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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 30 • Montréal • 15.02.2007 |
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Julie Gaudet-Beauregard Coup de foudre, clichés et autres atrocités Illustrations de Catherine Lepage Juliette et Samuel se sont rencontrés à l’intersection des rues Sainte-Catherine et Bleury lorsqu’ils étaient âgés de neuf et dix ans. À l’époque, ils étaient loin de s’imaginer que ces quelques secondes partagées devant un vendeur de sorbets allaient marquer le début d’un chapitre de leur existence. Maintenant adultes, Juliette et Samuel se revoient à nouveau. Attirés l’un par l’autre sans toutefois s’adresser la parole, ils s’observent discrètement et cherchent à forcer les rencontres. Juliette fréquente plus souvent qu’à l’habitude la bibliothèque où Samuel travaille. Le début de ce jeu de séduction ainsi que ces nombreux moments passés à penser l’un à l’autre les pousseront à remettre leurs couples respectifs en question, à s’interroger sur les fondements d’une relation amoureuse, la durée d’un coup de foudre et toutes ces petites banalités qui font partie du quotidien à deux. Une oeuvre originale et rafraîchissante illustrant avec réalisme les relations amoureuses. Les auteures Née à Québec où elle a étudié le design graphique, Catherine Lepage est allée en 1998 étudier à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, France dans le but de perfectionner ses illustrations. Depuis, elle vit de graphisme, d’illustrations et d’eau fraîche. Déjà parus dans la même collection : La fin du monde, Last cabaret, Pas sérieux, Le fond du verre et La dernière crèche.
Esther Croft Le reste du temps (nouvelles) Tu m’as rendue parfaitement heureuse. Tu as été pour moi ce que personne d’autre n’aurait pu être. […] Si quelqu’un avait pu me sauver, c’eût été toi. (Lettre de Virginia Woolf à son mari Leonard avant son suicide). Que quelqu’un puisse dire « Tu m’as rendue heureuse » et
remplir ses poches de gros cailloux, comme l’a fait Virginia
Woolf avant de s’enfoncer dans la rivière, a quelque
chose de profondément troublant. Ainsi, on peut vouloir mourir
et emporter avec soi l’image de l’être aimé et
chéri tout simplement parce qu’on n’arrive plus à happer
le vrai souffle de la vie. On a beau courir après, il nous
quitte à tout moment, il nous laisse en apnée sans
qu’on sache pourquoi et, cela, pour notre plus grand désespoir…Le
reste du temps, c’est un regard sur les temps forts d’existences
qui ont atteint leur point critique. Un jour, quelque chose s’est
enrayé et bien malin qui pourrait dire quelle en est la cause.
On pense que c’est l’autre, le mari, la femme, le père,
la mère, le frère, mais pour peu qu’on soit un
peu lucide, on voit bien que le faille, c’est en nous qu’elle
s’est creusée et qu’elle a tracé un sillon
par où coule à grands torrents le flux sanguin qui
nous tenait en vie. Partout, la mort rôde dans ce recueil.
Elle est là, tapie, prête à bondir ou à se
dégonfler comme un poumon qui crève… L’auteure Esther Croft est née à Québec où elle dirige des ateliers d’écriture depuis maintenant vingt-cinq ans. Elle a signé plusieurs textes radiophoniques, collaboré à différentes revues et publié trois recueils de nouvelles et un roman. En 1994, elle a obtenu le prix Adrienne-Choquette pour son recueil Au commencement était le froid (Boréal, 1993). Son roman, De belles paroles (XYZ éditeur, 2002), a remporté le Prix France-Québec/Philippe Rossillon, prix des lecteurs. En 2006, elle recevait le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec pour la région de Québec.
Yolande Villemaire India, India (roman) L’amour et la peur India, India raconte le voyage de Miliana Tremblay en Inde. La jeune artiste, venue chercher la sérénité à l’autre bout du monde, se trouve plongée dans une culture millénaire ébranlée par son nouveau statut de puissance économique émergente. Du sud du pays à New Delhi et au Taj Mahal, du brouillard de Chandigarh au désert du Rajasthan, en passant par le Palais des Vents, Miliana croisera, au cours de son périple, le dalaï-lama, une poète israélienne, un extravagant compatriote, un sikh en turban rose et de nombreuses petites mendiantes aux pieds nus. Roman picaresque au rythme haletant, India, India évoque avec compassion et humour les beautés comme les misères d’un sous-continent en pleine mutation. Smog et parfums d’encens, temples hindous, cérémonies bouddhistes, cybercafés et centres de téléphonie, hôtels luxueux, moines tibétains, fakirs et lépreux, routards venus du monde entier, vaches errantes, auto-rickshaws déglingués, éléphants et chameaux, c’est l’Inde tout entière qui déploie ses charmes troubles. Au coeur de cette histoire d’attirance et de répulsion, une rencontre bouleversante. Apparue dans La déferlante d’Amsterdam (2003) et dans Poètes et centaures (2005), Miliana Tremblay tombe ici sous l’emprise d’un agent de voyages au charisme envoûtant. Khayaal Khan incarne le paradoxe qui ensorcelle l’héroïne d’India, India, déchirée entre l’amour et la peur, sentiments évanescents comme des fleurs dans le ciel dessinées par le vent. L’AUTEURE Poète et romancière, Yolande Villemaire remporte, en 1980, le Prix des jeunes écrivains du Journal de Montréal pour son roman La vie en prose que la critique qualifiera de postmoderne. Après un long séjour en Inde, elle publie, en 1995, Le dieu dansant, roman dont l’action se déroule dans le sous-continent, au XIe siècle. India, India, son dixième roman, nous transporte dans l’Inde actuelle. Les deux premiers volets du cycle de La déferlante sont parus en anglais chez Ekstasis Editions, à Victoria, en Colombie-Britannique, sous les titres Midnight Tides of Amsterdam (2004) et Poets & Centaurs (2006). Depuis 1999, Yolande Villemaire dirige la collection « hiéroglyphe » chez XYZ éditeur. |
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