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| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 21 • Montréal • 15.05.2006 |
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Mon talent s’est construit à travers la liberté. Mon école c’est la vie. Quand je chante, je plane comme une aigle Interview avec Shola Doummar : auteur, compositeur et interprète des chansons de la joie intérieure et de l’amour inconditionnel. Par Otilia Tunaru Elle est seule sur la scène, en embrassant délicatement sa guitare. Les chansons s’enchaînent l’une après l’autre. Shola chante les yeux fermés, sa voix nous emporte dans un pays lointain au nom de Libertà, où l’amour est maître absolu. Une larme glisse sur sa joue, en brillant dans la lumière de la scène; la prochaine chanson c’est le lever du sourire, l’autre c’est l’éclat de la joie. Personne n’est plus là, son amour de vivre et son plaisir de chanter sont irrésistibles, envahissent la salle de spectacle. Elle parle au public, puis elle nous offre un autre moment de rêverie en chantant. Entre la scène et le public les échanges s’établissent avec aisance. Shola est devenue notre amie qui parle à chacun à l’oreille des sentiments, de l’amertume et de la beauté de ce monde. J’ai voulu prolonger ce moment d’une douce complicité, l’enchaînement des émotions qui couronne son récital et la chaleur de son témoignage. Sur le site www.sholadoummar.com on peut se renseigner sur l’artiste et son album Libertà. Je vous invite à lui rendre visite et à découvrir cette interprète assez discrète, qui fait des spectacles dans de petites salles accueillantes, pareilles à ses chansons. Sa guitare est décorée des dauphines bleus, la boite de sa guitare est peinturée avec des dessins allégoriques, sa maison est pleine des toiles et des tissus décoratives, des collages et des photos. Sa chambre à coucher est transformée dans un petit studio où elle rêve d’un monde meilleur ou des chansons qui soulagent et qui réjouissent. Une petite affiche trône comme une devise de cet espace de bonté et de tranquillité : « Soyez toujours heureux, priez sans cesse et dites merci à toute chose.» En discutant, j’apprends l’histoire d’un petit garçon autiste. La chanson Raconte-moi ton silence lui a ouvert la porte de son âme esseulé et la fenêtre de la parole. Il y a quelques jours, Shola s’est empressée de porter son CD à un petit garçon fiévreux qui a supporté plus facilement la convalescence en écoutent ses chansons. « Cela m’encourage et me confirme que je dois continuer. Lorsqu’un enfant éprouve autant d’émotion en écoutant ma musique, c’est ma plus grande récompense.» Des couleurs, de la musique et la joie d’un sourire qui accompagne toujours sa présence …. Voici l’univers de l’interprète et compositrice Shola Doumar! O.T. : Vous vous préparez pour un concert le 19 mai, donnez-nous un peu plus d’informations. S.D. : C’est un vendredi soir à 19h, à la Maison de l’amitié au 120 Duluth Est au coin Coloniale. Les billets seront en vente à l’entrée au prix de 10$. Mes CD seront disponibles et je vous réserve de très belles surprises. C’est un endroit communautaire, simple, un centre à but non lucratif qui aide les immigrés à s’intégrer au Québec. J’aime être parmi de vraies personnes ; les enfants sont les bienvenus. C’est pour ça la musique; pour nous mettre dans la joie. O.T. : Vous avez appris à jouer à la guitare par vous-même. Est-ce que c’est possible ? S.D. : Absolument. Je crois qu’on peut tout apprendre par soi-même. Pour moi, c’est essentiel de trouver l’inspiration de l’intérieur. Lorsque je crée quoi que ce soit -un poème, une peinture, une chanson, un repas-, tout vient de l’intérieur de moi. J’essaie de ne pas copier, de ne pas être influencée par des livres ou par des instructions qui viennent de l’extérieur de moi. J’ai toujours été comme ça. J’apprends en faisant, mais puisque je me guide moi-même, c’est unique. J’ai suivi des cours au Conservatoire mais je n’arrivais pas à être bien là-dedans, parce que c’était trop structuré, trop dirigé. Finalement, tu n’as pas le droit d’être qui tu es vraiment, tu dois devenir ce que le professeur veut que tu deviennes. Et moi, dans ma tête, dans mon cœur, je me disais : « Ce n’est pas logique, pourquoi je dois devenir autre chose? Pourquoi on ne nous donne pas la permission et la liberté de simplement être et de jouer de la manière que je veux jouer, de composer et de dire ce que j’ai envie de dire sans me faire réprimander ? Elle est où la liberté, alors? » Mon talent, il s’est construit à travers la liberté. O.T. : Votre album qui s’appelle justement Libertà contient des chansons en français, anglais et italien. Pourquoi vous composez des chansons dans plusieurs langues? S.D. : C’est dans mes racines. J’ai grandi en parlant trois langues. En venant au Québec j’ai appris l’anglais aussi. Donc ça fait partie de mes couleurs. Au lieu de peindre juste en bleu, je peins avec toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Ça ne fait qu’enrichir qui je suis, c’est comme avoir un bouquet de fleurs sauvages, au lieu de juste des roses par exemple. Je ne sais jamais en quelle langue je vais composer parce que ça vient tout seul, la musique et les paroles viennent ensemble. Ce n’est jamais structuré ou réfléchi. Je peux dormir et à 3 heures du matin une phrase se réveille dans ma tête. Je l’écris, le lendemain la musique vient aussi et la chanson est venue au monde. Pour moi, c’est ça l’inspiration, ce n’est pas moi qui décide. Ça pousse comme une fleur. O.T. : Combien de temps vous travaillez sur une chanson? S.D. : Une chanson réussie se fait en une demie heure. Si je sens que ça prend plus de temps, je ne continue pas, parce que je ne sens pas qu’elle est pure. Cela devient trop compliqué. Il faut que ça coule d’un trait. O.T. : Il y a toujours une concordance entre les paroles et la musique? Par exemple dans la chanson Libertà la mélodie commence timide et puis monte comme une libération, les paroles en italien donnent un plus de saveur à la chanson : libertà « comme une stella bella », « comme un angelo »… S.D. : Si, si… C’est une communion qui se fait à l’intérieur de moi, en fait toute chose véridique se fait à l’intérieur de soi. Il y a des gens qui m’ont confiés leurs poèmes pour que je mette de la musique, mais ce n’est pas pour moi. C’est artificiel. Moi, j’ai besoin que ça coule ensemble. Parfois, je suis perturbée, il y a quelque chose qui m’habite, une pensée ou une expérience que j’ai vécue. Cela prend du temps, c’est comme attendre un enfant et doucement, ça grandit et puis c’est la naissance. Libertà est une chanson qui décrit un état que j’ai ressenti, un sentiment de liberté totale, lorsqu’on se dit qu’on n’est plus le prisonnier de la société, prisonnier des attentes des autres par rapport à comment l’on doit être. Quand je chante, c’est certain que je plane; je suis comme une aigle. O.T. : Dans la chanson Love is my religion vous parlez de notions qui reviennent comme un leitmotiv : « love », « truth », « glory ». C’est votre philosophie de vie? S.D. : Oui, à mon avis, nous sommes tous des frères et des sœurs. Ce n’est pas une question de religion. Je suis baptisée chrétienne, mais je ne veux suivre que la voix de mon cœur. Chaque être humain doit trouver sa propre voie, cette étincelle à l’intérieur et la suivre. Sinon, pourquoi vivre, si on est pour être esclave et subir les conditionnements des autres? C’est pas ça la vraie vie. Pensez-y bien, après tout, qui voudrait venir au monde si ce n’était que pour devenir un robot? Je me suis révoltée contre plusieurs injustices qui brimaient mon être et je continuerai à le faire si nécessaire, car jamais je ne me soumettrais. C’est ça la délivrance, la libération. On devient alors maître de son existence, on ne se laisse ni mener ni culpabiliser ni contrôler, parce qu’on se possède soi-même. Love is my religion décrit cet aspect mystique de l’existence : nous avons tous cette capacité de ressentir l’univers vibrer à l’intérieur de soi, il s’agit de s’ouvrir et d’aimer d’une manière inconditionnelle. O.T. : Vous avez refusé des contrats comme par exemple de la compagnie Sony. Comment vous avez réussi à rester fidèle à votre voie, à votre liberté à tout instant? S.D. : Lorsque je suis confrontée à une situation qui ne me convient pas, j’ai une réaction allergique, comme une résistance immédiate. Je ne peux pas dire « Oui » à ces gens-là qui veulent profiter de mon talent; je sens la manipulation. Si quelqu’un ne prend pas à cœur l’âme, la sensibilité, la fragilité de l’enfant que je suis, il ne me voit pas véritablement. Il ne voit que l’extérieur. Quand j’ai eu la proposition avec Sony Music -il y a de cela presque 15 ans-, ils voulaient faire de moi une fabrication de leur vision, un numéro, une marionnette. Je ne pouvais pas accepter, même si c’était très alléchant. O.T. : Vous ne voulez pas embarquer dans cette machine gigantesque qui est l’industrie musicale? Vous préférez toujours d’avoir de petits concerts dans des salles intimes? S.D. : Tout à fait. J’aime être proche des gens, parce que mon profond souhait est de faire du bien, c’est tout ce que je veux. Je ne cherche pas la gloire ou le vedettariat, ça ne m’intéresse puisque je suis déjà très riche. Quand on a trouvé intérieurement ce trésor de la liberté et de l’amour, on est le plus riche au monde. Le véritable bonheur c’est de pouvoir garder cette joie intérieure, peu importe ce qu’il arrive. O.T. : En commencent avec la première chanson de l’album Hail to man’s et en finissant avec la dernier Quand, on est charmé par la musique des vos chansons qui a des influences exotiques et orientales. Quel est le style de votre musique? S.D. : Je n’ai jamais été capable de m’encadrer dans un style en particulier. Moi, je dirais que ça se promène dans le mystique, musique du monde, balades, chansons qui ont un côté plus latin ou jazz. C’est très varié, très coloré. C’est un reflet de moi finalement. Je ne suis pas uniquement une femme, une mère, une artiste, je suis également un être sensible et vulnérable comme une petite fille, qui s’émerveille devant tout… et je suis aussi un guerrier qui est prêt à se battre lorsqu’il le faut. Douce et tendre, mais à la fois forte et tenace. Je crois qu’on est une infinité de choses mais on n’explore pas assez tout notre potentiel. O.T. : Je vous ai écouté dans un concert et la chose la plus remarquable c’était que vous êtes heureuse de chanter. Vous transmettez une joie de vivre... « contagieuse ». Comment vous réussissez, quel est votre secret? S.D. : Mon secret c’est d’être simple, authentique, proche de ma vérité profonde. Mon plus grand amour est de vouloir me connaître le plus possible et de trouver la vérité en toutes choses. Quand je chante, je touche à cette vérité pure de mon âme. C’est là que je vibre le mieux, que je suis complètement moi. Comment ne pas être heureux en ce moment-là? Les gens me disent par la suite, que ça leur permet d’ouvrir cette porte qu’ils avaient fermée, oubliée, à cause des conditionnements de la société. O.T. : Vous êtes née d’un père égyptien et d’une mère italienne, vous êtes venue à Montréal à l’âge de 8 ans et présentement vous êtes la montréalaise bilingue qui vit sur le Plateau Mont Royal. Comment cette diversité culturelle a influencé votre parcours artistique? Ça vous rend plus riche intérieurement? S.D. : Plus ou moins. Je ne suis pas riche intérieurement parce que je suis venue au monde en Égypte. C’est parce que j’ai choisi de vouloir découvrir qui je suis véritablement. De faire un travail conscient sur la profondeur de mon être, pour me distinguer des autres. Je me considère universelle, car mon école c’est la vie. J’ai bien compris cela et je veux le transmettre aux gens. Il ne faut pas se limiter à une nationalité, au titre qu’on possède, ce ne sont que des rôles que nous jouons tous; mais ce n’est pas qui nous sommes véritablement. Il faut creuser plus profondément afin de se découvrir. O.T. : Vous étiez une mère de famille qui vivait une vie tranquille et prévisible. Le parcours de la vie a changé brusquement. Pourtant, les échecs vous ont poussé à vous découvrir et à vous dédier à la création artistique. Comment vous vous êtes rendu à ce point? S.D. : Par la force des choses, j’ai eu mes enfants très jeune et ça a été une grande bénédiction parce qu’ils m’ont enseigné l’amour inconditionnel. Mais j’ai compris que je devais me transformer pour eux. Je leur ai appris à leur tour qu’ils étaient les seuls maîtres responsables de leur vie. Ma créativité m’a sauvée en quelque sorte, car c’était le meilleur moyen pour moi de vider mon âme accablé. Toutes mes émotions y passaient et ces grâce à ces moments difficiles que j’ai réussi à écrire les plus belles chansons. O.T. : Avez-vous un message pour les femmes comme mère, comme amoureuse, pour les femmes qui vivent des « jeux d’amour »*. S.D. : Je veux dire à ces femmes et à tout être humain : RÉVEILLEZ-VOUS!!!!!!! Apprenez plutôt à vous aimer vous-même au lieu de vous oublier tout le temps, pour vous faire « mal aimé » par quelqu’un qui vous utilise, qui prend sans savoir donner, pour vous posséder et contrôler. Vous détruire quoi! Mais c’est à vous de ne plus vous laissez faire aussi. L’amour n’est pas un jeu! L’amour ne fait pas mal! Lorsqu’on est véritablement aimé, il nous pousse des ailes et on s’élève de plus en plus. Si le contraire se produit, c’est que tu n’es pas avec le bon partenaire, puis tu n’as qu’à partir vite avant de retomber dans le piège. Lorsqu’on arrête de se voir trop gros ou trop laide, on se voit simplement pour l’être qu’on est. Quand on se cache, on se trahi. Tout est connecté, tout est relié. Si je me renie, si je me détruis, je détruis autour de moi, c’est un cercle vicieux. J’espère amener les gens faire cette prise de conscience. O.T. : En fait, c’est ça le message de la dernière chanson Quand. S.D. : Quand l’humanité va changer dans son cœur -pas dans sa tête!- on va ouvrir cet espace à l’intérieur de nous! Mais tout le monde a tellement peur, tout le monde s’enferme, se protège, chacun pour soi, l’autre m’a fait ou m’a dit ça. C’est là, la guerre. La guerre est à l’intérieur de soi et c’est pour ça qu’il n’y a pas de paix dans l’humanité. Comment avoir la paix dans le monde, si je n’ai pas la paix en moi? Il faut d’abord se guérir soi-même de toute la colère, de l’intolérance, de l’ignorance qui est en nous avant d’espérer changer quoi que se soit. Mais les gens ne veulent pas faire d’efforts. C’est plus facile de faire semblant. L’amour demande beaucoup de patience et de compassion pour aimer celui qui nous crache en pleine face. C’est ça le défi. De pouvoir pardonner. O.T. : A par le chant, vous faites aussi de la peinture et des collages. C’est votre façon de vivre à travers les arts? S.D. : Oui. Enfin, j’essaie de m’exprimer à travers tout ce que je fais. J’aime transformer la noirceur en lumière. J’aime rendre le sourire à une personne triste. Je m’exprime avec mon coeur et j’essaie de donner toujours le meilleur de moi-même dans la mesure du possible. O.T. : Dans votre prochain spectacle, le décor sera fait par vous-même? S.D. : Oui. Ça va être une première, je vais amener quelques-unes de mes toiles pour décorer la salle. O.T. : Quel est votre message pour les gens qui vous écoutent pour comprendre mieux votre musique? S.D. : Laissez-vous emporter par les vibrations de la musique. Ouvrez-vous à simplement recevoir l’énergie sans essayer de comprendre quoi que ce soit. Simplement laisser entrer en vous, comme si vous receviez une douche d’amour et de lumière. C’est votre âme qui ressentira les bienfaits et vous en serez transformés. Ce n’est aucunement une question intellectuelle. C’est une question de coeur! Écoutez avec votre coeur. C’est tout. O.T. : Quel est le prix à payer pour cette liberté? Comment vous réussissez à vous concentrer sur la carrière artistique et en même temps à subvenir à vos besoins? S.D. : Tout d’abord, c’est sûr que la liberté intérieure n’a pas de prix. Ça demande des sacrifices, je ne roule pas sur l’or. Le côté matériel, j’en ai toujours arraché, mais je n’ai jamais manqué de rien. J’accueille des étudiants de l’étranger. Ils sont logés, nourris et moi, je peux payer mes factures. J’ai ma liberté, j’ai simplifié ma vie et je continue à le faire. En Égypte j’ai connu la pauvreté, quand j’étais mariée j’ai connu la richesse matérielle mais j’étais dans un vide intérieur incroyable. Maintenant je trouve de plus en plus un équilibre entre les deux. C’est certain que j’aimerais être financièrement libre et vivre de ma musique et je suis certaine qu’un jour ça sera possible. O.T. : Quels sont vos projets d’avenir? S.D. : À part du spectacle de 19 mai, je vais faire un autre spectacle samedi le 3 juin à19h, au Café de l'artiste, 5200 Verdun. C’est une contribution volontaire également. Et puis je souhaite de tout coeur pouvoir entreprendre la réalisation d’un deuxième CD. Il a déjà un titre : TRANSFORMATION. Voilà, puis je suis ouverte à tout ce que la vie à a m’apporter. O.T. : Je vous remercie pour cet entretien et je vous souhaite bonne
continuité sur le chemin de la chanson et de la liberté!
Photo : Dans l'univers de Shola, l'art et la musique sont présents
partout. L’artiste avec sa guitare et sa dernière peinture,
La Déesse, faite sur un restant de bois
MEMORIA MARGINALIA Regizorul CRISTIAN MIHAILESCU lanseaza proiectul Par Simona Hodos Revederea cu regizorul si directorul general al Teatrului de Opera din Brasov, domnul Cristian Mihailescu (datorata exclusiv prietenei noastre dragi Ioana Voicu !) a fost o mare si frumoasa surpriza, de la un capat la altul. In primul rand pentru ca nu mai statusem de vorba, in tihna, de ani de zile. In decembrie, in iuresul ametitor al Bucurestiului, am trecut repede unul pe langa celalalt, fiecare fiind preocupat de ce avea de facut in ziua aceea. Sincer vorbind, nu aveam idee despre activitatea domniei-sale din ultimii ani, mai ales de cand conduce Teatrul de Opera din Brasov. Discretia sa, in fapt smerenia, in cel mai pur sens ortodox, dar si munca asidua la ridicarea noului teatru de opera, nu l-au adus pe prima pagina a ziarelor sau la buletinele de stiri cu varf de audienta. Asa ca intalnirea de la Montreal, in chiar sambata sosirii sale aici, intr-una din saptamanile din Postul Pastelui, a fost ca o Inviere culturala. Tot ceea ce mi-a povestit despre activitatea sa si a teatrului pe care il conduce, despre demersurile si proiectele pe care le infaptuieste si despre care nu stiusem nimic, absolut nimic, mi-au dat trezit constiinta si sentimentul ca lipsa de comunicare este ca un neant in care, daca te adancesti prea mult, chiar daca poti inca sa respiri, nu mai traiesti. Ioana Voicu, care ne-a spus si unuia si celuilalt ca avem ocazia sa ne vedem la Montreal, a facut sa sune clopotelul agatat de marginea uitarii ; marginalizarea prin noncomunicare ; punandu-ne fata in fata, intr-un interviu uluitor, pe care sigur l-as fi ratat daca nu era aceasta conditie speciala de a ne afla amandoi in alta tara. Iesirea din mediul propriu, temporara sau pe termen lung, conjuncturala sau asumata, trezeste instinctele de autoconservare. Faptul de a fi pe alt taram decat cel natal, care in primul rand/ in primul moment te marginalizeaza, te pune de fapt fata in fata cu ceea ce esti, iti da constiinta propriei valori, te aduna cu cei de aceeasi conditie cu tine, iti da dimensiunea propriei masuri. Marginalizarea, distantarea, emigrarea sunt experiente initiatice prin care iti poti afla tu insuti valoarea. Iti confera recunoasterea sau uitarea, izbanda sau aneantizarea. Dupa discutia din receptia (un spatiu de trecere, nefamiliar, dar primitor) a Hotelului « Meridien-Versailles » cu domnul Cristian Mihailescu am inteles ca acolo unde era atat de la indemana, in Romania, nu ne-am fi gandit poate nici unul nici celalat sa ne cautam si sa stam de vorba, aici insa comunicarea a fost deplina si clara. Am plecat dupa o ora de interviu, refacand in drumul spre casa « filmul » discutiilor de alta data, cand domnul Cristian Mihailescu era directorul Teatrului Liric din Constanta, eu scriam la « Romania libera ». S.H. -Domnule Cristian Mihailescu, trebuie sa recunosc ca este o mare surpriza sa ne intalnim la Montreal si sa stam de vorba. Supriza este cu atat mai placuta cu cat in decembrie trecut, cand ne-am vazut la Bucuresti, pur si simplu nu am avut timp sa discutam despre proiectele dumneavoastra artistice. Asadar, ce faceti la Montreal, acum in preajma Pastelui Ortodox ? C.M. -Ma aflu pentru a treia oara la Montreal, cu treaba ! Am fost invitat de Teatrul « LYRICHOREGRA 20 », condus de directorul general Alain Nonat, pentru a detecta tinerele talente in domeniul operei. Sunt cautate vocile tinere ale Canadei, muzicieni de talent care sunt selectati fie pentru a participa la concursuri internationale din Europa, fie chiar de a fi angajati in anumite teatre din Europa si din lume. Exista un program foarte generos initiat de Teatrul « LYRICHOREGRA 20 », care se numeste « Jeunes Ambassadeurs Lyriques » si care a promovat pana acum nu mai putin de 150 de cantareti de opera ; artisti care au castigat concursuri internationale de canto, care au cantat si canta in teatre europene. Este o actiune sprijinita de statul canadian. Artistii selectati primesc ajutor financiar care le permite sa participe la aceste evenimente, fie ca este vorba de concursuri, fie ca sunt invitati sa cante in anumite teatre. Beneficiind de aceste facilitati, directorii de teatru interesati isi permit mai usor sa invite artisti canadieni pentru diferite productii noi sau montari pe care le au in repertoriu. Astfel, teatrele sunt degrevate de costurile de calatorie si de plata diurnelor, ceea ce faciliteaza colaborarea intre artistii canadieni si teatrele respective. S.H. -Cum ati reusit sa intrati partener in acest program canadian ? C.M. - L-am intalnit pe Alain Nonat cu prilejul concursului international de canto de la Marmande, regiunea Bordeaux din Franta. Este unul dintre cele mai mari concursuri de canto, care lanseaza voci importante din randul tinerilor cantareti. De 12 ani fac parte din juriul acestui important concurs international, fiind deja membru permanent, iar in urma cu 4 editii a fost invitat in juriu si Alain Nonat. S-a legat o prietenie frumoasa intre noi si astfel ne-am gandit sa facem si proiecte impreuna. Opera din Brasov a devenit singura institutie din Romania reprezentata in programul « Jeunes Ambassadeurs Lyriques ». Pe unul dintre artistii interesanti pe care i-am descoperit anul trecut la Montreal, in cadrul auditiilor din acest program, l-am invitat la Brasov. Este vorba despre baritonul Dion Mazerolle, care a participat anul trecut la repetitii si a cantat premiera cu “Povestirile lui Hoffmann » pe scena Operei din Brasov si impreuna cu colectivul acesteia a efectuat si turneul european al spectacolului nostru, in Austria, Germania, Elvetia, Olanda, Franta. In Franta vom canta din nou anul acesta, cu Opera din Brasov, la Palais des Congres din Strasbourg. S.H. - Cat dureaza stagiul pentru un artist canadian invitat la Brasov ? C.M. - Dion Mazerolle si-a incheiat contractul. Acum ma aflu la Montreal pentru a asculta si a invita si alti artisti canadieni de valoare. Durata contractului depinde pentru ce anume este invitat. Daca este invitat pentru o serie de spectacole din repertoriul existent, durata stagiului este mai mica, 2-3 saptamani. Daca este vorba despre pregatirea unei premiere, cum a fost invitat Mazerolle, durata este mai mare, 6 saptamani in cazul lui. In acest timp se lucreaza intens. Dion a fost uimit de sistemul nostru de organizare teatrala, cu stagiune permanenta, cum are si Opera din Brasov, cu un repertoriu de peste 120 de spectacole anual, cu o trupa permanenta, cu orchestra, cor, corp de balet, personal tehnic si administrativ. Aceasta forma de organizare le ofera un climat foarte bun in care sa poata evolua, pe care nu-l gasesc intotdeauna intr-o trupa foarte mica, angajata pe proiect, in care volumul de responsabilitati si sarcini este evident mai mare si mai apasator pentru artist. Cand exista o intreaga echipa in spatele artistului, acesta are posibilitatea sa se concentreze exclusiv asupra creatiei sale, degrevat fiind de celelalte griji. S.H. - Existenta artistului si concurenta profesionala sunt mult mai dure intr-un sistem de tip nord-american in care se lucreaza pe cont propriu si pe proiecte, in raport cu o forma de organizare care mentine un teatru de repertotiu, o trupa angajata, o infrastructura stabila ! C.M. - Nu e vorba numai de concurenta, ci in primul rand de forma de organizare. De exemplu, am fost invitat in urma cu doi ani la aniversarea Operei din Quebec. M-a intampinat directorul acesteia care, foarte mandru, mi-a spus ca celebreaza 20 de ani, intrebandu-ma, totodata cati ani are Opera din Brasov. I-am raspuns ca tocmai sarbatorisem si noi 50 de ani de la infiintare, iar Opera Nationala din Bucuresti are 80 de ani de existenta. A fost putin incurcat ! Apoi am avut surpriza, chemand un taxi la comanda prin telefon, de la hotel, sa fiu condus la aeroport de un taximetrist care nu era nimeni altul decat unul dintre artistii pe care ii vazusem pe scena chiar in spectacolul aniversar al Operei din Quebec... Asadar este o diferenta de organizare, sistemul institutional din Romania, din Europa, cu precadere Europa de Est, fiind INCA in favoarea artistului. S.H. - Este, deci, aproape un privilegiu faptul ca artistii romani sunt inca in majorite protejati de sistemul institutional actual ?! C.M. - Cred ca este bine sa pastram ceea ce avem pozitiv si cu rezultate benefice in sistemul nostru institutional si sa adoptam, din experienta de organizare institutionala occidentala aspectele in care sunt mai bine organizati. In nenumaratele mele peregrinari prin lume, cu ocazia intalnirilor si experientelor profesionale de care am avut parte, nu putini manageri si artisti din sistemul occidental mi-au spus ca ei insisi doresc sa adopte, intr-un viitor mai indepartat pentru ca deocamdata nu este posibil, o forma de organizare care sa-i protejeze mai mult, sa se inspire din sistemul nostru de teatru de repertoriu, forma institutionala pe care sa o adapteze la sistemul lor de organizare. La noi este problema finantarii, lipsa de fonduri, dar forma noastra de organizare institutionala este mai buna, prielnica artistului si creatiei. Totul trebuie insa luat cu masura si gasite solutii viabile, nu trebuie sa distrugem tot, sa importam orice, iar apoi sa ne trezim ca am distrus si ce era bun ! S.H. - Sa revenim la « scopul si durata vizitei » dumneavoastra la Montreal, la colaborarea romano-canadiana, mai ales ca pare putin incognito. In Romania nu am auzit despre colaborarea acesta, iar parteneriatul dintre Opera din Brasov si Teatrul “LYRICHOREGRA 20” este intr-adevar interesant. Ce alte proiecte aveti in mapa sau deja pe scena? C.M. - Din colaborarea cu Alain Nonat si Teatrul « LYRICHOREGRA 20 » s-a nascut, intr-adevar, si o alta activitate. Alain a fost tenor, asa cum am fost si eu la inceputul carierei in teatrul de opera. A cantat un repertoriu foarte variat si este un foarte bun cunoscator al stilului de interpretare, mai ales al stilului muzicii franceze. Pornind de la aceste date, am lansat o colaborare in domeniul sustinerii unor cursuri de maiestrie (master-class) in mai multe teatre muzicale din lume. Dl Nonat prezinta stilul muzicii franceze, iar eu, ca regizor de opera, indrum tinerii cantareti din punct de vedere al regiei, in cazul fiecareia dintre interpretari. Ceea ce facem noi este un master-class inedit se pare in lumea operei mondiale, care trezeste tot mai mult interes si primim tot mai multe invitatii. Am sustinut pana acum astfel de cursuri la Praga, Brno, Pekin, Shangai, acum la Montreal, la Toronto si la Vancouver, iar dupa-aceea plecam in China, unde suntem invitati din nou anul acesta, pentru doua saptamani, si unde am fost anuntati ca sunt zeci de artisti care s-au inscris pentru master-class. Este colaborare foarte buna intre « LYRICHOREGRA », Opera din Brasov si Asociatia Oamenilor de Muzica din China, aceasta din urma avand un numar impresionant de membri, de ordinul zecilor de mii. Este un proiect care creste pe masura ce lucram, ni se descopera noi aspecte, la randul nostru descoperim noi talente, pe masura lucrului si cred ca va continua multi ani de aici inainte. Ceea ce va pot dezvalui ca o tendinta de ultima ora in lume : spectacolul de opera cunoaste si in China, ca peste tot in lume, o dezvoltare incredibila. Este un boom as spune, cu siguranta o resuscitare a interesului mondial pentru opera, aproape incredibil. Aceasta revenire in atentie a operei este evidenta si la Brasov. Daca in 2005, dupa 9 luni, aveam 4500 de spectatori, in primele patru luni ale anului acesta, avem deja 6000 de spectatori in sala. Este si mai imbucurator faptul ca vedem in sala foarte multi tineri. Am trait in 2005 un mare eveniment, reprezentat de renovarea salii Teatrului de Opera din Brasov. Si putem spune ca in Romania, in ciuda dezastrelor naturale care au afectat tara anul trecut, ma refer precis la inundatii, s-a nascut astfel un nou teatru de opera. Prin efortul si intelegerea extraordinare ale Primariei Brasov, prin suportul efectiv al insusi primarului George Scripcaru, Brasovul are o sala de nivel european, care ne face o cinste enorma si care ne impune un standard foarte ridicat sub toate aspectele, de la calitatea spectacolelor pana la disciplina profesionala si morala a tuturor celor care lucreaza in aceasta echipa.
S.H. - A trebuit sa ne intalnim la Montreal, ca sa vorbim despre Teatrul de Opera din Brasov si activitatea dumneavoastra acolo ! Nu este rau, mai ales in contextul in care opera se pregateste serios sa iasa din nou la rampa, in toata lumea, nu ? C.M. - In Romania societatea nu este inca asezata, in sensul stabilirii prioritatilor. Nu intotdeauna se reflecta lucrurile importante, aspectele care definesc cultura unui popor. E foarte multa tentatie pentru amanuntul zilnic, atat de efemer, in defavoarea lucrurilor perene. Nu de mult spuneam intr-un interviu ca diferenta este ca politicienii creeaza efemeride si artistii eternitati. S.H. - Nu putem trai nici fara politica ! Discutam mai devreme, fara bani, fara sustinere, fara o societate asezata, nu se poate crea sau se poate, dar in conditii grele. Politica, economia si arta fac parte din civilizatia umana, indiferent de oranduire. C.M. - Bucuria mea a fost ca in Canada si, cu precadere la Montreal, am intalnit romani care vor sa face ceva pentru imaginea noastra in lume. Aceasta este chiar o bucurie de roman ! Fiind vorba si de o comunitate atat de mare cum este comunitatea romaneasca in Canada, valorile culturale romanesti trebuie promovate. Schimbul trebuie sa fie reciproc. Canadienii sunt interesati sa ne cunoasca, o spun in cunostinta de cauza, dar si noi romanii ar trebui sa insistam pentru a ne pune in valoare pentru ca, asa cum stim, Canada este o tara cu un potential fabulos. Sunt convins ca ar trebui sa avem o relatie stransa intre Romania si Canada. Spre exemplificare, programul « Jeunes Ambassadeurs Lyriques ». Canadienii invita in fiecare an trei personalitati din teatrul de opera european (directorul unei opere din Germania, presedintele juriului si directorul festivalului de la Marmande din Franta si directorul general al Operei din Brasov), impreuna cu compatriotul lor din Montreal, Alain Nonat, care sunt socotiti de ei specialisti in domeniu, pentru a le selecta valorile din muzica de opera canadiana. Faptul ca pentru a-si selecta valorile apeleaza si la un roman este o recunoastere a valorii noastre. Nu este intamplator, mai ales cand se repeta aceasta invitatie. Iar tinerii selectati in acest program au castigat premii la concursuri internationale de prestigiu, ceea ce a validat, fara sa fie nevoie, inca o data judecata noastra de valoare. Asa ca relatiile romano-canadiene au premise extraordinare in domeniul artistic si nu ne ramane decat sa consolidam si sa amplificam acest inceput. Mie imi face o mare placere ca Piata de la World Trade Center din Bucuresti se numeste Montreal si ca aveam o Piata a Romaniei la Montreal. Este doar simbolic, insa dincolo de aceasta cunosc foarte multi romani, cum spuneam si mai devreme, care incearca permanent sa promoveze Romania si valorile noastre culturale si identitare : sunt cateva persoane in comunitatea romaneasca din Montreal pe care le pretuiesc foarte mult si pe care le apreciez enorm pentru eforturile lor in acest sens. S.H. - Propun sa ne intoarcem la veste foarte buna, mai ales pentru artistii si teatrele de opera, ca opera nu mai poate fi numita Cenusareasa ! Intr-adevar a fost o vreme in care spectacolul de opera era marginalizat cumva. Dupa perioada de glorie din secolele trecute, secolul al XX-lea se pare ca nu a fost prea generos cu spectacolul de opera ! Insa istoria ne ofera mereu suprize, reveniri ciclice, furtuna si avant, ca sa citam un curent artistic celebru, « Sturm und drang ». Aveti un alt proiect in cadrul acestui parteneriat Brasov – Montreal ? C.M. - Aceasta colaborare cu Alain Nonat si « Jeunes Ambassadeurs Lyriques » are un ecou si in Romania. Am lucrat la acest proiect si se va materializa in august-septembrie, anul acesta. Este un master-class de regie de opera si de stil de muzica franceza, la Brasov. S.H. - Abia acum, la urma o spuneti. Sunteti plin de surprize : Felicitari ! C.M. - Avem deja programul, pliantul acesta care este tiparit la Montreal, care mi-a fost trimis in Romania. Imi face placere sa vi-l ofer ! La master-class s-au inscris cursanti de pe 4 continente, care vor veni la Brasov, in perioada 31 august – 14 septembrie, iar materialul muzical pe care vom lucra vor fi fragmente din opera « Carmen » de Georges Bizet. S.H. - Deja sunteti in galeria romanilor care promoveaza cultura noastra in Canada si promotor al schimburilor de valori intre cele doua culturi. Trebuie sa recunosc ca mi-ati trezit curiozitatea de a vedea noua sala a Operei din Brasov, trupa si spectacolele, asa ca promit sa stam de vorba din nou in septembrie, neaparat la Brasov ! O VIATA DE PROMOTOR, INTR-UN RESUME Din 1992 a fost Director general al Teatrului Liric din Constanta,
devenit sub conducerea sa, Opera din Constanta. Din septembrie 2000
este directorul Teatrului Liric Brasov. In decembrie 2002, regizeaza pe scena Grand Théatre din Limoges (Franta), spectacolul "Elixirul dragostei" de Donizetti, un stralucit success. In luna ianuarie 2003 regizeaza spectacolul "Falstaff", ultimul opus ce incoroneaza creatia lui Giuseppe Verdi, spectacol ce a fost prezentat in lunile martie - aprilie 2003, pe scene din Austria, Germania si Luxemburg. La Opera Nationala din Bucuresti monteaza din nou "Falstaff", in martie 2003, titlu ce reapare pe prima scena a tarii dupa aproape o jumatate de secol. Critica de specialitate din Romania considera cele doua montari cu ultimul opus verdian, de la Brasov si Bucuresti evenimentele stagiunii 2002 - 2003. Din 2003 pana in prezent este directorul Festivalului international de opera, opereta si balet – Brasov, eveniment unic in Romania, lansat de asemenea de Cristian Mihailescu, un permanent promotor al directiilor noi si al deschiderii teatrului de opera romanesc catre toate meridianele lumii. |
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