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Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 24 • Montréal • 15.08.2006

ARCHIVE

Août 2006

Felicia Mihali

Des identités en crise

Cet été, de l’année 2006, j’ai été invitée à donner une conférence à L’institut culturel roumain de Bucarest. Pour la première fois dans ma carrière d’écrivain, j’ai vécu une situation ambiguë bien que très agréable : rentrer au pays d’origine en tant qu’écrivain étranger. À présent, mon identité se partage entre le Canada français, le Québec plus précisément, et la Roumanie, raison pour laquelle, la partie roumaine, avec mon accord, a intitulé cette conférence du 6 juillet 2006, Témoignage d’une écrivaine franco-canadienne d’origine roumaine, ce qui est assez correcte. J’utilise l’adverbe assez, car une telle situation n’est jamais vraie à cent pour cent. Lorsqu’il s’agit d’une nouvelle identité, il y a toujours quelque chose d'inclassable et d’innommable. Chaque fois que je me trouve devant une telle définition, une partie de mon âme se révolte et s’attriste, car aucune formulation ne serait capable d’encadrer ma personne de manière exhaustive. Moi aussi, malgré mes essais répétés, je suis incapable de définir ce que je suis devenue depuis mon arrivée au Québec, cette province qui représente une boucle entre deux solitudes; américaine et européenne, le pont entre deux identités culturelles; francophone et anglophone. Toutefois, si je ne suis pas capable de me définir en terme de ce que je suis, je veux essayer de clarifier ce que je ne suis pas. Et je vais utiliser comme point de départ la question qui m’a été posée le plus souvent lors de ma tournée en Roumanie.

Identité en crise

Les deux termes qui revenaient dans presque chaque interview étaient ceux d’identité et de crise. Pour mes ex concitoyens, l’acquisition d’une nouvelle identité ne peut être associée qu’à une situation de crise. Vous êtes regardé comme le personnage de Métamorphose, de Kafka, qui, un jour, après s’être couché humain, se réveille insecte. Suivant ce scénario d’horreur, vous aussi, vous devriez vous regardez le matin dans le miroir et ne plus vous reconnaître. Selon la fréquence de ce binôme crise/identité, j’ai même ressenti le début d’une crise. Si tout le monde s’accorde à dire qu’une nouvelle identité est toujours une situation de crise, alors c’est moi qui suis une anomalie.

Malgré les efforts de mes anciens concitoyens pour me convaincre que j’étais comme le hanneton de Kafka, je doute que ce soit vrai pour ceux qui changent de pays à l’âge adulte. Je doute que ce soit vrai même pour ceux ayant vécu leur enfance ailleurs, car cette période compte pour presque la moitié de notre vie. L’enfance est l’époque où l’individu se forme en tant qu’être rationnel, suivant ses instincts les plus forts, c’est l’époque où le corps et l’esprit travaillent à pleines capacités. L’enfance est la période la plus fertile surtout au niveau des sensations, celles qui règlent votre vie, de manière plus active même que l’intellect. Votre façon d’être, votre caractère, vos dextérités et talents les plus importants sont acquis en cette période de grandes transformations. Pour annihiler toutes ces métamorphoses, il vous faudrait vivre dans le nouveau pays plus de cent ans.

Le changement duquel parle Kafka dans sa nouvelle, suppose un brusque arrêt à un moment donné. Cependant, l’identité d’un individu est toujours en marche. Même si l’individu souffre suite à un changement radical d’environnement, d’habitudes quotidiennes, et de coutumes alimentaires, sa transformation n’est visible qu’après des années et des années, et parfois même pas. Malgré le fait que votre nom se prononce différemment et que votre identité se réduise à une enfilade de chiffres, dans le nouveau pays vous demeurez la même personne. Si vos habitudes changent en surface, car vous faites vos emplettes dans un plus grand supermarché et vous consommez les produits glorifiés par des publicités éhontés, votre caractère et votre sensibilité ne changent jamais fondamentalement. Vous allez vibrer aux mêmes sons et odeurs, et vous aller toujours vous reposer dans votre langue maternelle. L’insecte de Kafka est celui qui se soumet volontairement à un changement brusque et total, celui qui n’accepte pas sa double identité.

Pour moi, ce processus de changement se fait en douceur et sans grands heurts. On modifie nos comportements et nos pensées au fur et à mesure qu’on délaisse d’autres habitudes. Le deuil de cet enterrement se fait, il est vrai, dans les larmes et la détresse, mais aucun deuil n’est éternel. Un jour, les blessures guérissent. Un matin, on se réveille avec le sentiment que tout doit être repris calmement dès le début. Pour aboutir à cette maturité, l’être humain a dû vaincre des milliers d’années de disette, de froid et de guerre, car le cours de notre histoire est fait de pertes, de nomadisme, de renoncements. L’être humain s’habitue peu à peu aux nouvelles sources d’eau, aux nouvelles odeurs de la forêt où il se cache de ses ennemis, aux animaux qui l’entourent. Parfois, il est effrayé, parfois enjoué. Tantôt il regrette, tantôt il met ses espoirs dans le nouveau milieu. Il apprend petit à petit à vivre avec ce qu’il a laissé derrière, sans reniement ni honte. Parallèlement, son âme se nourrit de nouveaux espoirs, ceux qui le font se réjouir de chaque lever de soleil, de chaque sourire et geste amical, de chaque main tendue.

La crise d’une nouvelle identité n’est pas plus profonde que celle provoquée par votre environnement d’origine, où vous ne trouvez pas de place, où vous ne pouvez ni exercer votre métier ni cultiver vos passions.

Août 2006

Margareta Gyurcsik

Université de l'Ouest, Timisoara

La montagne magique de Rodica Iulian

Née en 1931 dans la ville roumaine de Craiova, Rodica Iulian a vécu en Roumanie jusqu'en 1980, ce qui signifie qu'elle a traversé une période de l'histoire de son pays marquée dans un premier temps par la terreur de la période stalinienne et dans un deuxième temps par les abus du régime totalitaire le plus dur des pays de l'Est. Elle a été une vingtaine d'années médecin à la campagne et à Bucarest, mais a fini par abandonner la médecine – geste rare sinon unique à l'époque -, car il lui était devenu impossible de supporter l'idéologisation de l'activité médicale, voire le contrôle abusif du parti communiste et ses conséquences néfastes: la délation, la peur institutionnalisée, l'omniprésence de ce qu'elle appelle "le réflexe conditionné de soumission" entraînant la dépersonnalisation de l'individu et son engloutissement dans un magma informe. Parallèlement à son activité de médecin, Rodica Iulian s'est affirmée en tant qu'écrivain en publiant plusieurs volumes de vers et de prose dont un roman, La chronique des sables couronné en 1978 par le prix de l'Union des Ecrivains roumains. Ce très beau roman constitue un excellent exemple de la manière dont les auteurs contrôlés par la censure réussissaient à faire passer leur message anti-totalitaire par l'intermédiaire de la fiction. L'auteur situe l'action de son roman en Egypte à l'époque des pharaons, dans un monde brutal et violent dominé par les militaires. Le réflexe conditionné de soumission est analysé à travers le personnage d'un médecin condamné à servir la force sans pouvoir nullement être "le médecin des gens pacifiques". Pourtant la fatalité à laquelle il ne peut pas échapper et la peur que lui inspire l'Autorité ne l'empêchent pas d'affirmer sa différence, en refusant de se laisser contaminer par la brutalité des autres. C'est qu'il s'efforce de garder au moins un signe qui puisse le distinguer des représentants du monde de la force. Ce signe est désigné par le joli syntagme "pas feutrés de médecin", car le personnage garde précisément cette manière particulière de marcher qui est la marche discrète, banale d'un civil et d'un médecin, opposée à la marche brutale et violente des militaires. Il y a déjà dans ce premier roman important de Rodica Iulian un des thèmes obsédants" qu'on va retrouver sous une forme ou sous une autre dans les romans écrits plus tard en France, notamment Le repentir (1991), Les hommes de Pavlov (1995) et Fin de chasse (2003). Il s'agit du thème de la quête identitaire illustré par la destinée d'individus qui n'obéissent pas à l'instinct grégaire et choisissent de vivre en solitaires, en dehors d'un parti ou d'un groupe. Le héros de Rodica Iulian s'oppose à l'homme de groupe ou de troupeau: il n'est plus un individu ayant une simple existence empirique, mais une personne, c'est-à-dire un homme rattaché à la sphère des valeurs et hanté par la dimension morale de l'existence. Ce faisant, il acquiert une dignité qui exige le respect.

Ainsi, dans Les hommes de Pavlov, roman bien reçu par les critiques et les lecteurs français, l'auteur raconte l'histoire d'un médecin de campagne dans le monde rural de la Roumanie stalinienne des années 1950, détruit au point de vue social et humain par le processus de collectivisation. Le roman met en question la terreur exercée par le régime totalitaire sous une de ses formes les plus graves, à savoir la répression spirituelle, favorisée et facilitée par la répression physique, corporelle aussi bien que par les conditions de vie précaires. Les conséquences en sont mesurables à l'échelle de l'Histoire : il faut du temps pour que les gens déformés par le totalitarisme échappent aux réflexes conditionnés et retrouvent les réflexes démocratiques, pour citer le médecin Rodica Iulian.

Si dans Les hommes de Pavlov l'auteur aborde de plein-pied une problématique à fortes connotations politiques et idéologiques, dans Fin de chasse dont nous allons analyser dans ce qui suit, il change de registre et nous propose un roman intéressant plutôt par sa dimension métaphysique et psychologique. Ce qui ne veut nullement dire que les références au réel et à l'Histoire de notre temps disparaissent pour autant.

Il faut remarquer en même temps que Fin de chasse témoigne du fait que pour Rodica Iulian écrire en français ne signifie pas relever un défi et s'adonner à un exercice linguistique. L'exil, disait Mircea Eliade, peut devenir une vocation, au sens d'une ouverture vers autrui et vers la connaissance d'autres cultures. Pour Rodica Iulian, l'exil représente précisément une telle aventure spirituelle et c'est pourquoi sa relation à sa nouvelle langue d'écriture n'est nullement tendue. Bien au contraire, elle avait été attirée d'emblée par le côté cartésien de la langue française, opposé à une certaine imprécision propre au roumain. Si dans ses romans de la période roumaine elle avait su tirer profit de cette imprécision très féconde au point de vue poétique, dans les romans écrits en français elle rend siennes la rigueur de l'expression et la clarté du style qui obligent l'écrivain français d'aller droit à l'essentiel. Nous ne croyons pas exagérer en disant que de ce point de vue Fin de chasse est un roman plus français et plus classique que nature, par la limpidité des idées et par le style dépouillé, contrastant avec le nouveau baroque qui caractérise l'écriture postmoderne. Encore faut-il ajouter que l'auteur situe l'action de son roman en France ou, pour être plus précis, dans une France réduite elle aussi à son essence, c'est-à-dire aux archétypes censés représenter la permanence, la stabilité, la pérennité d'un monde et de ses valeurs, au-delà des aléas de l'Histoire. Pourtant, même si le roman est essentiellement une parabole de la vie et de la mort, les références directes ne manquent pas à l'Histoire meurtrière du XX-e siècle jalonnée par la mort des "millions d'inconnus de par le monde" et partout dans le monde1. Mais le roman n'en raconte pas moins l'aventure d'un personnage qui s'écarte des chemins de l'Histoire pour s'engager dans une quête symbolique et onirique de son identité. C'est que Fin de chasse transpose aux pieds des Pyrénées françaises le conflit entre l'Autorité oppressive et violente, et l'individu qu'elle veut annihiler comme tel afin de le ramener au sein du troupeau. Seulement, cette fois-ci, l'auteur raconte l'histoire d'un homme qui échappe aux réflexes conditionnés et retrouve, au prix de sa vie, les réflexes de l'homme libre. C'est l'histoire de Jérôme Rabastans, professeur d'histoire à la retraite dans un village des Pyrénées, qui disparaît de chez lui à la fin août, après la première neige. L'homme vivait seul après la mort de sa femme et le départ de son fils en ville. Aussi les gendarmes furent-ils alertés de la disparition du professeur par une voisine. Parti dans une de ses promenades habituelles en montagne, sans compter rester là-haut, Jérôme y passe finalement l'hiver dans un endroit isolé, loin du monde, dans une bergerie désaffectée. Il y vit dans une sorte d'ivresse provoquée par l'air fort, par la blancheur aveuglante de la neige, par le retour aux occupations des premiers hommes, la chasse et la pêche. Il chasse le lièvre blanc dans la forêt et pêche des truites dans le lac près de la bergerie. C'est comme s'il remontait au temps innocent de l'enfance, au temps antérieur à "la perversion de l'âge de raison" (p. 215). Son refuge est pourtant découvert par un garde-chasse et un journaliste. C'est pourquoi à la fin de l'hiver, lorsque le beau temps revient, il décide de partir ailleurs, en craignant l'invasion des curieux. Mais à peine sorti de son refuge, il est tué par le garde-chasse qui veut rester le maître unique de la montagne qu'il estime être son domaine.

Pourquoi au lieu de rentrer chez lui comme d'habitude, l'ancien professeur est-il resté en haute montagne, répétant comme un leitmotiv la phrase qui ouvre le roman: "Demain, je vais descendre, demain"? L'enjeu du roman est là, dans cette question qui sous-tend l'histoire d'une descente toujours ajournée jusqu'au moment où la mort va figer tout mouvement, fût-il ascendant ou descendant. Pour trouver la réponse, le lecteur doit traverser la forêt de symboles dressée savamment par l'auteur et essayer de déchiffrer le sens primordial de l'aventure d'un homme qui est mis en situation de choisir entre le monde d'en bas et la montagne d'en haut. En fait, il doit choisir entre deux paradigmes: celui de la Culture englobant l'Ordre, l'Autorité, la Loi, représenté par le garde-chasse et les villageois, et celui de la Nature libre de toute contrainte. Son option en faveur de la montagne est dépourvue de toute équivoque: elle signifie le rejet d'une normalité censée être celle des "gardiens de la loi", de ceux qui se servent de la justice pour satisfaire leur soif de pouvoir ou tout simplement de ceux qui obéissent à la Loi sans que leur soumission fasse problème. Bien sûr que le renoncement à la civilisation et le retour à "l'état de nature", pour citer Rousseau, marquent la trajectoire de maints personnages littéraires. Cependant ce qui nous semble intéressant dans le cas de Rodica Iulian, c'est que l'auteur veut nous faire voir, à travers l'option de son personnage, le prix qu'on doit payer si l'on refuse de s'intégrer au "monde civilisé" défini par le garde-chasse comme "un monde où chacun serait le Même, le Même cloné en quelque sorte" (p. 172). Il s'agit essentiellement d'une mise en discussion de la relation entre l'identité et l'altérité, le même et l'autre. C'est que l'ancien professeur est perçu par les hommes soumis à l'Autorité comme étant "la preuve à rebours de leur normalité" (p. 192), voire un être différent, un "marginal", un "fou à lier" qui provoque la haine de son fils, la fureur sanguinaire du garde-chasse et le mépris des autres villageois. Sa présence en montagne "irrite l'Autorité et l'incite à agir pour le faire rentrer à nouveau dans les rangs" (p. 214). Or, c'est précisément ce que Jérôme refuse de faire: il ne peut plus imaginer sa vie là-bas et envisage de continuer à vivre en haute montagne, en changeant toujours de place pour fuir les autres et échapper à leur désir de le ramener à leur normalité. Le personnage de Rodica Iulian refuse donc le clonage, très à la mode aujourd'hui et qu'on pourrait envisager comme un avatar du "réflexe de soumission" ou de l'uniformisation dénoncés par l'auteur dans ses textes écrits en roumain. Jérôme considère qu'il a bien fait ce qu'il a fait, à savoir fuir "loin du monde d'aujourd'hui" (p. 70) et renoncer à "toutes les commodités de la vie appelée moderne" (p. 192) parce que, à son avis, la montagne, "c'est l'endroit le plus libre de ce pays [la France] qui se dit libre" (p. 189). Ce qui plus est, la montagne le garde "non pas comme un prisonnier, mais comme un parent qu'elle aurait reconnu, un des siens, consentant à revenir au bercail" (p. 12). Cependant Jérôme Rabastens n'est nullement un avatar de la figure archétypale du bon sauvage, car c'est par un acte de volonté qu'il choisit l'âge d'innocence contre l'âge de raison, la vie nomade contre la vie sédentaire, la différence contre la norme. Rodica Iulian forge en l'occurrence un modèle humain opposé à celui de l'homme intégré au troupeau, notamment le modèle de l'homme "qui se suffit à lui-même et à qui la solitude, la neige, la sévérité de la montagne en hiver suffisent pour le rendre heureux" ( p. 192). Si bonheur y a. Ce qui reste à discuter.

D'autre part, Rodica Iulian met à profit le symbolisme de la montagne – axe et centre du monde, transcendance et élévation spirituelle – pour marquer le progrès de son personnage vers la connaissance, y compris vers la connaissance de soi. Le lecteur connaît la vie du personnage dans le monde d'en bas uniquement par le récit de ses souvenirs déclenchés au moment de son installation dans la bergerie où il montait chaque été avec sa mère lorsqu'il était enfant. En remémorant toutes les étapes de sa vie, le personnage fait surgir une "sarabande d'images discontinues" (p. 137) où se mêlent les mystères de son enfance, les errances de sa jeunesse, les instants de grâce de sa carrière d'enseignant, les instants d'angoisse dus à la disparition du modèle de vie rurale traditionnel. Il s'adonne à une sorte d'interprétation des souvenirs afin d'y déceler son identité et de distinguer, dans la polyphonie des voix confuses venues d'un autre monde, sa voix à lui. C'est en cela que la montagne découvre ses vertus magiques - cognitives et thérapeutiques. D'un côté, le personnage y avance sur la voie de la connaissance de soi. D'autre part, il y atteint la paix avec son passé, avec les disparus, notamment avec sa femme, parce qu'il parvient à les considérer toujours vivants et à leur adresser des paroles calmes et heureuses à la place de "la litanie des regrets". Pour arriver à cela, il lui a fallu vivre au rythme du temps de la montagne, "un temps – ébauche de l'éternité" (p. 176), beaucoup plus long que celui des horloges. Il lui a fallu encore apprendre une autre langue que celle de la tribu, pour pouvoir s'adresser à des sites et à des êtres dont les connotations symboliques viennent appuyer et amplifier le symbolisme de la montagne. Il en est ainsi du lac, des poissons, du lièvre blanc. Le symbolisme de l'eau - source de vie, moyen de purification, centre de régénérescence, voie d'accès à l'éternel de même qu'aux énergies inconscientes de l'esprit, est allié au symbolisme de la pêche en tant qu'effort de ramener à la surface les richesses de l'âme. Le lac est en l'occurrence l'oeil par lequel le personnage-pêcheur de Rodica Iulian regarde à l'intérieur de lui-même afin d'en extraire des éléments de l'inconscient, non point par une exploration rationnelle, mais en laissant jouer les forces spontanées et en cueillant leurs résultats fortuits qu'il tâche d'interpréter par la suite. Il y a là un des aspects les plus intéressants du roman qui consiste à faire de l'exploration aquatique de l'inconscient la brèche par laquelle la conscience de soi arrive. En effet, c'est au bord du lac que le personnage s'interroge sur la signification et la motivation de ses actes ambigus ou de ses doutes existentiels portés au paroxysme par les images et les voix de la mort enfouies à l'intérieur de lui-même. Ces images et ces voix sont mouvantes, interchangeables, ce qui rend d'autant plus difficile la tâche du personnage – explorateur de ses profondeurs. Ainsi le messager qui vient lui annoncer la mort de son père prend le visage de celui-ci, à la place de l'image de sa femme morte surgit celle d'une jeune marchande de champignons écrasée par une voiture, son ancien maître à l'Université refuse de vieillir et préserve au présent avec son âge d'antan, une nuit d'orage "où le ciel, l'air, la montagne semblent vouloir faire renaître le chaos primordial" lui rappelle un épisode trouble de son enfance où il avait senti pour la première fois "le goût amer, empoisonné, du doute" (p. 80), etc. C'est dans ce tourbillon d'images où le temps s'abolit que le personnage doit se situer lui-même par rapport à la vie et à la mort.

Mais le personnage de Rodica Iulian accomplit pleinement et paradoxalement la connaissance de soi par le biais du rêve. La dimension onirique du roman illustre parfaitement la définition du rêve comme quête d'une "richesse d'être" sans nom intelligible et comme "symbole de l'aventure individuelle" si profondément logé dans l'intimité de la conscience qu'il nous apparaît comme "l'expression la plus secrète et la plus impudique de nous-mêmes" (Frédéric Gaussen). Le rêve de Jérôme Rabastans appartient au type mythologique reproduisant de grands archétypes et se déploie tout au long du roman, découpé en séquences qui figurent divers moments où s'accomplit progressivement la connaissance de soi. La première séquence est celle du questionnement. Elle représente une scène de chasse à l'isard aux temps d'antan, dont les protagonistes sont le prince-chasseur aux tempes blanchies accompagné d'un écuyer portant son heaume et Jérôme lui-même, l'homme venu d'un autre monde et dont la présence n'étonne pas les chasseurs. C'est une confusion des temps ou, plus exactement, le temps immémorial des mythes. Jérôme adresse une question au prince qui part sans lui répondre: "Seigneur, raconte-moi comment tu as fait pour tuer ton fils?" (p. 67). Rappelons que les relations entre Jérôme et son fils sont très tendues et que le père essaie de comprendre où réside sa faute. La réponse est donnée par le Seigneur dans la deuxième séquence du rêve, où Jérôme apprend du prince-chasseur qu'il doit se méfier des hommes, car leur férocité égale celle des bêtes sauvages. Cette réponse prend la forme du discours stéréotypé de l'Autorité: "Sache maintenant [...] que la férocité du loup n'a d'égal que la cruauté des hommes, poussés à bout par leurs méfaits. Puisqu'il n'y a plus de loup, méfie-toi des hommes"(p. 124). Dans la troisième séquence, le prince-chasseur reprend son discours stéréotypé. Métamorphosé en prince-pêcheur, il apprend à Jérôme que ce qui distingue l'homme du poisson – symbole de la matière inerte, c'est aussi bien sa capacité de parler, de réfléchir et d'écrire que sa croyance (cf. p. 204). Enfin, la dernière séquence du rêve est celle de la prise de conscience qui consacre l'aboutissement de la quête identitaire. Jérôme ne se limite plus à écouter le Prince, dont le discours vise à le ramener à l'ordre. Il prend la parole afin d'exprimer son refus de faire ce que le Prince veut qu'il fasse pour mourir comme cela se doit, à savoir prier. Dans le dialogue qu'il engage avec le Prince – Seigneur - Dieu, Jérôme ose contredire celui-ci et rejeter ses arguments en faveur de la croyance - notamment qu'il faut croire parce que tout le monde croit - en assumant la liberté d'être l'homme qui ne croit plus dans la vertu, la justice et la vérité du monde. Sa mort va confirmer son désenchantement et contredire le Seigneur qui avait proclamé, lors de sa dernière apparition, et en utilisant le même discours stéréotypé, l'instauration de la paix universelle: "La chasse est finie. Que chacun, homme et bête, aille en paix. Ainsi soit-il" (p. 216-217). Or la chasse n'est jamais finie et Jérôme est tué par la balle partie du fusil d'un garde-chasse justifié par son autorité et poussé par la volonté du pouvoir.

On peut donc conclure que le roman de Rodica Iulian représente une démarche très intéressante de transposition d'une problématique à maintes implications idéologiques dans le langage du symbole, de la légende et du mythe. Par un travail intertextuel remarquable, Rodica Iulian convoque à cette expérience scripturale les grands textes de la littérature française de tous temps: le roman médiéval, par les allusions au roi Artu et aux chevaliers de la Table Ronde dont Yvain, le personnage de Chrétien de Troyes ou bien par l'évocation des scènes de chasse; le roman classique par la sobriété et l'élégance de l'analyse; le roman réaliste par le souci du détail et l'écriture objective; Jean-Jacques Rousseau, par l'éloge de la montagne et de la rêverie solitaire: Rousseau aurait pu très bien signer une phrase telle "La montagne est seule avec Jérôme. Il la contemple" ( p. 118); le romantisme, par le sentiment de la nature et par la préférence pour les descriptions de couchers du soleil mélancoliques; la littérature du terroir, par l'attachement du personnage aux valeurs traditionnelles et par son refus de la civilisation; le roman existentialiste, par la réflexion sur l'altérité selon la célèbre équation sartrienne "L'enfer, c'est les autres", et la liste pourrait continuer en ouvrant d'autres pistes pour la lecture de ce texte qui cache sa complexité sous l'apparence d'une clarté quasi classique. Il n'en reste pas moins que la chasse dans le paysage magique des Pyrénées imaginée par Rodica Iulian renvoie à quelque chose de bien roumain, notamment à l'expérience du totalitarisme vécue par l'auteur aux pieds des Carpates - expérience actualisée sous la forme d'une interrogation implicite sur les chances de survie de l'individu dans un monde où il doit subir la violence exercée sur son corps et son esprit. Le personnage de Rodica Iulian n'y survit pas, quoiqu'il ait déserté le monde et abouti à faire la paix avec son passé dans "l'endroit le plus libre" de France. Pessimisme d'un auteur qui ne peut pas oublier? Optimisme d'un auteur qui tue son personnage pour le réintégrer à la vie de la nature? Les deux peut-être. Et aussi stratégie d'un auteur contemporain qui aime raconter des histoires pour mettre le lecteur en garde contre la tyrannie et les abus des idéologies.

Août 2006

Cristina Montescu

Livres en liberté provisoire

J’ai toujours vécu la lecture comme un temps de l’oubli, un temps où le monde tournait rond à l’extérieur de ma fenêtre. J’attendais le silence, la lumière et surtout l’éloignement de toute personne qui aurait pu m’arracher de mes livres. J’étais toujours coupable de ne pas faire autre chose de plus valorisant, de plus honorable. J’avais honte de lire comme j’avais honte de manger des sucreries. Pour les deux, je devinais que l’excès n’était point louable.

Étendue, faisant face au livre, j’oubliais le froid qui régnait souvent dans ma chambre, j’oubliais ma sœur qui jouait dans la pièce d’à côté. Je changeais à tour de rôle la main exposée au froid et mon seul ennemi était le temps qui s’écoulait jusqu’au retour de mes parents.

Il y avait une dame qu’on nommait Madame la Bibliothécaire, une dame qui se gardait derrière un bureau à nappe poussiéreuse et qui, à mon école, tenait les livres en otages. Élève, l’idée que Madame la Bibliothécaire aurait pu vivre à l’extérieur de cet espace bourré d’ombre et de livres, ne m’a jamais effleurée. Elle était toujours du côté des livres, elle était la seule à jouir du privilège d’aller où bon lui semblait à travers les rangées de livres, de les toucher et de les manier à volonté. Moi, j’étais cloîtrée dans l’espace que formaient la porte et son bureau et j’attendais qu’elle ait le temps de deviner mes volontés. J’avais beau essayer de déchiffrer les titres des livres qui m’avoisinaient, il ne m’était pas donné de comprendre leurs secrets.

Madame prenait les livres que je serrais contre mon tablier d’écolière, me demandait si je les avais aimés, je répondais oui, elle me donnait d’autres livres, je signais une petite fiche, je m’en allais.

Le pacte était conclu sans paroles. Depuis longtemps je le savais, il fallait commencer par le premier livre, une lecture obligatoire, et, s’il y avait encore du temps, je pouvais lire le deuxième livre.

Le pacte était conclu et je le respectais sans broncher. Madame la Bibliothécaire avait toujours raison. Sans l’ombre d’un doute, elle avait lu tous les livres. Elle, elle savait comment s’y prendre avec tous ces livres.

Mais, un jour, j’avais 11 ou 12 ans, on m’a remis le Chant des Nibelung. J’ai inutilement ouvert sa couverture noire, semée d’un bateau. J’ai inutilement lu les premières pages. J’ai inutilement attendu toute la semaine. Je n’aimais pas le livre. Je ne pouvais pas le lire.

Chaque jour j’avais peur, j’avais peur du moment où Madame la Bibliothécaire allait me demander si j’avais aimé le livre. Dire que je ne l’ai pas aimé et que je n’ai pas pu le lire ? Impensable ? Dire que je n’ai pas eu le temps pour le lire ? Inconcevable. Ne rien dire ? Hors de question. Dire alors que je l’ai lu ? Et si on me demandait des détails ?

Le Chant des Nibelung contre mon cœur, j’attendais le regard de la femme. Je ne savais pas ce qu’il fallait dire mais j’attendais tranquillement.

* Est-ce que tu as aimé le livre ? a-t-elle demandé.
* Oui. Ai’ je répondu avec enthousiasme et sans hésitation.

Il y a eu du silence. Il y a eu départ du « Chant des Nibelung » et apparition d’un autre livre. Il y a eu Madame la Bibliothécaire, le sourire fêlé, qui restait derrière.

Depuis, quelque part dans ma tête, la littérature a deux demi-visages : les livres qu’on doit lire et les livres qu’on se donne le droit de lire ou de ne pas lire. Tous ces livres, toujours enfermés quelque part, sommeillent et se laissent regarder. De temps à autre, on nomme leur liberté provisoire expérience de la littérature. Mais, pour les uns et pour les autres nous éprouvons cette expérience tout en sachant que nous nous tenons responsables devant quelque inconnu qui prend nos ailes en otages.

Août 2006

Felicia Mihali

Pluie et papier, de Vladimir Tasic

Le dernier roman de Vladimir Tasic est si dense à lire qu’on a besoin de courtes pauses pour reprendre son souffle. Dans Pluie et papier non seulement les destins des héros se croisent de manière époustouflante, mais les histoires qu’ils se racontent aussi. Dans la ville bombardée et isolée de Novi Sad, quelques personnages achèvent leur errance à travers des pays et des continents pour refaire le récit homérique du monde moderne. La narratrice, Tania, rentre au pays pour soigner son père gravement malade. Après une visite au hasard à travers la ville en ruine de Novi Sad, elle aboutit dans un café nommé Pharmacie, suggestion médicale et curative pour l’alchimie complexe qui se passe dans l’âme et la conscience de ses clients. Ici, Tania rencontre un gang bizarre auquel elle se joint instantanément : la préoccupation de ce groupe hétéroclite semble être dorénavant de répondre aux questions que peu de gens se posent encore, et de ranimer des héros oubliées, des inventeurs laissés de côté, des événements effacés de la mémoire des gens.

Avec sa vocation de conteur à l’échelle cosmique, Tasic nous interroge souvent, par la voix de ses personnages : quelles sont les limites de l’errance, et jusqu’où peuvent être poussés les voyages d’un être humain? Le fil de sa narration est toujours alambiqué par les milliers d’histoires subjacentes qui existent dans la plus simple anecdote, par les centaines de détails qui se cachent dans l’épisode le plus simple. Fictions ou compte-rendu scientifiques, musique, découvertes scientifiques, tout ça s’enchevêtre d’une manière hallucinante pour vous offrir une idée de ce qui se trame dans ces Balkans barbares, mais dont le primitivisme cache une civilisation des plus avancées. La langue, surtout la langue utilisée par Tasic vous ensorcelle, vous fait regretter de ne pas lire ce livre dans sa variante originale qui doit déborder de volupté. Vivant au Canada, Tasic a choisi, semble-t-il, d’écrire dans sa langue maternelle, ce qui pour la première fois dans le cas d’un auteur qui change de pays me semble un bon choix.

Août 2006

Eva Halus

Notes on the English landscape and the
Pre-raphaelite art

The Eurostar train fastly rolls from the French plains under the waters of the North Sea to reappear in a metamorphosed paysage, that is so characteristically English.

The evolution of technology allows people to have much more awareness of machinery and thought, to discover much more of who we are. A truthful soul will try to see that human view and expression of our days doesn’t stand solely alone, that technology didn’t push us out of history and culture, but through its capabilities allows our myths and believes to expand in a beautiful spiral.

I made the observation that traveling with the Eurostar with its smooth and fast roll gives you a very good perspective of time. Everything is exact, in Time, while the landscape metamorphoses from one country to another.

The first contact with England was it’s nature.

The deep green of trees and grass against a gray sky was interfering with the expectation of Art Galleries to be seen in London. I could believe that this is the nature that inspired English painting and poetry like the romantic era and the pre-raphaelites that I was going to see and study in Tate Gallery.

I would like to talk about the pre-raphaelite painters, that through their message to the world made me understand better the human soul as integrated to the Nature.

“ The agreed devotion to sincerity in art was translated into the central pre-raphaelite credo of “truth of nature”. In practice this meant painstakingly detailed observation and drawing from life rather than lay figures on the casts, it meant painting outdoors to catch every subtle gradation of light and colour”1

In the pre-raphaelite painting characters appear bearers of a noble soul. This reflects in the nature and architecture that accompany the characters. It is a truth about human beings and Nature, harder to observe in the fast world of today.

Août 2006

Emil Belu

Vamile albastre

Prin copca deschisa în geamul înghetat privesc cerul plumburiu, cupola sprijinita în vârful scheletului metalic al antenei de pe dealul ce domina orasul. Vântul sufla în rafale prin hornul subrezit într-o litanie neîntrerupta, bisturiu sonor ce taie în carne vie.

Sincopele sufletesti, de care nu duc lipsa, amplificate de aceasta stranie colivie de gheata, ma arunca în cele mai întunecate abisuri ale sufletului. În rarele momente de luciditate, ocheanul din geam îmi întretine iluzia ca sunt, înca, ancorat în realitate. Frânturi de lecturi, întâmplari pe care mi le amintesc fragmentar, vise negre ce ma trezesc în puterea noptii, iata amalgamul ce îmi întretine aceasta agonie interminabila. Poteca salvarii, cu certitudine, ocoleste colivia mea.

Am pierdut de multa vreme sirul zilelor si al noptilor. E duminica, banuiesc dupa dangatul de clopot, ce moare rastignit pe cercevelele de lemn ale ferestrei. Zi ideala de sinucidere! Dar, pentru asta îti trebuie curaj, supremul curaj, pe care nu îl am. O „pierzanie” spre alte zari ar fi o solutie. Au facut-o atâtia, de ce nu as încerca si eu? Ce poate fi mai simplu? Treci o vama, poate mai multe, si peste tot numai albastru, risipa de albastru: cer, ape, munti – culoarea sperantei!

Târziu, mult prea târziu! departe, mult prea departe! într-un anticariat prafuit de pe tarmul Golfului Mexic, aveam sa dau peste durerosul avertisment al Aristocratului Îndoielii: „speranta este o virtute de sclav”...

Août 2006

Otilia Tunaru

La Journée de la Roumanie à Montréal fait partie des Week-ends du Monde

Écho et témoignages de la première édition

L’Association ROCADE, une jeune entreprise roumaine-québécoise dynamique, a organisé le 20 juillet 2006 l’événement La journée de la Roumanie à Montréal. Cette fête culturelle des Roumains qui habite Montréal a été greffée sur le festival Week-ends du Monde mis en place depuis six ans par la Ville de Montréal.

Dans le parc Jean Drapeau, un spectacle de grande envergure a réuni des artistes provenant de la communauté roumaine et du pays d’origine. Simona Hodos, journaliste et critique de théâtre, a été la coordonnatrice et la responsable du projet. Le moment d’inauguration a été marqué par la présence de M. Ioan Bogdan Bucur -le consul général de la Roumanie à Montréal-, M. Ilie Puscas -le consul général adjoint à Montréal- Mme Elena Sava Stefoi -Son Excellence l’ambassadrice de la Roumanie au Canada-, M. Marcel Tremblay -conseiller associé au multiculturalisme à la Ville de Montréal- Senaya, la porte-parole de l’événement Week-ends du Monde, une artiste populaire qui parle sept langues. Sur la scène offerte à la communauté roumaine par les organisateurs du festival se sont succédés : une chorale des jeunes des églises roumaines, un concert de musique est-européenne, un concert de musique traditionnelle - Sergiu Popa Group, le concert « De doina à blues », Teodora Enache Groupe & son invité Theodosii Spassov, le spectacle de danse « Le Sel de la terre », Liliana Iorgulescu & son invité Grigore Lese, Dan Puric avec son spectacle Le Rêve, le soliste Catalin Stoleru & le soprano Ching-Hui Kuo, le récital de musique classique du ténor Corneliu Montano. L’exposition des photos Le vieux Bucarest, réalisée par l’artiste Mihai Oroveanu, a traversé l’océan pour révéler par le biais de l’image le spécifique francophone de la capitale roumaine.

La première édition a été un réel succès; la présence d’environ 2000 spectateurs qui ont assisté au spectacle jusqu’au tard, vers 23h, en témoigne. La joie -nourrie avec de la musique et des plats spécifiques roumains - a été au rendez-vous. L'immigration en provenance de la Roumanie contribue depuis plus d’un siècle à la richesse multiculturelle montréalaise. Cette communauté francophone par tradition aura dorénavant une journée de fête, dans le cadre du festival Week-ends du monde.

Le départ sur le bon pied de l’événement La journée de la Roumanie à Montréal donne la certitude que l’an prochain les Roumains seront présents pour fêter leur identité spirituelle et la diversité de leur société d’accueil.

À l’occasion du spectacle de clôture qui a eu lieu le 13 août, nous avons « capté » pour nos lecteurs quelques échos de ce succès.

« La Ville de Montréal a profité de la Terre des hommes, qui a été la terre d’accueil en 1967 pour 52 millions des visiteurs de tous les pays au monde. Les Week-ends du Monde représentent une occasion unique, notamment pour la Roumanie cette année, pour mieux se faire connaître. Participer avec d’autres cultures d’origines diverses pour nous informer sur votre culture, vos traditions, vos valeurs, c’est ça Montréal. Je suis le vice-président de l’Association internationale des maires francophones. Dans le contexte du Sommet de la francophonie tenu à Bucarest, nous, comme des représentants de la deuxième ville la plus importante au niveau de la francophonie, nous allons tenir le Bureau du comité exécutif de l’Association internationale des maires francophone à Bucarest. C’est une occasion pour mieux apprécier la Roumanie, pour qu’on puisse revenir et apprécier davantage la communauté et les efforts d’unité que la communauté a fait avec La Place de la Roumanie. Il y a également La Place de Montréal à Bucarest, alors je vais rencontrer le maire et nous allons voir comment faire pour embellir l’image que vous avez faite ici, à Montréal. (…) Nous avons des valeurs religieuses proches. Il y a des efforts considérables pour mieux faire connaître la Roumanie et sa culture. C’est dans cette optique que la communauté roumaine joue un rôle très important à Montréal. » - Gérald Tremblay, le maire général de la ville de Montréal

« Pour moi, ce qui s’est passé lors de la Journée de la Roumanie a été un coup de foudre. Personnellement, j’ai remarqué la présence de la Roumanie par sa qualité artistique et au niveau des gens. Le fait que des officiels de la Roumanie ont été là, c’est une belle collaboration. On va travailler encore plus l’année prochaine en partant de cette bonne base.» - Senaya, l’auteure-compositrice-interprète qui est la porte-parole du festival Week-ends du Monde

«La Roumanie a fait un travail exceptionnel, et on s’attend l’année prochaine à une autre grande performance. On vous remercie d’avoir participé avec nous. » - Marcel Tremblay, conseiller associé au multiculturalisme à la Ville de Montréal

Le projet La journée de la Roumanie à Montréal s’est appuyé sur un partenariat de qualité entre différents organismes : La Ville de Montréal -organisatrice de l’ample événement Week-ends du monde, le Ministère des Affaires étrangères par le Département des relations avec la population roumaine dans le monde, l’Ambassade de Roumanie au Canada, le Consulat de la Roumanie à Montréal.

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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