« Seule en scène, Fanny Ardant se love au creux des
mots de Duras et réussit le beau pari d'incarner non pas un
personnage mais l'écriture, son rythme doux et violent. Elle
joue sur le ton d'une confidence grave, délicate, attentive…»
Nouvel Observateur
Cette année, le FIL a choisi de rendre hommage à Marguerite
Duras morte il y a dix ans, le 3 mars 1996 à l'âge de
81 ans, en invitant nulle autre que la grande actrice française
Fanny Ardant à venir dire au public québécois
un de ses plus beaux textes , La Maladie de la mort, écrit
en 1982.
Pourquoi rendre hommage à Duras ? Parce que, plus que tout
autre écrivain français, elle a marqué l’imaginaire
de nombreux lecteurs, écrivains, cinéastes et metteurs
en scène québécois. Si certains se souviennent
encore de la place qu’elle occupa dans leurs cours de littérature
dans les années soixante-dix et quatre-vingt, nombreux sont
ceux et celles qui n’ont pas oublié son passage fort
remarqué, en compagnie de Yann Andréa, à Montréal
en 1981. Aujourd’hui encore, plusieurs de ses pièces
sont présentées sur la scène théâtrale
québécoise. S’investissant dans la littérature
avec acharnement, sans faire de distinction entre le roman, le théâtre,
le cinéma et le journalisme qu'elle pratique indifféremment,
Marguerite Duras est devenue un auteur culte, suscitant toutes les
haines et toutes les admirations.
« Pour moi qui aime l’exagération, je dirais que
c’est l’écrivain de ce siècle. Je trouve
cette œuvre tellement forte, belle et vraie, que j’éprouve
le désir de rentrer dedans avant même d’en apprécier
la juste mesure » déclarait Fanny Ardant à quelques
jours de la première représentation de La Maladie de
la mort de Marguerite Duras , mise en scène par Bérangère
Bonvoisin, dans un théâtre parisien en juin dernier.
Et elle ajoutait : « J’ai lu La Maladie de la mort, une
première fois, dans une sorte de vertige noir. Je l’ai
relue une seconde fois comme si je l’avais lue en même
temps que Le Ravissement de Lol V. Stein, à travers le flot
ininterrompu de l’œuvre de Duras (…) C’est
l’urgence et non l’importance du projet qui m’a
assaillie, sans que rien n’ait eu le temps de le ternir . »
Pour dire Duras, et plus particulièrement ce texte magnifique
sur l’importance du désir, il fallait une actrice passionnée
que la puissance des mots n’effraie pas. Il fallait aussi le
désir et l’arrogance. Seule sur scène, Fanny Ardant
ne joue pas, elle dit à chacun l’urgence d’aimer.
Elle nous offre, en toute indécence, un véritable hymne
à l’amour construit comme une partition de musique. Un
véritable bonheur.
Une présentation du Festival international de la littérature
(FIL) en collaboration avec le Studio littéraire de la Place
des Arts, le Consulat général de France à Québec
et Culturesfrance
Les 12, 13, 14 et 15 septembre à 20 h et le 16 septembre 2006
à 16 h
À la Cinquième Salle de la Place des Arts
Billets en vente le 15 août à la billetterie de la Place
des Arts: (514) 842-2112
crédit photo: Pascal Victor
CE QU’ILS EN ONT DIT…
« Actrice de cinéma, certes… Mais, si le 7e art
lui a apporté la célébrité qu'elle mérite,
c'est en premier lieu au théâtre qu'elle montre depuis
ses 25 ans toutes les qualités qui font d'elle une grande comédienne.
Un métier dont elle dit qu'il est « d'abord une expérience
de vie ». Il y a quelque chose de théâtral chez
Fanny Ardant. Une théâtralité du naturel qui fait
qu'elle se donne en représentation quoi qu'elle fasse et quoi
qu'elle veuille. Sa voix profonde, cette dilatation excessive des
syllabes portant le son jusqu'à la note, l'organisation de
ses traits en vaste paysage, l'ampleur du geste et de la démarche,
tout cela fait de cette créature singulière un être
avec qui parler théâtre frôle le pléonasme.
» L’Express
« Pour dire et jouer Duras, il y eut Delphine Seyrig. Il y a
maintenant Fanny Ardant. On l'avait vue, magnifique, il y a une douzaine
d'années, interprétant la partition des amants séparés
de « La Musica » en duo avec Niels Arestrup. La voilà
dans un pari plus difficile : seule en scène, au service d'un
texte qui n'a pas été écrit pour le théâtre
(…) L'actrice s'en empare avec une élégance discrète
mais plaira sans doute surtout aux « durassiens », puisqu'on
est là dans le langage secrètement musical de l'écrivain,
aux frontières de la confidence et du monologue intérieur
(…) Elle avance sur une ligne où se rejoignent la beauté
et la douleur. C'est l'accord parfait.» Les Échos
« Sans autre appui que sa seule grâce et ce petit canif
dont la lame brille, menace vague, Fanny Ardant s’adresse à
nous comme si nous étions celui à qui se confie le narrateur
troublant de Duras. Histoire étrange. Acceptation de la soumission
au charme impérieux d’une actrice dont on aime l’intelligence
et, ici, la réserve ironique, la précision du trait.
» Le Figaro
« Fanny Ardant joue sa partition avec une sobriété
qui laisse apparaître toute la beauté et la profondeur
du texte de Duras. » Télérama