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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 24 • Montréal • 15.08.2006 |
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Marius Budu Teardrop Levitating among the ruins of ancient Babylons Post God Today I watched the last temple burn... Dream Tired of being alone among the millions of inhabitants of this vast
concrete maze, The world passes me by and my steps grow slower as the rays of light
surreally zoom by me without pause, and simple worker bees seek their
hives after a long day in the fields. I am peaceful. No man-made stone in sight, only the great design
of something no one understands. Beyond - the stars, that are like
angels, even visible by day. So I open my arms and twirl, basking in light, dancing in water and
embellishing myself with life, floating with gliding winds that take
me to something man has not seen in the place I came from… There,
on the white beach, it lays so soft and so angelic, there it is: Desire.
But although frail, it is not mourning, and alas, as this desire
offers me her warm embrace, in a whirlwind of Crashing Elements: The
terras of the Body, the waters of the Mind, The strongest winds of
our Imagination, and the fires of our Souls – morph into a fluid
being that glides over the truly Splendid Landscape, embracing the
satin softness of the winds, And as the day turns into night, the velvet blanket covers nature
as it comes to life in a completely different way of seeing things
through the infrared chlorophyll of the trees, And when the cement jungle jams its steel claws in my back, I sleep
and take myself back From this glorious Dream… Emily These tired eyes strain hard to focus on this last shard of what once used to be… She struggled hard that day, They beat Emily down time after time. In some distant world she ceased to exist To that last moment of choice she paid no mind, Many years passed since Emily died…
– what was it she really wanted to kill? Cerasela Nistor Amintire din tara straina in amintirea lui Beni, prieten drag dar stiu ca pasii-mi cauta din nou straduta îngusta cenusie. copoul tineretii mele. studentia nebuna. beni, cri, li. radul matematic, teologic, diabolic. surorile lui, iele nebune, arzînd în foc tiganesc. cuibul de cuci. hippy nascuti peste noapte. tîrgusorul înecat în noapte. tramvaie hurducaite. ger în gradina botanica. cîteva vieti traite în fuga. povestite de o alta gura. amfiteatrul rece. soarele ucigas. tiganiada lui budai deleanu. lingvistica lui saussure. beni, cel mai mare ligvistic. cri, cea mai misterioasa fata. misu, cu nasul cîrn. doina crosetînd mohair roz. manuela facîndu-si cruci în dulap. barbati cu bustul gol cîntind popeste în baia fetelor, de dimineata. învirtind mesteri periutele de dinti în gurile gurese. bunica lui bogdan, hranind pisicile fugare printre caminele noastre. sinucigasii. P5, P6, P7, P8, P9. puskin pîna la puterea a 9-a. cuibul de cuci strecurat ca un vas de salvare. balena seaca. începuturi de an printre frunze înrosite. cantina putind a bors a tocanita. fetele albe de masa, scrumiere ciobite. vietile noastre la pachet, ordonate, ascunse in rafturi. incendii. nerevendicate. niciodate revendicate pe urma ne-am gîndit toti sa ne facem oameni în toata firea. fiecare la casa lui.unul dupa altul. toti într-un gind. nu ne-am zis unul celuilalt. doar ne-am îndepartat cîte putin. doar am iubit ploile reci singuri. am aruncat alte si alte brate. sa ne salvam. sa ne salvam...doar atit aveam în gînd (fiecare în gîndul lui, ascuns) de cosul plin de cirese? pe urma ne-am hotarît sa îmbatrinim. asa se cade, de la o virsta încolo... fetele, sa ne punem fuste lungi, franjurate, de doamne. baietii si-au tuns pletele. ne-am luat hîrtoagele, ne-am dus la scolile noastre. în week-end-uri ne-am închis în biblioteci, în amfiteatre goale. o fata a nascut într-o zi. pe urma beni a fugit cu una urita si neagra. dracu' s-o ia, de-atunci noi nu l-am mai vazut... pizda ma-sii de viata.... filmul asta nu-mi mai place. vreau sa-l derulez doar pîna aici. ecranul fuge in alb negru. în cioburi de zimbete. bum-bum. un gram de pot. 5 litri de vodka - voi, astia, din Europa de Est, da, voi astia sînteti buni, voi stiti sa beti... da... pe dracu!!! pe dracu!!! pe urma ne-am cautat fiecare cochilia lui. unii mai adînc, altii mai la drum. eu mai încerc sa însel vigilenta ochiului atintit aspru
spre mine. cîteodata ma opresc. nu mai caut nimic. asta e viata.
exact ce mi se întimpla acum. exact aici, în acest montreal al meu. închipuit. într-o tara straina, pe care mi-am dorit-o patrie. de parca asta s-ar putea întîmpla vreodata.... "amintire din tara straina" sta scris pe o fotografie veche. 1940. bunicul era prizonier în crimeea. nu vad marginile custii, doar mi le închipui. cîteodata aproape, în usa care ne desparte curtea cu varza cu curry a indienilor frati cîteodata departe tare, spumegînd în valurile blîndului Saint-Laurent. cu aburi de marijuana. diminetile toate se-neaca în el. soarele rosu se iteste obraznic. nu vad marginile custii.... doar mi le închipui.... dau cu ochii de anemone. moarte de mult.... presate-ntre foi de carti.... de parca n-ar numara cîti ani am îmbatrinit ast timp. la flori uit sa pun apa. mor odata cu mine. în fiecare zi cîte putin. cîte putin. lasa sa fie acolo... nu se stie niciodata... numai sa fii pregatit. sa nu te gaseasca aia, asa, fara stire. fara nici o noima, zice mama trebuie sa fii pregatit Rodica Draghincescu Du bout des doigts A travers la nuit, encore vivants et affamés, les anges arrivent par le dernier train Le contrôleur SNCF les frôle du bout des doigts : PEUT-ÊTRE... CE SONT LES PARENTÉS PAUVRES DE MON ÉPOUSE DÉCEDÉE... À CETTE FENÊTRE, ON APERÇOIT LES AILES ET LES MAINS DES HOMMES DISPARUS ILS PORTENT, VAINEMENT, DES BRODEQUINS... LES WAGONS SONT VIDES. TAIS-TOI! TA GUEULE ! (s'énerve Grig) À minuit, les rails jouent comme les plus beaux violons Il lui tarde de revoir sa maison (Dernièrement, il fait froid quand il fait chaud) et ce tourment ne le laisse pas s'endormir, car il le pique telles les guêpes de l'automne, une sorte de guêpes de la bénédiction : uuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu Où me fais-tu marcher, Jean ? (le mécanicien Jean fait traîner le train parmi les crevasses du temps) ssssssssssssssssssssssstais-toi, CE PASSAGE NOUS TIENT ENCORE VIVANTS ET AFFAMÉS Les anges racontent que, parfois, là-haut, on peut écailler les nuages ............................................................................................. Ils mangent une pomme rouge doré UNE CLAIRIÈRE A DES MARIÉES NUES LES UNES SANS LES AUTRES SE SONT BLOQUÉES DANS LES IMAGES À VENIR UN CIMETIÈRE AVANT D'ENTRER EN DÉLIRE LES IMAGES SERONT REMPLACÉES PAR DES PORTES FERMÉES À CLÉ Les passagers du train sont malheureux Aux fenêtres, ceux qui font la navette se sont déjà évanouis (en arrière: gémissements, en avant: grincements) LE PEUPLE DIVIN NAÎT MORT ET ÉTERNEL (On est dans le train ou dans le ciel ?) Les anges racontent: « Il y a un ennemi entre la possibilité de la pluie et la sécheresse prolongée. » Tais-toi, ta gueule, Jean ! Voici une gare avec des corps affaiblis QUE CETTE FRONTIÈRE DEVIENNE CHAMP DE TRÈFLE FLEURI iiiiiiiiiiiiiii de profil, l'oreille de Grig n’est que la bouche de l’ange négatif, par l'oreille de Jeannot, on aperçoit la DÉ-FLORAISON mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm Jean-Jeannot ! Qui sait ? Qui vive ? Que ce soit l'ange ANG(E)-ELLE avec la croix en bois de tilleul (Quel bruit entre l'éventualité du marteau et le sens-but d'un-deux-trois-quatre beaux petits clous QUE L’ODEUR DEVIENNE RÊVE À L'ENVERS ! Oooooooooooofffffffffff ! Ce train n'est pas tout à fait train, c’est la fin infinie des anges indécis TA GUEULE ! TAIS-TOI,GRIG ! METS DU CHARBON ! LA LOCOMOTIVE A PRESQUE TROIS CENTS ANS ELLE VA S'ARRÊTER À MI-CHEMIN...
Timisoara, Le 15 juillet 1999 -Vos noms ? -Mettez-les dans ma paume ! mon écrit ne rit pas mon écrit ne pleure pas il me casse la gueule me casse les oreilles ferme mes yeux lèche mon bonheur crache ses sentiments sûrs sur mes sentiments sûrs à quoi bon mentir? cet écrit ne se vend pas il me vend à quoi bon faire semblant de pleur nicher? vous dire des mots sucréssûrs sur la mort de quelqu'un de sûr si tous mes "quelqu'un" vivants féminins viriles sont m'appelle pas michel sylvia andré guy amélie marie julie ni jean-michel quand je m'appelle j'appelle ma mère nomme le nom de ma mère et ma mère s'appelle annepetiteétoile je vous vois même quand vous ne vous voyez pas. vos noms mettez-les dans ma paume bougez leurs lettres comme les seaux des fontaines combien de petits diables nageurs y a-t-il? combien de petits anges morts y a-t-il? combien? tire au clair vos anges perdus afin que vous les trouviez à quoi bon parler des pivoines oignons carottes tulipes noms de fleurs-légumes faisant concurrence à vos brumes à quoi bon écrire malbien ? faut dire autre chose autrement sans dessiner la franchise au courant de la plume n'ai ni le plaisir ni le temps de bailler et de fermer la bouche après la bouche après tout n'est pas métal bon conducteur d'électricité elle n'est pas maître de nos idées elle est la pomme de pin de visage et basta! cher lecteur (la montre de gousset montre la peur) auditeur éditeur bavard amant charmant que je n'ai pas suis le triste chevalier d'étéd'hiverd'automne triste chevalier de printemps picore pas les dentelles de vos manches ni la mémoire des morts coulants suis l’étoile filante j’ai la curiosité de rendre malheureux et de donner vos sentiments à nettoyer (si je dis sentiments ou miroirs comme tous les aiguiseurs de sentiments et de miroirs ma conscience se rue sur moi et crie « t'es une comme toutes les ovariennes tu chasses amants cultivés » non je ne dis jamais miroir comme miroir ni sentiment comme sentiment) suis braveméchante sais pas bailler poétiquement (fermer et ouvrir la bouche en 4000 exemplaires + CD+vidéo) ni embrasser d'un coup d'oeil désastres désastreux et autres suis braveméchante à ce que je fasse disponible la bouche à ce que je fasse disparaître la bouche et que je parle entièrement la ligne de perte : kabakubi kabakuba kabakubi kabakuba tout recommence en (de) travers obliquement en (de) biais couteau hé moi tiré à quatre épingles moi mon couteau mets-toi en travers Stuttgart, le 26 mars 2003 Je pousse (l'écriture en images)
Chair déchirée déserte fut le premier jour que tout en le regardant sans m'y connaître je l'ai transformé en vallée celle-ci fut le deuxième jour et son coucher du soleil fut le serment pour l' après – demain lorsqu'en se levant de la chair celui-ci tomba il n'y eut pas d'amour une sorte de ver de terre le troisième jour attendait en pénombre une sorte de petit poisson allait être pêché comme semence en vue de reproduction mais dans cet endroit sans eau il n'a plus trouvé son corps il était devenu la partie du mort et la grande vie commença le quatrième jour tout ce qui fut vivant fut puni d'avoir un futur à passer le serpent propre et propice au présent je ne me je n'aurai je n'avais je n'ai je ne suis je ne serai pas je n'avais pas été je n'aurais pas été je ne serais pas je ne fus pas je ne suis pas cocher charrette en os et sang j'ai crié j'ai appelé en arrière je ne serai plus esclave addition moi+moi je ne serai pas le noir de jour le jour noir à moi je ne laisserai pas de traces pour m'abriter j'ai crié j'ai appelé en avant je ne suis pas ton contraire à moi contrée sanglante extérieure au dehors je ne veux pas poursuivre ma naissance je suis l'immolation le sacrifice l'offrande selon mon visage et la ressemblance avec moi-même nulle et pas une de plus que la douleur de venir au monde pas plus/aussi la pitié d'un conseil ou d'un langage conseillé: bon dieu de gamins! en moi se trouve et ne se trouve pas de porte pour que je sois j'y entre et je dise "non!" je ne m'appellerai jamais "femme de maman" celui-ci ne fut pas le cinquième jour alléluia première saison arrivée esclavage d'automne n'écris plus sauvage-toi renverse ta tête va-t-en cours toi après toi-même comme eux après elles toujours deux pour l'apprivoisement en ce temps-là l'écriture écrivait aux cœurs et aux mains pas encore aux pieds elle le fera plus tard tout craché la marche d'ève vers le fruit intrigant les coeurs et les mains se cherchaient les un(e)s les autres elles accouchaient d'elles-mêmes et s'emmenaient eux-mêmes et tout bruit devenait leur nom c'est pourquoi ce "pourquoi?" parce qu' ilselles se sont collées (plus vilainement que tous les fauves des champs dont le vent se serra à signer ses domaines) se sont collées contre tout-et-rien-rien parce qu' il n'y eut pas de pluie il ne fit pas chaud ni froid le ver à terre se reproduisait dans la forme des formes amen au lieu où il n'était qu'une petite entité il était moins qu'une preuve de vie malade une chair d'herbe incolore le garde et la gardée de la mort face à tout ce qui n'existait pas avec soi-même à cause de l'opposition amen sous le pouvoir de laquelle le mot a voulu amen qu'il fût dit et écrit un peu plus différemment voilà tu as froid ou tu brûles alléluia ou tu es ton monstre à toi moi? j'ai été abandonnée au bout du fait un écho après avoir mangé alléluia de moi-même avec moi-même cette morsure-là sur cette morsure-ci la gauche la droite est en terre après le sixième jour amen sauve-toi récupère-toi échappe-toi à toutes les parties ne t'arrête pas détruis-toi toi-même pour détruire la présence vécue avec luielle tu es – tu as – été la parole arrivera lorsqu'il fut le septième jour le mot m'effleura tu es – tu as – été le cri arrivera de ce cri rien ou personne ne s'échappera donne des ordres énumère-toi tu accoucheras de ton nom tu accoucheras de ton sang l'écriture en images brodequins serpents cerfs sacrifices seins sales je pousse
Stuttgart, le 21 avril 2003 Lune ( dialogue entre deux amourants ; suite) « - Vois-tu cette lune immense accourant vers nous? » Va devant toi. Vois tes yeux fermés, envahis, obstrués de couleurs. « - Vois-tu cette lune menaçante, accourant vers nous? » Telle une muraille en paille, toi. Tu chancelles quand je respire tu t’es dissipes si je réfléchis puis revenant secrètement à l’état d’une aimable urgence tu promets monts et merveilles tel un bout de pain bis et sec dans les trous duquel les mites se reproduisent et meurent en toute tranquillité. Vois-tu la forme de l’oubli? Et les lumières qui l’apportent? Pourquoi les astronautes bien dressés, instruits à marcher la tête en bas ne rebroussent presque jamais leur chemin? « -Vois-tu qu’ainsi je ne te vois plus, tandis que toi, mite affamée de farine, tu m’appelles, tu me cherches dans les rayons de la lune? » Perdant la vue, tu dois savoir plus que tu ne vois. Si tu m’entends, tais-toi, et que tu saches, tais-toi! « -Tes mites-papillons, tes rêves de païenne! Et mes trucs de quoi et quand se feront-ils? » Je grimpe sur mon propre dos, tel l’oiselet blanc, sortant du même oeuf que le grand oiseau noir. Un jour, je volerai aussi bien qu’eux. « -Vois-tu cette lune? » On la fouille vainement, L’espace qui n’est pas lieu est un abîme dans le temps, Le temps a son point d’ébullition dans tout désir ardent. On a vainement fouillé mille fois dans la lune: Que des pierres oublieuses, Va-et-vient des Petits Princes vétérans dans le langage volcanique des vallons en pagaie. Un jour, je deviendrai tout ce que je veux et la lune. « - Laisse tomber, retourne, prends de l’âge. Avant d’être vieille, téléphone-moi, les vieilles voix rendent les voyages manqués à l’oreille qui les écoute. » Un jour, je ne mettrai plus mes chemises jaunes à la lune.
« - Laisse tomber, déshabille-toi, je t’embrasserai, tu as froid. Pas plus Exupéry que son Petit Prince, nul ne revient de son errance voulue! »
Stuttgart, le 27 juin 2004 L’ascenseur d’images (dialogue entre deux amourants) Moto: „Vois-tu cette lune immense?“ Mais non, le rayon qui tient place à la vue ce n’est que la cigarette que tu fumes. Pauvre aveugle, beau et sourd, souffrant pertes de nuances catastrophiques, le soleil ne se réveille pas et ne se couche pas à la même minute, la perception n’est que de la volonté avant tout, de la volonté après tout. « Et le ciel? Pourquoi vibre-t-il ? » Tu as grimpé sur dieu sans l’avoir aperçu, et tu sanglotes comme une cloche d’église sous la lune.
Écoute, dieu ne se réveille et ne se couche à la même minute, la perception n’est qu’une machine à coudre l’inquiétude. « Et dieu? Pourquoi tremble-t-il ? » Écoute, on ne peut pas t’inculper maintenant, aveugle, sourd, ankylosé dans ce silence, une étoile noire sur la bouche, on le fera plus tard. Va-t-en, ton ciel est en bas, où dans la boue frémissent mille étoiles, pétales de chardon aux yeux de lynx. « Et la barbe du dieu duveteux ? Pourquoi me fait-elle des crocs-en-jambe si je te cherche ? » La barbe du dieu duveteux dans laquelle le temps danse et danse : premier né, premier mort, deuxième né, deuxième mort, n’est qu’un rituel de la transe. Va-t-en, mon ciel est trop haut et si tu y montes tu tomberas en sens contraire, flottant comme un ballon d’essai. « Et les coquelicots ? Je les ai cueillis pour toi ! » Bon, ça va, je t’attendrai sur la lame d’une scie : on va profaner tes yeux blancs, tels deux myriapodes hypocrites, faisant des façons avant de percer la pomme. « Et toi que je trouve filtre au monde ? Pourquoi as-tu du sable fin dans la parole ? Me prends-tu pour un homme clepsydre ? » Sssstttt, dieu n’est pas en forme aujourd’hui, il a perdu son frac blanc dans ces marécages… sssstttt, sinon il te contraindra à dire la vérité et alors … ? « Et ce soleil qui fait la queue à la lune ? Pourquoi
risque-t-il ? » sssssstttt, enfant aveugle, perdu par des aveugles, enfant sourd, perdu par d’autres sourds, ssssssttttoi, premier né de l’absence, je te tirerai en clous à l’eau (ssssttttt, dans mon ciel l’eau est inverse, que des sons : u, a, e u ultime, a abandon, e égoïsme ou élimination), ssssttt, je te pousserai sensuellement vers le bord de la marge, ne te tourmente pas pour si peu Comme la langue de la cloche pénétrant ma bouche contre ma bouche sablonneuse tu te heurteras agréablement en arrière-en avant, en arrière-en avant, tu t’allongeras dans mes oreilles comme dans un sanctuaire optimiste, tu tomberas dans ma chair tu ramperas en ligne droite, tu flatteras mon cœur, t’accrochant à l’air qu’il dégage tu parleras sur l’oubli: Être ce monde en soi et n’avoir personne au
dedans. Te répondre à toi-même en ricochant la
question, te laisser emporter par ce phénomène qui vibre
continuellement et dont tu ne connais ni le pourquoi ni la direction!
Et dans cette direction de nulle part vers ailleurs, en ligne directe
ou en pleine courbe, avoir la révélation que les sons
ne composent pas une vérité, mais bien ces codes de
langages ou ces routes électro-acoustiques, du manque de la
logique langagière. Stuttgart (Allemagne), le 10 juillet 2004 Site : www.draghincescu.com Ionut Caragea M-am nascut pe Google m-am nascut pe Google Mama am atins-o cu degetele mele patrate si mi-a fost teama… din pacate sa nu o ranesc si sa nu ma raneasca cuvintele mele aveau nevoie de atingere pamânteasca degeaba ne tinem de mâini nu vom avea niciodata priza la public, ci doar la curent stim amândoi ca adevarata mana cereasca este un abonament mai demult am primit mesaj de la Dumnezeu îmi spunea ca va veni o zi în care va exista o singura biserica universala credinta, da, credinta va fi o stare de euforie declansata de o perpetua miscare spre nihilism m-am nascut pe o pagina de istorie care nu va fi niciodata scrisa, cu certitudine va ramâne o întâmplare în spatiul infinit dintre doua secunde marginit de milioane de pixeli am murit pe Google înconjurat de miliarde de ferestre deschise pur si simplu din greseala sau poate nu stiai ca Dumnezeu este orb Pansamentul de la miezul noptii pansamentul de la miezul noptii l-am pus pe toate ranile sa-mi tina cald era-mbibat cu vin de om si vin si mortii si vin si eu în poala ta de-am sa ma scald adoarme Luna în pridvor lasata-n voia sortii adorm si eu când palmele îti vor sa-mi regaseasca cheia portii în dormitor ne sarutam ca hotii de-a v-ati ascunselea si pe furis când paru-ti este stufaris iar ochii-mi sunt paienjenis si mâinile degete pân’ la picioare pasind pe malul gropii alunec în splendoare si merg cum calul popii merge pe carare mi-atârna limba-n cântec dulce de spelunca casa la margine de râu mi-e lunca si chipul tau departe ma arunca cu privirea si fir de iarba neagra atârnând la subsuori si fumul rotocoale si norii dragi fuioare ma-nfiori si toate, totul si-orisicine aduc cu tine iubirea drept porunca La început a fost punctul la început a fost punctul si în jurul lui miriade de virgule fecundându-l astfel s-a format o stea prima litera a universului: Alfa a crescut mare pâna a ajuns Omega a explodat dând nastere la restul literelor din alfabet literele au început sa faca dragoste între ele din nevoie de cuvinte acestea simteau însa ca lipseste ceva si au pornit discutiile cu parintii care au stabilit reguli sub forma de propozitii dar copiii au protestat în lungi si interminabile fraze la un moment dat nu au mai rezistat si au fugit de acasa au cutreierat lumea întelegând cât este de frumoasa si atunci au încercat sa dea o definitie s-au adunat cu toate pe o foaie si au scris o poveste pe care altii au catalogat-o drept proza anii treceau cartile erau din ce în ce mai multe si mai greu de citit pâna-ntr-o zi când cuvintele au îmbatrânit si au devenit mai întelepte au spus ca vorba multa aduce saracia cuvântului si au inventat poezia la început a fost poezia simpla cu rima pe care toti la vremea aceea au catalogat-o sublima cu timpul însa au asociat-o cu monotonia si au condamnat-o la moarte prin spânzuratoare puterea a fost luata de cuvintele la întâmplare si cuvintele la întâmplare s-au transformat în propozitii si propozitiile s-au transformat în fraze si frazele au realizat ca au nevoie de virgule si virgulele au realizat ca au nevoie de puncte si punctele au realizat într-un final ca sunt cele dintâi si din urma semne ale existentei negrului în universul alb infinit Statuie cu fata la Est draga mama, tu stii ca te privesc de fiecare data când soarele rasare pui streasina palma la ochi peste hotare astepti un semn si soarele apune iara si dispare la mine-n aceasta camara vorbesc pe-o alta limba cu peretii acestia-mi sunt profetii care-mi vestesc ca asta-seara va curge sânge-n calimara si eu pe mine ma voi spovedi: est-ce que c’est la fin du monde aujourd’hui? draga mama, nu ti-am spus de când s-a aprobat decesul ca proba olimpica m-am angajat la o fabrica de carne de tun si tot încerc sa îi dau un upercut sortii m-am apucat serios de bautura si tutun îmbolnavit de farmecele poeziei, delirului si stratului de fum si arde dorul cu flacara de candela si corpul mi-este scrum nici durerea nu ma mai iubeste a obosit de-atâta drum prin spitale ma uraste traiesc într-o lume în care totul se repeta Dumnezeu se pare ca joaca table cu Lucifer se face c-a uitat de a mea stare si ma întreb temut ca-n infinit ma voi topi: est-ce que je peux mourir aujourd’hui? draga mama, de când am aflat ca nu sunt singur la parinti ca mai am un frate pe care nu l-am vazut niciodata am înteles ca în sfârsit pot fi si eu alintat de dragul meu tata drept baiatul cel mic asa am reînceput sa desenez avioane cu degetele pe ferestrele aburite aici este ger as fi preferat sa fie un înger care sa ma sarute pe frunte numai el poate fi mereu si pretutindeni în pamânt sau în cer fratele meu cel mai mare draga mama, la tine se rezuma universul cuvintelor si cea mai frumoasa dedicatie pe care ti-o pot face nu este aceasta poezie pe care nici nu o pot numi poezie ci doar o stare care se repeta de fericire sau tristete când ma gândesc la singurul cuvânt ce-mi vine-n minte „mama“ draga mama, tu stii ca te privesc de fiecare data când soarele rasare pui streasina palma la ochi peste hotare astepti un semn si soarele apune iara si dispare Vigor Mortis Si pietre aud pietre crapând de jale seaca Si linistea asterne la tâmple promoroaca Si bântuie-o stihie prin colturile noptii Si mortii sunt cu viii si viii sunt cu mortii Si câinii-si musca limba si limba li se-nnoada Sunt javre hamesite ce suiera din coada Si corbii se aduna, manânca dintr-o mâna Cadavre aburinde, cazute într-o râna Si sângele e negru si sângele încheaga Si moartea-i viguroasa si viata este bleaga Si viermii se îndoapa din lesuri putrezite Si porti spre izbavire ce strasnic sunt pazite When the memory sticks… bit day the sun is rising straight în fatza ochilor mei power on viatza is a memory stick in my pocket I’m sick my treatment is the electrical bite say hello, say stand by, say good bye bit night soarele apune straight in front of my eyes turn off the light hibernation reincarnation viatza is a connection between illusion and reality scanning is complete feelings between peace and fight I must repair this bad sector when the memory died bit day, bit night |
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