Magazine mensuel de dialogue culturel Depuis 2001 • No 20 • Montréal • 15.04.2006

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Du 4 au 6 mai à 20h00/7 mai à 16h00

Tangente
850, rue Cherrier

Festival Accès Asie présente

Thru de Chanti Wadge et
Des racines et des ailes de
Geneviève La

Dans le cadre du Festival Accès Asie, Tangente présente Thru de Chanti Wadge et Des racines et des ailes de Geneviève La, du 4 au 7 mai. Le Festival débutera les célébrations du Mois du patrimoine asiatique sur le thème Plonger dans l’émergence avec de la danse contemporaine, règne de l’éphémère, mais aussi expressions ancestrales interprétées par deux chorégraphes canadiennes enracinées dans leurs origines asiatiques, représentantes de cette génération immigrée de nouveaux créateurs.

Communiqué de presse

Thru de Chanti Wadge

S’inspirant de l’essence énigmatique de la forme du haiku, Thru est une série de courtes performances de la danseuse et artiste multimédia Chanti Wadge. Ces pièces visent à révéler des moments de vérité à travers la construction du transparent dans le corps et la création d’une assistance-comme-témoin. Usant d’une gamme diverse d’enchaînements et de performances sous des formes classiques et improvisées, le travail de Chanti est marqué par un mariage unique de liberté et de formalisme, de trame profonde et de moments de luminosité. Chanti Wadge fait de la danse contemporaine un véhicule propice aux découvertes, aux questionnements et aux remises en question. Chanti Wadge est une chorégraphe qui prône l’intellect plus que le sensible, questionnant chaque action, décortiquant chaque mouvement.

Née à Séoul, élevée à Vancouver, Chanti Wadge vit à Montréal depuis 2002. Formée en danse classique, improvisation et contact, Chanti est reconnue en tant qu’interprète hors-normes et versatile. Elle a travaillé internationalement avec des chorégraphes tels que Peter Bingham à EDAM Dance, Lee Su Feh, Judith Marcuse, Susan Elliott, Jennifer Mascall, Olivia Thorvaldson et Shannon McMurchy (Vancouver); Lingo Dance Theater, Amii Legendre et TURF (Seattle); Kaeja d’Dance

(Toronto); Jose Navas, Par Bleux, Isabelle VanGrimde, Andrew Harwood, Jane Mappin, Emmanuel Jouthe, Jordi Ventura, Gioconda Barbuto, Roger Sinha et Dave St. Pierre (Montréal). Chanti est également une créatrice autodidacte interdisciplinaire qui mêle danse, vidéo et textes, souvent dans des installations poétiques. Ses oeuvres interdisplinaires, 23 Experimental Edits (2002), Palmpilot (2002), betweenlines (2004), et Save Project As: unrehearsed phases of A Beoming

Human (2003) ont été présentées par Shared Habitat au Festival of Art, Science and the Environment (Toronto), Square Zero Independent Dance (Ottawa), Festival of New Dance (NFLD), Projet/Projo and the HomeShow (Montréal). Ses chorégraphies, lesser things (1999), et Approved Privacy Statement (2001) ont été présentées au Tanec Praha (Czech Republic), The Vancouver East Cultural Center, DanceArts Vancouver, et EDAM Dance. Plus récemment, [we]: fieldnotes from the bardo était

présentée à Tangente en 2005. Chanti danse pour la Compagnie Flak et elle était récemment invitée à travailler comme chorégraphe assistante à la nouvelle création de Ginette Laurin de O Vertigo.

« Petite, la seule chose qui me frustrait dans le fait d’être adoptée, c’est de ne pas avoir pu devenir ninja, avoue-t-elle en éclatant de rire. Je me disais que si on m’avait laissée en Corée, je serais probablement dans une forêt, en train de m’entraîner avec de grands maîtres! » La Presse, Stéphanie Brody, 24 décembre 2005.

« Chanti est une femme intense qui mêle précision et beauté », affirme José Navas, qui ne tarit pas d’éloges à l’endroit de Wadge.

Des racines et des ailes de Geneviève La

Improvisatrice de grand talent, Geneviève La nous montre à voir avec sa nouvelle création Des racines et des ailes son pouvoir d’ensorcellement. Geneviève La entraînera le spectateur à la recherche de sa réelle vulnérabilité. En utilisant cette gestuelle sensuelle qui lui est propre et qui se déploie tant dans la détresse que dans la grâce, elle revisitera la part vietnamienne de ses origines dans un voyage touchant et exotique, pour explorer sa double identité et passer enfin du « Qui suis-je? » au « Je suis! ».

Ses différents voyages, sa curiosité pour la vie et ses recherches en tant qu’autodidacte dans différents domaines, tels que la psychologie, l’anthropologie, la spiritualité et les différents arts de guérison teintent aussi ses oeuvres. Autant fascinée par la force impulsive et sauvage de la vie que par sa sagesse inhérente, elle a une approche poétique et puissamment incarnée de la danse.

De retour d’un voyage au Vietnam, Geneviève La ressent la nécessité de tisser des liens, de créer des ponts entre différentes cultures (ici, plus particulièrement l’Amérique et l’Asie), entre l’artistique et la thérapeutique. Cette dernière notion, celle de la guérison, prend racine dans une conception du monde ancestral où les manifestations artistiques et médicales étaient étroitement liées. Guérir, corps et âme, était simplement un chemin initiatique permettant d’avoir une plus grande présence, à soi, aux autres, à l’univers. C’est le lien entre l’intime et le cosmogonique. Le savoir-faire est bien sûr important… mais quand apprenons-nous réellement le savoir-être? C’est le chemin sur lequel Geneviève La nous invite, toutes origines confondues. Elle choisit ici de nous faire voyager par le biais de sa danse, de nous transporter dans un ailleurs qui nous donne envie de devenir de meilleurs êtres. Elle dit elle-même que bons nombres d’artistes, de gens inspirés lui ont sauvé la vie, l’ont aidée à passer au travers de diverses épreuves, l’ont fait pleurer, rire, réfléchir. Aujourd’hui, elle souhaite simplement pouvoir elle aussi, remettre un peu de la lumière qu’elle a reçue.

Cette amérasienne francophone s’intéresse fortement à l’identité humaine, et la danse est un moyen de dialoguer avec l’autre, au-delà des mots. Il y a quelque chose de fondamental dans ce besoin qu’on retrouve à travers son processus, qui tient des grands thèmes existentiels, et qui sont exprimés avec vulnérabilité et force. Chaque représentation est une opportunité de tisser un parallèle entre la culture moderne et le rituel primitif.

Sa danse est une évocation poétique de l’amour, l’amour en soi, l’amour de l’autre, l’amour du monde, de l’univers. Elle privilégie un esthétisme dont le senti authentique est le terroir, avec des images et des moments d’une beauté à couper le souffle, un voyage fascinant entre corps et conscience. Sa présence est unique, à la fois lourde et légère, charnelle et immatérielle. Elle garde une élégance presque précieuse, même dans ses moments d’énergie brute, alors que se tisse un fil entre l’intime et l’univers, avec un goût pour transcender le néant. Elle offre des spectacles liant une certaine intensité, de par leurs profondeurs et leurs symbolismes, à des mises en scène qui se démarquent par leur évocation lumineuse et poétique. C’est « l’événement d’être », c’est-à-dire ce moment magique où ce qui se passe sur scène vous bouge, simplement parce qu’on vous raconte quelque chose. Pour se faire, elle privilégie la singularité de la démarche créatrice, le goût pour l’expérience et l’émotion de l’instant, ces passages entre réalité et imaginaire, entre moi et l’autre, ces séquences symboliques qui vous transforment et vous transportent, vous mettent en mouvement; ce qui correspond au sens initial du mot « émotion ».

D’origine amérasienne, Geneviève La vit à Montréal depuis près de 10 ans. Son travail de chorégrapheinterprète est influencé par ses formations en danse moderne (LADMMI), en arts plastiques, et plus récemment, ses études universitaires en kinésiologie (Mc Gill) ainsi qu’en ostéopathie (Wales). En tant qu’interprète, elle a dansé pour les chorégraphes Iréni Stamou, Roger Sinha, Mélanie Demers, Jean-François Déziel, Brigitte Heanjtens et Louise Bédard. Elle a aussi participé à la reprise des Évènements de la Pleine Lune, avec Danse-Cité. Elle travaille actuellement sur des projets avec la cinéaste et photographe Véro Boncompani et elle collabore régulièrement avec Catherine Lalonde, une complice de longue date. Son travail a été vu à Montréal, à Québec, ainsi qu’à Saigon à titre informel. Sa dernière pièce, « petites prières », a été chaleureusement reçue par le public.

Tangente

850, rue Cherrier

Billetterie : (514) 525-1500

www.tangente.qc.ca

Entrée : 15 $ régulier: 13 $ étudiant / 3e âge

 

création et réalisation par Cristian Nistor

graphique et mise-à-jour Bogdan Malaelea-Toropu

Droits de reproduction et de diffusion réservés © TERRA NOVA 2005. Tous droits réservés

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