Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 27 • Montréal • 15.11.2006

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Otilia Tunaru
Interview avec Shola Doummar (fr)

Novembre 2006

Roger Mariage : le maître à pensées et humoriste qui voit la réalité en pleine… farce *

Par Otilia Tunaru

« Si l’on ne trouve pas le temps, est-ce parce qu’on l’a perdu? », « Est-ce que se mettre à la place des autres peut nous remettre à notre place? ». Des questions-boutades qui sollicitent la réflexion et font parfois éclore un sourire ou éclater des rires en cascade qui résonnent souvent au-delà de la salle de spectacle.
Peu de gens savent qu’il faut plusieurs années de travail tenace pour réaliser une heure et demie d’humour. Roger Mariage a investi cinq ans de recherche et plus de 15,000 heures de travail pour produire un spectacle qui est tout à fait spécial et original, un show inoubliable d’exploits homonymiques, car les multiples facettes des mots sont mises en vedette tout au long de la soirée. Un mariage d’humour fin et de pensées profondes.

Ce « maître à pensées » — il a déjà publié deux livres de pensées comme celles-ci : « Grasse matinée, maigre journée. », « Les gens qui ont de la classe ont sûrement été à la bonne école. », « Une mère c’est quelqu’un qui vous porte pendant des mois et vous supporte pendant des années. » — ce « maître à pensées » a commencé à monter des spectacles d’humour lorsqu’il étudiait à l’université Laval et il est revenu récemment sur les planches pour préparer son dernier intitulé Voir la réalité en pleine farce, qu’il présentera pour la première fois à Montréal, le 24 et le 25 novembre à 20h, à la salle de spectacle Le Petit Medley de Montréal (6206, rue Saint-Hubert, coin Bellechase).

OTILIA TUNARU : Quelle sorte d’humour véhiculez-vous?

ROGER MARIAGE : Un humour qu’on ne trouve pas souvent, un humour à texte, basé plus spécifiquement sur les jeux de mots, à l’image d’un Devos par exemple, ou, plus près de nous, d’un Deschamps ou d’un Sol. J’essaie de faire rire et réfléchir les gens tout au long du spectacle en utilisant un humour qui fait appel à leur intelligence : je fais en sorte que le public s’amuse à trouver les astuces ou les subtilités du langage. Le français est une langue riche et complexe qui permet justement de jouer avec les mots en changeant simplement leurs contextes, ce qui a pour effet de changer leurs significations. Ça devient même une forme d’art.

O.T. : Les thèmes de prédilection dans les shows humoristiques sont la politique et l’actualité. De quoi vous vous moquez dans votre show?

R.M. : La politique et l’actualité ne sont pas des sujets que j’aborde. Je parle plutôt de la nature humaine en général — du bonheur, de l’amour, du mariage, de l’argent; j’aborde même des sujets aussi délicats que la mort ou l’euthanasie, en les traitant d’une façon humoristique, comme lorsque je dis : « S’empêcher de vivre, n’empêche pas de mourir ». Mes sujets ont l’avantage d’être intemporels : dans 10 ans on va comprendre la même chose et on va rire de la même manière. Ils sont aussi universels : si je m’adresse aux Canadiens ou aux Roumains, tous peuvent se retrouver et comprendre facilement. J’utilise également un français international, ce qui me permettra éventuellement de présenter mon spectacle en Europe et dans d’autres pays francophones.

O.T. : Comment votre spectacle est structuré?

R.M. : Le show dure une heure et demie; je présente une douzaine de numéros où l’on retrouve en alternance soit une histoire, soit une série d’observations.

O.T. : J’ai beaucoup aimé ce genre de réflexion basée sur des contradictions, comme la vie de tous les jours : « Si le temps c’est de l’argent, pourquoi ne pas être riche du moment présent? », « À quoi bon apprendre à vivre si l’on ne vit pas ce que l’on apprend? ». Quel est le public qui goûte ce genre d’humour?

R.M. : Les personnes qui sont sensibles aux mots, à la finesse de la pensée. Ils doivent cependant se mettre au deuxième niveau et être toujours à l’affût car je m’amuse continuellement à essayer de les surprendre. J’ai aussi observé que les gens qui ne sont pas francophones ont une réceptivité accrue aux mots, ils réagissent bien aux jeux de mots, à ce genre d’humour. En apprenant une autre langue, on réalise que les mots ont plusieurs significations. Moi je suis un franco-ontarien et j’ai appris le français et l’anglais en même temps; ça m’a rendu plus sensible au sens des mots. Quand j’étais à Paris, c’étaient surtout les Hawaïens, les Japonais et les Chinois qui achetaient mes livres et appréciaient mes textes. Ça les aidait à comprendre et à découvrir la langue française.

O.T. : Vous avez publié deux livres de pensées, de proverbes et d’aphorismes : Subtilités et Le prêt-à-rire quotidien. En les lisant, je me suis demandée si vous êtes un linguiste ou un philosophe…

R.M. : Je suis en quelque part un philosophe qui aime résumer ses expériences de vie ou ses observations en courtes réflexions; j’utilise également beaucoup la psychologie, ayant fait mes études universitaires dans ce domaine. L’intérêt pour les mots m’est venu suite à une lecture d’un recueil de pensées de Felix Leclerc. Je suis tombé en admiration avec son style d’écriture «humoristique» si je peux dire, où l’on retrouvait des phrases comme : «Il se croyait beau, il en était laid. » ou encore «Le chef d’œuvre exalte le grand peintre, brise le petit. » Du 16 au 20 novembre, je serai présent au Salon du livre de Montréal, dans le kiosque de Raffin, avec des créateurs qui associent la poésie à l’image, les Pelleteurs de nuages.

O.T. : Comment vous trouvez les spectacles d’humour au Québec?

R.M. : Il y en a pour tous les goûts. Je trouve cependant qu’il n’y a pas assez d’humour qui fait appel à l’intelligence des gens. De plus, les thèmes abordés sont souvent les mêmes : on manque d’originalité. Heureusement, il y a une clientèle qui cherche autre chose, de la qualité d’expression et de l’humour intelligent. Mais pour obtenir un tel résultat, il faut plus que du talent : il faut beaucoup de travail et de passion. Personnellement, si j’ai pris tout mon temps pour créer un bon divertissement, c’était dans la perspective de pouvoir le présenter pendant des années : c’est plaisant de voir que les gens reviennent voir le spectacle parce qu’il est dense et riche. Il y a plus de 600 subtilités, ce qui représente environ sept à chaque minute. Sans compter qu’après le spectacle, il reste toujours des choses à méditer.

O.T. : Quels sont vos projets d’avenir?

R.M. : Éventuellement, publier les textes de mon spectacle et faire des tournées partout dans la province de Québec; plus tard, j’aimerais aller le présenter en France et dans les pays francophones. Mais pour le moment, je m’amuse à jongler avec les mots et avec votre tête afin de chatouiller votre matière grise pour mieux la griser!


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* Voir la réalité en pleine farce est le titre du spectacle présenté le 24 et le 25 novembre à 20h, à la salle de spectacle Le Petit Medley de Montréal, 6206, rue Saint-Hubert, coin Bellechase.
Les billets sont disponibles en Réseau Admission. Prix : 20$ (taxes incluses)

http://www.admission.com/html/venue.htmI?l=FR&venue=PEMED

Novembre 2006

Florin Salajan, directeur artistique de l’ensemble folklorique HORA

www.ensemblehora.com

Par Otilia Tunaru

Un spectacle de l’ensemble folklorique HORA est toujours une explosion de bonne humeur. Les jeunes qui dansent sont comme un vertige de cadences fougueuses, de couleurs vives et d’énergie qui déborde et qui emporte les spectateurs. Les filles ont des fleurs dans leurs cheveux et leurs jupes tournent sans arrêt. Les garçons tapent sur leurs bottes et lèvent les jambes à 90 degrés; le rythme devient plus alerte et les mouvements de danse s’enchaînent harmonieusement. HORA c’est le nom d’une danse spécifique roumaine. Les gens se reprennent en formant un cercle vif qui tourne à perte de vue, un cercle de passion et de joie de vivre. Les cris enjoués intensifient le rythme comme autrefois dans les villages de la Roumanie. La danse suivante, les interprètes se sont emparés de chapeaux avec des plumes, puis les filles dansent Crihalma, une danse dédiée seulement à la délicatesse féminine. La chorégraphie est riche, les costumes et les pas de danse changent constamment, le rythme devient exaltant. C’est émouvant, c’est spectaculaire, c’est HORA.

Parmi les fringants danseurs, le directeur artistique, Florin Salajan, danse infatigablement et maintient le rythme alerte. Son rêve le plus cher, d’organiser un ensemble folklorique roumain, a pris forme et s’appelle HORA. De plus, depuis deux ans, Florin Salajan a fait revivre les coutumes ancestrales spécifiques de la période de Fêtes. Avec générosité et passion, les artistes du groupe HORA sont à préparer leur tournée de Noël et du Réveillon.

www.ensemblehora.com

OTILIA TUNARU: Comment a commencé cette belle aventure qui s’appelle l’Ensemble folklorique HORA?

FLORIN SALAJAN : Je suis danseur depuis longtemps et j’ai suivi des cours de chorégraphie, car j’ai fait une école d’art en Roumanie. En restant ici, à Montréal, j’étais décidé à mettre sur pieds un ensemble folklorique. Ça n’a pas marché dès le début, j’ai essayé plusieurs formules avec des danseurs professionnels. J’ai finalement trouvé une formule durable, avec des amateurs, ce sont surtout des enfants et des adolescents. J’ai d’abord enseigné et j’ai voulu transmettre la danse populaire roumaine aux gens d’ici.

O.T. : Comment faites-vous pour trouver des amateurs de danse populaire?

F.S. : Dans les fêtes, je montrais des figures de danse. J’ai commencé avec les enfants de mes amis, plus exactement trois filles. Elles ont amené leurs copines, les frères des copines... Lors du premier spectacle, il y avait cinq filles et moi : trois Roumaines et deux Québécoises.

Nous avons été invités à donner des spectacles et…c’est parti! Le 16 août 2003, nous nous sommes enregistrés comme l’Ensemble folklorique canadien roumain HORA. Sur notre site www.ensemblehora.com sont disponibles toutes les informations pour ceux qui veulent nous connaître ou s’inscrire. Nous donnons des spectacles gratuits, mais en même temps nous devons nous organiser pour subvenir à nos besoins. Pour nous pratiquer, nous avons loué une salle.

O.T. : Il est impressionnant de voir votre façon de danser. Les sauts et la vivacité des mouvements, les cris de joie et les vers improvisés, le rythme alerte qui vous caractérise… Combien d’heures sont nécessaires pour une telle performance?

F.S. : Trois heures de pratique soutenue à toutes les semaines en salle. Encore trois heures ou plus chez nous. Vu qu’on n’a pas l’argent pour louer deux fois par semaine, il faut se pratiquer individuellement.

O.T. : Même si vous avez un travail ou vous faites des études, ce hobby est devenu très sérieux, la pratique est très stricte…

F. S. : Le folklore est comme une passion, c’est un vrai virus. Une fois qu’on l’a attrapé, c’est pour la vie. Il y a des personnes qui ont lâché, faute de temps, mais la passion reste. Oana et Augusta sont les filles avec qui j’ai commencé. Elles travaillent beaucoup avec les nouveaux qui se sont ajoutés.

O.T. : Pourquoi penses-tu que le public raffole de vos spectacles?

F.S. : Le folklore roumain est l’un des plus riche folklore du monde. D’une province à l’autre, parfois même d’un village à l’autre, le folklore est carrément différent. Par exemple, les danses de Transylvanie et celles d’Olténie, sont totalement différentes. Le trésor folklorique est très riche et bien conservé. Moi, à mon tour, j’essaie de transmettre ce que j’ai appris de mes parents. Quand j’ai commencé à enseigner, je n’avais pas pensé qu’un jour j’enseignerais la danse spécifique roumaine en français, aux Québécois et à plusieurs autres communautés. Il y a des gens originaires de Thaïlande qui aiment danser et à qui j’ai enseigné.

O.T. : Les divers costumes populaires que vous portez donnent un charme exceptionnel à la chorégraphie de vos spectacles…

F.S. Les costumes sont commandés directement en Roumanie, ils sont faits à la main par des artisans expérimentés. Les modèles sont originaux, de même que les matériaux utilisés, par exemple la peau des moutons.

F.S. : Êtes-vous le seul groupe de danses populaires roumaines ici, à Montréal?

F.S. : D’après moi, oui. L’ensemble HORA est membre de la Société du patrimoine du Québec et de Folklore Canada. Nous sommes une société sans but lucratif qui a comme mission de faire connaître et de promouvoir le patrimoine folklorique roumain.

O.T. : Avez-vous trouvé de l’appui pour continuer ce travail?

F.S. : Ceux qui nous appuient sont surtout les parents et les amis. Et j’ai reçu quelques costumes d’une dame qui est venue en pleurant après qu’elle nous a vus lors de notre tournée de la nuit du Réveillon. Elle m’a donné les costumes hérités de ses parents. En général, les gens qui regardent nos spectacles versent quelques larmes. Nous sommes tous arrivés ici, au Canada, avec deux valises. Mais la véritable richesse est dans notre âme et dans notre cœur. À mon avis, c’est la chose la plus valorisante par rapport au Canada. Nous ne pouvons pas rester dans la formule métro-boulot-dodo. Le hip-hop ou n’importe quel genre de danse c’est une façon de s’exprimer. Ce n’est pas vrai que nos adolescents ne sont pas intéressés par le folklore roumain. Ils n’ont tout simplement pas eu l’occasion de le connaître. Nous ne savons pas leur montrer et leur demander comment le faire, chacun à sa manière.

O. T. : HORA est devenue une vraie famille. Comment faites-vous pour vous organiser?

F. S. : Quand il faut travailler on travaille, quand il faut niaiser, on niaise -c’est ma devise. Par exemple, nous avons travaillé pendant la nuit du Réveillon, car nous avons fait le tour des fêtes roumaines pour présenter notre spectacle. Mais nous avons organisé notre propre Réveillon après quelques jours, nous l’avons nommé Mini réveillon HORA. Nous voyageons ensemble, car nous avons eu des spectacles un peu partout : à Ottawa, à Québec, à Toronto… Parfois nous sommes obligés de refuser des invitations qui viennent de loin, à cause de nos ressources financières modestes. Nous avons présenté des spectacles pour les Roumains, mais aussi pour les autres communautés culturelles : grecque, italienne… Nous avons été présents lors du Festival arabe ou libanais, du Festival des enfants, du Festival du Parc Safari etc.

O.T. : HORA a été sélectionnée parmi les sept premiers groupes de danse folklorique…Comment vous êtes-vous rendu dans l’échelon qui vient en tête?

F. S. : Folklore Canada organise un spectacle annuel. En 2005, nous avons été choisi parmi les meilleurs groupes de tout le Québec pour la plus fulgurante ascension. Nous avons participé à coté des Polonais et d’autres communautés qui ont une tradition de plus de 40 ans. L’ensemble HORA a seulement deux ans d’existence et se retrouve à la hauteur de groupes importants, qui existent depuis des dizaines d’années. C‘est encourageant.

O.T. : Depuis deux ans, vous organisez à Montréal, pour la nuit du Réveillon, un spectacle des coutumes roumaines d’hiver.

F.S. : C’est une tournée de danse folklorique roumaine et de présentation de divers numéros. Nous avons réussi à réaliser des costumes sophistiqués : la chèvre, les masques,… et nous avons préparé un répertoire de souhaits spécifiques. Cette année nous allons ajouter le numéro avec l’ours et la gitane, d’autres masques…

O.T. : Vous irez dans les fêtes où vous serez invités. Comment pouvez-vous être contacté pour la nuit du Réveillon?

F.S. : Vous trouverez toutes nos coordonnées sur notre site Internet www.ensemblehora.com. On a participé à des mariages et à des baptêmes; c’est une autre façon de danser sur une scène et c’est une autre manière de faire la chorégraphie dans une fête.

Nous avons organisé une soirée roumaine dans une école à Montréal. Une fille de notre groupe participait à un projet de présentation de costumes de différents pays. Nous avons été fiers de montrer nos costumes et notre programme artistique. Il y a des gens qui peut-être n’auraient pas connu le folklore roumain si nous n’étions pas ici, pour danser et pour continuer ce travail d’engagement artistique.

Lors d’une soirée roumaine, nous avons eu 350 spectateurs dans la salle et une autre fois autour de 400 spectateurs. La plupart sont des Roumains, mais nous avons également des spectateurs québécois.

O.T. : Vous avez eu l’occasion d’enseigner à l’Université de Montréal la danse populaire roumaine?…

F.S. : À l’Université de Montréal, il y a une section de danse folklorique internationale et j’ai été invité par Mme la Professeure Jocelyne Vaillancourt pour enseigner aux étudiants les danses roumaines, surtout celles de la région de Transylvanie.

De plus, pendant l’été, du début juin jusqu’à la fin du mois d’août, il y a une Folkothèque. Les lundis soirs on apprend les pas et jeudi soir, on pratique. Lors de la soirée de clôture, à la fin août, c’est une parade de costumes populaires.

À Granby, j’ai enseigné Crihalma, la danse mettant en scène seulement des filles qui s’interpellent. Et à la fin de l’année, environ 20 filles ont dansé Crihalma sur la scène de Granby, comme à Fagaras dans les Carpates roumaines.

O.T. Quels sont les projets à court terme de l’ensemble folklorique HORA?

F.S. : Premièrement, c’est le camp de danse populaire roumaine organisé par Mme Vaillancourt. Cette fois-ci, les professeurs invités sont Cristian Florescu et Sonia Dion, deux danseurs professionnels qui enseignent partout dans le monde. Ils sont venus de la Roumanie avec l’ensemble folklorique Sortilège. Les 25 et 26 novembre, au local des Éclusiers de Lachine, tout le monde peut participer à cet atelier. Notre groupe folklorique participera à ce projet qui rassemble des danseurs de partout dans le monde. Tous les renseignements sont sur le site :

<http://lise.desjardins.googlepages.com/home>

Et après, c’est Noël et le Réveillon, une période des Fêtes pendant laquelle les Roumains se rappellent les traditions de leurs ancêtres. Je suis content de faire connaître la richesse du folklore roumain et j’essaie de transmettre le plaisir de danser hora et les autres danses populaires de Roumanie. Pendant les spectacles, j’ai vu des larmes dans les yeux des spectateurs.

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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