![]() |
![]() |
| Magazine mensuel de dialogue culturel | Depuis 2001 • No 21 • Montréal • 15.05.2006 |
|
Felicia Mihali La culture des marginaux Les changements intervenants dans votre vie attirent inévitablement le changement de vos préoccupations. Depuis que j’ai changé de pays, le problème des marginaux me préoccupe plus qu’avant : à vrai dire, pendant les 33 ans que j’ai vécus en l’Europe de l’Est, cette réalité ne m’a presque jamais effleuré l’esprit. Marginale par rapport à la culture de l’Europe Occidentale, cela me parait plus une fatalité qu’une réalité à analyser. Je me soumettais à ce destin d’inconnue avec le même détachement que celui avec lequel on accepte les calamités naturelles. Si les autres nous ignoraient, je me disais que c’était à cause du communisme qui avait anéanti le pays pendant cinquante ans, de la géographie, de la guerre et des traités défavorables qui en découlaient, de la langue. Je prenais en considération tous les arguments possibles à l’exception des personnes. Je ne me demandais jamais comment leur condition de marginaux européens influençait leur caractère, leurs complexes, leurs rêves ou leurs espoirs. Une fois arrivée au Québec, et depuis que je suis citoyenne canadienne, la condition des marginaux me préoccupe avant tout. Être marginal signifie tout d’abord parler la langue du pays d’accueil avec l’accent de la langue maternelle. Il y a ensuite le grand soulagement de mettre à la charge de sa condition d’immigrant tous les échecs engendrés par le grand déménagement : mauvais boulot, séparation, manque d’amour. On a finalement une réponse à tout ce qui ne fonctionne pas. Les insuccès sont tous dus au fait de ne plus être chez soi. Être marginal est toujours vu en terme de perte et jamais en terme d’acquis. Nature défaitiste par défaut, l’humain est toujours plus porté à voir d’abord les mauvais côtés de chaque nouvelle situation qui se présente à lui. En tant qu’artiste cette condition est davantage utilisée pour se défendre contre les échecs ou la mauvaise réception critique. Si les autres ne vous louangent pas ce n’est pas à cause de la valeur de votre œuvre mais parce qu’ils ne le souhaitent pas : ils veulent protéger leur identité, leurs droits aux subventions, leur place sur les rayons des bibliothèques ou des librairies. Être artiste et marginal est une situation idéale pour que les plaintes, les accusations et les mauvais scénarios s’éternisent. Sous les affres de cette identité de banlieue, on est toutefois plus ouvert au vent des marginaux. On aime découvrir ceux qui, tout comme nous, ne font pas les gros titres, ceux qui ne laissent pas voir leur figure dans les quelques émissions culturelles restées vivantes parmi la foule des talk-shows et interviews des chanteuses. Qui est comme nous? Ceux qu’on vend peu, qu’on achète peu, qu’on glorifie peu et desquels on se souvient uniquement à l’occasion du lancement d’une nouvelle œuvre. Mais comment publier si souvent pour que votre nom occupe un peu de place dans les colonnes culturelles déjà réduites dans les quotidiens du pays? Depuis l’ouverture de la Grande Bibliothèque du Québec, récemment renommée Bibliothèque et Archives nationales du Québec, je me suis fait un plaisir à passer du temps à fouiller les rayons à la découverte des auteurs marginaux. Je crains même que la connotation que je donne aux marginaux dépasse la réalité comme telle : marginal est devenu synonyme de valeureux mais pas connu. Récemment, par exemple, j’ai découvert un marginal, inconnu ici, célèbre ailleurs : je ne sais pas combien de monde au Québec connaisse le nom de Moses Isegawa et son roman Chroniques Abyssiniennes. Je l’ai retiré du rayon car son nom et son livre correspondaient parfaitement à mon critère de marginal. Cet auteur ougandais, né en 1963 et réfugié aux Pays Bas en 1990, a publié en 1998 un premier roman qui a tout de suite fait mouche. Abandonnant sa langue maternelle pour le néerlandais, dans ce roman autobiographique il a décrit dans les moindres détails les affres d’un pays et d’un continent sous des dictatures effroyables. Ce qu’on aime lire en Occident est surtout le récit des désastres et sévices, les traces du colonialisme blanc sans trop l’en accuser, un peu de critique anticoloniale, beaucoup de détresse et de sexe sauvage, des conditions de vie misérables, maladie famine et tuerie. J’ai aimé le roman le trouvant toutefois un peu long. Qui sont les marginaux du monde moderne? Malgré la globalisation favorisant la grande diffusion des marchandises, les livres ont encore du mal à circuler avec la même vitesse que les produits des manufactures chinoises. Cela prend toujours du temps avant d’entendre parler d’un auteur et d’avoir ses livres entre les mains. Les coûts, le délai de traduction, le manque d’intérêt des chroniqueurs asservis aux grands quotidiens, la multitude de nouvelles parutions en sont souvent la cause. Au Québec, par exemple, les deux grands quotidiens français dédient une chronique aux livres qu’une fois par semaine. Les deux autres hebdomadaires culturels, gratuits, présentent dans leurs pages culturelles aux maximum trois titres. La semaine dernière, un léger renouveau s’est imposé à moi : en l’espace de quelques jours, ma recherche sur les marginaux s’est enrichie de deux autres noms. Il faut admettre qu’à Montréal il est un peu plus facile qu’ailleurs de découvrir des marginaux. La première révélation de la semaine fut le spectacle Désordre public, une mise en scène d’Alice Ronfard d’après un texte d’Évelyne de la Chenelière. Le nom de cette jeune auteure m’est parvenu à l’oreille à deux reprises. La première c’était à l’occasion de la remise des prix littéraires de la ville de Montréal en 2004, alors qu’elle était finaliste avec une pièce de théâtre; l’autre, lorsqu’elle a monté sur scène, un spectacle où elle jouait avec son conjoint et ses deux enfants. Désordre public est son premier texte que j’écoute et que je vois sur scène. Dorénavant, je me déclare profondément amoureuse de son œuvre. À travers des auteurs tels que de la Chenelière, le Québec commence à se départir d’une longue tradition de livres noirs, imbus d’incestes et de violence envers les enfants. Il y a quelques mois, j’ai fait partie d’un jury littéraire : parmi les dix romans que j’ai eu à lire, cinq parlaient d’inceste, de viol, de molestation, et surtout de relations impossibles à supporter entre parents et enfants. Le seul livre qui se différenciait parlait de la petite vie d’un enseignant tanné de ses élèves et de ses échecs sentimentaux, et qui, au lieu de tourner sa vie au vinaigre l’acceptait avec humour et sérénité. Au milieu du dur hiver québécois, ce personnage insignifiant apprend à vivre en beauté dans son logement au goût hétéroclite, acceptant nonchalamment l’ironie de son enfant et la causerie anodine prodiguée par le mari de son amante. C’est aussi ça la vie, n’est-ce pas? Évelyne s’inscrit dans cette nouvelle génération
d’auteurs qui s’attaquent avec candeur et humour aux autres
thèmes de la vie : le manque de communication, les effets de
la séparation des couples sur des enfants de plus en plus précoces,
la condition des ethnies qui ne sont plus celles qu’on imaginait
et qui se moquent à leur tour de la naïveté de
leurs hôtes. Évelyne parle du désir ou l’obsession
d’enregistrer les pensées des autres dans un autobus
surchargé comme palliatif à la solitude chronique des
individus. Après Le projet Andersen de Robet Lepage, je doutais
que je puisse être encore éblouie pendant cette saison
théâtrale. Eh bien, le miracle s’est produit avec
ce spectacle économique sur la scène de l’Espace
Go. La deuxième révélation fut le spectacle Ma,
présenté par la compagnie britannique Akram Khan Company.
Je vous épargne une chronique de danse car je ne suis pas du
tout spécialiste de cet art. Un jour, j’ai entendu une
écrivaine connue dire que pour être chroniqueur littéraire
il faut avoir suivi une éducation spéciale. Je m’en
doute fortement, mais en même temps je crois que c’est
vrai pour des arts comme la danse ou les arts visuels car on est plus
lecteur que danseur ou peintre. Ce qui m’a étonnée
toutefois – et ça je vous le dis – c’est
le mélange qu’on pratique ces derniers temps dans le
monde de la danse. Sur la scène de Montréal j’ai
vu plusieurs compagnies européennes où les danseurs
étaient généralement des asiatiques alors que
la trame sonore s’inspirait majoritairement de la musique indienne,
chinoise, arabe, roumaine, etc. La culture occidentale pioche par
ci par là des thèmes et des motifs qu’elle englobe
avidement dans ses créations. Médaille aux anciens colonisés,
aux inconnus, aux moins nantis? Pour les uns, ce vol qualifié
caché sous le nom d’ouverture spirituelle n’offre
qu’un malaise de plus : ce qu’on exploite chez ces marginaux
n’est qu’une couche superficielle et fausse. On prend
ce qu’on veut voir et non pas ce qui est authentiquement étranger.
Pour d’autres, ceux qui n’ont jamais quitté le
sol du pays, ce genre de spectacles est leur grand voyage autour du
monde, la preuve de leur tolérance, leur chance de côtoyer
les autres. Des marginaux existent à tous les niveaux et pour toutes les sensibilités. Dans ce numéro de Terra Nova, nous vous présentons quelques marginaux découverts par nos collaborateurs qui eux aussi d’une manière ou d’une autre sont des marginaux. Et les mois à venir, nous vous tiendrons au courant des nouvelles découvertes faites par les uns et les autres. Emil Belu Calvarul, gen literar si existential Am auzit târziu de I.D.Sîrbu. Numele lui l-am vazut pentru prima data pe un afis de teatru. Nu îmi mai aduc aminte despre ce piesa era vorba, dar, ajuns acasa, am deschis un dictionar al scriitorilor români. Nu figura în aceasta breasla. Cortina tacerii tesuta în jurul lui nu avea nici-o gaura prin care sa privesti scena. Despre culise, nici vorba! Literatura de sertar data la iveala dupa 1989 l-a propulsat pe autor în elita scriitorilor români. O scriitura de mare rafinament, un artizan al limbii, risipa de eruditie (poliglot), meandre filozofice sclipitoare (pregatea un doctorat în filozofie, la Lucian Blaga), iata numai câteva motive ce fac bucuria lecturii. Am citit tot ce am putut gasi: „Adio, Europa!”, „Jurnalul unui jurnalist fara jurnal”, „12 scrisori exemplare” , etc. Am citit carti scrise despre el („Ion D. Sirbu despre sine si lume”, Lelia Nicolescu), articole în revistele literare, marturii, amintiri. Peste tot este admirata exemplaritatea omului si calitatile literare ale scrierilor sale. Pîna si Paul Goma îl admira, el, cel certat cu toata lumea! I.D.Sîrbu nu a avut parte de marginalizare. El a sarit aceasta etapa, fiind, direct, martirizat. Un caz, unic în „hagiografia” culturala a tarii. „Am fost, în 1947, cel mai tânar conferentiar universitar din tara, ca în 1964, sa ajung cel mai batrân vagonetar din mina stramosilor mei, în Petrila”. Borne dramatice îi marcheaza existenta: comunist ilegalist („mi-am prostituat idealurile”); de trei ori trimis pe front (linia I), dat mort la Stalingrad; prizonier; evadat, rataceste printr-o Rusie în agonie; detentie (Periprava, Salcia, Grindu, Gherla, si câte or mai fi fost!); domiciliu fortat în Isarlîk-Craiova, „cea mai cumplita si cea mai absurda dintre puscariile mele”. Constient ca îsi va pune în pericol cariera didactica – si nu numai! –, refuza, totusi, sa-si denunte profesorii (Lucian Blaga, Liviu Rusu), prietenii (Stefan Augustin Doinas, Ion Negoitescu), într-o vreme in care, dupa o asemenea „isprava” luai, automat, drumul puscariei. Altii, dornici de marire (sotie, prieteni, colegi), îl pun la stâlpul infamiei, într-o vreme în care denuntul devenise sport national la români. Când îti însusesti lectia lui Montesquieu: „Patria poate sa-mi ceara sa mor pentru ea, nu are dreptul sa-mi ceara sa mint!”, rigoarea morala devine singura calauza în labirintul unei istorii demente. Dupa atâtea tragice întâmplari, inevitabil, esti bântuit de gândul sinuciderii. Poate nu ai sansa lui Panait Istrati, sa dai de un Romain Rolland care sa-ti deznoade streangul rece de la gât. Fiecare cu norocul lui! Tu, în schimb, dai de o olteanca dârza – „Lizi, belalia mea cadâna” – care, epava cum esti, te mentine pe linia de plutire. Aici, în acest Isarlîk cu iz balcanic, tu, crestin fara dogma, traind ca „un Robinson pe o insula a umbrelor si a amneziei”, întâlnesti o Sfânta Vineri capabila sa te salveze. Si acum, ca semn de multumire, poti expedia câteva „Scrisori catre bunul Dumnezeu”... Scrisul ramâne singurul leac al supravietuirii. Chiar daca nu are drept de iscalitura si publicare, scrie pentru sertar. Ambitiile sunt mari – „Nu vreau sa scriu cum nu s-a mai scris, vreau sa scriu ce nu s-a scris!” –, realizarile pe masura. Într-o chilie din acest burg balcanic, inadecvat structurii sufletesti a ardeleanului, un eremit îsi scrie cele mai bune carti. Material strâmtorat, macinat de boala, de indiferenta prietenilor si a contemporanilor, „solitar si decrepit”, îsi continua obositorul travaliu. Mâna tremurânda scrie tot mai greu. Începe sa dicteze, dar vai! uleiul din candela este pe sfârsite. Corbi negri dau târcoale chiliei. Neostoitul pendul ce masura timpul cetatii s-a oprit... Era 17 septembrie, 1989... Daca mai traia câteva luni, putea fi martorul ecourilor admirative la adresa cartilor sale. Sertarul cu manuscrise a dat, în sfârsit! roade, el care era obsedat de „melancolia amurgului fara fruct”. Dar, cine stie, poate pe acolo, pe unde îl poarta pasii, reverberatiile succesului sa-l ajunga din urma. El, dramaturgul, nu uita sa ne dea si noua un rol postum, epitaful îmbracându-ne în roba judecatorului: „Trecatorule, nu ma judeca dupa cele ce le-am facut, ci dupa cele ce le-am refuzat a le face!”
Otilia Tunaru Le regard et la croyance donnent la vie à une icône Privirea si credinta dau viata icoanei Pictorita Ofelia Armasu, creatoarea unui nou stil de icoane ortodoxe romanesti Stabilita din anul 1988 in Canada, artista Ofelia Armasu a aprofundat studiul si pictura de icoane participand la expozitii colective pe teritoriul american. In 2004, in cadrul unei manifestari culturale organizate la Galeria InterPallas din Montréal, este remarcata si invitata sa expuna la Ottawa. Astfel ca in ianuarie 2005, pentru a marca Unirea Principatelor Romane din 1918, Ofelia Armasu organizeaza o expozitie individuala care este semnalata in Romanian Global News si care se bucura de un succes total. Citam din comunicatul Ambasadei Romanaiei din Ottawa: « Manifestarea culturala a fost dedicata zilei de 24 ianuarie. Cele treizeci si opt de icoane ale Ofeliei Armasu, lucrate tematic si grafic în stil traditional, dar având si o nota de originalitate, conferita de culorile vii, pastelate, folosite în zugravirea fondurilor, sunt rodul a peste treizeci de ani de lucru. » Anul acesta, pictorita Ofelia Armasu a continuat sa surprinda prin viziunea sa originala turnata in tipare clasice. In intervalul 8 aprilie-8 mai 2006, expozitia de icoane pe sticla si pe lemn prezentata la Galeria InterPallas din Montreal a atras un numar remarcabil de admiratori ai operei artistei montrealeze de origine romana. Acesta este parcursul pictoritei de icoane care, manata de dorul de acasa, a adus pe pamant canadian prospetimea si puritatea spiritualitii romaneasti. Cele 36 icoane realizate de Ofelia Armasu si expuse inainte de Paste reprezinta un popas duhovnicesc, o privire nostalgica spre meleagurile natale: « Am trait cu amintirea timpurilor de alta data si a satului romanesc, asa cum l-am cunoscut eu. Primii ani de imigrare si de integrare sunt foarte grei. Am trecut prin multe situatii dificile in regimul comunist, am cunoscut momente de cumpana aici. Am simtit nevoia sa onorez divinitatea care m-a ajutat. Am simtit ca o mana m-a trecut peste necazuri si m-a ajutat sa ma ridic. Ca sa pictez o icoana, trebuie sa fiu curata, sa nu am nici un resentiment fata de cei din jurul meu, sa fiu impacata in interior. Cand lucrez, sunt deconectata total de ceea ce se intampla in jurul meu. Sunt numai eu si icoana, lucrez uneori mai bine de o luna la o singura icoana. Anul acesta am expus lucrari care au necesitat cate 7-8 ore de lucru pe zi fara intrerupere, deoarece sunt ample ca tematica si mari ca dimensiuni, pana la 80 de cm. Dupa ce termin si vad ca am obtinut ceea ce am vrut, am o stare de epuizare placuta, o liniste sufleteasca. » Apoi, artista incepe sa depene amintirile inceputului carierei sale : « Am fost mai intai de toate un bun observator. Am fost atrasa de lucruri care mi s-au parut speciale. In Campina, taranii din Ardeal veneau aducand in spate cutii special concepute pentru a transporta icoanele. Pentru mine, copilul de atunci, aceste icoane care traversau Carpatii aveau un colorit aparte iar imaginea taranilor - pictori de icoane-, avea un pitoresc aparte. Au fost vremuri grele de razboi, multe asezari si icoane au fost distruse, putine s-au mai pastrat. Erau pictate pe sticla produsa in glajarii, mici ateliere rudimentare din satele romanesti. Aceasta sticla aducea un farmec deosebit pentru ca avea ondulari ce dadeau o luminozitate si un efect special. Icoanele pe sticla din Ardeal sunt considerate de catre UNESCO obiecte de patrimoniu.» Crestinul ortodox se roaga privind icoana. Reprezentarea umanizata a divinitatii, tonurile calde de culoare si evocarea faptelor atestate in Cartile Sfinte confera bisericilor crestin-ortodoxe un specific aparte si o atmosfera primitoare. Maica Domnului cu pruncul la piept sau indurerata langa crucea sacrificiului, episoade ale trecerii lui Iisus ca marturie a miracolului divin, Sfintii Apostoli, ingeri, simboluri religioase, astri si decoratii florale. Fiecare icoana este unica in felul ei, deoarece este o pictura trasata cu mana si cu fior de credinta. Pictata de tarani intr-o maniera naiva, cu culori vegetale si foaie argintata, icoana romaneasca este purtatoare de sensuri adanci si de credinta marturisita. Dar ce ati spune daca Maica Doumnului ar purta catrinta, marama
sau caftan*, daca Iisus ar avea haine de voievod roman, iar pe fundal
s-ar vedea tesaturi populare, asa cum se gaseau in casa bunicilor
nostri? Si daca icoanele sunt incadrate in rame de peste 100 de ani
sau care redau bleu-ul de Voronet reconstituit aici, peste Ocean?
Ce ati simti daca Sfintii Parinti v-ar privi cu ochi expresivi, daca
privirea lor v-ar urmari si dincolo de momentul contactului vizual?
« Icoanele mele nu pot fi copiate… » declara Ofelia
Armasu. « Ceea ce este special este tocmai privirea care da
viata personajelor. Cand ma uit la cineva, privirea caracterizeaza
omul. De aceea, fiecare icoana, chiar daca reda aceeasi scena, este
reprezentata altfel, transpune ce am simtit eu in acel moment. Am
o icoana pe care am refacut-o de trei ori: Inaltarea Domnului. Este
realizata in stilul pictorului El Greco, pesonajele fiind alungite.
Iisus se inalta pe un brau de nori, iar deasupra norilor este o coroana
de trandafiri. Asa am vazut eu Inaltarea Domnului la cer, dar pentru
a realiza aceasta icoana am sters si am luat-o de la capat de trei
ori.» Apoi, continua sa explice de unde vine acest specific
al straielor din diverse zone ale Romaniei: « Pictura de icoane
a fost un fenomen de masa. Icoanele ajungeau si in alte zone ale tarii
: Maramures, Oltenia, nordul Moldovei... Taranii le-au pictat asa
cum au crezut ei. Au adus elemente din viata lor de toate zilele.
De aceea apare Sfantul Ilie intr-un car rudimentar cu roti de lemn,
aruncand din cer un cojoc catre taranul care ara cu plug tras de doi
boi. Pe fundal se vede o femeie torcand cu fuiorul in brau, langa
un leagan de copil si pe malul unui rau cu pesti. Aceasta este imaginea
satului romanesc si stilul prin excelenta naiv. Pot spune ca un pictor
care are scoala in pictura si care are un anumit stil nu se poate
apropia de icoane. Eu am adus nou decoratiunile, elemente de compozitie,
coloritul, cum ar fi de exemplu maforionul* galben-auriu sau bleu.
Am imbracat-o pe Maica Domnului in straie de taranca romanca pentru
ca ea reprezinta femeia locului, este mama prin excelenta si are grija
de gospodarie, de copii, de barbat, de tot. La noi in sat cand se
marita o fata, aceasta primea ca zestre o icoana a Maicii Domnului
ca simbol al fecunditatii. » Pentru a intelege talcul acestei reprezentari religioase, artista traseaza si cateva tuse de istorie. Icoana presupune reguli canonice de la care nu te poti abate. Unele sabloane au fost sparte in perioada Renasterii a secolului al XVI-lea, cand fetele austere ale Sfintilor au imprumutat trasaturi umane, iar pentru colorarea vesmintelor s-au folosit si alte culori in afara de albastru si rosu. In general, creatorul de icoane intervine cu doua elemente : decoratiunile si coloritul. In spatiul crestin-ortodox, icoana este cunoscuta inca din secolul al IV-lea si s-a raspandit pana in Occident. Pictura pe sticla patrunde în Transilvania in secolul al XVII-lea, prin intermediul vânzatorilor ambulanti care veneau din Europa Centrala: Boemia, Bavaria, Tirol. În anul 1699, in manastirea de la Nicula, aflata la 4 kilometri departare de Gherlea-Cluj, icoana reprezentând Fecioara cu pruncul lacrimeaza. Miracolul a durat 26 de zile si a fost consemnat prin document de catre oficialitati si alti martori. Aceasta icoana pe sticla are lungimea de 86 cm. si largimea de 65 cm. Fruntea Maicii Domnului este acoperita cu maforion rosiatec, iar in partea stânga a icoanei sunt înscrise patru litere mari, grecesti. Deci este adoptata iconografia ortodoxa de origine bizantina. Aflata in aceasta perioada sub dominatie austro-ungara, Transilvania este zona unde pastrarea limbii si a credintei a reprezentat o forma de rezistenta impotriva oprimarii straine. Icoana miraculoasa din satucul transilvanean reprezinta punctul de propagare a unei indeletniciri de a reproduce portrete si scene religioase la scara larga. Pornind de la aceasta temelie de legenda si fapt istoric, arta iconografica romaneasca s-a construit si s-a imbogatit neincetat. Icoana pictata intr-un stil naiv a devenit expresia sufletul taranului roman. De remarcat este reprezentarea spirituala a sfantilor, si nu figurativa. Aceasta importanta religioasa si etnografica a fenomenului picturii de icoane a incitat curiozitatea artistica a Ofeliei Armasu. Ea a valorificat icoana populara, realizand totodata un stil personal si viguros. Pictorita de icoane considera ca are o misiune pentru toata viata. De-a lungul anilor si-a definit crezul sau artistic : « Cea mai mare realizare este ca am adus parfumul vechii noastre arte populare in aceasta lume moderna, stressata si zgomotoasa. Vreau sa va spun ca fara credinta si fara pasiune nu poti realiza o icoana. Poti sa o executi, dar nu exprima nimic, e doar o imagine. Daca o faci cu pasiune, atunci ii dai viata, o simti, o vezi… Doresc ca icoanele mele sa fie ferestre deschise catre cer, marturii spirituale ce tasnesc din adancul ortodoxiei romanesti. Aceasta a fost si este misiunea mea.» La intrebarea care sunt proiectele de viitor, ne raspunde : «Ma rog lui Dumnezeu sa ma tina in putere ca sa pot arata si altor comunitati aceasta frumusete a ortodoxiei specifice romanesti. Cand a a aparut primul articol in 1995 despre icoanele mele, inca de atunci mi-am dorit ca cei care au cunoscut icoanele pe sticla sa isi aduca aminte de ele; cei care nu le-au cunoscut, sa faca acum cunostinta cu ele. Icoanele naive romanesti, pe langa importanta lor religioasa si etnografica, sunt elemente de decor de bun-gust. Prin coloritul si luminozitatea lor, se incadreaza atat in interiorul taranesc cat si in interiorul modern. In plus, icoanele au menirea de a indeparta relele. De aceea le si fac cu atata daruire, pentru ca cine trece pe langa o icoana, fie ca pleaca la serviciu, fie ca se duce la culcare, sa poata vorbi cu ea si sa se inchine. Este o comuniune care se face intre om si icoana, deschizand calea spre rugaciune. » Ii dorim pictoritei de icoane Ofelia Armasu sa aiba putere si sanatate
ca sa duca aceasta nobila misiune pana la capat. FOTO 1: Pictorita de icoane Ofelia Armasu - de Otilia Tunaru FOTO 2: Icoana pe sticla Maica Domnului in haine de domnita, cu pruncul Iisus - de Otilia Tunaru
Cristina Montescu A l’ombre d’un livre, Née en 1967 à Cosne-sur-Loire, Valérie Rouzeau s’est déjà taillée une place dans la poésie française contemporaine. La bibliographie courante de la poétesse comprend trois recueils de poèmes (Va où, Le temps qu’il fait, 2002 ; Neige rien, Unes, 2000 ; Pas revoir, Le Dé Bleu, 1999) et des traductions de Sylvia Plath et de William Carlos Williams. Michel Nedjar, né en 1947 dans le Val d’Oise, est l’artiste qui a réalisé le dessin qui est présenté en couverture du recueil Va où. A travers une dédicace, le nom de Nedjar revient à l’intérieur même du livre. Bonne raison pour mettre face-à-face la poétesse et le peintre, et cela en commencent par le poème qui accompagne la dédicace : « Ma compagnie encore hommes femmes enfants bêtes plantes cailloux j’y songe En solitude c’est du monde à ma table dans les trans- ports partout M’embarque dans mes considérations d’eux pour leurs pistes aux étoiles leurs signaux lumineux En solitaire je traverse leurs pensées parfois et cette pensée me pousse Un jour j’aborderai dans nos zones d’étrangeté chacun je nous rassemblerai sur les planches de ma vie moi et ma compagnie » Va où, le texte poétique de Valérie Rouzeau, organise une traversée entre la mort et la vie. Le point de départ de cette traversée, l’impulsion première, est constitué par la pesanteur de la solitude et, à travers le parcours, les repères changent. Du côté de la mort, la disparition du père et la projection de la disparition de soi (à travers les figures légendaires d’Ulysse et de Morphée suivies sur deux voies différentes mais complémentaires) vident de toute contenance la notion de ciel. Mais, la vie reprend son cours, l’amour Liouviou remplit tout l’espace et redonne au ciel l’infini, la beauté. Ainsi, l’acte d’aimer modifie l’horizon, la vision sur le monde et apaise la solitude. Considéré comme « un artiste de l’art primitif », Nedjar propose un univers atemporel, simplifié jusqu’aux traits essentiels. Son dessin rappelle les dessins rupestres des anciens chasseurs. L’animal, l’oiseau, l’herbe y sont présents. Mais, Nedjar insiste sur la marche solitaire, renversée. En regardant le dessin de plus près, on observe que celui-ci apparaît comme une carte postale mise à l’envers sur laquelle on peut lire l’inscription LOUVRE et musée. La présence de la marche, l’importance du voyage ou de la traversée, nous est signalée par l’inclusion des timbres poste dans l’espace du dessin. D’ailleurs, ce qui frappe l’œil qui regarde le dessin est la coexistence du noir et de l’orange foncé. Mort et vie, mort et amour semblent coexister et s’entremêler. Quant au poème de Valérie Rouzeau, vie et mort se côtoient dans le voyage intérieur entraîné par la solitude : « En solitaire je traverse leurs pensées parfois et cette pensée me pousse ». Leurs renvoie aux « hommes femmes enfants plantes cailloux » donc au monde envisagé sous deux dimensions animé et inanimé, à la fois mort et vivant. L’oiseau enfermé, encagé, l’oiseau à vol coupé à l’intérieur de l’animal laisse aussi ses traces dans les poèmes de Valérie Rouzeau : « Bison sardine marteau oiseau mon sentiment » ou bien « Le merle a coulissé sur le mur et mordu le volet et cracher sa chenille / Le vieux désir d’azur du monde trépigne dans mes chaussures debout ». Dans le dessin de Michel Nedjar, l’herbe est noire et elle est figurée en tant qu’écriture à déchiffrer. Cette écriture noire nous fait penser à la dimension testamentaire, d’au-delà de la vie, que revêt souvent l’acte d’écrire ou la création en général. On se rend compte que la dimension testamentaire recoupe aussi le texte poétique de Valérie Rouzeau: « Des pages pour ne pas vivre idiote pour m’entraîner au testament et en même temps purger ma peine Pour aimer frères et sœurs humaines réparer toute ma méchanceté. Trouver si le silence est d’or avant qu’il devienne de la boue » Autant chez Nedjar que chez Rouzeau, comme un arrière-plan, on constate le désir de s’inscrire, même de façon détournée et ironique, dans le cadre de l’institution-musée (Nedjar) ou l’institution littéraire (Rouzeau). Si Michel Nedjar présente son dessin en tant que carte postale mise à l’envers qui laisse voir l’inscription LOUVRE et musée, Valérie Rouzeau met souvent en oeuvre une intertextualité ironique, presque ostentatoire, comme c’est le cas des vers suivants qui renvoient sans équivoque au célèbre Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui de Mallarmé: « Le soleil jaune jaune ciel blanc blanc je suis brouillée avec maintenant avec le vierge le vivace et le nul aujourd’hui pas bel et la lune demain son croissant. Fâchée pour au moins tout un jour et toute une nuit inversement » |
| Littérature | Poesie | Essai | Prose | Livre | Politique | Arts Vis | Événements | Archives | Musique | Contact | Interview | ||||
Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés |
|||||||||||||||
|
|