km de Rome, Gian Carlo Biferali est le cadet d’une famille qui a connu les horreurs de la Deuxième Guerre mondiale. Son père a passé 18 ans dans l’armée, dont 5 ans comme prisonnier en Écosse. Sa mère a dû élever seule son premier fils, sans aucune nouvelle de son mari pendant 7 ans. Elle était une femme forte, mais très douce avec ses enfants. Les enfants ont toujours eu peur de leur père, mais ils avaient beaucoup de complicité avec leur mère, qui était aussi une artiste en cuisine. Après son retour en Italie, le père devient maître d’hôtel. Son deuxième fils, Gian Carlo se rappelle : « Il a ouvert et fermé plusieurs restaurants et à la fin il a géré son propre hôtel avec onze chambres. Il avait certainement l’esprit d’entrepreneur… Moi, j’étais toujours obligé de l’aider. Tous mes amis s’amusaient pendant le week-end, et moi je devais tout le temps travailler au restaurant ou à l’hôtel. Comme je ne voulais pas faire ça, je suis donc parti au Canada! » Il avait seulement 19 ans, mais rien ne pouvait le convaincre de changer d’idée. Le voyage au Canada était perçu comme une alternative à la vie dans un petit hôtel en Italie. L’aventure et l’amour sont beaucoup plus puissants : arrivé à Montréal il devient très vite père et chef de famille. Ayant à son tour un fils, Gian Carlo Biferali s’est vu dans la situation de gagner sa vie pour sa nouvelle famille. Maintenant son futur est ici. « Self-made man » Le début comme immigrant était dur pour Biferali. Même s’il avait des connaissances en comptabilité acquises en Italie, le principal problème restait la difficulté de communiquer dans une autre langue. Il était urgent de gagner de l’argent pour subvenir aux besoins de sa famille. Il ne pouvait pas retourner à l’école. Il a commencé à travailler pour une compagnie d’encadrement. Mais sa curiosité et son ouverture d’esprit l’ont amené à découvrir petit à petit les objets encadrés, des tableaux divers, et en même temps sa passion pour la peinture. Autodidacte, il a commencé à lire des livres d’arts et à apprendre la technique de la sculpture. Toujours assez belle, la vie n’était facile! Pour réussir à payer les factures, le jeune homme a dû travailler les fins de semaine comme garçon de table après les heures de travail dans la firme d’encadrement! Il est devenu directeur dans un centre de décoration intérieure et en 1970, il a commencé à travailler pour « Paragraphe », une compagnie qui importait des œuvres d’art sur papier (lithographies, gravures). Il y est resté dix ans, occupant plusieurs postes, le dernier comme vice-président. En 2000, sans aucun diplôme, mais avec une expérience pratique d’une vingtaine d’années dans le milieu artistique montréalais, il a suivi, pour son plaisir, des cours en histoire de l’art à l’UQAM et à l’Université de Montréal. Aujourd’hui, Gian Carlo Biferali se définit comme un passionné de la restauration d’anciens encadrements. 1980 : La grande rencontre « Il était un maître pour moi! Une personne très ouverte qui a montré aux gens l’art de devenir marchand d’art… Il est né en Allemagne, à Munich, son père était un de plus réputés propriétaires de galeries d’art à Düsseldorf. L’art et le commerce de l’art étaient une tradition dans la famille Stern… Max Stern détenait un doctorat en histoire de l’art et il a été obligé d’immigrer au Canada. Il s'établit à Montréal au début de la guerre, en 1941. Grâce à sa formation académique et à son expérience comme art dealer, Max Stern a été nommé en décembre 1941 directeur de la Galerie Dominion, situé au 1448 de la rue Sainte-Catherine Ouest. En 1947, avec sa femme ils deviennent les propriétaires de la galerie…Stern joua un rôle majeur dans la promotion des artistes canadiens tels que Borduas, Carr, Riopelle, Pellan, à une époque conservatrice où ils n’y avaient ni marché, ni lieu d'exposition… » Max Stern a joué un rôle important dans la vie de Gian Carlo Biferali. L’évocation de « son maître » ne se fait pas sans une visible émotion et avec beaucoup de nostalgie. On décèle un profond respect et même une timidité de l’élève face à la mémoire de ce grand professeur… « J’ai travaillé à la Galerie Dominion pendant 20 ans…J’ai commencé dans l’atelier préparant les œuvres pour le transport, après j’ai fait la préparation des caisses pour l’exportation et l’inventaire de la galerie. Après la mort de M. Stern en 1987, je me suis occupé d’une partie de ses affaires comme les acquisitions, l’ évaluation des œuvres d’art et j’ai été aussi commissaire pour plusieurs expositions Conformément aux dernières volontés du Dr Stern, l'inventaire de quelque 2000 oeuvres de la galerie a été liquidé au profit de trois universités : McGill, Concordia et l'Université hébraïque de Jérusalem. Les liquidateurs de sa succession ont créé The Max and Iris Stern Museums Legacy Program, administré par l'université Concordia, une fondation chargée de coordonner les multiples expositions et événements commémoratifs dédiés à la personne du Max Stern. » Gian Carlo Biferali a compris que la vie doit continuer après la mort de son maître et il a décidé de mettre en pratique tout ce qu’il avait appris pendant son expérience chez Dominion. En plus, il a profité de la grande opportunité d’acheter des tableaux appartenant à la galerie. Son avantage était de connaître l’œuvre, donc aucun risque de falsification et de pouvoir choisir des tableaux qui lui plaisent toujours. Il a pu acheter des tableaux à un prix abordable, parfois en ayant une relation spéciale avec le peintre. Voulant connaître les critères dictant l’acquisition d’une œuvre d’art, le réponse de Gian Carlo Biferali m’a étonnée : C’est difficile à dire… quand tu aimes un tableau, il faut l’acheter… on ne se pose pas de questions pourquoi… » .J’ai compris le côté affectif de cette affaire, mais toujours il faut être prêt à saisir les opportunités qui s’offrent sur le marché. M. Biferali s’est préparé à la fermeture de la galerie, enregistrant en 1995 sa propre compagnie : Biferali Fine Arts. Les activités proprement dites ont commencé en 2001 avec le premier tableau vendu : Teodor Ribeaud - date d’acquisition : le 3 novembre 2000; prix d’acquisition : 2800$ ; date de vente : 13 avril 2001; prix de vente : 4000$. M. Biferali garde en mémoire dans son ordinateur toutes les informations sur ses transactions, tous les détails, tous les chiffres, tous les souvenirs rattachés à une oeuvre…, j’ai pu admirer dans son bureau toute sa collection privée. 2002 : Un nouveau défi Même si l’activité dans sa propre compagnie se déroule assez bien, Gian Carlo Biferali ressentait l’absence de contacts humains. « Dans cette période-là, je travaillais seul, à la maison, dans mon bureau en face d’une ordinateur. Je trouvais des clients sur Internet, je faisais la présentation d’ une œuvre via le courriel, la transaction en ligne… le contact humain me manquait beaucoup et quand Luigi Liberatore (ancien client de la Galerie Dominion) m’a proposé de collaborer avec le Centre, j’ai dit oui tout suite… J’ai pris en charge le côté culturel du Centre Leonardo da Vinci comme bénévole; c’était un nouveau défi même si la construction n’était pas terminée et qu’il y avait beaucoup de poussière… » Gian Carlo Biferali se souvient des premiers jours au centre : « Le directeur général M. De Rose m’a donné un petit bureau… j’ai fait le tour de l’édifice parce que c’est une grande construction avec des espaces labyrinthiques; le personnel était très réduit, j’ai rencontré la secrétaire et le directeur de la logistique et j’ai reçu les premiers appels téléphoniques. J’ai transpiré un peu quand les gens m’ont posé des questions auxquelles je ne connaissais pas très bien les réponses…. Premièrement, j’ai établi une liste de prix pour louer les espaces… et après nous avons commencé à penser à des productions. » Les premières personnes qui sont entrées dans le bureau du nouveau directeur du département culturel du Centre ont été des gens qui travaillaient dans le domaine théâtral et qui lui ont proposé de réaliser une production théâtrale. Même si au début l’idée était de commencer avec une galerie d’art, grâce à son expérience, Gian Carlo Biferali s’est laissé séduire par l’idée d’un théâtre permanent. À l’âge de 16-17 ans, il avait joué dans son village natal dans plusieurs spectacles comme amateur et il a continué de jouer à Montréal dans de petits spectacles en langue italienne. Gian Carlo Biferali a été aussi le seul comédien amateur a joué, en anglais, dans le spectacle : « Love Pizza- An extra large romantic comedy ». Une vraie performance, selon lui, parce qu’il a réussi à apprendre le scénario en seulement deux semaines. La pièce écrite par la dramaturge montréalaise Susan Fuda a connu un grand succès lors des représentations au Centre Leonardo da Vinci. L’année dernière, plus de 1000 personnes applaudirent fortement la production Valkyrie Live Events les 21 et 22 mai. Le temps passe très, très vite quand on se trouve en la compagnie d’une personne qui gère de nombreux projets et qui ne cesse pas de découvrir et d’apprendre chaque jour « le commerce de la culture ». Je vous invite à visiter ce centre. Photo: Gian Carlo Biferali
Interview with Professor Aurelian Craiutu by Rhea Cristina “I see my research on François Guizot, Alexis de Tocqueville and other French thinkers as part of the rediscovery of the richness of nineteenth-century French liberalism in the Anglo-American academic world” Aurelian Craiutu is Assistant Professor in the Department of Political Science at Indiana University, Bloomington. He received a Ph.D. in Political Science from Princeton University in 1999 and taught at Duke University and University of Northern Iowa prior to joining Indiana University in 2001 where is also affiliated with the Russian and East European Institute, The WEST European Studies Institute, and the Workshop in Political Theory and Policy Analysis. His research interests include French political and social thought (Montesquieu, Tocqueville, Constant, Madame de Staël, Guizot, Raymond Aron), varieties of liberalism and conservatism, democratic theory as well as theories of transition to democracy and democratic consolidation in Eastern Europe. Professor Craiutu held a Fulbright Scholarship at the University of Tennessee, Knoxville (1993-1994) and pursued post-graduate studies in the history of economic thought at the University of Rennes, I, France (1990-1991) where he wrote a thesis on the political and economic thought of the German economist Wilhelm Röpke, one of the main architects of the German social market economy. Craiutu’s The Difficult Apprenticeship of Liberty: Reflections on the Political Thought of the French Doctrinaires won the 2000 American Political Science Association’s Leo Strauss Award for the best doctoral dissertation in the field of political theory. A revised version of this work, under the title Liberalism under Siege: The Political Thought of the French Doctrinaires, was published by Lexington Books, an imprint of Rowman & Littlefield, and subsequently won a 2004 CHOICE Outstanding Academic Title Award. A French revised and enlarged edition of this book has just been published under the title Le centre introuvable: la pensée politique des doctrinaires sous la Restauration at Editions Plon in its collection Commentaire. Dr. Craiutu also edited Guizot’s History of the Origins of Representative Government in Europe (Liberty Fund, 2002) and published Elogiul libertatii [In Praise of Liberty: Essays in Political Philosophy, 1998, in Romanian). His most recent Romanian book, Elogiul moderatiei [In Praise of Moderation] was published by Polirom in June 2006. Craiutu’s articles and reviews were published in American Political Science Review, The Review of Politics, History of Political Thought, Political Theory, European Journal of Political Theory, Review of Politics, History of European Ideas, Ethics, Rhetoric & Public Affairs, Government & Opposition, Critical Review, and East European Constitutional Review. Aurelian Craiutu co-edited a book of essays on the writings of the leading Romanian philosopher Mihai Sora, entitled Dialog si libertate: Eseuri în onoarea lui Mihai Sora (Dialogue and Liberty: Essays in Honor of Mihai Sora, Bucharest: Nemira, 1997; in Romanian). Professor Craiutu also translated into Romanian Edmund Husserl’s Cartesian Meditations (Bucharest: Humanitas, 1994) as well as Gustave Thibon’s Conversations with Christian Chabanis (Bucharest: Anastasia, 1997) and Gabriel Marcel’s Conversations with Pierre Boutang (Bucharest: Anastasia, 1996). Dr. Craiutu also serves as Associate Editor of the European Journal of Political Theory published by Sage. He is the recipient of a Student Choice Award (on the basis of “excellent teaching and general rapport with students”) and an Outstanding Junior Faculty Award that recognizes the achievements of junior faculty who have committed themselves to the teaching and service missions of the University while also developing nationally recognized programs in research and creative activity. Professor Craiutu is currently working on a book on political moderation entitled Faces of Moderation exploring various aspects of moderation in modern political thought. He is also translating and editing (with Jeremy Jennings) a volume of Tocqueville’s writings, Letters and other Writings: Tocqueville after 1840 (forthcoming with Cambridge University Press) and is co-editing (with Jeffrey C. Isaac) a volume entitled America through European Eyes (forthcoming with Penn State University Press). Rhea Cristina: Who are you, Professor Craiutu, and what are your important professional areas? Aurelian Craiutu: I am a historically-minded political theorist who works at the intersection between modern and contemporary political thought, and is interested in the evolution and future of liberal democracy. The substantive areas in which I pursue research and teach are the historical development of liberal–democratic ideas and principles, and the complex interaction between liberalism, democracy, and its critics. As such, my research and teaching are intimately related to each other and have significant cross-disciplinary dimensions. They explore: the evolution of liberal democracy and the main values of a free and open society; the intellectual underpinnings and the context in which liberal-democratic ideas emerged in modern Europe: the relationship between democracy and representative government with special emphasis on theories of representation, sovereignty, liberalism and the role of the state: the contemporary relevance of nineteenth-century visions of democracy and representative government. Rh.C.: Please, tell me something about your international recognitions abroad. A.C.: At IU, I have been affiliated with the Russian and East European Institute, the WEST European Studies Institute, and the Workshop in Political Theory and Policy Analysis. I received a Student Choice Teaching Award (2004) and an Outstanding Junior Faculty Award (2005). The latter recognizes the achievements of junior faculty who have committed themselves to teaching and service missions of the university while also developing nationally recognized programs in research/creative activity. Rh.C.: How many books and research articles have you already published? A.C.: I published four books in three languages (English, French, and Romanian), two edited books (in English and Romanian), fourteen articles in peer-referred journals, ten books chapters (in both English and Romanian), six scholarly introductory studies to various translations of major works (into Romanian), five dictionary articles and entries (in both English and Romanian) and over 50 articles in various Romanian journals on a variety of topics such as political culture, democratic consolidation, and political moderation. I have attended numerous national and international conferences and have been invited to present my work in many academic settings in the US and Europe, including Harvard, Yale, Columbia, and Sorbonne. My doctoral dissertation won the American Political Science Association’s 2000 Leo Strauss Award for the best dissertation in the field of political philosophy. Rh.C.: In the New Global Order, which are the most important ideas in this respect? A.C.: The primary foci of my research and teaching have been two categories central to the development of modern Europe: liberalism and democracy. While my work examines in detail the complex relationship between these two main concepts, their construction and employment, I consider it essential to historicize these categories, and render visible the power relations embedded in them. This is where the connection between politics, culture, and society is most important and visible in my research. I pay special attention to the interplay between ideas, institutions, and political practice as well as the impact of social context upon political institutions. Rh.C.: You have a special interest in the French Revolution. Why? A.C.: A great deal of my research has concentrated on France and the legacy of the French Revolution. This focus ought to be regarded as a point of entry into the general problematic of liberalism and democracy rather than a treatment of a particular nation as an end in itself. My scholarly work belongs to a new and rising trend of scholarship focusing on modern French political thought. In particular, I see my research on François Guizot, Alexis de Tocqueville and other French thinkers as part of the rediscovery of the richness of nineteenth-century French liberalism in the Anglo-American academic world. I study texts and authors that put forward an original blend of political analysis, philosophical reflections, and historical studies, which constitute an important guide for enriching our understanding of the evolution and nature of liberal democracy. My research on nineteenth-century French liberalism also attempts to situate the development of French thought in a larger theoretical (European) framework. Rh.C.: Thank you very much for this interview! A.C.: Welcome! Rhea Cristina Bucharest, Romania June 2006 |
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