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Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 30 • Montréal • 15.02.2007

ARCHIVE

Février 2007

Felicia Mihali

Les effets du capitalisme chez les copistes

La démocratie : une société mélancolique ?

 

En 1853, Herman Melville écrit Bartleby, the Scrivener, une petite histoire qui, de nos jours, laisse encore les lecteurs bouche bée. Le personnage du titre est un copiste qui travaille dans le bureau d’un avocat sur Wall Street. Au début, tout semblait bien aller avec le silencieux scribouillard, embauché sous la pression des affaires en expansion. Isolé dans son coin, il copiait du matin au soir des lettres officieuses et anodines, sans jamais réclamer ni pause, ni café. Un jour, l’avocat lui demande d’ajouter à sa routine une nouvelle tâche : vérifier avec un de ses collègues une copie afin de s’assurer qu’aucune faute ne s’est glissée dans le texte. Bartleby lui répond alors calmement : “ I would prefer not to”. Dorénavant, à chaque nouvelle demande, le patron se heurte contre le mur infranchissable du refus, aussi impénétrable que ceux de Wall Street. L’avocat essaie toutes les méthodes possibles pour convaincre son employé de revenir à des idées plus raisonnables. Bartleby, toutefois, a toujours la même et invariable réponse : Je préférerais ne pas le faire. Il ne dit jamais ne pas vouloir, mais préférer. Quelque temps après, l’avocat découvre que Bartleby loge pendant la nuit dans son bureau. N’a-t-il pas une maison, une famille ? Qui est cet homme, d’où vient-il, où a-t-il travaillé avant ? Quelle réponse allait-il donner à toutes ses questions ? Aucune, évidemment, car Bartleby préfère ne pas répondre, comme d’habitude.

La situation arrive à son comble lorsqu’un jour, Bartleby refuse de travailler. Il annonce à son employeur qu’il a renoncé pour toujours au métier de copiste. Il allait, tout simplement, rester au bureau sans rien faire. Que les autres autour de lui s’affairent au travail ? Ce n’est pas son problème ! Dorénavant, il fixera d’un regard mélancolique le mur qui s’érige devant sa fenêtre. Animé par un humanitarisme émouvant, l’avocat hésite encore à faire appel à la police. Pourquoi livrer le pauvre homme sans savoir qu’est-ce qui le fait agir de la sorte ? À son altruisme, Bartleby répond du même ton neutre : il préfère ne pas en parler. 

Bartleby finira ses jours en prison car une fois interné, il refuse aussi de se nourrir. Avant de terminer la lecture sur l’exclamation de l’auteur : Ah Bartleby! Ah humanity! tout ce qu’on apprend sur la vie de ce mystérieux personnage est qu’il avait travaillé, auparavant, dans un département appelé Dead letters : son rôle était de brûler les lettres adressées à destinataire inconnu.

Selon une lecture sociologique, n’oublions pas que Melville est un social writer, Bartleby incarnerait cet antihéros de la société américaine post crise : après le premier crash de 1837 - qui allait renforcer l’esclavage -, les émeutes dans les rues de New York, la mort des idéaux du début du XIXe siècle, la confiance de l’Amérique en elle-même commence à s’ébranler. Aussi sommaire qu’elle soit, celle nouvelle témoigne des effets du capitalisme sur l’individu humain.

En 1840, Democracy in America d’Alexis de Tocqueville traite des conséquences de l’individualisme – pur produit de la démocratie – qui éloigne l’être humain de ses pairs pour l’enfermer dans le cercle étroit de la famille, des amis. L’isolation de l’individu dérive surtout de sa conviction qu’il ne doit rien à personne. Le nouvel idéal, comme Tocqueville le décrit, implique une terrible solitude, une existence qui tourne à l’intérieur du même groupe d’intérêt.

Mais ce qui laisse le plus à penser est ce verdict que j’expose à votre jugement : « Not only does democracy make every man forget his ancestors, but it hides his descendants and separates his contemporaries from him. »

La démocratie nous éloigne de notre passé, elle nous fait oublier nos ancêtres, elle nous sépare de nos contemporains !

Pourquoi alors un personnage comme Bartleby contrarierait-t-il ? N’a-t-il pas totalement oublié ses ancêtres, les patriarches de la nation venus en Amérique pour fuir l’Europe corrompue et accomplir leur devoir messianique ? N’a-t-il pas totalement oublié le destin d’exception de ses arrière-grands-parents, ceux qui se sont donnés la tâche prophétique de sauver ceux qui en ont besoin ? N’est-il pas totalement isolé de ses contemporains, avec lesquels il ne partage ni idéaux, ni habitudes ?
C’est pour cela, donc, que Bartleby est si mélancolique ?

Ah Bartleby! Ah humanité!

Février 2007

Otilia Tunaru

La fête de l’amour qui éclipse le cœur

Dans la journée frisquette de 14 février, on fête l’amour. Grands et petits, jeunes et retraités, tout le monde se remet dans l’atmosphère spécifique de la St-Valentin. C’est une vraie fièvre de préparatifs qui s’empare de tous. Malheureusement, cette fébrilité de fêter le plus noble des sentiments, se transforme dans la fièvre du… magasinage.

Les publicités des sex shops nous agacent plus que jamais pendant cette période, en conviant l’imagination à se convertir en  plaisir charnel. Une foule de livres nous apprennent comment pratiquer les arts de la séduction, de la conquête et de l’amour. Des revues et des guides de cuisine nous suggèrent des idées gourmandes pour une déclaration d'amour toute en douceur. Envie d'un dîner aux chandelles le 14 février ? Sortez de chez vous, allez faire un tour dans les restaurants proposant un menu spécial Saint-Valentin; les offres sont concurrentielles et à bon prix… taxes en sus. Buvez des cocktails qui déchaînent les passions. Ravissez les sens de l'élu(e) -de votre cœur, on se comprend là dessus-   par de plantureux canapés à la truffe noire. Préparez ou magasinez… la Sainte Valentine oblige!

Offrez une douceur pour St-Valentin! incite la publicité. Bonne idée-cadeau pour la St- Valentin !! est suggéré aux consommateurs. Sélection de plus de 100 modèles différents!!! Toujours gardés sous plastique pour les protéger!!! complète un adagio prosaïque qui est suivi de plusieurs signes d’exclamations, pareils aux éclats de rire.

Toute chose autour de nous prend la forme du cœur : les boites de chocolats, les cartes de vœux, les bonbons, les bouteilles de produits moussants…. Les toutous en peluche tiennent entre leurs pattes le cœur rouge tomate, sur lequel l’aguille a éraflé : "I love you", "Kiss my" ou d’autres exhortations… selon l’intérêt du client. Les confiseries et autres palliatifs  accompagneront les déclarations les plus timides jusqu'aux propositions les plus sensuelles.

Le cœur, le symbole de l’amour, est exposé quasiment en tous lieux. Il est tellement usité, que nous arrivons à l’ignorer. Le coeur, le vrai, est devenu insignifiant avec ses émotions désuètes. Il me semble que la quantité excessive de chocolat l’a enrobé complètement, et les lumières publicitaires lui ont dérobé son éclat de foyer d’émotions. Le cœur qui est dans la poitrine continue à pomper discrètement les pulsations de la vie dans notre corps. Ce miracle quotidien, on l’ignore. La chaleur de l’émotion qui fait qu’on tombe amoureux, on l’égare parmi les jolis présents. Dire de tout son cœur Je t’aime, on a oublié comme ça fait du bien. Pour dire vrai, cette fête de l’amour, la St- Valentin, éclipse carrément le cœur et la simplicité des sentiments.

Les cœurs qui sont sur les étagères des supermarchés sont devenus les porteurs des messages d’amour. Ils sont à l’honneur pendant cette saison. Mais qu’est-ce qu’il nous reste une fois le jour du 14 février terminé?... Oui, je le sais, il ne faut pas réfléchir longtemps. Des rabais sur les produits en forme de cœurs…

Moi, je veux dominer le tapage publicitaire! Je ferai le cadeau le plus original qu’on peut imaginer. J’écouterai le rythme du vrai cœur et je dirai Je t’aime tout simplement. Le jour du 14 février et chaque jour de l’année.

Février 2007

Emil Belu

Între Vltava şi Dunăre

Lipsa unei iniţieri muzicale am simţit-o ca pe o dureroasă amputare. Să nu fii capabil să identifici notele muzicale ale gamei înşirate pe portativ, iată un lucru care ma întristeaza si acum, dupa ani de zile de la vremea primelor mele incercari de as descifra cea mai simpla partitra. Zadarnic au încercat cei din jurul meu să mă scoată la liman, totul a fost timp pierdut, de ambele părţi. O colegă de liceu mai credea în miracol: îmi reproducea la pian partitura – de fapt, simple solfegii de iniţiere – pe care o aveam de studiat pentru lecţia următoare, de nenumărate ori, până  bănuia că am înţeles-o. A doua zi, la ora de muzică, în faţa clasei, mă opream după câteva note, dându-i profesorului ocazia unor remarci deloc amuzante pentru mine.

Dacă am reuşit, arareori, să intru în rezonanţă cu o bucată muzicală de la primele acorduri, bucuria era fără margini. Dar, vai! renunţările sunt specialitatea mea. Pedeapsa este pe măsura devotamentului pe care l-am avut pentru această nobilă artă.

Andrei Pleşu spunea undeva, că de la un tablou primim atât cât merităm. Lucrurile nu-mi par a sta altfel nici în universul muzicii. Câteodată, surmontând lipsa pregătirii muzicale, avem şi noi, cei nedăruiţi harului momente de iluminare.

Ascult destul de des un post de radio specializat în difuzarea muzicii simfonice, emiţând de pe o mică insulă din fluviul Saint-Laurent. Identific de la primele măsuri, poemul simfonic Vltava, compoziţia lui Smetana. Cu ani în urmă am fost fascinat de linia ei simplă şi maiestuasă, pe potriva înţelegerii mele. Era semnalul sonor ce deschidea o îndrăgită emisiune culturală – Cartea pe unde, dacă memoria nu mă înşeală – a postului de radio Europa Liberă.

Explicaţia atracţiei pentru acest poem simfonic am găsit-o mai târziu. Ascultând cu ochii închişi nu Vltava, ci Dunărea o vedeam şerpuind pe lângă satul meu, făcând largi ocoluri pe lângă ostroave pline de verdeaţă; la fiecare sunet mai înalt, vedeam peştii sărind din mijlocul valurilor argintii, in timp ce sălciile de pe mal se zbăteau sub palele de vint. Mă vindecam de toate nostalgiile.

Să fie muzica un leac universal împotriva tuturor bolilor?

Aristotel îi nega valenţele terapeutice, dar phytagoricienii le-au relevat cu pregnanţă. Timpul, marele judecător, pare a le fi dat dreptate celor din urmă. Acorduri grave de tangou argentinian, învăluirile tandre ale naiului, corurile ruseşti, ritmurile unui taraf ţigănesc din pusta maghiară, şi până la Simfonia a IX-a, iată tot atâtea leacuri miraculoase.

Pentru alţii, vindecările ţin de alte ecuaţii sufleteşti. Pot fi lungi convalescenţe între Bach (a cărui muzică este „ o scară de lacrimi pe care suie dorinţa noastră de Dumnezeu”, cum crede Cioran) şi Schönberg, creatorul altor subtilităţi muzicale, „pendantul sonor al celebrei exclamaţii a lui Nietzsche: Dumnezeu e mort!”, cum este de părere un muzicolog român.

Pentru noi, cei ce vibrăm la acorduri simple, muzica, vorba aceluiaşi Cioran, rămâne „singurul fel de a ne pierde fără a ne prăbuşi, şi a dispare fără să murim”...

Fiecare cu portativul lui...

Février 2007

Emil Belu

Rasism

Prima întâmplare.

În staţia de autobuz Westbury, urcă o femeie în vârstă, după toate aparenţele de origine indiană: îmbrăcăminte tradiţională, nelipsitul sari, o minusculă broşe aurie lipită pe nas, un lănţişor lucitor deasupra gleznei, fruntea insemnatacu rosu. Mai erau destule locuri libere în autobuz, dar se aşeză pe scaun lângă o negresă, care statea cu ochii închişi, mişcându-şi continu buzele. Indianca aşeză plasa cu cele câteva cumpărături pe planşeul autobuzului, îşi puse mâinile în poală, apoi se trase spre marginea banchetei. După câteva staţii, negresa se trezi brusc, luând cunoştinţă de noua pasageră aşezată lângă ea. Se foi puţin a semn de nemulţumire, apoi, dintr-o pricină greu de bănuit, începu o ceartă în toată regula cu indianca de lângă ea: vecina se aşezase pe fusta ei, răsfirată neglijent. „Ceva de nepermis într-un mijloc de transport în comun!”, se plânse celor doi tineri aşezaţi pe bancheta din spatele ei, care, văzîndu-şi mai departe de lectură, rămaseră indiferenţi la provocare. Apoi, cu o grimasă de tragediană, reluă aceeaşi frază de câteva ori , doar-doar cineva îi va da dreptate. Atenţia călătorilor fu captată de acest mic incident, mai ales că cearta trecu în registre tot  mai înalte, iar indianca nu se lăsa mai prejos. La staţia următoare, şoferul veni lângă scaunul celor două passagere încercând să aplaneze conflictul. Interveniră şi câţiva călători, rugându-le să facă linişte.

La staţia Milton, negresa se hotărî brusc să coboare, nu înainte de a striga din toţi rărunchii în direcţia indiencei:

„Vă credeţi şi voi albi!”.

A doua întâmplare.

Eram într-un magazin din centrul oraşului unde se vând produse electronice de ultimă generaţie. La standul unde erau expuse monitoare cu cristale lichide, erau numai câţiva clienţi. După ce am cercetat toate produsele expuse, m-am hotărât asupra unuia cu diagonala medie. După alegere, mă aşez la coadă, in spatele unei tinere negrese.

Timpul trecea greu, vânzătorul dându-i fiecărui client o mulţime de detalii tehnice. Exces de zel sau obligaţie profesională, cert este că înaintam ca melcul. De câteva ori am vrut să plec, lăsând totul baltă. In sfârşit, îi vine rândul negresei din faţa mea, hotărâtă să cumpere un monitor, arătându-i vânzătorului un mic dreptunghi de hârtie, pe care erau scrise cu majuscule tipul produsului, fabricantul şi preţul. Păru surprinsă când vânzătorul îi spuse că are respectivul monitor în două culori exterioare: negru (cel de pe raft) şi îi poate aduce din depozit, dacă doreşte, unul de culoare argintie: aceeaşi diagonală, acelaşi design, aceleaşi performanţe tehnice. Fără ezitare, clienta alese pe cel argintiu.

Vânzătorul aduse noul produs, desfăcu ambalajul şi, fin psiholog, zâmbi, citind mulţumirea  pe faţa clientei. Problema incepu cind ii comunica pretul. In mod ciudat, preţul celui de culoare argintie era mai mare decât al celui de culoare neagră. La auzul sumei, negresa luă foc. Aproape sufocându-se, începu să ţipe. Cum e posibil aşa ceva? În ce ţară trăim? Înseamnă că rasismul n-a dispărut definitiv? De ce este mai ieftin cel negru şi mai scump cel argintiu?

Apoi, furioasă, răsturnând câteva cutii de carton ivite în cale, ieşi val-vîrtej.

Février 2007

Florin Oncescu

Vorbele mamei

Andrew Duda s-a născut în Ontario, la Hamilton. Părinţii lui au venit în Canada din Polonia, pe cînd erau copii. Au mers la şcoală la Hamilton, s-au cunoscut, s-au căsătorit, au adus pe lume şi au dat la şcoli trei copii, au îmbătrînit şi au murit tot acolo.

Andrew n-a învăţat poloneza. În casa părinţilor se vorbea englezeşte. Doar cînd erau prea neastîmpăraţi copiii, mama se răstea la ei în poloneză. Le spunea o înşiruire de vorbe de neînţeles, mereu aceleaşi, iar ei pricepeau că au atins limita şi se linişteau.

În anii de liceu (high school), Andrew n-a avut o seară de vineri la dispoziţia lui. Business-ul familiei era o covrigărie. Vineri, pe ziuă, părinţii pregăteau covrigii pentru vînzarea cea mare din week-end. Seara tîrziu, Andrew şi fratele lui mai mare plecau cu o camionetă încărcată de covrigi la Toronto. La orele mici ale dimineţii, îi plasau în băcănii cu patronii cărora tatăl lor avea înţelegeri.

La terminarea liceului, Andrew a ales să devină student la Ottawa, nu la Toronto, pentru singurul motiv că voia să pună o distanţă mai mare între el şi covrigăria părinţilor.

Andrew lucrează în industria de aviaţie. Mi-a fost cîndva şef, la Montréal. Povestea cu covrigăria ne-a spus-o, mie şi altor colegi, la o masă de prînz, în cantina companiei. Altădată, la o bere, după program, Andrew ne-a vorbit de misterioasa înşiruire de vorbe poloneze cu care mama lui făcea linişte în casă. Justyn Magnuski, un coleg polonez venit adult în Canada, deci cu limba poloneză cît se poate de prezentă în cuget, a devenit foarte curios.

- Şi cum suna ce vă spunea mama?

Andrew susţinea că poate reproduce cu exactitate cuvintele, aşa cum le auzise de nenumărate ori, dar că înţelesul lor îi era complet străin. Îndemnat din nou de Justyn, Andrew a pronunţat dintr-o suflare o lungă frază care, după părerea mea, putea fi în poloneză. Justyn a rămas înmărmurit.

- Nu se poate!

- Ba da! N-am cum să mă înşel!

- E o glumă!

- Nu, nu ! E adevărat! Aşa ne spunea!

Justyn nu ne-a dat atunci traducerea exactă. Lui Andrew, mai tîrziu, i-a spus-o cuvînt cu cuvînt. Noi, colegii nepolonezi, am aflat doar că spusele incantatorii ale mamei poloneze erau o înjurătură, dar una urîtă de tot!

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

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