Soirées Signature. Les concerts de la série
Des concerts événements, uniques, tous dirigés
par Kent Nagano. Des œuvres rarement entendues, pour les passionnés
de musique ou ceux qui souhaitent sortir des sentiers balisés.
On y retrouvera cette saison la version concert de Tristan und Isolde
de Richard Wagner, œuvre phare de l’art lyrique romantique
et mythe toujours actuel, interprétée par Ben Heppner,
un des plus grands ténors wagnériens d’aujourd’hui,
et de nombreuses autres grandes vedettes de la scène internationale.
Les Gurrelieder d’Arnold Schoenberg, qui utilisent toutes les
ressources de la gamme chromatique – « la clé de
mon développement » selon le compositeur – mettent
en scène une formation colossale réunissant cinq voix
solistes, trois chœurs d’hommes à quatre voix, un
chœur mixte à huit voix et 150 instrumentistes. Deux auteurs
prolifiques, Paul Griffiths et Luc Plamondon, s’approprient,
quant à eux, deux histoires d’un autre siècle
et les modèlent à notre époque, transformant
les livrets des œuvres des immortels Beethoven et Schubert en
paysages d’une criante actualité.
Les concerts de la série
LE GÉNÉRAL
Hommage au général Roméo Dallaire sur des musique
de Ludwig van Beethoven avec un texte écrit par le réputé
Paul Griffiths, ex-journaliste du New Yorker. Texte narré en
anglais avec livret bilingue.
Mardi 16 janvier 2007 à 20h
Mercredi 17 janvier 2007 à 20h
Si la musique d'Egmont de Beethoven a été composée
sur commande pour servir de musique de scène au drame de Goethe,
sa réalisation a largement dépassé les exigences
initiales. Beethoven a retrouvé dans le sujet de la tragédie
son propre univers de pensée. Les troupes de Napoléon,
qui occupaient Vienne à l'époque, ont poussé
Beethoven vers sa quête de liberté, qui correspondait
si bien avec celle des droits de l'Homme, et qu'il exprime concrètement
dans ces pages. Au delà siècles, les préoccupations
restent inchangées pour l'essentiel. Paul Griffiths, auteur
d'ouvrages de référence sur la musique contemporaine
mais aussi librettiste et critique, l'a compris. En s'inspirant d'Egmont
mais aussi d'extraits d'autres œuvres de Beethoven, il a écrit
un hommage au courage, à la compassion et à l'intégrité
du général Roméo Dallaire, qui a osé prendre
position lors du génocide du Rwanda. Ce texte sera narré
par l'acteur Colm Feore.
Salle Wilfrid-Pelletier
Kent Nagano, chef d'orchestre
Colm Feore, narrateur
Christiane Oelze, soprano
Choeur de l'OSM
Ludwig van Beethoven, Egmont et extraits d'autres oeuvres sur un
texte original de Paul Griffiths intitulé The General
Texte narré en anglais avec traduction française
Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 2
Causerie avant concert, 19h
Kelly Rice, animateur à CBC Radio 2, reçoit Paul Griffiths,
auteur, critique et musicologue
La Septième Symphonie de Mahler
La Septième Symphonie de Mahler est un prolongement thématique
des deux symphonies qui la précèdent. Même s'il
est possible d'associer le premier mouvement de la Septième
Symphonie au monde des pensées et des sentiments pessimistes
que l'on avait dans la Sixième, elle présage en fait
un retour à la vie.
Conçue sur le modèle romantique d'un drame de situations
dans lequel les souffrances se meuvent finalement en une acceptation
joyeuse et triomphante de la vie, cette symphonie est la plus symétrique
de toutes celles de Mahler. Le scherzo central, mouvement hanté
par des êtres fantasmatiques, est encadré de deux nocturnes,
l'un proche d'une sérénade et l'autre d'un caractère
plus obscur. Deux mouvements contrastés et imposants précèdent
et suivent ces trois pièces centrales, l'un représentant
la lumière, l'autre, les ténèbres. Ils servent
de pôles à la vision de celui qui accepte la souffrance
comme condition imposée à la joie victorieuse de la
vie éternelle.
Mardi 23 janvier 2007 à 20h
Mercredi 24 janvier 2007 à 20h
Salle Wilfrid-Pelletier
Kent Nagano, chef d'orchestre
Gustav Mahler, Symphonie n°7, «Chant de la nuit»
Causerie avant concert, 19h
Kelly Rice, animateur à CBC Radio 2, reçoit Edgar
Fruitier
La Septième Symphonie de Beethoven
« Comment me serait-il possible d'admettre la faiblesse d'un
sens qui chez moi devrait être d'un degré plus parfait
que chez les autres, un sens que je possédais autrefois à
un tel degré de perfection que peu de gens de ma profession
l'ont, ou l'ont eu » signait Beethoven en 1802 dans son testament
d'Heiligenstadt.
La même année, il compose pourtant la Deuxième
Symphonie, une œuvre légère et d'une grande luminosité.
Elle marque le point culminant des œuvres de sa première
période créatrice, qui lui permettra ensuite d'explorer
des avenues qu'aucun autre compositeur n'avait osé emprunter.
Également au programme, James Box, trombone solo de l'OSM,
interprète deux concertos, l'un d'Alberchtsberger, compositeur
extrêmement prolifique ayant notamment enseigné à
Beethoven, et l'autre du Français Darius Milhaud, teinté
de sonorités jazz.
Mercredi 24 janvier 2007 à 10h30
Salle Wilfrid-Pelletier
Kent Nagano, chef d'orchestre
James Box, tromboniste
Johann Georg Albrechtsberger, Concerto pour trombone
Adrew Yin Svoboda, Elevation
Darius Milhaud, Concertino d'hiver
Ludwig van Beethoven, Symphonie no 7
LE CINÉMA
20 mars 2007, 20h
Jacques Lacombe, chef d'orchestre
Sophie Durocher, animatrice
Guy Nadon, comédien, invité spécial
Un programme tout en musique et en images des grands maîtres
qui ont faconné l'histoire du cinéma, avec projections
sur écran géant et commentaires de Guy Nadon.
Tristan et Isolde
Jeudi 15 février 2007 à 19h
Dimanche 18 février 2007 à 14h
« Des actions musicales devenues visibles. » Richard Wagner
décrivait ainsi cette œuvre. S'éloignant de la
tragédie classique, Wagner a choisi de détacher l'action
dramatique de la logique du discours et de la répartie. Là
où l'on entend apparemment des dialogues se retrouvent en réalité
des monologues. Le silence et la dissimulation teintent cette tragédie
de la solitude. Cette complicité amoureuse est menacée
de l'extérieur aussi bien que de l'intérieur. L'amour
et la culpabilité, l'accomplissement dans le bonheur et la
souffrance des remords sont en réalité très proches
les uns des autres, voir indissociables. La nuit elle-même ne
mène pas à la vérité mais à l'expression
de soi. C'est exactement ce que Richard Wagner voulait dire lorsque,
de Venise, il a écrit à Mathilde Wesendonk : «
Je retourne maintenant à Tristan. À travers lui, je
te parlerai par l'art profond du silence. »
Personnage en quête d'auteur
Jeudi 24 mai 2007 à 20h
Vendredi 25 mai 2007 à 19h
En 1823, Helmina von Chésy (qui avait notamment écrit
le livret de l'opéra de Weber Euryanthe) convainc Schubert
d'écrire la musique de scène qui accompagnera Rosamunde,
princesse de Chypre. Ce dernier accepte l'offre et compose trois chœurs,
trois entractes, un lied et deux ballets en deux semaines. La pièce
est un four et quitte l'affiche après seulement deux semaines.
Malgré cela, la beauté des mélodies, la chaleur
du propos et la maîtrise de la masse orchestrale quasi inégalée
de la partition assureront sa postérité. Le texte de
l'œuvre théâtrale ayant disparu, seul le synopsis
reste. Kent Nagano a ainsi demandé à Luc Plamondon d'écrire
une nouvelle histoire qui réinventera le destin de cette héroïne.
Également au programme, les magnifique Poèmes pour Mi,
œuvre écrite par Messiaen qui célèbre ici
son amour pour sa première épouse, la violoniste et
compositrice Claire Delbos, qu'il avait affectueusement surnommée
Mi.
LETTRE DE MOZART
2 mai 2007, 20h
Christoph Poppen, chef d'orchestre
Karina Gauvin, soprano
Michael Schade, ténor
Colm Feore, comédien
Sophie Durocher, animatrice
Les correspondances de Mozart révèlent un visage méconnu
d'un être extraordinaire. Lecture de lettre de Mozart avec le
comédien Colm Feore (Bon Cop, Bad Cop)
Airs et extraits des opéras Don Giovanni, Cosi fan tutti et
Le Nozze di Figaro.
PHOTO : Kent Nagano. Courtoisie de l’Orchestre Symphonique
de Montréal