haut de page
Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 23 • Montréal • 15.07.2006

ARCHIVE

Juillet 2006

Les Âmes passionnées de l’Amérique Latine

Quatre vernissages et une exposition collective d’art latino-américain à Montréal

par Otilia Tunaru

La Galerie Art’Américas présente l’événement Âmes passionnées qui regroupe progressivement, au cours de l’été, les vernissages de quatre artistes-peintres du Pérou et du Mexique. Dès le 14 juin jusqu’au 4 septembre, vous êtes conviés à découvrir l’art latino-américain, un univers de couleurs vibrantes, peuplé par des divinités mythologiques et des personnages carnavalesques. L’exposition collective Âmes passionnées représente un summum de ces œuvres, réunies sur le thème du corps humain et de ses diverses expressions.

Selon la déclaration du directeur général, M. Marc Saint-Onge, Art’Américas est la seule galerie d’art commerciale au Canada spécialisée dans la diffusion de l’art latino-américain international contemporain. 27 artistes de 14 pays y exposent leurs productions artistiques, utilisant différents techniques : huiles et acryliques, aquarelles, encres, et tempera; sculptures, gravures et céramique; masques artistiques; techniques mixtes collage/huile, aluminium/cuivre.

Le directeur général nous a déclaré : « L’idée est de rassembler au cours de l’été plusieurs artistes latino-américains. C’est une exposition collective cumulative, nous ajoutons un artiste chaque 2 semaines. Nous avons commencé avec le vernissage de Joseph Firbas du Pérou, le 28 juin s’est présenté Fidel Ponce Ccana, jeune artiste international de la relève québécoise, le 12 juillet nous aurons eu Guillermo Robles du Mexique. Le 27 juillet ce sera le vernissage de José Para, un jeune artiste de Guadalajara, Mexique. Il fait carrière dans plusieurs pays, il vient à peine de terminer une exposition importante au Mexique et il travaille présentement sur une commande très importante qui va durer un an, en Arizona. ». Pour M. St-Onge, qui a vécu en Amérique Latine, cet art est avant tout un amour personnel. Voici ses explications concernant la spécificité de l’art latino-américain qui est devenu une grande mode dans toutes les grandes villes nord-américaines : « Souvent, les gens vont en Amérique Latine sur les plages, ils y voient de l’art naïf et de l’artisanat. Notre proposition est d’introduire aux collectionneurs et aux amateurs canadiens l’essence de cet art. En fait, l’art latino-américain a une vision nord-américaine. On trouve les grands courants de l’art contemporain d’inspiration multimédia, mais on trouve aussi de l’art graphique, des personnages uniques. Il y a des couleurs chaudes, du symbolisme à travers les œuvres. La majorité des artistes qui exposent dans cette galerie font de l’art d’inspiration religieuse, qui n’existe pas au Canada. Ce n’est pas de l’art sacré, mais on se permet d’avoir un discours par rapport à la religion. »

Nous avons eu l’occasion de participer au vernissage de l’artiste Fidel Ponce Ccana d’origine péruvienne, qui vit a Montréal depuis trois ans. Son exposition constitue le second volet de l’événement Âmes passionnées et ses tableaux proposent une incursion dans le labyrinthe humain. L’œuvre aux teintes voluptueuses prend une tournure à la fois techno. « Mes peintures surprennent la relation entre l’individu et les nouvelles technologies, en mettant l’accent sur la dépendance que donne la technologie. J’utilise les anciennes techniques réalistes classiques dans le style de l’époque de Leonardo Da Vinci, à la manière de Caravaggio et de Rembrandt. À la technique réaliste s’ajoutent des influences modernes et des thèmes d’inspiration contemporaine. Je peins avec des couleurs fortes, peut-être parce que je viens du Sud, peut-être c’est l’effet de la montagne, qui reste dans l’inconscient… En même temps, les couleurs frappantes représentent la meilleure façon d’exprimer les sentiments et les émotions. Une caractéristique est la préoccupation spirituelle pour un autre monde. Pour moi, dessiner le corps est une façon d’exprimer des sensations que le langage n’est pas capable d’exprimer. L’expression du corps parle de l’âme plus que les mots. À la question s’il a trouvé sa place à Montréal, le jeune artiste nous a confié : « Ici il y a plus d’opportunités, on travaille avec une technologie qui est très développée. Mais c’est différent. Chez nous il y a une préoccupation d’aujourd’hui pour hier; ici, en Amérique de Nord, c‘est une préoccupation d’aujourd’hui pour demain. »

Entre l'ombre et la lumière, entre la tradition et la modernité, un oeuvre à caractère passionné qui attend d’être découverte. La Galerie Art’Américas, ouverte depuis novembre 2005, sera l’hôte d’un quatrième vernissage le 27 juillet, celui du peintre José Para qui vient du Mexique. Après le 4 septembre, une autre exposition se poursuivra. L’artiste d’origine bolivienne Marcelo Suaznabar qui habite à Toronto, arrivera à Montréal pour ajouter sa touche d’inspiration latino-américaine.

Galerie Art’Américas

1907, rue Amherst (coin Ontario)

Montréal H2L 3L7

Métro Berri-UQAM

Source : Marc St-Onge, directeur général Art’Américas

Informations : 514 523-9655

1 456 934-8718

514 804-4321

www.artamericas.ca

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------

 

PHOTO : Silencio del espritu I, huile et acrylique sur toile, Fidel Ponce Ccana - par Otilia Tunaru

Juillet 2006

Entre la grâce et la naissance d'une idée

par Otilia Tunaru

Le vernissage de l’exposition de Éva Halus, organisé le 24 juin à la Galerie Inter Pallas, a été une incursion inédite dans les fluctuations de l’imaginaire. Des photos en noir et blanc qui représentent une documentation sur le début des années ’90 à Montréal; des illustrations de design réalisées par ordinateur, des peintures et des aquarelles où les impressions sont suscitées par la lumière et les objets. Une variété de sujets a été abordée par la touche délicate de l’artiste. Des fleurs, des arbres, des papillons, des oiseaux et des animaux sur des estampes, en utilisant l’acrylique sur le papier de riz; de jolies natures mortes sur bois ou sur toile, des gouttelettes d’eau qui suintent au long d’une image; des instantanés de villes d’Europe; le Bouddha qui sort du rêve indien et la Vierge Maria évoquée dans le style légèrement naïf des icônes roumaines; des reproductions d’après Cézanne sur carton noir.

Éva Halus nous dévoile l’essence de son art : « Je joue sur les illustrations, c’est comme un rêve surréaliste. Le thème général de mon exposition est la quête de l’esprit qui explore diverses hypostases de la nature humaine. L’expérience de l’esprit prend différentes formes : les icônes de la Vierge Marie qui expriment la foi du peuple roumain, le Bouddha que j’ai connu quand j’ai fait du yoga, la peinture zen sur papier du riz, les dessins par ordinateur qui exprime une synergie créatrice entre l’homme et la machine. Cette sorte de révélation de l’imaginaire est possible par l’amour… »

Dans le tableau La naissance d’une idée, l’artiste a mis en évidence la différence entre la pensée d’une femme et la manière de réfléchir d’un homme. En valorisant l’idée du mythe et le pouvoir des symboles, elle a brossé l’homme arborant un masque de mouette et la femme portant dans sa tête un chrysanthème géant. La peinture Grâce est une autre représentation métaphorique de l’idée que la nature et l’humain sont créés par la grâce divine. Le cygne à plumage blanc traverse l’eau au coucher du soleil; la main fait le geste qui rappelle celui de la toile de la Chapelle Sixtine par Michel-Ange. « Tout dans ce monde est la création de Dieu et la grâce découle de cette aisance. Mes tableaux illustrent avec prépondérance des explorations sur l’esprit humain »- a expliqué Éva Halus. De plus, elle est fascinée par l’étude de l’approche fleurs/visage, par la teinte de la joue à côté des nuances des fleurs.

Il faut ajouter que l’artiste détient une belle collection qui compte plus de 100 cartes postales et de vœux originaux. Elle peut exécuter sur commande en plusieurs exemplaires des modèles de cartes pour Pâques, Noël et pour d’autres occasions.

Éva Halus a écrit également des histoires pour enfants : deux en français et une en anglais. Des personnages comme Flower Women et des voyages imaginaires nous invitent dans une incursion ludique et en même temps éducative. « La conception de mes livres jeunesse est très visuelle, j’ai fait des illustrations pour chaque page. Je profite de cette occasion pour inviter les maisons d’éditions à connaître mes projets. »

Le peintre et musicien Roger Gravel, connu sous le nom Velgé comme peintre, a déclaré : « Je connais Éva depuis un bon moment, je connais son œuvre et je trouve qu’elle a une belle tangente en ce moment. La couleur dominatrice est le bleu, un signe de paix. Ce qui me frappe est le paysage citadin, l’artiste a son style personnel. Il y a aussi un côté iconique; j’ai vu beaucoup d’icônes faites par Éva et je pense qu’elle se place entre les deux cultures: la culture de l’Est et celle de l’Ouest.»

En ce qui concerne l’abondance du bleu dans ses tableaux, Éva Halus a complété : « le bleu évoque l’ozone, la liberté et la tranquillité. » Comme le bleu profond des yeux de l’artiste, dirais-je…

Une partie de l’argent obtenu par la vente de ses travaux sera versée à la Fondation des enfants défavorisés. Le 15 décembre 2006, Éva Halus présentera une autre exposition à la galerie Nota Bene à Montréal. « Je suis heureuse d’être à Montréal en ce beau jour de la Saint-Jean Baptiste et de partager avec vous mon expérience artistique. J’ai dédié cette exposition à ma famille et à mes amis qui m’ont inspiré par leur présence et qui ont déterminé parfois le trajet de mon art. »-a souligné l’artiste.


PHOTO : L’artiste Éva Halus entre Grâce et La naissance d'une idée - par Otilia Tunaru

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

annuaire