Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 27 • Montréal • 15.11.2005

ARCHIVE

Émilie Andrewes
Eldon d’or (fr)
Clara Ness
Genèse de l’oubli (fr)
Felicia Mihali
La reine et le soldat (fr)

Novembre 2006

Felicia Mihali

Reality show et poupées russes

En 2006, la maison d’édition Alto démontre la même cohérence éditoriale que l’année passée. Après la révélation de titres comme Nikolski, Milles et Isabelle, Un jardin de papier, cette année on nous offre d’un seul jet L’œil de Claire, Traité de balistique, Catéchèse. Y a-t-il une affinité quelconque entre des auteurs comme Paul Quarrington, Alexandre Bourbaki, Patrick Brisebois ? Leurs lieux préférés et leurs personnages peuvent bien se placer aux antipodes, ce qui les réunit tous est leur goût cultivé pour les extrêmes. Pour les lecteurs non avisés : chaque fois que vous voyez un titre sous le sigle Alto, qu’il vous plaise ou pas, soyez au moins certains de ne jamais vous ennuyer.


L’œil de Claire ou la thérapie de la catastrophe

Dans L’œil de Claire, Paul Quarrington nous entraîne dans l’univers des héros amoureux de cyclones, ceux qui se nourrissent des catastrophes afin d’apaiser leur mal de vivre. Ce n’est que la perturbation à l’échelle planétaire qui les aide à tuer la platitude quotidienne et même à guérir des plaies inguérissables. Cela dit, il n’est pas difficile de rassembler à Dampier Cay, une île à peine marquée sur la carte du monde, un veuf millionnaire, un chasseur d’orages, une célibataire désemparée et deux vacancières nordiques. Chacun traîne son passé et ses pertes dans ce lieu funeste qui précède, peut-être, l’entrée au paradis mais à travers le purgatoire de l’eau et du vent. Qui survivra à cette épreuve, qui prouvera être plus fort que les forces du ciel et de la terre? Paul Quarrington signe un roman qui traite de ce qui reste des drames humains à l’ère des reality show. Qu’il s’agisse de l’œil d’un cyclone ou de celui d’une caméra, le regard d’un tiers vous emporte là où vous ne vous y attendez pas.


Traité de balistique - Ceci n’est pas un revolver!

Traité de balistique pourrait vous dérouter un peu, sachant d’abord que le nom Alexandre Bourbaki est un summum brillant de trois auteurs : les écrivains Nicolas Dickner, Bernard-Wright Laflamme et le dessinateur Sébastien Trahan. L’important est de ne pas s’attacher aux personnages, car le vrai héros est un revolver, que vous feriez mieux de toujours suivre même lorsqu’il est déguisé en une horloge. Si vous commencez dans la bibliothèque d’un riche éternel, si vous sautez de la deuxième guerre mondiale à la cuisine de la classe moyenne québécoise, si vous écoutez de la musique émise au bord du cuirassé Svetlana dans l’oreille de l’oncle Robert, si vous assistez aux cambriolages entropiques, ne vous inquiétez pas, l’important est de savoir que quelque part, à tout moment, un revolver attend pour vous. Des mondes parallèles, imbriqués comme les poupées russes, ou les objets du premier ont une autre fonction dans le deuxième et une toute autre dans le troisième ne devrait pas vous dérouter tant que ça. Ces transgressions qui défient les lois de la gravitation et de la logique vous rappeleront les histoires de Mircea Cartarescu. Mais vous voyez bien combien Alexandre Bourbaki ( que vous pouvez lire d’ailleurs Bourba qui? ) a raison ; là bas, dans la Roumanie post communiste, un auteur débute son voyage à l’intérieur du cerveau à partir d’une ruelle poussiéreuse de Bucarest : de l’autre côté de la terre, au Québec, un auteur à trois têtes commence son trajet dans une ville-puits par la chambre à coucher d’un garçon. Jeu, expérience, provocation, moquerie, parodie? A chacun d’en juger. Si vous vous voulez vous amuser encore plus avec les trouvailles du groupe, allez sur www.alexandrebourbaki.net

Novembre 2006

Serge Bouchard

Confessions animales, BESTIAIRE

Illustrations de Pnina C. Gagnon

 

Des profondeurs de nos forêts, les éditions du passage présentent un splendide ouvrage qui devrait séduire la moyenne des ours : Confessions animales, BESTIAIRE. Vingt-trois textes du fameux anthropologue Serge Bouchard, écrits de sa plus belle plume, ludique et savante, et abondamment illustrés d’oeuvres de Pnina C. Gagnon, artiste peintre qui possède également sa propre patte, dans un style oscillant du réalisme à l’art naïf. «Je suis le loup, je suis la loutre, je suis le caribou, je suis le pékan... » Vingt-trois bêtes des espaces sauvages prennent la parole, se confient à nous. Leurs joies, leurs appétits, leurs travers et nostalgies. Saviez-vous que la mouffette a donné son nom à la ville de Chicago, et que, s’il est coupé, le pénis du lièvre repousse ?! L’ours avoue qu’il pue et le castor qu’il prend un malin plaisir à voir un humain tenter hystériquement de défaire à mains nues ses barrages.
Mais plus qu’un recueil de propos et confidences, ce bestiaire est l’appel de la grande Nature et de ses habitants qui crient pour ne pas être oubliés. Un livre idéal pour faire connaître et aimer notre patrimoine naturel ; aux plus jeunes par les illustrations, aux plus vieux par la richesse des textes. Une fois de plus, on reconnaît la griffe des éditions du passage qui ne manquent pas, à chaque ouvrage - Jamais de la vie, Têtes de violon, Bourbon Street, Lekhaim, chroniques de la vie hassidique à Montréal - de se démarquer par l’originalité des contenus et la finesse du design.

Novembre 2006

Thibault Gardereau

En rut

 

« L’être humain n’est sincère qu’à travers le sexe et seulement s’il s’y abandonne complètement. Le reste du temps, il n’est que superficialité, artifice et faux-semblant... »

Comment résumer le troisième roman de Thibault Gardereau sans s’attarder sur le titre que le romancier n’hésite pas à redéfinir comme une période d’activité sexuelle et intellectuelle pendant laquelle les humains cherchent à s’accoupler et à repousser leurs limites ?
En rut est un récit sur la fougue de la jeunesse et de la création dans lequel fantaisie et humour se côtoient au fil de la narration.
Le roman commence alors que les trois personnages principaux décident de s’inviter à une soirée afin de s’anéantir dans la chair. Ils y rencontreront un riche homosexuel désoeuvré surnommé l’Hippopotame, une critique littéraire dite la Hyène, un duc et une duchesse mal assortis, ainsi que trois filles, pour le moins diffé-rentes, Barbara la névrosée, Jennifer la toxico et Élodie la roman-tique. Les trois jeunes hommes emprunteront le chemin de l’excès et finiront la nuit chacun de leur côté : une ballade au clair de lune, une bacchanale lubrique autour d’une table tournante, une soirée new age décadente. Ils seront aussi confrontés à une caméra cachée, un trafic de vidéos X, aux affres de l’écriture, de l’amitié et de l’amour…
Les chapitres, construits comme des séquences cinématographi-ques, sont parsemés d’insertions succulentes, tirées des carnets intimes des personnages : « L’homme singe les animaux depuis toujours. À quoi bon vouloir l’élever au-dessus de sa nature, il redescendra toujours plus bas... que de costumes porte-t-il sans le savoir... »
La force de ce romancier est de savoir dépeindre avec justesse les imperfections et les travers humains pour nous faire rire... de nous-mêmes, et cela sans jamais se départir d’une réelle et tendre indulgence à l’égard de notre espèce.
Si vous avez aimé Le livre d’un croque-mort, En rut est un roman croustillant, caustique et efficace, qui comblera toutes vos atten-tes.

Né à Cannes en 1975, Thibault Gardereau est titulaire d'une maîtrise en lettres de l’Université de Nice. Après avoir rêvé de devenir acteur ou journaliste, il se réalise par le biais de l’écriture. Thibault Gardereau vit actuellement au Québec et travaille depuis maintenant trois ans à la direction des communications au Théâtre du Rideau Vert. Son deuxième ro-man, Le livre d’un croque-mort, récit clair-obscur et drolatique, a été bien accueilli par le public et la critique.

Novembre 2006

Raymond Plante

Pas sérieux

Illustrations d’Isabelle Arsenault

 

C’était un temps où Georges P. avait envie de tomber amoureux. Temps difficile puisque aucune fille ne s’intéressait à lui. Aucune ne paraissait le voir, en tout ou en partie. Il était invisible. Personne pour ainsi dire. Georges P. se rend toutes les fins d’après-midi dans un petit restaurant. Et là, il lit. Il est complètement absorbé par les aventures de L’ingénieux hidalgo don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantès. Au-dedans de lui, à la manière du chevalier fantasque, il livre un combat épique. S’il vient dans ce petit resto, c’est simplement qu’il découvre qu’il est amoureux de la serveuse, une femme plus âgée que lui, qui s’intéresse à sa lecture. Tout en remplissant les salières et poivrières, elle laisse échapper quelques phrases qui parlent d’elle. Une foule de choses qui pourraient ne pas intéresser le liseur, mais amènent son cœur à battre la chamade.

Un jour, il s’aperçoit qu’il a un bleu sur la pommette. Il se rend aux toilettes et tente d’effacer cette curieuse meurtrissure. La tache se transforme sous ses yeux et devient le visage émacié de don Quichotte, illustré par Gustave Doré.

Au fil des jours, le phénomène se reproduit de plus en plus fréquemment. Sa peau est envahie par tout ce qu’il lit. La situation est troublante. Sa vie sentimentale aussi.
L’adolescent devient un message ambulant…
Il est devenu un garçon de papier…


Les auteurs

Pas Sérieux est le cinquante-septième livre de Raymond Plante, décédé le 15 février 2006. Cette dernière œuvre démontre tout l’amour qu’il portait pour la littérature et l’espoir qu’il avait en la jeunesse.
Ce récit intemporel, aussi dur que tendre, représentant avec doigté le passage de l’adolescence à l’âge adulte est illustré avec sensibilité par Isabelle Arsenault.

Après des études universitaires en design graphique à l'UQAM (2001), Isabelle Arsenault s'oriente instinctivement vers le passionnant monde de l'illustration. Elle se fait connaître rapidement par son travail éditorial souvent primé lors de concours d'importance dans le domaine, tant au Canada qu'aux États-Unis. Elle a déjà publié aux éditions Les 400 coups Le cœur de monsieur Gauguin, pour lequel elle a remporté le du Gouverneur général 2005, catégorie jeunesse illustrations.

Collection « Style Libre » – 96 pages - Novembre 2006 – 18,95 $
ISBN 2-89540-311-2

Novembre 2006

Jean-Pierre Davidts

Le fond du verre

Illustrations de Stéphane Jorisch

 

Certains lisent l’avenir dans les feuilles de thé. Moi, ce serait plutôt dans les restes d’alcool: les rouges, les bruns, les dorés, caramel ou ambrés, les troubles et les translucides. Encore que ceux-là exigent plus de concentration… Je n’ai jamais demandé à devenir diseur de bonne aventure. Pour parler franchement, cette carrière me pèse, d’autant plus qu’elle est sur le point de mal tourner. Cordonnier bien mal chaussé…

Un soir de vague à l’âme, un commis voyageur alcoolique croque par bravade le ver qui dort, paisible, à l’intérieur de sa bouteille de mescal. Sa vie s’en trouve aussitôt bouleversée. Car notre héros se met à lire l’avenir au fond de son verre. Le hic est que cet avenir n’est pas vraiment rose. Des gens y meurent. Beaucoup même. Un journaliste de la presse à potins flaire de quoi écrire un bon papier. Ensemble, ils tenteront de trouver une solution. Mais est-ce la bonne ?
Le fond du verre est une aventure qui nous transporte à l’autre bout du monde pour finalement nous faire réaliser que ce qui s’y trouve était bel et bien au fond du verre.


Les auteurs

Jean-Pierre Davidts naît en 1950, à Liège, entre deux feuilles de chou (c’est ce que soutient sa mère). Il passe son enfance dans les frites, le chocolat et la bande dessinée (les trois mamelles de la Belgique) avant d’émigrer au Canada en 1961. Après des études en microbiologie, il troque son microscope pour le petit Robert et entame une carrière de traducteur qui le rapproche de l’écriture. Depuis la publication de son premier livre, en 1995, il récidive périodiquement pour commettre des ouvrages de toute sorte, dont une suite (il est fou, ce Davidts) au célèbre Petit prince de Saint-Exupéry. Le principal talent de Jean-Pierre Davidts est de savoir mettre les pieds dans les plats. Donnez-lui-en un, vous ne serez pas déçu. Il signe ici sa première collaboration avec Les 400 coups.

Né en Belgique, Stéphane Jorisch est arrivé bébé au Québec. Après des études et quelques années de travail en graphisme et en design industriel, il se consacre à l’illustration où son talent et sa créativité sont vite reconnus. Il est publié au Québec, au Canada, aux États-Unis et en Europe. Il a reçu le prix du Gouverneur général en 1993 et a été depuis plusieurs fois finaliste aux prix Christie et du Gouverneur général.


Collection « Style Libre » – 40 pages - Novembre 2006 – 15,95 $
ISBN 2-89540-313-9

Novembre 2006

Hervé Bouchard

Parents et amis sont invités à y assister

Drame en quatre tableaux avec six récits au centre


Deuxième roman de Hervé Bouchard, Parents et amis sont invités à y assister fait entendre, par le recours à la forme dramatique, un chant collectif : un clan livre ses tribulations dans des lamentos funambulesques et « bassement comiques ».

Figure centrale de cette polyphonie, la veuve Manchée, femme sans bras dans sa robe en bois, s’adresse à ses soeurs, à ses fils les chiens à tête de veau, à « l’épisodique Laurent Sauvé » joué par un fils de dieu – et à ellemême. Dans la continuité des écritures de Samuel Beckett, de Valère Novarina ou de Gilbert La Rocque, cet entrelacement de monologues fonde un monde tout à la fois labyrinthe et scène de théâtre, où la parole a force de mythe; où l’angoisse est un « orphéon » de fils chiffrés qui joue fort pour les « spectatrons » ; où chaque tirade est un lieu, cave, coin, voiture et kiosque... Où chaque vivant, «en Hamlet qui magasine», a des morts et des pères qui lui remplissent la voix d’histoires.

Parents et amis sont invités à y assister a remporté le prix Abitibi-Consolidated du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean 2006 dans la catégorie roman. Il a remporté aussi le Grand Prix du Livre de la ville de Montréal.


L’auteur
Né à Jonquière (Québec) en 1963, Hervé Bouchard est professeur de lettres au
Cégep de Chicoutimi. En 2002, il a fait paraître à L'Effet pourpre Mailloux, que
Le Quartanier réédite en même temps qu'il sort son deuxième roman, Parents
et amis...

7 Novembre 2006

Barry Callaghan

Jamais est l’écho de toujours

Traduit de l’anglais (Canada) par Claire Chabalier et Louise Chabalier

 

Ce roman raconte l’histoire d’Albie Starbach, concierge dans un immeuble locatif, passeur scolaire et cow-boy urbain paranoïaque. Albie, qui voit et parle à des desperados dans son monde imaginaire, recherche une certaine intimité là où il peut, auprès des danseuses d’un bar de striptease ou assis dans la chaufferie de la maison de chambres, l’oreille collée aux conduits d’air, à l’écoute de locataires pleurant au téléphone. Jeune homme ayant sa fierté, il est déterminé à démontrer sa valeur à ses desperados, à la police, aux écoliers, ce qui le mène à une fin apocalyptique.

Né à Toronto en 1937, Barry Callaghan est à la fois écrivain, poète, journaliste et éditeur. Professeur à l’Université York, il a fondé la magazine littéraire Exile de même que la maison d’édition Exile Editions. L’excellence de son travail journalistique a été soulignée par de nombreux prix, tant au Canada qu’aux États-Unis. Très bien accueillis par la critique, ses ouvrages de fiction ont été largement diffusés aux États-unis et en Angleterre, et ont été traduits dans plusieurs langues.

7 novembre 2006

Julian Kawalec

L’épervier qui danse

Traduit du polonais par Charles Zaremba

 

L’épervier qui danse décrit crûment l’ascension et la chute d’un être, sans trop de scrupules, Michal Toporny. Le livre commence par son enterrement. Deux femmes s’observent de loin : ses deux épouses successives symboles des deux moitiés antinomiques de sa vie. Issu d’une famille très pauvre, Michal épouse Maria, une paysanne pour sa dot. Ils ont un fils, travaillent beaucoup. Mais, le nouveau système politique avantage les gens issus de classes sociales défavorisées : Michal part à la ville et fait des études d’ingénieur. En ville, iIl y rencontrera sa seconde épouse, Wieslawa, issue de la bonne bourgeoisie. D’un coup, Maria lui paraît laide : Michal divorce, épouse Wieslawa, ils ont un fils. Il coupe ses liens avec le village, rejette ses origines mais finit par être rejeté à son tour de tous : ses collègues, sa seconde épouse qui le quitte pour un homme plus charmant, un vrai citadin. L’épervier qui danse est construit comme une pièce de musique répétitive et illustre les problèmes d’identité.

Julian Kawalec est né le 11 octobre 1916 à Wrzawy, près de Tarnobrzeg (Pologne). Issu d’une famille paysanne pauvre, il fait des études de lettres à l’Université Jagellonne de Cracovie. Passe la guerre dans son village natal. Après la guerre, s’installe à Cracovie où il travaille comme journaliste. Son style, répétitif, envoûtant, ses nombreux monologues intérieurs peuvent rappeler la prose de W. Faulkner — teintée de stylisation biblique.

Novembre 2006

Parutions chez XYZ

 

François Barcelo

Bonheur Tato

(roman)

 

Roger Lorange, un écrivain paumé dans la soixantaine, décide de redevenir rédacteur publicitaire pour renflouer son compte d’épargne avant sa retraite. Engagé sans difficulté, il se voit même confier la campagne du siècle. Tout va pour le mieux, jusqu’à ce que tout aille horriblement mal. Une description souvent hilarante du monde de la publicité ainsi que de celui de l’écrivain. Avec en prime, une touche autobiographique évidente…


Jeffrey Moore

Les artistes de la mémoire

(traduction Hélène Rioux)


Ce roman, célébré partout et dont on veut tirer un film mettant en vedettes de grandes stars internationales, est en passe de devenir un succès de la trempe de L’histoire de Pi de Yann Martel. Il porte tout entier sur la mémoire : Stella Burun sombre peu à peu dans la maladie d’Alzheimer alors que son fils Noël souffre de synesthésie à tel point que, quand on lui adresse la parole, les mots éclatent dans sa tête en une explosion de couleurs. Un roman drôle et triste en même temps qu’un brillant exercice de style.

 

Hélène Rioux

L’amour des hommes

(roman)


Entre l’amour et la mort y a-t-il un lien obligé ? Dans le cas qui nous intéresse, incontestablement. Clément vient d’apprendre qu’il n’en a plus que pour quelque temps à vivre. Il relance Éléonore, une ancienne maîtresse avec laquelle il a décidé de passer ses derniers moments. C’est elle qui rédige, en des temps différents, un journal où la figure emblématique de Don Juan constitue le point d’ancrage de ce récit car il y est question de conquêtes et de trahisons. Un portrait triste de l’amour et de la mort et le sentiment que la vie sera toujours un éternel recommencement.


Aude

Chrysalide

(roman)

 

Peut-on se suicider pour rien ? C’est apparemment ce qu’a tenté la narratrice le jour de ses quatorze ans. Pour les parents qui adoraient leur fille et qui ne comprennent pas son geste, c’est la catastrophe. La narratrice, elle, prendra un long temps à saisir qu’on peut vouloir se suicider non pas pour rien, mais parce qu’on n’est rien sinon ce que les autres nous demandent d’être. Aude livre ici un roman d’une infinie justesse sur le désarroi des filles qui copient leurs comportements sur des modèles imposés et qui n’arrivent jamais à être vraiment elles-mêmes.

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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