Une présentation du Théâtre Abé carré
cé carré : Une création du Théâtre
de Quat’Sous en coproduction avec le Festival de théâtre
des Amériques, le Théâtre Ô Parleur, l’Hexagone
Scène nationale de Meylan, le Dôme Théâtre
d’Albertville Scène conventionnée, Scène
nationale d’Aubusson Théâtre Jean Lurçat,
le Festival international des Francophonies en Limousin et le Théâtre
71 Scène nationale de Malakoff.
BRÛLANT SECRET
«S’il faut être brûlée, mieux vaut
un incendie», disait déjà la dame aux camélias.
Après Alexandre Dumas fils, voilà qu’un nouvel
éclaireur, qu’un nouvel éveilleur de consciences
et de coeurs animé d’un intense feu intérieur
vient enflammer la scène du TNM. Et ce, au moment où
l’on n’hésite pas, comme le disait Voltaire, à
«brûler ses compatriotes pour des arguments».
Auteur, metteur en scène, comédien, directeur de théâtre,
romancier, réalisateur, Wajdi Mouawad grille
les feux rouges et met en cendres les frontières entre les
disciplines. Libanais d’origine, Français de formation,
Montréalais d’adoption, il met en flammes tous les drapeaux
et crée des mondes impurs et fascinants ; il accouche de fables
allégoriques et de récits initiatiques dans lesquels
l’on ne parvient chez soi qu’en passant par l’ailleurs.
Avec Littoral, Rêves, Incendies et
Forêts, il a embrasé les scènes d’Europe.
Avec Don Quichotte et Les Trois Soeurs, présentés
au TNM, il a consumé les lieux communs et les clichés
attachés à ces œuvres afin de leur donner une nouvelle
vie. Wajdi Mouawad est un incendiaire. Et toujours de fabuleux phénix
renaissent de ses brasiers…
À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU
Sans être une suite de Littoral, où un fils cherchait
à donner une sépulture à son père, Incendies
poursuit la réflexion sur l’origine. Une femme vient
de mourir. Et aujourd’hui, en présence d’un notaire,
elle ouvre l’accès à son silence et ses secrets,
aux mystères douloureux d’une famille. Elle a laissé
à ses jumeaux un cahier rouge, une veste en toile verte et
deux enveloppes porteuses d’une demande lourde de conséquences
: autant de boîtes de Pandore, sources de maux et de merveilles,
dont le contenu entraînera Jeanne et Simon dans une odyssée
initiatique vers un passé inconnu, vers un continent lointain,
vers une seconde naissance. «L’enfance est un couteau
planté dans la gorge. On ne le retire pas facilement.
» Et si seuls les mots pouvaient arracher ce couteau sanglant
et ainsi calmer la brûlure?…
WAJDI, RACONTE-NOUS UNE HISTOIRE POUR QUE L’ON NE SE RACONTE
PAS D’HISTOIRE
Oui, Wajdi Mouawad est un incendiaire. Brûlant de fièvre.
De cette fièvre contagieuse que nous rêvons tous de contracter.
Il est un conteur, un bonimenteur, un ensorceleur. Un vrai moulin
à paroles. Un auteur qui nous permet de redécouvrir
le plaisir simple de se faire raconter des histoires. Et il en arrive
des choses dans une oeuvre de Mouawad, que ce soit au théâtre
ou sous forme de roman! Ses oeuvres sont d’immenses bordels,
de formidables foutoirs, des overdoses d’images-chocs et d’émotions
contradictoires. Elles forment un tapis persan d’histoires entremêlées.
Wajdi Mouawad n’explique rien : ni la guerre, ni les rapports
mère-fils, père-fils, ni les terreurs de l’enfance,
ni la nécessité de création, ni la part de courage
qu’il faut pour parvenir à rompre et ainsi se retrouver.
Il tente seulement de mieux s’appartenir en élaborant
des récits permettant la conquête de soi. Il a dans la
tête un monde prodigieux et effroyable. Il ne saurait être
question de le retenir ou le contraindre, car sa survie en dépend.
HISTOIRE D’UN GROUPE
Wajdi Mouawad l’a lui-même dit : «L’origine
d’Incendies se construit dans la rage de dire l’inconcevable
et dans la force des liens tissés. Au coeur de son processus
de création, il y a une confiance. Une confiance faite à
ce que l’on raconte, plus qu’à ce que l’on
dit. Pour l’atteindre il fallait prendre le temps. À
l’été 2002, les comédiens et les concepteurs
se sont assis autour d’une table. Ils ont questionné
le sens, personnel à chacun, de monter sur une scène
pour y porter une parole, et celui de l’histoire qu’ils
avaient décidé de raconter ensemble. Et jusqu’au
tout dernier mois les scènes ont été écrites
à mesure des répétitions, mais il fallait avant
en avoir ancré le sens dans le corps de chacun pour pouvoir
se permettre de l’oublier et lui faire une confiance absolue.
Pour pouvoir garder jusqu’à la toute dernière
minute la tête dans le guidon. Et faire de la rencontre avec
le public un instant de clairvoyance.»
UNE PRÉSENCE TROP RARE
C’est avec un incommensurable plaisir que le TNM accueille à
nouveau la grande Andrée Lachapelle, dont le feu sacré
a nourri Incendies. Inoubliable Paprikouce dans Les oranges
sont vertes de Claude Gauvreau, Andrée Lachapelle
s’est faite trop rare sur la scène du TNM. Celle qui
a pourtant marqué de sa présence quelques productions
mythiques, de La Saga des poules mouillées de Jovette
Marchessault aux Paravents de Jean Genet mis en scène
par Brassard, revient enfin parmi nous pour la reprise de cette oeuvre-phare
de Wajdi Mouawad, présentée pour la première
fois à Montréal au Festival de théâtre
des Amériques en 2003, reprise au Quat’Sous en 2004 et
qui a arpenté depuis toutes les régions de France, semant
partout l’émoi sur son passage.
Avec: ANNICK BERGERON, ÉRIC BERNIER, GÉRALD
GAGNON, REDA GUERINIK, ANDRÉE LACHAPELLE,
MARIE-CLAUDE LANGLOIS, ISABELLE LEBLANC, ISABELLE ROY, RICHARD THÉRIAULT
Assistance à la mise en scène ALAIN ROY
Décor et costumes ISABELLE LARIVIÈRE
Éclairages ÉRIC CHAMPOUX
Direction musicale et conception sonore MICHEL F. CÔTÉ
Maquillages et coiffures ANGELO BARSETTI
Accessoires MARIE-EVE LEMIEUX
Direction de production MARYSE BEAUCHESNE
Régie ALEXANDRE BRUNET