On retrouve un couple (Gabriel Arcand et Danielle Lépine),
au dernier soir de leur séjour en territoire africain, au moment
de l’arrivée d’un nouvel ingénieur (Paul
Doucet), venu les remplacer. Antilopes traite, d’une façon
subversive, de l’état d’esprit d’européens
bien intentionnés. Les personnages sont implantés en
Afrique pour des raisons humanitaires et travaillent avec un organisme
international afin d’y construire des puits d’eau potable.
Ils se dévouent donc à l’amélioration des
conditions de vie du continent et des Africains en général.
Leur difficile rapport avec ce qui les entoure et leurs frustrations
existentielles, humanitaires et personnelles nous renvoient à
La danse de mort de Strindberg, tant par la structure que par l’intensité
et la tension qui règnent dans ce couple de la cinquantaine.
L’homme et la femme tentent de régler leurs comptes à
coups de souvenirs blessants et font un bilan amer de leur incompréhension
de l’Afrique. Cette pièce présente des thèmes
troublants comme celui de l’attitude bienveillante, mais souvent
inappropriée, des occidentaux.
« Les aidons-nous à vivre ou les aidons-nous à
mourir ? »
Une question qui vient hanter les personnages. Et l’Afrique
leur rend une réponse.
« Antilopes est une oeuvre bien singulière qui emprunte
à plusieurs univers théâtraux : réaliste,
psychologique, fantastique, absurde. Cet objet étonnant se
présente toutefois sous la forme classique de dialogues serrés,
bien construits, incisifs et souvent très spirituels. Entrecoupée
de silences soudains, de bruitages très particuliers et d’apparitions
inattendues proposés par l’auteur, la pièce développe
une tension dramatique audacieuse sur la seuil parfois de l’excentricité.
Henning Mankell
Le parcours littéraire complexe de Henning Mankell passe
par des romans à saveur sociale et politique, des essais, des
polars et des oeuvres de littérature. Les livres de Mankell
ont été publiés dans 33 pays, traduits dans 27
langues et vendus à plus de 20 millions d’exemplaires
; plusieurs d’entre eux ont obtenu d’importants prix littéraires.
La série de romans policiers constitue la part la mieux connue
de l’oeuvre de cet auteur. Henning Mankell est l’auteur
d’une vingtaine de pièces de théâtre en
suédois dont quatre ont été traduites en français.
Ténèbres (2005), Antilopes (2005) et L’assassin
sans scrupules… (2003) ont été publiées
tandis que Jeune chien fou est encore à l’étape
de manuscrit. À partir de 1985, Henning Mankell s’installe
à Maputo au Mozambique. Depuis 1996, il y dirige le Teatro
Avenida et travaille avec le Mutumbela Gogo, seule troupe de théâtre
professionnelle du pays, pour laquelle il écrit et met en scène.
«L’Afrique a fait de moi un meilleur Européen […]
À présent, j’ai une tour d’observation en
Europe et une autre en Afrique. Ça me permet de voir le monde
plus clairement, surtout l’Europe ».
L’équipe de création
Carmen Jolin a fait des études en littérature
à Trois-Rivières et son parcours artistique l’amène
à développer ses habiletés pour la musique, la
chanson et le théâtre. En 1982, elle découvre
parmi l’équipe du Groupe de la Veillée des artisans
du théâtre inspirants qui proposent des approches différentes.
Elle y travaille depuis et collabore activement à son développement.
Elle occupe actuellement le poste d’adjointe à la direction
artistique. On se souvient de sa performance dans Parade sauvage,
spectacle de poésies chantées, créé sous
la direction artistique de Téo Spychalski. Elle a également
travaillé comme actrice dans plusieurs productions de la Veillée
et elle signe ici sa cinquième mise en scène après
Mlle Else, adaptée d’une nouvelle d’Arthur Schnitzler,
Les Bonnes de Jean Genet, Trois femmes grandes d’Edward Albee
et Ferdydurke de Gombrowicz, l’an passé.
Gabriel Arcand, fondateur du Groupe de la Veillée,
a offert des interprétations marquantes dont Nijinski dans
Till l’Espiègle / Le Journal de Nijinski, Michkine dans
l’Idiot de Dostoïevski, Artaud, dans Artaud-tête-à-tête,
Porfiri Petrovitch dans Crime et châtiment, Feuerbach dans Moi,Feuerbach
de Tankred Dorst, Teja dans Le Professionnel de Dusan Kovacevic, actuellement
en tournée au Canada. Parallèlement à son travail
au théâtre, Gabriel Arcand joue au cinéma. Il
participe notamment au film Le déclin de l’Empire américain
de Denys Arcand (1986, prix Génie, interprétation),
et aux films plus récents : Post Mortem de Louis Bélanger
(1999), pour lequel il remporte le Jutra du meilleur acteur, et plus
récemment, La vie secrète des gens heureux (2006) de
Stéphane Lapointe et Congorama (2006) de Philippe Falardeau.
Danielle Lépine, actrice bien connue du public,
a joué, de 1983 à 1993, dans plus d’une vingtaine
de pièces. Chez la compagnie Jean-Duceppe, elle interprète
Laura dans Le Père (1994) de Strindberg, elle est de la distribution
de La mort d’un commis voyageur (1999), d’Arthur Miller,
et de celle d’Après la pluie (2002) de Sergi Belbel.
Elle joue le rôle de madame de Marchmont dans Le mari idéal
(1999) d’Oscar Wilde, celui d’Anna dans Mambo Italiano
(2002) de Steve Gallucio, de Mary dans La mémoire de l’eau
(2004) de Shelag Stephenson. C’est sa première participation
à une production théâtrale du Groupe de la Veillé.
Au cinéma, elle participe au tournage de Jésus de Montréal
de Denys Arcand et C’t’à ton tour Laura Cadieux
de Denise Filiatrault. À la télévision, elle
joue dans plusieurs séries dont Le Grand remous (de 1989 à
1991), réalisation de Lorraine Pintal et Constance Paré,
Réseaux, Fred-dy, Bunker,le cirque.
Paul Doucet, détenteur d’un baccalauréat
en interprétation de l’UQAM depuis 1994, Paul Doucet
poursuit son travail sur le jeu de l’acteur auprès de
John Strasberg depuis plusieurs années, Il s’est fait
connaître à la télévision dans son rôle-titre
de la série Jean Duceppe. On l’a vu dans Fortier 1-2-4,
Le Bleu du ciel, puis plus récemment dans October 70, une production
de la CBC. Il a travaillé au cinéma, entre autres dans
Sur le seuil (2003) d’Éric Tessier, Ma vie en cinémascope
(2004) de Denise Filiatrault, Maurice Richard (2005) de Charles Binamé,
et Les trois petits cochons (2006) de Patrick Huard.
Traduction de Gabrielle Rozsaffy
avec la collaboration de Bernard Chartreux
Scénographie Jean-François Labbé
Lumières Marie-Michelle Mailloux
Montage sonore Euterke
Billetterie (514) 526-6582 Admission (514) 790-1245