haut de page
Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 28 • Montréal • 15.12.2006

ARCHIVE

Décembre 2006

Felicia Mihali

Le pays mère

Depuis que j’ai commencé l’apprentissage du français, il y a deux choses que j’accepte encore mal : le fait que le mot livre et le mot pays soient au masculin. Le genre des noms communs, s’il en est le cas, parle beaucoup de la mentalité d’un peuple. Le féminin, le masculin ou la neutralité des noms ne sont pas seulement des casse-tête pour les étudiants étrangers, mais ils remontent à la source de la vision primaire de la langue elle-même.

Le français et le roumain ont pour ancêtre commun le latin, une langue bâtie sur une vision animiste du monde. La manière de laquelle les deux langues ont gardé ou ont modifié le genre des noms communs miroite en quelque sorte les influences et les modifications intervenues dans l’esprit des héritiers. Pour le Latin d’antan, un arbre par exemple ne pouvait être qu’au féminin car il donne des fruits tout comme une femme donne des enfants. Le Français comme le Roumain ont mis l’arbre au masculin, sensibles plutôt à la valeur phallique de son tronc. Le Latin considérait le pays – terra -, et la ville – urbis - des noms naturellement féminins, car ils gardaient les citoyens à l’intérieur tout comme une mère tient les enfants à l’intérieur de la maison ou de la cour pour les protéger. Le Français de nos jours parle d’un pays au masculin et d’une ville au féminin, alors que le Roumain décide que c’est le pays au féminin alors que la ville est plutôt neutre.

Pour les ancêtres Gaulois, le sentiment d’appartenance n’était probablement pas marqué par la frontière d’un pays mais par celle d’une ville. Plus tard, à l’époque des seigneurs, les villes enfermées par des murailles épaisses aux donjons imposants ont augmenté encore ce sentiment d’appartenir à un espace bien délimité. Un pays est difficile à surveiller et garder, alors qu’une ville l’est moins. Le Français laisse le pays ouvert pour se barricader dans la cité.

À l’autre extrémité, pour le Roumain le pays est au féminin, car ce n’est qu’à l’intérieur d’une terre qui vous nourrit comme une mère que vous tenez d’une identité précise. Un pays réclame une frontière, des étendues d’eau, des champs de blé, des forêts, tout ce qui assure la subsistance d’un peuple. Le folklore roumain est plein de chansons et de légendes où les héros se sont sacrifiés à la défense du pays. Quant à la consistance d’une ville, pour une pays ouvert aux quatre vents, aux carrefours des tribus barbares venant des steppes, c’était impensable une telle dépense d’énergie et de matériaux : pourquoi bâtir lorsqu’à chaque vingt ans le pays était passé par le feu et l’épée des tribus nomades. Le peuple vivait dans des huttes qui donnaient directement sur les champs, perdues dans des vallées, loin du grand chemin pour mieux se cacher. La ville n’enfermait pas les habitants mais laissait la place ouverte pour qu’ils s’enfuient rapidement, le baluchon au dos. Le Roumain n’a pas de grandes attaches à la ville, mais il se bat bec et ongles pour son pays. Il n’appartient pas à un petit espace, mais à un plus grand, car le pays seul peut donner aux humains un sentiment de sécurité et surtout une identité.

Ma mère est morte le 3 décembre 2006. Je me demande maintenant ce qui reste pour moi de ma mère-patrie, celle qui m’a nourrit non seulement de nourriture mais également de souvenirs.

Décembre 2006

Cristina Iovita

Souvenirs d’une Métèque agréée

Rue Balzac

Je me présentai au Consulat général du Québec à Paris,… rue Balzac, par un jour de pluie du printemps 1997. L’antichambre me parut triste, en dépit de la chaleur dégagée par les calorifères marchant à fond, des affiches de spectacle en couleurs vives suspendus aux murs et du bleu ciel des drapeaux nationnaux encadrant la porte d’accès aux bureaux. Il n’y avait pas âme qui vive dans les parages, la voix qui m’avait accueillie, par interphone, à l’entrée du bâtiment restant sans corps tout le temps que je mis à attendre l’arrivée de l’agent traitant. Mon manteau d’hiver, transformé en un cataplasme fumant sous les bouffées de chaleur, commença à me peser; je l’enlevai et le remis par trois fois, incapable de trancher entre l’envie de quitter la place et le devoir d’aller jusqu’au bout de ma démarche. L’agent arriva enfin, en coup de vent, faisant trembler les drapeaux fleurdelisés dans l’entrée; j’attendis encore un long moment dans la salle de conférence vide, à côté du bureau, où la secrétaire, enfin matérialisée, m’avait reconduite, regardant par la fenêtre le mur de la maison d’en face, sombre et delabré. J’étais presqu’endormie lorsque l’agent se plaça devant moi, me cachant le paysage au-delà des vitres mouillés.
“ Ainsi vous êtes la requérante.” me dit-il, sans me regarder. “Oui” répondis-je. “Puis-je savoir la raison?” “La raison?” fis-je, étonnée. “ Pourquoi voulez-vous immigrer au Québec? “ Je désire vivre là-bas” répondis-je, puis, me souvenant des instructions de l’avocat spécialisé en immigration que j’avais retenu pour la procédure, j’ajoutai: “ Je crois pouvoir contribuer, en vertu de mes qualifications, à l’enrichissement de la culture de ce pays.”. “La véritable raison.”coupa-t-il court à mon discours préparé d’avance.
“ Je trouve le climat culturel très propice à mes projets. Montréal, en tout cas, me semble un véritable bouillon de culture, ce qui est rare en Amérique du Nord. En tant qu’artiste, je ne pourrais pas trouver mieux. ” dis-je, oubliant le discours préfabriqué. “ Ce n’est pas cela qui m’intéresse. Vos désirs vous appartiennent.” rétorqua-t-il. “ Qu’est-ce que vous comptez apporter, concrètement, à votre pays d’accueil? Là est la question.” “ Je pense y avoir déjà répondu.” m’hérissai-je. “ Pour le reste, vous avez mes diplômes et mon cv. Je ne vais pas vivre aux crochets de l’état, si c’est à cela que vous faites allusion.” “ Donc ce que vous apportez, concrètement, ce sont vos diplômes.” conquit l’agent, toujours sans me regarder. “Et une bonne connaissance du français.” ajoutai-je. “Vous n’aurez même pas à me payer des cours de langue.” Il leva ses yeux vers moi, cette fois-ci, avant de me faire part de son opinion et je fus surprise de voir que mon irritation l’amusait. “Certes, vous parlez bien notre langue. Mais c’est tout et c’est bien mince comme apport.” “Mon avocat pense que c’est l’essentiel” parai-je. “ Bien sûr” ricana-t-il. “ Les avocats c’est fait pour ça.” “Alors, vous me refusez le certificat, c’est cela?” “Vous aurez la réponse par écrit.” trancha l’agent. “ Je ne faisais que vous avertir des difficultés que vous aurez à vous intégrer à notre société, si votre demande est acceptée.” Il me laissa enfiler toute seule mon manteau humide, puis me reconduisit, en silence, à travers l’antichambre déserte jusqu’à la sortie de l’immeuble, écartant , comme des rideaux, les pans des drapeaux fleurdelisés encombrant notre passage. Je ne le revis plus et j’oubliai son avertissement dans la joie d’avoir reçu, quelques jours après, le certificat d’admission; la scène ci-dessus m’est revenue à l’esprit, pour la première fois, au moment où j’assistai à un dialogue similaire, dans une émission de télévison où une personnalité de la culture québécoise avertissait le public des dangers de l’inflation artistique opérant dans le théâtre montréalais; à part les drapeaux, tout s’y trouvait, comme à ce jour d’antan où, rue Balzac, j’écoutai moi-même l’avertissement de l’agent consulaire chargé de mon dossier.


La pancarte et la bannière

“ Tu votes libéral, n’est-ce pas?” “ Non, je ne le pense pas. Pourquoi cette question?” “Parce que vous, les étrangers, vous êtes fédéralistes par définition.” “ Qui te l’a dit? M.Parizeau aura-t-il encore fait quelque discours incendiaire du fond de son Sherbrooke seigneurial?.” “ Si. Non. Enfin, pas vraiment. Ça s’est passé en ’95, avant que tu arrives. Landry n’a rien contre les étrangers, il est ouvert de ce côté-là.” “ Comme une porte tournante. Il s’ouvre dans toutes les directions. Quand on le pousse, autrement il reste fort. C’est ce que disent les pancartes, non?” “ Tu te moques de tout.” “ Au contraire, je suis on ne peut plus sérieuse. D’ailleurs ce n’est pas l’attitude envers les métèques qui m’inquiète ni chez Landry, ni chez le seigneur de Sherbrooke. Tout le monde se méfie des étrangers, pas seulement ici mais partout. Ce qui me déplait c’est l’absence de tout intérêt pour la culture que ces messieurs affichent dans leurs adresses à la populace.” “ Au peuple, tu veux dire.” “ Non, à la populace. Il n’y a pas de peuple sans une culture qui le représente. Là est justement la source de mon manque d’adhésion au programme du Parti Québécois; aucune préoccupation chez ces messieurs pour la culture du pays qu’ils dirigent. Et chez les libéraux c’est pareil; ils s’en fichent comme de l’an quarante.” “ Mais Landry a déjà promis de donner vingt millions aux artistes si le parti reste au pouvoir! Et il y a des femmes aussi dans ce parti, les femmes sont promues, genre. Que veux-tu de plus?” “ Je ne veux pas de leur pourboire. Ni ne veux parvenir pour mes particularités de genre!” “ On voit bien que tu n’es pas d’ici.Tu ne penses qu’à la révolution. Ça peut se faire de manière démocratique, les changements. On est dans un pays libre.” “Tout à fait. C’est pour cela que je vais voter selon ce que ma conscience me dicte.”

Cette conversation a eu lieu dans le foyer d’un théâtre montréalais, entre moi-même et un des membres du personnel administratif de l’institution, deux jours avant les élections provinciales du printemps 2003.Par hasard, on s’employait à hisser dehors devant le bâtiment, une pancarte électorale du PQ avec le portrait du premier ministre en fonction, Bernard Landry, imprimé en couleurs naturelles sur un fond blanc et bleu, accompagné de la devise “Restons forts”, ainsi que la bannière même du théâtre, jaune avec le nom de l’institution écrit en caractères noirs sur toute la longueur de la toile. Les deux symboles ayant été délogés la nuit précédente par un violent orage, leur remise en place, l’une sur le poteau au bord du trottoir, l’autre sur le fronton même du théâtre, m’est tout de suite apparue comme un événement symbolique; c’est pour cela que la conversation ci-dessus, somme toute banale, s’est gravée à mon esprit comme une communication essentielle. Il est bien possible que j’en aie omis quelques détails ou que j’aie ciselé les répliques des deux interlocuteurs au point où celles-ci pourraient paraître inventées, ou trop harmonieusement imbriquées pour appartenir à un dialogue improvisé entre deux connaissances de fortune dans un lieu de passage. Le reste cependant est parfaitement fidèle à la réalité.


De l’autre côté de la grille

D.D., un de mes étudiants à l’École nationale de théâtre du Canada, me proposa un soir de mai 1998 de me montrer Montréal, telle qu’il l’avait connue du temps de son enfance. Le moment, disait-il, s’avérait d’autant plus propice que la nuit tomberait bientôt; c’était pendant ces douces et brèves nuits de printemps quand les magnolias sont en fleur, qu’enfant il avait découvert la beauté, et parfois la laideur, du paysage natal. Son père, fin intellectuel et amateur d’histoire locale, l’avait souvent entraîné dans ses promenades nocturnes à travers la ville, faisant de chacune de ces sorties une véritable incursion dans le passé des rues qu’ils parcouraient main dans la main; D.D. me proposait donc de raviver les souvenirs superposés: de lui- même, de son guide d’autrefois et du paysage qui nous entourait, en me guidant à son tour à travers ce dédale, mi-inventé, mi-réel, qu’il appelait sa cité. J’acceptai son projet avec enthousiasme et nous nous mîmes en marche, D.D. réglant ses grandes foulées impatientes sur mes petits pas inefficaces comme, probablement, dans le temps, son paternel avait fait pour ne pas laisser l’enfant seul dans le noir. Nous parcourûmes ainsi une grande partie du Boulevard St-Laurent, avec, à chaque tournant, un récit sur les commerces ou les habitants disparus: juifs, portugais, est-européens de la première vague, puis coupâmes vers la montagne avec, au sommet, sa croix allumée qui nous attirait comme un phare. Hors de l’agitation du boulevard et des effluves de marijuana, déversant des cafés bohèmes au long du trottoir, la nuit reprit sa profondeur d’eau noire, la brise nous ramenant par bouffées le parfum délicat des magnolias en fleur; nous dépassâmes les joueurs de tam-tam, assis autour de la statue de Jacques Cartier comme des adorateurs d’un culte ancien, évitant de justesse deux grands chevaux silencieux portant sur leurs selles caparaçonnées deux cavaliers en uniforme de la Gendarmerie Royale, comme des statues équestres en mouvance. D.D. pressait à présent son pas, courait presque vers son but caché dans le noir; le cimetière Mont-Royal, avec ses pierres anciennes, fut parcouru sans ralentir: le muret- séparant la cité des ombres du quartier résidentiel en contrebas- une fois enjambé, mon guide s’arrêta brusquement devant la grille d’un jardin, tout aussi désert à cette époque de la nuit que le cimetière. Au fond du jardin la façade blanche d’une maison à deux étages, de style anglais, brillait, chimérique, comme un navire s’éloignant en pleine mer sous les yeux d’un naufragé; je comptai, pour remplir le silence installé par mon interlocuteur dès que nous nous étions arrêtés devant la grille, les fenêtres illuminées du bâtiment: elles étaient au nombre de cinq, réparties sur les trois loggias et les deux baies vitrées ornant la façade, les pièces au-delà des vitres élégamment meublées, mais dépourvues de vie comme un décor de théâtre avant la représentation. “Qu’est-ce que c’est que cette demeure?” demandai-je, voyant que D.D. se contentait de regarder à travers les barreaux, sans sonner mot, la maison vide au fond du jardin. “Une demeure de riche.” dit-il doucement comme s’il avait peur d’être surpris en train d’épier quelque secret. “ J’y suis venu maintes fois” reprit-il après un temps. “ Pour regarder.” “Regarder quoi?” fis-je, quelque peu perplexe devant l’intérêt qu’il paraissait manifester envers une bâtisse sans aucune signification particulière, esthétique ou historique, qui l’eût justifié. “ Leur vie.”susurra-t-il. “La vie des riches. Ce qu’ils faisaient une fois rentrés chez eux. À quoi jouaient leurs enfants, ce qu’ils mangeaient, s’ils regardaient la télévision comme nous autres, après le souper. J’allais parfois jusque sous les fenêtres pour jeter un coup d’oeil à l’intérieur du salon ou du bureau du maître de maison. C’était risqué, on aurait pu appeler la police si quelqu’un me voyait rôder par là, mon père en aurait été furieux s’il l’avait su. Mais j’y allais quand même. Tu ne sais pas ce que c’est que d’être pauvre dans ce pays.” “ La même chose qu’ailleurs.” dis-je. “ Je n’ai jamais eu d’argent, ni chez moi, ni ici. De là jusqu’à grimper les murs pour voir ce qui se passe du côté des nantis, cela ne vaut même pas la peine d’y penser.” “ Exact.” soupira D.D. “ Vous étiez tous pauvres sous le communisme. Et ceux qui ne l’étaient pas faisaient figure de voleurs et de traîtres, c’est toi qui me l’as dit. Être pauvre c’était être pur. Ici la pauvreté est un signe d’échec. L’intelligence, le talent, la culture ne valent rien; sans argent tu n’es qu’un raté, un être inférieur qui renie les valeurs de la civilisation parce qu’inaccessibles à sa pauvreté d’esprit. Comme le renard de la fable qui dira: ces raisins sont trop verts, s’il ne peut les cueillir.” “Et tu venais voir s’ils étaient humains, ces êtres supérieurs à qui tout réussissait.” rétorquai-je. “Quelque chose dans ce goût-là.” murmura D.D. s’éloignant de la grille. “Ils l’étaient?”relançais-je. “ Aucune idée.” répondit-il. “ Je ne les ai jamais vus plus que quelques secondes de temps. Il fallait bien baisser la tête pour ne pas être surpris en flagrant délit d’espionnage, pas vrai?” Nous n’allâmes pas plus loin cette nuit-là; pendant les années qui suivirent j’allais entendre plusieurs versions de la même histoire, de la part de l’un ou l’autre de mes nouveaux concitoyens, le souvenir d’une nuque d’enfant, ployée devant le passage d’un privilégié du sort, me hantant chaque fois que j’assistai à ce genre de confession.


Portraits de révolutionnaires

À l’encontre de D.D., la belle C.H. se disait sans aucun complexe; elle était fière d’appartenir à la nation québécoise, la pauvreté ne lui faisait pas peur et son idéal
de vie se confondait avec la lutte pour l’indépendance du pays qui l’avait vue naître.
Comme cette lutte connaissait, à la suite du référendum de 1995, une sorte de répit, morose et indéfini, C.H. se vouait avec enthousiasme aux causes similaires agissant
dans d’autres pays, principalement à celle des peuples arabes dont le destin mouvementé, amplement médiatisé, n’arrêtait pas de l’émouvoir. Elle était de toutes les marches, manifestations et protestations organisées par la diaspora arabe de Montréal; elle s’initiait à l’Islam et pensait apprendre la langue du Prophète pour en pénétrer les subtilités; elle militait en faveur des femmes musulmanes et prenait part à toutes les processions dédiées à la mémoire des martyrs du Jihad. Son enthousiasme pour la cause palestinienne fut si grand qu’elle déclara, dans une partie de plaisir à la campagne, parmi les rires et les toasts, son accord total avec les attaques suicidaires en territoire israélien; n’était-ce sa grossesse, annonça-t-elle aux convives interdits, elle irait mettre des bombes, de sa propre main, à Jérusalem; quelques mois après, la grossesse l’empêchant de marcher contre la guerre en Iraq, C.H. milita en faveur du peuple iraquien en donnant à sa fille le nom d’une des descendantes de Mahomed. Ce comportement, quelque peu burlesque, commença à se manifester chez beaucoup de mes jeunes collègues à l’approche des élections provinciales, relevant d’une motivation commune dont personne ne paraissait s’en rendre compte; M.L. par exemple, s’employa pendant des semaines à demander la déposition du président Bush, amassant des signatures à cet effet en même temps qu’il en amassait d’autres en faveur de la solution démocratique, le référendum, pour la séparation du Québec d’avec le Canada anglais, sur une pétition parallèle. Lorsque je lui fis comprendre que, démocratiquement parlant, il était insensé de vouloir déposer un président élu de manière démocratique, de surcroît étranger, il sauta au plafond; j’étais, m’assura-t-il, contre le droit des nations de régler leurs propres problèmes; contre les aspirations d’indépendance de son propre pays; pour le bombardement dans la bande de Gaza et ainsi de suite. N.C., une fille sage, parut un beau jour au théâtre parée d’un foulard à la musulmane; il était nécessaire, nous dit-elle, de convaincre les gens que le nationalisme québécois était ouvert à la diversité culturelle; les immigrants ne souffriraient pas de l’assimilation forcée dans le Québec indépendant, bien le contraire, ils auront le droit de professer librement leurs croyances; elle fut douloureusement surprise de m’entendre dire que le port du foulard n’allait pas de pair, à mon avis, avec la diversité mais plutôt avec l’uniformité la plus coercitive. Petit à petit, je commençai à démêler les liens que mes jeunes collaborateurs avaient tissé entre les conflits du Moyen Orient et la situation locale; en quête eux-mêmes d’un idéal national, ils s’identifiaient machinalement avec leurs correspondants dans les zones affectées; ce qui me bouleversa fut le sentiment de solitude ayant produit cette identification, l’allure de défaite acceptée d’avance de leurs manifestations. Je me gardai bien par la suite d’en remarquer les aspects burlesques; je les abreuvai d’histoires tirées de mon propre passé afin de leur signaler d’autres possibilités d’identification: ma grand’mère vêtue de son costume national, tremblant sous les rafales de neige en décembre 1918, à l’attente des résultats du référendum qui allait l’intégrer au pays de ses ancêtres, ouvrit le chemin à d’autres exemples que j’estimai essentiels pour un changement de vision. Cet exercice de mémoire eut un résultat tout à fait inattendu; en ressuscitant l’histoire de mon peuple, j’en ressuscitai en même temps les complexes collectifs, surtout celui d’infériorité par rapport aux autres nations européennes. J’étais plus près de mes collaborateurs qu’ils ne l’auraient pensé et que je ne l’avais cru moi-même; cette ressemblance m’attendrit au point où, les reconnaissant comme mes frères et soeurs, j’osai la leur signaler. Ils s’en défirent prestement, comme d’une dangereuse liaison; plus tard, je compris qu’ils n’avaient pas besoin de se voir de trop près et que mon miroir leur avait paru déformant par effet de proximité. Plus tard encore, nous nous sommes éloignés les uns des autres, sans plus regarder en arrière.

Décembre 2006

Florin Oncescu

Francizare

Profesoara de franceza se plimba printre rîndurile de banci. Cursantii sunt adulti sositi în Québec, ca imigranti, în urma cu cîteva luni. Cristina, nevasta-mea, de la care voi afla cele povestite acum, are locul undeva spre mijlocul clasei. Vicentiu, un alt român, cu care vom face cunostinta amîndoi mai tîrziu, e asezat la o banca din spatele salii.

PROFESOARA: Repet tema. Identificati si descrieti fapta, actiunea, realizarea proprie de care sunteti, în cel mai înalt grad, mîndri. Da? Sunteti atenti? Incepem? Cine vrea sa raspunda primul?

Un barbat negru, cu o figura impozanta, de ministru dintr-o tara africana, ridica mîna cu hotarîre.

PROFESOARA: Manu!

MANU (cu o voce grava): Pentru mine, cea mai importanta realizare e ca am reusit, numai prin propriul meu efort, sa dobîndesc o buna educatie, un serviciu bun si o buna situatie financiara într-o tara cum e Ghana, saraca si macinata de coruptie.

Din sala se aude un murmur batjocoritor, simulînd admiratia. Vicentiu rîde, cu o figura de elev golan la auzul spuselor tocilarului clasei.

PROFESOARA: Foarte bine, Manu. Si... a fost greu?

Mai multi cursanti izbucnesc acum în rîs.

MANU: Foarte greu!

PROFESOARA: Dar înteleg ca rezultatul obtinut tot n-a ajuns, din moment ce acum te afli la Montréal.

MANU: Ar fi ajuns, dar a venit razboiul!

PROFESOARA: E-adevarat. Si asta a schimbat datele problemei. Multumesc, Manu. Altcineva?
Analeticia, o tînara sudamericana, ridica mîna. Analeticia e prietena Cristinei si ele stau una lînga alta.

PROFESOARA: Analeticia!

ANALETICIA: Pentru mine, cea mai importata realizare este... fata mea. De cînd s-a nascut ea, pentru mine totul s-a schimbat.

PROFESOARA (înduiosata): Da, asa e... Copiii ne umplu viata... Cum o cheama?

ANALETICIA (soptit): Analuiza.

Femeile o privesc cu simpatie pe sudamericana. Barbatii asteapta în tacere interventia urmatoare. Egor, un tînar rus, ridica mîna.

PROFESOARA: Da, Egor.

EGOR: Pentru mine, realizarea cea mare e plecarea din Rusia.

Vicentiu rîde zgomotos, cu aerul ca întelege de minune spusele rusului.

PROFESOARA: Si venirea în Québec.

EGOR: In Canada!

PROFESOARA: Dar si în Québec!

EGOR: De acord, daca Quebécul ramîne în Canada.

Acum rîd aproape toti cei prezenti. Printre imigranti, optiunea federalista e net majoritara.

PROFESOARA (ascunzîndu-si cu greu iritarea): Multumesc, Egor. Altcineva?

Décembre 2006

Emil Belu

Lecturi în iglu

Nesfârsite zile si nopti sub sarutul ghetii. Furtuna nu mai are odihna. Stâlpi metalici doborâti de forte nevazute, copaci îngenunchiati de urgie, case prabusite. Oameni, nicaieri! Geamurile filtreaza o lumina galbena, hepatica. Batrânii artari din parcul de peste drum, înteapa cu sabii de gheata norii coborâti atât de jos, într-o implorare divina. Îmbracata în gheata, casa a devenit iglu. Încerc o adaptare asemenea fratelui eschimos. El, dedat climei Cercului Polar, este acasa. Eu oftând dupa zaduful balcanic, nu mai sunt nicaieri. Citesc. Recitesc. Poate trag vreun folos „dincolo”. Urmez sfatul lui N. Steinhardt ( preluat de la N.S. Leskov): „Citeste si încearca sa te alegi cu un folos. O sa ai parte de o buna distractie în mormânt”
Ger. Recluziune. Aproape mormânt.
„Pasiunea mea a fost omul singur”, citesc într-o carte a Margueritei Yourcenar. Iata, am gasit cartea pe masura momentului. Si ce singuratati? Împaratesti! De necrezut! Câteodata împaratii sunt mai singuri decât pustnicii. Din Attica si pâna în tinuturile stapânite de daci, din Spania natala si pâna aproape de contrafortii Caucazului, Hadrian ramâne un singuratic. Marguerite Yourcenar, asemenea idolului sau, iubea singuratatea. Traia pe un petic de pamânt american, cu nume ce îti da fiori: Mount Desert. Un fel de „Corsica sau Dalmatia, situata într-un climat aproape polar”. Aici mi-ar fi placut sa traiesc, pe aceasta insula, nu în forfota eoropeana a acelor vremuri în care s-a mistuit idolul autoarei, Hadrian.
Ger. Recluziune. Aproape mormânt.
Nu mai citesc. Ascult.
Vifornita stârnita dinspre nord – Marele Nord, cum îl alinta canadienii – încearca zadarnic sa frânga artarul din fata ferestrei, artar pe care o vara întreaga l-am dojenit ca nu-i dudul din ograda copilariei. Crengile înghetate scot sunete metalice, de harfa strunita de oarba stihie. Printre fulgi si palida lumina a unui lampadar, privesc neputincios zbaterea, lupta inegala cu natura dezlantuita. Oare, va rezista urgiei? Tresar la fiecare impact al crengilor cu fereastra. Cu unghii de gheata, pe geamul opac, artarul îsi scrie tremurând epitaful...
Pe o vreme ca asta, citesc într-un Jurnal, pe jos, prin vifornitele Siberiei, în lungul drum al surghiunului, inotând prin zapada pâna la brâu, preoteasa s-a oprit sfârsita, întrebându-l pe parintele Avvakum:
- Mai e mult Sfintia-ta?
- Numai pâna la moarte, Markovna.
- Sa mergem...

Décembre 2006

Daniel Constantin Manolesco

XIX siècles de latinité roumaine depuis l’an 107 A.D

Empreint de joie et de bonne volonté, on entend souvent ce souhait dans la vie de tous les jours. Que ce soit pour des naissances, souvenirs ou évènements remarquables, les anniversaires sont là pour nous rappeler que la vie est un «fleuve», comme le Saint-Laurent, qui coule du passé vers l’avenir.

A Montréal, au bord du Saint-Laurent, on peut lire plusieurs inscriptions historiques situées dans une Agora Belvédère du Parc des Rapides de Lachine, à la Salle. Elles sont là pour nous rappeler le rôle crucial de ces Rapides, dans l’établissement de Montréal. Les présentations nature et historiques multiculturelles faites par Héritage Laurentien (le gestionnaire des lieux en partenariat avec la Ville de Montréal), des aménagements en pierres taillés ( semblables à des anciennes fondations romaines) et la plantation symbolique d’un Tilleul ( arbre du poète national Mihai Eminescu ) ont attiré beaucoup des roumains, qui visitent régulièrement les lieux.
En 2005 nous avons célébré l’anniversaire de 470 ans depuis l’arrivée dans le pays des premiers Européens, avec Jacques Cartier, en 1535. En 2008 nous allons célébrer l’anniversaire de 400 ans de la fondation de la ville de Québec en 1608, par Samuel de Champlain. Cartier, Champlain, des explorateurs mais aussi des fondateurs qui de par leurs actions ont provoqué l’essor d’un nouveau peuple et d’une nouvelle culture en Amérique du Nord, la culture francophone.

XIX siècles en arrière, en 107 A.D., sur les plaines enneigées du Danube, le grand fleuve européen, un autre bâtisseur légendaire, a rendez-vous avec l’histoire :

MARCVS ULPIVS NERVA TRAIANVS IMPERATOR, l’Empereur romain TRAJAN, déclare l’ancienne Dacie de Décébale, province de plein droit dans l’Empire romain. Il pose ainsi les bases latines d’un nouveau peuple et d’une nouvelle culture en Europe de l’Est : le peuple roumain de culture latine.

Le futur Empereur romain Trajan est né le 18.Sept.53 A.D. en Espagne, prés de Séville, dans la colonie romaine Italica sur le Guadalquivir. Il appartient à la famille ( gens) Ulpia, des colons qui se remarquent sous le règne de Vespasien. Son père, Marcvs Ulpius Traianus Pater, est sénateur de Rome et Proconsul de la province d’Asie pour les années 79-80 A.D. Sa mère appartient à la grande noblesse espagnole locale. Son épouse, Pompeia Plotina, très belle et cultivée, viens de la France ( la Gaule à l’époque). L’Empereur la consultera souvent, lors de décisions difficiles, car il accordait grand prix autant à sa beauté qu’a son bon sens et sa sagesse.

Trajan commence sa carrière militaire et politique sous le règne de Domitien. Durant 10 ans il sert comme Tribun, officier supérieur adjoint du commandant d’une légion romaine. Il parcourt ensuite toutes les magistratures du « cursus honoris », jusqu’au Consulat en 91A.D, puis la Légation de Germanie Supérieure en 97 A.D. En octobre la même année, l’Empereur Nerva, fondateur de la dynastie Antonine, l’adopte et fais de lui son successeur. Le 25.Jan.98 A.D., Nerva meurt et Trajan devient le nouvel Empereur de tous les Romains.

Immédiatement, il s’attire une immense popularité hors d’Italie, car c’est la première fois q’un provincial ( espagnol de naissance dans ce cas ), devient empereur. Cela marque un tournant capital, car désormais l’Empire n’appartient plus aux seuls italiques, il appartient à tout citoyen romain.

Trajan as de la prestance, de la personnalité, tout en sachant se montrer très proche de gens. Comme Empereur, il décide d’entrer à Rome …à pied, sans protection spéciale, au milieu du peuple. Homme de bon sens, il s’entoure et écoute des conseillers avisés : Juristes ( Neratius Priscus ), administrateurs ( Pline le Jeune ), philosophes (Dion de Prusse ), Apollodore de Damas ( son architecte ), Decimus Terentius Scaurianus ( premier gouverneur de la province de Dacie ). Respectueux du Droit et du Sénat, il considère son pouvoir comme une fonction administrative et non comme un droit à se conduire en dictateur. Monarque absolu, il sait cependant laisser à tous les niveaux une certaine autonomie et aux intellectuels le soin délicat de mener une opposition courtoise. Il est simple, affable, ouvert, pratiquant la « moderatio», cette vertu de l’équilibre, du sage milieu, de la fuite de l’excès, que l’on souhaite tant aux hommes du pouvoir. Il s’oppose aux persécutions des Chrétiens, en conseillant de ne pas écouter leurs délateurs: «Un homme n’est pas digne de vivre dans notre siècle, s’il prête l’oreille a des telles dénonciations anonymes. », attitude qui suscite plus tard l’admiration du Pape St. Grégoire le Grand et de l’écrivain Dante Alighieri qui situe l’âme de Trajan au Paradis dans la « Divine Comédie ».

Préoccupé par la question sociale, il est également le fondateur de la première « allocation familiale » légiférée de l’Histoire, en assumant l’entretien des enfants des citoyens Romains pauvres par sa Loi -Alimenta

Il met en œuvre un programme politique cohérent, reposant sur le prestige et la solidité à l’extérieur et l’ordre à l’intérieur de l’Empire. Grand bâtisseur, il fonde en Afrique du Nord, Timgad, le Pompeï africain. En l’an 102 A.D, il aménage le Port de Rome ( Ostia ). En 105 A.D, il lance deux ponts, le premier sur le Danube, a Drobeta Turnu-Severin en Roumanie, le second à Alcantara en Espagne où il dote aussi la ville de Ségovie d’un aqueduc.

En 108 il inaugure à Tropaeum Traiani ( Adamclisi -Roumanie) un monument à la gloire des soldats romains morts dans les guerres de Dacie, consacrant aussi officiellement le statut des pleins droits Latins et Romains de la nouvelle province romaine de Dacie ( citoyenneté, etc.) De 107 à 109 il entreprend des grands travaux d’urbanisation à Rome, dont les Thermes de Trajan. En 112 il remet en état le canal qui lie le Nil à la Mer Rouge. En 113-114 il célèbre la dédicace de cet extraordinaire livre d’images de pierre, la Colonne Trajane à Rome. Celle ci raconte les campagnes militaires romaines en Dacie de 101 à 107 A.D. Elle est un véritable «certificat de naissance» gravé en marbre, il y a XIX siècles, des bases latines du peuple roumain moderne, issu des ces deux peuples fondateurs : les Daces et les Romains. Rêvant d’être le digne héritier d’Alexandre et de César, Trajan conquiert l’Arabie de 105 à 106 et les Parthes( Arménie et Mésopotamie ) de 114 à 117, entrant à Babylone en 116 et poussant jusqu’au Golfe Persique. Il meurt le 9.Août.117 à Sélinonte de Cilicie en Asie Mineure ( Turquie actuelle ), et conformément aux coutumes romaines, son urne funéraire est porte précieusement par son épouse jusqu’au dernier repos, une niche dans la base de la Colonne Trajane à Rome.

Dans la mémoire collective de Romains et des peuples latins, ( italiens, français, espagnols, portugais et surtout roumains dont il est le fondateur ) il laisse, le souvenir éblouissant d’un grand Empereur.

A ce jour encore, XIX siècles plus tard, le nom de l’Empereur TRAJAN figure encore dans le folklore roumain de transmission orale et dans les chansons populaires traditionnelles des Vœux à chaque Nouvel An.

XIX siècles plus tard, il est toujours de coutume en Roumanie de souligner l’excellence d’un travail bien accompli, par la remise d’une « couronne d’accomplissement », à la romaine, aux étudiants méritants des différents cycles académiques du parcours scolaire Roumain. Les aigles de Marius, font toujours partie de l’héraldique officielle de l’État roumain. En Roumanie, l’héritage romain est toujours vivant, depuis Trajan !
« Empereur, je cherche toujours à me comporter vis-à-vis de mes sujets, de la même manière dont je souhaitais autrefois, simple particulier, que l’empereur se comportât envers moi», disait Trajan. Quel modèle de pensée pour tous ceux qui exerceront un jour le pouvoir !« Felicior Augusto, melior Traiano ». «Sois plus heureux qu’Auguste et meilleur que Trajan ! ». Tel sera désormais le souhait qui sera formulé par le peuple, à l’avènement de chaque nouvel empereur romain.

Culture latine, culture roumaine, culture francophone : une mère et deux des ses nombreux enfants.

En Europe, à travers toutes les langues romanes ( dont le Français et le Roumain en font partie avec l’Italien, l’Espagnol, le Portugais et quelques dialectes ), mais aussi au Canada francophone, la base commune de notre héritage latin nous permet à tous une meilleure communication, autour d’une façon similaire d’envisager et d’y goûter la vie sociale. En fait, les Romains, comme les Grecs, sont à l’origine de la plupart des structures, des modes de vie et de pensée, occidentaux. Depuis prés de deux millénaires, la langue latine à été la base de l’enseignement classique dans ces pays. Le Code de Lois Justinien, repris dans le Code Civil Français par Napoléon, qui applique aux coutumes françaises l’expérience de la tradition romaine, a servi de modèle aussi pour les législations roumaines, québécoise et à la plupart des législations étrangères. Culturellement, l’héritage romain ne se limite pas aux aqueducs, Colonnes et Arcs de Triomphe. Ce sont aussi les écrivains latins, qui font partie de notre bagage culturel, que l’on retrouve comme source d’inspiration de nombreux écrivains modernes. Pendant la Renaissance, l’humanisme trouve ses racines dans l’apport des philosophies antiques, transmises par les auteurs romains. Ce sont les grandes figures latines qui s’imposent dans la dramaturgie francophone. Que ce soit dans la vertu des héros chez Corneille, dans les contradictions du personnage chez Racine ou encore dans plusieurs créations contemporaines, beaucoup des personnages de l’histoire romaine ont donné prétexte à une réflexion sur le comportement des humains et sur leurs rapports mutuels dans la société. Rome un modèle désormais oublié ? Ce n’est pas tant en terme d’imitation, que d’héritage qu’il faut considérer la place de la Rome antique dans nos sociétés modernes. C’est l’adaptation des Romains à la métamorphose des structures sociales à travers les siècles, qui nous inspire. Les descendants de Venus et Mars, héritiers d’Énée et de Romulus, continuent à vivre, même de façon indirecte dans nos propres comportements et dans nos langues d’origine latine.

Voilà l’héritage que nous Roumains –Canadiens, célébrons aujourd’hui doublement au Canada :

- une première fois avec la Roumanie, à l’occasion de XIX siècles de latinité roumaine depuis l’an 106 A.D.

- deuxièmement, en célébrant notre latinité au Québec, parmi des frères francophones et d’autres origines latines, pour notre enrichissement mutuel.
Merci beaucoup et Bonnes Fêtes !

Tribunes latines, histoire romaine- Université de Montréal, 24.XI.2006

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

annuaire