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Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 31 • Montréal • 15.03.2007

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Sortie : 23 février 2007

Indigènes

Durée : 2h

Distribution : Jamel Debbouze, Samy Nacéri, Roshdy Zem, Sami Bouajila, Bernard Blancan

Réalisation : Rachid Bouchareb

Scénario : Jmel Debbouze, Samy Nacéri, Roshdy Zem, Sami Bouajila, Bernard Blancan Toro

Production : France, Maroc, Algérie, Belgique

Photo : www.allianceatlantismedia.com

Par Tina Armaselu


Comme 130,000 autres soldats « indigènes », Saïd (Debbouze), Abdelkader (Bouajila), Messaoud (Zem) et Yassir (Nacéri), quatre jeunes hommes originaires de l’Afrique de Nord, se sont enrôlés dans l’armée française pour libérer « la mère patrie » de l’occupation allemande. Après avoir échappé à la mort dans des combats en Italie, Provence et dans les Vosges, ils se retrouvent tout seuls à défendre un village en Alsace, contre une unité ennemie. 
Bien muni de scènes de combat, « Indigènes » n’est pas pourtant un simple film de guerre. Il semble avoir trouvé le bon registre pour émouvoir et se faire à la fois remarquer en tant que film-manifeste. En évoquant le traitement discriminatoire des combattants provenant des colonies françaises, pendant et après la deuxième guerre mondiale, le réalisateur tente d’attirer l’attention sur un acte d’injustice. Et s’il est vrai, comme l’affirment les médias, que le film a influencé la décision du gouvernement français de revaloriser les pensions des vétérans ex-coloniaux, gelées au niveau des années 60, c’est peut-être une preuve en plus que la voix de l’art est parfois suffisamment forte pour mettre en marche les engrenages de l’État.

Sortie : 2 mars 2007

L’ivresse du pouvoir

Durée : 1h50

Distribution : Isabelle Huppert, François Berléand, Patrick Bruel

Réalisation : Claude Chabrol

Scénario : Odile Barski et Claude Chabrol

Production : France, Allemagne



Photo : www.mongrelmedia.com/press/Ivresse_Pouvoir

par Tina Armaselu


Chargée, en tant que juge d'instruction, d’examiner un cas de détournement de fonds d’entreprise impliquant d’importants personnages, Jeanne (Isabelle Huppert) devient de plus en plus consciente de son pouvoir, au fur et à mesure que son enquête avance. Coriace et bien déterminée à faire valoir le rôle de la justice (« ce n’est pas l’image de la justice qui m’intéresse, mais la justice » affirme la protagoniste), Jeanne se laisse peu à peu entraîner elle-même par cette « ivresse » qui accompagne tout rapport de pouvoir et qui est sur le point de déstabiliser sa vie de famille.
Apparemment inspiré d’une affaire de corruption des années 90 en France, le film ne se veut pas pourtant la réplique exacte d’une histoire réelle. « Toute ressemblance avec des personnages connus serait, comme on dit, fortuite… » nous avertit la notice d’ouverture. Focalisé sur le dialogue, l’analyse psychologique et la caricature sociale, « L’ivresse du pouvoir » est plutôt une étude du comportement humain, ne manquant pas de finesse et qui semble confirmer l’hypothèse que le pouvoir, de toute sorte, a des répercussions non négligeables sur celui qui l’exerce.

Sortie : 2 mars 2007

Chez Schwartz

Durée : 1h23

Réalisation : Garry Beitel

Production : Canada

Photo :www.chezschwartzfilm.com

par Tina Armaselu


Fondée en 1928 par un immigrant Juif de Roumanie et installée sur la « Main », soit le boulevard Saint Laurent, la charcuterie hébraïque fait déjà partie de la tradition montréalaise. Bien connue pour ses sandwiches à la viande fumée et épicée et pour les lignes d’attente déployées dans la rue, Chez Schwartz est le « personnage principal » du documentaire réalisé par Garry Beitel.
Tourné pendant une année, le documentaire nous introduit dans l’univers animé du petit restaurant, en nous captivant par le dynamisme des histoires qui se tissent autour des garçons de table et du comptoir, des grillardins, des découpeurs de viande, des clients habituels ou de ceux qui s’y trouvent pour la première fois, et même des « portiers », selon leur propre appellatif, quêtant à l’entrée. Parmi eux, le célèbre cinéaste d’animation, récemment décédé, Ryan Larkin, nominé aux Oscars, puis mendiant dans la rue. Accompagnée d’accords discrets ou du cliquetis du couteau coupant la viande, la caméra se balade d’un personnage à l’autre, d’un endroit à l’autre, d’une histoire à l’autre, pour accumuler, presque par hasard, des impressions, des expériences, des bribes poétiques. Une tranche de « cinéma vérité » bien assaisonnée …

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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