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Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 26 • Montréal • 15.10.2006

ARCHIVE

 

Octobre 2006

Des films à voir dans le Festival du Nouveau Cinéma

La vie des autres

de Florian Henckel von Donnersmarck

Par Felicia Mihali

Le film de l’Allemand Florian Henckel von Donnersmarck, est un film surtout à voir. Non pas que l’idée du film serait tout à fait originelle, car Dusan Kovacevich a parlé depuis longtemps de la symbiose qui s’établit entre une victime et son bourreau, mais parce que ce film le fait à sa manière et sur un autre terrain, celui de l’Allemagne de l’Est cette fois-ci. Ceux qui ont vu la pièce de l’auteur serbe, mise en scène il y a un an, sur la scène du Théâtre Prospéro sont déjà habitués avec ce que ça veut dire être artiste dans un régime communiste : il fait presque toujours partie de la catégorie des Autres, ceux qui ne sont jamais innocents, même lorsqu’ils ne s’opposent pas directement au régime. En partant de plusieurs témoignages, ainsi que des recherches faites dans les archives de l’ancienne Sécurité d’État, la célèbre STASI, le réalisateur nous raconte la palpitante histoire de deux individus qui habitent deux étages différents : le premier est un célèbre dramaturge, enfant gâté du pouvoir, alors que le deuxième est son gardien, installé dans la mansarde de l’immeuble. Entouré d’une véritable machine à écouter ce dernier enregistre, jour et nuit, les conversations du présumé ennemi de l’État, même lorsqu’il est au lit avec son amie. Dans l’atmosphère de crainte et suspicion qui caractérisait l’Allemagne de l’Est dans les années ‘80 avant la chute du communisme, des histoires d’amour sont encore possibles, tout comme la trahison vient parfois de ceux qui sont les plus proches. Alors que l’amie du dramaturge cède devant la terreur de l’appareil répressif, l’espion s’humanise, s’avère finalement un homme bon.

crédit photo : www.mongrelmedia.com
Voir distribution sur www.mongrelmedia.com

Octobre 2006

Des films à voir dans le Festival du Nouveau Cinéma

L’Île

de Pavel Lounguine

 

Par Felicia Mihali

De nos jours, il n’est pas facile de croire aux mystères. Ce n’est que l’âme d’un slave, orthodoxe, et pécheur qui aurait encore la force de se fier aux thérapies miraculeuses. Le film l’Ile de Pavel Lounguine est l’histoire d’un moine qui se réfugie dans un monastère pour châtier son crime. Ici, il se fait la réputation d’un saint homme, car son malheur l’apprend à aider les plus malheureux que lui. Ancien soldat de l’armée ruse, vers la fin de la Deuxième guerre mondiale il tue son comandant sous la menace d’être tué par un officier allemand. Toutefois, ce n’est pas facile à vivre avec son péché. Vingt-six ans ne lui suffisent pas pour oublier le visage de son comandant tomber à l’eau. Sachant que le personnage principal, frère Anatoly, est interprété par une ex-star rock, Pyotr Mamonov, devenu fervent religieux à la suite d’un scandale dans lequel il a été impliqué, on prête une attention spéciale à ce rôle. Ce n’est pas souvent au cinéma qu’un comédien puisse refaire devant la caméra ses expériences de vie, mais surtout qu’il y expose des doutes aussi graves que ceux liés à l’existence de la Divinité. La chose qui cloche dans ce film est justement la démonstration ostentatrice du fait que Dieu existe.

crédit photo : www.mongrelmedia.com
Voir distribution sur www.mongrelmedia.com

Sortie : 6 octobre 2006

Cheech

Durée : 1h44

Distribution : Patrice Robitaille, François Létourneau, Anick Lemay, Maxime Denommée, Fanny Malette, Maxime Gaudette et Gilles Renaud

Réalisation : Patrice Sauvé

Scénario : François Létourneau, d’après sa pièce de théâtre CHEECH ou les Hommes de Chrysler sont en ville

Production : Canada

 

Par Tina Armaselu


Photo : www.allianceatlantis.com
Score : 4/5

La neige couvre le corps d’un homme gisant sur le plancher d’une chambre, un pistolet à la main. Suicide ? Crime ? C’est la scène de début du film qui retrace un jour de la vie de six personnages : Ron (Patrice Robitaille), le propriétaire d’une petite agence d’escortes, Maxime (Maxime Denommée), son assistant, Jenny (Anick Lemay) et Stéphanie (Fanny Mallette), deux filles travaillant pour Ron, Olivier (François Létourneau) et Alexis (Maxim Gaudette), deux habitants du même immeuble, intéressés aux services de l’agence. Ron vient de découvrir que son bureau a été dévasté et que le « book » avec les photos des filles a disparu, le jour même d’une conférence importante. Les soupçons tombent sur Cheech, le chef de l’agence rivale, personnage mystérieux autour duquel tourne la trame de l’histoire.
Cependant, le point d’attrait de ce mélange de film noir, de drame et de comédie n’est pas la trame proprement dite, qui joue en quelque sorte un rôle secondaire, mais la façon dont l’histoire réussit à faire paraître une couche plus profonde de la vie des personnages, qui va au-delà du simple enchaînement des faits. Car ce qui relie les protagonistes n’est pas uniquement le caprice du destin ou du hasard mais un trait commun, l’impossibilité de sourire. La détresse et les tournures malheureuses règnent en effet sur ce jour fatidique de 16 décembre, balayé par la neige. Le film semble par endroit une sorte d’histoire qui « bifurque », en laissant entrevoir, non sans surprise, une alternative aux actions et aux interprétations ayant irrévocablement mené les personnages à agir d’une façon ou d’une autre. Les dialogues (parfois peut-être trop peu développés, parfois hilarants par leur manque délibéré de substance) ajoutent à l’absurde de cet univers où le sourire, s’il n’est pas soutenu par les antidépresseurs, ne peut être qu’amère.

Sortie: 29 septembre 2006

The Journals of Knud Rasmussen

Durée : 1h52

Distribution : Leah Angutimarik, Pakak Innukshuk, Neeve Irngaut Uttak, Jens Jørn Spottag, Kim Bodnia, Jakob Cedergren

Scénario et réalisation: Zacharias Kunuk, Norman Cohn

Production: Canada, Danemark

 

par Tina Armaselu

Photo : www.allianceatlantis.com
Score : 3.5/5

Inspiré par le journal de l’ethnographe et explorateur danois Knud Rasmussen, le film décrit l’histoire d’une petite communauté inuite établie près de la localité Igloolik du Nord canadien, et regroupée autour de leur chamane, Avva (Pakak Innukshuk), dans la période de grands changements des années 1920. Le christianisme et le commerce commençaient à changer, peu à peu et non sans conflits, les coutumes séculaires de ces habitants du Nord qui vivaient encore selon les règles anciennes et les tabous chamaniques.
Joué pour la plupart par des acteurs Inuits et dans la langue Inuktitut (avec quelques passages en anglais), le film nous révèle un monde de tout les jours doublé par un univers mythique dont les esprits accompagnent les gens dans leur vie quotidienne et dans leur lutte pour l’existence. Les traîneaux tirés par les chiens, la construction d’un igloo, les histoires racontées autour de la lampe, les chansons rituelles et une certaine lenteur dans le déroulement du récit, introduisent le spectateur dans un monde où le temps et l’espace semblent dilatés et où la sagesse suit les lois simples de la sérénité. « Nous croyons que les gens heureux ne cherchent pas à comprendre les choses cachées » dit Avva.

29 septembre 2006

School for Scoundrels

Durée : 1h41

Distribution : Billy Bob Thornton, Jon Heder, Jacinda Barrett, Michael Clarke Duncan, Sarah Silverman

Réalisation et scénario : Todd Phillips

Scénario : Todd Phillips, Scot Armstrong

Production : Etats-Unis

 

par Tina Armaselu


Photo : www.allianceatlantis.com
Score : 3/5

Roger (Jon Heder) un jeune home timoré, considéré un perdant par soi-même et par ses collègues, s’inscrit au cours de remise en confiance enseigné par l’intransigeant et imprévisible Dr. P. (Billy Bob Thornton). Mais le cours semble se transformer en quelque chose d’autre lorsqu’il commence à s’entremêler avec la vie professionnelle de Roger et surtout à mettre en danger ses tentatives timides de séduire sa jolie voisine Amanda (Jacinda Barrett).
Le film ironiquement décrit l’évolution de Roger et de ses copains sous la direction de Dr. P et de son assistant (Michael Clarke Duncan) et les mécanismes de l’esprit compétitif, apparemment l’ingrédient indispensable pour bâtir une personnalité forte.

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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