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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 32 • Montréal • 15.04.2007 |
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Bamako Durée: 1h58 Distribution: Aïssa Maïga, Tiecoura Traoré, Hamèye Mahalmadane, Aïssata Tall Sall, Roland Rappaport, William Bourdon Scénario et réalisation : Abderrahmane Sissako Production: Mali, Etats-Unis, France Photo: http://www.festival-cannes.fr Par Tina Armaselu Le tribunal installé dans la cour d’un quartier populaire de Bamako oppose la société civile malienne et les institutions financières internationales, telles que la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International, considérées responsables de l’endettement et de la paupérisation de l’Afrique. Y sont évoqué notamment la situation désastreuse des transports, de l’éducation, de la santé et la politique de globalisation imposée aux pays africains. Les plaidoyers se succèdent à la barre devant le juge, des avocats, une écrivaine, un professeur, un ancien instituteur, des paysans, qui jouent leur propre rôle dans le film. Les discours enflammés sont diffusés par haut-parleur mais en même temps la vie continue son cours habituel : on suit les femmes à leurs travaux domestiques ou soignant les enfants, un marchand de lunettes en train de vendre ses produits à un des magistrats, la cérémonie d’un mariage et d’un enterrement, un malade gisant dans sa chambre. La cour partagée par plusieurs familles devient à la fois le siège d’un tribunal symbolique et le symbole d’une société en miniature. Ce qui attire également l’attention est la subtilité de la prise de vues et du son qui fait superposer et enchaîner naturellement les arguments des plaidoiries et les images de la vie quotidienne, le silence, la parole, la musique et la lamentation, ou des détails d’arrière-plan tels que le vol des insectes ou leur marche sur le sable. Le changement du point de vue caméra y est aussi présent, comme l’ébauche aux connotations parodiques d’un western local regardé par les enfants à la télé ou l’insert des vues un peu brouillées prises par la caméra d’un journaliste à une cérémonie d’enterrement. Un film à voir pour sa capacité de synthèse au niveau rhétorico-symbolique et social, ainsi que pour sa sensibilité audio-visuelle.
The Host Durée: 1h59 Distribution: Song Kang-ho, Byun Hee-bong, Park Hae-il, Bae Doo-na, Ko A-sung Réalisation: Bong Joon-ho Scénario: Bong Joon-ho, Hah Joon-won, Baek Chul-hyun Production: Corée du Sud Photo: www.allianceatlantismedia.com par Tina Armaselu Les rives de Han, si paisibles et familières aux habitants de Séoul, deviennent soudainement lieu de terreur quand une créature étrange, sortie du fleuve, commence à attaquer férocement les promeneurs et les gens se reposant sur la falaise. Gang-du (Song Kang-ho), propriétaire avec sa famille d’une petite boutique au bord du fleuve, essaye de se sauver avec sa fille, Hyun-seo (Ko A-sung), que le monstre mène finalement avec lui sous les eaux du Han. Gang-du et sa famille commence une quête désespérée pour retrouver Hyun-seo, mais les mesures des autorités, soupçonnant que la créature est l’hôte d’un virus mortel, alourdissent davantage cette téméraire tentative. En rappelant Alien ou T-Rex de Jurassic Parc, le film suit les sentiers battus du déploiement des effets spéciaux pour concocter des créatures horrifiantes, mais cette fois avec moins d’originalité. Mais si la trame et la mise en scène ne sont pas tout à fait originales ou peuvent paraître un peu puériles, il y a cependant un mélange de parodie et de drame qui attire l’attention sur la condition de l’homme ordinaire se retrouvant seul face à la calamité, là où les autorités et les médias semblent agir pas pour son support mais au contraire…
Greg & Gentillon Durée : 1h25 Distribution : Louis Durand, Thomas Michael, Paolo Mancini Réalisation: Matthiew Klinck Production: Canada Photo : www.allianceatlantismedia.com par Tina Armaselu Greg (Louis Durand) et Gentillon (Thomas Michael) sont deux aspirants au titre de comédiens, en quête du succès. Ils quittent leur ville natale, Aylmer - Québec, pour tenter de conquérir la grande ville de Toronto avec une guitare et des gags improvisés. Le duo, surnommé Greg & Gentillon, donne quelques spectacles dans des bars torontois mais, comme le succès prévu se laisse attendre, leur détermination et leur amitié de longue durée commencent à chanceler. Conçu sous la forme d’un documentaire, Greg & Gentillon ne l’est en effet qu’à moitié. A partir d’une histoire et de personnages inventés, le film entraîne, en plus des deux protagonistes et de leur gérant Paul-Émile (Paolo Mancini), des témoignages d’autres interlocuteurs - anciens professeurs, comédiens, professionnels du show-biz, spectateurs - supposant la véridicité de la démarche et exprimant en conséquence leurs opinions sur le groupe et ses chances de réussite. Basé sur l’improvisation et la prise unique des scènes, Greg & Gentillon ne manque pas d’un certain potentiel en tant qu’approche cinématographique jouant sur les nuances réalité - fiction. Cependant le côté humour et contenu d’une grande partie des dialogues des protagonistes semble un peu immature et insuffisamment élaboré pour emporter réellement le spectateur dans l’histoire et le faire s’attacher aux personnages. |
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